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vendredi 17 janvier 2014

Pour le respect des libertés...


Pour le respect des libertés et du droit à la vie privée, en reconnaissance à celui qui a sacrifié sa vie pour dénoncer l'abus de pouvoir et d'intrusion dans la vie personnelle de tous, il faut appuyer la demande d'asile au Brésil pour Edward Snowden

Un simple geste à faire pour assurer la sécurité d'Edward Snowden et contribuer à la défense du droit à la vie privée : il faut signer cette pétition

Merci de votre engagement et de votre soutien.

jeudi 14 juillet 2011

Intérêt public


Il y a un sujet qui est sur toutes les lèvres en ce moment au Royaume-Uni ; on en parle dans la rue, dans les pubs, dans les bureaux, au parlement de Westminster, dans les bureaux de Scotland Yard et, bien entendu, dans les médias. C'est l'arroseur arrosé. Ces dernières décennies, de nombreuses personnalités du monde de la politique, du spectacle, du jet set, de la famille royale, ont vu leur vie privée déballée sur la place publique. On devait, dans la majorité des cas, se demander comment les journalistes avaient été informés de leurs secrets, des détails de leur vie intime, etc. J'imagine que bien des amitiés et autres liens de confiance ont dû être mis à mal parce que l'on pouvait soupçonner un ami, un collègue, un collaborateur d'avoir trahi la confiance qu'on avait avait en eux.

Quand on est une personnalité publique, on sait que certains journalistes et éditeurs sont prêts à tout pour obtenir la nouvelle qui les rendra célèbres et qui enrichira leur éditeur. Dans le cas d'une photo inédite, par exemple, certains paparazzi sont devenus millionnaires du jour au lendemain. Le grand public n'y voit rien de répréhensible aussi longtemps que c'est la vie privée des personnalités publiques qui est dévoilée à la une des tabloïds. Mais on se rend compte en ce moment que les charognards n'ont pas hésité à pirater la boîte vocale des téléphones mobiles de veuves de soldats tués au combat, de jeunes personnes assassinées, etc.

Le premier ministre britannique a dû exiger la démission du responsable de ses communications, ancien journaliste du journal par qui le scandale arrive, qui aurait piraté des dizaines, des centaines, des miliers de boîtes vocales peut-être et qui est présentement interrogé par Scotland Yard.

Que résultera-t-il de tout ce scandale ? Le parlement adoptera sans doute des règles précises ; seront-elles suffisantes ?


Déjà, l'un de ces torchons que sont les tabloïds a été fermé pour tenter d'atténuer le scandale - je dirais plutôt : pour essayer de détourner les projecteurs maintenant tournés vers Rupert Murdoch, le magnat de la presse, propriétaire de plusieurs de ces torchons. L'empire Murdoch sera sous surveillance et subira d'autres conséquences économiques, les seules que ces gens peuvent comprendre.

Alexander n'aimait pas la politique et il n'aimait surtout pas ces torchons que sont les tabloïds en Angleterre. Déjà il avait eu l'occasion d'exprimer en commentaires à la suite de cet article consacré à Lady Di, dans une langue qu'il ne maîtrisait pas très bien encore mais avec la puissance d'une bête profondément blessée, son dégoût pour ces charognards et... son peu de sympathie pour ceux qui les font vivre.

À peu près tout le monde en ce moment semble scandalisé de ce que l'on découvre des décennies de violation systématique de la vie privée de milliers de Britanniques, sauf certains journalistes qui continuent d'affirmer qu'il est de l'intérêt public de pirater la boîte vocale d'un soldat tué à la guerre, par exemple, car il pourrait avoir eu des conversations juteuses avant de mourir pour la patrie. Il ne faut pas se le cacher : il y a de l'hypocrisie à se scandaliser maintenant des crimes de la presse à ragots ; s'il n'y avait pas cette curiosité maladive des lecteurs pour la vie privée des autres, il n'y aurait pas de milliardaires enrichis par cette curiosité.


P. S. : Je soupçonne Rupert Murdoch et ses charognards de pirater mon blogue : juste au moment où j'allais mettre en ligne cet article, tout le texte en a disparu, sans explication rationnelle. J'ai pu récupérer le texte grâce à l'« aperçu » que j'avais eu la sagesse de faire et que je n'avais pas encore fermé.

mercredi 6 octobre 2010

Au secours !!!

Ces derniers jours, quelques « faits divers » ont retenu mon attention et, pour tout dire, m'ont passablement troublé.

