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samedi 14 février 2015

Je t'aime !

Combien de fois Alexander et moi avons pu nous dire, de toutes les façons et surtout de la manière la plus simple, ces mots à la fois terribles et merveilleux lorsqu'ils sont sincères, bien sentis, qui peuvent aussi bien déstabiliser que donner à l'être qui les reçoit la plus formidable reconnaissance et la plus solide assurance, ces deux mots si simples à écrire et parfois si difficiles à prononcer tout haut : « Je t'aime ! » Il serait intéressant de parcourir toutes nos conversations, toute notre correspondance, de compter le nombre de fois où nous avons pu nous les dire, nous les écrire, ces mots : « Je t'aime ! » Il ne faudrait pourtant pas oublier de tenir compte du nombre de fois où, chacun de notre côté, avons pu les dire, en silence ou à voix haute, en pensant à l'autre. Combien de fois, dans une journée, ai-je pu, en faisant la cuisine, les courses, ou quoi que ce soit, adresser mentalement à Alexander ces mots qui disaient à quel point ma vie est associée à la sienne ; et je sais qu'il en était de même de son côté. Si je n'ai pas souvent l'oreille assez fine pour les entendre encore aujourd'hui, au-delà du temps et de l'espace, je ne cesse de mon côté de les prononcer à son intention. Et pour être cohérent et conséquent, mes pensées et mes actions en sont à chaque instant le prolongement : « Alexander, je t'aime ! Sois en paix et sois heureux ! »

  
On a tendance à croire que la Saint-Valentin n'est que la fête des amoureux. Les plus cyniques disent plutôt qu'elle est la fête des fleuristes, des chocolatiers et des restaurateurs. Mais en fait, la Saint-Valentin est la fête de l'Amour. Aussi, je veux profiter de cette occasion de dire « Je t'aime ! » à tous ceux et celles qui comptent pour moi, tous ceux et celles qui, de près ou de loin, font battre mon coeur et jubiler mes neurones. Je pense à ma famille et à mes amis d'ici, mais aussi à ceux d'outre-mer. Je pense à notre petite famille, à Alexander et à moi, même à ceux et celles dont je n'ai plus de nouvelles et dont je ne sais pas s'ils sont encore sur terre. Je pense à ceux qui, pour une raison ou pour une autre qui m'attriste et que je respecte pourtant, qu'ils soient au Royaume-Uni, en France ou ailleurs, ne me donnent plus signe de vie. Je pense bien entendu à mon amie Jane, à Abigail, à Alexander le Gallois, à mon ami Charles de France, et à plusieurs autres. Je veux aussi saisir cette occasion de dire à mes deux ou trois lecteurs fidèles ainsi qu'à ceux de passage à quel point votre présence, même silencieuse, m'est chère. Et je vous dis merci d'être là.

Je vous souhaite à tous, particulièrement en cette journée de la Saint-Valentin, de recevoir, sous une forme ou sous une autre, de nombreux témoignages d'affection, tout comme je vous invite à rester présents et sensibles aux êtres qui, de près ou de loin, vous sont chers.

samedi 4 janvier 2014

Bonne année 2014 !

En dépit de toutes les apparences, je suis encore vivant. Et non, je n'ai pas décidé de mettre fin à ce blogue, et je n'ai pas, non plus, choisi volontairement de le laisser hiberner. L'année 2013 a apporté son lot de difficultés d'ordres divers ; je vous parlerai peut-être bientôt - je dis bien : peut-être - de ce que furent les miennes, mais je ne crois pas que ce soit vraiment intéressant pour les deux lecteurs qui continuent de vérifier si je n'aurais pas publié un nouvel article - je les remercie de leur fidélité. Et pour ceux qui arrivent ici par hasard, c'est le plus souvent le résultat de recherches par mots clés qui les amènent sur certains de mes articles, parfois très anciens. Je les remercie de leur intérêt et, parfois, des courriels qu'ils m'envoient pour poursuivre les échanges sur certains sujets.

Mais ces dernières semaines, notamment, mes ordinateurs sont tombés malades, deux le même jour, et se sont retrouvés aux soins intensifs. Mon technicien et moi avons procédé en privé aux funérailles de l'un d'eux. Le plus ancien est en rémission ; pour combien de temps encore, nul ne peut le prédire. Mon beau-frère anglais (britannique) m'a fait cadeau de l'un des siens qui, heureusement, fonctionne très bien

Les journées ne sont pas assez longues pour accomplir tout ce que j'ai en tête, et ce sentiment d'insatisfaction abrège mes nuits encore davantage, et le manque de sommeil n'est pas très bon pour la productivité. L'écrivain Thomas Mann disait, en réponse à une enquête, que pour bien écrire, il doit avoir assez et bien dormi, ajoutant que si l'on a bien réussi quelque chose un jour où l'on a mal dormi, il faut être assuré que cela ne se produira pas le lendemain, le surlendemain. Moi qui n'ai jamais été un grand ami de Morphée, je sais que j'ai aussi besoin de faire des efforts pour... relaxer et lâcher prise.

