lundi 21 mai 2007

Je me souviens...




« Je me souviens » : c'est la devise nationale du Québec. Si les Québécois sont souvent bien en peine d'expliquer ce dont ils se souviennent, ce n'est pas seulement en raison d'une mémoire défaillante ; la signification exacte de cette devise n'a pas été clairement précisée au moment de son adoption et, depuis, elle se prête à toutes sortes d'interprétations.

D'aucuns pourraient penser que la devise des Québécois a été bien mal choisie car, à les voir agir et faire des choix, on pourrait croire que les Québécois souffrent d'amnésie. Je crois plutôt qu'ils sont astucieux : ils ont la mémoire très sélective et choisissent de ne se souvenir que de ce qui les arrange selon les circonstances. Je crois aussi qu'il y a un peu d'épicurisme dans cette attitude, pour ne pas dire de « paresse » : on ne se donne pas la peine...

Aujourd'hui, lundi 21 mai, c'est congé. Dans un sondage effectué auprès de 1 000 Québécois, on leur a demandé la raison de ce congé. 36 % des répondants ont mentionné que c'était la « Fête de la Reine » (Victoria) alors que 26 % ont parlé de la « Fête de Dollard » (La fête de Dollard avait été instituée en 1910 afin de souligner le 250e anniversaire de la bataille du Long-Sault).

Seulement 30 % des Québécois interrogés ont mentionné que c'était la Jourmée nationale des Patriotes. Or, c'est par un décret du gouvernement du Québec, adopté le 21 novembre 2001, que la Journée nationale des Patriotes a officiellement remplacé la « Fête de la Reine » Victoria et la « Fête de Dollard ». 74 % des Québécois interrogés sont toutefois favorables à ce que cette fête soit plutôt désignée comme la Journée nationale des Patriotes.

Avant de devenir la Journée nationale des Patriotes, que l'on célèbre désormais le troisième lundi de mai, la journée des Patriotes avait été adoptée par le gouvernement du Québec en 1982. En 1994, le gouvernement canadien, reconnaissait officiellement la contribution historique des Patriotes du Bas-Canada (Québec) à l'établissement d'un système de gouvernement démocratique.


La fête veut commémorer la Rébellion des Patriotes qui opposa en 1837 une partie de la population civile du Bas-Canada (devenu le Québec) à l'occupant militaire et colonial britannique. La population, à 80 % d'ascendance française, s'opposait notamment au fait que « le pouvoir politique et économique était entre les mains d'une oligarchie marchande [de souche britannique] qui tenait à conserver sa position dominante. » Le clergé qui dominait alors et qui domina longtemps encore la société catholique francophone, était assez divisé sur l'appui à accorder aux revendications des Patriotes. Comme il arrive encore aujourd'hui dans les sociétés où le clergé a encore un rôle à jouer, le bas-clergé éprouvait de la sympathie pour les Patriotes, alors que le haut-clergé était plutôt favorable à l'empire colonial britannique. Même l'évêque de Montréal d'alors, Jean-Jacques Lartigue, pourtant cousin du grand patriote Louis-Joseph Papineau prit le parti des Britanniques contre ses compatriotes et coreligionnaires (le haut-clergé reste fidèle à ses ambitions sociales et politiques : tout pouvoir est bon à prendre, de quelque ordre qu'il soit ; pour maintenir et augmenter son prestige, il vaut toujours mieux s'associer aux dominants).

1 commentaire:

Alcib a dit…

Je viens de constater que j'avais, sans le savoir, interdit les commentaires sur ce billet : c'était une erreur et non une volonté d'empêcher les commentaires. Je ne crois pas avoir empêché jamais les commentaires auparavant. Les seuls que j'ai refusé de publier étaient des publicités qui n'avaient rien à voir avec le billet ni avec ce blogue.