jeudi 10 février 2011

Cynisme


Entre ses intérêts personnels et ceux de l'Égypte, le président Mubarak vient de choisir les siens.
En trente ans de pouvoir, son clan familial aurait amassé entre trente et 50 milliards d'euros. Ne serait-ce pas suffisant ? Surtout quand on sait que le salaire annuel moyen, en Égypte, est de 50 €.
Mubarak semble n'avoir rien compris de ce qui se passe dans le pays. Son cynisme risque d'embraser l'Égypte.

15 commentaires:

RAnnieB a dit…

À première vue on peut sûrement dire que sa cupidité n'a pas de limite.

Une autre facette de la réalité est que la nappe économique égyptienne, après toutes ces années, est nichée si profondément dans le col de Mubarak que s'il se lève de table subitement il emportera tout ce qu'il y a sur la table avec lui. Il faudra beaucoup d'années pour que la société égyptienne puisse se remettre sur pied suite à son départ.

Alcib a dit…

RAnnieB : Tu as certainement raison au sujet de la nappe économique. Mais je crois que le temps supplémentaire qu'on lui laissera lui permettra surtout de mieux brouiller les pistes.
Ça m'étonnerait qu'il décide de rapatrier en Égypte toute la fortune qu'il a mise à l'abri à l'étranger et de la redistribuer dans l'économie égyptienne.

PatQuébec a dit…

Je suis la situation avec beaucoup de questionnements. Comment éviter les dérives, éviter que n'importe qui n'essaie de s'emparer du pouvoir. Essayer de récupérer une fortune qu'on ne connait même pas ? Difficile. Comment réussir à organiser des élections en respectant les volontés du peuple ? Sans oublier que le pays va faire face à une grave crise pour la répartition des eaux du Nil revendiquées par les pays plus en amont. J'espère que les illusions de tous ces gens dans la rue ne s'éparpilleront pas trop vite...

Alcib a dit…

PatQuébec : Je partage tes questionnements.
La situation est effectivement beaucoup plus complexe, beaucoup plus nuancée que j'ai pu le laisser entendre dans ce court billet, qui exprimait surtout ma grande déception après le discours de Moubarak d'hier, 10 février, annonçant qu'il s'accrochait au pouvoir.
J'aurais dû écrire un texte plus élaboré, mais sachant que tu aimes les billets le plus courts (comment ça, je suis de mauvaise foi ? ;o), j'ai voulu faire court ;o)
Je suis un peu ce qui se passe sur la planète, mais je ne crois pas, cependant, que le Monde attende mon opinion. D'autres feront des analyses plus élaborées.

Lux a dit…

En arrivant en retard, je sais que Moubarak est déjà parti et que le haut commandement de l'armée "assure la sécurité du peuple et de la future démocratie".
C'est sûr que tout ça c'est fragile et qu'il peut y avoir des excès de tout côté, mais...
J'ai confiance dans la force et le courage du peuple d'Égypte qui est en marche avec une énergie impressionnante.
Ce qui est encourageant, c'est que les jeunes, qu'ils soient coptes ou musulmans se sentent d'abord unis comme égyptiens.
C'est un vent de liberté et d'espoir pour le monde arabe qui franchit je crois un grand pas dans le modernisme. Évidemment, il y a des risque d'abus et de radicalisation peu importe l'orientation socio-politique. Mais si on ne peut pas avoir foi dans les forces de la vie, alors couchons-nous à terre et pleurons.
Quand je pense que Moubarak est déjà en "convalescence politique" dans un de ses palais sur la Mer Rouge, avec ses petits REER ... Dégoût!

