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mardi 6 janvier 2009

Les Rois mages


Texte à venir

mercredi 12 novembre 2008

La lune en mouvement

La photo vient d'ici

Je n'ai vraiment pas eu le temps aujourd'hui de rêver, d'être dans la lune. On me pousse dans le dos pour que je fasse en un jour ce que je devrais faire en une semaine. Depuis ce matin, j'ai à peine pris quelques minutes pour manger et quelques autres minutes pour envoyer un message à mon amoureux.

Comme je devrai travailler toute la soirée et une bonne partie de la nuit, j'ai pris le temps vers la fin de l'après-midi d'aller faire une marche rapide au parc Jeanne-Mance ; ce ne fut au fond qu'un très rapide aller-retour. La lumière était belle et j'aurais voulu prendre des photos mais je n'en avais pas le temps (je dois dire aussi que j'ai déjà pris de nombreuses photos de ce coin du mont Royal). En redescendant l'avenue du Parc, je me suis tout de même arrêté environ quatre ou cinq minutes pour observer la lune qui m'est apparue entre deux bâtiments de l'Hôtel-Dieu. Encore très pâle, mais parfaitement ronde, elle était magnifique ! Comme on le fait dans certaines religions (juive, zoroastrisme ou mazdéisme, dans les cultures améridiennes), j'ai pris l'habitude, quand je l'aperçois, de faire mes dévotions à la lune et, sur un plan plus laïque, de lui adresser des messages pour quelqu'un que j'aime ; mais au fond, l'amour n'est-il pas aussi d'ordre spirituel ?

Pendant que je m'adressais à la lune, j'ai pu me rendre compte que ce disque lumineux que l'on croit immobile dans le ciel ne l'est pas tant que ça. En fait, c'est la terre qui tourne et qui, si je ne dis pas de bêtise, donne l'illusion que la lune se déplace autour de nous. En quelques minutes seulement, j'ai pu voir, en mesurant la distance entre le toit d'un bâtiment et la lune dans le ciel (pas la distance réelle, mais celle que mon oeil percevait en deux dimensions), que la lune ou la terre était en mouvement. La terre ne tourne pas si vite que nous en avons l'impression parfois à force de courir dans ce monde de fous mais, comme le disait si bien Galilée : « Et pourtant elle tourne » (Eppur si muove).


mardi 30 septembre 2008

Sous les ailes d'un ange...

Hier soir en lisant au hasard encore quelques pages d'un livre qui n'est pas un livre religieux ou spirituel, si ce n'est que la créativité est liée d'une façon ou d'une autre à la spiritualité, je suis tombé sur cette citation de saint François de Sales : « Faites-vous ami avec les anges qui, même s'ils sont invisibles, sont toujours à vos côtés. Invoquez-les souvent, louez-les constamment et faites bon usage de leur appui dans toutes vos activités, qu'elles soient temporelles ou spirituelles. »

L'image vient d'ici

Baptisé et élevé dans la religion catholique, j'ai toujours été conscient de la présence des anges dans mon univers religieux. Je me souviens qu'à l'école primaire, par exemple, on collait dans nos cahiers de jolis petits anges si nous avions bien fait nos devoirs et si nous avions obtenu une bonne note. J'ai aussi reçu une année, alors que je n'avais pas plus de huit ans, un petit ange musicien de plâtre peint, avec une jolie tunique bleue et des cheveux blonds dorés tirant sur le roux ; j'ai précieusement conservé ce petit ange.

L'image vient d'ici

Indépendamment de la représentation qu'on en fait, les anges sont considérés dans plusieurs cultures comme des messagers ; les religions en font, bien entendu, des messagers de Dieu. Religieux ou laïques, les anges ne sont-ils pas, dans tous les cas, des représentations de l'esprit, de l'idéal spirituel, des messagers chargés de nous aider à atteindre ce que nous souhaitons le plus, que ce soit de l'ordre affectif, moral, spirituel... Tous les anges n'ont pas la même fonction ; on pense aux enfants par exemple, dont la beauté et l'innocence nous font penser à la douceur et la pureté que certains anges apportent sur terre. Certaines personnes tiennent beaucoup à la présence de leur ange gardien, partout où ils vont, dans tout ce qu'il font...


