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mardi 26 novembre 2019

Honneur bien mérité

Photo de l'ambassade de France à Ottawa

Le jeune cinéaste québécois Xavier Dolan a été décoré dimanche de l'Officier de l’Ordre des arts et des lettres de la République française.

La cérémonie s'est déroulée dimanche dernier à l'ambassade de France à Ottawa, en présence d'un cercle intime d'invités d'Xavier Dolan.

« Par la force de ses films, la puissance de sa mise en scène et les sujets qu’il aborde, M. Dolan contribue au succès du cinéma francophone contemporain dans le monde », indique le communiqué de la diplomatie française.

Si, à 30 ans, il n'avait pas déjà accompli tout ce qu'il a fait - et avec quel succès ! -, on pourrait dire de lui que ce jeune homme ira loin. On ne peut que lui souhaiter une très longue et prodigieuse carrière Mais on ne ne peut s'empêcher de se demander jusqu'où « il ira plus loin ».

Toutes mes plus sincères félicitations, Xavier Dolan.

mardi 5 décembre 2017

Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit...


Et ce jour, c'est aujourd'hui : au réveil, ce matin, j'apprends que Jean d'Ormesson est parti... dans mon sommeil.



Né le 16 juin 1925, Jean d'Ormesson est mort à son domicile, d'une crise cardiaque, au cours de la nuit de lundi à mardi, 5 décembre 2017, à l'âge de 92 ans. Nous avions tellement l'habitude de le voir partout que nous avions fini par le croire vraiment immortel. Mais, à 92 ans, il n'était pas si vieux : d'autres écrivains français sont morts à un âge plus avancé encore (Julien Green, à près de 99 ans, par exemple) ; mes parents (qui n'étaient pas écrivains) sont tous deux morts à 94 ans, à quelques années d'intervalle.


Né avec une cuillère d'argent dans la bouche, il aura mis pas mal de temps à savoir ce qu'il voulait faire de sa vie... Il a failli devenir professeur dans un collège de jeunes filles aux États-Unis, mais... il est tombé gravement malade. Rentré en France, il est entré à l'UNESCO puis... il en est devenu le directeur. Il a fait du journalisme, est devenu directeur du journal Le Figaro et, dans ses moments libres, il a... écrit des livres.


Il fut, à 48 ans, le plus jeune membre de l'Académie française. Il n'en fut pas forcément le plus « sage », le plus discret des Immortels. C'est lui qui a, notamment, livré le combat pour faire entrer à l'Académie la première femme ; Marguerite Yourcenar y fut admise le 22 janvier 1981 mais, après son discours de réception, elle n'y a jamais remis les pieds.


On a beaucoup vu et entendu Jean d'Ormesson. Comme son grand maître Chateaubriand, dont il est devenu l'un des spécialistes, il a sans doute « cherché la gloire pour se faire aimer ». Cultivé, merveilleux conteur, on aimait l'inviter à la radio, à la télévision pour parler de tout et de rien. Il fut certainement un excellent ambassadeur de l'« esprit français », du moins de celui que l'on aime mettre de l'avant, celui de la conversation claire, brillante, élégante...


On aimait un peu se moquer de lui, de son omniprésence médiatique. Mais s'il alimentait volontiers, par ses fausses confidences et sa fausse modestie, la conversation ou les discussions à son sujet, il était le premier à en rire.


Je n'ai pas tout lu de Jean d'Ormesson (il a beaucoup écrit), mais j'aime à l'occasion prendre l'un de ses livres et m'y plonger ; je sais que je ne m'ennuierai pas... Toutefois, celui de ses livres que j'ai lu et relu, que j'aime relire un peu comme les Mémoires d'outre-tombe, c'est son roman Au plaisir de Dieu, dans lequel il raconte l'histoire d'une famille (la sienne) de la noblesse française et l'évolution des mentalité et des mœurs sur plusieurs générations. C'est le premier que j'aie lu  des livres de Jean d'Ormesson, dont j'avais aimé la série télévisée tiré de ce roman, sorte de « Downton Abbey » française avant l'heure.


