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mardi 8 avril 2014

Merci, Madame Marois !

Je ne comprends pas ce peuple qui aime s'autotsunamiser si régulièrement ! 

Je ne comprends pas ces Québécois qui ont décidé, hier, d'infliger au Québec un recul d'au moins quatre décennies.

Je peux comprendre que l'on ait envie d'envoyer des messages à un gouvernement minoritaire qui a prétendu obtenir un mandat de gouvernement majoritaire. Mais je ne comprends pas la démesure du camouflet, la force et le volume du crachat en plein visage.


Je ne comprends pas que l'on congédie à la première occasion ce gouvernement voué aux plus grands, aux plus nobles intérêts des Québécois, pour ramener au pouvoir une équipe de vieux politiciens (dans le sens le plus péjoratif du terme) associé depuis des décennies à la collusion, à la corruption, une équipe dont on a tant voulu se défaire il y a dix-huit mois à peine, une équipe d'hommes et de femmes voués à l'enrichissement personnel des amis du pouvoir, une équipe sous enquête pour des pratiques frauduleuses au cours des dernières décennies, une équipe capable de nommer à la tête des tribunaux de justice des candidats aux postes de juges, clairement identifiés à l'aide d'autocollants jaunes, en fonction du montant de leurs contributions au financement de ce Parti libéral, une équipe dont plusieurs anciens ministres qui le redeviendront risquent de se retrouver bientôt, au terme de longues enquêtes en cours, accusés de fraude et de corruption.

Je ne comprends pas mes concitoyens de choisir l'équipe de ceux qui les exploitent et qui les volent plutôt que l'équipe de ceux qui avaient entrepris de faire la lutte à la collusion, à la corruption, avec des mesures efficaces pour assurer la transparence et l'intégrité dans la gestion des finances publiques.

Je ne comprends pas cette immense majorité de Québécois qui, durant de trop longues années, exigeaient que les pratiques frauduleuses soient dénoncées, que les responsables de ces magouilles propres à une certaine équipe, puisse reporter au pouvoir cette même équipe, avant même de savoir quelles seront les accusations criminelles précises dont feront l'objet un certain nombre de ces élus, avant même de savoir quels seront les jugements et les éventuelles condamnations... Je ne comprends pas que pour une majorité de Québécois les fraudeurs et criminels d'hier, avant même d'avoir payé pour leurs crimes, soient dignes aujourd'hui qu'on leur confie la gestion des affaires de la nation.

Je ne comprends pas cette hargne persistante envers une femme qui a donné sa vie à la politique, qui a dirigé le plus grand nombre de ministères et des plus importants au Québec (Services sociaux, Santé, Éducation, Conseil du trésor, etc.), et qui n'a cessé de croire au Québec, aux Québécoises et Québécois, à l'autodétermination de ce peuple sans doute plus masochiste que libre de ses choix. Madame Marois ne méritait certes pas ce dénigrement systématique, misogyne, mesquin, volontairement cruel et peu flatteur pour ceux qui s'en donnaient à cœur joie. On aurait parlé des animaux comme on traitait Mme Marois, et la Société protectrice des animaux serait rapidement intervenue.

Mme Marois, qui a sans jamais aucune défaillance cru à la nation québécoise, au peuple québécois, au pays québécois, ne méritait certes pas la brutalité sans ménagement, le congédiement sauvage dont elle est l'objet à titre de première ministre et à titre de député, par ceux qui, le sourire carnassier aux lèvres, vont maintenant, plutôt que de s'accorder la liberté, l'autodétermination, l'affirmation légitime, digne et fière, pouvoir s'occuper tranquillement de la décoration de leur cellule...


Je suis profondément blessé par ce choix sans âme des Québécois, par l'ingratitude envers cette femme, ce gouvernement, qui avaient pour le Québec une vision noble et généreuse, par ce congédiement digne de ces chefs d'entreprise qui ne s'occupent que de « vraies affaires » et, à la moindre occasion, mettent à la porte sans préavis leurs meilleurs, leurs plus loyaux collaborateurs. Je suis blessé d'appartenir à ce peuple qui remercie ses plus ardents défenseurs comme ils congédieraient leur concierge pour se faire maintenant les concierges de ceux qui veulent leur bien et qui sauront se l'approprier.

Mais plus encore que pour moi-même et pour mes rêves d'avenir dans un pays à construire, je suis profondément blessé et j'ai honte du traitement accordé à Mme Marois qui s'est généreusement et sans réserve vouée au plein épanouissement dans toutes ses dimensions, jusqu'au bout de chacune de ses moindres ramifications, de cet étrange pays qui n'ose pas le devenir, que l'on appelle le Québec.

Le nouveau premier ministre élu l'a clairement annoncé, et ce n'était pas cette fois une « maladresse » due à l'improvisation circonstancielle : il fera du Québec une « province » comme les autres dans ce Canada qui, jour après jour, année après année, siècle après siècle, renie et bafoue ma langue, mes valeurs, ma culture, ce Canada auquel jamais je ne pourrai m'identifier.