Tout cela pour dire que je voudrais bien pouvoir écrire ici plus régulièrement, en partie pour répondre à l'une des dernières demandes d'Alexander, celle de poursuivre la tenue de ce carnet électronique, grâce auquel « quelqu'un » a favorisé notre rencontre, et par la suite celle de certains proches d'Alexander. Si je n'écris pas ici aussi souvent que je le voudrais, Alexander n'est pas absent pour autant : il est présent dans tout ce que je pense, dans chacun de mes mots, chacun de mes gestes. Je le notais ailleurs un peu plus tôt aujourd'hui : quel que soit l'auteur ou le texte que je lise, quelle que soit la musique que j'écoute, quelles que soient les images que je regarde, j'ai le sentiment qu'Alexander les partage avec moi, et cela m'incite à exprimer, spontanément, des commentaires à son intention.

L'année 2013 est terminée et je ne m'en plaindrai pas. Selon ma formidable voisine et amie, médium, astrologue, etc., l'année 2014 sera un peu dans la même veine que 2013, difficile pour les finances, pour les relations, etc. Il faudra attendre 2015 pour que se dissipent ces lourds nuages. Mais ce n'est pas une raison pour laisser 2014 en faire à sa tête. Avec un optimisme que l'on pourrait qualifier d'inconscient et une détermination proche de la témérité, j'ai l'intention que 2014 soit pour moi une bonne année, productive, satisfaisante à bien des égards. Je vous en souhaite autant, à commencer par la santé et la force de choisir, de décider, d'agir, afin que le monde, proche ou lointain, soit un peu meilleur en 2014 qu'il l'aura été en 2013.

Bonne année 2014 !

jeudi 10 octobre 2013

Voyager en musique



J'ai découvert ceci chez Olivier Bailleux. C'est tout à fait charmant ! Merci.

lundi 18 mai 2009

Continuité et fidélité


L’article qui précède est le 700e publié ici. Je voulais le mentionner à la fin de l’article et, au moment de le mettre en ligne, j’ai oublié. 700 articles depuis octobre 2006, ce n’est pas beaucoup ; ce n’est donc pas pour tenter de vous impressionner que je souligne. Si j’avais publié un article par jour comme j’en avais l’intention au départ, j’aurais pu souligner il y a un moment déjà non pas le sept centième mais bien le neuf centième billet publié. Pour diverses raisons que vous devez comprendre sans que j’aie besoin de les énumérer, je n’ai pas écrit un article tous les jours. J’en ai commencé un très grand nombre que, pour toutes sortes de raisons aussi, je n’ai pas publiés, mais des brouillons, des ébauches, ça n’a d’importance, s’il y a lieu, que pour leur auteur ; un de mes professeurs d’université avait écrit un jour ce commentaire dans la marge d’un travail que je lui avais remis : « Que m’importe de savoir que vous avez des idées que vous ne partagerez pas avec moi, que vous avez écrit des textes que je ne lirai pas ? »

Sept cents, c’est tout de même un beau chiffre – j’ai toujours aimé le chiffre sept – qui mérite d’être mentionné. Il indique une certaine persévérance de ma part dans un projet amorcé. Je voudrais parfois qu’il y ait entre les articles publiés une plus grande cohésion, que ces articles aient un lien, un fil conducteur, peu importe lequel. Ce fil conducteur, si on veut en trouver un, c’est sans doute mon humeur du jour, mon besoin de confidence ou la simple envie de partager une information ou une indignation.

