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samedi 19 janvier 2019
Le sujet du jour
Puisque cela semble le sujet de toutes les conversations autour de moi aujourd'hui, et puisqu'il y a déjà très longtemps, il me semble, que je n'ai pas parlé de la météo dans ces pages, voici le temps qu'il fait à Montréal. Moins 24 degrés Celsius et, avec le facteur éolien, une température ressentie de moins 35. On prévoit que, dans certaines régions du Québec, les températures ressenties pourraient atteindre jusqu'à moins 40 et moins 50 degrés Celsius.
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Tel que je l'avais prévu, Rupert n'a pas protesté lorsque je lui ai proposé de rentrer après avoir fait ses besoins et une petite promenade dans le quartier afin de vérifier si ses amis étaient déjà passés par là ce matin. Le froid ne lui fait pas peur, mais il n'aime pas le vent ; et comme il y avait un vent mordant avec ce froid intense, il a jugé qu'il serait mieux à l'intérieur. En quelques secondes, j'ai eu le temps de sentir la morsure du froid sur le bout du nez...
Pour les prochains jours, Météomédia annonce jusqu'à mardi des températures presque aussi froides que celles d'aujourd'hui. Et, semble-t-il, nous aurons une tempête de neige dimanche.
Personnellement, cela ne me dérange pas trop ; je m'en fais surtout pour Rupert qui a besoin de jouer dehors, de dépenser ses surplus d'énergie, de voir ses amis. Les trois hivers précédents, il voulait toujours rester dehors, même lorsqu'il faisait très froid. En vieillissant, peut-être (il a maintenant trois ans, et c'est son quatrième hiver), soit qu'il devienne un peu plus frileux, soit qu'il comprenne mieux la nécessité de rentrer lorsque je le lui demande.
Pour lui faire plaisir, je suis tout de même allé lui acheter un peu de viande, que je ferai cuire et que j'ajouterai à ses croquettes lors de ses prochains repas.
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mardi 2 janvier 2018
Soupe d'hiver !
Depuis une semaine, et il semble que cela continuera encore une autre semaine, le mercure descend, en tenant compte du facteur éolien, à près de 40 degrés Celsius sous zéro. Personnellement, cela ne me dérange pas trop : je préfère cela à la canicule qui revient chaque été. Rupert insiste aussi pour jouer dehors durant plus d'une heure à chaque sortie, s'il trouve le moyen de se mettre à l'abri du vent. Lorsque l'on rentre, lui va normalement faire la sieste car il a mangé avant de sortir, mais c'est souvent pour moi l'heure de manger, surtout que ces temps-ci j'ai un estomac un peu sensible...
Or, depuis deux ou trois jours, j'avais envie de me faire une soupe de poisson, mais je craignais de rater mon coup et de gaspiller de bons ingrédients. Ce soir, en rentrant, je me suis lancé et je me suis préparé une soupe de maquereau (oui, oui, du maquereau, le poisson - pas le voisin). J'adore le poisson, mais je n'aime pas le préparer moi-même. Par conséquent, je ne me suis jamais risqué à préparer quoi que ce soit avec du maquereau et, si je me souviens bien, la dernière fois que j'en avais mangé, c'était dans une auberge à Trouville en Normandie - du maquereau sauce moutarde, délicieux ! Mais depuis quelque temps j'achète pour Rupert du maquereau en boîte et, lorsque je lui en sers, je ne peux m'empêcher d'en manger un peu.