Merci, Madame Marois, de vous être si totalement investie de la plus noble façon dans la vie politique, dans la défense des intérêts québécois, de la langue et la culture de ce peuple francophone noyé dans une mer anglophone. Merci de nous avoir permis un temps, certes trop court, de croire que le Québec marchait vers son autodétermination, vers sa souveraineté, sa pleine réalisation et son plein épanouissement. Merci de nous avoir permis de croire à l’affirmation concrète de notre nation, de ses valeurs les plus hautes, de ses idéaux les plus nobles, de ses aspirations les plus légitimes et les plus libératrices, dans toute la richesse du terme. Merci de nous avoir permis de croire encore un moment que nous étions « quelque chose comme un grand Peuple ».

lundi 7 avril 2014

L'âme d'une nation



« La langue, c'est l'ADN d'un peuple », disait Gilles Vigneault.
J'ajouterais que sa culture est l'âme d'une nation.

Si l'on en croit la rumeur, un fort pourcentage de Québécois en âge de voter s'apprêtent à troquer leur langue et leur culture contre de très vagues promesses de « vraies affaires ». Au terme d’une campagne électorale où les propositions de certains – ou plutôt : de certain, pour ne pas le nommer – se résument en phrases creuses, en vagues promesses de richesses – sans préciser à qui l’on destine ces richesses –, en tentatives de manipulation et de peur, les Québécois n’auraient-ils le choix que de renoncer à leur langue, à leur culture, à leurs valeurs communes, à leur identité collective, pour avoir accès aux « vraies affaires » ? Le gouvernement sortant n’est-il pas à la fois capable, s’il était réélu, de favoriser le développement économique tout en assurant la défense de tout ce qui fait la spécificité du Québec (non pas le caractère « distinct », qui ne peut que se comparer aux autres, mais la spécificité, son identité, sa culture, son âme) ?

Combien vaut un plat de lentilles ? Combien vaut l’âme des Québécois, que certains s’apprêtent à troquer ? Quel serait, au bout du compte, le prix réel des « vraies affaires » que l’on agite devant leurs yeux comme des hochets devant ceux d’un bébé ?

Au terme de cette campagne, les Québécois doivent choisir lequel des partis politiques formera leur prochain gouvernement ; seules deux options réalistes se présentent : d’une part, un parti d’affairistes sans intérêt pour la langue, pour la culture, pour l’identité québécoise, un parti dont le nom du chef rime avec brouillard et cauchemar, et, d’autre part, un parti pour qui « les vraies affaires » ne sont pas un idéal, pas une religion, mais un moyen d’assurer, dans le quotidien et dans l’avenir, la vitalité de notre langue, de notre culture, de notre identité.

Devant le choix à faire, des questions se posent : Y aura-t-il demain un avenir pour la langue et la culture, pour l’ADN et l’âme Québécoise ? ou accorderons-nous un mandat en blanc pour remettre, sur un plateau d’argent (les seules « vraies affaires » ?) le sort du Québec entre les mains d’Ottawa, que leur chef en soit le lobbyiste de l’industrie du pétrole ou le fils de celui qui a berné, menotté et soumis les Québécois par un contrat que nous n’avons pas signé ?

Ne nous laissons pas induire à la tentation. Les enveloppes brunes et les « post-it » ne sont pas très loin. La bouche parlant de l’abondance du cœur, ceux qui n’ont à la bouche que de « vraies affaires » démontrent par là la pauvreté et la superficialité de leur engagement.

Combien vaut un plat de lentilles ?
Combien vaut l’âme québécoise ?
« À quoi sert au Québec de gagner l’univers de vraies affaires s’il vient à perdre son âme ? »


Brouillard, cauchemar, Philippe Couillard
Le parti des «affaires », pas souvent claires
L'ami de la tyrannie d'Arabie saoudite
L'éventuel signataire, sans consultation du peuple,
de la constitution canadienne rejetée par les Québécois

Vraiment !
Québécois, réveillez-vous !


L'heure est grave !

Le choix est on ne peut plus clair

L'expérience : Pauline Marois,
Première ministre du Québec

La jeunesse : Léo Bureau-Blouin,
plus jeune député du Québec


L'expérience et la jeunesse au service des Québécois

vendredi 6 février 2009

Réponse des Québécois aux propos méprisants du président français

J'ai le cœur et l'esprit ailleurs. Ça me répugne de mettre en ligne cet article à la suite de celui d'hier, mais je ne peux pas laisser passer ces insultes présidentielles sans exprimer mon indignation. J'aimerais mieux écrire autre chose, sur d 'autres sujets. J'essaierai par exemple de donner mon point de vue sur les anges, pour répondre à cette jeune femme que je ne connais pas, qui m'écrit de France...