André Gide, Julien Green, et c’est vrai de très nombreux diaristes, ont souvent écrit que leur journal ne reflète pas exactement leur réalité car, la plupart du temps, il n’exprime pas les moments de bonheur. Certaines personnes n’écrivent que lorsque ça va mal ; d’autres, au contraire, ont besoin d’aller bien pour écrire. Chez certains, le silence est éloquent, parfois inquiétant. En ce qui concerne ce blogue, je n’aime pas trop les longs silences, car si ce blogue n’est pas un journal, et qu’il ne prétend pas refléter ma réalité, un silence de plusieurs jours indique que je suis trop occupé ailleurs, à vivre ou à travailler, ou préoccupé d’une façon ou d’une autre ; il peut indiquer aussi que j’ai du mal à exprimer ce qui se passe, que les idées ne sont pas forcément absentes mais parfois trop nombreuses, qu’elles veulent toutes s’exprimer en même temps ; en se dirigeant toutes ensemble vers la sortie elles en bloquent le passage et plus rien ne s’exprime…

Sept cents articles publiés, c’est aussi l’expression de la fidélité des lecteurs, que ceux-ci laissent ou non des traces de leur passage. Je sais que certains ont suivi ce blogue dès le début ; d’autres ont pris le train en marche et continuent de faire la route avec moi. Certains, moins nombreux, ont pris le train en marche et ont voulu remonter à la source, lire tous les articles et tous les commentaires ; je pense en particulier à l’un d’eux, infiniment cher à mon cœur : il se reconnaîtra. Je dois dire aussi que, très souvent, j’ai pris la plume pour écrire, au clair de la lune, à cet être plus cher que tout.

Ce n’est pas une raison pour négliger ce blogue car, comme me l’écrit cet amour, « il est triste de voir des lieux ou des choses qui ne sont plus assez aimés de ceux qui devraient en prendre soin ; les objets sentent cet abandon et alors ils se couvrent de poussière pour qu’on ne les voit pas pleurer. »

Un autre lecteur, ami fidèle et sage, m’envoie ce matin cette citation qui est plus généreuse que ce nous a toujours inculqué notre éducation judéo-chrétienne, qu’il faut souffrir pour payer nos moments de bonheur ; elle est du dalaï-lama, à qui je ferais davantage confiance qu’au chef de l’Église catholique pour assurer mon bonheur terrestre et céleste :

« ... L'autre ne va pas sans "moi", et selon le point de vue conventionnel, ce moi est indéniable. Nous en avons une authentique sensation, ancrée au plus profond de nous, qui se traduit par : "Je veux ceci", "Je ne veux pas cela". Ce sentiment d'être soi se manifeste très naturellement à nous et s'accompagne tout aussi spontanément d'un désir de bonheur et d'une répulsion pour la souffrance ; ce qui est non seulement naturel mais juste. Nous désirons être heureux, nous ne voulons pas souffrir : c'est parfaitement légitime. Nous n'avons même pas à nous en justifier. À ce titre, nous avons droit au bonheur et à ne pas souffrir. »
Dalaï-lama, Cent éléphants sur un brin d’herbe, traduction française par Lise Médini, collection « Point », Éditions du Seuil.

dimanche 5 avril 2009

Pierre blanche

Ce samedi 4 avril est un autre jour à marquer d'une pierre blanche. J'attendais depuis si longtemps ce jour, sans savoir quand il viendrait exactement. Longuement attendu, il est cependant arrivé sans prévenir. Je savais qu'il viendrait sans le demander explicitement...

M'inspirant du caractère de mon amoureux qui ne se plaint jamais, qui voit toujours le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide, qui sait rendre grâce de tout ce qu'il a plutôt que de regretter ce qui lui manque, je veux donc rendre grâce pour cette joie immense, pour ce moment intense survenu en début de soirée, samedi, et dont le retentissement se fait encore sentir, plusieurs heures après. Merci !

mercredi 1 avril 2009

Marquée d'une pierre blanche

La photo vient d'ici


Pour plusieurs raisons, toutes apparentées, cette journée du premier avril est à marquer d'une pierre blanche.

mardi 3 mars 2009

Nous ne t'oublions pas

La photo vient d'ici

Il y a déjà deux mois que tu es parti, Harry, au royaume des chats. Nous n'oublierons jamais les treize années de bonheur partagé.

jeudi 19 février 2009

Bord de mer

La photo vient d'ici

Il m'avait annoncé hier soir qu'il irait aujourd'hui voir la mer avec une amie et, évidemment, son meilleur ami, l'adorable compagnon canin. Il ne savait pas encore où il irait exactement ; il avait exprimé une préférence mais tout dépendrait vraiment du temps qu'il allait faire.

Déjà, hier soir, il avait préparé le sac de voyage de son ami, le chien. Sa serviette de plage, avec son nom brodé, sa couverture préférée, des balles, ses plats pour la nourriture et pour l'eau, avec ce qu'il faut pour la journée... L'expression « une vie de chien » n'a pas été inventée pour lui.

