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dimanche 17 août 2014

Schlafe,mein Prinzchen, schlaf ein - Dors, mon Petit Prince



Dors, mon Petit Prince

Schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
Schäfchen ruh'n und Vögelein,
Garten und Wiesen verstummt,
auch nicht ein Bienchen mehr summt,
Luna mit silbernem Schein
gucket zum Fenster herein,
schlafe bei silbernem Schein,
schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
schlaf' ein, schlaf' ein!

Alles im Schlosse schon liegt,
Alles im Schlummer gewiegt,
reget kein Mäuschen sich mehr,
Keller und Küche sind leer,
nur in der Zofe Gemach
tönet ein schmachtendes Ach!
Was für ein Ach mag das sein?
Schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
schlaf' ein, schlaf' ein!

Wer ist beglückter als du?
Nichts als Vergnügen und Ruh'!
Spielwerk und Zucker vollauf
und noch Karossen im Lauf,
Alles besorgt und bereit,
dass nur mein Prinzchen nicht schreit.
Was wird da künftig erst sein?
Schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
schlaf' ein, schlaf' ein!

Longtemps attribuée à Mozart, cette berceuse, l'une des plus célèbres, aurait plutôt été composée par Bernard Flies, dont on ne connaît pas grand-chose, sauf qu'il serait né à Berlin vers 1770. Des sources plus récentes indiquent que la berceuse aurait plutôt été composée au XVIIIe siècle par Johann Friedrich Anton Fleischmann, compositeur allemand.

J'aurais aimé, enfant, m'endormir au son de cette berceuse ; mais je ne me souviens pas avoir jamais entendu ma mère chanter. Je suis toutefois persuadé, même si nous n'avons pas eu l'occasion de parler de celle-ci, qu'Alexander a dû l'entendre souvent, et peut-être même en allemand car je crois que sa mère avait du sang allemand.

vendredi 5 avril 2013

Les Roses d'Alexander

Il y a deux ou trois jours, en marchant vers la Grande Bibliothèque où je me rends au moins une fois par semaine, je pensais à l'anniversaire de naissance d'Alexander, dont la date approchait ; je me disais que j'irais chercher de jolies roses. Arrivé à la bibliothèque, avant d'aller chercher les documents que j'avais réservés, je me suis dirigé, comme je le fais toutes les fois, vers un grand présentoir de livres de toutes catégories. J'y jette toujours un coup d'œil rapide et il m'arrive de faire là des découvertes très intéressantes. Il y a là des parutions récentes, mais pas uniquement ; aussi bien des romans que des livres de recettes, des livres sur les musées ou sur l'architecture, des manuels d'utilisation de logiciels, des essais sur la santé physique ou mentale, des biographies, etc.

Or, cette fois-ci, il y avait devant moi un livre sur les roses. Déjà, au cours des deux ou trois dernières années, j'avais emprunté quelques livres sur les roses, ce qui était une autre façon pour moi d'approfondir ma connaissance de l'univers d'Alexander. Je n'avais jamais vu celui-ci ; je l'ai saisi, feuilleté, j'ai lu quelques lignes au hasard des pages... Les illustrations étaient belles, non pas des photos mais des dessins très réussis, sans doute à l'aquarelle ; on aurait cru respirer leur parfum... J'ai décidé de l'emprunter ; je l'ai mis sous mon bras et je suis allé chercher les deux autres livres qui m'attendaient. L'un qui aurait beaucoup intéressé Alexander, s'il ne l'avait pas déjà dans sa bibliothèque : un très beau livre d'Édouard Brasey, La Grande Encyclopédie du merveilleux.


Je ne vois pas comment Alexander aurait pu passer à côté d'une telle encyclopédie qui présente « les peuplades féeriques, elfes, lutins, sirènes ou nains, les bêtes terrifiantes comme les dragons, les licornes, les griffons, les gargouilles, mais aussi les créatures de la nuit, les loups-garous, les vampires, les trolls, les cyclopes, les géants, les orques, les titans... » (présentation de l'éditeur). Mais comme cette édition est sortie à l'automne 2012 (j'ai demandé à la bibliothèque d'en faire l'achat ; depuis, je ne suis pas seulement le premier à l'avoir emprunté, plusieurs fois, mais le seul à l'avoir fait jusqu'à présent), Alexander devait avoir l'édition précédente, la « petite » Encyclopédie...

