Que vous arriviez ici par hasard ou parce qu'on vous en a indiqué le lien, soyez le bienvenu. Vous n'y trouverez cependant rien de croustillant, de spectaculaire ou quoi que ce soit qui ait un lien avec la mode ou même l'actualité criante...
Comme la beauté, la santé ou la richesse, le printemps n'est pas le même pour tout le monde.
Alors que les fleurs sont sorties depuis un bon moment déjà dans les jardins européens, il y a encore de la glace dans les jardins de Montréal. Ce 4 avril, il neigeait et demain, le mercure descendra encore.
Je me souviens très bien des premiers jours d'avril 2008 (en fait, je suis convaincu que je ne les oublierai jamais) ; il fallait alors une grande dose d'optimisme pour croire qu'un jour nous verrions les pâquerettes...
Au retour de mon premier et plus long séjour à Paris, pour tenter d'oublier ma peine et d'occuper le mieux possible le temps que je devrais passer à Montréal avant de pouvoir repartir, je me suis plongé dans les livres. Ma bibliothèque personnelle était vraiment très pauvre, comme moi, sauf que, moi, je voulais croire que j'avais beaucoup de potentiel (tout en me disant que si je faisais quelque chose de ma vie, ma bibliothèque en profiterait, qu'elle s'enrichirait aussi), j'ai commencé à fréquenter la bibliothèque du quartier.
Une jeune fille qui y travaillait était souvent là pour répondre à mes questions quand je cherchais quelque chose que je ne trouvais pas. Nous nous parlions de plus en plus longtemps quand elle avait un peu de temps et très vite, j'ai commencé à l'attendre à la fin de sa journée de travail afin de poursuivre nos conversations qui, je le crains, étaient plutôt des monologues de ma part, à peine ponctués de questions ou de brefs commentaires de la part de mon interlocutrice. Je m'étais mis à lire des ouvrages de philosophie et cette jeune fille participait à mon propre discours sur le monde. Je ne dirais pas que nous étions les nouveaux Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir ; mon amie était moins bavarde que Simone.
Je me souviens qu'un soir, revenant de la bibliothèque, nous étions passés devant la maison du bibliothécaire en chef. Celui-ci était dans son jardin, à l'avant de la maison, en train de tailler ses rosiers. Nous nous étions arrêtés un moment pour parler avec lui ; cette fois-ci, c'est moi qui l'écoutais nous parler de son jardin, de ses rosiers. Si je voulais vous impressionner, je ferais une petite recherche sur Internet afin d'avoir l'air de connaître un peu les règles du jardinage, les différentes variétés de roses, etc.
Pendant que j'écoutais le bibliothécaire parler de ses rosiers, je ne pouvais m'empêcher de rêver au genre de vie qu'il devait mener. N'avait-il pas une situation de rêve ? Il vivait parmi les livres et les roses. Je dois dire que cette façon de vivre risquait de compromettre un autre rêve que j'avais commencé à échafauder : celui de devenir diplomate et d'obtenir un premier poste à Athènes d'où je pourrais rayonner pour aller à la découverte des racines de notre civilisation...
Je ne suis devenu ni diplomate, ni bibliothécaire, et pas même jardinier. Je n'ai même pas un balcon sur lequel je pourrais déposer quelques pots de fleurs. Je n'ai cependant jamais oublié le conseil de Candide : « il faut cultiver notre jardin ». Ni diplomate, ni bibliothécaire, ni jardinier, je suis cependant devenu amoureux et, depuis un an, j'envoie chaque jour au moins une rose virtuelle à mon amoureux. Il manque aux roses virtuelles leur doux parfum ; mais elles ont l'avantage de fleurir en toutes saisons et de rester toujours fraîches. L'imagination et le sentiment amoureux font le reste.
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Ajout : Mon amoureux m'écrit que le parfum de mes roses emplit son coeur et sa maison. Ne suis-je donc pas le plus heureux des jardiniers ?