Je n'ai plus tellement envie de commenter l'actualité politique et sociale. La politique fait partie des illusions dont j'ai fait mon deuil en 2008. Les simagrées du petit agitateur agité qui n'arrive toujours pas à se hisser au niveau de la fonction présidentielle qu'il exerce ne m'intéressent pas et je dois dire que je me porte très bien si je suis une semaine sans en entendre parler. Pour me donner toutes les chances de préserver ma sérénité, je n'écoute pratiquement plus les bulletins de nouvelles de la télévision française. Mais la caractéristique principale d'un manipulateur étant de faire en sorte qu'on s'occupe toujours de lui, d'une façon ou d'une autre, on ne s'en sort pas très longtemps.

En remettant la légion d'honneur au premier ministre du Québec, Jean Charest, le président français a jugé nécessaire de rappeler son opinion au sujet de l'avenir du Québec, opinionque son entourage avait habilement tenté d'atténuer lors du passage éclair, comme une évacuation précoce, à Québec l'automne dernier. Il tenait à le redire : ses amis à lui sont canadiens et non québécois. Sans réel souci de faire plaisir au premier ministre actuel du Québec qui n'attend que son tour soit venu de devenir premier ministre du Canada, le président français s'est dissocié de la traditionnelle position de la France envers le Québec : « Ni ingérence ni indifférence ». Il est résolument l'ami des activistes fédéralistes, dont certains travaillent avec acharnement dans l'ombre pour saper toutes les chances qu'un jour l'État du Québec soit admis à la table des Nations Unies. C'est son droit d'adopter cette position, même si les Québécois sentent qu'une fois de plus leur principal allié dans la défense de la langue et de la culture française en Amérique du Nord les laisse carrément tomber.

Or, le petit homme, ignorant totalement la réalité québécoise et trop orgueilleux pour écouter les avis de ses conseillers en politique internationale, en a rajouté. Il a jugé intéressant de déclarer que les souverainistes québécois était sectaires et partisans du replis sur soi. Le président français ne savait-il pas en affirmant gratuitement de tels jugements qu'il insultait carrément 50 % de la poplulation du Québec ? Il aura jugé que si le Québec est, en superficie, trois fois plus grand que la France, son poids politique sur la scène internationale est négligeable (c'est ce qu'il croit). Or, si le Québec est un petit État il a l'avantage d'être représenté par un premier ministre qui est bien tiède lorsqu'il s'agit de défendre les intérêts de la nation québécoise, mais si on le compare au président français, il ne sera jamais aussi mesquin, aussi petit et aussi vulgaire dans son amour des premières pages des journaux et de l'argent vite gagné. Ce n'est pas non plus le premier ministre du Québec qui limogera le maire d'une commune où ses oreilles sensibles auraient entendu à travers les murs épais la rumeur d'un groupe de manifestants.

Je ne suis pas diplomate et je n'ai pas à mesurer mon mépris pour cet individu (si j'étais en France j'aurais sans doute droit à la visite de ses fiers à bras policiers et judiciaires). Très embarrassé par les propos du président français et par ceux d'autres élus de son entourage, le premier ministre du Québec, Jean Charest, fédéraliste « sectaire », n'ira pas jusqu'à demander des excuses au président francais. Pauline Marois, chef du Parti Québécois et chef de l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec, ainsi que Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, représentant 50 députés du Québec sur 75 élus à la Chambre des Communes du Canada, ont signé une très belle lettre pour exprimer poliment au président français que jamais aucun homme politique étranger, même adversaires du projet souverainiste québécois, n'avait insulté les Québécois à ce point. J'aimerais être l'auteur de cette lettre, mais ce n'est pas le cas. Voici donc le contenu de cette lettre que j'ai reçue hier et qui a été remise au président français par l'entremise des services diplomatiques.






Montréal, le 4 février 2009

Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République française
Palais de l'Élysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
France

Monsieur le Président,

Nous voulons réagir de deux façons aux propos que vous avez récemment tenus à l'Élysée au sujet du Québec. D'abord, vous nous voyez ravis de constater que vous trouvez trop timide la politique française antérieure qui parlait de « non indifférence » pour qualifier l'intensité des rapports entre nos deux peuples. Vous préférez, dites-vous, parler « d'amour » entre des nations frères faisant partie d'une même famille. Dans la même veine, et cela vous surprendra peut-être de la part de deux leaders indépendantistes, nous vous félicitons pour l'énergie que vous avez mise, et que vous mettez encore, à assurer le succès de dossiers franco-québécois que nous appuyons vivement: la reconnaissance réciproque des diplômes entre Français et Québécois, qui permettra à nos professionnels d'œuvrer et de voyager plus facilement de part et d'autre, et le projet de libre-échange Canada-Union Européenne, dont le Québec est le principal promoteur et serait, de ce côté-ci de l'Atlantique, le principal bénéficiaire.

