Affichage des articles dont le libellé est reconnaissance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est reconnaissance. Afficher tous les articles

lundi 8 décembre 2025

Rupert, mon ami, il y a un an déjà...

  
20 octobre 2015 - 8 décembre 2024

 Mon cher Rupert, il y a aujourd’hui, ce 8 décembre 2025, exactement un an que tu es reparti, de façon subite et imprévisible. Trois jours plus tard, il y aurait eu exactement neuf ans que tu étais arrivé chez moi. Je t’avais désiré, cherché et attendu pendant quelques années : je ne voulais pas un chien, je voulais seulement un bulldog anglais. Il m’aura fallu du temps pour te trouver. Puis, un jour, les étoiles se sont alignées pour ta venue : je crois que quelqu’un qui n’était plus sur terre et qui nous voulait du bien a choisi de t’envoyer auprès de moi, à moins que tu aies décidé toi-même de te réincarner et de venir m’accompagner pour transformer et enrichir ma vie et la rendre plus agréable. 

Tu me manques énormément, mon cher Rupert. Mes lectures et mes recherches sur la vie après la mort m’ont beaucoup aidé à comprendre et à accepter que le temps de ta mission sur terre était terminé et que le temps était venu pour toi d’abandonner ton écorce terrestre, de retourner auprès de ceux qui nous aiment et qui, sans qu’on puisse les voir, veillent sur nous, et pour retrouver ta légèreté, ta liberté de choisir d’accepter ou non une autre mission auprès de quelqu’un qui mériterait ta présence.

Je te remercie infiniment, mon cher Rupert, de m’avoir accompagné durant ces neuf années, d’avoir constamment enrichi ma vie de multiples façons et, malgré ton absence physique, de continuer de m’inspirer tous les jours. Je ne serai jamais assez reconnaissant de tout l’amour partagé, de toutes ces belles rencontres que tu auras suscitées autour de nous, de toutes ces riches amitiés que tu auras favorisées et nourries.

Il faudrait un livre pour vraiment parler de toi et faire voir à quel point un chien peut enrichir une vie. Je crois que les chiens ont une âme, qu’ils sont intelligents et sensibles et qu’ils savent donner à ceux qui sont attentifs le soutien affectueux et loyal qu’il leur faut. Rupert, tu as été, merveilleusement, ce compagnon fidèle, attentif dont j’avais besoin. Ce fut un privilège de t’avoir à mes côtés durant ces neuf années. Pour le reste de mes jours, tu vivras en moi, je te serai reconnaissant, Rupert, et je t’aimerai comme l’une des dimensions les plus nobles de moi-même.

lundi 31 octobre 2016

Abonnés absents

Dans les mois qui ont précédé et ceux qui ont suivi le départ d'Alexander, certains de mes amis, parmi les plus anciens et les plus intimes, sont « disparus » en douce, sans rien dire, ou sous des prétextes pas très clairs. Je n'ai pas voulu en parler vraiment ici pour ne pas faire de peine à l'entourage d'Alexander, car l'idée que la présence d'Alexander dans ma vie ait pu avoir une influence négative sur mes amitiés aurait vraiment chagriné et blessé sa famille et ses amis. Alexander, lui, sentait bien quels étaient, parmi mes amis, ceux qui méritaient vraiment le titre d'amis. J'ai assuré Alexander que, si je devais choisir entre lui et mes amis, je n'hésiterais pas du tout : je n'aurais pas pu continuer d'appeler « amis » ceux qui auraient refusé de croire à l'authenticité de mon amour pour Alexander et de celui, absolu, d'Alexander pour moi... Au cours de nos conversations ou dans ma correspondance avec Alexander, j'ai plusieurs fois défendu ces amis mais, au bout du compte, il semble que c'est lui qui avait raison...

Je ne m'étendrai pas sur l'une ou l'autre de ces tristes histoires en particulier. Chacun a le droit, s'il le peut, de choisir sa vie, ses croyances, ses valeurs, ses attaches, ses relations... Et cela vaut pour moi aussi. Il m'est arrivé plusieurs fois de vouloir parler d'Alexander à l'un ou l'autre de mes proches et, plusieurs fois, après avoir prononcé son nom, c'est exactement comme si je n'avais rien dit. C'est comme si pour eux, ne pouvant le toucher, il n'existait pas, n'avait jamais existé... Et pourtant, je sais, moi, qu'en quinze mois de conversations et de correspondance entre lui et moi, Alexander a été vraiment présent, à chaque instant, et que j'ai plus appris et mieux vécu qu'en quinze ans avec ceux qui sont physiquement plus près de moi, mais qui, au fond, ne m'ont jamais connu comme Alexander a su me connaître, me reconnaître.