Ce matin, alors que je lisais un peu avant d'entreprendre sérieusement ma journée, j'écoutais de la musique. Je n'écoute pratiquement plus de musique que sur mon ordinateur, que ce soit la radio sur Internet si elle n'est pas trop bavarde, ou encore des fichiers musicaux sur un lecteur. Les appareils de radio de l'appartement ne servent plus à rien. J'ai copié presque tous mes disques et les ai convertis en fichiers mp3. Les disques sont maintenant dans des boîtes. Les fichiers, les listes sont plus faciles à gérer. Je fais des listes homogènes, de chansons ou de musique instrumentale, classique ou autre, et d'autres listes sur lesquelles je mélange à peu près tous les genres (sauf le jazz que je ne tolère pas). Je fais jouer ces fichiers musicaux dans l'ordre de la liste ou de façon aléatoire. Il m'arrive ainsi d'avoir des surprises, de découvrir une pièce musicale à laquelle je n'avais pas porté attention.
Ce matin, donc, en entendant la musique qui suit, j'ai voulu savoir ce que c'était. Le compositeur en est Enrico Toselli, un nom que je n'ai jamais vu auparavant. Une petite recherche sur Internet n'a pas donné beaucoup de résultats. J'ai pu au moins apprendre qu'il est né à Florence en 1886 et mort en 1926, je ne sais où.
Il s'est surtout fait connaître par cette sérénade. Aujourd'hui, cependant, ce sont généralement ses interprètes qui sont plus connus, notamment celui qui joue sur cet enregistrement. J'aurais voulu faire entendre la version chantée par Tino Rossi, mais je ne l'ai pas trouvée (non, non, je sais que Tino Rossi n'est pas exactement un contemporain de Toselli).
Ma perruche qui est un peu mélomane - elle n'a pas vraiment le choix, la pauvre, puisque nous partageons le même appartement, elle partage aussi ma musique ; parfois c'est elle-même qui en réclame - aime bien cette pièce musicale. Je ne saurais dire si c'est à cause du violon ou du chant d'oiseau qui l'accompagne. Quant à moi, j'ai bien reconnu le violon, mais pas l'oiseau.
Cette musique, ce matin, me rappelle un très agréable repas que j'avais pris dans le jardin d'un restaurant des Laurentides avec une vieille amie. Pendant que nous mangions, des haut-parleurs dissimulés dans les arbres diffusaient ce genre de musique. Elle était présente mais assez discrète pour ne pas attirer l'attention.
Ce genre de musique (les oiseaux en moins) me rappelle surtout de belles scènes de grands films, comme Mort à Venise, le Guépard, deux films de Visconti, pour ne nommer que ceux-là. Je revois l'Hôtel Les Bains de Venise, ou le palais du prince sicilien don Fabrizio Salina...
Ce n'est pas le genre de musique que j'écoute tous les jours, mais ça change de Gustav Mahler, de Dmitri Chostakovitch. Et puisque le printemps est là, qu'il invite à profiter du beau temps, de la nature, des parcs, du jardin ou du balcon, pourquoi ne pas faire de cette sérénade une salutation au printemps ?
« Nous ne sommes [...] que
nos apprentissages et nos souvenirs, rien d'autre que le récit que nous nous faisons de nos actions et de nos pensées. » Michel del Castillo, Les portes du sang
« I trust only you in this world. » (« Je n'ai confiance qu'en toi en ce monde. ») Alexandre le Grand à Héphaistion - Alexander à Alcib.
Alexandre - Bucéphale
Drapeaux
Alexander avait fixé sur son sac à dos, qui le suivait vraiment partout, le drapeau du Québec car il portait les couleurs de son coeur, les couleurs de son Alcib.
« And is there honey still for tea ? » Rupert Brooke
Oscar
« Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre-nous regardent les étoiles. » Oscar Wilde
Alcibiade
« ... - Apollodore, me dit-il, je te cherchais justement ; je voulais te demander ce qui s'était passé chez Agathon, le jour où Socrate, Alcibiade et plusieurs autres y soupèrent. On dit que toute la conversation roula sur l'amour... » Platon, Le Banquet.