La photo vient d'ici

Pendant que mon amoureux allait au bord de la mer avec une précieuse amie, je devais aller travailler chez un client. Je m'étais levé à six heures, sans avoir beaucoup dormi (j'ai pris l'habitude de me coucher tard) afin de terminer un travail que je devais livrer ce matin et sur lequel nous devions travailler une partie de la journée. Au début de l'après-midi nous n'avions pas encore fini, mais j'avais un autre rendez-vous que je ne pouvais pas reporter. De son côté, mon client devait assister à une réunion avec des collèges. Nous avons décidé de nous retrouver en fin d'après-midi, afin de terminer le travail que nous devions faire ensemble.

Je me suis arrêté au restaurant pour manger en vitesse et j'ai marché jusqu'à mon autre rendez-vous. Une demi-heure de marche, c'est juste parfait pour prendre l'air. Les trottoirs et les rues de Montréal étaient assez mouillés ; il avait neigé hier et ce matin ; puis la neige s'est transformée en pluie. Je me suis rendu compte, alors, que si mon amoureux marchait ou se reposait au bord de la mer, que son chien courait et jouait à la balle sur la plage , les trottoirs de Montréal avaient l'air de la plage à marée haute. En arrivant à mon rendez-vous, j'avais les pieds aussi mouillés que si j'avais marché au bord de la mer.

À la fin de ma rencontre, j'ai mentionné que je devais vite rentrer chez moi pour envoyer un message à mon amoureux, pour lui dire que je serais peut-être en retard à notre rendez-vous de fin de journée car je devais retourner chez le client du matin, où je n'ai pas accès à Internet car nous travaillons dans diverses salles de conférence. La personne chez qui j'étais m'a offert d'utiliser son ordinateur afin d'envoyer mon message sans devoir rentrer chez moi.

Surprise ! Il m'avait écrit avant que j'aie le temps de le faire. Il venait de rentrer et il était fatigué. Tous les trois ont passé une excellente journée. Le vent était froid au bord de la mer, mais le ciel était bleu, il y avait des bateaux, des voiles blanches sur l'eau... Le chien était tout heureux de courir sur la plage avec sa balle... L'amie avait marché, loin sur le quai. Lui s'était reposé sur la promenade où le chien, fatigué de courir, était venu se coucher à ses pieds ; sa couverture sur le dos, il avait dormi, l'amoureux aussi...

Ils avaient mangé à la terrasse d'un petit restaurant, soupe et poisson. Sur le chemin du retour, ils ont encore mangé des bonnes choses qu'avait préparées l'amie. En arrivant à la maison, tout le monde était heureux et fatigué. Mon amoureux me disait qu'il allait directement au lit et qu'il me raconterait plus en détails demain cette très belle randonnée au bord de la mer...

Je ne dévoilerai pas le reste de son message car cela n'a rien à voir avec la mer, sinon par son étendue, et encore moins avec l'hiver.

Fatigué moi-même, j'ai dormi un moment, malgré moi, avant de repartir faire des courses et de revenir préparer quelque chose à manger. En mangeant, j'ai lu le message que m'avait laissé l'amie qui avait eu cette excellente idée d'aller passer la journée sur le bord de la mer.

dimanche 4 janvier 2009

Pour saluer Harry (Potter)

Croyez-le ou non, il y a un mois encore, je n'avais jamais vu un seul des films de la série « Harry Potter », sauf des extraits à la télévision. Or, après en avoir parlé récemment avec quelqu'un que j'aime beaucoup, qui a vu tous les films et lu tous les livres de la série, et qui a plusieurs raisons, s'il en faut, d'aimer ces histoires, ces personnages, ces décors, ces paysages, j'ai eu envie de voir d'abord les films. J'ai regardé hier soir le quatrième de la série, « Harry Potter et la coupe de feu ». Je dois dire que j'y prends beaucoup de plaisir. Je ne regrette pas de ne pas les avoir vus avant car je les découvre en ce moment avec un immense plaisir que je n'aurais pas connu si j'avais regardé ces films il y a un an, par exemple. Je pensais regarder ce soir le cinquième film disponible mais ce soir mes pensées sont toutes tournées vers un autre Harry (non pas le jeune prince du même nom mais un chat merveilleux dont le nom complet est Harry Potter), et mon cœur est tout entier avec son fidèle ami et compagnon des treize dernières années.

Il y a quelques semaines, le 18 novembre dernier, plus précisément, j'ai parlé des problèmes de santé que connaissait Harry et qui inquiétaient au plus haut point son ami, avec raison. Puis, le 22 novembre, je remerciais la déesse Bastet car Harry avait pris du mieux et repris des forces. Depuis lors, il semblait aller aussi bien que possible. Il avait retrouvé sa joie de vivre et continuait de faire le bonheur de son maître et de leur ami canin.

