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mercredi 27 février 2019

To raise me up !

Depuis plus d'un mois, il m'a été impossible d'écrire, d'une part, parce que du moment que j'essayais de taper quelque chose au clavier, j'éprouvais de vives douleurs qui m'enlevaient immédiatement l'envie de poursuivre et, d'autre part, de très forts et persistants maux de tête m'empêchaient même de penser.

Il y a quelques jours, les douleurs ont semblé m'accorder un peu de répit (rien n'est jamais vraiment gagné et, de temps à autre, on me rappelle à l'ordre : « ne tiens rien pour acquis » et, si le pire n'est pas toujours certain, il n'est pas toujours exclu non plus).

Heureux de retrouver mon clavier, j'ai voulu répondre aux questions de Dr Caso dans sa dernière édition des p’tits souvenirs du dimanche soir. Hélas, au moment d'envoyer mes réponses dans les commentaires, tout a disparu dans le cyber-espace car le système de « mot de passe » nécessaire pour pouvoir laisser un commentaire sur le blogue de Dr CaSo refuse très souvent ma contribution. N'ayant pas le courage de réécrire mes réponses pour les voir disparaître une autre fois, je tente de les réécrire ici, en d'autres mots, probablement. Tant pis pour le commentaire !

Quelles activités avez-vous mises de côté par manque de temps, d’argent, ou d’énergie, récemment ?
Écrire, faire des promenades seul (Rupert ne veut pas souvent marcher pour marcher ; il lui faut un but précis), cuisiner et recevoir des amis, acheter des livres, aller voir dans les beaux magasins ce qui existe, aller au cinéma, au concert ou au théâtre...

Quelle est la citation qui vous inspire le plus ?
Pour Dr CaSo, ce sont ces deux citations : « No one can make you feel inferior without your consent » (Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement), d’Eleanor Roosevelt. Et aussi « Be yourself; everyone else is already taken » (Soyez vous-même, les autres sont déjà pris), d’Oscar Wilde.
Ce sont justement les deux citations que, depuis très longtemps, je retranscris dans de multiples carnets, que je propose à des amis au cours de conversations, que j'ajoute en signature au bas de mes courriels, etc.
Il y en a, évidemment, bien d'autres que j'aimerais proposer ici, du même genre ou, au contraire, très différentes, mais il en est des citations comme de l'esprit : celui que l'on veut avoir nous enlève celui qu'on a... Si l'idée est bien présente à la mémoire, les mots exacts pour la dire nous échappent.

Si la durée de vie moyenne d’un être humain passait à 50 ans, que changeriez-vous à la façon dont vous vivez aujourd’hui ?
Je ne changerais certainement rien à ma vie, mais je regarderais de haut celle des Terriens.

Si vous deviez obligatoirement aller vivre dans un autre pays, lequel serait-ce et pourquoi ?
Ce ne serait certainement pas l'Espagne, qui ne m'a jamais attiré, et moins encore depuis que les héritiers du dictateur Franco se moquent de la démocratie et font un procès politique à des Catalans qui ont osé répondre à la volonté de leurs concitoyens.
Je serais certainement tenté par l'Angleterre, où il me semble que je ne serais pas trop dépaysé, où je me sentirais davantage chez moi qu'en France, par exemple.
Je n'ai plus tellement envie de faire des efforts pour m'adapter à des coutumes, des façons de vivre qui ne m'excitent pas tellement.
Mais au fond, tous les ailleurs ne sont-ils pas tous semblables ?

Quelle chanson (ou morceau de musique) avez-vous récemment fredonné ?
Principalement, ces derniers temps, la chanson You Raise Me Up, de Josh Groban, ou encore une autre version de la même chanson, You Raise Me Up, interprétée ici par Jeffrey Li, un garçon de 13 ans, de Toronto.

Qu’est-ce que vous savez cuisiner de meilleur ?
J'avais l'habitude, lorsque je recevais des amis, de cuisiner, par exemple, du lapin aux pruneaux, de l'osso buco, des tagliatelle à la saucisse italienne, du poulet rôti ; j'ai de moins en moins envie de cuisiner de la viande, et surtout pas du lapin.
Mes amis vantent toujours mes soupes, mes salades, mes omelettes, jamais pareilles d'une fois à l'autre.
J'ai préparé de très bons desserts, comme des charlottes aux framboises, mais aussi des gâteaux aux carottes... Je cuisine beaucoup moins, mais je rêve encore d'une grande maison avec une grande cuisine toute équipée où je pourrais m'amuser à préparer les plats les plus divers et les plus tentants.

mardi 6 novembre 2018

Sur le divan

Chaque dimanche soir, Dr CaSo énonce quelques questions, auxquelles elle répond elle-même, puis invite ses lecteurs (plus souvent des lectrices - ou du moins des commentatrices); la série s'intitule les ptits souvenirs du dimanche soir. Avec un peu de retard, je réponds ici à ses questions :


1. Quelles sont les choses que je pensais être vraies, quand j'étais enfant, et qui finalement ne l’étaient pas?
Je suppose que, comme la plupart des enfants d'Occident, j'ai cru au Père Noël. Mais je ne me souviens pas avoir été déçu d'apprendre qu'il n'existait... probablement pas.
J'ai toujours été fasciné aussi par la radio : je me demandais comment tout ce monde qu'on y entendait faisait pour tenir dans un si petit boîtier... Plus tard, je m'amusais à faire tourner des disques, en essayant de trouver des enchaînements entre les pièces choisies, comme si j'étais responsable de la programmation et de l'animation... Puis, un peu plus tard, j'ai travaillé moi-même à la radio, et j'ai été plusieurs fois invité à la télévision. Quand on y est, que l'émission soit en direct ou en différé, cela reste un peu impressionnant ; c'est qu'en fait, même si l'on n'est pas tout à fait conscient du nombre d'auditeurs potentiels, on ne voudrait pas y faire ou dire trop de bêtises...


2. Est-ce que j'ai rencontré des gens célèbres ? Si oui, qui était-ce et qu’ai-je dit ou fait ?
Oui, j'ai rencontré un très grand nombre de gens célèbres. Il serait trop long d'en faire la liste (et je suis sûr que j'en oublierais un très grand nombre). J'ai eu l'occasion de saluer, et parfois d'échanger avec eux quelques mots, des chanteurs comme Gilbert Bécaud, Adamo, des actrices et chanteuses comme Liza Minelli, Jane Birkin, et bien d'autres. Il faut peut-être dire que j'ai fréquenté ce milieu, à Montréal, puis à Paris. J'ai été invité à prendre un verre chez des compositeurs et musiciens, avec de grands interprètes de musique classique ; j'ai fréquenté des personnalités du monde du théâtre, du cinéma, de la danse, à Montréal et à Paris ; j'ai rencontré plusieurs écrivains très connus ; j'ai sollicité et obtenu des entretiens avec des personnalités importantes du monde de l'édition, du milieu de la culture (le directeur de l'époque du Centre Beaubourg-Pompidou, par exemple), de grandes bibliothèques françaises (comme François Chapon, conservateur de la Bibliothèque Jacques-Doucet et exécuteur testamentaire de nombreux écrivains)... Dans la rue, j'ai croisé de très nombreuses personnes, comme Charles Aznavour, Léo Ferré, Jean-Paul Sartre, Jeanne Moreau, Jean-Paul Riopelle, Jean-Claude Brialy, Michel Piccoli... Un jour dans une librairie, j'ai pu échanger quelques mots avec Raymond Devos (c'est d'ailleurs lui qui m'a adressé la parole) ; il était avec sa femme.
J'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs personnalités politiques, dont René Lévesque, qui allait devenir l'un des plus grands premiers ministres du Québec ; j'ai côtoyé plusieurs autres ministres ; l'un d'eux est même venu dîner chez moi... Il y a quelques années, j'ai eu l'honneur de remettre un prix à l'ancienne directrice du journal Le Devoir, puis fondatrice et directrice de la Grande Bibliothèque du Québec, qui est aussi écrivain, puis à une femme d'affaires bien connue qui est en ce moment ambassadrice du Canada à Paris.
Il faudrait que j'essaie un jour de faire une liste plus complète : ce pourrait être intéressant pour moi (pas forcément pour les autres), ne serait-ce que pour me rappeler par où je suis passé pour en arriver... nulle part.
Il y en a eu d'autres très importantes cependant, ma rencontre la plus marquante reste toutefois celle d'Alexander et de quelques personnes de son entourage.
J'ai parfois été surpris et très touché par le passage sur ce blogue de personnalités dont je n'oserais pas écrire ici le vrai nom.
Je n'oublie pas, évidemment, que j'ai rencontré un jour, dans un restaurant de Montréal, la très célèbre Dr CaSo.