Il y a un mois, j'ai envoyé un courrier électronique à l'un de ces amis qui habite tout près de chez moi, mais que je n'ai pas revu depuis quelques années. Comme il m'envoie de temps à autre un message disant qu'il aimerait me voir, me parler de vive voix, je lui proposais que nous fassions, pendant qu'il faisait encore beau, une promenade le long de l'avenue du Parc, comme nous avons si souvent fait dans le passé. Je trouvais cela plus facile, pour reprendre contact, que d'aller m'asseoir chez lui et sa femme. Je lui proposais de nombreuses plages horaires où je me serais rendu disponible. Non seulement je n'ai pas reçu, un mois plus tard, de réponse à ma proposition, je n'ai même pas reçu d'accusé de réception.

Le même jour, j'ai envoyé à un autre ami quelques mots à l'occasion de sa fête. Il m'a vite répondu pour m'en remercier, ajoutant toutefois qu'il avait été déçu de ne pas recevoir une nouvelle photo de Rupert et que, devant la brièveté de mon message, il se demandait si j'allais bien. J'ai aussitôt envoyé une nouvelle photo de Rupert, en précisant qu'en effet je n'allais pas très bien, en lui donnant un très bref aperçu de quelques-unes de mes inquiétudes... J'ai dû attendre trois semaines pour qu'il réagisse. Il m'a téléphoné un soir de la semaine dernière, mais il s'était « bien » préparé, s'était armé de phrases toutes faites, de « pensées positives » qui peuvent servir en toute occasion et, bien qu'il m'ait posé la question sur ce qui n'allait pas, il ne m'a jamais laissé finir une phrase. Puis il a mis fin à la conversation, car il était fatigué...

mercredi 27 mai 2015

« Une défaite pour l'humanité »... rien de moins

Le ridicule ne tue pas ! Et l'Église catholique le sait bien... sinon, ses principaux « représentants » auraient l'intelligence de se taire... plus souvent. 


L'approbation du mariage gai par les Irlandais n'est pas « seulement une défaite des principes chrétiens, mais une défaite pour l'humanité », a estimé mardi le secrétaire d'État du Saint-siège, le cardinal Pietro Parolin ; c'est ce que rapportent les médias italiens.

Les Irlandais, qui ne sont pas plus bêtes que les représentants de l'Église, et qui sont tout aussi « humains » que tous ces cardinaux macérés dans leurs préjugés moyenâgeux, ont été consultés vendredi par référendum, et ils ont approuvé le mariage gai à 62 %. 

Le pape François, dans ses discours « rassembleurs », a appelé les catholiques à un accueil plus bienveillant des homosexuels dans l'Église ; mais il n'a surtout pas modifié - et n'a pas l'intention de le faire - la doctrine qui juge leur comportement « désordonné » et qui fait, pour ainsi dire, des homosexuels des « sous-humains ».

Ce n'est donc pas demain que l'Église catholique saura comprendre les êtres qu'elle prétend vouloir rassembler. Parmi ceux qui « aspirent à la Vie éternelle », il y en a un bon nombre qui ont compris qu'ils n'ont pas besoin du pape et de ses exécutants pour... aller au Ciel.

samedi 23 mai 2015

L'Irlande dit « OUI »

Par référendum, les Irlandais ont clairement exprimé leur volonté que soit officiellement reconnu le mariage entre partenaires de même sexe. Les premiers résultats disponible indiquent en effet que plus de 62 % des Irlandais ont voté « oui ».

Ireland says « Yes »

L'Église catholique qui, bien entendu, s'opposait à cette reconnaissance, a clairement été désavouée sur cette question. Les Irlandais ont-ils voulu envoyer un message au pape actuel, qui semble montrer un peu d'ouverture à l'égalité de toutes les personnes, quelles que soient leur sexe, leur orientation sexuelle ? Il ne faut sans doute pas rêver en couleurs : l'Église a du chemin à faire avant de se défaire de ses préjugés, de sa discrimination, du rejet de certaines catégories de personnes... 