Et vous, croyez-vous aux anges ? Que représentent-ils pour vous ? Sont-ils présents dans votre vie quotidienne ? L'ont-ils déjà été davantage, dans votre enfance, par exemple ? Avez-vous un ange attitré ou plusieurs anges comme plusieurs amis ? Comment les voyez-vous ? Leur donnez-vous une apparence précise ? Qu'attendez-vous d'eux ? Ont-ils un rôle précis ou interviennent-ils à tout moment dans votre vie ? Parlez-nous de votre ange, de vos anges.

dimanche 21 septembre 2008

Tendres pensées...

pour quelqu'un qui est hospitalisé depuis samedi.

Dans un livre qui a apporté tant de lumière et de joie sur tant d'ignorance et de solitude, l'un des héros reçoit d'un ami une image montrant « un ange bleu près d'un enfant rose » ; au dos de cette image se lisait cette « prière à l'ange gardien d'un enfant absent », que je reprends volontiers à mon tour :

« Ange gardien de celui que mon cœur vous nomme, veillez avec plus de soin sur lui. Rendez ses pas faciles, ses travaux féconds. Essuyez ses larmes, s'il pleure ; sanctifiez ses joies, s'il en a ; relevez son courage, s'il se sent faible ; ranimez l'espérance, s'il se désole ; la santé, s'il souffre ; la vérité, s'il s'égare ; le repentir, s'il succombe. »

Tous mes voeux de prompte guérison, mon petit Lapin. Je t'aime.

