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lundi 15 juin 2015


“It is spring again.
The earth is like a child
that knows poems by heart.”
Rainer-Maria Rilke

Je ne sais pas si Alexander connaissait cette citation de Rainer-Maria Rilke (nous n'avons pas eu le temps de parler de Rilke), mais elle lui va si bien ! Alexander, comme la terre, était comme un enfant qui connait des poèmes par coeur. Il en connaissait tellement, en anglais, en français, et dans d'autres langues aussi, sans doute.

Pour Rilke, la terre récite ses poèmes chaque printemps (peut-être des poèmes différents chaque saison).

Chaque instant rappelait à Alexander un poème, certains qu'il avait appris dans sa toute première enfance, d'autres qu'il avait lus plus récemment. Mais à six ou à vingt-six ans, c'était toujours le même coeur d'enfant qui s'exprimait.

jeudi 3 avril 2014

Notre amie la Lune

Photo : NASA

Vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais notre amie la Lune serait née 95 millions d'années après le début du Système solaire. Alors que celui-ci se serait formé il y a 4,56 milliards d'années (ça donne un peu le vertige, non ?).

La Lune serait née d'une collision de la Terre, encore bébé, avec une autre planète ressemblant à Mars. La Lune serait en fait un agrégat des débris de la collision. Maintenant qu'il y est, je demanderai à Alexander d'étudier cette hypothèse ; mais au fond, ce qui l'intéresse, lui, c'est sa douce lumière, son rôle de témoin de la nuit, de complice des amoureux, d'inspiration des poètes...


Pour les indécrottables scientifiques, elle n'a pas fini de dévoiler ses secrets. Une équipe de planétologues français, allemands et états-uniens de l'Observatoire de la Côte d'Azur, à Nice, ont tenté de dater plus précisément l'âge de la Lune en se basant sur des simulations et en étudiant la composition chimique du manteau de la Terre. On viendra dire, après cela, que les manteaux ne servent à rien !

dimanche 7 août 2011

Sur la Terre comme au Ciel


Tu vois, mon cher Alexander, j'ai trouvé cette plaque qui indique tes deux adresses : celle que tu avais sur Terre, dans la cité de Westminster, à Londres, et ta nouvelle adresse, sur notre amie la Lune.

Il y a vingt-cinq mois, mais il me semble que c'était hier que tu entreprenais ce long voyage dont tu ne reviendras plus. Ce sera donc à moi d'aller te rejoindre, un jour ; d'ici là, tu vivras toujours dans mon coeur et dans mes pensées.

samedi 28 mai 2011

Fragilité


« Pour vous qui aimez aussi le petit prince, comme pour moi, rien de l'univers n'est semblable si quelque part, on ne sait où, un mouton que nous ne connaissons pas a, oui ou non, mangé une rose...
« Regardez le ciel. Demandez-vous : le mouton oui ou non a-t-il mangé la fleur ? Et vous verrez comme tout change...
« Et aucune grande personne ne comprendra jamais que ça a tellement d'importance ! »

Et, sur Terre, chaque bouton de rose est une promesse qui remplit d'espoir les coeurs tendres.
Comment alors ne pas s'inquiéter de leur fragile bien-être ?

samedi 26 mars 2011

Une heure (seulement une heure)...

pour la Terre.




Ce soir, de 20 h 30 à 21 h 30, plus d'un milliards de personnes sur la Terre éteindront les lumières pour souligner l'importance de réagir énergiquement aux changements climatiques. Une heure, c'est peu, mais c'est un geste symbolique qui, multiplié partout sur la Terre, contribuera à sensibiliser les gens au besoin de modifier nos habitudes de consommation d'énergie afin de donner un peu de répit à notre planète.

Amorcé en Australie en 2007, l'événement Une heure pour la Terre avait alors obtenu la participation d'environ deux millions deux cent mille personnes ; en 2011, plus de 130 pays et un milliards de personnes devraient participer.


Si nous continuons à polluer ainsi, le Petit Prince sur son étoile ne pourra plus apercevoir la Terre... et c'est nous, Terriens, qui y perdrons.

samedi 27 mars 2010

Une heure pour la Terre

Ce soir, à 20 h 30, heure de Montréal, j'éteindrai toutes les lumières, me joignant ainsi à des millions d'autres personnes et organisations dans le monde. Il y aura quelques bougies, comme tous les soirs d'ailleurs, pour m'éclairer. Notre Lune sera là et les étoiles souriront dans le ciel.


Agence France-Presse
Sydney

Des centaines d'édifices prestigieux, de la Tour Eiffel à la Cité interdite, seront plongés samedi dans le noir pour l'opération « Une heure pour la planète » (Earth Hour) destinée à promouvoir la lutte contre le dérèglement climatique.

Cette quatrième édition, trois mois après l'échec du sommet sur le climat de Copenhague, promet d'être la plus suivie avec 125 pays participants contre 88 l'an dernier, selon les organisateurs.

« L'accueil réservé à Earth Hour a été immense. Le taux de réponses est bien supérieur à l'an dernier », s'est félicité le fondateur du mouvement, Andy Ridley. « L'opération Earh Hour est censée dépasser les frontières géographiques et économiques », a-t-il ajouté.