En pensant à cette soupe que j'allais faire, je voulais qu'elle goûte le poisson, mais pas trop, et j'avais en tête une soupe que je mange chaque fois que je vais au restaurant chinois près de chez moi, à base de tomates et de basilic, qui est fortement épicée. Voici donc comment j'ai procédé ; j'ai :
1. fait revenir dans un peu d'huile d'olive et un peu de beurre quatre ou cinq oignons hachés grossièrement2. ajouté trois grosses gousses d'ail hachées
3. haché cinq ou six branches de céleri que j'ai fait suer avec l'oignon et l'ail
4. tranché quatre ou cinq carottes que j'ai fait suer avec les autres légumes
5. ajouté une grosse boîte de tomates italiennes entières que j'ai un peu écrasées au cours de la cuisson
6. coupé en dés environ cinq cents grammes de tofu, ajouté dans la casserole (je ne voulais pas de pommes de terre qui sont moins agréables lorsqu'elles sont réchauffées)
7. ajouté du poivre noir et (beaucoup) de poivre ou piment de cayenne
8. versé le bouillon de poulet que j'avais préparé il y a quelques jours
9. ajouté la boîte de maquereau, avec son bouillon
10. ajouté de l'eau bouillante
11. versé un peu moins d'une tasse d'orge perlé (ou mondé)
J'ai apporté tout cela à ébullition, puis j'ai baissé un peu le feu et laissé mijoter une vingtaine de minutes. J'ai ajouté une pleine cuillère à thé de basilic séché, et laissé mijoter encore une dizaine de minutes.
Si j'avais eu du basilic frais, j'en aurais ajouté et j'aurais aimé y verser un peu de vin blanc si j'en avais eu.
Après tout cela, je me suis servi un grand bol de cette soupe fumante et... je me suis régalé.
Par curiosité je suis ensuite allé faire une recherche sur Internet, et j'ai été surpris de constater qu'il y avait déjà des recettes de soupe de maquereau. Certaines d'entre elles m'auraient peut-être tenté, mais sans hésitation, je recommencerais la mienne demain matin... s'il ne me restait plus de celle que j'ai préparée ce soir.
P. s. : selon les réactions que je recevrai à la suite de cet article, je devrai décider si je dois ou non transformer ce blogue en blogue gastronomique ou, plus modestement, en blogue culinaire.
P. s. : selon les réactions que je recevrai à la suite de cet article, je devrai décider si je dois ou non transformer ce blogue en blogue gastronomique ou, plus modestement, en blogue culinaire.
jeudi 19 mars 2015
Sortie royale
Il y a plus d'une façon de « sortir de l'ombre ». Cet hiver est tellement rigoureux qu'on se demande si l'on en sortira un jour. C'est la première fois de ma vie que je rêve de vacances dans un « pays chaud » (je ne suis pas très exigeant : par pays chaud, j'entends par exemple un pays européen où il ferait deux ou trois degrés Celsius, en ce moment, plutôt que les moins trente que nous connaissons encore en tenant compte du facteur vent). Notre collègue et amie Dr CaSo est sortie, il y a quelques jours explorer son quartier. Je connais très bien le mien, mais je n'ai pas encore très envie de m'y promener à cause du froid qu'il a fait cet hiver et qui continue ; je me contente de faire les courses le plus près de chez moi possible. Dr CaSo raconte qu'au cours de sa promenade, alors qu'elle était assise sur un banc, un vieux monsieur promenant son chien est venu lui parler et, après être reparti, est revenu lui faire un compliment, ce qui m'a donné l'occasion de raconter en commentaire une petite anecdote sur les interactions plus ou moins brèves que l'on peut avoir avec des personnes que l'on ne ne connaît pas du tout ou à qui l'on a affaire dans les magasins, les bureaux, etc. J'y prends parfois un certain plaisir...
Mercredi soir, je suis passé à la Grande Bibliothèque (Bibliothèque et Archives nationales du Québec) pour y prendre quelques documents que j'avais réservé. Je me dirigeais vers l'une des sorties qui donne sur un jardin (où l'on se demande encore, ces jours-ci, si on ne risque pas de tomber sur des ours polaires). J'étais à peu près seul dans ce couloir ; au moment où j'approchais de la porte, quelqu'un, un homme d'une quarantaine d'années, arrivait de l'extérieur. Je le voyais arriver, comme il me voyait aussi. Il aurait eu le temps d'ouvrir la porte, d'entrer, avant que j'arrive moi-même à cette porte. Je l'ai vu tirer sur la poignée, tenir la porte ouverte pour me laisser sortir. Quand je suis passé, je l'ai remercié ; il m'a répondu : « Monsieur, je devais vous ouvrir la porte, vous avez l'air d'un roi ! » Spontanément, j'ai porté mes mains à la tête en lui disant : « Vous êtes vraiment très perspicace, car je me rends compte que je suis sorti sans ma couronne. » Et il m'a répondu, avec le plus beau sourire : « Votre couronne lumineuse flotte tout autour de votre tête. » Il n'était pas intoxiqué et m'a semblé en pleine possession de toutes ses facultés ; et je n'ai pas senti non plus qu'il voulait me draguer, mais je dois dire qu'il rayonnait de bien-être...
