mercredi 1 janvier 2020
Bonne année 2020
dimanche 7 avril 2019
Élégance masculine
par Giovanni Boldini (1897), Musée d'Orsay.
mercredi 3 avril 2019
Pierre noire
Voici la liste des neuf hôtels appartenant au sultan de Brunei :
- The Dorchester, London
- 45 Park Lane, London
- Coworth Park, UK
- The Beverly Hills Hotel, Beverly Hills
- Hotel Bel-Air, Los Angeles
- Le Meurice, Paris
- Hotel Plaza Athénée, Paris
- Hotel Eden, Rome
- Hotel Principe di Savoia, Milan
lundi 19 novembre 2018
Je dirai tout...
Dr CaSo, que vous connaissez tous, a pris ces dernières semaines l'habitude (bonne ou mauvaise ? je dirais : plutôt bonne) de raconter sur son blogue les p’tits souvenirs du dimanche soir, en demandant à ses lecteurs et lectrices d'en faire autant. Je n'ai pas toujours le temps de me prêter à cet exercice ; je n'ai pas toujours non plus grand-chose à raconter en quelques lignes : certaines questions exigeraient un livre complet. Je vais toutefois essayer de répondre ici aux questions publiées par Dr CaSo hier soir...
1. Quel est l’un des plus chouettes voyages que vous avez fait dans votre vie ? Pourquoi était-il si chouette ?
Évidemment, le voyage qui m'a le plus marqué, transformé, même, fut celui de mes premières vacances à Paris, quand j'avais vingt ans. Fortement encouragé par mon patron d'alors, qui était aussi mon professeur de chant, j'avais décidé d'aller passer trois semaines à Paris. Peu de temps avant ce voyage, mon professeur de chant m'avait fait rencontrer quelques Français venus donner une série de spectacles à la Place des Arts, à Montréal. Dès mon arrivée à Paris, je me suis senti chez moi : c'est là que j'aurais dû vivre depuis longtemps, c'est là que je voulais vivre...
Il faudrait des pages et des pages pour raconter ce premier séjour à Paris, qui m'a aussi permis de vivre à Paris durant six mois et de voyager à travers la France et la Belgique, tout en étant payé pour le faire.
Mon professeur de chant (et patron) n'était pas très heureux que je lui annonce, à ma deuxième semaine de « vacances » que je ne reviendrais pas à la fin des trois semaines, mais que je resterais... aussi longtemps que je le pourrais. Il m'a pourtant fallu revenir un jour... mais cela c'est une autre histoire, moins agréable.
Quelques années plus tard, j'ai fait un séjour de dix jours à New York où, avec un ami, nous avions obtenu l'appartement d'une amie de cet ami. Pour pouvoir entrer dans cette espèce de château sur Broadway, il fallait montrer pattes blanches aux portiers... qui nous accueillaient eux-mêmes avec des gants blancs ; comme nous leur avions été présentés, tout allait bien. La première barrière passée, nous traversions une grande cour pour nous diriger vers une autre entrée dans un coin où, là encore, un portier aux gants blancs nous accueillait et venait nous conduire en ascenseur à l'étage où nous allions... Dans le grand salon, il y avait une cheminée, une grande bibliothèque, un piano à queue... C'était une très agréable façon de vivre à New York. Nous passions nos journées et la plupart de nos soirées dans les principales salles de concert, toutes proches, dans les principaux musées et grandes galeries, ou simplement à explorer les quartiers les plus intéressants... Nous allions au restaurant, mais nous mangions aussi dans la grande cuisine de l'appartement, toutes les bonnes choses que nous avions rapportées de chez les marchands du quartier...
En fait, ce ne sont pas tellement les « voyages » qui étaient intéressants, mais le séjour dans ces grandes villes...
2. Quel est l’un de vos souvenirs préférés de votre mère ?
Ce qui me vient spontanément à l'esprit c'est lorsque, à six ans, ma mère venait me réveiller car je devais me préparer pour me rendre à l'école où ma mère et l'une de mes sœurs enseignaient. Nous partions alors pour la semaine et revenions le vendredi soir.