Car contrairement à l'idée que vous semblez avoir de nous, les indépendantistes québécois sont favorables à tout ce qui permet au Québec de s'ouvrir au monde. Vous semblez l'ignorer, Monsieur le Président, car à l'Élysée, vous avez accompagné vos remarques fraternelles de remontrances à certains de vos frères, affirmant au sujet des indépendantistes québécois qu'ils n'adhèrent pas au « refus du sectarisme, de la division, de l'enfermement sur soi-même, au refus de définir son identité par opposition féroce à l'autre ».

De qui parlez-vous, Monsieur le Président? Des 49,4 % de Québécois, et donc de la forte majorité de francophones, qui, le soir du 30 octobre 1995, ont voté Oui à la souveraineté du Québec? Au 43% qui, lors d'un sondage de la semaine dernière, ont réitéré ce choix? Cela fait beaucoup de monde. La moitié de la famille, Monsieur le Président. « Sectaires » ? « Féroces » ? les électeurs québécois qui ont élu en octobre 49 députés indépendantistes, soit près des 2/3 de la députation québécoise à la Chambre des communes à Ottawa et, en décembre dernier, 51 députés à Québec, formant ainsi l'opposition officielle? « Adeptes de l'enfermement », les Québécois qui ont élu quatre gouvernements souverainistes majoritaires au cours des 30 dernières années?

Nous ne pensions pas que le général de Gaulle nous appelait à l'enfermement sur nous-mêmes lorsqu'il a souhaité, en juillet 1967, que « Vive le Québec libre! » Nous jugeons toujours qu'il avait raison lorsqu'il a plus longuement expliqué ce qui suit en novembre 1967 : « Que le Québec soit libre c'est, en effet, ce dont il s'agit. Cela aboutira forcément, à mon avis, à l'avènement du Québec au rang d'un État souverain, maître de son existence nationale, comme le sont par le monde tant et tant d'autres peuples, tant et tant d'autres États, qui ne sont pas pourtant si valables, ni même si peuplés, que ne le serait celui-là. » Nous ne pensons pas, non plus, que les nombreux hommes et femmes politiques français, dont plusieurs ont joué et jouent un rôle éminent au sein de votre formation politique, qui nous ont prodigué conseils et encouragements au cours des années et encore aujourd'hui, veulent pousser le Québec au sectarisme.

Notre mouvement est fier d'avoir incarné au cours des années l'exact contraire de l'idée que vous vous en faites. C'est ainsi que le fondateur de notre mouvement, René Lévesque, s'est battu bec et ongles pour que le Québec puisse s'exprimer au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie, lorsque le gouvernement canadien le lui refusait. On doit à son successeur Jacques Parizeau d'avoir, le premier, appuyé le projet de libre-échange canado-américain, contre les partis pro-canadiens à l'origine trop frileux pour s'y engager. La mobilisation de l'électorat souverainiste québécois en faveur de cet accord en a assuré le succès lors d'une élection cruciale en 1988.

Ce sont des politiques économiques mises en œuvre par des gouvernements du Parti Québécois qui ont permis au Québec d'avoir une économie plus ouverte sur le monde que celle de la plupart des pays occidentaux. Ce sont des politiques linguistiques introduites par le Parti Québécois qui assurent désormais au sein de la majorité québécoise l'intégration de vagues d'immigration successives, jouissant de politiques plus ouvertes et plus généreuses que celles de la plupart des pays occidentaux.

C'est l'Assemblée nationale du Québec, sous la direction d'un président indépendantiste, qui a organisé la Conférence des parlementaires des Amériques, contre le vœu du gouvernement canadien et malgré les obstacles qu'il lui a opposés. Les exemples sont nombreux.

Nous ne savons pas d'où vous est venue l'idée que nous réclamons de vous que vous détestiez le Canada. Malgré nos différends importants avec nos voisins, nous respectons ce pays, ses valeurs et sa population. Nous pensons que l'indépendance du Québec mettrait un terme aux rancœurs et aux débats épuisants qui jalonnent l'histoire de notre présence dans le Canada. Dans l'argumentaire que nous distribuons largement, nous affirmons à tous que « le Canada et le Québec seront de bons partenaires au sein de la communauté internationale. Souverain, le Québec discutera de pays à pays avec le Canada et les chicanes fédérales-provinciales seront choses du passé. Nos deux nations sont destinées à collaborer, histoire et géographie obligent. »
Vous n'êtes pas sans savoir que les Nations-Unies ont accueilli, depuis 1980, pas moins de 38 nouveaux pays. Chacun a choisi de parler de sa propre voix, plutôt que de prolonger sa présence au sein d'un pays plus large qui n'était pas le sien. Loin de condamner leur arrivée, de leur faire des remontrances sur l'enfermement, la France les a accompagnés, les a reconnus. C'est ce que les Québécois attendent d'elle.