À Vancouver, il y a trois semaines, au cours d'une fête organisée par des jeunes, une adolescente de 16 ans a été victime d'un viol collectif. Le lendemain de cette fête, cette jeune fille ne se souvenait de rien mais, grâce à l'efficacité des médias sociaux, elle a pu très rapidement savoir ce qui lui était arrivée car un autre adolescent de 16 ans avait assisté, avec une douzaines d'autres personnes, au viol collectif, avait tout enregistré avec son téléphone et... avait eu la bonne idée de diffuser la vidéo sur Fécebouc. Et la vidéo s'est répandue comme une traînée de poudre sur les téléphones d'adolescents et d'autres consommateurs d'images sordides.
La jeune fille a porté plainte à la police. Elle a été victime d'un viol collectif ; elle avait été droguée (l'ingestion de rehypnol, mieux connue sous le nom de « drogue du viol », provoque l'amnésie) et, finalement, les valeureux témoins de ce viol se sont amusés à tout filmer et l'un d'entre eux a trouvé intéressant de diffuser les images sur Fécebouc.
Un premier jeune homme de 18 ans a été interrogé par la police ; il serait l'un des « amants d'un soir » de la jeune fille qui l'ignorait jusque-là. Et l'adolescent de 16 ans qui a diffusé la vidéo fait face à des accusations de possession et de diffusion de pornographie juvénile...
Je ne sais pas ce que peut ressentir la victime de cette agression par sept ou huit garçons, sous les yeux d'une douzaine d'autres qui ont voulu en conserver des images. Mais je ne voudrais surtout pas être un des parents du garçon qui a mis le premier la vidéo en ligne ; je ne serais pas très fier. Mais ils ne sont pas les seuls à se sentir complètement dépassés par le comportement des jeunes et par l'omniprésence dans la vie de leurs enfants des moyens de communication électronique qu'ils ne contrôlent pas.

L'autre événement, plus récent, concerne encore une fois la diffusion d'images obtenues illégalement.
Il y a quelques jours, Tyler Clementi, 18 ans, étudiant à l'Université Rutgers, au New Jersey, s'est suicidé en se jetant du pont George-Washington après avoir découvert que son colocataire avait filmé à son insu et diffusé sur Internet les images d'une relation sexuelle que Tyler avait eu quelques jours plus tôt avec un autre garçon.
Le colocataire, Dharum Ravi, avait laissé à Tyler la chambre « jusqu'à minuit » ; il était allé rejoindre une amie, Molly Wei, camarade de classe et habitant la même résidence. Dharum a allumé à distance sa webcamm qui enregistrait les ébats de Tyler et de son ami ; ces images étaient diffusées en direct sur Internet.
Quelques jours plus tard, Tyler Clementi, un étudiant timide et excellent violoniste, découvrait par hasard le viol de sa vie privée, de son intimité. Il n'a pas pu supporter cette écoeurante agression. Il a écrit sur sa page Fécebouc : « Je vais sauter du pont GW, désolé » Et il s'est dirigé vers le pont, a garé sa voiture, laissé sur le pont son portefeuille et son portable, et il s'est jeté dans l'Hudson...
Les deux étudiants qui ont filmé et diffusé ces images, Dharum Ravi et Molly Wei, 18 ans tous les deux, ont été arrêtés et inculpés de violation de la vie privée... La veille même du suicide de Tyler Clenti, son colocataire avait essayé de diffuser encore sur Internet d'autres images... Les deux étudiants cinéastes pourraient aussi faire face à des accusations de crime haineux si l'on peux prouver qu'ils ont agi ainsi parce qu'ils pensaient que Tyler Clementi était homosexuel.

Ce suicide a mis en lumière d'autres suicides récents chez des jeunes qui se sont sentis harcelés en raison de leur orientation sexuelle présumée. À Houston, un garçon de 13 ans, Asher Brown, s'est tiré une balle dans la tête. Billy Lucas, 15 ans, s'est pendu dans l'Indiana ; Seth Walsh, 13 ans, a fait de même en Californie, ainsi que Raymond Chase, 19 ans, dans le Rhode Island.

Je ne sais plus que penser de tout cela. En voulant parler de cela avec quelqu'un aujourd'hui, je me suis mis à pleurer, sans trop savoir pourquoi. C'était sans doute une réaction de dégoût inspiré par le comportement d'une partie de mes contemporains et aux ravages que peut faire une mauvaise utilisation de la technologie. C'est désolant de voir que la vie privée ne veut rien dire pour une grande partie de la population, que les jeunes en particulier ne semblent plus avoir de respect pour les autres, qu'ils ne semblent plus avoir de baliser pour juger ce qui acceptable et ce qui ne l'est pas. Chez bon nombre d'entre eux, on dirait que la technologie a remplacé chez eux les facultés intellectuelles et la capacité d'exercer un minimum de jugement.

Autre histoire, ces jours-ci à Montréal, montrant bien le manque de jugement dans l'utilisation des médias sociaux. La police a arrêté chez lui un jeune homme de 28 ans qui, sur sa page Fécebouc, écrivait qu'il allait tuer des anciens professeurs. Chez lui, la police a trouvé cinq armes à feu, enregistrée mais non gardées sous clé comme la loi l'exige. Ses parents crient à l'erreur grave de la part des policiers qui prennent tout cela trop au sérieux. Et le jeune homme essaie de se défendre en disant que ce n'était qu'une plaisanterie... Il me semble qu'il doit y avoir des plaisanteries plus amusantes à faire sur Internet.