Je me souviens particulièrement de ces moments car, l'hiver, il faisait encore noir lorsque je devais me lever. Et il fallait faire attention de ne pas réveiller mes sœurs plus jeunes qui, elles, pouvaient dormir encore un peu, car leur école n'était pas très loin de la maison. Si ce souvenir m'a marqué, c'est sans doute parce que c'est l'un des rares moments où j'avais l'impression d'avoir ma mère pour moi seul...
3. Quel est votre endroit préféré où passer vos vacances ?
Je n'ai pas vraiment le sens des « vacances »... Chaque fois que je suis allé à Paris, à New York, etc., je n'avais pas l'impression de « vacances », mais de séjours dans des endroits choisis parce qu'ils étaient justement animés, stimulants, enrichissants. Je n'aime pas spécialement les voyages. Mais si quelqu'un voulait m'offrir un billet d'avion pour Londres, je partirais demain matin... ou le surlendemain.
J'ai adoré des vacances au Québec : dans Charlevoix, en Gaspésie...
4. Avez-vous jamais été congédié/viré/renvoyé d’un job ?
Oui, j'ai été mis à pied en 2004, après treize ans de « loyaux services » ; quand mon patron me l'a annoncé, je l'aurais embrassé, tellement j'attendais ce moment. J'aimais mon travail mais je n'avais pas beaucoup d'estime pour ce nouveau patron qui était un vrai tyran, et il savait que je n'étais pas son fidèle serviteur. J'accomplissais mon travail avec la plus grande conscience professionnelle, mais je pouvais difficilement cacher mon mépris pour ce nouveau patron qui ne connaissait rien mais qui voulait toujours montrer, à chaque instant, que c'était lui le patron. Et comme il me « devait » son emploi, puisque c'est moi qui avait fait partir son prédécesseur, il se disait que je ne ferais pas la même chose avec lui. À vrai dire, je n'avais plus tellement envie de jouer ce jeu.
Je n'ai jamais regretté ce départ car, quelques semaines plus tard, alors que je recevais encore mon salaire de l'emploi où l'on m'avait « démissionné », sans que je l'aie cherché, on m'a offert un nouvel emploi, beaucoup plus intéressant, beaucoup mieux payé, à des conditions plus avantageuses...
5. Quel est le plat que vous faites le plus souvent (parce que vous l’adorez ou parce qu’il est rapide/facile ou autre raison) ?
En ce moment, c'est difficile à dire, car j'ai l'impression d'essayer plus souvent de nouvelles choses.
Mais, durant des années, le plat que j'ai fait le plus souvent en rentrant du travail ou de faire des courses et que j'avais faim, parce que c'était rapide et simple, c'est un plat de pâtes, généralement des spaghettini(s) - le « i » final est déjà la marque du pluriel italien. Souvent avec du beurre ou de l'huile d'olive, parfois avec des œufs, parfois avec du thon, souvent avec une sauce tomate préparée rapidement, avec du fromage toujours, parfois des épinards ou du brocoli...
samedi 30 avril 2016
« Bien nourri »
S'il était trop « gros », sa vétérinaire me l'aurait dit. Il suffit de le toucher pour constater que sous sa peau plissée, ce sont des muscles fermes, sans gras superflu. On ne voit pas ses côtes, mais si on le touche, on peut les sentir, signe que son poids est le bon. De nos jours, le terme « gros » est péjoratif ; si vous voulez faire plaisir à quelqu'un que vous aimez, de grâce, évitez de lui dire qu'il ou qu'elle a grossi. Rupert n'est pas gros : sa morphologie est forte ; il est court, massif, solide.
Quant à être « bien nourri », si l'on entend par là que je lui donne beaucoup à manger, n'importe quoi, n'importe quand, on se trompe carrément, comme la plupart des gens qui disent n'importe quoi, ne répétant que les formules toutes faites, incapables d'émettre une idée qui découle d'une réflexion personnelle.