En possession de mes trois livres (l'autre est un livre sur Luca Penni, un peintre disciple de Raphaël, récemment exposé au Prado, puis au Louvre), je me suis dirigé vers un poste libre-service pour y enregistrer mes emprunts. Tout allait bien pour les deux livres que j'avais réservés, mais le système informatique refusait de me laisser emprunter le livre sur les roses. J'ai essayé plusieurs fois et j'obtenais toujours le même message, demandant de me présenter au comptoir du prêt. Il y avait une longue file d'attente ; je me suis plutôt présenté à l'accueil en demandant pourquoi je ne pouvais pas emprunter ce livre. La préposée a regardé le code à l'endos et m'a vite répondu que ce livre avait été « retiré de la collection de prêt et de référence » ; il avait été mis en vente ; quelqu'un l'avait acheté, il y a quelques mois, et il a été déposé récemment sur un présentoir de la bibliothèque. « Vous n'avez pas besoin de l'emprunter ; ce livre est à vous... pour toujours », a-t-elle ajouté avec un grand sourire.

Je suis rentré chez moi tout joyeux. Non seulement je recevais en cadeau un livre qui m'intéressait beaucoup, mais puisque j'avais pensé aux roses avant d'entrer à la bibliothèque, que j'avais l'intention d'en acheter pour Alexander, je me suis dit que, très certainement, il ne pouvait s'agir que d'un clin d'œil d'Alexander pour signifier qu'il est là, toujours présent, qu'il peut lire mes pensées et, même, intervenir dans ma vie.

Un peu plus tard, en parlant à ma voisine, je lui ai raconté cet événement. Spontanément, sans aucune hésitation, elle s'est exclamée : « C'est un signe d'Alexander ! »


Il y a exactement trente-et-un an naissait en Angleterre ce petit ange qui allait devenir ce garçon merveilleux qui a transformé ma vie et que, en attendant de nous voir réunis sur son étoile, j'aimerai jusqu'à mon dernier souffle. Hier soir je suis allé acheter des roses, roses comme celles qu'il m'a envoyées, comme celles, virtuelles, que je lui envoyais tous les jours. Elles sont magnifiques !

samedi 4 juin 2011

Plume d'ange

Je ne me souviens plus de la dernière que j'avais vu les étoiles. Quand il ne pleuvait pas, le ciel était couvert depuis longtemps et les étoiles n'étaient plus visibles. Je me suis senti encore plus séparé de mon Petit Prince. Cette nuit, je suis sorti et j'ai vu quelques étoiles dans le ciel. Tout va bien, alors.


Durant une dizaines de jours, alors que les étoiles n'étaient pas visibles, je voyais des petites plumes blanches partout dans l'appartement. En les voyant flotter dans l'air de ma chambre, j'ai d'abord cru qu'il s'agissait de duvet d'oie provenant de la couette sur mon lit. Mais je les voyais aussi bien dans le cuisine, dans la salle de bain que dans le salon. Puisqu'il y a des moustiquaires aux fenêtres, ces plumes ne venaient pas de l'extérieur. Il est fort possible qu'elles viennent de ma couette de duvet d'oie, mais alors, puisque cette couette se trouve sur mon lit depuis des années, pourquoi n'ai-je pas vu auparavant les plumes dans l'air ? Et si l'usure de la couette permet aux plumes de s'enfuir, pourquoi n'y en a-t-il plus dans l'air depuis quelques jours ?

J'écoutais l'autre soir Lisa Williams, cette Britannique qui vit en Californie, qui parle avec les personnes disparues et qui anime à la télévision une émission hebdomadaire au cours de laquelle elle sert d'interprète entre des personnes disparues et leurs proches curieux d'avoir de leurs nouvelles. Lisa Williams demandait à quelqu'un si elle avait remarqué des plumes autour d'elles, à la maison et même à l'extérieur ; c'était, semble-t-il l'un des moyens utilisés par une personne chère disparue pour exprimer sa présence. J'ai alors pensé que, puisqu'il n'y avait pas d'étoiles depuis quelque temps, Alexander avait aussi adopté ce moyen de manifester sa présence.

vendredi 6 mai 2011

Étoiles du soir


« Le soir est une grande plaine
Où les anges jouent aux billes
Avec les étoiles. »

Maurice Carême, Poèmes de gosses

dimanche 22 août 2010

Inquiétudes

Lundi dernier, c'était l'anniversaire d'un ami, Michel, qui habite juste au nord de Montréal (ainsi que l'anniversaire d'Erwan, l'ami français avec qui je suis allé quelques fois prendre un verre l'été dernier, alors qu'il était de passage à Montréal). J'avais tenté de joindre Michel au téléphone dimanche dernier, la veille de son anniversaire ; il n'était pas chez lui : je lui ai donc envoyé mes voeux par courrier électronique. Il les a reçus en arrivant au bureau le matin de son anniversaire, et il m'a envoyé un mot pour me remercier. (J'avais aussi envoyé un message à Erwan, qui m'a très gentiment répondu en me donnant de ses nouvelles ; on peux donc affirmer que les voeux d'anniversaire, s'ils sont envoyés par courrier électronique, parviennent aussi vite à destination en France qu'à Montréal).

