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lundi 13 novembre 2017

Ensemble...

... pour la paix, pour la joie ou pour le plaisir.
 

L'Assemblée, de Wang Shugang

(On peut agrandir les images en cliquant dessus)

 Wang Shugang est né à Beijing, Chine, en 1960

« Cette installation de huit sculptures disposées en cercle est révélée en 2007 au sommet du G8, à Heiligendamm, en Allemagne, parallèlement à la réunion des dirigeants des huit pays les plus industrialisés de la planète. Les rappelant à leurs responsabilités, l'œuvre de Shugang symbolise le travail collectif au service de la paix dans le monde. Shugang utilise pour toutes ses figures une couleur unique – sculptures aux couleurs all-over devenant en quelque sorte sa marque. Comme le rappelle l’artiste “la couleur rouge a des significations culturelles multiples en Chine, elle représente traditionnellement le bonheur mais elle symbolisait pendant la Révolution culturelle la terreur.” »


À l'invitation de Dr CaSo, j'ai proposé, pour sa série « photo de truc », de photographier quelque chose qui évoque la réunion, l'ensemble ; je me devais donc de trouver moi-même une photo qui rappelle ce thème. À vrai dire, je n'ai pas eu trop de mal car, il y a quelques jours encore, j'étais avec Rupert sur le campus de l'Université McGill, où ces sculptures me portent à réfléchir autant qu'elles amusent Rupert.


Chaque fois qu'il arrive sur le campus de l'Université McGill, Rupert sait exactement où il veut aller : il y a d'abord un petit parc clôturé où il peut courir après son jouet préféré et où il retrouve souvent un ami canin (« ami » n'est peut-être pas pas le mot exact pour désigner ce caniche qui ne fait que narguer Rupert avant de courir se cacher dans les bras de sa maîtresse ; disons plutôt : « compagnon de promenades », à l'occasion) ; puis il se rend à cet endroit, le long de la rue Sherbrooke, pour jouer au milieu de ses amis rouges ; ensuite, nous remontons l'avenue McTavish (rue piétonne qui traverse le campus du Nord au Sud, ou vice-versa) et nous allons attendre une amie qui travaille dans l'un des pavillons (Rupert s'assoit alors sur l'un des bancs de granit devant la porte et il attend la sortie de notre amie, et, tous les trois, nous revenons ensemble à la maison – l'amie habite la même rue que nous, quelques portes plus haut).

lundi 26 juin 2017

Campus McGill

À l'occasion du 375e anniversaire de Montréal, le Musée des beaux-arts de Montréal a organisé, avec l'université McGill, une exposition de sculptures sur le campus de l'université, le long de la rue Sherbrooke.

Quand il a découvert cette série de personnages, Rupert a été fasciné et s'est très longuement amusé à aller voir chacun d'eux, à en faire le tour, à courir de l'un à l'autre, à les regarder dans les yeux, comme s'il s'agissait de vraies personnes (ce sont sans doute des moines, tibétains ou autres - je n'ai pas trouvé de plaque indiquant le nom de l'artiste, le titre de l'oeuvre, ...)

mercredi 11 septembre 2013

Pour saluer Albert Jacquard

23 décembre 1925 - 11 septembre 2013

Dès que j'ai vu et entendu cet homme, à la télévision il y a plus de vingt-cinq ans, donner une conférence à l'Université de Montréal, j'ai été séduit par ce scientifique extrêmement sympathique, capable toutefois de se mettre en colère et de ne pas être gentil avec tous les exploiteurs sans vergogne, tous les parasites de l'âme humaine. Grand scientifique d'une simplicité désarmante, grand humaniste, doté d'une intelligence supérieure et d'une immense culture. Michel-Ange, Mozart, et tant d'autres créateurs étaient toujours présents dans ses propos sur la génétique... On a tendance à croire que ces grands hommes, puisqu'ils sont nos contemporains, seront présents tout au moins le temps que nous vivrons. La science, l'humanisme, les plus démunis, victimes du libéralisme économique, perdent un de leurs meilleurs défenseurs. Il nous manquera.