Parti à la campagne pour célébrer Noël, Harry y avait trouvé un charmant petit lit joliment aménagé par la grand-mère de son ami, une bouillotte pour le tenir au chaud. Il s'était même permis de manger quelques fleurs du bouquet qui souhaitait la bienvenue à lui et ses amis humain et canin. Un soir, en montant à sa chambre, mon amour avait vu avec émotion Harry dormir dans son propre berceau de bébé...

Or, hier soir, Harry a fait comprendre que ça n'allait plus, qu'il était temps de partir. Peu après être rentré d'une promenade dans la campagne, mon amour a constaté que Harry avait donné tout ce qu'il pouvait, que la prolongation de sa vie terrestre ne pourrait se faire que dans la souffrance. Comme il le lui avait promis, mon amour était là au moment critique ; comme il le lui avait promis, quand il fut clair qu'il n'y avait plus de retour possible, il a fait lui-même l'injection qui mettait fin à une souffrance aussi subite qu'irréversible.

Je ne connais pas beaucoup les chats moi-même mais j'ai lu quelque part, à plus d'un endroit, que les siamois sont parmi les plus fortes personnalités qui existent chez les chats, qu'ils sont joueurs, attachants, qu'ils aiment la vie domestique, la présence des gens autour d'eux, bien qu'ils n'aient en général qu'un seul maître. C'est sans doute le chat le plus attaché à son maître et celui qui exige de celui-ci une une présence attentionnée qu'il lui rend bien. On dit qu'il était aussi apprécié de la famille royale de Siam (l'ancienne Thaïlande) que des moines bouddhistes.

Or Harry n'était pas qu'un chat, pas qu'un siamois. C'était le compagnon depuis treize ans de ce garçon que j'aime. Harry avait été recueilli par la grand-mère de celui que j'aime et elle le lui offert au début de son adolescence ; il avait partagé sa vie durant toutes ses études et le début de sa vie professionnelle. On dit que le siamois développe avec son maître une telle complicité qu'on a l'impression qu'ils entretiennent une conversation intelligente ; c'était véritablement le cas entre Harry et son ami.

Harry devait quitter la campagne ce lundi pour rentrer avec ses deux amis, humain et canin, à l'appartement du centre-ville. Puisqu'il devait partir, abandonner son écorce terrestre, il a choisi le meilleur moment pour le faire. Il aura laissé passer les fêtes de Noël et du nouvel an, il y aura participé à sa façon. En annonçant hier soir qu'il ne pouvait plus retarder son départ pour l'autre dimension, il a permis à son maître et ami de lui donner la sépulture qu'il voulait. Un voisin lui aura fabriqué un petit cercueil et Harry aura été enseveli ce soir même dans le parc de celle qui l'avait recueilli il y a treize ans, comme elle a recueilli et soigné tant d'autres de ses frères du règne animal. S'il avait pu parler, Harry aurait su trouver les mots pour remercier cette femme extraordinaire qui, dans son cas, lui aura permis de vivre tous les bons côtés d'une vie princière, sans les aspects négatifs de la célébrité. Je suis sûr qu'au cours des derniers jours, il aura su dire par le regard ce « merci » qu'il ne pouvait prononcer.

Harry ne souffre plus et il a rejoint le paradis des chats. Sur Terre il ne sera jamais oublié de ceux qui l'ont connu. Pour ma part, jamais auparavant je ne me serai attaché à ce point à un chat. J'ai connu Harry bien tard mais il aura su, autant que son maître et ami, conquérir mon cœur. Ce cœur, il est bien lourd et malheureux ce soir en pensant à la peine de celui à qui Harry manquera le plus. Je lui souhaite beaucoup de force pour traverser cette épreuve et je l'assure de tout mon amour et de ma présence.

samedi 22 novembre 2008

Merci à Bastet


J'ai des nouvelles de Harry. Il va beaucoup mieux. Il a cessé de vomir et il reprend des forces. Merci à Bastet d'écouter nos prières. L'encens et les bougies continuent de brûler devant son image.

Cette photo anonyme provient d'Internet

Quand à l'ami canin, il est comme moi : il n'a pas l'air trop malheureux mais il attend impatiemment le retour de son maître. Il traîne partout un pull que son maître lui a laissé avant de partir ; il retrouve dans ce pull l'odeur de son maître. Moi qui n'ai pas l'odorat si fin, en attendant de respirer son parfum sur lui-même, j'ouvre de temps à autre une jolie petite boîte bleue et j'y respire le parfum de celui que j'aime.