Le mouvement est né à Sydney en 2007 lorsque 2,2 millions de personnes avaient plongé la ville dans le noir pendant une heure afin de sensibiliser l'opinion à la consommation excessive d'électricité et à la pollution au dioxyde de carbone.

Cette opération, organisée à l'initiative du Fonds mondial pour la nature (WWF), a pris une dimension mondiale en 2008.

Samedi, plus de 1200 bâtiments à travers le monde ont prévu d'éteindre leurs éclairages à 20h30 locales.

Des groupes multinationaux comme Google, Coca Cola, Hilton, McDonalds, Canon, HSBC et IKEA se sont associés à l'événement.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a estimé que l'opération était « à la fois un avertissement et une lueur d'espoir ».

« Le changement climatique est un sujet d'inquiétude pour chacun d'entre nous. Les solutions sont entre nos mains et sont prêtes à être appliquées par les individus, les communautés, les entreprises et les gouvernements à travers le monde », a-t-il dit.

Privilège du décalage horaire, Sydney aura les honneurs du premier « black out » avec l'extinction de l'Opéra. D'autres monuments prestigieux suivront: les Pyramides et le Sphinx en Egypte, la Fontaine de Trevi et la Tour de Pise en Italie ou encore la Tour Eiffel à Paris.

A Pékin, la Cité interdite et le «Nid d'oiseau» emblématique - stade des jeux Olympiques de Pékin en 2008 - seront également plongés dans l'obscurité. Ces extinctions des feux revêtiront un aspect particulièrement symbolique dans ce pays à la croissance économique fulgurante mais qui s'est aussi arrogé le titre de plus gros pollueur de la planète.

Au Japon, le Mémorial de la paix d'Hiroshima participera à l'opération tandis que les groupes Sony, Sharp et Asahi couperont leurs éclairages à Tokyo.

A Londres, Big Ben, le Parlement, la cathédrale Saint-Paul seront plongés dans le noir.

Les projecteurs qui éclairent l'immense statue du Christ à Rio de Janeiro seront éteints tandis que les principaux bâtiments de Mexico plangeront dans l'obscurité.

Aux Etats-Unis, de célèbres sites et monuments comme le Mont Rushmore, l'Empire State Building et le Golden Gate Bridge disparaîtront dans l'obscurité.

Enfin à Dubai, Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde culminant à 828m, sera également dans le noir.

En décembre, la conférence de Copenhague, sous l'égide de l'ONU, avait débouché sur un accord a minima conclu par moins de trente pays sur les 192 présents.

L'accord fixe comme objectif de limiter à deux degrés la hausse moyenne de la température de la planète, mais reste très évasif sur les moyens d'y parvenir, ne donnant aucun objectif chiffré à court terme (2020) ou moyen terme (2050).

Les grands pays en développement, dont la Chine et l'Inde, s'arc-boutent contre toute tentative de leur faire accepter des contraintes. Ils considèrent en outre que les objectifs de réduction annoncés par les pays industrialisés sont encore loin du compte.

Ajout, 21 h 30 : Je suis sorti marcher un peu dans le quartier durant cette période de 60 minutes. Je voulais voir si, autour de moi, on avait été sensible à l'invitation ; je dois dire que je ne suis pas très fier. Les fenêtres qui, dans les rues voisines, n'étaient pas éclairées signalaient très sûrement l'absence des occupants de l'appartement plutôt que la conscience d'une grande manifestation pour la Terre. Du haut de son étoile, Alexander avait une meilleure vue d'ensemble que moi. Si j'ai vu son étoile sourire, ce n'est sans doute pas parce qu'il était fier du mouvement de solidarité planétaire ; c'est plutôt parce qu'il savait que je la regardais et que, comme toujours, j'attendais ses baisers. Notre Lune est très belle ; elle sera bientôt complètement ronde, je crois...

lundi 7 décembre 2009

Terre natale

« Si je devais mourir, pense seulement cela de moi :
il y a là un petit coin de terre étrangère
qui est pour toujours l'Angleterre. »
Rupert Brooke


Quand il fut question pour la première fois - et cela vint très tôt dans nos premières conversations -, qu'Alexander vienne me voir à Montréal (ce fut toujours l'entente entre nous : il viendrait d'abord à Montréal ; j'irais ensuite en Angleterre), il me demanda de lui promettre solennellement que, s'il lui arrivait quelque chose durant son séjour à Montréal, je devrais le faire rapatrier en Angleterre. Si je ne connaissais pas son amour pour sa patrie, je pourrais croire qu'il avait envers elle un engagement officiel qu'il se devait d'honorer...