« De génération en génération, nous nous étions méfiés des questions. Et de tout temps, de tout cœur, aux questions sans réponses, nous avions préféré les réponses sans question. » Jean d'Ormesson, Au plaisir de Dieu


Comme Voltaire qui disait avoir choisi le bonheur car c'est meilleur pour la santé, Jean d'Ormesson appartient à la catégorie des écrivains du bonheur. Il a choisi d'être résolument heureux. Agnostique, il disait ne pas savoir si Dieu existe, ajoutant : « Je crois en Dieu car j'espère qu'il existe. » Lorsqu'il apparaîtra devant Lui, Dieu lui accordera peut-être le privilège d'écrire un dernier livre pour nous raconter sa vie au Paradis... à moins qu'il persuade l'écrivain que nous, pauvres mortels, ne méritons pas un tel livre, fût-il celui d'un Immortel.

jeudi 14 juillet 2016

Je suis... avec les Niçois

Je suis Charlie.
Je suis Paris.
Je suis Orlando.
Je suis Bruxelles.
Je suis Istanbul.
Je suis Nice.

Je suis bouleversé.
Je suis dégoûté.

Je suis surtout, après cette inqualifiable acte de barbarie, de tout cœur avec les Niçois.

mardi 24 avril 2012

Accords France-Québec

Caricature de Serge Chapleau Journal La Presse

Il doit bien cela à son grand ami Jean Charest qui a grand besoin d'aide ces temps-ci. Ça sent la fin de régime (c'est-à-dire : très mauvais).

samedi 30 octobre 2010

Triptyque d'amitié


Il est toujours agréable de recevoir le message d'un ami.


Il est encore plus agréable lorsque ce message est écrit de la main de cet ami et qu'on le découvre dans sa boîte aux lettres.



Lorsque, quelques jours plus tard, ce message est suivi d'un autre, tout aussi personnel et chaleureux, on se dit qu'il est bon d'avoir un tel ami.



Que dire alors de cet ami en trouvant dans la boîte aux lettres, peu de temps après, une troisième carte sur laquelle on reconnaît l'écriture de cet ami très cher ?

Merci, cher Poeri, ami fidèle et précieux. Chaque jour, depuis plus de huit ans, mes pensées sont tournées vers ta Provence où j'aimerais bien revenir un jour prochain. Le Québec t'attend aussi, quand tu voudras.


vendredi 29 octobre 2010

Abâtardissement

Depuis l'enfance, il m'a toujours semblé important d'avoir de la langue française la meilleure connaissance possible. Dès que j'ai eu accès aux livres, j'ai aimé les mots et j'ai été fasciné par le travail des écrivains qui savaient, grâce à un habile agencement de mots, exprimer des idées avec la plus grande clarté et créer de la beauté. Et cet amour s'est étendu à la langue parlée, que ce soit au théâtre, au cinéma, à la télévision et, lors de mes séjours en France notamment, dans les activités de la vie quotidienne. Je trouvais que la langue parlée en France, par exemple, n'était pas seulement claire, efficace, qu'elle était aussi très esthétique dans sa syntaxe, dans son vocabulaire, mais aussi dans sa prononciation...

Je ne sais pas si c'est la plus belle langue du monde car je ne connais pas les autres (la connaissance que j'ai des langues anglaise, italienne et espagnole, me permet de les comprendre et non de les comparer vraiment), mais j'aime le français parce que c'est la langue dans laquelle j'ai grandi. Je suis né au Québec, mais le « québécois » n'est pas une langue, malgré tout ce que voudront en dire ceux qui ne veulent pas se donner la peine d'apprendre correctement une langue qui leur permettrait d'être compris à l'extérieur de leur cour arrière.

Je comptais sur Alexander pour avoir l'occasion d'améliorer ma connaissance de l'anglais. Mais Alexander, avec l'immense courtoisie qui le caractérise, se faisait une fierté de m'écrire dans ma langue, même si parfois cela exigeait de lui de grands efforts... Ses proches m'ont toujours écrit en français aussi. Puisque je compte bien venir à Londres au moins, pour marcher dans les pas d'Alexander, j'essaierai de m'organiser pour être compris quand je m'exprimerai dans sa langue (sans avoir la prétention d'approcher le moins du monde la qualité de sa langue).