Entre les repas, il ne reçoit que deux ou trois croquettes, « gâteries » visant à récompenser une bonne action. Et l'os qu'il ronge est très peu calorique : il sert surtout à l'entretien de sa dentition.
Notre ami Alistair cuisinait chaque jour pour son bulldog des repas plein de bonnes choses et d'amour. Plus tard, je préparerai peut-être à l'occasion des petits plats pour faire plaisir à Rupert, mais je ne crois pas que cela deviendra une habitude quotidienne, et je ne suis pas convaincu que ce soit mieux pour le chien. À moins que ce ne soit pour contrôler totalement ce qu'absorbe l'animal, comme font certains puristes, dont je ne suis pas, qui veulent composer l'alimentation de leur animal, aliment par aliment. Je veux donner le meilleur possible à mon chien, mais je n'en ferai pas une religion.
lundi 29 juin 2015
Londres, mais où ?
Se pourrait-il qu'il s'agisse du Royal Arcade, Mayfair, London ?
jeudi 11 septembre 2014
11 septembre
mercredi 31 octobre 2012
Are we Humans ?
vendredi 9 mars 2012
Pour Maurice
Ajout - vendredi midi : Le rendez-vous chez le vétérinaire s'est très bien passé (on les a même confortablement installés et on leur a servi le thé, le temps de se remettre de leurs émotions) et, au grand soulagement de tout le monde, les nouvelles sont bonnes. Il n'y a pas de cellules cancéreuses. Même si la guérison ne semble pas évidente, les traitements poursuivent leur action et la guérison progresse ; ce n'est qu'une question de temps avant que Maurice soit complètement rétabli.
Ils sont rentrés à la maison beaucoup plus légers et joyeux qu'au départ. Après une sieste méritée et un peu de lecture au lit (notre ami gallois lit un roman de Michel del Castillo, pendant que Maurice lit le dernier catalogue de jouets Kong), ils iront tous deux faire une promenade en ville et s'arrêteront ensuite dans un tout petit nouveau restaurant pour y déguster des sushis.
samedi 31 décembre 2011
Bonne année 2012
jeudi 29 septembre 2011
Heidi de Leipzig
dimanche 7 août 2011
Sur la Terre comme au Ciel
vendredi 31 décembre 2010
London New Year Fireworks
London Fireworks on New Year's Day 2011
Alexander aurait beaucoup aimé être là, d'autant plus qu'on entend un extrait de chanson du groupe Queen, avec son ami Freddie Mercury.
Celui-ci, il aurait été possible que j'y sois avec Alexander. Mais j'étais à Montréal et Alexander, comme je lui avais suggéré de le faire, était resté chez sa grand-mère, à la campagne. Nous étions tout de même en communication.
dimanche 22 août 2010
Inquiétudes
Comme c'est mon anniversaire neuf jours après le sien, Michel avait décidé vendredi de m'inviter chez lui le lendemain, avec d'autres de ses amis. Vendredi après-midi, pendant que j'étais parti à la bibliothèque, Michel a laissé chez moi un message vocal. Je suis rentré tard et comme mon téléphone ne sonne pratiquement jamais, je n'ai pas vérifié si j'avais des messages.
Ce matin (dimanche), le téléphone m'a réveillé tôt. Comme le répondeur, toujours branché, se met en marche au deuxième coup de sonnerie, je n'ai pas pris la peine de me lever ; je ne veux pas laisser croire qu'on peut m'appeler tôt le matin, surtout le dimanche, pour me parler de la pluie et du beau temps. J'aime me lever tôt justement pour lire ou écrire avant que ne commence l'agitation de ceux qui ne peuvent jamais rester tranquilles ni respecter la paix d'autrui.
En me levant, j'ai pris connaissance des deux messages : celui de vendredi, (dont j'ignorais l'existence) pour m'inviter le lendemain, et celui de ce matin, beaucoup plus sérieux,; Michel se disait inquiet car il n'avait pas eu de mes nouvelles « depuis longtemps » et il aimerait que, si quelqu'un écoutait ce message, on l'appelle pour lui donner de mes nouvelles.