vendredi 18 novembre 2005

... avec un coeur d'enfant

En prenant mon petit déjeuner, ce matin, je pensais à ma chronique du jour, à ce que je devrais écrire pour définir un peu plus mon identité... Puis, comme j’essaie de le faire chaque matin, même si je suis parfois pressé, bousculé, j’ai pris un livre pour accompagner la fin de ce petit déjeuner et le litre de thé noir, alliant ainsi aux nourritures terrestres la nourriture de l’esprit. Parmi mes lectures en cours, il y a un roman de Michel de Castillo, dont je reparlerai un jour ; pas forcément de ce roman, mais de son auteur et des circonstances qui m’ont amené à lire ses livres. Ce roman que je suis en train de lire, Tanguy, est le premier qu’il ait publié, je crois, en 1957 ; il ne s’agit donc pas, on le voit, d’un jeune romancier à la mode que vient de jeter sur la plage du temps la dernière marée de l’automne.
Le sujet de ce roman, le voici (et je dois dire que si je n’avais pas lu auparavant d’autres livres de cet auteur, ce sujet n’aurait probablement pas retenu mon attention ; si je lis celui-ci, c’est pour retrouver un auteur que j’ai découvert, aimé, et dont je ne peux plus me passer). Sur la quatrième de couverture de cette édition (Presses Pocket), on peut lire : « Voici une histoire vécue de la férocité des hommes, une histoire vécue par un enfant : Tanguy. Petit garçon perdu dans une Europe déchirée par la guerre, Tanguy connaîtra l’exil, la faim, l’horreur des camps de concentration. Il découvrira aussi la solidarité et de déchirantes amitiés. Et c’est parce qu’il traversera toutes ces horreurs de la guerre et du monde des adultes avec un coeur d’enfant sans haine et sans amertume qu’il surmontera son désespoir et sera sauvé. »
« Le hasard n’existe pas », dit-on ; l’un de mes amis lointains (dans l’espace), aimait à me le répéter, à me l’écrire... J’achète parfois des livres sans trop savoir ce qu’il contiennent, simplement parce qu’un jour j’ai lu un article sur leur auteur ou que j’ai entendu un commentaire à leur sujet. Il m’arrive donc d’avoir dans ma bibliothèque des livres qui attendent durant des semaines, des mois et même des années, que je daigne les ouvrir, en parcourir quelques lignes, quelques paragraphes. Souvent, quand je viens de terminer la lecture d’un roman ou d’un essai et que je ne sais plus que choisir, je saisis un livre sur mes rayons, sans y avoir pensé auparavant, et j’en commence la lecture. Nos choix de lecture ne sont toutefois pas si innocents qu’on le pense ; si l’on est conduit vers tel ou tel livre, c’est sûrement parce qu’à ce moment-là, on est prêt, on est mûr pour le message qu’on y trouvera. Il arrive avec les livres ce qui arrive avec les êtres ; on se demande parfois ce que telle ou telle personne peut bien avoir en commun avec nous, ce qu’elle peut bien faire sur notre chemin, dans notre vie. On l’oublie, ou du moins on essaie de l’ignorer ; puis un jour, au détour d’une confidence, d’une révélation, tout s’éclaire : on comprend alors pourquoi cette personne est là.
Traverser ce « monde des adultes avec un coeur d’enfant »... Hier soir, je participais avec des collègues d’une association dont je suis administrateur à un dîner de travail dans un restaurant branché de la rue Saint-Denis, à Montréal. Vers la fin du repas modérément accompagné d’un bon vin sans prétention, après avoir parlé de choses sérieuses, discuté de stratégie d'affaires, nous avons quelque peu parlé de lectures, de littérature, de ce qui fait un écrivain, de ce qui fait que certains, parmi nous, par exemple, sentent le besoin d’écrire et d’autres pas... Je leur ai parlé de cet auteur, de ce roman que je suis en train de lire et, sur le ton de la confidence souriante, j’ai ajouté que je me reconnaissais souvent dans l’histoire de cet enfant perdu, qui connaît l’exil, « la solidarité et de déchirantes amitiés ». Alors un collègue m’a dit en riant : « Non, non, J-M, tu n’es plus un enfant ; tu ne le sais peut-être pas et j’ai le regret de te le dire, mais tu n’es plus un enfant... » C’était dit avec tant d’affection et de tendresse que l’enfant en moi était prêt à entendre ce terrible constat et à accepter de réfléchir à ses conséquences...
En poursuivant ma lecture de ce roman, je suis donc tombé ce matin sur un passage qui me semblait en lien direct avec le sujet de ces deux fables de La Fontaine que je citais hier, sur la véritable amitié, sur ce que l’on serait prêt à faire pour un ami, sur la distinction à faire entre la parole et l’action, entre le discours et la réalité ; il m'a paru essentiel d'établir immédiatement ce lien entre une lecture d'hier et celle d'aujourd'hui. Il s’agit ici d’une conversation entre le jeune Tanguy et le directeur d’un collège qu’il a fondé, un jésuite touché par la misère qui s’est donné comme mission d’ouvrir des écoles où l’on pourra accueillir des enfants et leur donner « la nourriture et le savoir », qui s’est battu contre des bureaucrates en réclamant pour des enfants « le droit de devenir des hommes ». Voici cet extrait :
« ... C’est le Père qui dit un jour à Tanguy :
— La charité n’est pas vertu : elle est acte.

Il était d'ailleurs lui-même tout action. Chez lui action et pensée étaient indissolublement liées par ce lien invisible de la charité. Il n’aimait pas les consciences scrupuleuses, les âmes « tourmentées ». Un jour, Tanguy lui ayant avoué qu’il se demandait souvent s’il croyait ou non en Dieu, le Père lui jeta un regard sévère :
— Laisse en paix ces histoires !... Mange, dors, étudie, ne mens pas, sois bon avec tes camarades, travaille, agis loyalement. Quant tu auras fait toutes ces choses, et qu’en plus tu te sentiras capable d’aimer ton prochain jusque dans tes actes, alors demande-toi si tu crois en Dieu ; pas avant. La plupart de nos « croyants » cessent de se comporter en croyants dès qu’il s’agit de donner mille pesetas. Foi bien fragile que celle qui dépend du portefeuille ! Ce n’est pas le superflu qu’il faut savoir donner, mais bien le nécessaire. »

Michel del Castillo, Tanguy, coll. « Presses Pocket », page 209.