3. Quelles cinq choses que j'ai en commun avec Rupert ?
a) Nous aimons tous les deux le fromage, les tomates, les pommes, les poires...
b) Nous détestons le bruit et les personnes excitées, exubérantes...
c) Nous aimons les personnes sympathiques qui, lorsqu'elles nous abordent, pensent un peu à nous, et pas seulement à leur envie de toucher un chien.
d) Nous aimons le spectacle de la rue, quand il n'est pas trop bruyant ni trop énervant.
e) Nous aimons parfois regarder un film ensemble - ou du moins des vidéos que je télécharge sur Internet et que, souvent, Rupert me réclame ; nous n'avons pas toujours les mêmes goûts, mais nous essayons de trouver des compromis intéressants.

4. Qui sont mes artistes, compositeurs, ou auteurs préférés ?
Cette question exigerait une réponse très complexe et assez longue, car mes goûts ont évolué avec le temps, spécialement en musique classique ou populaire. J'ai beaucoup aimé Mozart, Beethoven, Schubert, Mahler, puis des compositeurs romantiques et baroques... puis Theodorakis et quelques autres. J'ai aimé les grands de la chanson française (Aznavour, Bécaud, Brel, Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Jean-Pierre Ferland, et de nombreux autres), des grandes interprètes comme Melina Mercouri, Amália Rodrigues, etc ; les Beatles, les Rolling Stones, Elton John, Freddie Mercury (avez-vous déjà vu et entendu Freddie Mercury chanter « Barcelona » avec Montserrat Caballé - qui vient de mourir. On trouve cela sur YouTube), 30 Seconds to Mars, The Killers, des groupes de musique celtique, etc.


Je ne connais pas beaucoup les plus jeunes chanteurs et chanteuses, et je dois dire que ce qu'il m'arrive d'entendre par hasard quand je vais dans des endroits publics... ne me donne pas très envie d'y consacrer quelque attention que ce soit.
En littérature, je suis assez fidèle à quelques auteurs français, de diverses époques, dont plusieurs contemporains, que je lis depuis longtemps ou que le hasard me fait découvrir. Je suis heureux d'avoir découvert ces dernières années plusieurs écrivains britanniques que j'aime et il m'arrive d'en découvrir de nouveaux avec beaucoup de plaisir.

5. Quelle sont mes possessions favorites ? Pourquoi ?
Tout d'abord, les nombreux objets qu'Alexander m'a envoyés, que j'ai pour la plupart sous les yeux, sur des meubles, sur les rayons des bibliothèques, sur les murs, sur mon bureau, sur mon lit, sur la porte de mon réfrigérateur, quelques lettres manuscrites (il avait une écriture pas facile à déchiffrer), sa signature sur certains documents, etc.
Une photo dédicacée et des lettres manuscrites d'un écrivain français bien connu.
Quelques livres dédicacés par des auteurs français que j'aime.
Un petit mot gentil de Josette Rey-Debove, « lexicographe et sémiologue française, épouse et collègue d'Alain Rey aux éditions Robert » (Wikipédia)
Une photo originale d'André Gide (vraie photo, et non reproduction), signée par le photographe André Ostier et qui m'a été remise par un autre écrivain qui a bien connu Gide (leur correspondance a été publiée).
Quelques beaux objets anciens achetés chez des antiquaires ou reçus en cadeaux.
Quelques livres, parfois des livres de poche, qui évoquent des moments d'intense émotion ou des étapes importantes de ma vie.
Cette liste pourrait être continuée...

6. Quelle(s) histoire(s) mes parents racontent-ils (ou racontaient-ils) toujours sur moi bébé ?
Je crois que mes parents auraient été bien embêtés de répondre si je leur avais posé la question.
L'un de mes beaux-frères (qui m'a pratiquement toujours considéré comme son premier fils) pourrait en raconter davantage, mais je ne révélerai rien : c'est trop personnel.

samedi 21 juillet 2018

Qui me le dira ?

Qui pourrait me dire pourquoi, depuis plus d'une semaine, les paroles de cette chanson, bien malgré moi, me trottent dans la tête à tout moment du jour et, parfois, même la nuit ?
Quelqu'un voudrait-il me faire passer un message ?
Ou bien mon subconscient essaie-t-il de me faire prendre conscience de quelque chose ? Dans ce cas, il pourrait s'agir du temps qui passe qui ne revient plus, à moins que la question « quand reviendras-tu » s'adresse à une partie de moi trop longtemps négligée ?
Pour voir et entendre sur YouTube Barbara chanter Dis, quand reviendras-tu ?.

Voilà combien de jours, voilà combien de nuits
Voilà combien de temps que tu es reparti
Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage
Pour nos cœurs déchirés, c'est le dernier naufrage
Au printemps, tu verras, je serai de retour
Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris
Et déambulerons dans les rues de Paris

Dis, quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus

Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjа
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois
À voir Paris si beau dans cette fin d'automne
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne
Ton image me hante, je te parle tout bas
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi

Dis, quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus

J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs
Je reprendrai la route, le monde m'émerveille
J'irai me réchauffer à un autre soleil
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin
Je n'ai pas la vertu des femmes de marins

Dis, mais quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus

Paroles : Monique Andrée Serf

dimanche 19 janvier 2014

Félicitations, Jared Leto


 
 Photo : Mike Blake, Reuters

Jared Leto a obtenu le prix du meilleur acteur de soutien pour son rôle dans le film du Québécois Jean-Marc Vallée, « Dallas Buyers Club ». Ce prix lui a été décerné ce samedi soir lors de la 20e cérémonie de remise des prix de la Guilde des acteurs, à Los Angeles. Il est également en lice pour les Oscars qui seront décernés le 2 mars prochain.


Je suis heureux pour Jared. Je n'ai pas vu le film du Québécois Jean-Marc Vallée, « Dallas Buyers Club », mais j'imagine que si on lui a remis ce prix, c'est que son interprétation était convaincante, et je suis content que son talent d'acteur soit reconnu.

 

Je suis aussi content parce que Jared Leto, c'est Héphaistion dans le film Alexandre d'Oliver Stone. Héphaistion était, de tous les temps, le personnage qu'Alexander aimait le plus. Il était l'ami d'enfance de celui qui allait devenir Alexandre le Grand. Il lui a jusqu'à la fin été loyal, fidèle. Parce qu'il était l'ami intime du roi, toujours prêt à l'appuyer, à le défendre, Héphaistion faisait bien des jaloux, et certains des personnages qui enviaient sa place, son influence sur Alexandre, l'ont souvent blessé, parfois cruellement. Alexander, qui était la loyauté et la fidélité incarnées, admirait Héphaistion.


Jared Leto, c'est aussi l'auteur-compositeur-chanteur-interprète du groupe 30 Seconds to Mars. Pour aller l'entendre en concert, que ce soit à Londres ou à Paris, Alexander pouvait passer la nuit entière sur le trottoir, dans le froid, sans boire et sans manger. Il aurait facilement pu obtenir des places gratuites et se trouver aux premières loges, mais, le plus possible, il refusait les privilèges et voulait vivre sa vie en tant qu'Alexander, et non à titre de membre de la famille de...