Mais nous devons à la vérité de vous faire savoir que jamais un chef d'État étranger n'a autant manqué de respect aux plus de deux millions de Québécois qui se sont prononcés pour la souveraineté. Plusieurs chefs d'État et de gouvernement, surtout du monde anglophone, ont publiquement souhaité le maintien d'un Canada uni, vantant, comme l'avait fait le président Bill Clinton en 1995, la qualité des rapports entre son pays et le Canada. D'ailleurs, George Bush père avait affirmé en 1990 que notre cas était parmi ceux où « il faut rester courageusement assis en coulisses ». Aucun n'a utilisé envers le mouvement indépendantiste les épithètes pour tout dire méprisantes que vous employez.

Mais puisque vous parlez d'enfermement, Monsieur le Président, laissez-nous vous éclairer davantage. Vous avez affirmé lors de votre passage en octobre que le Canada, « par son fédéralisme, a décliné un message de respect de la diversité et d'ouverture ». Savez-vous que depuis maintenant plus d'un quart de siècle, le Québec est gouverné par une constitution canadienne qui lui a été imposée contre sa volonté, qui restreint son autonomie en matière d'éducation, de langue et de culture, qui n'a pas été soumise à un référendum et qu'aucun premier ministre québécois, depuis René Lévesque jusqu'à Jean Charest, n'accepte de signer? Savez-vous qu'aucune réparation de cette situation inacceptable n'est envisagée ou envisageable? La France accepterait-elle de rester dans l'Union Européenne si le reste de l'Europe lui imposait un nouveau traité réduisant unilatéralement sa souveraineté sur des questions identitaires, sans même la consulter par référendum? Nous n'osons imaginer quelle serait votre réaction si une telle injustice était infligée à votre nation.

Enfermement encore: nous savons désormais qu'au soir du référendum de 1995, si une majorité de Québécois avaient démocratiquement voté en faveur de la souveraineté du Québec, le premier ministre canadien Jean Chrétien aurait refusé de reconnaître ce choix.

C'est ce qu'il a avoué depuis, même s'il avait déclaré cinq jours auparavant, dans une adresse solennelle à la nation, qu'un choix pour le Oui serait « irréversible ». Toute honte bue, le premier ministre canadien maintient que, même en votant majoritairement pour la souveraineté, le Québec n'aurait pu quitter le Canada. Nous savons cependant que, simultanément, votre prédécesseur, le président Jacques Chirac, aurait reconnu la décision politique des Québécois, se rangeant ainsi du côté de la démocratie et l'accompagnant dans son choix. Plusieurs pays francophones auraient fait de même et nous savons que la démocratie l'aurait emporté.

Il est vrai, Monsieur le Président, que les Québécois ne seront pas appelés à revoter sur cette question dans l'avenir immédiat. Cependant, puisque rien de fondamental n'est résolu dans les rapports Québec-Canada, il n'est pas impossible que cela survienne pendant que vous présidez aux destinées de la France. Il n'est pas impossible que la démocratie québécoise ait besoin de l'appui de tous ses amis, de tous ses frères.

Dans cette hypothèse, il vous reviendra de décider si vous souhaitez laisser, ou non, la marque d'un président qui, à un moment crucial, a su répondre avec une réelle fraternité à l'appel de l'Histoire.

Pauline Marois
Chef du Parti Québécois
Chef de l'opposition officielle

Gilles Duceppe
Chef du Bloc Québécois

lundi 19 janvier 2009

Désonheur


Je n'ai jamais cherché les honneurs officiels et je ne crois pas en avoir obtenu non plus (je m'en souviendrais, il me semble). Exactement comme quelqu'un que j'aime, les titres pour moi-même n'ont pas d'importance, mais je respecte entièrement les titres qui se respectent, de la même manière que je respecte les institutions, les symboles, les traditions... Il m'arrive d'être impertinent, insolent, mais rarement irrespectueux ; je n'irais pas jusqu'à piétiner un drapeau pour la simple raison qu'il est celui de mes adversaires politiques, par exemple.

Je ne sais pas comment je réagirais si on voulait me remettre la médaille de l'Ordre du Canada, par exemple. De nombreux Québécois ont refusé la décoration pour des raisons politiques ; à tort ou à raison, ils ne voulaient pas avoir l'air de renoncer à leur identité, à leurs convictions, à leur engagement en acceptant une décoration d'une institution à laquelle ils refusent d'être soumis. Il faudrait voir pour quelle raison on voudrait me l'offrir (je sais bien que je ne cours aucun risque), mais je respecte néanmoins la décoration.

Avant 1e 17 avril 1967, date de création de l'Ordre du Canada, la plus haute distinction que pouvaient souhaiter recevoir les Canadiens était l'Ordre de l'Empire britannique. Si l'Ordre national du Canada suscite peu de convoitise au Québec, sauf dans quelques milieux très restreints, les Québécois s'identifient davantage à l'Ordre national du Québec, la plus haute distinction décernée par le gouvernement du Québec.