Depuis longtemps, j'aime écouter à la télévision les émissions britanniques, notamment les comédies. Ces derniers temps, j'ai découvert à la bibliothèque des séries télévisées sur DVD : The Forsythe Saga, Brideshead Revisited, ... sans compter les films que j'aime, comme Maurice et quelques autres. Les milieux qu'on y dépeint ne sont pas forcément ceux auxquels j'aurais accès et l'action se déroule souvent au XIXe siècle ou au début du XXe, mais j'éprouve le même bonheur à voir ces images et à entendre les personnages s'exprimer que j'ai eu à voir et à entendre des séries françaises comme Les Rois maudits, Au Plaisir de Dieu, ...

Si dans quelques décennies il y a encore de l'activité humaine sur cette Terre, je me demande ce que, de notre époque actuelle, les « téléspectateurs » voudront voir et entendre pour leur édification et leur plaisir esthétique. Combien de langues et de cultures de cette Planète sauront résister au rouleau compresseur étatsunien ?

Je crois que la richesse est dans la diversité et dans le maintien de cultures et de langues distinctes et fières de l'être.

Puisqu'il s'agit de ma langue maternelle, celle dans laquelle je peux le mieux exprimer vraiment ce que je suis, je suis quelque peu attentif à l'état du français dans la vie pratique.

La photo vient d'ici

Quand je vois ce genre d'affichage, je dois dire que je ne suis pas très optimiste. Il me semble refléter une tendance qui depuis quelques années s'accentue en France, celle de s'exprimer dans une syntaxe française mais avec des mots anglais. Un affichage unilingue anglais serait moins choquant. Ce message, comme tant d'autres, n'est ni français ni anglais : plus que la promotion d'un produit ou d'un service, cette langue bâtarde exprime selon moi une dégénérescence linguistique, qui n'est sans doute que le symptôme inquiétant de je ne sais quoi de plus sérieux.

On dira qu'il n'appartient pas aux Québécois de faire la leçon aux Français en matière de langue. La mauvaise qualité du français au Québec découle de facteurs historiques, d'un contexte socio-économique particulier (ce n'est pas une raison pour ne rien faire, cependant). Alors que l'affichage que montre la photo ci-dessus, prise rue Sainte-Catherine à Bordeaux (France). ne reflète qu'un snobisme ridicule et cheap.

mercredi 14 juillet 2010

Couleurs de la France


Bonne fête nationale aux amis français
(qui sont probablement tous en vacances depuis quelque temps
... et pour plus longtemps encore.)




Signe des temps ? Voulant consulter le site www.France.fr, j'ai obtenu l'affichage illustré ci-dessus : « Site momentanément indisponible »


lundi 28 juin 2010

Ma tasse de thé contre un Airbus

Toujours soucieux de gérer sainement l'argent des Français, le petit locataire de l'Élysée voit grand. Jugeant que la garden-party du 14 juillet représentait pour l'Élysée une dépense excessive, le président a décidé de l'annuler. Il a un peu hésité entre l'annulation de la garden-party et le défilé traditionnel sur les Champs-Élysées, mais il a dû juger que le défilé le rendrait personnellement visible à un plus grand nombre de ses sujets, il a décidé de maintenir le défilé. 7 500 invités du président seront privés de cette petite célébration dans les jardins. Puisque les commandes ont probablement été annulées à la dernière minute, compte tenu de l'impulsivité du locataire, l'Élysée devra peut-être compenser les fournisseurs. L'an dernier la garden-party avait coûté aux Français 732 826 euros, dont 313 618 euros pour les traiteurs, 43 128 euros pour les vins et le champagne. Puisqu'il faut se serrer la ceinture, l'Élysée donnera l'exemple.


Le président voit grand, mais cela ne l'empêche pas de voir haut. Puisqu'il faut se serrer la ceinture, il le fera de la plus belle manière. Il a commandé une ceinture de 176 millions d'euros. Mais à ce prix-là, les Français seront heureux de savoir que le président obtient, avec sa ceinture, un Airbus A330-200.

Pour faire plaisir au petit Roi-lunettes-soleil, on a réaménagé complètement la cabine de l'avion. On a remplacé les 324 sièges existants par une soixantaine de fauteuils plus confortables. On a aménagé une grande salle de réunion, une chambre pour le président, avec une vraie douche. À 10 000 mètres d'altitude, le président pourra naviguer sur Internet pour voir ce que l'on dit de lui, Carla pourra commander du haut du ciel un nouveau sac à main de 30 000 euros. Le président sera bien protégé : on a renforcé la carlingue de l'avion et on l'a équipé d'un système de leurre antimissiles.