Alexander n'avait pas de iPod ; il avait deux lecteurs de musique d'une autre marque quelconque ; l'un contenait toute la musique de Freddie Mercury, et uniquement celle de Freddie, et l'autre contenait toute la musique de 30 Seconds to Mars, et uniquement celle-là. 


Quand il a rencontré Jared Leto, après l'un de ses spectacles à Londres, Alexander a fait allusion à son rôle d'Héphaistion. Jared Leto lui a répondu qu'il n'était plus Héphaistion mais que pour lui, il le resterait.




« 30 Seconds To Mars est le premier groupe autorisé à tourner dans la Cité interdite. Un fois l'idée prise au sérieux par leur manager, le groupe s'envole pour la Chine pour filmer son clip en seulement trois jours. Leur équipe tourne de jour comme de nuit car le palais ne peut être éternellement fermé aux touristes.
Derrière la caméra, la réalisation du clip revient à Bartolemew Cubbins, comme pour une majorité des clips du groupe. Les ambitions des musiciens volent hauts, car le clip du single suivant fut tourné au Groenland. » Wikipédia

Ce que ne dit pas l'article de Wikipédia, c'est que le réalisateur de ce clip et des autres clips du groupe, ce Bartolemew Cubbins, c'est un pseudonyme de... Jared Leto.





mercredi 31 octobre 2012

Are we Humans ?

Durant plusieurs jours, j'ai eu en tête cette chanson. Dès mon réveil, les mots et la musique reprenaient, jusqu'à la nuit suivante, comme si durant mon sommeil, je n'avais fait qu'appuyer sur le bouton « pause ». Pourtant, quelques jours plus tôt, je ne connaissais ni la chanson, ni même ce groupe musical, The Killers.

Mon ami gallois m'a fait découvrir cette chanson en me disant qu'il avait fait la connaissance d'un garçon extraordinaire, irlandais, de passage à Londres pour quelques jours. Surpris par une forte pluie, ils s'étaient réfugiés sous le portique d'une église et y sont restés des heures à faire connaissance. Il m'avait invité à regarder cette vidéo du groupe The Killers, car Shawn, le nouvel ami irlandais ressemble au chanteur, Brandon Flowers, mais seulement dans cette vidéo. 




Je ne connais pas grand-chose à la musique rock, mais la musique des Killers me rappelle certains groupes que j'entendais dans les boîtes à l'époque où j'y allais régulièrement ; je pense au duo des Pet Shop Boys, par exemple, avec qui ils ont chanté ces dernières années.

Cet ami irlandais, l'ami gallois et ce chanteur des États-Unis ont tous le même âge, celui d'Alexander. Et j'ai constaté qu'il y avait encore là un lien entre The Killers et Alexander, car le groupe a aussi travaillé avec Jared Leto, le chanteur de 30 Seconds to Mars, qu'Alexander aimait d'autant plus que Jared Leto est l'interprète d'Héphaistion dans le film Alexander d'Oliver Stone.

Pour son anniversaire aujourd'hui, Shawn, le nouvel ami irlandais a reçu un magnifique cadeau : une invitation à passer quelques jours à Florence pour y admirer les chefs-d’œuvre de l'art de la Renaissance italienne. Joyeux anniversaire, Shawn !

mardi 10 janvier 2012

Je tire ma révérence


Arnaud Thiry

mercredi 12 octobre 2011

Pierrot lunaire



Pierrot Lunaire

Je m'en vais sur la lune
Prenez grand soin de mes oiseaux
Je m'en vais sur la lune
Prenez grand soin du souvenir

Du garçon tout petit
Seul au monde sur la terre
Ses cheveux plein de blé
Ses souliers délacés
Ses cheveux pleins de sable
Et ses yeux plein d'étoiles
Et son coeur plein de peine
Et son pas plein d'échos
De son âme qui s'enfuit

Je m'en vais sur la lune
Prenez grand soin de mes oiseaux
Je m'en vais sur la lune
Prenez grand soin de cette pierre

Qui s'effrite, qui nous quitte
De cet arbre invalide
De ce mot inaudible
De ce chien sans défense
De ce noir en hiver
De ce blanc en enfer
Du roman sans histoire
De ce rêve évanoui

Je m'en vais sur la lune
Prenez grand soin de mes oiseaux
Je m'en vais sur la lune
Prenez grand soin... de vous.

Alexander n'a pas eu le temps de connaître cette chanson de Claude Léveillée, « Pierrot lunaire », mais il l'aurait aimée, j'en suis sûr. D'abord parce qu'il aimait, notamment, la musique et la poésie, et que celle-ci parle de notre amie la Lune, et des oiseaux... Puis il aurait voulu connaître mieux Claude Léveillée et ses chansons. En écoutant « Frédéric », il aurait reconnu un autre amoureux de Chopin qu'Alexander jouait merveilleusement bien.

Claude Léveillée a écrit « Pierrot lunaire » pour son fils, Pascal, qui a décidé, lui, de retourner sur la lune ; il n'avait que vingt ans.

On peut écouter ici quelques autres chansons de Claude Léveillée.

lundi 27 juin 2011

L'absent



Qu'elle est lourde à porter l'absence de l'ami,
L'ami qui tous les soirs venait à cette table
Et qui ne viendra plus, la mort est misérable,
Qui poignarde le coeur et qui te déconstruit.

Il avait dit un jour: "Lorsque je partirai
Pour les lointains pays au-delà de la terre,
Vous ne pleurerez pas, vous lèverez vos verres
Et vous boirez pour moi à mon éternité."

Dans le creux de mes nuits, pourtant, je voudrais bien
Boire à son souvenir pour lui rester fidèle,
Mais j'ai trop de chagrin et sa voix qui m'appelle
Se plante comme un clou dans le creux de ma main.

Alors je reste là au bord de mon passé,
Silencieux et vaincu, pendant que sa voix passe
Et j'écoute la vie s'installer à sa place,
Sa place qui pourtant demeure abandonnée.

La vie de chaque jour aux minuscules joies
Veut remplir à tout prix le vide de l'absence
Mais elle ne pourra pas, avec ses manigances,
Me prendre mon ami pour la seconde fois.

Qu'elle est lourde à porter l'absence de l'ami!
Qu'elle est lourde à porter l'absence de l'ami!

Paroles : Louis Amade
Musique : Gilbert Bécaud

samedi 7 mai 2011

Tu connaissais tous les secrets de la nuit



« Le Petit Prince »

On ne sait pas qui il est
On ne sait pas d'où il vient
Il est né avec la rosée du matin
Une rose entre ses mains
Voyageur de l'infini
Jeune Prince de la lumière
Tu connaissais tous les secrets de la nuit
Les chemins de l'univers

J'attendrai ton retour
Jusqu'à la fin des jours
J'attendrai ton retour
Ma splendeur d'amour

Il est venu sur la terre
Et n'a vu qu'un grand désert
Quelques fleurs sauvages,
Un renard argenté et un poète égaré
Il s'ennuyait bien souvent
De sa rose de ses volcans
Il a demandé au serpent son ami
De le ramener chez lui

J'attendrai ton retour
Jusqu'à la fin des jours
J'attendrai ton retour
Prince blond* de l'amour
Paroles et musique: R. Seff, D. Seff, 1971

*Lorsque l'on cherche sur Internet les paroles de cette chanson, on trouve partout le même texte. Toutefois, lorsqu'on écoute bien la chanson, on se se rend compte que les derniers mots écrits ne correspondent pas aux mots chantés. En fait, un seul des derniers mots est différent ; j'ai toujours entendu « Prince blond de l'amour » (et non pas « Prince don de l'amour », même si c'est très beau aussi, le don).

Mon Petit Prince n'avait pas les cheveux blonds ni les yeux bleus. Il avait plutôt de superbes cheveux noirs, longs, et de grands yeux verts, pleins de tendresse et brillants comme des étoiles... S'il avait la nostalgie d'un monde sans méchanceté, sans bêtise, sans cruauté, il ne s'ennuyait jamais, ayant toujours trop à explorer, à découvrir, à savourer...  Il me manque terriblement, à chaque instant du jour et de la nuit.