Francophone et longtemps influencé par la littérature et la culture françaises, j'ai toujours été curieux de savoir, par exemple, à qui la France (pendant longtemps, la France était incarnée par De Gaulle lui-même, mais ça c'est une autre histoire), remettait sa Légion d'honneur. « L’ordre national de la Légion d’honneur est la plus haute décoration honorifique française. Elle a été instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte sur le modèle de l'Ordre de Saint-Louis, mais sans le limiter aux seuls officiers. Elle récompense les mérites éminents militaires ou civils rendus à la Nation », peut-on lire sur la page que lui consacre Wikipédia.

Or, la Légion d'honneur, plus haute distinction française, vient de perdre beaucoup de lustre à mes yeux. Il est dommage que les décorations honorifiques, si elles flattent l'ego des recrues qui les reçoivent, perdent leur prestige en raison des mauvais choix qui sont faits.

Je viens de lire dans les nouvelles du jour que le président français remettra le 2 février prochain la Légion d'honneur au premier ministre du Québec, Jean Charest. Je veux bien croire qu'il s'agit d'une politesse envers un chef d'État en visite en France. Mais s'il y a parmi les premiers ministres québécois quelqu'un qui mérite si peu ce titre de chef d'État, c'est bien Jean Charest. Politicien dans le sens le plus péjoratif du terme, c'est-à-dire : celui qui fait de la petite politique au jour le jour, au gré de ses intérêts (réélection en vue) et de ceux de ses amis (dans ce cas, une minorité d'individus et d'entreprises établis au Québec mais sans attache morale au territoire et au peuple québécois et dont la principale valeur s'exprime en symbole monétaire). Ce politicien que l'on croirait sans vision politique tant ses actions nationales (québécoises) sont inexistantes, a en fait deux grands objectifs : démanteler l'État du Québec (État qui n'a pas encore la reconnaissance officielle d'un pays souverain mais qui, depuis près de 50, s'est toujours imposé comme tel) pour en faire une province comme les autres (province : région administrative d'un pays) et, deuxième objectif : privatiser le plus grand nombre possible d'institutions au Québec pour le bénéfice de ses amis, hommes d'affaires aux grands yeux et aux dents longues.

La Légion d'honneur « récompense les mérites éminents militaires ou civils rendus à la Nation », dit-on. Or, depuis 50 ans, jamais un premier ministre du Québec n'aura autant fait, par ses actions cachées et par son laisser-faire évident, pour enlever toute portée au mot « nation » et pour faire oublier aux Québécois l'existence du mot État. Honte au président français de si mal s'acoquiner et, par la même occasion, de déshonorer la Légion d'honneur !

samedi 6 décembre 2008

La Saint-Nicolas

Aujourd'hui, 6 décembre, c'est la Saint-Nicolas.
Je connais des gens qui fêteront autour d'un bon repas et qui s'échangeront des mandarines, du pain d'épice et des chocolats... J'y serai en pensée... Joyeuse Saint-Nicolas !


Quand j'étais enfant, à la campagne, la fête de Noël était bien sûr la fête la plus attendue de l'année. C'était la fête des cadeaux pour les enfants sages (et les autres aussi, je crois bien). Je me souviens cependant que la fête de Saint-Nicolas, le 6 décembre, avait tout de même une certaine importance. C'est surtout à l'école, en fait, que les enfants entendaient parler de saint Nicolas, patron des écoliers et des petits enfants. On nous parlait donc du saint, de la fête, sans nous faire de fête. Je crois que les enfants québécois, comme beaucoup d' autres dans le monde, auraient aimé recevoir ce jour-là des mandarines, du pain d'épice ou du chocolat (et pourquoi pas les deux ?).


Outre les grandes fêtes de Noël et de Pâques, je trouve que pour les autres fêtes, au Québec, on était plutôt discrets, pour ne pas dire « peu généreux » et qu'au fond, ça n'a pas tellement changé. On n'a pas développé chez nous, du moins chez les francophones, ce sens de la fête et des traditions. C'est peut-être en raison de notre situation économique et politique, au statut de peuple, de nation sans pays ; encore aujourd'hui, les Québécois préfèrent être locataires dans un Canada qui inclut les Rocheuses plutôt que d'être chez eux au Québec (entre nous, combien de Québécois iront voir une fois dans leur vie ces Rocheuses auxquelles ils tiennent tant ? 3 %). Tant qu'il n'auront pas pour eux-mêmes la fierté de se reconnaître comme un peuple émancipé, les Québécois resteront au monde une nation de seconde classe, laissant à d'autres le soin de choisir et de parler en leur nom sur la scène internationale. Si un jour ils cessent d'avoir peur de la maturité, les Québécois se permettront peut-être d'arrêter de regarder avec envie les minorités culturelles qui ont rapporté et conservé de leur pays d'origine les traditions et le sens de la fête.

La Saint-Nicolas est une fête très populaire dans bien des pays du monde. Dans ces pays où la fête persiste, selon la tradition, on donne aux enfants qui ont été sages durant toute l'année du pain d'épice ou du chocolat.