J'ai rappelé plus tard, après avoir pris mon petit déjeuner et lu un moment. Michel n'était plus là (il ne peut pas rester en place). L'ami qui partage la maison avec lui m'a expliqué que Michel était très inquiet. Samedi midi, ils sont venus tous les deux sonner chez moi. J'étais sorti faire des courses mais, même si j'avais été là, n'attendant personne, je n'aurais pas répondu. Ils sont repartis plus inquiets encore. En passant devant un poste de police, ils sont entrés et ont demandé si la police pouvait faire quelque chose... (Heureusement, les policiers ne sont pas venus enfoncer la porte de l'appartement !) On leur a expliqué que si j'avais été victime d'un accident ou d'un malaise, c'est la famille qui aurait été prévenue... De plus en plus inquiet, Michel voulait s'arrêter dans une église pour... allumer un cierge. Avec les amis qui l'accompagnaient, il était déjà en train de composer mon éloge funèbre.
J'écoutais tout cela et je ne savais pas ce que je devais penser. C'est rassurant de savoir que j'ai au moins un ami qui peut s'inquiéter de mon sort (il a déjà été échaudé : il y a quelques années, un ami commun est décédé à Paris et, si nous n'avions pas fait une enquête, nous n'aurions même jamais su qu'il était décédé : la famille n'a pas jugé utile de prévenir les amis). Mais c'est aussi très inquiétant d'apprendre que si l'on ne répond pas immédiatement aux messages d'un ami, on risque de voir arriver chez soi les policiers, les pompiers, les ambulanciers, le serrurier... alors que l'on voudrait simplement boire son thé en paix.

Quand Alexander, après avoir été renversé par une voiture, s'est retrouvé sur une civière à l'urgence de l'hôpital où il travaillait, il était très inquiet : il pensait bien sûr à son chat, à son chien, aux êtres qu'il aimait... J'étais l'un d'eux et, comme il était déjà amoureux, il aurait voulu que je sois là pour le rassurer, le serrer dans mes bras ou, tout au moins, lui tenir la main... Mais si quelques personnes de son entourage connaissaient mon existence et tout l'amour qu'Alexander éprouvait déjà pour moi, personne n'avait mes coordonnées. « Et si j'étais vraiment parti sur la Lune, il n'y aurait même eu personne pour te le dire... », m'a-t-il écrit deux jours plus tard. Je sens encore toute l'angoisse qu'il y avait dans ces mots. C'est vite devenu l'une de mes inquiétudes aussi : s'il arrivait quelque chose à l'un d'entre nous, comment l'autre en serait-il informé ? Quand Alexander a été obligé de s'absenter un peu plus longtemps que prévu, sans pouvoir communiquer avec moi, j'ai d'abord été inquiet puis rassuré de recevoir un message de « docteure Jane » ; nous avions désormais un ange qui assurerait la communication entre nous... De mon côté, j'ai demandé à un ami s'il voudrait bien communiquer avec Alexander s'il m'arrivait quelque chose, puis j'ai donné son nom et ses coordonnées à Alexander.
En lisant ce blogue, deux compatriotes d'Alexander ont vite reconnu le Petit Prince dont je parlais. Alistair a connu Alexander au début de leur adolescence : ils étaient pensionnaires au même collège et puisqu'ils se ressemblaient beaucoup, ils sont assez rapidement devenus amis... Depuis le jour où, « par hasard », il a découvert le blogue (moi, je crois plutôt qu'Alexander l'a guidé), Alistair m'a écrit tous les jours... jusqu'au 10 décembre dernier. Nous avons appris, après Noël, qu'Alistair avait eu un très grave accident le 12 décembre et qu'il était encore aux soins intensifs d'un hôpital de Londres. « Docteure Jane » s'est immédiatement rendue à Londres mais, puisqu'elle n'était pas de la famille officielle, on n'a rien voulu lui dire sauf... un petit détail qui a échappé au personnel médical et qui nous a bouleversés. Dès sa première rencontre avec Alistair, Jane l'avait adopté : Alistair est vraiment comme un petit frère d'Alexander ; c'est ce que j'avais perçu dans sa correspondance... Alistair fait partie de notre petite famille d'êtres chers. Il me manque. Nous avons su, début janvier, que son père est venu le chercher à l'hôpital mais nous sommes depuis sans nouvelle. Je continue de lui écrire, en espérant recevoir bientôt une réponse...