En traversant ce jardin polaire, il m'a semblé que le froid était moins intense qu'au moment de mon arrivée, quelques minutes plus tôt... Son compliment avait certainement élevé quelque peu mon niveau d'énergie. Mais je ne me suis pas pris au sérieux pour autant. Dans l'ordre d'accession au trône, mon Petit Prince a une très bonne longueur d'avance sur moi.
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dimanche 22 février 2015
Canicule !
Je suis sorti en fin de soirée, samedi, et en marchant dans la neige blanche qui continuait de tomber, j'ai eu l'impression, tant la température était douce, d'être en vacances dans un pays chaud. Au lieu du froid mordant et du vent glacial des mois précédents, des températures autour de moins trente, il faisait ce soir moins dix degrés Celsius. Décidément, c'est la canicule !
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lundi 2 mars 2009
En bonne compagnie
Alexander me demande régulièrement des nouvelles de Claudia. J'en avais parlé ici en juin dernier : la fidélité d'Alexander envers les animaux qu'il aime (et il les aime tous, de la fourmi au cheval, de la chauve-souris à l'éléphant) est au moins aussi indéfectible que celle qu'il voue aux êtres humains. D'une intégrité sans faille, il se sentirait le premier trahi s'il devait manquer à l'un de ses engagements. Il serait très malheureux s'il devait, même sans le vouloir, faire de la peine à un ami ou à un animal. Comme il a été attendri par Claudia lorsqu'il a vu l'image de la pauvre bête prise dans la glace, il l'a adoptée et elle fait désormais partie de ses attachements.


Dimanche après-midi, même s'il faisait encore très froid, j'ai profité du soleil pour emprunter la rue Sherbrooke, de chez moi jusqu'au Musée des beaux-arts de Montréal où je savais que Claudia m'attendait.

En route, j'ai croisé d'autres nobles bêtes, comme ce cheval.

Il ne semblait pas affecté par le vent et le froid glacial.

Et ces orignaux (élans d'Amérique), porteurs de messages sur l'art, quartier des musées oblige.


Claudia n'a pas été surprise de me voir. Je lui ai donné les baisers et les caresses qu'Alexander m'a demandé de lui faire. Elle aime beaucoup ce jeune homme qui s'intéresse à elle. J'ai passé là un bon moment ; même s'il y avait un incessant va-et-vient près de nous, nous étions seuls. Elle attend encore les pâquerettes ; elle sait bien qu'il lui faudra être patiente : au Québec, les pâquerettes ne sortiront pas de terre avant plusieurs semaines. D'ici là, elle rêvera aux pâquerettes que, la semaine dernière déjà, la cuisinière avait cueillies aux jardin pour en fleurir le plateau qu'elle avait préparé pour Alexander.

Au moment où j'allais partir, elle m'a prié de redire à Alexander qu'elle espérait bientôt recevoir la visite de ce charmant jeune homme qui lui témoigne tant d'affection. Elle l'attendra.
mardi 23 décembre 2008
The Homecoming
Vous me pardonnerez ce titre anglais : il me trotte dans la tête depuis plusieurs jours comme une ritournelle et je n'arrive pas à m'en défaire. Il me rappelle un vieux film des années 70, que j’ai vu à la télévision, moi, dans les années 80, car il était diffusé à la télévision chaque année durant le temps de Noël.