Saint-Nicolas n'est pas que le patron des écoliers ; il serait aussi celui des marins, des navigateurs, des pèlerins et des voyageurs, des cireurs de chaussures, des démunis, des pharmaciens et apothicaires, des parfumeurs, des prêteurs sur gages, des femmes célibataires, des commerçants, des juges, des pêcheurs, des dockers, des personnes captives, des jeunes mariés et des tonneliers.

Noël avant l'heure : Est-ce saint Nicolas qui, presque tous les jours de cette semaine, m'a apporté tous ces cadeaux ? Si c'est saint Nicolas, il est vraiment adorable ce saint ! Il s'est déguisé en charmant amoureux, pour ne pas dire en prince charmant (bien que je n'aie pas été dormant), pour m'envoyer plein de belles choses, toutes plus touchantes les unes que les autres car chaque objet a un sens... C'est la magie de... Noël ? de saint Nicolas ? ou de... l'amour ?

dimanche 21 septembre 2008

Harper et le fondamentalisme canadien

Le premier ministre Stephen Harper, à la tête d'un gouvernement conservateur minoritaire a choisi récemment de déclencher des élections générales au Canada, violant ainsi son propre projet de loi faisant en sorte que les élections canadiennes aient lieu tous les quatre ans à la même date. Les Canadiens — et les Québécois — iront aux urnes le 14 octobre prochain.

Le parti Conservateur que dirige Stephen Harper est issu de la droite la plus conservatrice canadienne, à l'image des fanatiques religieux qui ont porté le président Bouche au pouvoir aux États-Unis. Formant un gouvernement minoritaire depuis les dernières élections, les Conservateurs n'étaient pas en mesure de faire adopter toutes les lois rétrogrades et répressives qu'ils auraient voulu faire adopter. Parmi les projets qui sont restés en suspens, de simples projets comme : la recriminalisation de l'avortement, l'abolition du mariage pour les personnes de même sexe, la censure imposée au contenu culturel des émissions de télévision et aux productions artistiques bénéficiant d'une forme quelconque de financement public, etc. Les Canadiens n'ont pas encore vu le vrai visage de ces gens-là et jusqu'où ils sont prêts à aller pour replonger le Canada dans l'obscurantisme et les valeurs de la droite radicale, où les intellectuels et les artistes devront faire la preuve de leur parfaite adhésion aux valeurs morales de ces fondamentalistes d'origine albertaine. Les Canadiens n'ont encore rien vu.

Ce gouvernement qui prétend avoir reconnu la nation québécoise n'a pas fait un seul geste pour que cette prétendue reconnaissance ait un sens pour les Québécois. Ce gouvernement continue de mentir effrontément à la population, avec le plus beau sourire hypocrite de son premier ministre. Ce gouvernement cache les rapports, contrôle l'information pour empêcher les Canadiens de connaître la vérité sur les gestes concrets et sur les scandales glissés sous le tapis par l'appareil politique du premier ministre. Et pourtant, un peu comme au Québec où le premier ministre Jean Charest est d'autant plus populaire que son gouvernement ne fait absolument rien, se laisse porter par la vague, il semble que les Canadiens — pis encore : les Québécois de même — s'apprêtent à donner un mandat clair à ces gens hypocrites, menteurs, cachotiers, et dont les véritables intentions sont habilement camouflées sous un enrobage sucré et tout à fait écoeurant. Je n'ai pas toujours compris les choix des Canadiens, mais là je ne comprends absolument pas que mes concitoyens québécois s'apprêtent à élire une majorité de députés conservateurs qui ont beaucoup de mal à camoufler leur intégrisme religieux. Il suffit de voir avec quelle subtilité le cardinal Turcotte a plus ou moins laissé entendre qu'un gouvernement conservateur serait plus favorable au rétablissement du pouvoir clérical dans la société. Il suffit de penser que l'une des candidates du parti conservateur est membre de l'Opus Dei, cet organisme plus ou moins secret défendant au sein de l'Église catholique les valeurs les plus rétrogrades. Ce ne sont-là que deux exemples parmi des dizaines et des dizaines d'autres.

Ce gouvernement conservateur continue de voler éhontément la caisse de l'assurance-chômage, caisse financée par les travailleurs et les employeurs qui a accumulé un surplus de cinquante-sept milliards de dollars. La caisse de l'assurance-chômage devrait servir à aider les personnes qui ont perdu leur emploi. Il y aurait des pages et des pages à écrire sur ce scandale créé par le gouvernement libéral de Jean Chrétien, par l'entremise de ma propre députée de l'époque, Lucienne Robillard (les Québécois n'ont jamais été si bien trahis que par les leurs). Le gouvernement de Stephen Harper se garde bien cependant de rendre étanche la caisse de l'assurance-emploi afin d'éviter que son gouvernement et les suivants ne fassent des cadeaux politiques à même l'argent des chômeurs ou que ces fonds ne servent à acheter de l'équipement militaire pour aller tuer des gens dans le monde alors que le Canada a toujours eux un rôle de maintien de la paix.