Comme le dit si bien l'amie qui me donne des nouvelles — et elle sait très bien de quoi elle parle car elle en a plusieurs chez elle — les animaux sont plein d'amour et de fidélité envers ceux qui les aiment. Certaines personnes devraient s'en inspirer.

samedi 27 septembre 2008

Petit garçon solitaire


Je remercie chaleureusement « Docteur Jane » de m'avoir fait parvenir cette merveilleuse aquarelle d'un petit garçon qui, avec des cheveux noirs plutôt que blonds, est le portrait un peu plus jeune du Petit Prince que nous aimons et qui est hospitalisé en ce moment. Je remercie « Docteur Jane » aussi pour son rôle doublement angélique : celui d'ange gardien et d'ange messager. Merci pour sa présence, fidèle et aimante, auprès de lui durant ces jours difficiles et pour avoir si bien su, avec tant d'amour et de délicatesse, transmettre de part et d'autre la confiance et la détermination ainsi que les mots tendres qui permettent à chacun de retrouver chaque jour le sourire. Merci de poursuivre sa mission, le temps qu'il faudra...

Rassurons-nous, il n'a pas l'intention de retourner tout de suite sur son étoile et nous ne le laisserons pas partir. Il a encore trop de bonnes choses à vivre parmi nous, trop de bien à accomplir sur Terre, et nous avons trop besoin de lui. Et puis nous sommes au moins quelques-uns à avoir été séduits et conquis par son indéfectible amour. Le nombre importe peu ; ce qui compte, c'est l'amour inconditionnel que nous avons pour lui, en essayant d'être vraiment dignes du sien.

Il y aurait tant à dire à son sujet ! Discret, et même timide, il n'aime pas que l'on attire trop l'attention sur ses innombrables qualités. Et puis, en essayant de dresser son portrait intellectuel et moral, je ne manquerais pas de faire de nombreux jaloux. Je me limiterai à deux mots qui le résument assez bien : merveilleux et adorable. Merveilleux, comme un être venu d'ailleurs, qui n'aurait pas connu le péché originel ; il sait voir immédiatement ce qu'il y a de bon en chacun et s'apprête à faire confiance ; comme il est loin d'être bête, il sait aussi tout le mal que chacun peut faire. Adorable pour tous ceux qui savent s'arrêter de courir, tous ceux qui ont un cœur et à la bouche des mots vivants plutôt que des chiffres. Merveilleux et adorable, il n'est pas que poète : il est lui-même poésie.



Si l'on préfère la version chantée par Nana Mouskouri, on peut l'écouter ici

vendredi 26 septembre 2008

Rendre grâce

Dans les moments difficiles, il n'y a pas que... des difficultés.

Ces derniers temps (encore ? seront tentés de demander certains d'entre vous, avec raison), j'ai du mal à écrire, quoi que ce soit, où que ce soit. Je peux expliquer ce blocage en partie par une série d'occupations et surtout de préoccupations ; je n'ai pas l'esprit libre pour imaginer autre chose que la prochaine action nécessaire. Mais cela, ce n'est pas nouveau : je n'ai jamais été très habile pour me rendre la vie facile et confortable. Adolescent, j'ai dû être absent quand on a enseigné cette leçon et personne n'a songé à me prêter ses notes de cours. J'ai pourtant bien appris plus tard, en autodidacte, tout ce qui fait une vie agréable, mais je n'ai pas appris comment l'obtenir.

Et je suis fait d'une bizarre de façon : si rien ne bouge autour de moi, en moi surtout, il me manque l'élément déclencheur, « l'émotion de départ », écrirait Yves Navarre. Il me faut une émotion. Et si tout bouge, c'est trop. J'ai besoin de laisser retomber la poussière, de prendre un peu de recul. Je peux écrire au milieu de la circulation, à condition d'écrire sur autre chose que la circulation et à la condition de ne pas être écrasé par les voitures. Les émotions, ce n'est pourtant pas ce qui manque ces temps-ci !

Bien sûr, de savoir qu'un être que l'on aime doit être hospitalisé, c'est toujours un peu inquiétant, quelle que soit la cause de l'hospitalisation. Quand le séjour prévu se prolonge, l'inquiétude augmente encore un peu. On a beau avoir confiance et essayer de conserver sa sérénité, l'anxiété augmente au fil des heures, puis au fil des jours. Une bonne nouvelle rassure un moment et le cycle de l'attente recommence. Quand les nouvelles arrivent, qu'elles soient rassurantes ou pas, il y a une tension qui se libère, tension que l'on n'avait pas forcément senti grandir en soi avec l'anxiété. La tension relâchée, on apprécie la bonne nouvelle parmi les autres et l'on se sent apaisé... jusqu'à ce que l'on se demande ce qu'il y a autour de la bonne nouvelle...