« The Homecoming » se déroule en Virginie en 1933, durant la grande dépression économique et raconte l’histoire d’une famille nombreuse, les Waltons, vivant sur une ferme dans les montagnes. La veille de Noël, toute la famille attend le retour de John Walton, le père qui, pour faire vivre sa famille, a dû trouver du travail à la ville à environ cinquante milles de chez lui et qui doit rentrer cà la maison pour célébrer Noël avec les siens. En attendant le retour du père, on apprend à connaître les membres de la famille, le caractère et la personnalité de chacun, les valeurs, les habitudes, les traditions familiales, etc. Ce film a donné naissance, dans les années 80, à une série d’émissions, « The Waltons ». Il avait toutefois été précédé en 1963 d'un autre film, que je ne me souviens pas d'avoir vu, « Spencer's Mountain ».
À une certaine époque de ma vie, je regardais religieusement, la nuit, la rediffusion de ces émissions. Chaque épisode était raconté par John Boy Walton, le plus âgé des garçons, qui devait avoir quinze ou seize ans, qui tenait son journal tous les soirs en secret de tous, de ses parents, en particulier. Il rêve d'entreprendre des études universitaires, de devenir écrivain, mais il ne croit pas que sa famille aura les moyens de lui faire réaliser son rêve. Aussi est-il surpris de voir son père lui offrir en cadeau de Noël du papier à écrire... John Boy était un adolescent modèle, étonnamment sage pour son âge. Il était un exemple pour ses frères et sœurs, mais aussi pour les jeunes téléspectateurs. Chaque année, à Noël, je repense à ce film et à cette série télévisée qui m’a tellement fait rêver…
« The Homecoming » se déroule en Virginie en 1933, durant la grande dépression économique et raconte l’histoire d’une famille nombreuse, les Waltons, vivant sur une ferme dans les montagnes. La veille de Noël, toute la famille attend le retour de John Walton, le père qui, pour faire vivre sa famille, a dû trouver du travail à la ville à environ cinquante milles de chez lui et qui doit rentrer cà la maison pour célébrer Noël avec les siens. En attendant le retour du père, on apprend à connaître les membres de la famille, le caractère et la personnalité de chacun, les valeurs, les habitudes, les traditions familiales, etc. Ce film a donné naissance, dans les années 80, à une série d’émissions, « The Waltons ». Il avait toutefois été précédé en 1963 d'un autre film, que je ne me souviens pas d'avoir vu, « Spencer's Mountain ».
À une certaine époque de ma vie, je regardais religieusement, la nuit, la rediffusion de ces émissions. Chaque épisode était raconté par John Boy Walton, le plus âgé des garçons, qui devait avoir quinze ou seize ans, qui tenait son journal tous les soirs en secret de tous, de ses parents, en particulier. Il rêve d'entreprendre des études universitaires, de devenir écrivain, mais il ne croit pas que sa famille aura les moyens de lui faire réaliser son rêve. Aussi est-il surpris de voir son père lui offrir en cadeau de Noël du papier à écrire... John Boy était un adolescent modèle, étonnamment sage pour son âge. Il était un exemple pour ses frères et sœurs, mais aussi pour les jeunes téléspectateurs. Chaque année, à Noël, je repense à ce film et à cette série télévisée qui m’a tellement fait rêver…
Le monde a bien changé depuis l'époque évoquée par John Boy Walton, même si l'on a l'impression, à lire les journaux ou à écouter les bulletins de nouvelles, qu'il y a un lien entre la situation économique des années 30 et la crise financière actuelle. Ce n'est toutefois pas ce que j'avais en tête en commençant ce billet.
Lundi dernier, je vous le disais dans ce billet, mon amour partait en voiture avec armes et bagages (les inséparables chien et chat, ses boîtes de gâteaux confectionnés pour l'occasion, vêtements, articles de toilette, lecture et tous les objets dont on ne peut se passer durant plus de quelques heures), pour aller passer Noël chez sa grand-mère, à la campagne.
Après un long trajet en voiture, quelque peu ralenti par les conditions hivernales, mon amour est enfin arrivé chez sa grand-mère qui l’attendait.

Pour faire oublier le froid et la fatigue du voyage, sa grand-mère a préparé du thé, des muffins, de la marmelade, qu’ils ont pris ensemble devant le feu qui brûlait dans la grande cheminée de la cuisine, cette cheminée que nous avions déjà évoquée, où je voudrais que l’on puisse s’asseoir un soir d’automne, lui et moi, avec sa grand-mère afin qu’elle nous parle de lui, qu’elle nous raconte des souvenirs, parmi les plus heureux de l’enfance du petit garçon.