Il est plus probable que les Irlandais aient voté avec leur conscience, avec leur propre jugement, plutôt que d'obéir aveuglément aux ordres des autorités religieuses. Et il faut aussi se réjouir de cela. Je ne condamne pas la religion, mais je ne peux m'empêcher de déplorer que des catholiques pratiquants soient brimés dans l'expression de leur amour, dans leur sexualité, du fait que cette sexualité ne soit pas « utilitaire », qu'elle ne participe pas à la procréation, au peuplement de la planète. Et que dire des prêtres qui, s'ils sont hétérosexuels, ne sont pas embêtés par leurs évêques, mais, s'ils ont le malheur d'être plutôt portés vers des personnes du même sexe, doivent choisir entre leur affectivité et la prêtrise. Et ce n'est pas par hasard si je pense à cette question dans le contexte de ce référendum irlandais.

pósadh aerach, pósadh homaighnéasach
(gay marriage)

L'Irlande est donc le 19e pays à reconnaître le mariage gai. Mais il est le premier pays à légaliser par référendum le mariage entre conjoints de même sexe. Plus de 60 % des Irlandais ont exercé le droit de vote sur cette question. La loi entrera en vigueur au cours de l'été et les premiers mariages devraient pouvoir être célébrés vers la fin de cette année.

Ça ne changera rien à ma vie personnelle, mais je me réjouis de constater cette nouvelle expression d'ouverture et de liberté ; je me réjouis que ceux qui le désirent puissent avoir les mêmes droits que leurs concitoyens. La part de sang irlandais en moi rougit de joie.

samedi 14 février 2015

Je t'aime !

Combien de fois Alexander et moi avons pu nous dire, de toutes les façons et surtout de la manière la plus simple, ces mots à la fois terribles et merveilleux lorsqu'ils sont sincères, bien sentis, qui peuvent aussi bien déstabiliser que donner à l'être qui les reçoit la plus formidable reconnaissance et la plus solide assurance, ces deux mots si simples à écrire et parfois si difficiles à prononcer tout haut : « Je t'aime ! » Il serait intéressant de parcourir toutes nos conversations, toute notre correspondance, de compter le nombre de fois où nous avons pu nous les dire, nous les écrire, ces mots : « Je t'aime ! » Il ne faudrait pourtant pas oublier de tenir compte du nombre de fois où, chacun de notre côté, avons pu les dire, en silence ou à voix haute, en pensant à l'autre. Combien de fois, dans une journée, ai-je pu, en faisant la cuisine, les courses, ou quoi que ce soit, adresser mentalement à Alexander ces mots qui disaient à quel point ma vie est associée à la sienne ; et je sais qu'il en était de même de son côté. Si je n'ai pas souvent l'oreille assez fine pour les entendre encore aujourd'hui, au-delà du temps et de l'espace, je ne cesse de mon côté de les prononcer à son intention. Et pour être cohérent et conséquent, mes pensées et mes actions en sont à chaque instant le prolongement : « Alexander, je t'aime ! Sois en paix et sois heureux ! »

  
On a tendance à croire que la Saint-Valentin n'est que la fête des amoureux. Les plus cyniques disent plutôt qu'elle est la fête des fleuristes, des chocolatiers et des restaurateurs. Mais en fait, la Saint-Valentin est la fête de l'Amour. Aussi, je veux profiter de cette occasion de dire « Je t'aime ! » à tous ceux et celles qui comptent pour moi, tous ceux et celles qui, de près ou de loin, font battre mon coeur et jubiler mes neurones. Je pense à ma famille et à mes amis d'ici, mais aussi à ceux d'outre-mer. Je pense à notre petite famille, à Alexander et à moi, même à ceux et celles dont je n'ai plus de nouvelles et dont je ne sais pas s'ils sont encore sur terre. Je pense à ceux qui, pour une raison ou pour une autre qui m'attriste et que je respecte pourtant, qu'ils soient au Royaume-Uni, en France ou ailleurs, ne me donnent plus signe de vie. Je pense bien entendu à mon amie Jane, à Abigail, à Alexander le Gallois, à mon ami Charles de France, et à plusieurs autres. Je veux aussi saisir cette occasion de dire à mes deux ou trois lecteurs fidèles ainsi qu'à ceux de passage à quel point votre présence, même silencieuse, m'est chère. Et je vous dis merci d'être là.