Comme c'est mon anniversaire neuf jours après le sien, Michel avait décidé vendredi de m'inviter chez lui le lendemain, avec d'autres de ses amis. Vendredi après-midi, pendant que j'étais parti à la bibliothèque, Michel a laissé chez moi un message vocal. Je suis rentré tard et comme mon téléphone ne sonne pratiquement jamais, je n'ai pas vérifié si j'avais des messages.

Ce matin (dimanche), le téléphone m'a réveillé tôt. Comme le répondeur, toujours branché, se met en marche au deuxième coup de sonnerie, je n'ai pas pris la peine de me lever ; je ne veux pas laisser croire qu'on peut m'appeler tôt le matin, surtout le dimanche, pour me parler de la pluie et du beau temps. J'aime me lever tôt justement pour lire ou écrire avant que ne commence l'agitation de ceux qui ne peuvent jamais rester tranquilles ni respecter la paix d'autrui.

En me levant, j'ai pris connaissance des deux messages : celui de vendredi, (dont j'ignorais l'existence) pour m'inviter le lendemain, et celui de ce matin, beaucoup plus sérieux,; Michel se disait inquiet car il n'avait pas eu de mes nouvelles « depuis longtemps » et il aimerait que, si quelqu'un écoutait ce message, on l'appelle pour lui donner de mes nouvelles.

J'ai rappelé plus tard, après avoir pris mon petit déjeuner et lu un moment. Michel n'était plus là (il ne peut pas rester en place). L'ami qui partage la maison avec lui m'a expliqué que Michel était très inquiet. Samedi midi, ils sont venus tous les deux sonner chez moi. J'étais sorti faire des courses mais, même si j'avais été là, n'attendant personne, je n'aurais pas répondu. Ils sont repartis plus inquiets encore. En passant devant un poste de police, ils sont entrés et ont demandé si la police pouvait faire quelque chose... (Heureusement, les policiers ne sont pas venus enfoncer la porte de l'appartement !) On leur a expliqué que si j'avais été victime d'un accident ou d'un malaise, c'est la famille qui aurait été prévenue... De plus en plus inquiet, Michel voulait s'arrêter dans une église pour... allumer un cierge. Avec les amis qui l'accompagnaient, il était déjà en train de composer mon éloge funèbre.

J'écoutais tout cela et je ne savais pas ce que je devais penser. C'est rassurant de savoir que j'ai au moins un ami qui peut s'inquiéter de mon sort (il a déjà été échaudé : il y a quelques années, un ami commun est décédé à Paris et, si nous n'avions pas fait une enquête, nous n'aurions même jamais su qu'il était décédé : la famille n'a pas jugé utile de prévenir les amis). Mais c'est aussi très inquiétant d'apprendre que si l'on ne répond pas immédiatement aux messages d'un ami, on risque de voir arriver chez soi les policiers, les pompiers, les ambulanciers, le serrurier... alors que l'on voudrait simplement boire son thé en paix.



Quand Alexander, après avoir été renversé par une voiture, s'est retrouvé sur une civière à l'urgence de l'hôpital où il travaillait, il était très inquiet : il pensait bien sûr à son chat, à son chien, aux êtres qu'il aimait... J'étais l'un d'eux et, comme il était déjà amoureux, il aurait voulu que je sois là pour le rassurer, le serrer dans mes bras ou, tout au moins, lui tenir la main... Mais si quelques personnes de son entourage connaissaient mon existence et tout l'amour qu'Alexander éprouvait déjà pour moi, personne n'avait mes coordonnées. « Et si j'étais vraiment parti sur la Lune, il n'y aurait même eu personne pour te le dire... », m'a-t-il écrit deux jours plus tard. Je sens encore toute l'angoisse qu'il y avait dans ces mots. C'est vite devenu l'une de mes inquiétudes aussi : s'il arrivait quelque chose à l'un d'entre nous, comment l'autre en serait-il informé ? Quand Alexander a été obligé de s'absenter un peu plus longtemps que prévu, sans pouvoir communiquer avec moi, j'ai d'abord été inquiet puis rassuré de recevoir un message de « docteure Jane » ; nous avions désormais un ange qui assurerait la communication entre nous... De mon côté, j'ai demandé à un ami s'il voudrait bien communiquer avec Alexander s'il m'arrivait quelque chose, puis j'ai donné son nom et ses coordonnées à Alexander.