On peut voir et entendre ici Gérard Lenorman interpréter « Le Petit Prince »

mardi 6 juillet 2010

Dépendance affective


Alexander m'a tellement parlé de son ami, Alexander le bulldog, parce qu'il savait que je m'intéressais vraiment à son chien et que chaque jour je lui demandais de ses nouvelles. Il me parlait de lui avec tellement d'amour et il était vraiment heureux de constater que je l'aimais autant. Alexander Bull est en effet un chien adorable. Un ami d'Alexander me disait qu'il était tout un personnage. Il est tellement connu à Londres qu'il est étonnant que les journaux ne s'emparent pas de sa vie et qu'il ne soit pas poursuivi par les paparazzi. Un peu cabotin et aimant son public, il adore se promener en voiture et se faire admirer, comme la reine dans son carrosse. En cela, il est tellement différent d'Alexander ; mais ils se complétaient bien, ces deux-là. Alexander avait donc toujours plein de choses à me raconter au sujet de son chien si je lui demandais de me parler de lui.


Je me suis donc fortement attaché à Alexander Bull et, à cause de lui, j'ai voulu mieux connaître les bulldogs anglais : j'ai fait des recherches sur Internet, j'ai appelé des éleveurs, etc. Il n'y a pas beaucoup de bulldogs anglais à Montréal. J'ai eu le bonheur, au cours de mes promenades, de faire la connaissance de quatre d'entre eux : Olive, Buster, Owen et un autre dont j'oublie le nom, Winston peut-être. Évidemment, chaque fois que je les aperçois, je m'organise pour passer près d'eux, faisant carrément des détours pour aller les voir. Si je n'ai pas le temps de m'approcher ou que les circonstances ne le permettent pas, je suis déçu comme je le serais d'un rendez-vous amoureux raté. Je connais maintenant l'horaire de sortie de l'un d'entre eux. Il y a trois jours, un peu avant l'heure prévue de sa sortie, je suis allé m'asseoir dans le gazon à proximité de son passage habituel. Ce soir-là, je l'ai attendu pendant plus d'une heure, en vain. Je suis rentré chez moi tout triste. Si je n'avais pas profité de cette attente pour écrire un peu, j'aurais eu le sentiment d'avoir vraiment perdu mon temps. Pour me consoler, j'ai regardé durant quelques heures des vidéos qui ne me montraient pas que des images, mais de l'interaction entre le chien et son ami.


Il y a dans cet attachement un intérêt réel pour les chiens ; je les aime tous, mais j'ai une préférence pour les bulldogs anglais. Parmi les vidéos regardées, il y a celle sur laquelle Jane Birkin interprète « Période bleue », avec sa chienne Dora, avec qui Alexander Bull a eu le plaisir de jouer à Hyde Park. Alexander et moi avions écouté ensemble cette chanson de Jane Birkin et j'aimais la revoir pas seulement pour la musique, la chanson que j'aime, pas seulement pour Jane elle-même, mais aussi pour le bulldog que, malheureusement, on ne voit pas assez... Par-dessus tout, j'aime particulièrement Alexander Bull, parce que c'est lui qui m'a apprivoisé d'abord. Et puis Alexander Bull est tout de même celui qui, ces dernières années, a le plus partagé l'intimité de mon Petit Prince. Je suis heureux d'apprendre que, depuis quelques jours, Alexander Bull ne quitte plus un jouet que lui a rapporté de voyage le cousin préféré d'Alexander. Je suis heureux pour Alexander Bull, et je suis particulièrement heureux de constater que le cousin ne pense pas seulement à Alexander sur son étoile, mais qu'il pense aussi à son ami resté ici.

dimanche 21 février 2010

Coeur d'artichaut

Alexander disait de lui-même qu'il était « un coeur d'artichaut ». Dans son esprit, surtout s'il l'utilisait pour se décrire lui-même, cette expression ne signifiait pas « tomber facilement amoureux, être volage », mais plutôt : « avoir le coeur tendre, s'émouvoir facilement, avoir rapidement les larmes aux yeux ». L'expression m'est revenue à l'esprit ce dimanche matin après avoir fondu en larmes en entendant par hasard une vieille chanson. Je n'ai pas compris immédiatement ce qui a déclenché ce torrent mais en faisant le lien entre la chanson et ce qui occupait mon esprit depuis mon réveil, j'ai compris. Depuis plusieurs jours, je me remémore des extraits du Petit Prince, sans relire le texte lui-même, en essayant d'en comprendre le sens profond.
Le Petit Prince a toujours été, dès ses premières années, non seulement l'un des livres préférés d'Alexander, mais son personnage principal vivait vraiment avec lui, en lui. « Le Petit Prince est un ami très cher », écrivait-il le printemps dernier. Il n'est pas le seul à aimer ce livre, cette histoire, ce conte, ce traité de philosophie, car Le Petit Prince est, immédiatement après la Bible, le livre le plus vendu au monde. Mais, comme le dit si bien le renard, « on ne connaît que les choses que l'on apprivoise » : nous pourrions être des millions, des milliards à aimer Le Petit Prince, la relation de chacun avec l'esprit du Petit Prince sera toujours unique puisque chacun, s'il veut le connaître, devra l'apprivoiser à sa manière.
Depuis près de deux ans, et plus particulièrement ces jours derniers, j'essaie de distinguer ce qu'il y a du Petit Prince en Alexander et pourquoi ce livre me touche autant moi-même. Il y a dans ces pages beaucoup plus qu'une jolie histoire pour les enfants, beaucoup plus qu'un beau conte pour les adultes : ce livre contient une philosophie de vie, accessible à tous ceux qui voudront se donner la peine de l'apprivoiser.
Ce dimanche matin, je réfléchissais plus précisément à deux qualités essentielles du Petit Prince : l'importance d'être tout entier dans l'instant présent et l'importance de conserver son coeur d'enfant. Alexander possédait au plus haut point ces deux qualités ; grâce à lui, j'ai appris et j'apprends encore à les approfondir.

Je crois que ce qui a déclenché la crise de larmes de ce dimanche matin, c'est le lien qui s'est fait à mon insu entre les paroles de cette chanson et ces qualités du Petit Prince : le moment présent et l'esprit d'enfance. La chanson entendue ce matin est une chanson banale, un succès des années soixante que je connaissais en français, mais interprétée ici, sans doute dans sa version originale, en italien. Elle raconte l'histoire d'un garçon qui a grandi à la campagne, dans une maison tranquille, loin de la ville (déjà, je peux m'y reconnaître) ; il a un jour quitté la maison familiale, les arbres, les champs, ses amis, pour s'en aller vivre à la ville... Un jour il a la nostalgie de son enfance, de la maison familiale... Il pourrait l'acheter mais là où il y avait quelques maisons, des arbres, de l'herbe, une ville a poussé, faite de béton, de goudron...

Questa è la storia
di uno di noi
anche lui nato per caso in via Gluck
in una casa fuori città
gente tranquilla che lavorava.

Là dove c'era l'erba ora c'è
una città
e quella casa in mezzo al verde ormai
dove sarà
questo ragazzo della via Gluck
si divertiva a giocare con me
ma un giorno disse: "vado in città"
e lo diceva mentre piangeva
io gli domando: "amico non sei contento?
vai finalmente a stare in città
là troverai le cose che non hai avuto qui.
Potrai lavarti in casa senza andar
giù nel cortile".
"Mio caro amico" disse "qui sono nato
e in questa strada ora lascio il mio cuore
ma come fai a non capire
che è una fortuna per voi che restate
a piedi nudi a giocare nei prati
mentre là in centro io respiro il cemento
ma verrà un giorno che ritornerò
ancora qui
e sentirò l'amico treno che
fischia così.... ua ua".

passano gli anni ma otto son lunghi
però quel ragazzo ne ha fatta di strada
ma non si scorda la sua prima casa
ora coi soldi lui può comperarla
torna e non trova gli amici che aveva
solo case su case catrame e cemento

là dove c'era l'erba ora c'e
una città
e quella casa in mezzo al verde ormai
dove sarà
non so, non so perché continuano
a costruire le case
e non lasciano l'erba, non lasciano l'erba
non lasciano l'erba, non lasciano l'erba
e non so se andiamo avanti così
chissà come si farà
chissà chissà come si farà.