Je vous souhaite à tous, particulièrement en cette journée de la Saint-Valentin, de recevoir, sous une forme ou sous une autre, de nombreux témoignages d'affection, tout comme je vous invite à rester présents et sensibles aux êtres qui, de près ou de loin, vous sont chers.

lundi 25 mai 2009

Le pouvoir des mots

L'Écoute, Henri de Miller
L'image vient d'
ici

Samedi midi, j'écrivais à mon amoureux qu'il m'arrive par moments de faire des listes de mots. Et si j'en parlais samedi dernier, c'est que j'ai repris cette activité au cours des derniers jours. Je m'y adonne entre deux activités plus importantes ou quand j'ai du mal à me concentrer sur autre chose. J'ai souvent, depuis plusieurs années, fait ce genre listes à la plume ou au stylo dans des carnets que je conserve ; plus récemment, je les rédige à l'ordinateur. Qu'il s'agisse du vocabulaire spécialisé touchant des domaines qui m'intéressent ou simplement d'un lexique qui pourrait servir de base à une réflexion sur un sujet précis, comme un maçon qui réunirait ses pierres avant d'entreprendre un ouvrage, mes listes peuvent être courtes ou, au contraire, s'allonger presque indéfiniment. J'aime le papier, j'aime les carnets, les plumes, l'encre de diverses couleurs ; c'est un plaisir pour les sens tout autant que pour l'intellect... Toutefois, puisque, depuis une quinzaine d'années, j'ai pratiquement toujours eu besoin de l'ordinateur, j'ai plutôt tendance à utiliser maintenant le traitement de texte ou un chiffrier pour dresser mes listes ; c'est moins beau, moins sensuel, mais drôlement pratique...

En lui révélant samedi que je m'adonnais ce jour-là à cette activité somme toute banale mais tout de même pas très répandue, je savais qu'il ne me traiterait pas de cinglé. Sa réponse a tout de même été beaucoup plus émouvante que celle que j'aurais pu attendre. Je lui disais, notammement, que chaque mot que j'écrivais, machinalement, sans effort intellectuel, évoquait pour moi une image, un moment de ma vie, un endroit précis, un souvenir, une émotion, un lieu, une ville, un pays, le jour, la nuit, la ville ou la campagne, etc. Le mot « balai », par exemple, pourrait me rappeler qu'il serait temps de nettoyer l'appartement, mais il peut aussi bien me faire penser à la queue des oiseaux, au bout de la queue des chiens ou encore m'entraîner dans les nuages à la suite de Harry Potter. Sans m'attarder à aucun mot en particulier, c'est donc une séquence sans fin d'images qui défilent dans ma tête...

En parlant de listes à mon amoureux, je savais que je serais compris. Depuis qu'il est enfant, ce garçon fait des listes de mots, de phrases qu'il aime, aussi bien en français qu'en anglais. Ses lectures et ses recherches l'ont amené à établir des carnets spécialisés... Je pourrais vous en parler longuement, mais comme il s'agit non pas de mes propres des carnets mais de ceux de mon amoureux, je ne dévoilerai pas ses secrets. Ce qu'il importe de savoir, c'est que je ne suis pas seul à faire des listes, particulièrement des listes de mots. Et les mots auront toujours pour nous une très grande importance car ils ont joué pour chacun de nous et ils continuent de jouer entre nous un rôle immense.