En lisant ce blogue, deux compatriotes d'Alexander ont vite reconnu le Petit Prince dont je parlais. Alistair a connu Alexander au début de leur adolescence : ils étaient pensionnaires au même collège et puisqu'ils se ressemblaient beaucoup, ils sont assez rapidement devenus amis... Depuis le jour où, « par hasard », il a découvert le blogue (moi, je crois plutôt qu'Alexander l'a guidé), Alistair m'a écrit tous les jours... jusqu'au 10 décembre dernier. Nous avons appris, après Noël, qu'Alistair avait eu un très grave accident le 12 décembre et qu'il était encore aux soins intensifs d'un hôpital de Londres. « Docteure Jane » s'est immédiatement rendue à Londres mais, puisqu'elle n'était pas de la famille officielle, on n'a rien voulu lui dire sauf... un petit détail qui a échappé au personnel médical et qui nous a bouleversés. Dès sa première rencontre avec Alistair, Jane l'avait adopté : Alistair est vraiment comme un petit frère d'Alexander ; c'est ce que j'avais perçu dans sa correspondance... Alistair fait partie de notre petite famille d'êtres chers. Il me manque. Nous avons su, début janvier, que son père est venu le chercher à l'hôpital mais nous sommes depuis sans nouvelle. Je continue de lui écrire, en espérant recevoir bientôt une réponse...

L'autre Britannique, lecteur de ce blogue, n'a pas connu Alexander personnellement ; Alexander ne savait pas qui il est mais lui sait très bien qui est Alexander : il l'a aperçu quelques fois à Londres et il le trouvait très beau, toujours très élégant avec une pointe d'excentricité. Alexandre (c'est son nom. En fait il s'appelle aussi Alexander mais pour ne pas me faire de peine, il signe « Alexandre ») est aussi très digne d'être un ami d'Alexander. C'est aussi un garçon extraordinaire et sa vie est un roman, à la fois merveilleux et tragique. Alexandre m'a écrit vers la fin du mois de juin pour me confirmer qu'il allait subir une opération qui nécessiterait ensuite au moins quelques semaines de convalescence et de réadaptation... Il n'avait pas envie de cette opération et surtout, il n'avait pas envie de se séparer durant tout ce temps de son ami Maurice, un grand chien très doux. Je savais que je n'aurais pas de ses nouvelles durant quelques semaines, car il n'aurait pas accès à Internet ; mais nous arrivons à la fin du mois d'août... Alexandre, vous me manquez. Donnez-moi vite de vos nouvelles.

Ces dernières semaines, d'autres inquiétudes sont venues d'Angleterre, dont je ne connais pas encore toutes les répercussions. L'encens et les bougies occupent tout un coin de mon salon et je demande plusieurs fois par jour que les anges veillent sur tous les membres de notre petite famille...

dimanche 4 juillet 2010

Un ange dans le ciel...

Photo prise par Noëlle, ce matin à Montréal ; source : Météomédia

lundi 5 avril 2010

Tout rose et vêtu de blanc, beau comme un ange...

Sa « chute » sur la Terre, le 5 avril 1982, s'est faite dans les meilleures conditions, en douceur, comme son départ. C'est à croire que le mot « discrétion » était inscrit dans les étoiles pour lui.

Alexander était pourtant ardemment désiré et attendu. À la maternité où sa mère est arrivée durant la nuit, tout était prêt pour l'accueillir. La chambre elle-même était très jolie, avec des couleurs très douces.

Sa première valise était ouverte sur un canapé, contenant plein de jolis vêtements de laine blanche ainsi qu'un charmant petit lapin tout aussi blanc.


Il n'est pas étonnant qu'il ait tant aimé ces petites bêtes de poil ou de peluche. Il aimait surtout ceux qui ont les oreilles tombantes, comme celui, rose, qui est arrivé chez moi en août 2008, en provenance de Londres et passant par Bordeaux.

Les fleurs ne tardèrent pas à arriver, que le papa avait demandé au personnel de garder en attendant la venue du Petit Prince tant attendu.

Jane, la meilleure amie de la mère est vite arrivée pour remplacer auprès d'elle le père qui avait besoin de se remettre de ses émotions. Tout vêtu de laine et de dentelle blanche, Alexander avait l'air d'un petit ange. Contrairement à bien des bébés naissants, Alexander n'était pas rouge et froissé comme quelqu'un qui vient de vivre une nuit difficile. Il était très beau, tout rose avec des petits cheveux noirs. De grands yeux verts, ouverts sur ce qui l'entourait, semblaient pressés de découvrir ce monde qui allait l'enchanter durant plusieurs années. Ses petites mains roses serrent déjà les doigts amoureux qu'on leur présente.