En cette fin d’après-midi d’hiver, la nuit déjà tombée, ils ont parlé un peu de tout, du trajet en voiture, du temps, du programme des prochains jours, des invités qui viendront, très nombreux, pour le réveillon et les jours suivants. Mon amour, qui n’aime pas trop ressembler à un pingouin, aura obtenu déjà que la tenue vestimentaire ne soit pas trop rigoureuse. Pour l’occasion, le chien aura tout de même son nœud papillon noir (il est toujours très fier de porter cet ornement vestimentaire dont la couleur varie selon les occasions).

Puis il est monté à sa chambre pour y ranger ses affaires. Un gros bouquet de fleurs avait été posé sur une table. Des guirlandes d’hortensias séchés, confectionnées par les soins de la grand-mère, pendaient du haut de la corniche de la grande armoire, de la cheminée et devant la fenêtre et une couronne était accrochée à la porte. Sur un meuble, un grand compotier de clémentines et des chocolats. Il pourra déposer sur un coin du manteau de la cheminée la jolie sculpture du petit Côme en biscuit de porcelaine qui a fait le voyage avec lui.
Dans un coin de la chambre, le cheval de bois qu’il a si souvent chevauché la nuit, pour le consoler, disait-il, de ne pas être un vrai cheval. Ensemble, ils ont gagné tant de batailles et j’espère qu’ils en gagneront encore d’autres, bien réelles. Les chevaux ont bonne mémoire ; celui-ci ne fait pas exception. Et pour évoquer les belles années qu’ils ont partagées, il a conservé au cou le joli ruban écossais que le petit garçon y avait noué.
Mon amour retrouvera son grand lit à baldaquin. Le chien et le chat auront aussi chacun leur lit, joliment décoré de coussins confortables ; le chat aura droit à une bouillotte enveloppée dans un beau tissu à carreaux.
À la fin de la soirée, quand chacun regagnera sa chambre, mon amour trouvera son lit déjà réchauffé ; il n’aura qu’à s’y glisser avec un livre avec, à portée de main, des chocolats, des fruits, une boisson chaude. Le chien qui a longuement couru dans le parc en arrivant, fou de joie de retrouver les bonnes odeurs de la campagne, ne tardera pas à ronfler et le chat n’aura pas longtemps quitté sa bouillotte.
Quant à mon amour, avant de se plonger un peu dans un livre (il en a toujours plusieurs près de son lit), il m’écrira pour me raconter son arrivée, sa soirée, pour me décrire le décor et l’ambiance de sa chambre afin que je puisse mieux penser à lui dans son univers d'enfant et, même à distance, partager ses rêves.
Lundi dernier, je vous le disais dans ce billet, mon amour partait en voiture avec armes et bagages (les inséparables chien et chat, ses boîtes de gâteaux confectionnés pour l'occasion, vêtements, articles de toilette, lecture et tous les objets dont on ne peut se passer durant plus de quelques heures), pour aller passer Noël chez sa grand-mère, à la campagne.
Après un long trajet en voiture, quelque peu ralenti par les conditions hivernales, mon amour est enfin arrivé chez sa grand-mère qui l’attendait.

Pour faire oublier le froid et la fatigue du voyage, sa grand-mère a préparé du thé, des muffins, de la marmelade, qu’ils ont pris ensemble devant le feu qui brûlait dans la grande cheminée de la cuisine, cette cheminée que nous avions déjà évoquée, où je voudrais que l’on puisse s’asseoir un soir d’automne, lui et moi, avec sa grand-mère afin qu’elle nous parle de lui, qu’elle nous raconte des souvenirs, parmi les plus heureux de l’enfance du petit garçon.
En cette fin d’après-midi d’hiver, la nuit déjà tombée, ils ont parlé un peu de tout, du trajet en voiture, du temps, du programme des prochains jours, des invités qui viendront, très nombreux, pour le réveillon et les jours suivants. Mon amour, qui n’aime pas trop ressembler à un pingouin, aura obtenu déjà que la tenue vestimentaire ne soit pas trop rigoureuse. Pour l’occasion, le chien aura tout de même son nœud papillon noir (il est toujours très fier de porter cet ornement vestimentaire dont la couleur varie selon les occasions).