Dimanche soir, en mettant fin à notre longue conversation, mon amoureux a souligné que nous avions parlé de choses tistes. C'est vrai : nous avons évoqué des souvenirs d'enfance et d'adolescence, des souvenirs douloureux, certes, mais nous en avons parlé sans complaisance. Si ces souvenirs sont venus spontanément dans la conversation, c'est qu'il restait en chacun de nous, pour des raisons différentes, des blessures pas tout à fait guéries, des séquelles d'événements douloureux dont nous n'avions pas entièrement fait le deuil. À l'époque où, pour l'un comme pour l'autre, ces événements sont survenus, nous n'avions pas pu en parler assez librement pour apaiser la douleur, pour cicatriser la plaie. Par la suite, un peu pour les mêmes raisons, nous n'avons probablement pas senti de la part des confidents potentiels une capacité d'écoute assez grande. Nous n'avons pas osé dire ce qui nous avait fait mal, gardant secrets depuis tout ce temps l'événement et la douleur qu'il a causé. Il était pourtant important d'en parler et nous l'avons fait simplement dimanche soir, sans avoir l'impression ni l'un ni l'autre d'être en thérapie. Ce qui m'a fait penser que le deuil de ces événements n'avait pas été fait plus tôt car nous n'avions pas su trouver les mots pour en exprimer la douleur ou parce que nous n'avions pas rencontré encore la personne à qui nous pourrions la confier. En somme, la blessure n'avait pas été complètement guérie parce qu'elle n'avait pas été mise en mots.

dimanche 5 avril 2009

Pierre blanche

Ce samedi 4 avril est un autre jour à marquer d'une pierre blanche. J'attendais depuis si longtemps ce jour, sans savoir quand il viendrait exactement. Longuement attendu, il est cependant arrivé sans prévenir. Je savais qu'il viendrait sans le demander explicitement...

M'inspirant du caractère de mon amoureux qui ne se plaint jamais, qui voit toujours le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide, qui sait rendre grâce de tout ce qu'il a plutôt que de regretter ce qui lui manque, je veux donc rendre grâce pour cette joie immense, pour ce moment intense survenu en début de soirée, samedi, et dont le retentissement se fait encore sentir, plusieurs heures après. Merci !

mercredi 1 avril 2009

Marquée d'une pierre blanche

La photo vient d'ici


Pour plusieurs raisons, toutes apparentées, cette journée du premier avril est à marquer d'une pierre blanche.

lundi 24 novembre 2008

Complément de programme

Jusqu'à la fin de mes études secondaires, j'ai été un bon élève, la plupart du temps, même, un élève modèle. Souvent premier de classe, je n'avais pas besoin de travailler fort et d'étudier beaucoup pour avoir de bonnes notes. Cela m'a parfois nuit par la suite car je n'avais pas appris une bonne méthode de travail intellectuel, pas appris à étudier sérieusement.

À la fin des études secondaires, j'avais entrepris des études en pédagogie ; je voulais devenir enseignant, comme un certain nombre de membres de ma famille. Compte tenu de mes origines, de mon milieu, l'enseignement me semblait la seule avenue possible. À seize ans, toutefois, je ne me sentais pas assez bien préparé, psychologiquement, à entreprendre des études universitaires ; je ne me sentais assez mûr. J'ai donc décidé de m'inscrire à l'université de la vie.

Pendant cinq ans, j'ai fait autre chose : j'ai occupé divers emplois, étudié le chant, un peu de piano, un peu d'art dramatique et de danse ; puis j'ai vécu la vie d'artiste à Paris, en France. Au retour à Montréal, je me suis rendu compte que je ne connaissais rien : je me suis plongé dans les livres et j'ai décidé de m'inscrire à l'université. Toutefois, mon parcours universitaire a été assez décousu ; j'ai changé de discipline à quelques reprises. Il m'a fallu plusieurs années avant de terminer un programme complet.

Mes études ont fini par me servir. Depuis plusieurs années, j'ai occupé des emplois, j'ai exercé des fonctions et assumé des responsabilités en lien avec mes études. Je ne me sens pourtant pas un « universitaire », un intellectuel ni un théoricien.

Je suis toujours un peu incrédule quand on m'invite dans les universités pour aller parler de ma profession aux étudiants ; j'ai tendance à me demander : « Pourquoi moi ? » Je ne dois pourtant pas être si mauvais car, depuis quelques années, on m'invite à quelques reprises chaque année, dans différentes universités, à venir parler sous les toits de ces vénérables institutions. Ces jours-ci, par exemple, je dois rencontrer quatre classes d'étudiants...