Alexander bébé pleurait rarement. La vie lui fournira plus tard plusieurs occasions et plusieurs raisons de pleurer. Moi-même, sans le vouloir évidemment, je l'aurai fait pleurer aussi ; j'aimerais tant pouvoir revenir en arrière pour effacer ces mauvais souvenirs.

Le soir de ce cinq avril 1982, Charles, le grand frère qui n'avait pas encore deux ans arrivait à la maternité, fou de joie de connaître enfin son petit frère. Au fil des ans, cet amour inconditionnel et réciproque n'a jamais fait défaut. Alexander lui-même m'a raconté des moments de complicité et de tendresse dont je préserverai le secret.

Quelques jours plus tard, dans le parc entourant la grande maison, sa mère plantait un marronnier rose (non, s'il avait été blanc plutôt que rose, je ne crois pas que l'orientation sexuelle d'Alexander aurait été différente). Alexander a lui-même très bien parlé de son ami le marronnier en commentaire à ce billet du 4 août 2008.

J'aurais aimé aller un jour avec Alexander embrasser son « jumeau », le grand marronnier de vingt-huit ans...

lundi 8 mars 2010

Femmes de coeur


On pourrait croire parfois que le simple fait d'être une femme dans un monde généralement fait par des hommes pour des hommes est un exploit en soi. Certaines s'en tirent mieux que d'autres. Mais rien n'est jamais vraiment gagné de façon définitive, ne serait-ce que pour les salaires.

J'ai connu plusieurs femmes formidable, des artistes, des femmes d'affaires, des dirigeantes, etc. Mais, comme pour tout le reste dans la vie, on ne connaît bien que ce que l'on apprivoise, que celles et ceux que l'on apprend patiemment à connaître. J'ai eu l'occasion, depuis quelques mois, de vérifier la qualité de la présence de certaines amies ; il y a des jours où, vraiment, je ne sais pas dans quel état j'aurais terminé la journée et commencé la nuit si je n'avais pas eu l'oreille attentive et le coeur ouvert de certaines de ces amies. Je pense notamment à Pierrette qui, à l'âge où la plupart des gens sont à la retraite depuis un bon moment, continue de travailler et de conseiller des gens qui vivent des situations difficiles. Le soir, chez elle, son téléphone ne dérougit pas car la famille et les amis veulent aussi bénéficier de son écoute et de ses conseils. Je pense à une autre amie, à l'une de mes soeurs, ... Je les remercie de leur présence réelle.


Alexander n'a pas eu la chance de bien connaître sa mère car celle-ci est décédée alors qu'il n'avait que quatre ans. Il a pu toutefois compter sur l'amour inconditionnel d'une grand-mère extraordinaire qui lui a appris énormément de choses, dont le nom des oiseaux, des plantes, etc. Il y avait tellement d'amour, d'admiration, dans ses mots lorsqu'il me parlait de sa grand-mère que je rêvais de venir avec Alexander m'asseoir au coin du feu afin qu'elle me parle du petit garçon merveilleux qu'il était. J'ai vécu avec lui, à distance, les inquiétudes que l'on ressent profondément lorsque ceux que l'on aime sont en cause.

Il a eu le malheur de perdre sa marraine alors qu'il n'avait que quinze ans. Elle était une femme remarquable, mais elle était surtout sa marraine qui l'aimait inconditionnellement et qui l'encourageait à rester lui-même, à résister aux pressions familiales qui voulaient faire de lui un garçon plus lisse, plus conventionnel. Et puis elle était la mère de cousins avec qui il aura passé beaucoup de temps pour tenter d'oublier qu'il n'y avait pas de maman à la maison.

Plus tard, à la fin de ses études de médecine, il a pris un appartement près du palais de Westminster. Il a eu la chance d'avoir comme voisine une autre femme formidable qui est vite devenue une amie, une complice... Il aimait beaucoup jouer avec elle au backgammon car, contrairement à Alexander le bouledogue, Abigail ne trichait pas ; celui ou celle qui avait remporté dix parties se faisait organiser par l'autre toute une journée, qui pouvait consister en une sortie au musée, au cinéma, au concert, repas au restaurant, etc. Même Alexander bull adorait recevoir une invitation d'Abigail ; il se faisait beau pour descendre à son appartement. Depuis le départ d'Alexander, Abigail ne pouvait plus tolérer son absence ; elle ne pourrait plus lui apporter de la soupe de légumes, un plat de lentilles, des macarons, etc. ; aller et venir dans cet immeuble en sachant qu'elle n'y retrouverait pas la présence aimante et attentive d'Alexander lui est devenu insupportable : Abigail a quitté son appartement pour aller vivre chez ses enfants à l'extérieur de Londres.

