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lundi 6 mai 2019

Agatahou ? Agataki ?

Connaissez-vous Agatha ? Agatha Who ? Agatha Qui ?
Vous penserez peut-être, avec raison, à Agatha Christie, l'auteur de roman policiers. Je veux plutôt vous parler d'Agatha Raisin qui, elle, n'écrit pas de romans policiers : les aventures, elle les vit plutôt au quotidien.


Grâce à Alexander, j'ai découvert de nombreux auteurs britanniques qui, sans lui, ne m'auraient peut-être jamais intéressé. Depuis son départ, je n'ai cessé d'en découvrir de nouveaux qui, souvent, ne sont nouveaux que pour moi, parce que je n'avais pas eu l'occasion de les connaître auparavant. Je n'aurais peut-être jamais lu Evelyn Waugh, auteur britannique pourtant bien connu, si je n'étais tombé, il y a quelques années, sur l'excellente sérié télévisée Brideshead Revisited (Retour à Brideshead) adaptée du roman de cet écrivain. J'ai bien sûr suivi avec un immense intérêt, en version originale, la série Downton Abbey qui, elle, n'est pas tirée d'un roman, mais a été écrite directement pour la télévision par l'écrivain-producteur Julian Fellowes. Depuis, il m'est arrivé de vouloir lire des romans qui avaient inspiré des films ou des séries télévisées britanniques ou, à l'inverse, de vouloir voir des films ou des séries télévisées adaptés de romans d'auteurs britanniques.

Agatha Raisin et son charmant voisin, James Lacey

Il y a quelques mois, je suis tombé par hasard sur une série de la télévision anglaise, Agatha Raisin, que j'ai trouvée vraiment très divertissante, en plus de me permettre de découvrir visuellement l'une des plus belles régions d'Angleterre.

M. C. Beaton, pseudonyme de Marion McChesney

La série télévisée est inspirée des romans de M. C. Beaton, qui ne sont pas de la grande littérature mais qui, comme souvent les romans policiers, sont de l'excellente littéraure légère, de divertissement.


Je ne lis pas souvent ce genre de littérature mais, après avoir vu la première saison de cette série télévisée (en version originale, bien sûr), j'ai eu envie de lire, en traduction française, deux ou trois de ces romans de M. C. Beaton.


Après avoir fait fortune dans la communication, Agatha Raisin décide de quitter Londres et de s'établir dans un petit village de la campagne anglaise du Wiltshire mais, dès son installation dans le village, une série de meurtres se produisent les uns après les autres. Et, à chaque fois, malgré les bonnes résolutions et les menaces de l'inspecteur et de l'agent de police qui l'accompagne, Agatha se sent le devoir d'enquêter. À chaque épisode elle est entraînée dans une série d'aventures, parfois embarrassantes, souvent dangereuses, mais elle réussit toujours, je ne sais pas pourquoi, à découvrir le coupable.

Agatha Raisin et sa femme de ménage

Sa femme de ménage l'accompagne souvent dans ses enquêtes, de même que son charmant voisin, James Lacey.



Maison d'Agatha dans le village






La série télévisée est tournée dans la magnifique région des Cotswolds, le Notting Hill de la campagne anglaise. Le prince Harry et Meghan, duc et duchesse de Sussex, voulaient s'y établir avant que la reine leur offre de s'installer plutôt à Frogmore Cottage, dans le Home Park qui entoure le château de Windsor. 

Le rôle d'Agatha Raisin est tenu par Ashley Jensen qui (dans cette série) me rappelle énormément Martine, l'une de mes excellentes amies décédées il y a quelques années des suites d'un cancer. Comme Agatha, Martine était directrice de communication et elle avait, comme elle, une personnalité et une allure qui passaient rarement inaperçues...