Vendredi dernier, j'ai reçu une lettre qui m'a encore une fois agréablement surpris. La direction d'un programme universitaire me demande de faire partie du conseil chargé d'assurer la qualité universitaire de ce programme et sa capacité à répondre aux besoins des étudiants et du milieu professionnel. Puisque je me considère toujours comme un (ancien) étudiant marginal, au parcours erratique, je suis toujours étonné que l'on me demande de venir rencontrer les étudiants et d'évaluer, avec de très respectables professeurs et autres professionnels, le contenu le contenu de leur programme.

samedi 22 novembre 2008

Merci à Bastet


J'ai des nouvelles de Harry. Il va beaucoup mieux. Il a cessé de vomir et il reprend des forces. Merci à Bastet d'écouter nos prières. L'encens et les bougies continuent de brûler devant son image.

Cette photo anonyme provient d'Internet

Quand à l'ami canin, il est comme moi : il n'a pas l'air trop malheureux mais il attend impatiemment le retour de son maître. Il traîne partout un pull que son maître lui a laissé avant de partir ; il retrouve dans ce pull l'odeur de son maître. Moi qui n'ai pas l'odorat si fin, en attendant de respirer son parfum sur lui-même, j'ouvre de temps à autre une jolie petite boîte bleue et j'y respire le parfum de celui que j'aime.

Comme le dit si bien l'amie qui me donne des nouvelles — et elle sait très bien de quoi elle parle car elle en a plusieurs chez elle — les animaux sont plein d'amour et de fidélité envers ceux qui les aiment. Certaines personnes devraient s'en inspirer.

vendredi 18 juillet 2008

Le regard de l'autre

« L'enfer, c'est les autres... », a écrit Jean-Paul Sartre. Et certains jours, devant la bêtise de certains de nos semblables, on pourrait facilement lui donner raison.

Je préfère toutefois la vision d'Albert Jacquard qui dit que l'on n'existe que par rapport aux autres, que par le regard des autres. Et j'ajouterais que l'on existe davantage ou mieux encore par le regard sur nous de ceux que l'on aime et qui nous aiment.

Hier soir, dans un moment de colère et de révolte, j'ai senti le besoin de changer des choses autour de moi. La colère n'étant pas la meilleure conseillère, j'aurais été bien incapable de m'asseoir et de planifier des actions. Je me suis donc jeté sur des caisses de documents qui attendaient d'être triés, classés et, sans trop regarder en quoi ils consistaient, j'ai entrepris de les détruire. Je jetais un regard rapide pour m'assurer qu'ils ne contenaient pas de renseignements confidentiels ; si oui, je les déchirais en petits morceaux ; sinon, je les déchirais grossièrement pour éviter qu'on ait envie de les lire. En faisant cette opération, je suis tombé sur un article de magazine contenant un entretien avec Albert Jacquard ; le généticien humaniste y parlait de l'économie, du chômage, de l'exclusion. Cet extrait, surtout, a retenu mon attention. Albert Jacquard dit :

« ... pour devenir soi-même, on a besoin des autres, il faut être regardé par les autres. Mais quand on est exclu, on n'est regardé par personne, on est moralement tué. C'était la méthode des Gaulois : quand quelqu'un avait commis un crime abominable, on ne lui coupait pas la tête, on le bannissait. Il pouvait se promener, mais personne ne le voyait, il ne comptait pas, et c'était pire que tout. Donc, je n'existe que face aux autres. Le bonheur, c'est de savoir qu'on est beau dans le regard des autres. »

Et mieux encore dans le regard d'un être aimé.

Qu'en pensez-vous ?

dimanche 20 novembre 2005

Si charité mal ordonnée, ne pas donner...

Je citais l'autre jour, dans mon article « ...avec un coeur d'enfant », un extrait d'un roman de Michel del Castillo ; le dernier paragraphe cité se terminait par ces mots :
« ... La plupart de nos « croyants » cessent de se comporter en croyants dès qu’il s’agit de donner mille pesetas. Foi bien fragile que celle qui dépend du portefeuille ! Ce n’est pas le superflu qu’il faut savoir donner, mais bien le nécessaire. »
Ce soir je tombe sur une citation de Romain Rolland qui explique peut-être pourquoi tant de gens hésitent à ouvrir leur portefeuille pour aider un ami, comme le font les deux amis de la fable de La Fontaine, ou pourquoi certains ont tant de mal à faire un sacrifice, quel qu'il soit : « Si un sacrifice est une tristesse pour vous, non une joie, ne le faites pas, vous n'en êtes pas digne. » (Romain Rolland, Jean-Christophe).