L'autre Britannique, lecteur de ce blogue, n'a pas connu Alexander personnellement ; Alexander ne savait pas qui il est mais lui sait très bien qui est Alexander : il l'a aperçu quelques fois à Londres et il le trouvait très beau, toujours très élégant avec une pointe d'excentricité. Alexandre (c'est son nom. En fait il s'appelle aussi Alexander mais pour ne pas me faire de peine, il signe « Alexandre ») est aussi très digne d'être un ami d'Alexander. C'est aussi un garçon extraordinaire et sa vie est un roman, à la fois merveilleux et tragique. Alexandre m'a écrit vers la fin du mois de juin pour me confirmer qu'il allait subir une opération qui nécessiterait ensuite au moins quelques semaines de convalescence et de réadaptation... Il n'avait pas envie de cette opération et surtout, il n'avait pas envie de se séparer durant tout ce temps de son ami Maurice, un grand chien très doux. Je savais que je n'aurais pas de ses nouvelles durant quelques semaines, car il n'aurait pas accès à Internet ; mais nous arrivons à la fin du mois d'août... Alexandre, vous me manquez. Donnez-moi vite de vos nouvelles.
Ces dernières semaines, d'autres inquiétudes sont venues d'Angleterre, dont je ne connais pas encore toutes les répercussions. L'encens et les bougies occupent tout un coin de mon salon et je demande plusieurs fois par jour que les anges veillent sur tous les membres de notre petite famille...
lundi 21 juin 2010
Coeur de Petit Prince, courage de dragon...
Il ne s'agit pas du prince de Galles, mais A. est aussi un Petit Prince, un ami digne d'Alexander - Jane en est aussi persuadée. Ils ont bien des choses en commun, dont la sensibilité, la ferveur, la générosité, la poésie dans tout ce qu'ils font, dans tout ce qu'ils sont.
Comme le souligne l'hymne national gallois, ce territoire est un pays de liberté, terre de poètes, de troubadours et de braves patriotes. « O bydded i'r hen iaith barhau » (vous aurez tous compris : « Que la langue ancienne se perpétue » aussi longtemps que la mer constituera l'un des murs de ce pays magnifique). Grâce à cet ami, la langue du pays de Galles se perpétue ; il y contribue de tout son coeur.
A. ne pourra pas voir en même temps que moi, mercredi, le match de la Coupe du Monde que l'Angleterre remportera, mais je le regarderai pour lui, avec la même attention, avec une ferveur s'approchant de la sienne.
Soyez fort et courageux comme vous avez a su l'être jusqu'à maintenant, cher A. Je suis avec vous de tout mon coeur et j'attendrai votre retour et votre rétablissement avec la même impatience que celle de votre fidèle ami et compagnon canin, Maurice, au regard si doux.
dimanche 3 janvier 2010
Il y a un an, Harry...

Il y a un an, alors que son ami se préparait à quitter la campagne de sa grand-mère pour rentrer à Londres, Harry (Potter) faisait comprendre qu'il était temps de partir sur son étoile. Il avait donné le meilleur de lui-même et le cancer dont il était atteint ne lui laissait plus le choix. Il était trop fatigué pour faire le voyage de retour à Londres et il voulait éviter à Alexander un autre aller-retour quelques jours plus tard pour venir le mettre en terre dans le jardin où il avait été recueilli treize ans plus tôt.
Il me manque. Tout comme me manquent les mots de celui qui m'en parlait avec tant d'amour.
Jane m'écrivait, il y a quelques jours, que ses quatre chatons nés chez elle cet automne avaient poussé les personnages de la crèche sous l'immense sapin de Noël et s'étaient fait un nid confortable pour dormir. Harry faisait de même. Comme ils ont raison de penser à leur confort, à leur bien-être ! Nous devrions plus souvent faire comme eux.