La deuxième saison de la série est en cours d'enregistrement. Il me tarde de me procurer la série de DVD de la nouvelle saison.

dimanche 5 avril 2015

5 avril, sur la Terre comme au Ciel

C'est dans un roman de Dominique Fernandez, L'Amour, que j'ai fait la connaissance de Franz Pforr, il y a plusieurs années déjà. Comme son ami Friedrich Overbeck, Franz est l'un des nombreux personnages de ce roman, qui raconte le voyage en Italie de ces deux jeunes peintres fuyant la peinture sombre qui se fait alors en Allemagne pour aller vers la lumière... Ce roman est une histoire d'amitié, une histoire d'amour, où les deux personnages principaux sont obsédés par leur idéal de beauté et d'absolu, consacrés à la peinture, fascinés par la pureté des lignes italiennes, mais c'est aussi une fresque impressionnante qui parcourt l'Europe du XIXe siècle, où l'ombre de Napoléon est présente, où l'on croise Stendhal, Beethoven, Canova, Ingres, et plusieurs autres personnages devenus célèbres... 

Ces personnages ont réellement existé : Friedrich Overbeck est né à Lübeck le 3 juillet 1789, et mort à Rome le 12 novembre 1869. Franz Pforr, quant à lui, est né à Francfort le 5 avril 1888, et mort à Albano Laziale, près de Rome, le 16 juin 1812.


Après le plaisir que je prends à la lecture de certains livres, j'aime effectuer des recherches sur les lieux, les monuments, les personnages, etc., dont il est question dans le livre. Alexander faisait de même. C'est ainsi qu'il a abouti sur ce blogue, en avril 2008 : il avait lu aussi ce roman de Dominique Fernandez, comme il a lu, je crois, tous les romans de Dominique Fernandez publiés avant son départ. Et c'est en cherchant des images de Franz Pforr qu'il est arrivé sur mon Exil intérieur. Il m'a écrit immédiatement, et j'ai rapidement fait le lien : Franz Pforr et Alexander sont nés le même jour, à plusieurs années de distance : par conséquent, le 5 avril, c'est l'anniversaire de naissance de Franz Pforrr et celui d'Alexander, mon Petit Prince.

Autres coïncidences : Franz Pforr est décédé à 24 ans, Alexander à 27. Je suis né le même jour, plusieurs années plus tard, que Dominique Fernandez, l'auteur de cette histoire d'amour, de cette superbe fresque, L'Amour. Friedrich Overbeck, Franz Pforr, Dominique Fernandez, avec plusieurs autres, font partie de ce que nous appelions, Alexander et moi, « notre petite famille », composée uniquement des êtres que nous avons choisis, à travers les siècles aussi bien que dans notre entourage, dans la réalité comme dans la fiction, que nous aimons, que j'aimerai toujours et sur qui, j'en suis sûr, Alexander veille comme sur tous ceux qu'il aime.



Si dans votre recherche des œufs de Pâques, vous rencontrez un petit lapin rose aux oreilles tombantes, dites-vous qu'Alexander n'est pas loin. Ce ne serait pas surprenant, car cette année, son anniversaire de naissance coïncide avec ce dimanche de Pâques.

jeudi 26 août 2010

Cachez-moi cette fesse...

... que les puritains ne sauraient voir


Voilà un roman qu'Alexander s'empresserait de commander et de dévorer. Ce roman d'Annabel Lyon raconte l'adolescence d'Alexandre le Grand vue par son précepteur, nul autre que le grand Aristote. Voilà bien un philosophe, un précepteur, que l'on ne peut pas taxer de pédérastie, que l'on ne peut pas accuser de « pervertir la jeunesse », du moins pas de son temps.

Ce premier roman a remporté le prestigieux prix Rogers Writers' Trust et était finaliste pour le prix du Gouverneur général du Canada. Il semble très bien accueilli par la critique. On en parle comme d'un roman riche d'érudition et de sensibilité. Il est favorablement reçu chez les libraires... sauf sur les bateaux de la Colombie-Britannique. En effet, la British Columbia Ferry Services inc. refuse de vendre le livre dans les boutiques de ses traversiers reliant les îles au continent, pour la bonne raison que la couverture montre les fesses d'un jeune homme sur un cheval. « Cela pourrait choquer les enfants ! » J'imagine que ces bons parents de la Colombie-Britannique interdiraient à leurs enfant l'entrée dans les musées européens où la nudité est largement exposée, soit sur les tableaux ou en sculpture. B-C Ferry Service inc. consentirait à vendre le livre si l'éditeur acceptait de recouvrir d'un bandeau pudique ces fesses trop offensantes.

