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jeudi 16 juillet 2009

Dis-moi à qui tu ressembles...

...je te dirai qui tu es.

Au cours de nos premiers échanges de messages, j'ai envoyé à Alexander plusieurs photos de moi et, en retour, Alexander m'avait envoyé quelques images sans les commenter. Parmi les premières, il y avait celle-ci :


Comme il m'avait un peu parlé de ses goûts vestimentaires, qu'il m'avait dit qu'à l'occasion il aimait porter des tenues classiques, mêmes les plus formelles, en y ajoutant un élément fantaisiste, comme de porter un costume noir ou plus formel encore avec des chaussures fantaisistes et que, par ailleurs, il m'avait dit aimer porter le kilt (il m'avait parlé d'un très grand mariage où les hommes portaient le kilt), j'ai cru qu'il pouvait s'agir d'une photo de lui-même. Il a bien ri quand il a compris la méprise.


Alexander aimait la photo, mais la photo qu'il faisait ou celle des autres, sans nécessairement en être le sujet. La première photo reçue de lui le montrait en train de donner un baiser à Harry mais on y voyait davantage le chat qu'Alexander lui-même. Cette photo m'a tout de même fait fondre en larmes, mais c'étaient des larmes de bonheur. J'avais tellement envie d'en connaître davantage. Mon imagination essayait de compléter les parties manquantes. À l'exception du regard que je ne voyais pas aussi bien sur sa photo, j'aurais pu croire qu'Alexander ressemblait à cet inconnu dont j'ai trouvé par hasard la photo sur un site Internet où il y avait énormément de photos de personnes non identifiées.


Je n'ai pas montré cette photo car je pense qu'Alexander n'aurait pas apprécié la comparaison. Ce garçon est beau, mais Alexander, plus beau encore. En attendant de recevoir d'autres photos, celle-ci m'avait permis de me faire une image complète, provisoire et fausse, mais précise.


Enfin cette dernière image pourrait aussi représenter un Alexander sous un autre éclairage. Je ne sais pas qui est ce garçon mais, même s'il lui ressemble, il ne s'agit pas d'Alexander évidemment. Alexander avait choisi de m'envoyer cette photo, sans doute pour l'attitude pensive du garçon, attitude assez familière à Alexander. Je ne l'imagine pas très bien les bras croisés, cependant.

Est-ce que j'ai déjà écrit que je l'aime ? Est-ce que j'ai déjà dit qu'il me manque terriblement ?

vendredi 18 juillet 2008

Le regard de l'autre

« L'enfer, c'est les autres... », a écrit Jean-Paul Sartre. Et certains jours, devant la bêtise de certains de nos semblables, on pourrait facilement lui donner raison.

Je préfère toutefois la vision d'Albert Jacquard qui dit que l'on n'existe que par rapport aux autres, que par le regard des autres. Et j'ajouterais que l'on existe davantage ou mieux encore par le regard sur nous de ceux que l'on aime et qui nous aiment.

Hier soir, dans un moment de colère et de révolte, j'ai senti le besoin de changer des choses autour de moi. La colère n'étant pas la meilleure conseillère, j'aurais été bien incapable de m'asseoir et de planifier des actions. Je me suis donc jeté sur des caisses de documents qui attendaient d'être triés, classés et, sans trop regarder en quoi ils consistaient, j'ai entrepris de les détruire. Je jetais un regard rapide pour m'assurer qu'ils ne contenaient pas de renseignements confidentiels ; si oui, je les déchirais en petits morceaux ; sinon, je les déchirais grossièrement pour éviter qu'on ait envie de les lire. En faisant cette opération, je suis tombé sur un article de magazine contenant un entretien avec Albert Jacquard ; le généticien humaniste y parlait de l'économie, du chômage, de l'exclusion. Cet extrait, surtout, a retenu mon attention. Albert Jacquard dit :

« ... pour devenir soi-même, on a besoin des autres, il faut être regardé par les autres. Mais quand on est exclu, on n'est regardé par personne, on est moralement tué. C'était la méthode des Gaulois : quand quelqu'un avait commis un crime abominable, on ne lui coupait pas la tête, on le bannissait. Il pouvait se promener, mais personne ne le voyait, il ne comptait pas, et c'était pire que tout. Donc, je n'existe que face aux autres. Le bonheur, c'est de savoir qu'on est beau dans le regard des autres. »

Et mieux encore dans le regard d'un être aimé.

Qu'en pensez-vous ?