Alcib a dit…

Lux : Tu n'es pas plus en retard que moi. Dès le lendemain de cette annonce qu'il s'accrochait au pouvoir, Moubarak prenait sa retraite, avec de bonnes économies accumulées depuis 30 ans. Vendredi, 11 février, c'était donc l'euphorie dans les rues du Caire : le peuple a gagné cette première bataille. Il y en aura bien d'autres avant l'avènement d'une véritable démocratie. J'espère, simplement, comme toi, que le peuple ne se fera pas voler cette victoire, par l'armée ou par qui que ce soit d'autres. C'est à eux de choisir leur constitution, leurs institutions, leurs dirigeants... et non aux puissances étrangères, qu'elles soient nord-américaines, européennes, ou des autres pays arabes...
En effet, Moubarak aurait accumulé peut-être 75 milliards de dollars au cours de son règne absolu. Il est difficile de croire que cet argent serait honnêtement gagné. La Suisse et d'autres pays semblent vouloir geler les actifs du clan Moubarak, attendant les poursuites judiciaires afin que l'Égypte puisse récupérer ce que cette famille lui aura volé.
Ce vendredi 11 février 2011 est un jour historique ; il yen aura sans doute d'autres au cours des prochains mois. Espérons qu'ils seront tous positifs.

PatQuébec a dit…

Oh mais ce billet était parfait, court et concis comme je les aime :) Pas besoin d'en faire des tonnes et comme tu le dis, d'autres feront des analyses plus élaborées. Je voulais juste faire part de mes questionnements, le sort de ce pays et les espoirs de tous ces gens me touchent. Je me demande simplement comment je ressentirais les choses à leur place ? Je n'en sais rien. La situation des prochains mois doit être être très bizarre à vivre en tant qu'Egyptien. C'était une pensée en l'air :)

Alcib a dit…

PatQuébec : Tu as raison : ça ne doit pas forcément être long pour être bon... et efficace.
Si on ne connaît pas très bien la situation, il est parfois difficile de trancher lorsque certains groupes revendiquent quoi que ce soit.
Mais dans le cas de l'Égypte, quand on voit à quel point la population a fait preuve de détermination pour retrouver sa liberté de penser, d'agir, de choisir... il me semble qu'on ne peut pas se tromper en se réjouissant avec eux du départ du dictateur. Il est sûrement enivrant pour les Égyptiens de voir que leur détermination a donné des résultats et qu'ils se trouvent maintenant devant de nombreux et très important choix à faire pour le bien de leur pays et de sa population.
J'aime tes pensées en l'air autant que tu préfères mes billets courts ;o)

Alcib a dit…

PatQuébec : J'oubliais. C'est amusant de voir les Égyptiens manifester pour se débarrasser d'un gouvernement, alors que les Belges manifestent pour en avoir un. ;o)

Stephan a dit…

Comme ses confères dictateurs, il s'est accroché au pouvoir aussi longtemps qu'il a pu afin de bien siphonner tout ce qu'il pouvait... Où qu'il finisse, on ne se fait de soucis pour sa retraite, son compte en Suisse doit être bien garni...

Mais comme partout hélas, on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne.

Alcib a dit…

Bonjour Stéphan ! Heureux de te retrouver dans la blogosphère. Il y avait longtemps...

Tu as raison : Il y a devant beaucoup d'inconnu, mais je crois que, comme ceux qui partent à l'aventure en changeant de pays, les Égyptiens feront de leur pays un pays qui leur ressemble.

Si seulement les Québécois avaient ce courage de se choisir eux-mêmes !

Lux a dit…

Ah! Alcib, tu me provoques un pincement au coeur en faisant allusion au Québec. Le problème, c'est qu'on est trop bien assis sur notre petite vie bourgeoise: ça ne fait pas assez mal, alors pourquoi se bousculer.
Résultat: on n'a plus de rêve ni d'ambition. J'ai la nostalgie des folies anciennes et de nos espoirs sans limite.
Quand je pense qu'à Québec, on a 7 députés conservateurs, j'ai mal au coeur. La Coupe est loin des lèvres.
Désolé mon ami pour ces propos déprimants . Vite, réjouissons-nous pour les Égyptiens et réfléchissons sérieusement à nos désirs profonds...

Alcib a dit…

Lux : Un pincement au coeur, c'est bon signe. Ça signifie que tu ne fais pas partie de ceux qui se sont assoupis dans le confort et l'indifférence.

PatQuébec a dit…

Il ne doit pas exister beaucoup d'endroits où l'on fait grève pour avoir un gouvernement et non pas pour en changer :)

Alcib a dit…

PatQuébec, tu as raison : cela doit relever de la spécificité belge. ;o)