La pudibonderie canadienne fait réagir des journaux du monde, notamment The Guardian de Londres.

L'auteur Annabel Lyon, qui vit en Colombie-Britannique, a un site web.

samedi 16 juin 2007

« Vienne la nuit sonne l'heure...

... les jours s'en vont je demeure. »

Si ces deux lignes du poème fameux de Wilhelm Albert Vladimir Popowski de La Selvade Apollinaris de Wąż-Kostrowitcky, mieux connu (heureusement) sous le pseudonyme de Guillaume Apollinaire ont titillé votre âme poétique, et que vous souhaitez voir le pont Mirabeau* sous les mots d'Apolinaire, vous ferez bien de cliquer sur le lien qui précède. Si vous souhaitez entendre Apollinaire lui-même réciter son poème (entre deux autres), c'est plutôt ici.

*Ce sacré Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau qui a donné son nom à un pont aurait bien pu donner ce nom à un tunnel car, s'il était l'ami du peuple dont il défendait la cause à l'Assemblée nationale, il conseillait secrètement Louis XVI sur la stratégie à adopter pour sauver la monarchie. Hélas, Mirabeau a eu la mauvaise idée de mourir le 2 avril 1791, empoisonné ou victime des suites de ses débauches, trop tôt, donc, pour empêcher Louis XVI d'écouter Axel de Fersen, l'amant de Marie-Antoinette, et de prendre la fuite en pleine nuit le 21 juin 1791. Il faut toutefois remercier de façon posthume ce Mirabeau car, s'il avait vécu quelques mois de plus, Ettore Scola n'aurait pas pu nous donner ce chef-d'oeuvre, la Nuit de Varennes, avec une remarquable distribution, dont Jean-Louis Barrault, Marcello Mastroianni, Anna Schygulla, Michel Piccoli, Jean-Claude Brialy, Jean-Louis Trintignant...

Le temps passe, en effet et, à peine a-t-on amorcé un jour nouveau que déjà il s'achève. Et les semaines, et les mois font de même... Et par l'aimable divertissement qui précède, je voulais simplement souligner deux événements survenus un 16 juin :

Le premier intéressera les Français qui voudraient venir s'établir au Québec (je suppose que cela vaut aussi pour le Canada, car à l'étranger on ne fait pas toujours la distinction. Et pourtant !). Le 16 juin 1659, le roi Louis XIV décida d'accorder des subventions aux émigrants qui partaient s'installer au Canada. Coïncidence : c'est précisément ce 16 juin 1659 que débarquera (le terme est juste : on débarque d'une embarcation ; on descend d'une voiture, d'un avion) à Québec François de Montmorency-Laval, qui fut le premier évêque de Québec et, à deux occasions, gouverneur provisoire de la Nouvelle-France ; on soulignera en 2008 le tricentenaire de sa mort en même temps que le quatre centième anniversaire de la ville de Québec (j'aurai certainement l'occasion de reparler de ces célébrations).

Ni moi ni mes ancêtres n'avons bénéficié de cette subvention : mon ancêtre paternel, originaire de la région du Mans, était déjà sur place puisqu'il s'est marié à Sainte-Anne-de-la-Pérade, au Québec, en 1656. En évoquant cette décision royale de 1659, les Français qui souhaitent venir s'installer au Québec ne pourraient-ils pas demander à l'empereur Sarko de se montrer aussi généreux ?