Il y a quatre ans, à l'invitation de nouveaux amis que j'avais connus par l'intermédiaire d'un salon de clavardage sur Internet et avec qui je dialoguais depuis environ un an, je suis venu passer quelques semaines en Europe. Quelques-uns de ces amis avaient insisté pour que je vienne, en me disant que je pourrais loger chez un tel et un tel, à tour de rôle. Je ne suis pas du genre à partir à l'aventure ; je considère que j'ai déjà vécu ma vie de bohème, à vingt ans, lors de mon premier séjour à Paris et assez longtemps par la suite au fil des ans ; depuis, j'ai plutôt tendance à vérifier dans quoi je m'embarque avant de partir. Dans le cas de ce séjour de l'automne 2001, les promesses d'hébergement me semblaient des garanties suffisantes, puisque j'avais eu déjà avec ces amis des échanges presque quotidiens par Internet, plusieurs conversations téléphoniques et bien d'autres témoignages d'amitié.
Or, après un saut à Bruxelles et une semaine passée à Liège chez un autre ami, je suis venu à Paris, comme il était prévu. Je me suis vite rendu compte que les promesses des amis ne tenaient plus ; je n'ai pas essayé de savoir pourquoi ; il me suffisait de savoir que l'on voulait bien me voir, sortir au café ou au restaurant avec moi, mais que l'on hésitait encore à ouvrir la porte de l'appartement. Je me suis donc résigné à rester à l'hôtel où je m'étais installé dès mon arrivée.
Quelques jours plus tard, j'étais dans un cybercafé, car Internet restait pour moi la façon la plus efficace de communiquer avec tous ces « amis » dont j'avais fait la connaissance au cours des mois précédents. Un garçon que je connaissais un peu car nous avions eu ensemble quelques brèves conversations, mais très peu par rapport à de nombreux autres, me demanda où j'habitais à Paris. Je lui répondis que j'étais à l'hôtel parce que les amis qui devaient m'héberger semblaient avoir des difficultés. Or, ce garçon que je ne connaissais pas vraiment, Christian, qui ne me connaissait sans doute pas davantage, me dit qu'il avait un appartement dans le Marais, qu'il partait passer deux jours à la campagne et qu'il mettait donc cet appartement à ma disposition. Nous nous rencontrâmes le lendemain à l'heure du déjeuner dans un bistrot situé sur les Grands Boulevards, entre mon hôtel et son lieu de travail. Nous avons mangé un sandwich, pris un café, puis Christian m'a remis les clés de son appartement en m'invitant à m'y installer. Il est retourné au travail alors que je suis passé à l'hôtel chercher mes affaires ; j'ai ensuite pris un taxi et je suis parti m'installer rue Vieille-du-Temple...
Quatre ans plus tard, c'est avec beaucoup d'émotion que je repense à cet élan spontané de générosité. Ce garçon qui ne m'avait jamais vu de sa vie, avec qui j'avais eu de brèves conversations sur Internet, m'offrait les clés de son appartement alors que lui-même partait durant quelques jours... Combien d'autres auraient pu craindre d'être volés, ou quoi que ce soit ; combien auraient craint d'être dérangés ? Quand il revint de la campagne, loin de me mettre à la porte, Christian me dit que je pouvais rester aussi longtemps que je n'aurais pas trouvé autre chose, insistant même pour que je prenne sa chambre, disant qu'il dormirait au salon.
Ça, c'est pour moi de la générosité joyeuse et véritable, et non de la générosité triste, à contre-coeur... J'en garderai une éternelle reconnaissance à Christian, et aussi à Yann et à Sébastien, des amis de Christian, qui ne sont probablement pas étrangers non plus à ce si cordial accueil. J'en remercie encore ces amis et j'espère pouvoir bientôt leur rendre la politesse, comme cela devait se faire cet automne pour Yann et Sébastien, qui habitent l'un le Berry et l'autre les Yvelines, et qui ont dû reporter à plus tard leur séjour à Montréal. Pour compenser un peu ce retard, je viens de recevoir du Portugal où Sébastien a de la famille une carte postale signée de Yann et de Sébastien et dont l'image évoque le restaurant de Paris où nous avions mangé en compagnie de plusieurs autres copains le soir de notre première rencontre, le samedi 13 octobre 2001.