Bien sûr, il s'agit d'une dépense de 176 millions d'euros, mais n'oubliez pas que le président a renoncé à une dépense de plus de 700 000 euros pour la tasse de thé et les petits fours qu'il offrait à ses 7 500 invités. Bien sûr, chaque heure de vol de ce jouet coûtera aux Français 20 000 euros - contre 8 000 pour un appareil ordinaire -, mais n'oubliez pas que c'est pour le prestige de la France.

vendredi 4 septembre 2009

Pour saluer Éric C.

Cette photo d'Éric vient d'ici

Pour un certain nombre de personnes, l'été, si recherché par la plupart des gens, du moins par la plupart des Européens et des Nord-américains, est difficile à vivre. Il l'a souvent été pour moi ; il l'était pour Alexander et pour quelques amis (c'est peut-être quelque chose qui nous réunit : la hantise des grandes chaleurs, de la canicule, mais aussi le temps des grandes dispersions, chacun partant de son côté, du moins ceux qui peuvent se le permettre, alors que les autres restent sur place et se débrouillent avec ce qui reste en ville). Je sais que pour certaines personnes, c'est la saison de la grande solitude... Je ne suis jamais fâché de voir arriver le mois de septembre : on dirait qu'avec un peu de fraîcheur, les gens retrouvent leurs neurones et la vie reprend.

Je m'inquiétais de ne plus avoir, depuis quelques semaines, de nouvelles d'un ami parisien. Notre dernière conversation sur MSN remontait au trois août dernier. Il ne m'avait pourtant pas parlé de vacances en août et je savais qu'il devait aller en Bretagne vers la fin du mois de septembre et il me semblait anticiper avec joie ce séjour chez des amis.

J'ai connu Éric par le biais d'Internet, en même temps que plusieurs autres personnes, à l'été 2000, il y a donc plus de neuf ans. Nous ne nous sommes jamais rencontrés en personne mais nous avons eu quelques conversations téléphoniques et de nombreuses communications sur MSN, surtout depuis janvier 2008. Même si nous étions parfois quelques mois sans communiquer l'un avec l'autre, j'ai toujours eu l'impression qu'Éric faisait partie de ma famille, la famille choisie.

Depuis le printemps dernier, Éric était très heureux de ce nous vivions, Alexander et moi. Il était le seul, depuis l'automne jusqu'en juillet, à me demander tous les jours des nouvelles de « mon Petit Prince ». Certains jours, attendant des nouvelles de Londres ou alors que je venais d'en recevoir, je dois dire que j'étais très heureux de pouvoir parler d'Alexander avec Éric, de pouvoir lui parler surtout de mes inquiétudes parfois. Puisqu'Éric travaillait dans le domaine médical, je me méfiais toutefois de certains commentaires qu'il pouvait me faire ; il y a des choses que je ne voulais pas entendre. Toutefois, il m'a souvent donné de bons conseils et, lorsque je les ai mis en pratique, je m'en suis porté mieux. J'aurais souhaité qu'il se décide à mettre en application certains conseils que je lui ai donnés ; il me disait que je devais avoir raison puisque les professionnels qu'il consultait lui disaient la même chose.

Depuis deux ou trois ans, nous plaisantions, avec un autre Éric, d'Aix-en-Provence ; nous parlions d'ouvrir à trois une auberge, en Provence, justement, pour profiter des talents culinaires de notre ami provençal. Ce n'était qu'un jeu, mais nous nous sommes bien amusés, sur MSN, à parler de ce projet.

Éric était un grand amateur de films ; je crois qu'il n'y en a pas beaucoup qu'il n'ait pas vus, soit au cinéma, soit dans son salon en dvd. Il y a quelques années, il a joué son propre rôle dans un film de Patrice Chéreau, d'après un roman de Philippe Besson ; il m'avait envoyé un exemplaire du film en dvd. Éric aimait la photo ; je me souviens notamment de très belles photos rapportées d'Écosse, puis de Norvège (dont la photo ci-dessus).