Nous avions parlé ce soir-là de l'appartenance, de l'amour du pays, de l'amour du sol lui-même... Alexander avait un tel amour pour son pays qu'il n'en sortait jamais sans apporter avec lui un peu de terre provenant du sol. Il avait voulu m'en envoyer par la poste mais nous nous étions inquiété des restrictions douanières... L'amour du pays nous avait amenés à parler de poésie et, tout particulièrement, de Rupert Brooke et de l'un de ses plus célèbres sonnets, The Soldier, dont sont tirées et traduites les premières lignes citées au début de cet article :

If I should die, think only this of me:
That there's some corner of a foreign field
That is for ever England. There shall be
In that rich earth a richer dust concealed;
A dust whom England bore, shaped, made aware,
Gave, once, her flowers to love, her ways to roam,
A body of England's, breathing English air,
Washed by the rivers, blest by suns of home.

And think, this heart, all evil shed away,
A pulse in the eternal mind, no less
Gives somewhere back the thoughts by England given;
Her sights and sounds; dreams happy as her day;
And laughter, learnt of friends; and gentleness,
In hearts at peace, under an English heaven.


Alexander aimait beaucoup ce poète. Je me souviens qu'au cours de l'été 2008, son frère Charles venu lui rendre visite à Londres lui avait apporté un livre tiré de la bibliothèque familiale. Alexander en avait été très ému car il s'agissait d'un recueil de poèmes qui avait appartenu à sa mère, qui aimait beaucoup Rupert Brooke.


Nous le trouvions très beau. Il nous faisait penser à Hugh Grant, que j'avais aimé dans dans le rôle de Clive, dans le film de James Ivory, Maurice. La ressemblance n'était pas que physique car si la postérité a surtout retenu, grâce au zèle de ses héritiers, son amour des jeunes filles, Rupert Brooke n'était absolument pas insensible à la beauté masculine. Un autre point commun qu'il a avec les personnages du film : Rupert Brooke a étudié à Cambridge, alors qu'Alexander (qui le lui a pardonné, j'en suis sûr) a étudié à Oxford.


Paradoxalement, Rupert Brooke qui était si attaché à sa patrie et qui disait que son université, Cambridge, serait pour toujours sa seule adresse, a été enterré en Grèce, sur l'île de Skyros. Il n'avait que 28 ans ; ce très jeune âge n'est que l'un des points qu'il a en commun avec Alexander, qui en avait 27...

Alistair, qui est un digne ami d'Alexander, m'écrivait il y a quelques jours qu'il avait pensé à moi en lisant les récits de voyages de Rupert Brooke, notamment les pages où il raconte son passage à Montréal. Il faudra que je me procure un exemplaire de ces récits de voyage, en attendant de lire ceux d'Alistair. Ceux que j'aimerais pouvoir lire, ce sont les nombreux voyages imaginaires qu'a pu faire Alexander en rêvant de son premier séjour ici.

Toute la soirée, une série de « coïncidences » m'a fait penser à Alexander. Au moment de commencer cet article, un peu avant minuit, j'ai jeté un regard vers l'une des fenêtres du salon, dont les stores sont fermés ; j'ai pourtant aperçu, à travers les lames du store, dans la nuit noire, un point lumineux : c'était la Lune qui venait me faire signe, comme si Alexander voulait me dire que, cinq mois exactement après son départ, il ne m'oubliait pas. Le temps de rédiger cet article, j'ai rouvert le store ; l'article terminé, la Lune a disparu dans les nuages...

lundi 30 novembre 2009

Sourire ou pleurer


« You can shed tears because he is gone
or you can smile cause he has lived »

« On peut pleurer son départ ou
on peut sourire parce qu'il a vécu. »

Je crois en effet qu'il faut sourire parce qu'il a vécu, parce que durant son trop court séjour sur Terre, il aura transformé sur son passage quelques êtres, dont je fais partie. Quand on a vraiment connu Alexander, on ne peut plus se contenter d'exister et de mener sa vie sans être profondément engagé, sans être cohérent avec soi-même, avec ses propres valeurs.

Mais comment ne pas pleurer son départ quand on l'a connu et qu'il n'est plus là, que sa présence n'est plus sensible ?
Un jour que je lui disais qu'il était pour moi comme un Petit Prince qui aurait grandi et qui serait resté parmi nous, il me répondit : « Ne me parle pas de cela : j'ai tellement pleuré chaque fois que j'ai lu le passage du départ du Petit Prince ! »

Si on peut pleurer à la lecture du Petit Prince du conte de Saint-Exupéry, on pourra comprendre que l'on puisse pleurer et pleurer encore après le départ d'un Petit Prince que l'on a vraiment connu sur Terre.

jeudi 5 février 2009

L'éclat de ses yeux, l'intensité de son amour...


« C'est un adorable jeune homme... Quand il me parle de vous, je revois toujours les petites flammes s'allumer dans ses beaux yeux », m'écrit une précieuse amie, après avoir parlé au téléphone à celui que j'aime et qu'elle connaît si bien.

Et elle ajoute : « Je crois que vous avez le plus délicieux amoureux de la Terre, de la Lune.. et de Mars... »

Je suis très conscient, depuis le tout début, du privilège exceptionnel d'aimer un garçon si merveilleux et, surtout, d'être aimé de lui à ce point.

On dit de sa pierre de naissance, le diamant, qu'il est associé à l'innocence, à la perfection et là a pureté intacte. Il symbolise la vie, l'engagement et la foi invulnérable.