Puis il est monté à sa chambre pour y ranger ses affaires. Un gros bouquet de fleurs avait été posé sur une table. Des guirlandes d’hortensias séchés, confectionnées par les soins de la grand-mère, pendaient du haut de la corniche de la grande armoire, de la cheminée et devant la fenêtre et une couronne était accrochée à la porte. Sur un meuble, un grand compotier de clémentines et des chocolats. Il pourra déposer sur un coin du manteau de la cheminée la jolie sculpture du petit Côme en biscuit de porcelaine qui a fait le voyage avec lui.
Dans un coin de la chambre, le cheval de bois qu’il a si souvent chevauché la nuit, pour le consoler, disait-il, de ne pas être un vrai cheval. Ensemble, ils ont gagné tant de batailles et j’espère qu’ils en gagneront encore d’autres, bien réelles. Les chevaux ont bonne mémoire ; celui-ci ne fait pas exception. Et pour évoquer les belles années qu’ils ont partagées, il a conservé au cou le joli ruban écossais que le petit garçon y avait noué.
Mon amour retrouvera son grand lit à baldaquin. Le chien et le chat auront aussi chacun leur lit, joliment décoré de coussins confortables ; le chat aura droit à une bouillotte enveloppée dans un beau tissu à carreaux.À la fin de la soirée, quand chacun regagnera sa chambre, mon amour trouvera son lit déjà réchauffé ; il n’aura qu’à s’y glisser avec un livre avec, à portée de main, des chocolats, des fruits, une boisson chaude. Le chien qui a longuement couru dans le parc en arrivant, fou de joie de retrouver les bonnes odeurs de la campagne, ne tardera pas à ronfler et le chat n’aura pas longtemps quitté sa bouillotte.
Quant à mon amour, avant de se plonger un peu dans un livre (il en a toujours plusieurs près de son lit), il m’écrira pour me raconter son arrivée, sa soirée, pour me décrire le décor et l’ambiance de sa chambre afin que je puisse mieux penser à lui dans son univers d'enfant et, même à distance, partager ses rêves.
lundi 22 décembre 2008
À la campagne pour Noël
Léger pincement au cœur ce matin après avoir dit au revoir à mon amour qui partait à la campagne pour Noël. Il passera une semaine chez sa grand-mère qu'il adore et qui le lui rend bien ; c'est elle qui lui aura appris tant de choses et, par-dessus tout, à aimer les choses simples et vraies de la vie. Je n'ai pourtant pas besoin d'être triste car il n'était pas prévu que nous puissions passer Noël ensemble cette année, et puisque Noël est avant tout une fête de famille, mon amour sera avec sa grande famille alors que je serai avec une partie de la mienne.Avant de partir ce matin, il aura pris le temps de me laisser ses recettes de bredele, ces petits gâteaux d'origine saxonne, que l'on retrouve dans les pays germaniques et anglo-saxons ; c'est notamment une spécialité alsacienne. Traditionnellement, à compter de la fin de novembre, on en confectionne différentes variétés, aux amandes, aux noix, à la cannelle, que l'on découpe à l'emporte-pièce, en formes de cœurs, de sapins, d'anges, d'étoiles et de tout ce qui nous fait plaisir et que, une fois cuits, on conserve dans des boîtes de métal jusqu'à Noël. Les recettes sont secrètement gardées et transmises dans les familles (ne le répétez à personne, j'ai obtenu les recettes de la famille maternelle de mon amour). Depuis quelques années, ce jeune homme que j'aime se voit confier la responsabilité de confectionner les bredele pour les fêtes familiales ; c'est dire qu'il partait ce matin avec plusieurs boîtes de ces petits gâteaux que l'on mange souvent avec du vin chaud et qui, cette fois-ci, seront servis en appéritif avec le champagne avant le réveillon de Noël.