Je m'inquiétais donc de ne plus le voir sur MSN depuis quelques semaines ; je me disais qu'il me boudait peut-être parce que depuis qu'Alexander n'y vient plus pour m'envoyer les baisers du petit lapin, j'avais moins envie de me connecter sur MSN. Je me proposais de lui écrire ce matin pour lui demander de ses nouvelles. Avant même que j'aie eu le temps de le faire, alors que j'allais prendre mon petit déjeuner, j'ai reçu un courriel qui m'a inquiété avant même qu'il soit ouvert ; l'objet du message disait simplement : « Éric ». Le message venait de Denis, le voisin et ex-compagnon d'Éric ; il disait simplement qu'Éric était décédé au début du mois d'août.

Je ne connais pas la cause de son décès mais, quelle qu'elle soit, elle est liée dans mon esprit au grand vide causé par le temps des grandes vacances, à la grande solitude des villes désertées et des neurones au repos.

J'espère, cher Éric, que tu es en paix, que tu as trouvé la sérénité de ce grand lac de Norvège et que tu es bien entouré, dans l'amour et la lumière.

lundi 17 août 2009

Un peu d'ombre sur le Soleil

La photo vient d'ici et la visite de ce site
vaut la peine : les photos sont magnifiques

Le 17 août 1661, Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, mégalomane qui a peut-être inspiré un autre Nicolas contemporain, organisa à son château de Vaux-le-Vicomte une fête somptueuse qui fit de l'ombre à son patron, le Roi Soleil. Pour avoir fait de l'ombre au Soleil en voulant se mettre en lumière, Fouquet passa le reste de sa vie à l'ombre. Tant de splendeur, tant de richesses semblaient suspectes chez un ministre de Louis XIV qui lui-même n'en possédait pas autant. Le ministre fut accusé de détournement de fonds pubics et de lèse-majesté.

dimanche 26 juillet 2009

Raisonnement bling-bling

Il n'y a rien de nouveau : le personnage nous a habitués à ce genre de raisonnement. Mais il est tout de même amusant de relever de temps à autre l'un de ses arguments, si caractéristiques du petit agité.

En France où le débat fait rage sur la question d'ouvrir les commerces le dimanche, le président-empereur déclare : « Pourquoi continuer d'empêcher celui qui le veut de travailler le dimanche? C'est un jour de croissance en plus, c'est du pouvoir d'achat en plus. » Jusque-là, ça va : on peut être en désaccord, mais le raisonnement se tient. Mais le petit agité révèle sa véritable nature bling-bling dans la phrase suivante : « Est-il normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? »

D'une part, je ne crois pas que ce soit madame Obama et ses filles qui assurent la rentabilité des commerces ouverts le dimanche et, d'autre part, si les commerces étaient ouverts, on sait très bien que le petit agité s'empresserait de leur téléphoner pour leur demander de fermer afin que madame Obama puisse faire ses courses sans être importunée.

mardi 23 juin 2009

Ambassades


« ... Georges [secrétaire d'ambassade de France à Athènes] n'en était pas affecté : il avait bu moins que les autres et ne regrettait pas de conserver sa lucidité. Profitant de la suspension d'armes, il songea à téléphoner à Rudolf [secrétaire d'ambassade d'Allemagne à Athènes].
« Devant le standard de l'entrée, il hésita : avec quel bureau brancher la communication ? Avec le sien ? La perspective de descendre au sous-sol l'ennuya. Avec celui de Redouté ? Ce cadre de travail austère ne l'attira pas davantage. Il préféra le bureau de l'ambassadeur. Il l'amusait de revoir, à cette heure indue et pour des explications sentimentales, la bataille du pont Milvius et la généalogie des Médicis.
« Rudolf eut plaisir à l'entendre. Il s'était déjà calmé et avoua que, peu épris de mondanités, même d'ordre juvénile, il n'avait pas été fâché de rentrer chez lui.
« — Je suis en train, poursuivit-il, de lire des vers de notre poète Stefan George — Georges de Sarre, Georges de Grèce, que de Georges !
« Il en traduisit lentement un passage :
Puisque sur ma couche soyeuse,
Le sommeil envieux m'a fui,
Ne m'amenez pas des conteurs ;
Je ne veux pas, non plus, les chansons berçantes
Des filles du pays attique,
Qui me plaisaient il y a bien des lunes.
Maintenant, enchaînez-moi dans vos liens,
Jours de flûte du Nil.
« — Est-ce pour moi que vous avez choisi ce poème ? demanda Georges.
« Rudolf ne répondit pas et Georges ne répéta pas sa question. Leur amitié était pleine de questions qui n'avaient pas reçu de réponses. Mais c'est pendant ces silences qu'ils entendaient battre leurs coeurs.»