Je crois que, malgré tout, j'ai toujours été plutôt optimiste. J'ai tendance, dans bien des situations, non pas à nier la réalité mais bien à essayer de l'examiner le plus lucidement possible, pour essayer de voir ce que l'on peut en faire, comment on peut l'améliorer.

En ouvrant au hasard un livre pris au hasard, un livre sur la créativité, je suis tombé sur un passage très intéressant sur les blocages. L'auteur y dit, en résumé, que très souvent, lorsque l'on se sent dans une impasse, bloqué ou agité, ce n'est pas forcément parce que l'on n'a pas d'idée, pas de projet mais plutôt, au contraire, parce qu'il y en a trop et que tout se présente à la sortie en même temps. L'une des façons de s'en sortir, alors, c'est de faire quelque chose, peu importe quoi, du moment que c'est utile : mettre de l'ordre sur le bureau, dans nos tiroirs, plier des vêtements, cirer des chaussures, aller faire une promenade... Un autre truc, c'est de terminer quelque chose que nous avons commencé : une lecture, le ménage dans sa chambre, le classement de nos papiers, le rangement des disques, etc. Le secret, c'est de libérer de l'énergie pour permettre à la créativité, qui n'aime pas être bousculée ou coincée, de s'exprimer en toute liberté... Ça semble marcher.

Une question qu'il ne faut pas oublier de se poser, de temps à autre : « Quand, la dernière fois, est-ce que j'ai eu du plaisir à faire quelque chose ? » ou « Quand ai-je vraiment ri la dernière fois ? » Si on a du mal à se souvenir, il serait peut-être temps d'y voir. Dans mon cas, je me souviens très bien : c'était lundi et mardi d'avant, en soirée. Avec un charmant jeune homme, sur MSN, nous nous sommes amusés à trouver des émoticônes pour représenter notre univers et les êtres qui le composent. Nous y avons pris beaucoup de plaisir et nous avons ri, vraiment, donnant raison à Chateaubriand, qui écrivait : « Le vrai bonheur coûte peu ; s'il est cher, il n'est pas d'une bonne espèce. »



Je ne me souviens pas avoir autant « exploité » mon réseau de connaissances, mon entourage immédiat, que ces dernières semaines, appelant parents et amis pour leur exposer clairement ma situation, après avoir pris de leurs nouvelles, bien entendu. Cet exercice m'aura permis, d'une part, d'avoir des nouvelles des parents et des amis et, d'autre part, de connaître les limites de chacun.

Au cours des derniers jours, des amis, même éloignés, ont vraiment été présents - je dirais même : surtout les amis éloignés. Sans nécessairement connaître le détail de mes inquiétudes et de mes préoccupations, des amis m'ont téléphoné de France, certains appelant plusieurs fois dans la semaine. D'autres amis français ont surtout été présents sur MSN, prenant chaque jour des nouvelles. Des messages de soutien et de réconfort sont venus aussi d'Angleterre... Je ne nommerai personne pour ne pas faire de jaloux, mais je les remercie tous du fond du coeur. Et je suis désolé pour ceux, au loin, à qui je n'ai pas permis, en ne leur donnant pas de nouvelle, de me témoigner leur amitié et leur soutien.

Autre agréable surprise : en voyage sur la Côte d'Azur, Pierre-Vincent de Nantes (qui n'est pas V. à l'Ouest) m'a adressé une carte de Grasse. Je pourrai lui rendre la politesse ; pour l'instant, je veux rendre grâce à tous ces amis qui, tout au long de la semaine, ont été présents.

Et pour rendre grâce à ceux qui, il y a un moment déjà, ont participé à un concours et qui ont gagné une carte postale, j'enverrai finalement les cartes que j'ai achetées il y a quelques jours.

dimanche 20 novembre 2005

Si charité mal ordonnée, ne pas donner...

Je citais l'autre jour, dans mon article « ...avec un coeur d'enfant », un extrait d'un roman de Michel del Castillo ; le dernier paragraphe cité se terminait par ces mots :
« ... La plupart de nos « croyants » cessent de se comporter en croyants dès qu’il s’agit de donner mille pesetas. Foi bien fragile que celle qui dépend du portefeuille ! Ce n’est pas le superflu qu’il faut savoir donner, mais bien le nécessaire. »
Ce soir je tombe sur une citation de Romain Rolland qui explique peut-être pourquoi tant de gens hésitent à ouvrir leur portefeuille pour aider un ami, comme le font les deux amis de la fable de La Fontaine, ou pourquoi certains ont tant de mal à faire un sacrifice, quel qu'il soit : « Si un sacrifice est une tristesse pour vous, non une joie, ne le faites pas, vous n'en êtes pas digne. » (Romain Rolland, Jean-Christophe).