Comme la route est longue pour se rendre chez sa grand-mère et sachant que je n'aurais pas de ses nouvelles avant quelques heures, je suis allé prendre l'air. Depuis l'été dernier, j'ai pris la bonne habitude de faire tous les jours, beau temps mauvais temps, une grande promenade vers le mont Royal, que j'étirais parfois en faisant un détour par des rues commerciales, l'avenue du Mont-Royal, le boulevard Saint-Laurent. Durant l'été et jusque tard dans l'automne, j'allais m'asseoir sur un banc pour lire et pour écrire. Aujourd'hui, il n'était pas question de lire ni d'écrire dehors et il fallait même un certain courage pour sortir car il faisait très froid et le vent était mordant. Je porte rarement un chapeau mais aujourd'hui j'avais pris la précaution d'enfiler une cagoule de laine qui, avec le capuchon de mon manteau pour couper le vent, me gardait la tête et les oreilles au chaud. Quant au nez, à la bouche et au menton, ils étaient bien protégés par un cache-nez de laine écossaise qui faisait partie des nombreux cadeaux reçus récemment (en plus, il sent si bon, son parfum à lui).
J'avais demandé si son chien accepterait de me prêter son cache-nez ; il acceptait volontiers mais il a préféré m'en envoyer un en attendant. En parlant du chien savez-vous qu'il est le seul chien que je connaisse qui aille demander à son maître de le moucher lorsqu'il a le nez qui coule ? Au cours de ma promenade, je regardais le ciel magnifique, un fond bleu, avec de jolis nuages blancs, roses, mauves, violets ; je me suis arrêté pour prendre des photos (je croyais que mon sac à dos allait se casser tellement il était rigide à cause du froid), mais l'appareil a refusé de s'ouvrir. J'ai encore les images en tête mais comme je ne peux pas me brancher le cerveau sur la prise USB, je ne pourrai pas partager ces images avec vous.
Pendant qu'il est chez sa grand-mère, à la campagne, nous ne nous parlerons pas directement, mais nous nous écrirons tous les jours, plusieurs fois par jour peut-être. Il ne m'avait pas dit , ce matin, qu'il m'écrirait ce soir mais je me doutais bien qu'en rentrant de ma promenade un message de lui m'attendrait. Nous pensons si souvent aux mêmes choses en même temps et, très souvent, après plusieurs heures à vaquer à nos occupations chacun de notre côté, il est en train de m'écrire exactement au moment où je lui écris. Et au fond, je n'ai pas de mérite à avoir deviné parce que, d'une part une amie précieuse lui avait parlé un peu plus tôt et m'avait dit qu'il m'écrirait après avoir mangé et, d'autre part, je sais bien que, lorsque c'est possible, il n'irait pas dormir sans m'avoir parlé ou écrit. Son message m'attendait et il était délicieux. Je vous en parlerai demain.mercredi 2 avril 2008
Où sont les pâquerettes ?
Deux semaines après l'arrivée officielle du printemps, on voudrait voir les parterres reverdir et les premières fleurs éclore. Ce n'est pas encore le cas ici, loin de là.

J'avais ce matin un rendez-vous dans le centre-ouest de Montréal, près de l'Université Concordia, où l'on n'a plus vraiment l'impression d'être au Québec car on ne parle pratiquement qu'anglais dans ce coin. Comme le soleil brillait dans le ciel bleu, j'ai cru que l'air était doux et que je pourrais faire le trajet à vélo. Je n'ai pas eu besoin de marcher très longtemps pour me féliciter d'avoir laissé le vélo à la maison car il ventait très fort et le froid polaire était mordant ; ce temps-là le 15 janvier, c'est normal, mais en avril, ça suffit !
En passant devant le Musée des beaux-arts, j'aurais voulu pouvoir faire quelque chose pour cette pauvre vache qui a passé l'hiver sous la neige et qui, au lieu de voir fleurir les pâquerettes au printemps, contemple la saleté étale incrustée dans la glace dont elle est prisonnière depuis presque six mois. Elle qui habituellement ne mâche pas ses mots est restée bouche bée devant le spectacle désolant de cette saleté noire et glacée.