Alexander bull, lui qui l'an dernier cherchait Harry partout dans la maison, en reniflant un à un les jouets du chat en faisant semblant que Harry voulait jouer à cache-cache, alors qu'il avait bien compris ce qui se passait, cette année, ne voulant pas laisser aux chatons tout le plaisir que procure l'arbre de Noël, il a croqué un ange de bois. Je suis sûr qu'il aurait préféré qu'il soit en pain d'épice, comme ceux qu'il aimait partager avec son ami lors de leurs sorties dans Londres. Mais il n'aura pas eu à se priver longtemps de toutes les gâteries qu'il aime ; en faisant avec Jane la visite chez plusieurs personnes âgées du village, il aura été choyé. Ce chien est un vrai personnage, m'écrivait Alistair il y a quelques semaines. Il est aussi bien élevé que son ami et il adore faire plaisir, saluer, s'asseoir, donner la patte. Il n'est donc pas étonnant que tout le monde l'aime. Abigail, sa voisine et amie à Londres, lorsqu'elle recevait chez elle, aimait adresser à Alexander bull, sur de jolis cartons, des invitations écrites que son ami lui lisaient. Et s'il est aimé, il aime son public : à la portière de la voiture lorsqu'il circule, il se prend pour la reine saluant ses sujets. « He thinks he is royal, but he is not ! » disait Alexander ; je ne suis pas tout à fait d'accord : s'il n'est pas royal, il est au moins princier.
lundi 14 décembre 2009
Orphelins

Je ne nommerai pas quelqu'un qui, s'il prétendait aimer Alexander, devrait ces jours-ci mais pas uniquement, en faire la preuve.
Un adorable poulain nommé Montréal, d'autres chevaux avec qui il aura gagné des parties de polo ou avec qui il aura fait de l'exercice à la campagne ou à Hyde Park, des pigeons d'un petit parc près du British Museum avec qui il allait dialoguer en prenant son thé après avoir passé un bon moment avec Alexandre le Grand et Héphaistion dans la salle 22 du musée, de nombreux chiens que lui aura présentés son bouledogue dans les parcs préférés de Londres, des écureuils qui le remerciaient de faire comprendre à Alexander bull qu'eux aussi aimaient jouer dans le gazon, et tant d'autres animaux à poils ou à plumes, des insectes de toutes sortes, dont les fourmis qui se souviennent, doivent tous se demander où est passé leur ami...
Et combien d'animaux en cage dans les animaleries de Londres seront cette année privés de jouets, de cadeaux, parce qu'Alexander ne sera pas là pour jouer le Père Noël discret ! Depuis plusieurs années, parce qu'il ne pouvait tolérer leur solitude, surtout à Noël, Alexander avait entrepris d'offrir des cadeaux aux animaux qui n'avaient pas de foyer, personne pour les choyer. Puis, parce qu'il trouvait beaucoup trop triste de faire le tour des animaleries et de voir tous ces animaux en cages, et puisqu'il ne pouvait pas tous les adopter, il avait demandé à son vétérinaire de s'occuper de la distribution.
Alexander aimait beaucoup les oiseaux, puis les loups, et les tigres... Il avait d'ailleurs adopté au zoo de Londres un tigre blanc. Il ne s'occupait pas lui-même de nourrir et de soigner le tigre, bien entendu, mais il s'était engagé à défrayer les coûts de son alimentation... Il ne l'a pas dit, mais je suis certain qu'il aurait préféré que son tigre devienne végétarien. Et, avec sa discrétion légendaire, Alexander ne s'est jamais vanté de son grand coeur et de sa générosité ; il m'aura fallu pour écrire cet article recueillir des éléments provenant de nombreuses conversations et de quelques correspondances.
Même les chats de papier sont orphelins. À l'été 2008, je lui avais demandé la permission d'écrire un article sur une association qu'il avait fondée pour défendre les chats qui sont maltraités dans les bandes dessinées. Il avait souhaité que je n'en parle pas encore car il n'avait pas le temps de s'occuper de nouvelles adhésions.
mardi 1 décembre 2009
Étonné...
