mercredi 1 avril 2015
L'âme d'une maison
mardi 3 août 2010
Colette
Aujourd'hui, en cherchant quelque chose sur Internet (je ne me souviens plus ce que c'était mais cela n'avait aucun rapport avec Colette), je suis tombé sur une page du cimetière du Père Lachaise, justement la page consacrée à Colette. Comme je crois qu'il n'y a pas de hasard, je pense qu'un ange a voulu me rappeler que c'était, ce 3 août, l'anniversaire du décès de notre Colette.
lundi 7 juin 2010
Un rossignol amoureux
Alexander m'a toujours dit que si un jour il devait retourner sur son étoile ou sur la Lune, il serait tout de même toujours près de moi et il insistait que je ne devais jamais oublier qu'il était là. Je dois dire que les dernières semaines ont été très difficiles. Ce n'est pas vrai qu'avec le temps le chagrin diminue. Mais avec le temps qui passe, les proches croient que le chagrin devrait s'atténuer et que l'on ne devrait plus avoir besoin d'autant d'attention. À qui, alors, dire sa peine ? à qui parler encore de ce qui nous manque cruellement ? Je reconnais que ces derniers temps, peut-être parce que j'étais plus préoccupé par des problèmes pressants (mais tout est lié : l'état d'esprit influence tout le reste), même si je pensais toujours à lui et que mes rituels n'ont pas changé, il m'était plus difficile de sentir sa présence. Et cela même me rendait malheureux. Et, depuis deux ou trois jours, je ne sais plus pourquoi exactement, je sens davantage la présence d'Alexander. Je perçois très souvent des signes qui étaient peut-être là auparavant mais que je n'arrivais pas à décoder.
Vendredi soir, par exemple, je suis sorti pour aller manger au restaurant. Le soleil se couchait à l'horizon. Ma rue est bordée de grands arbres des deux côtés. Devant chez moi, j'entendais les oiseaux se préparer pour la nuit. Puis un chant se distinguait très nettement parmi les autres. Je me suis arrêté, cherchant je ne sais pourquoi dans l'épais feuillage, l'oiseau qui chantait si bien. Et je l'ai vu : il était perché sur un élément décoratif de la corniche d'une maison de quatre étages ; sa silhouette était clairement découpée sur le bleu violacé du ciel. Je pouvais même distinguer le gonflement de sa poitrine et les mouvements de son bec. Il semblait seul au monde et si heureux de chanter. C'était, vous l'aurez deviné, un rossignol. Alexander avait raison de mentionner que dans la Grèce antique son chant magique inspirait les amoureux. Je crois qu'aujourd'hui encore, souvent sans le savoir, les amoureux sont sous le charme de cet enchanteur. Je suis resté longtemps à l'écouter, en pensant à tout ce qu'aurait dit Alexander. Puis je me suis dit que tout ce qu'Alexander aurait voulu m'exprimer passait ce soir-là par le chant merveilleux d'un rossignol qui semblait ne chanter que pour moi.
lundi 3 août 2009
D'un lac à l'autre

dimanche 1 mars 2009
Bonne fête, grand-mère !
Non, ce n'est pas une photo de ma propre grand-mère. Celle-ci avait un très fort accent bourguignon, alors que la mienne avait plutôt un très accent irlandais. Je dis « la mienne », car je n'en ai connu qu'une, ma grand-mère maternelle. Ma grand-mère paternelle est décédée peu après la naissance de mon père ; il n'a donc pas connu sa mère et, par conséquent, je n'ai pas connu cette grand-mère.
Quant à ma grand-mère maternelle, elle était déjà âgée quand j'étais enfant. Je la voyais une fois ou deux par année. Nous avions des rapports très distants, très respectueux. J'envie ceux qui ont eu une grand-mère complice, une grand-mère amie, confidente...
Ma grand-mère maternelle devait ressembler davantage à celle-ci car,sur ce portrait de la Reine Mère, par Michael Noakes, je croirais
reconnaître ma mère, à l'époque où elle portait encore des chapeaux.

Je ne crois pas que la fête des Gands-mères soit très répandue en dehors de la France. Néanmoins, je saisis cette occasion pour souhaiter, discrètement et très respectueusement, à cette grand-mère que je m'approprie, qui connaît l'existence de ce blogue mais je ne crois pas qu'elle le consulte, une très belle fête des grands-mères. Tous mes voeux de bonne santé et de longue vie.
lundi 14 juillet 2008
J'ai vu chanter un rossignol sous la lune...
Le chant du rossignol
Il m'était rarement arrivé ces dernières années de me coucher moi-même au petit matin et d'entendre le chant des oiseaux qui annoncent le jour. Ces derniers mois, cependant, je me suis plusieurs fois couché très tard la nuit, pour pouvoir écrire. Vous me croyez difficilement, et je vous comprends, car ce blogue ne semble pas refléter une intense activité intellectuelle ou créative ; c'est que ce j'ai écrit et que je continue d'écrire tous les jours n'est pas destiné à un grand public. Je vous entends penser que je pourrais bien les publier ici parce que le nombre de lecteurs n'est pas très grand ; vous auriez raison : vous devez bien être deux ou trois encore et, sans vous nommer, je vous remercie de votre fidélité. Après avoir publié, le 6 mai dernier, l'article intitulé « Sérénade printanière », j'ai appris que l'oiseau que l'on entendait dans l'enregistrement musical était un rossignol ; au cours des nuits suivantes, j'ai souvent entendu chanter dans la nuit ou le petit matin un oiseau que je pouvais maintenant identifier : il ne s'agissait pas d'un coq, ni français ni suisse, mais bien d'un rossignol.
Comme j'ai aussi écrit un article sur la lune, le 24 juin dernier, et que d'autre part j'ai eu l'occasion de parler assez souvent avec quelqu'un que j'aime beaucoup, quelqu'un qui aime Colette pour ses écrits, bien sûr, mais qui a aussi des raisons personnelles de l'aimer et de la faire aimer, il me semblait indispensable d'évoquer ici la grande Colette, surtout que le hasard m'a mis sous les yeux, tout récemment, ce texte que j'avais lu il y a longtemps mais dont je n'avais retenu que le titre, Les vrilles de la vigne, dont voici de larges extraits :