En passant devant le Musée des beaux-arts, j'aurais voulu pouvoir faire quelque chose pour cette pauvre vache qui a passé l'hiver sous la neige et qui, au lieu de voir fleurir les pâquerettes au printemps, contemple la saleté étale incrustée dans la glace dont elle est prisonnière depuis presque six mois. Elle qui habituellement ne mâche pas ses mots est restée bouche bée devant le spectacle désolant de cette saleté noire et glacée.
mardi 6 mars 2007
Froid polaire
L'image vient d'iciSelon ce que je peux voir à l'écran (et dans les fenêtres de l'appartement), c'est aujourd'hui la journée la plus froide de notre hiver. À 7 heures, la température ressentie est de moins 37 degrés Celsius. Il faudra prendre des leçons de l'ours polaire pour apprendre à (sur)vivre dans ces froids extrêmes.
LES TEMPERATURES BASSES COMBINEES AUX FORTS VENTS CAUSENT DES CONDITIONS DE REFROIDISSEMENT EOLIEN EXTREME SUR LA PLUPART DES REGIONS DU SUD ET DU CENTRE QUEBECOIS CE MATIN. QUELQUES SECTEURS PLUS A L'EST SERONT AUSSI AFFECTES LA NUIT PROCHAINE ET MERCREDI ALORS QUE LE DOME D'AIR FROID DERIVERA LENTEMENT VERS L'EST.
DES VENTS VIFS DU NORD-OUEST ENTRAINENT UN DOME D'AIR ARCTIQUE SUR LE QUEBEC. DES CONDITIONS DE REFROIDISSEMENT EOLIEN EXTREME TOUCHENT LA PLUPART DES REGIONS CE MATIN. LE SUD DU QUEBEC CONNAITRA UNE LENTE AMELIORATION DE CES CONDITIONS GLACIALES AU COURS DE LA JOURNEE ALORS QUE CERTAINS SECTEURS PLUS A L'EST SERONT AFFECTES EN FIN DE JOURNEE ET LA NUIT PROCHAINE. DES BOURRASQUES DE NEIGE SE DEVELOPPERONT EGALEMENT SUR LA COTE NORD DE LA GASPESIE REDUISANT LA VISIBILITE A PRESQUE NULLE SUR CERTAINS SECTEURS.

samedi 26 novembre 2005
Exercice de diction : prononciation du « f »...
Il fait froid... Et pourtant, nous ne sommes encore qu'en novembre ! Si nous nous plaignons quand le mercure descend à peine sous le point de congélation, que dirons-nous en janvier quand les grands froids seront la norme et qu'avec l'effet du vent, nous aurons la sensation qu'il fait moins trente-cinq ou moins quarante degrés Celsius ? C'est psychosomatique, on dirait : ces premiers signes du froid, combinés au triste spectacle des arbres nus, squelettiques, nous font anticiper ce que risque d'être l'hiver.... En fait, nous souffrons trois fois plutôt qu'une. D'abord, nous souffrons du froid léger que nous connaissons en ce moment ; nous anticipons ensuite les froids à venir et, lorsqu'ils seront là, nous en souffrirons encore, comme si c'était pour la première fois... 
La grande Colette, de la fenêtre de son appartement du Palais royal, aimait observer la vie, la ville et ses passants. Il faut dire qu'en raison d'un problème à la hanche, gauche ou droite, elle devait passer une bonne partie de son temps allongée ; elle s'était fait installer une table pour continuer d'écrire, même au lit. Lorsque Colette y habitait, le Palais royal n'avait pas encore dans sa cour ces colonnes de Buren... J'imagine qu'elle aurait préféré cette vue.

Colette nous propose un petit exercice de prononciation du « f », sous le signe du froid ; voici quelques lignes tirées de Paris de ma fenêtre, fenêtre qui s'ouvrait alors sur le Palais royal :
Il fait froid. Ces deux f, vous les lisez dans la double bouffée d'haleine qui sort des bouches. Ce sont ces deux mots qui se voient de loin. « Fait froid... » si une minorité heureuse se tient au chaud, elle subit la règle, elle ne peut se dérober à la pensée du froid, à sa réalité, au souci de ceux qui souffrent du froid.

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