Cela m'a fait penser à ce qu'Alexander m'avait dit le printemps dernier quand je lui ai raconté que j'avais glissé sur le trottoir mouillé et que j'étais tombé face contre terre ; je lui avais mentionné que je ne m'étais pas vraiment fait mal, que seul mon orgueil était blessé. « C'est ce qui fait le plus mal », avait-il précisé. Puis il avait ajouté que s'il avait été là, il se serait immédiatement jeté par terre à côté de moi en disant aux passants que c'était vraiment la meilleure façon de contempler le ciel...
Ce sont des centaines, des milliers de complicités comme celle-ci qui me permettent de continuer... À Londres, l'espace où Alexander a vécu, où il a tellement lu, joué, rêvé, fait des projets dont j'ai eu le privilège de partager un certain nombre, ne contient plus rien de ce qu'il y avait rassemblé au fil des ans. Mon rêve un peu fou de venir une fois écouter le carillon de Westminster du balcon où Alexander m'a si souvent invité s'effondre.
J'ai le sentiment douloureux que le départ d'Alexander se confirme une fois de plus. Comme le dirait Roland Barthes : je ne suis pas en deuil ; j'ai du chagrin.
mardi 24 novembre 2009
Il y a 18 ans



Alexander allait se recueuillir à la chapelle du cimetière. Ce 24 novembre, Alexander ne sera pas là. Mais il a demandé à notre amie Jane de se recueillir pour lui à cette chapelle de Kensal Green où il a fait poser une plaque en souvenir de Freddie. Jane y viendra avec des fleurs et des bougies, comme elle l'a promis à Alexander.
Il y a quelques mois, Alexander m'envoyait le lien vers une vidéo où Freddie Mercury chantait « Prince of the Universe » (Prince de l'Univers), en ajoutant : « Voilà ce que tu es pour moi ! » Je me suis senti particulièrement touché d'être ainsi associé dans le coeur et dans les pensées d'Alexander, par le biais d'une chanson, à celui qui n'était pas seulement un grand créateur, un grand interprète, mais aussi un grand ami et un mentor pour ce garçon que j'aime et que j'aimerai troujours.
dimanche 25 octobre 2009
Ce kilt arrive

Alexander aimait la cornemuse et le kilt. Il n'avait pas chez lui l'instrument à vent, mais il possédait quelques kilts qu'il aimait porter quand l'occasion se présentait. Il m'a parlé notamment d'un grand mariage qui a eu lieu à Londres, auquel il était invité et où la plupart des hommes, je crois, portaient le kilt.
Puisque j'aime la cornemuse, il se demandait si j'aimerais le voir porter le kilt. Bien sûr, je lui avais répondu que j'en serais ravi. Il m'avait promis qu'il allait inscrire le kilt sur sa liste de vêtements à mettre dans ses valises lorsqu'il viendrait à Montréal. Cette liste évoluait sans cesse, mais elle existait depuis très longtemps ; pour lui comme pour moi, elle symbolisait son très grand désir de venir à Montréal dès qu'il le pourrait. J'avais très hâte d'aller l'accueillir à l'aéroport.
Surprise ce soir : en ouvrant la télévision, j'ai entendu l'animateur annoncer que dans les prochaines minutes il recevrait le groupe de musiciens de Berlin, Tokio Hotel. Évidemment, j'étais très curieux de les voir en entrevue, faire la promotion de leur plus récent disque. Alexander aimait beaucoup ce groupe, sa grand-mère également car elle possède tous leurs dvd qu'elle écoute réellement. Souvent nous avons écouté ensemble, Alexander et moi, leur musique sur YouTube (chez lui, il écoutait ses disques ou ses dvd, et ses mp3 la nuit ou à l'extérieur, mais avec YouTube, nous pouvions écouter le même morceau au même moment).


