Si vous avez quelque peu la nostalgie des années soixante, de la télévision en noir et blanc, écoutez et regardez Adriano Celentano interpréter
Il ragazzo della via Gluck (le garçon de la rue Gluck)

Françoise Hardy a repris cette chanson, intitulée
La maison où j'ai grandi.

La chanson elle-même n'a pas vraiment d'importance ; ce qui a déclenché la crise de larmes, c'est l'évocation de l'enfance à la campagne, associée à l'esprit de l'enfance. J'ai vivement ressenti l'absence de mon complice de l'enfance retrouvée, de mon inspiration...


Ce dimanche soir, j'ai croisé l'une de mes voisines qui m'a prêté un exemplaire du Petit Prince en bandes dessinées. J'ai ouvert l'album vers la fin, aux dernières pages, et j'ai dû le refermer aussitôt ; je ne pouvais pas relire ces mots évoquant le serpent, la morsure... « Ça ne fit même pas de bruit... »

Plus tard, en fin de soirée, je suis sorti sur le trottoir, quelques minutes ; j'ai cherché les étoiles, tout particulièrement celles qui rient car un Petit Prince y habite... Il m'a fallu un moment avant d'en trouver une, puis une autre... L'une d'entre elles scintillait vraiment ; sa lumière semblait vaciller comme la flamme d'une bougie dans le vent (« A Candle in the Wind »).
« Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j'habiterai l'une d'elles, puisque je rirai dans l'une d'elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. » (Le Petit Prince)
« La nuit, tu regarderas le ciel, la Lune, les étoiles ; tu verras que je t'envoie des baisers. (Alexander)

mardi 24 novembre 2009

Il y a 18 ans

Le 24 novembre 1991, disparaissait l'un des plus célèbres chanteurs de sa génération, et davantage, l'auteur-compositeur-interprète Freddie Mercury, chanteur du groupe Queen. « The Queen is dead », pouvait-on lire dans les journaux anglais, semant la confusion chez les sujets de Sa Majesté.


Il y a dix-huit ans, un petit garçon avait, encore une fois, le coeur brisé. Son ami Freddie venait de partir. Alexander n'avait que neuf ans, mais il avait déjà tellement appris de son ami Freddie ! La musique, les oiseaux, les poissons, les fleurs, l'alimentation, les livres, la spiritualité, etc., faisaient partie de leurs conversations, de leurs complicités.

En dix-huit ans, Alexander n'a jamais oublié une seconde. Chaque jour, ses pensées, son coeur, ses prières, ses rituels, rendaient hommage à la mémoire de son ami, de son mentor en quelque sorte.



Chez Alexander, Freddie occupait une grande place. Un lierre que lui avait remis Freddie il y a dix-huit ans poussait encore sur la terrasse d'Alexander ; il s'agissait d'une bouture de l'original qu'Alexander avait laissé chez sa grand-mère, à la campagne.


Chaque année, le 24 novembre, Alexander apportait son bouquet de fleurs et ses bougies pour aller encore rendre hommage à celui qui lui avait tellement appris, qui l'avait tant inspiré. Il se rendait au cimetière de Kensal Green. Il ne cherchait pas parmi ces tombes le lieu de sépulture de Freddie Mercury car celui-ci avait demandé qu'on l'incinère et que ses cendres soient répandues dans un lieu inconnu.
Alexander allait se recueuillir à la chapelle du cimetière. Ce 24 novembre, Alexander ne sera pas là. Mais il a demandé à notre amie Jane de se recueillir pour lui à cette chapelle de Kensal Green où il a fait poser une plaque en souvenir de Freddie. Jane y viendra avec des fleurs et des bougies, comme elle l'a promis à Alexander.

Ailleurs à Londres, dans le quartier de Kensington où il habitait, des milliers de fans du chanteur de Queen viendront aussi apporter des fleurs. On y dévoilera une plaque à la mémoire de Freddie Mercury.

Il y a quelques mois, Alexander m'envoyait le lien vers une vidéo où Freddie Mercury chantait « Prince of the Universe » (Prince de l'Univers), en ajoutant : « Voilà ce que tu es pour moi ! » Je me suis senti particulièrement touché d'être ainsi associé dans le coeur et dans les pensées d'Alexander, par le biais d'une chanson, à celui qui n'était pas seulement un grand créateur, un grand interprète, mais aussi un grand ami et un mentor pour ce garçon que j'aime et que j'aimerai troujours.

jeudi 30 juillet 2009

... qu'il reviendra.

Dans mes dernières années d'adolescence et les premières années de ma vie de jeune homme, la chanson était pour moi un moyen d'expression. J'ai même voulu et tenté d'en faire une carrière... Il m'arrivait, j'en ai parlé déjà, d'exprimer en chantant ce que je voulais exprimer ; c'était un jeu et l'on comprendra qu'il aurait été difficile d'avoir ainsi une conversation sérieuse ou profonde avec qui ce soit. Puis, durant de nombreuses années, j'ai cessé d'écouter de la chanson pour n'écouter que de la musique classique. J'avais cessé de vouloir chanter et j'ai commencé à m'exprimer davantage par écrit ; alors que la chanson me dérangeait au moment d'écrire, la musique classique permettait la plupart du temps de me concentrer sans trop ressentir le poids du silence et de la solitude. Mais, ces dernière annnées, avec l'arrivée d'Internet, les amis ont voulu me faire écouter ce qu'ils aimaient et je me suis remis à écouter de la chanson, de toutes sortes, de tous les rythmes, dans toutes les langues... Mon lecteur mp3 (sur mon ordinateur) contient souvent, même si ce ne sont pas toujours les mêmes, des milliers de chansons ; en les faisant jouer de façon aléatoire, je ne sais jamais ce que je vais entendre. Hier soir, en entendant cette chanson pourtant entendue déjà des centaines de fois auparavant, que ce soit à la radio ou dans des endroits publics, il m'a semblé pour la première fois en comprendre les paroles. Je l'ai écouté en boucle depuis hier soir, et j'ai continué ce matin après avoir dormi quelques heures par terre, toutes les lampes allumées...

J'ai repensé à quel point ma vie avait été sans beaucoup d'intérêt, surtout dans les deux années précédant l'arrivée de ce garçon merveilleux qui m'invitait à prendre le thé sur sa terrasse et à découvrir avec lui... tant et tant de choses ! Je n'ai pas réfléchi : j'ai accepté l'invitation, le thé, et tout ce qui venait de lui, tout ce que nous pouvions partager, à commencer par l'amour des mots, des livres et des univers qu'ils contiennent... Les jours, les semaines, les mois ont passé et, comme me le disait quelqu'un encore récemment, le rythme et l'intensité de nos communications font que ces quinze mois vécus ensemble sont l'équivalent de plusieurs années pour d'autres. Un jour, j'aurai peut-être le courage, que je n'ai vraiment pas en ce moment, de relire ces milliers de pages de correspondance et de conversations.

Perry Como ne fait pas partie des chanteurs qui me font courir, ni dans un sens ni dans l'autre, ni pour le fuir ni pour aller l'entendre, et il ne fait pas partie des chanteurs préférés d'Alexander (bien qu'il aime la musique plus rythmée, plus bruyante parfois, on pourrait s'étonner de certains de ses choix) ; depuis hier, j'écoute cette chanson qu'avait déjà enregistrée Elvis Presley avant d'être reprise par bien d'autres interprètes : « And I love you so ».