Et enfin, une autre femme a joué un rôle immense dans la vie d'Alexander. Comme elle était la meilleure amie de sa mère, Jane considérait que, d'une certaine façon, son amie lui avait confié son petit ange. Alexander a toujours eu sa chambre chez Jane, à la campagne. Encore maintenant, ses jouets d'enfant sont là, bien présents. Jane a toujours été pour Alexander comme une mère mais aussi une très précieuse amie, une grande complice. Quand Alexander ne pouvait pas communiquer avec moi, soit parce qu'il y avait une panne d'électricité ou d'Internet, soit parce qu'il était à l'hôpital, Jane était là pour me donner des nouvelles d'Alexander et pour lui transmettre mes messages, pour lui imprimer ce que je lui écrivais aussi bien que les images qui accompagnaient mes mots. Jane était là pour le rassurer lorsqu'il était inquiet, pour recevoir ses confidences, pour lui trouver des objets qui lui feraient grandement plaisir. Et surtout, elle aura été présente jour et nuit jusqu'au dernier souffle, tenant avec amour la main de notre petit prince, lui disant les mots qui apaiseraient ses angoisses, écoutant les siens. Depuis le départ d'Alexander, Jane est absolument inconsolable. Sa présence, ses messages presque quotidiens, me sont si précieux, indispensables. Et si elle n'était pas là, Alexander le bouledogue se laisserait sûrement mourir. Si je n'avais qu'une seule médaille à décerner aujourd'hui, c'est à Jane qu'il faudrait la remettre. Je sais que toutes les femmes qui ont tellement compté pour Alexander seraient d'accord avec moi. Bonne fête, Jane.
Bonne journée internationale des femmes.

samedi 7 novembre 2009

Où est passé Alex ?

L'ange gardien d'Alexander, comme il se doit, s'appelait Alex. Il avait depuis l'enfance développé avec lui une belle complicité. Malgré les coups durs que la vie lui avait fait connaître, Alexander gardait la foi et la confiance en son ange gardien, son ami Alex.


Il y a déjà plus d'un an, cependant, Alexander se demandait où était passé Alex. Il avait le sentiment que celui-ci l'avait abandonné au moment où il aurait eu justement besoin de lui. Je voulais croire et je m'efforçais de l'encourager à croire que son ami Alex, bien que silencieux, ne l'avait sans doute pas abandonné, mais qu'il travaillait fort pour l'aider à surmonter les épreuves nouvelles.


Un jour, il crut reconnaître Alex dans cet ange aperçu sur des images que je lui envoyais du parc Jeanne-Mance, du mont Royal. Très gentiment comme tout ce que faisait Alexander (sauf lorsqu'on était de mauvaise foi et qu'on abusait de son immense bonté), il l'implora alors de rentrer vite à la maison car il avait vraiment besoin de lui. Alex sut-il l'entendre ? On ne le sait pas. S'il revint vers Alexander, il resta très discret car Alexander ne sentit pas son aide.


Quant à cet ange qu'il crut reconnaître dans ce parc de Montréal, il fut très vite évident qu'il ne s'agissait pas d'Alex ; ce serait plutôt Alexandra.

Il y a aujourd'hui quatre mois qu'Alexander est reparti sur son Étoile, dans le voisinage de notre Lune. Il me manque terriblement ! Son absence n'est pas plus facile à accepter aujourd'hui qu'elle l'était il y a un mois, il y a trois ou quatre mois. La seule consolation que je puisse trouver, c'est que mon ange gardien, j'en suis de plus en plus certain, s'appelle désormais Alexander.

vendredi 27 février 2009

Que le ciel soit avec nous...

...que les dieux nous soient favorables.


« Oui, il faut que le ciel nous aide un peu. Merci pour tout l'amour que vous lui donnez ; je sais que c'est pour vous qu'il se bat. Et je suis très fière de lui », me dit docteur Jane.

J'en suis tellement conscient, à chaque instant ! Et je suis si fier de lui aussi.

Devant tant d'amour, je ne peux qu'essayer d'en être digne et de l'aimer de tout mon être, plus que tout au monde.


mardi 30 septembre 2008

Sous les ailes d'un ange...

