J'ai été baptisé dans les jours qui ont suivi ma naissance et j'ai été élevé dans la religion catholique. J'aurais même pu devenir prêtre... J'ai depuis longtemps cessé de pratiquer mais je suis toujours resté en bon termes avec les pratiquants et il m'arrive même de participer activement à des cérémonies religieuses (lors de mariages ou de funérailles, par exemple - le mot « funéraille » est toujours au pluriel, n'en déplaise à l'archevêque de Montréal). Je n'ai jamais apprécié que l'on dénigre la foi, la religion, l'Église, préférant m'abstenir plutôt que de dénigrer, pas seulement pour assurer mon salut comme celui qui dit qu'il n'est pas superstitieux mais qui agit comme s'il l'était, mais parce que je considère que l'agressivité est de l'énergie négative et que je préfère me concentrer sur ce qui est plus positif.
Cependant, quand je lis ou que j'entends que l'Église, des évêques ou le pape s'en prennent aux lois, québécoises, canadiennes et autres, lois qui accordent à des minorités les mêmes droits et privilèges des majorités, lois qui empêchent la discrimination et permettent à toutes les personnes de vivre dans la même dignité et la même liberté que s'arrogent toutes les majorités, là mon sang ne fait qu'un tour.
Que cette institution, au nom de la morale, veuille imposer la censure et la répression à la façon du triste régime soviétique, que son Pasteur suprême, du haut de son infaillibilité, joue le jeu politique des régimes totalitaires et répressifs pour tenter d'influer sur les politiques de pays pour qui les droits des uns et des autres sont équivalents, là je m'insurge.

Ce n'est pas moi qui tenterai de monter en épingle la jeunesse nazie de celui qui aujourd'hui se fait appeler chef de l'Église sous le nom de Benoît XVI. Cependant, je n'hésiterai pas à dénoncer le crime contre l'humanité, le génocide dont il est responsable, tout comme son prédécesseur, en interdisant en Afrique l'utilisation du condom pour empêcher la prolifération de l'épidémie du VIH. Et je n'hésiterai pas non plus à dénoncer catégoriquement son intrusion dans la vie démocatique des pays qui croient qu'un citoyen, quelle que soit sa foi ou son orientation sexuelle, reste une personne dont la dignité et les droits méritent le respect.
Que le chef suprême de l'Église répande sa doctrine à ses fidèles, c'est dans l'ordre, mais qu'il joue le jeu politique de tous les groupes conservateurs qui nient aux minorités les droits et libertés qu'ils s'arrogent, c'est tout à fait inacceptable. Cela ne m'inspire qu'une expression bien sentie : « Benoît XVI, mêlez-vous de vos affaires ! » Et j'ajouterais : « Et répandez partout l'amour et l'accueil au lieu de semer toujours l'intolérance et la répression ! Car, vous devriez le savoir, de tels discours donnent des munitions aux tabasseurs de tous ordres qui, au nom de la morale et de l'amour de Dieu, ont le bâton plus meurtrier que celui du pèlerin. Vos idéaux d'amour et de respect de la vie, formulés en termes politiques comme ceux que vous avez prononcés devant des évêques canadiens, justifient aux yeux de tous les voyous intolérants la violence envers tous ceux qui, au nom de l'égalité et de la justice, osent réclamer le droit d'aimer au grand jour qui ils aiment. »
Le pape dénonce le Canada
Mathieu Perreault (Le samedi 9 septembre 2006)
La Presse
Le pape Benoît XVI a dénoncé hier la loi canadienne permettant le mariage homosexuel, dans un discours aux évêques ontariens qui le visitent au Vatican. Il a aussi attaqué la permissivité canadienne à l'égard de l'avortement.
« Au nom de la tolérance, votre pays a fait la sottise (folly) de redéfinir le concept d'époux et, au nom de la liberté de choix, il fait face chaque jour à la destruction d'enfants non nés », a déclaré le pape en anglais.
Il s'agit des propos les plus directs et les plus durs que Benoît XVI ait faits sur cette question depuis son élection. En juillet dernier, au cours d'une visite en Espagne, un pays qui vient de permettre le mariage homosexuel et de bouter la religion hors des écoles, il s'était limité à dénoncer le sécularisme et le relativisme.
Selon plusieurs observateurs, le ton musclé qu'a pris le pape signifie qu'il veut influer sur le vote libre que pourrait tenir le gouvernement Harper sur le mariage homosexuel, cet automne. « C'est sûr que ce n'est pas une coïncidence», explique Donald Tremblay, prêtre dans le diocèse de Saint-Jérôme. « Le secrétariat d'État du Vatican est sûrement au courant du vote libre.»
Ce discours tranche aussi avec ceux que le Saint-Père avait prononcés lors des visites des évêques du Québec et des Maritimes, en mai dernier. Aux Québécois, il avait aussi parlé des méfaits du sécularisme et du relativisme alors que, avec les évêques des Maritimes, il avait déploré le faible taux de natalité du Canada. Cette année, les évêques canadiens se rendent tous au Vatican, en quatre groupes, pour une visite ad limina, une tradition qui a lieu tous les cinq ans.
« Les discours du pape durant les visites ad limina sont souvent influencés par les demandes des évêques», indique Gilles Routhier, théologien à l'Université Laval. « Or, l'Église catholique est assez différente au Québec et en Ontario, où elle a une force croissante et s'appuie beaucoup sur des communautés qui ont connu la vie derrière le rideau de fer, comme les Hongrois, les Polonais et les Ukrainiens. Cela rend l'Église ontarienne plus prompte à affirmer ses valeurs.»
« Il est possible que, dans sa déclaration à Benoît XVI, elle ait fait référence au mariage homosexuel et à l'avortement, poursuit-il. Cela dit, on peut aussi penser que les différents discours du pape aux évêques canadiens constituent plusieurs chapitres de sa réflexion et qu'il est normal qu'il dise des choses différentes chaque fois.»
La référence à l'avortement est issue de l'opposition des catholiques ontariens à Jean Chrétien et à Paul Martin, selon John Henry Weston, éditeur du site Lifesitenews à Toronto.
« Ils avaient déjà déclaré qu'ils étaient catholiques, dit M. Weston. Or, ils ont amené le Parti libéral très à gauche sur les questions sociales. On avait souvent évoqué à ce moment la possibilité de leur refuser la communion. » M. Weston pense lui aussi que la référence au mariage homosexuel est due au vote libre.
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