Je ne sais pas comment j'ai pu vivre sans toi, dit la chanson, avant que tu ne prennes ma main. Je me suis posé la question durant plus d'une année. Depuis plus de trois semaines, la question que je me pose est beaucoup plus cruelle et la réponse me fait beaucoup plus peur : comment pourrai-je vivre sans toi ?

Ces trois dernières semaines, il m'est arrivé plusieurs fois d'écrire ces mots : « Jamais plus » et quelques autres mots aussi terribles. Mais on dirait que, pour la première fois hier soir, j'ai compris ce que ces mots voulaient dire, concrètement, dans ma vie à moi. Et cette perception du néant est vertigineuse !


« And I Love You So »
Paroles et musique : Don McLean

And I love you so,
The people ask me how,
How I've lived till now
I tell them I don't know

I guess they understand
How lonely life has been
But life began again
The day you took my hand

And yes I know how lonely life can be
The shadows follow me
And night won't set me free
But I don't let the evening get me down
Now that you're around me

And you love me too
Your thoughts are just for me
You set my spirit free
I'm happy that you do

The book of life is brief
And once the page is read
All but love is dead
This is my believe

And yes I know how loveless life can be
The shadows follow me
And the night won't set me free
But I don't let the evening get me down
Now that you're around me

vendredi 26 juin 2009

Le petit oiseau de toutes les couleurs


Hier, Béo parlait d'un oiseau qu'elle ne connaissait pas, aperçu dans son jardin ces derniers jours (quel que soit celui que j'utilise, mon ordinateur fige à chaque fois durant quelques minutes, et je dois parfois tout fermer ; mais comment se passer des billets de Béo ?|). Je n'aurais pas su dire non plus le nom de cet oiseau. Cet oiseau de moi inconnu m'aura tout de même fait penser à deux autres oiseaux que je connais bien. Le premier, ma perruche l'aime beaucoup, c'est celui de Gilberd Bécaud, « Le petit oiseau de toutes les couleurs ». que l'on peut entendre sur YouTube. L'autre, c'est celui de Jacques Prévert.

Pour faire le portrait d'un oiseau

Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
Placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
S
e cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau

Peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Jacques Prévert

Je vous conseille vivement d'aller regarder cette vidéo, pour apprendre vraiment comment faire le portrait d'un oiseau.

jeudi 25 juin 2009

Michael Jackson, l'essentiel

Michael Jackson (1958-2009)

Comme des centaines de millions de personnes dans le monde, j’ai appris hier avec stupéfaction la mort de Michael Jackson. À l’exception de quelques membres de son entourage immédiat, peut-être, personne ne pouvait prévoir la mort à cinquante ans du roi de ma musique pop. La nouvelle semble s’être répandue comme une traînée de poudre.

Je n’étais pas particulièrement amateur de la musique de Michael Jackson, non par choix en faveur d’autres musiques du genre, mais simplement parce qu’à l’époque où Michael Jackson est arrivé et, durant de très nombreuses années après, chez moi j’écoutais principalement de la musique classique. J’ai tout de même beaucoup entendu de chansons de Michael lorsque je sortais dans les endroits publics, en particulier dans les quelques boîtes où j’allais voir danser les autres. Au début, je reconnaissais des chansons sans même savoir qui les chantait et, du jour où j’ai pu mettre un nom sur cette voix hors du commun, je ne l’ai jamais oublié. Par la télévision, je ne pouvais pas non plus passer à côté de ce phénomène qu’était déjà Michael Jackson et je dois dire que sans me ruer chez les disquaires chaque fois que sortait un disque ou une nouvelle vidéo, le personnage ne pouvait passer inaperçu, même pour moi. Depuis sa toute première enfance, ce garçon était doué d’un talent exceptionnel et il a su l’exploiter de manière prodigieuse.

Rassurez-vous, je n’essaierai pas de faire un rappel de la carrière de Michael Jackson ; d’une part, à moins de recopier du texte trouvé ailleurs, j’en serais bien incapable et, d’autre part, on trouvera partout sur Internet ce genre de renseignement. Très conscient du rôle immense qu’aura joué Michael Jackson dans l’histoire de la musique moderne, au même titre qu’Elvis Presley et quelques autres (non, je regrette d’en décevoir certains, je ne pense pas du tout à Johnny Halliday), je pense aussi à ce qu’il lui en a coûté, personnellement, pour exploiter à l’extrême sa créativité et connaître le succès planétaire.

Ce qui pour moi est le plus triste dans la disparition subite de Michael « Bambi » Jackson, cet enfant prodige et génie de la musique, ce n’est pas la perte pour le monde de la musique et ses admirateurs ; ce que qui me fait le plus de peine, c’est le départ trop tôt de cet enfant qui a mal grandi parce que, selon moi, il était mal parti. Ce garçon m’a toujours donné l’impression d’une biche aux abois, d’un animal traqué, qui était tenté, et il en avait le talent, d’en faire trop en public pour compenser un mal-être intérieur.

Il a très rapidement connu la célébrité et la gloire. Bien des gens auront cru au génie musical de M. Jackson ; c’était facile, c’était évident. Mais combien auront su comprendre le garçon blessé ? Combien, dans son entourage, auront su croire à Michael le petit garçon ? A-t-il jamais eu près de lui quelqu’un qui sache l’écouter, le comprendre vraiment ? Est-il jamais arrivé à ce garçon de se sentir totalement accepté et aimé, vraiment confirmé dans son être le plus intime, le plus profond ? Aura-t-il jamais eu l’occasion, seul ou avec des gens qui l’aimaient, de prendre conscience de ce qu’il était au fond de lui-même, d’entrer en contact avec son être essentiel ? Sans vouloir faire de psychologie de cuisine ni vouloir proposer un sens à l’expérience d’un autre, l’essentiel, pour moi, il est là.

vendredi 10 avril 2009

Jane Birkin



Y a-t-il encore quelqu'un sur terre qui n'ait jamais entendu cette chanson ? Depuis sa sortie, en 1969, elle a fait le tour du monde de très nombreuses fois. Composée par Serge Gainsbourg, qui l'interprète ici avec elle, c'est la chanson qui a fait connaître Jane Birkin et c'est sans doute la plus connue de toutes les chansons qu'elle a interprétées. Depuis 1969, Jane Birkin a enregistré vingt disques (le plus récent, « Enfants d'hiver », est sorti en 2008) et elle a fait bien d'autres choses au cinéma, à la télévision, au théâtre…

Je voulais depuis un moment déjà parler de Jane Birkin et je suis heureux de pouvoir aujourd’hui même exprimer mon affection pour la chanteuse, pour la comédienne, pour la femme et pour la citoyenne Jane Birkin qui prend position et qui s’engage dans des luttes pour la défense des droits. Si je sais que Jane Birkin participera à une émission de télévision, j'essaie de la regarder

Je ne peux pas dire que j’aie suivi fidèlement la carrière de Jane Birkin. Je ne connais pas non plus très bien toutes ses chansons, pour la simple raison que, depuis plusieurs années, je n’ai pas écouté beaucoup de chansons, sauf celles qu’il m’arrive d’entendre lorsque je circule dans des endroits publics, puis quelques autres en vidéo sur Internet, par exemple. Celui que j’aime, lui, les connait toutes et je crois qu’il a tous ses disques.


En consultant son abondante filmographie, je m'aperçois que Jane Birkin a joué dans plusieurs films que j'ai vus il y a plusieurs années (Blow-Up, Les Chemins de Katmandou, Le Mouton enragé, L'Ami de Vincent, Le Neveu de Beethoven, La Belle Noiseuse, On connaît la chanson, ...). Mais c'est vraiment Daddy nostalgie, un film de Bertrand Tavernier de 1990, qui me revient le mieux à la mémoire. Elle y incarne le rôle d’une jeune scénariste d’origine irlandaise vivant en France, qui vient rendre visite à ses parents dans le sud de la France et qui retrouve avec plaisir son père, incarné par Dirk Bogarde, trop souvent absent dans l’enfance et la jeunesse de la jeune femme. J’aime Jane Birkin et j’ai toujours aimé aussi le comédien Dirk Bogarde qui, durant les dernières années de sa vie s’était installé en France où il était devenu écrivain.