Hier soir en lisant au hasard encore quelques pages d'un livre qui n'est pas un livre religieux ou spirituel, si ce n'est que la créativité est liée d'une façon ou d'une autre à la spiritualité, je suis tombé sur cette citation de saint François de Sales : « Faites-vous ami avec les anges qui, même s'ils sont invisibles, sont toujours à vos côtés. Invoquez-les souvent, louez-les constamment et faites bon usage de leur appui dans toutes vos activités, qu'elles soient temporelles ou spirituelles. »

L'image vient d'ici

Baptisé et élevé dans la religion catholique, j'ai toujours été conscient de la présence des anges dans mon univers religieux. Je me souviens qu'à l'école primaire, par exemple, on collait dans nos cahiers de jolis petits anges si nous avions bien fait nos devoirs et si nous avions obtenu une bonne note. J'ai aussi reçu une année, alors que je n'avais pas plus de huit ans, un petit ange musicien de plâtre peint, avec une jolie tunique bleue et des cheveux blonds dorés tirant sur le roux ; j'ai précieusement conservé ce petit ange.

L'image vient d'ici

Indépendamment de la représentation qu'on en fait, les anges sont considérés dans plusieurs cultures comme des messagers ; les religions en font, bien entendu, des messagers de Dieu. Religieux ou laïques, les anges ne sont-ils pas, dans tous les cas, des représentations de l'esprit, de l'idéal spirituel, des messagers chargés de nous aider à atteindre ce que nous souhaitons le plus, que ce soit de l'ordre affectif, moral, spirituel... Tous les anges n'ont pas la même fonction ; on pense aux enfants par exemple, dont la beauté et l'innocence nous font penser à la douceur et la pureté que certains anges apportent sur terre. Certaines personnes tiennent beaucoup à la présence de leur ange gardien, partout où ils vont, dans tout ce qu'il font...


Et vous, croyez-vous aux anges ? Que représentent-ils pour vous ? Sont-ils présents dans votre vie quotidienne ? L'ont-ils déjà été davantage, dans votre enfance, par exemple ? Avez-vous un ange attitré ou plusieurs anges comme plusieurs amis ? Comment les voyez-vous ? Leur donnez-vous une apparence précise ? Qu'attendez-vous d'eux ? Ont-ils un rôle précis ou interviennent-ils à tout moment dans votre vie ? Parlez-nous de votre ange, de vos anges.

samedi 27 septembre 2008

Petit garçon solitaire


Je remercie chaleureusement « Docteur Jane » de m'avoir fait parvenir cette merveilleuse aquarelle d'un petit garçon qui, avec des cheveux noirs plutôt que blonds, est le portrait un peu plus jeune du Petit Prince que nous aimons et qui est hospitalisé en ce moment. Je remercie « Docteur Jane » aussi pour son rôle doublement angélique : celui d'ange gardien et d'ange messager. Merci pour sa présence, fidèle et aimante, auprès de lui durant ces jours difficiles et pour avoir si bien su, avec tant d'amour et de délicatesse, transmettre de part et d'autre la confiance et la détermination ainsi que les mots tendres qui permettent à chacun de retrouver chaque jour le sourire. Merci de poursuivre sa mission, le temps qu'il faudra...

Rassurons-nous, il n'a pas l'intention de retourner tout de suite sur son étoile et nous ne le laisserons pas partir. Il a encore trop de bonnes choses à vivre parmi nous, trop de bien à accomplir sur Terre, et nous avons trop besoin de lui. Et puis nous sommes au moins quelques-uns à avoir été séduits et conquis par son indéfectible amour. Le nombre importe peu ; ce qui compte, c'est l'amour inconditionnel que nous avons pour lui, en essayant d'être vraiment dignes du sien.

Il y aurait tant à dire à son sujet ! Discret, et même timide, il n'aime pas que l'on attire trop l'attention sur ses innombrables qualités. Et puis, en essayant de dresser son portrait intellectuel et moral, je ne manquerais pas de faire de nombreux jaloux. Je me limiterai à deux mots qui le résument assez bien : merveilleux et adorable. Merveilleux, comme un être venu d'ailleurs, qui n'aurait pas connu le péché originel ; il sait voir immédiatement ce qu'il y a de bon en chacun et s'apprête à faire confiance ; comme il est loin d'être bête, il sait aussi tout le mal que chacun peut faire. Adorable pour tous ceux qui savent s'arrêter de courir, tous ceux qui ont un cœur et à la bouche des mots vivants plutôt que des chiffres. Merveilleux et adorable, il n'est pas que poète : il est lui-même poésie.



Si l'on préfère la version chantée par Nana Mouskouri, on peut l'écouter ici

dimanche 21 septembre 2008

Tendres pensées...

pour quelqu'un qui est hospitalisé depuis samedi.