Il se couchait sur le coup de sept heures, sept heures et demie, n'importe où, souvent dans les vignes en fleurs qui sentent le réséda, et ne faisait qu'un somme jusqu'au lendemain.
Une nuit de printemps, le rossignol dormait debout sur un jeune sarment, le jabot en boule et la tête inclinée, comme avec un gracieux torticolis. Pendant son sommeil, les cornes de la vigne, ces vrilles cassantes et tenaces, dont l'acidité d'oseille fraîche irrite et désaltère, les vrilles de la vigne poussèrent si dru, cette nuit-là, que le rossignol se réveilla ligoté, les pattes empêtrées de liens fourchus, les ailes impuissantes...
Il crut mourir, se débattit, ne s'évada qu'au prix de mille peines, et de tout le printemps se jura de ne plus dormir, tant que les vrilles de la vigne pousseraient.
Dès la nuit suivante, il chanta pour se tenir éveillé :
Tant que la vigne pousse, pousse, pousse...
Je ne dormirai plus !
Tant que la vigne pousse, pousse, pousse...
Il varia son thème, l'enguirlanda de vocalises, s'éprit de sa voix, devint ce chanteur éperdu, enivré et haletant, qu'on écoute avec le désir insupportable de le voir chanter.
J'ai vu chanter un rossignol sous la lune, un rossignol libre et qui ne se savait pas épié. Il s'interrompt parfois, le col penché, comme pour écouter en lui le prolongement d'une note éteinte... Puis il reprend de toute sa force, gonflé, la gorge renversée, avec un air d'amoureux désespoir. Il chante pour chanter, il chante de si belles choses qu'il ne sait plus ce qu'elles veulent dire. Mais moi, j'entends encore à travers les notes d'or, les sons de flûte grave, les trilles tremblés et cristallins, les cris purs et vigoureux, j'entends encore le premier chant naïf et effrayé du rossignol pris aux vrilles de la vigne :
Tant que la vigne pousse, pousse, pousse...
Cassantes, tenaces, les vrilles d'une vigne amère m'avait liée, tandis que dans mon printemps je dormais d'un somme heureux et sans défiance. Mais j'ai rompu, d'un sursaut effrayé, tous ces fils tors qui déjà tenaient à ma chair, et j'ai fui... Quand la torpeur d'une nouvelle nuit de miel a pesé sur mes paupières, j'ai craint les vrilles de la vigne et j'ai jeté tout haut une plainte qui m'a révélé ma voix.
Toute seule, éveillée dans la nuit, je regarde à présent monter devant moi l'astre voluptueux et morose. Pour me défendre...
Colette, Les vrilles de la vigne.
samedi 26 novembre 2005
À propos de Colette...

Après avoir écrit un autre livre sur les horreurs familiales qu'il a connues depuis 1939, (abandon du père, torture mentale de la mère à la fois adorée et haïe, camps de concentration, réapparition du père qui se meurt, etc.), Michel del Castillo a senti le besoin de se nettoyer le coeur et l'esprit en écrivant une nouvelle biographie de Colette.

Je parlerai un jour de cet écrivain au nom hispanique, mais tout à fait français, qui vit et publie en France des romans, des essais, des récits, etc., depuis près de cinquante ans.
Je veux toutefois signaler immédiatement son dernier ouvrage, pour les amoureux de l'Espagne, dont il est devenu un spécialiste malgré lui :

Exercice de diction : prononciation du « f »...
Il fait froid... Et pourtant, nous ne sommes encore qu'en novembre ! Si nous nous plaignons quand le mercure descend à peine sous le point de congélation, que dirons-nous en janvier quand les grands froids seront la norme et qu'avec l'effet du vent, nous aurons la sensation qu'il fait moins trente-cinq ou moins quarante degrés Celsius ? C'est psychosomatique, on dirait : ces premiers signes du froid, combinés au triste spectacle des arbres nus, squelettiques, nous font anticiper ce que risque d'être l'hiver.... En fait, nous souffrons trois fois plutôt qu'une. D'abord, nous souffrons du froid léger que nous connaissons en ce moment ; nous anticipons ensuite les froids à venir et, lorsqu'ils seront là, nous en souffrirons encore, comme si c'était pour la première fois... 
La grande Colette, de la fenêtre de son appartement du Palais royal, aimait observer la vie, la ville et ses passants. Il faut dire qu'en raison d'un problème à la hanche, gauche ou droite, elle devait passer une bonne partie de son temps allongée ; elle s'était fait installer une table pour continuer d'écrire, même au lit. Lorsque Colette y habitait, le Palais royal n'avait pas encore dans sa cour ces colonnes de Buren... J'imagine qu'elle aurait préféré cette vue.

Colette nous propose un petit exercice de prononciation du « f », sous le signe du froid ; voici quelques lignes tirées de Paris de ma fenêtre, fenêtre qui s'ouvrait alors sur le Palais royal :
Il fait froid. Ces deux f, vous les lisez dans la double bouffée d'haleine qui sort des bouches. Ce sont ces deux mots qui se voient de loin. « Fait froid... » si une minorité heureuse se tient au chaud, elle subit la règle, elle ne peut se dérober à la pensée du froid, à sa réalité, au souci de ceux qui souffrent du froid.



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