Fille de David Birkin, commandant de la Royal Navy, et de l'actrice Judy Campbell (Gamble est son nom véritable), Jane Birkin est établie en France depuis la fin des années 1960. En digne descendante de Charles II, roi d’Angleterre et d’Écosse, décorée Officier de l'Empire britannique par la reine Élizabeth II en 2001, Jane Birkin ne renie pas ses origines ni sa culture. Sa fidèle amie Dora est un bouledogue anglais à qui le compagnon d’Alexander a eu l’occasion de prêter sa balle lorsqu’ils jouaient ensemble à Hyde Park.


Il y a quelques semaines, une amie m’avait annoncé que Jane Birkin donnerait un concert à Londres. J’ai fait une recherche rapide sur Internet et j’avais trouvé la date du concert et le nom de la salle. En pensant qu’Alexander pourrait assister à son concert, j’avais voulu lui faire une surprise en essayant d’organiser une rencontre entre la chanteuse et lui ; j’ai écrit à Jane Birkin. Le lendemain, Jane Birkin écrivait un très gentil message à Alexander et l’invitait à venir la voir dans sa loge après le concert.

Je me suis rendu compte ensuite que Jane Birkin devait donner un concert à Montréal ce vendredi 10 avril. Je m’étais promis d’y aller ; ce serait une excellente façon de souligner un anniversaire important et quelques heureuses coïncidences. Malheureusement, j’ai appris la semaine dernière que le concert de Montréal était reporté à plus tard, en juin, je crois ; je surveillerai et je m’organiserai sûrement pour y aller. En avril ou en juin, il y aura toujours à célébrer. Quand on aime, chaque jour est une fête.


Ajout : En fait, c'est le 7 août prochain que Jane Birkin donnera son prochain concert à Montréal.

lundi 12 mai 2008

Est-ce vraiment un sacrifice ?

On ne se rend peut-être pas compte à quel point l'avènement d'internet a révolutionné nos vies. Il m'arrive assez souvent d'y songer. Quand je pense que durant plus de huit ans, je n'ai pas eu de téléviseur chez moi et, lorsque j'ai décidé d'en acheter un pour suivre un peu plus l'actualité culturelle (l'émission Apostrophes, notamment), j'ai acheté un petit téléviseur noir et blanc. Pendant plus de vingt ans, je n'aurai écouté chez moi que de la musique classique, sur disques ou à la radio.

La modernité est entrée dans ma vie le 5 août 2000 par le biais d'Internet. Je l'ai raconté déjà dans un billet, le jour même où j'ai été connecté, je suis tombé par hasard sur un réseau au sein duquel je me suis fait de nombreux amis dont certains sont restés. La plupart d'entre eux étaient loin de chez moi, en Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud, etc. Puis il y a eu un garçon de Québec qui, je l'ai raconté aussi, est venu poursuivre ses études à Montréal et s'est installé dans l'appartement voisin du mien ; son appartement était sa chambre alors que le mien était pratiquement devenu notre espace commun puisqu'il y était comme chez lui (et j'étais loin de m'en plaindre). Son départ a laissé un vide immense quand, après cinq ans, sa carrière professionnelle débutante l'a conduit au Danemark, puis à Las Vegas et ailleurs... Par l'intermédiaire de ce blogue, j'aurai fait la connaissance de quelques personnes que j'ai rencontrées dans la vie ; il y en a encore quelques-unes, pas si nombreuses, qui vivent à Montréal et que j'aimerais bien rencontrer.

Ces derniers mois, pour diverses raisons dont je parlerai peut-être un jour, je me suis réfugié sur mes terres intérieures. J'ai toutefois rencontré, il y a quelques semaines, un charmant garçon venu de Paris passer une semaine à Montréal ; j'ai fait la connaissance de Nicolas, beaucoup plus sympathique et intéressant que l'idée que j'avais pu m'en faire à la lecture des notes assez laconiques de son blogue. Nicolas aime plutôt les filles, mais je ne suis pas sectaire ; s'il le veut bien, je le reverrai avec grand plaisir, à Montréal ou à Paris...

En plus de la connaissance, virtuelle ou réelle, de plusieurs personnes que je n'aurais jamais connues sans Internet, cette technologie m'a permis de découvrir beaucoup de musique que je ne connaissais pas et de réentendre des airs connus auxquels je n'avais pas accès. J'ai passé quelques nuits à écouter de la musique pendant que quelqu'un d'autre, de l'autre côté de l'Atlantique, écoutait exactement la même chose au même moment. Élise se souviendra certainement des chaudes larmes que nous avons versées certains soirs ; quand je l'ai vue, chez elle près de Liège, il ne restait de ces complicités que des étoiles dans ses yeux, sur ses lèvres que le sourire, dans son cœur que la joie de nous retrouver. J'ai aimé beaucoup de musique qu'écoutait mon jeune voisin. Il en est souvent pour moi, avec la musique ou bien d'autres choses, comme les blés pour le Renard du Petit Prince ; ça ne me dit rien jusqu'au jour où quelqu'un que j'aime les aime. Dès lors, je me laisse très facilement apprivoiser...

Samedi et dimanche, je me suis senti un peu comme un célibataire d'occasion, sentiment que je n'avais pas éprouvé depuis si longtemps. Vous savez, ce sentiment qu'éprouve le jeune marié, par exemple, quand sa femme est absente pour un jour ou deux : il sent sa présence partout dans la maison, mais il est laissé à lui-même, libre et responsable de la gestion de son temps, de ses activités. Ce n'est pas désagréable, juste un peu déroutant. Ne sautez pas tout de suite aux conclusions ; les mots ont encore un sens et je ne suis pas ce jeune marié (si je me marie un jour, je vous en parlerai). Je voulais simplement en venir au fait que, samedi et dimanche, je me suis mis à écouter Elton John comme je ne l'avais écouté auparavant. Il y a du bon à rester décalé dans le temps : je peux me permettre de découvrir et d'aimer des musiques que la plupart des gens ont déjà oublié depuis longtemps.

J'ai donc écouté un grand nombre de chansons d'Elton John, en fichiers mp3 ou en vidéos sur YouTube ou Dailymotion. Deux d'entre elles (« Sacrifice » et « Nikita ») m'ont particulièrement attiré, au point de les écouter en boucle pendant très longtemps, samedi soir, et de recommencer le dimanche après-midi... Pourquoi ces deux-là en particulier ? Je ne sais pas exactement. Pour la mélodie, sûrement ; pour les arrangements musicaux, pour la voix d'Elton John que j'aime beaucoup, que je trouve émouvante (qui d'entre-vous n'a pas pleuré en le voyant à la télévision chanter « Candle in the Wind », devenue pour l'occasion « Goodbye England's Rose », à l'enterrement de la princesse Diana ? On peut revoir ce moment en vidéo sur Dailymotion). J'accorde ici plus d'importance à la mélodie et à l'interprétation qu'aux paroles elles-mêmes. Il y a dans ces deux chansons, il me semble, le sentiment d'une absence, l'appel touchant d'un bonheur espéré, l'imploration d'un absolu à venir. Quelle qu'en soit la forme, la chanson n'est-elle pas toujours une façon de prier ?

Dans ces vidéos, on perd beaucoup de la qualité sonore, il me semble. Chez moi, en écoutant les fichiers mp3, j'aime monter le volume ; les hauts-parleurs branchés sur mon ordinateur sont de très bonne qualité. La perruche ne s'en plaint pas : elle a elle-même abondamment chanté et dansé sur ces deux airs.



samedi 12 mai 2007

Rien qu'un homme...