Dans un livre qui a apporté tant de lumière et de joie sur tant d'ignorance et de solitude, l'un des héros reçoit d'un ami une image montrant « un ange bleu près d'un enfant rose » ; au dos de cette image se lisait cette « prière à l'ange gardien d'un enfant absent », que je reprends volontiers à mon tour :

« Ange gardien de celui que mon cœur vous nomme, veillez avec plus de soin sur lui. Rendez ses pas faciles, ses travaux féconds. Essuyez ses larmes, s'il pleure ; sanctifiez ses joies, s'il en a ; relevez son courage, s'il se sent faible ; ranimez l'espérance, s'il se désole ; la santé, s'il souffre ; la vérité, s'il s'égare ; le repentir, s'il succombe. »

Tous mes voeux de prompte guérison, mon petit Lapin. Je t'aime.

dimanche 29 avril 2007

Tiens, v'là l'printemps !


L'hiver a mis du temps à s'installer et il a mis du temps à s'en aller. Ces dernières semaines, on avait envie de dire de l'hiver ce que Woody Allen disait de l'éternité : « C'est long, surtout vers la fin ! »* Officiellement, le printemps est là depuis plus d'un mois, mais personne n'était dupe. La semaine dernière, il a fait beau et chaud, mais c'était un peu anormal. Ces trois derniers jours, il a plu et le mercure était frileux, comme la plupart des Québécois.

Cet après-midi, je suis allé manger au restaurant, rapidement (ma table étant prise, je n'avais pas envie d'y rester longtemps ; je n'étais pas tranquille pour y lire et y écrire). En sortant du restaurant, j'ai remarqué que le soleil voulait se montrer et j'aimais cette lumière de fin de journée, après la pluie.

J'ai essayé de capter cette lumière, ce léger brouillard qui flottait sur la ville sans que le soleil n'ait eu le temps de l'assécher. Mon appareil photo n'est peut-être pas assez perfectionné pour que je puisse saisir ces nuances dans la lumière, ce léger flou qui atténue les contours. Ou, plus sûrement, je n'ai pas les habiletés qu'il faudrait pour faire de vraies bonnes images.

De toute façon, si je n'ai pas pu les rendre en photos, je suis heureux d'avoir saisi de mes yeux ces nuances de lumière.

Et je suis plus heureux encore de constater que les bourgeons sont sortis et que, d'ici quelques jours, s'il ne fait pas trop froid, les arbres seront couverts de feuilles et l'on aura (presque) oublié l'hiver.


Quelques citations de saison :
  • « C'est en croyant aux roses qu'on les fait éclore. » (Anatole France - 1844-1924
  • « Il y a des pluies de printemps délicieuses, où le ciel a l'air de pleurer de joie. » (Paul-Jean Toulet - 1867-1920)
  • « C'est le printemps, la nature chante des psaumes. » (Félix Leclerc - 1914-1988)
  • « Les fleurs du printemps sont les rêves de l'hiver racontés, le matin, à la table des anges. » (Khalil Gibran - 1883-1931)
  • « Un rayon de soleil vaut tous les livres du monde. » (Christian Bobin - 1951- ).

Messages d'intérêt :
- Il y a trois mois, le 30 janvier, Olivier d'À cheval sur l'Atlantique devenait citoyen canadien. Félicitations encore, Olivier !
- Notre ami Pierre-Yves a ajouté sur son blogue quelques annonces publicitaires qui l'aideront... à prendre sa retraite un jour. Allez cliquer sur les annonces, ça ne vous engage à rien et ça peut lui donner un coup de main (et si ça marche pour lui, j'y penserai pour moi, tiens !) ; c'est par ici.
- Pierre-Yves a aussi créé un nouveau blogue, un site d'information sur le VIH, en fait, très bien fait et très intéressant. Je pense qu'il pourra être très utile à tous ceux qui veulent de l'information sur la façon de bien vivre avec le VIH ou... avec ceux qui en sont atteints. C'est par ici.

Olivier est très cruel, sans le vouloir : il annonce aujourd'hui que, durant ses vacances d'été, il ira... en Grèce ; ses billets sont déjà achetés. Alors que, moi, j'ai plus ou moins renoncé à y aller un jour... Parce que je suis jaloux et que j'aime cette musique qu'Olivier a mise dans son billet du 30 avril, je vais la lui piquer. Avant d'être Français, Italien, puis Québécois, j'ai dû être Grec dans une autre vie...

* Note du 1er mai : Merci à Didier Goux qui le remarque en commentaire : « L'éternité c'est long, surtout vers la fin » : cette citation, que l'on attribue toujours faussement à Woody Allen, est en réalité de Franz Kafka. Ce dernier est sans doute victime de la célébrité du cinéaste, comme le Christ, en d'autres temps, fut victime de l'ombre que lui faisait John Lennon, qui se disait plus populaire que le Nazaréen. Démonstration supplémentaire qu'on ne prête qu'aux riches.