La bêtise (pardon, chers animaux) et l'obscurantisme ont poussé ce gouvernement à abolir des programmes destinés à favoriser la création et à promouvoir la culture. La suave Josée Verner, ministre du Patrimoine, autre Québécoise, abolit 16 programmes sur lesquels comptent les artistes et le milieu culturel et court se cacher sous son bureau pour éviter de justifier sa décision et de répondre aux questions ; elle n'est pas la seule : tous les ministres de ce gouvernement ont appris à jouer à cache-cache pour laisser toute la place au premier ministre Harper (comme dans une secte religieuse, dans ce gouvernement et au parti conservateur, seul le chef de la secte, le gourou, peut s'adresser aux médias). Ces programmes destinés à favoriser la création artistique et la promotion de la culture ne coûtaient pourtant à ce gouvernement qui ne sait que faire de ses surplus budgétaires que 60 millions de dollars. Pour ce gouvernement, ce n'est rien 60 millions de dollars, mais pour les arts et le culture, c'est indispensable à leur survie. Ce gouvernement d'incultes et de moralisateurs intégristes, ces Talibans nord-américains ont fait le pari que d'affamer les artistes, le milieu de la culture, ne susciterait aucune réaction au sein de la population. Le pire, c'est qu'ils ont raison ! J'ai vraiment honte d'être Québécois ! La majorité de la population, du moins celle qui s'exprime, et qui ne dit mot consent, considère les artistes et le milieu culturel de façon générale comme des parasites. J'ai honte et je cracherais au visage de qui oserait me dire dans les yeux que, de manière générale, les artistes sont des parasites (il y en a un certain nombre, bien sûr, et de très connus en plus, mais je ne les nommerai pas, seulement pour rire).

Monsieur et Madame Tout-le-Monde peuvent bien penser que les artistes et le milieu culturel reçoivent trop d'argent : le bon peuple a le droit d'être ignorant et stupide. Les dirigeants politiques, cependant, n'ont pas le droit de faire semblant de ne pas comprendre, même s'ils sont complètement bornés et stupides comme plusieurs membres de ce gouvernement conservateur, que chaque dollar investi dans les entreprises culturelles rapporte à la société onze fois plus. Derrière l'abolition des programmes destinés à financer la création et la diffusion de la culture, ce ne sont pas des économies financières que cherche à faire ce gouvernement, mais bien une façon d'obliger le milieu culturel à se soumettre à certaines évaluations morales, évaluations faites par les conservateurs, évidemment, de manière à ce qu'aucune production artistique financée de manière quelconque par des fonds publics ne vienne heurter les valeurs intégristes de ces Talibans* en costumes-cravate.

À la suite d'un sondage biaisé auprès de la population canadienne (avec une question du genre : « Trouvez-vous que la radio et la télévision publiques coûtent trop cher aux pauvres contribuables ? »), ces Conservateurs incultes et qui méprisent la culture, l'information et la communication, s'apprêtent à sabrer encore dans les budgets de Radio-Canada et de CBC (Canadian Broadcasting Corporation). La ministre du Patrimoine, responsable de la langue et de la culture dans ce gouvernement a déclaré qu'« elle n'est pas inquiète » au sujet de la radio et de la télévision publiques ; une telle déclaration, aussi stupide et insignifiante qu'à peu près toutes les déclarations de cette potiche, n'a rien de plus rassurant que celle des Talibans qui auraient déclarés qu'ils n'étaient pas inquiets pour les libertés, pour la culture, pour les bouddhas sculptés qu'ils ont fait dynamiter... (Rappelons qu'en mars 2001, ces « fous de Dieu », au nom de l'iconoclasme intolérant, ont fait dynamiter les deux bouddhas sculptés de Bâmiyân, vieux de 15 siècles. Nos Conservateurs bon teint auraient sûrement applaudi ce geste qui va à l'encontre de la culture et de la civilisation.)

Le milieu artistique québécois se mobilise. De nombreuses manifestations sont prévues au cours des prochains jours. L'un des moyens utilisés pour dénoncer l'obscurantisme des conservateurs est la production de cette vidéo montrant un artiste francophone s'adressant à un comité du gouvernement canadien chargé d'évaluer une demande d'aide financière. Comme il se doit, pour bien refléter la réalité canadienne, les membres de ce comité sont unilingues anglophones... En quelques heures, cette vidéo a été vue jeudi dernier, jour de son lancement, par 40 000 internautes. Depuis deux jours, plus de 160 000 internautes l'ont vue. Elle circule abondamment, tout le monde en parle. C'est plutôt rafraîchissant à voir et à entendre, au lieu d'écouter les paroles creuses que l'on sait pertinemment mensongères de Stephen Harper et de son équipe d'incompétents, néanmoins dangereux.

C'est ce que je pense et que j'exprime spontanément en cette fin de soirée du samedi 20 septembre 2008.