« Si je range l'impossible Salut au magasin des accessoires, que reste-t-il ? Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui » (Jean-Paul Sartre, Les mots)

Rien qu'un homme... c'est déjà pas mal !

J'ai souvent du mal à écrire ce que je ressens. Il m'est plus facile, je crois, d'aider quelqu'un, même s'il m'est presqu'inconnu, à identifier et à exprimer ce qui ce passe en lui, comme s'il m'était plus naturel de me mettre dans la peau de l'autre que de savoir ce qui vibre dans la mienne.

N'ayant pas été exposé à la poésie, ni dans mon adolescence ni dans ma première jeunesse, je n'ai pas développé d'intérêt particulier pour cette forme d'expression. J'ai bien découvert et apprécié, au début de la vingtaine, quelques poèmes de Verlaine, de Rimbaud, et de Baudelaire, surtout, mais je n'ai jamais été moi-même tenté de les imiter. Au cours de certaines conversations sur MSN, avec le Vincent de Nantes que j'évoquais l'autre jour, il m'est arrivé de chercher avec lui le mot juste qui lui manquait pour faire la rime et terminer un poème qu'il composait tout en poursuivant à l'écran le dialogue avec moi. J'admire la facilité avec laquelle ce jeune homme écrit de très beaux poèmes ; j'espère qu'un jour, il fera un receuil de certains de ces poèmes afin de les rendre accessibles à des lecteurs qui ne sont pas forcément des intimes.

Moi qui suis plutôt autodidacte (j'avais quitté l'école à seize ans), je me suis réfugié un jour dans les livres pour fuir un monde dans lequel je ne me reconnaissais pas et pour tenter de me forger une identité qui correspondait davantage à ma sensibilité. À travers les livres, je n'ai pas vraiment appris à vivre, mais j'ai un peu appris comment d'autres pouvaient vivre. Au fond, j'ai peut-être plus rêvé autour des livres que je n'en ai fait la lecture intelligente. Si ces lectures désordonnées ont parfois créé des tempêtes sous ma calotte crânienne, ces tempêtes n'ont toutefois jamais été très longues et n'ont pas fait trop de dégâts. Elles m'auront procuré, au fil des ans, une certaine culture générale qui, forcément, est pleine de cratères ; si on devait comparer cette culture à un fromage, il ressemblerait davantage, par la dimension de ses trous, à un emmenthal québécois qu'à un gruyère suisse.

Entre seize et vingt ans, j'ai voulu devenir chanteur. À défaut de pouvoir réciter Virgile, Racine ou Baudelaire, je connaissais les textes de nombreuses chansons. Je me souviens qu'avec certains de mes amis, il nous arrivait souvent de nous parler en chansons : pour exprimer ce que nous voulions dire, il nous suffisait de trouver un extrait de chanson qui disait le plus précisément ce que nous avions à l'esprit et de le chanter ; pour répondre, l'autre faisait de même. La chanson est sans doute à la poésie ce que Nutella est au chocolat...

En écrivant ceci, un souvenir me revient, qui semblait assez bien enfoui dans un coin poussiéreux de ma mémoire. J'avais seize ans et, arrivant dans un nouveau quartier, je fis la connaissance de quelques filles et garçons du voisinage avec qui mes soeurs, plus sociables que je pouvais l'être, avaient établi des liens. En quelques semaines seulement, nous nous rendions visite les uns aux autres, comme le font sans doute bien des adolescents. J'entrai ainsi dans l'intimité des familles, qui me furent de précieux laboratoires d'observation.

Or, l'un de ces garçons de mon âge avait une grande soeur ; elle devait bien avoir plus de vingt ans. J'ai appris un jour que cette grande soeur avait rompu ses fiançailles avec le frère d'un autre jeune voisin. Il ne me serait pas venu à l'esprit d'essayer de la consoler, mais elle m'invita à le faire : il nous arriva à quelques reprises d'aller ensemble au cinéma et d'aller ensuite manger au restaurant, après quoi je la raccompagnais chez elle, chez ses parents. Sans doute savait-elle bien que notre relation n'était pas faite pour durer (je crois qu'elle se servait un peu de moi pour rendre jaloux l'ex-fiancé, mais je crois aussi qu'elle se plaisait en ma compagnie : je pouvais être drôle, amusant...). Or, pour ne pas me faire perdre mon temps, peut-être, elle m'apprit à embrasser sérieusement, c'est-à-dire : avec la langue.

C'est tout de même étrange que j'aie presque oubié cet épisode de mon adolescence, alors que je me souviens très bien qu'avec elle aussi, il y avait ce jeu, qui l'amusait beaucoup, de nous parler en extraits de chansons.

Ce samedi soir, pendant que je transcrivais des notes, j'ai entendu une chanson que j'avais sans doute entendue très souvent du temps où j'écoutais beaucoup les stations de radio qui présentaient des chansons françaises (je dois dire que depuis plusieurs années, je n'écoute pratiquement à la radio que de la musique classique). Or, sans savoir pourquoi, en entendant ce soir cette chanson, j'ai dû me retenir pour ne pas éclater en larmes. J'ai essayé de comprendre ce qui se passait et j'en suis venu à la conclusion que cette chanson, ce soir, exprimait un constat qui n'était peut-être pas encore tout à fait clair en moi.

D'une part, il y a l'idée que « je suis un homme », et non plus un garçon qui ne grandit pas. Et, d'autre part, il y a cet homme qui a vécu, qui se rappelle « que la vie fut belle de temps en temps » et qui ne saura plus « taire bien longtemps ce que [lui] coûtèrent ces beaux moments ». Et si « j'ai perdu mon coeur depuis longtemps », qu'on me pardonne « si je ne sais plus que faire semblant » et « si je n'y crois plus que de temps en temps ».

J'aurais voulu insérer ici le fichier musical avec l'interprétation de la chanson, mais je ne le trouve pas [ajout du 7 septembre 2008 : j'ai trouvé la chanson sur Deezer].



En voici les paroles :
Je ne suis qu'un homme, rien qu'un homme
Qui traîne sa vie aux quatre vents
Qui rêve d'été et de printemps
Lorsque vient l'automne et les tourments
Mais c'est monotone, monotone
De me supporter depuis si longtemps
Et la même gueule et le même sang
Coulant dans mes veines d'un même courant
Je ne suis qu'un homme, rien qu'un homme
J'ai perdu mon cœur depuis longtemps
Et qu'on me pardonne, me pardonne
Si je ne sais plus que faire semblant
Je ne suis qu'un homme, rien qu'un homme
J'ai brûlé mes ailes aux soleils brûlants
J'ai fermé ma porte, oui qu'importe
Pour cause de rêve ou de testament
Si je me rappelle, me rappelle
Que la vie fut belle de temps en temps
Je ne saurai taire pour bien longtemps
Ce que me coûtèrent ces beaux moments
Mais y a rien à faire, rien à faire
Car je sais trop bien qu'au premier tournant
Au premier sourire, au premier bon vent
Je retomberai dans le guet-apens
Je ne suis qu'un homme, rien qu'un homme
Et j'aime la vie si je m'en défends
Elle le sait bien cette poltronne
Qui donne toujours et toujours reprend
Et qu'on me pardonne, me pardonne
Si je n'y crois plus que de temps en temps
Je sais que personne, non personne
N'a jamais su dire le chemin des vents
Je ne suis qu'un homme, rien qu'un homme
Et je vais ma vie au gré des vents
Je crie, je tempête et je tonne
Puis je m'extasie au premier printemps
Je ne suis qu'un homme, rien qu'un homme
Entre goût de vivre et goût du néant
Entre Dieu et Diable, il faut voir comme
Je plie, je succombe et je me repens
Je ne suis qu'un homme, rien qu'un homme
Et je vais ma vie au gré des vents
Et qu'on me pardonne, me pardonne
Si je n'y crois plus que de temps en temps.


Les paroles et la musique sont d'Alain Barrière (1970)
Éd. Bretagne.