Les Ambassades, Roger Peyrefitte, roman, Éd. Flammarion, 1951.

samedi 6 juin 2009

Commémoration du 6 juin 1944


L'insulte royale du nain impérial envers la reine Elisabeth II provoque en Angleterre une colère pleinement justifiée. Le petit homme, pas uniquement de taille, a simplement « oublié » d'inviter la reine, seule chef d'État encore en vie qui ait joué un rôle au cours de le Seconde Guerre mondiale. Le petit homme semble avoir voulu jouer les amitiés particulières avec Barak Obama en n'invitant pas la souveraine britannique aux Commémorations du débarquement des troupes alliées en Normandie le 6 juin 1944. La France semble vouloir oublier que 17 756 Britanniques et 5 316 Canadiens sont tombés au champ d'honneur et enterrés en France.

Parions que Barak Obama saura profiter de l'occasion pour souligner le manque de respect du président français du savoir-vivre, du protocole et de la diplomatie. Le nain impérial devrait, s'il était capable d'un peu de modestie, s'inspirer de cet autre chef d'État qui le fascine à juste titre, ne serait-ce que parce que le nouveau président des États-Unis n'a rien du bling-bling du petit homme et qu'il possède l'étoffe d'un véritable chef d'État que l'autre ne pourra jamais atteindre autrement que dans ses rêves les plus insensés.

mercredi 6 mai 2009

Un objet en voie de disparition ?


Le 6 mai 1840, les postes britanniques émettent, officiellement, le premier timbre postal adhésif à l'effigie de la reine Victoria, le Penny Black. Ce timbre-poste constituait alors un point tournant dans le système postal britannique : pour la première fois, c'était l'expéditeur qui payait les frais postaux plutôt que le destinataire. Le premier timbre-poste français sera émis le premier janvier 1849.

Je ne connais pas beaucoup les timbres britanniques, mais j'ai reçu, durant des années, tellement de lettres et de cartes postales d'amis français que j'ai pu apprécier la diversité et la beauté de timbres français

Je connais quelques romantiques qui accorderont toujours beaucoup d'importance aux lettres écrites à la plume sur du papier choisi avec soin, ainsi qu'aux beaux timbres à coller sur l'enveloppe. Mais, avec l'usage grandissant des communications par Internet, le timbre-poste est-il en voie de disparaître ? Qu'en pensez-vous ?

dimanche 8 mars 2009

Journée internationale des femmes

L'image vient d'ici

Bonne fête
à toutes les femmes
en cette
Journée internationale des femmes



« C'est en croyant aux roses
qu'on les fait éclore. »

Anatole France

mardi 3 mars 2009

Gastronomie... française ?

Le mot qui, selon les grands chefs, désigne la nouvelle gastronomie française (hexagonale) serait le « fooding » !

Sans commentaire.

vendredi 13 février 2009

Langue de bois

Le président français n'a pas la langue dans sa poche. En raison de son caractère narcissique et manipulateur, il se sert très bien de cette mauvaise langue pour semer la zizanie partout où il passe en insultant tous ceux dont il ne lèche pas les bottes parce qu'ils sont riches et puissants. Quand il a insulté 50 % des Québécois en les traitant de sectaires parce qu'ils ne partagent pas la vision politique de son ami Paul Desmarais, le milliardaire canadien, la chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec et le chef du Bloc québécois au parlement canadien ont écrit au président français pour protester contre ses propos aussi méprisants qu'inopportuns.

Par son ambassade à Ottawa et son consulat à Montréal, le chef de l'État français a fait parvenir à Pauline Marois, chef de l'opposition officielle à Québec et à Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois à Ottawa, la lettre qui suit. On n'y trouve évidemment aucune excuse envers la moitié de la population québécoise qu'il a insultée et, ce qui est aussi étonnant, sa langue incendiaire s'est soudain transformée en langue de bois.