Il ne faut toutefois pas oublier que :
« Le Canada de 1659 était, à vrai dire, bien peu de chose. La population française n’y atteignait pas 2 000 âmes, partagées entre trois centres de peuplement, sur une distance de plus de 60 lieues. La région de Québec, formée de la ville proprement dite et des seigneuries de Beauport, Beaupré, Notre-Dame-des-Anges et Lauson, présentait la plus forte concentration de population, avec près de 1 200 habitants ; quelques centaines de colons étaient établis à Trois-Rivières ou dans les seigneuries voisines du Cap-de-la-Madeleine, de Sainte-Anne et de Champlain, qui commençaient à peine à se développer ; aux avant-postes, l’île de Montréal était le dernier centre habité. »
Extrait du Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

Il faut cependant prendre en considération que le faible taux de natalité actuel fait que, alors que le Québec avait jusqu'à maintenant quatre personnes qui payaient des impôts pour une personne retraitée, si j'ai bien compris, il n'aura plus bientôt que deux contribuables par personne à la retraite. Le faible taux de natalité et de l'augmentation des coûts de santé répartis sur de moins en moins de contribuables incitent les gouvernements à miser sur l'accroissement rapide de l'immigration ; attention, disent certains : cette stratégie risque de nuire aux plus jeunes, ceux de la génération dite « écho » ou « génération Y », selon le démographe et économiste David K. Foot.

Si les questions politiques, économiques, démographiques, etc., vous ennuient et que vous préférez l'art et la littérature, ne retenez de ce billet que ce qui suit.

Le 16 juin 1812, mourait un peintre allemand du nom de Franz Pforr. Mes connaissances en histoire de l'art sont vraiment pauvres et fragmentaires. J'ai toutefois retenu le nom de ce peintre dont j'ai découvert l'existence il y a près de vingt ans. Né à Francfort le 5 avril 1788, fils de Johann Georg Pforr, peintre reconnu, Franz perd toutefois ses parents alors qu'il n'a que douze ans, et son frère l'année suivante. Il est recueilli par l'un de ses oncles, galeriste à Cassel ou Kassel, qui encourage ses dons artistiques et favorise son inscription à l'académie de Vienne. Avec des amis étudiants, Johann Friedrich Overbeck, Ludwig Vogel et Johann Konrad Hottinger, ils contestent toutefois la formation trop académique et finissent par se faire évincer de l'institution.

Portrait de Franz Pforr par son ami Friedrich Overbeck

Ses amis et lui quittent Vienne et, en 1810, s'installent à Rome où la lumière italienne correspond davantage à leur conception de l'art que les couleurs sombres de la peinture allemande de l'époque. Ils s'établissent dans un ancien monastère franciscain où ils vivent en communauté. Ils fondent le mouvement nazaréen qui eut une influence sur l'art romantique allemand de la première moitié du XIXe siècle, semble-t-il. Franz Pforr n'avait que 24 ans quand il fut emporté par la tuberculose le 16 juin 1812.

Si cette période de la peinture allemande vous intéresse autant que les comparaisons entre l'art allemand et l'art italien ; si vous voulez revivre cette époque comme si vous y étiez à travers les yeux de ces jeunes peintres allemands (surtout ceux de Friedrich Overbeck) qui découvrent la lumière et la beauté de l'Italie, et si en plus vous aimez les histoires amoureuses qui n'ont rien de simple, je ne saurais trop vous encourager à lire L'Amour, superbe roman de Dominique Fernandez, que j'ai eu le plaisir de rencontrer (nous sommes nés le même jour... à plusieurs années d'intervalle) et qui, je viens de l'apprendre ou peut-être l'avais-je oublié, a été élu à l'Académie française le 8 mars dernier.

Ce tableau de Johann Friedrich Overbeck représente l'amitié entre l'Allemagne et l'Italie, telle que la sentait le jeune peintre allemand. Un détail de ce tableau illustre la couverture de l'édition du « Livre de Poche » du roman de Dominique Fernandez.

Je veux souligner l'arrivée d'un nouveau blogue, celui de Vincent qui laissait parfois une trace dans les commentaires et qui met en ligne aujourd'hui même son propre blogue, Complètement à l'Ouest ; on le retrouvera dans ma liste de liens sous « Vincent à l'Ouest ».