Il y a quatre ans, à l'invitation de nouveaux amis que j'avais connus par l'intermédiaire d'un salon de clavardage sur Internet et avec qui je dialoguais depuis environ un an, je suis venu passer quelques semaines en Europe. Quelques-uns de ces amis avaient insisté pour que je vienne, en me disant que je pourrais loger chez un tel et un tel, à tour de rôle. Je ne suis pas du genre à partir à l'aventure ; je considère que j'ai déjà vécu ma vie de bohème, à vingt ans, lors de mon premier séjour à Paris et assez longtemps par la suite au fil des ans ; depuis, j'ai plutôt tendance à vérifier dans quoi je m'embarque avant de partir. Dans le cas de ce séjour de l'automne 2001, les promesses d'hébergement me semblaient des garanties suffisantes, puisque j'avais eu déjà avec ces amis des échanges presque quotidiens par Internet, plusieurs conversations téléphoniques et bien d'autres témoignages d'amitié.
Or, après un saut à Bruxelles et une semaine passée à Liège chez un autre ami, je suis venu à Paris, comme il était prévu. Je me suis vite rendu compte que les promesses des amis ne tenaient plus ; je n'ai pas essayé de savoir pourquoi ; il me suffisait de savoir que l'on voulait bien me voir, sortir au café ou au restaurant avec moi, mais que l'on hésitait encore à ouvrir la porte de l'appartement. Je me suis donc résigné à rester à l'hôtel où je m'étais installé dès mon arrivée.
Quelques jours plus tard, j'étais dans un cybercafé, car Internet restait pour moi la façon la plus efficace de communiquer avec tous ces « amis » dont j'avais fait la connaissance au cours des mois précédents. Un garçon que je connaissais un peu car nous avions eu ensemble quelques brèves conversations, mais très peu par rapport à de nombreux autres, me demanda où j'habitais à Paris. Je lui répondis que j'étais à l'hôtel parce que les amis qui devaient m'héberger semblaient avoir des difficultés. Or, ce garçon que je ne connaissais pas vraiment, Christian, qui ne me connaissait sans doute pas davantage, me dit qu'il avait un appartement dans le Marais, qu'il partait passer deux jours à la campagne et qu'il mettait donc cet appartement à ma disposition. Nous nous rencontrâmes le lendemain à l'heure du déjeuner dans un bistrot situé sur les Grands Boulevards, entre mon hôtel et son lieu de travail. Nous avons mangé un sandwich, pris un café, puis Christian m'a remis les clés de son appartement en m'invitant à m'y installer. Il est retourné au travail alors que je suis passé à l'hôtel chercher mes affaires ; j'ai ensuite pris un taxi et je suis parti m'installer rue Vieille-du-Temple...
Quatre ans plus tard, c'est avec beaucoup d'émotion que je repense à cet élan spontané de générosité. Ce garçon qui ne m'avait jamais vu de sa vie, avec qui j'avais eu de brèves conversations sur Internet, m'offrait les clés de son appartement alors que lui-même partait durant quelques jours... Combien d'autres auraient pu craindre d'être volés, ou quoi que ce soit ; combien auraient craint d'être dérangés ? Quand il revint de la campagne, loin de me mettre à la porte, Christian me dit que je pouvais rester aussi longtemps que je n'aurais pas trouvé autre chose, insistant même pour que je prenne sa chambre, disant qu'il dormirait au salon.
Ça, c'est pour moi de la générosité joyeuse et véritable, et non de la générosité triste, à contre-coeur... J'en garderai une éternelle reconnaissance à Christian, et aussi à Yann et à Sébastien, des amis de Christian, qui ne sont probablement pas étrangers non plus à ce si cordial accueil. J'en remercie encore ces amis et j'espère pouvoir bientôt leur rendre la politesse, comme cela devait se faire cet automne pour Yann et Sébastien, qui habitent l'un le Berry et l'autre les Yvelines, et qui ont dû reporter à plus tard leur séjour à Montréal. Pour compenser un peu ce retard, je viens de recevoir du Portugal où Sébastien a de la famille une carte postale signée de Yann et de Sébastien et dont l'image évoque le restaurant de Paris où nous avions mangé en compagnie de plusieurs autres copains le soir de notre première rencontre, le samedi 13 octobre 2001.