Madame la Chef de l'opposition officielle, Monsieur le Chef du Bloc québécois,

Je vous remercie de votre lettre du 4 février dernier, qui a retenu toute, mon attention.

Depuis mon élection, j'ai eu pour but de refonder ta relation franco-québécoise en lui donnant un nouvel élan et en élargissant plus encore le champ de notre coopération.

C'est dans cet esprit que je me suis exprimé en octobre dernier devant l'Assemblée Nationale du Québec en mettant en valeur la relation de fraternité qui unit Français et Québécois.

L'importance de la participation de la France à la commémoration du 400ème anniversaire de la fondation de Québec et l'éclat de ces manifestations en France ont été en 2008 une illustration de l'intensité de notre relation et du profond attachement du peuple français au peuple québécois.

C’est dans cet esprit également que j'ai signé avec le Premier ministre du Québec une Entente en matière de reconnaissance des qualifications professionnelles qui favorisera la mobilité professionnelle entre la France et Ie Québec. Elle permettra aux Français qui font le choix de s'installer au Québec de réussir plus facilement leur intégration professionnelle comme aux Québécois de pouvoir exercer leur profession en France. Il s'agit là d'un progrès social et humain exceptionnel sans équivalent entre deux partenaires situés sur des continents différents.

C'est dans cet esprit enfin que la France a tenu à rendre hommage au peuple québécois en distinguant en 2008 quinze personnalités québécoises de tout premier rang en leur remettant les insignes de l'Ordre national du Mérite ou de la Légion d'Honneur. Dans ce contexte, j'ai eu le plaisir de décorer le 2 février le Premier ministre du Québec des insignes de Commandeur de ta Légion d’Honneur. J'ai souligné que cet hommage s'adressait à la personne du Premier ministre mais, au-delà, à la Nation québécoise toute entière.

Ma volonté est d'aller plus loin encore, en approfondissant dans tous les domaines ]a relation unique qui lie la France el le Québec. Je pense notamment aux domaines économique, scientifique et universitaire, car ce sont les clefs de notre avenir commun, ou encore à notre coopération dans les domaines de la santé et de l'environnement.

Je souhaite que cette nouvelle relation franco-québécoise s'épanouisse en harmonie avec la relation que la France entretient avec le Canada dans son ensemble. Cette communauté d'action est déterminante pour faire avancer les causes auxquelles nous tenons. La victoire commune que nous avons remportée pour la reconnaissance de la diversité culturelle en est l'illustration. Je pense également au projet de nouvel accord entre l'Union européenne et Ie Canada, pour lequel le Québec joue un rôle moteur. Cette communauté d'action est d'autant plus nécessaire dans le contexte de la crise économique mondiale que nous subissons, dans laquelle la langue française et les valeurs de la francophonie que nous portons ensemble constituent l'un de nos atouts les plus précieux.

Les Québécois, dans la diversité de leurs engagements et de leurs opinions, tiennent une place particulière dans le cœur des Français. Ce lien si profond qui nous unit, fondé sur le respect, la fraternité et la francophonie, constitue notre trésor commun. C'est ce trésor que je voudrais, avec tous les Québécois, promouvoir et valoriser davantage encore.

Je vous prie de croire, Madame la Chef de l'opposition officielle, Monsieur le Chef du Bloc québécois, à l'assurance de ma considération.

lundi 9 février 2009

Une image vaut mille mots...


... ou mille maux.

dimanche 8 février 2009

Et alors ?


vendredi 6 février 2009

Ce qu'il en coûte de recevoir la légion d'honneur d'un « frère »...

... quand on choisit mal ses amis.


Toutes les caricatures proviennent de Cyberpresse,
l'un des nombreux organes de presse appartenant à Paul Desmarais,
l'ami discret mais influent du président français




« Le premier ministre Jean Charest était fier de recevoir ce lundi des mains du président de la France la légion d'honneur avec le grade de commandeur. Pour se la mériter, il a cependant dû souffrir la diatribe à laquelle s'est livré à cette occasion Nicolas Sarkozy à l'endroit des souverainistes québécois. Une diatribe au ton et au propos révélateurs de l'opinion qu'il a des Québécois. » Bernard Descôteaux, éditorialiste, Le Devoir.