L'Agence France-Presse publie un article à son sujet, mais je vous suggère, si vous voulez en savoir davantage d'aller plutôt consulter ce qu'en dit Wikipédia.

mercredi 6 juillet 2011

Cy Twombly (1928-2011)

L'un des grands peintres abstraits du XXe siècle, Edwin Parker (Cy) Twombly, est décédé à Rome le 5 juillet 2001, à l'âge de 83 ans, des suites d'un cancer.


J'avais écrit un article en août 2007 après l'agression au rouge à lèvres qu'avait fait subir à l'un de ses tableaux une pseudo-artiste, dans une galerie d'Avignon. L'article avait suscité un échange assez vif dans les commentaires entre l'auteur et l'un des lecteurs. Après son procès, cette pseudo-artiste illuminée avait été condamnée à 18 840 euros d'amende pour son trop grand « amour de l'art »..

vendredi 17 août 2007

Pour l'amour de l'art

Ceux qui écrivent ont parfois peur de la page blanche, de même que certains peintres peuvent craindre la toile blanche. Jean Cocteau a eu l'idée d'écrire un Livre blanc et de le publier sans nom d'auteur ; il faut dire que son livre n'avait rien de blanc, si ce ne sont les marges autour du texte et des dessins pour le moins explicites. Quelqu'un, ces dernières années, a eu l'idée de publier un nouveau livre blanc, sous une couverture imprimée, mais ne contenant que des pages entièrement blanches ; il laisse ainsi à chacun la liberté de créer son propre roman. En peinture, les tableaux blancs se vendent très cher. C'est qu'au fond il faut autant de talent pour peindre en blanc une toile que pour la peindre en noir ; j'espère bien que Pierre Soulages serait d'accord avec moi. Ce n'est certes pas Kasimir Malevitch qui me contredirait, lui qui peignait en 1918 ce tableau intitulé Carré blanc sur fond blanc :

Kasimir Malevitch, Carré blanc sur fond blanc (1918)
Musée d'Art moderne (MOMA), de New York

Chacun est libre d'interpréter comme il veut l'oeuvre d'art qu'on lui présente. La question du rôle du spectateur dans l'art mérite réflexion... Selon la théorie de l'« oeuvre ouverte » chère à Umberto Eco, chaque spectateur contribue en quelque sorte à la création de l'oeuvre dans la mesure où il va vers l'oeuvre, tente un dialogue...
« Toute œuvre d'art alors même qu'elle est une forme achevée et close dans sa perfection d'organisme exactement calibré, est ouverte au moins en ce qu'elle peut être interprétée de différentes façons, sans que son irréductible singularité soit altérée. Jouir d'une œuvre d'art revient à en donner une interprétation, une exécution, à la faire revivre dans une perspective originale. » Umberto Eco
Certains artistes, comme la plupart des enfants, ne peuvent voir une page blanche (ou un mur) sans vouloir immédiatement y appliquer de la couleur. Il y a des adultes qui, ayant sans doute conservé leur âme d'enfant, ont des réactions spontanées qui les poussent à mettre de la couleur et même leur marque personnelle sur ce qu'ils considèrent comme une page blanche qui leur est offerte.

C'est le cas d'une jeune femme qui se dit artiste, venue de Lou Martegue (ou : Martigues pour ceux qui ne parlent pas la langue de Mistral) pour admirer (?) les oeuvres de la Collection Lambert exposées au musée d'art contemporain d'Avignon (ou serait-ce à l'hôtel de Caumont ?). Apercevant un tryptique blanc de l'artiste Cy Twombly, inspiré du Phèdre de Platon, cette femme, soi-disant artiste, n'a rien trouvé de mieux que de poser sur la toile blanche ses lèvres grassement peintes d’un rouge vif de marque Bourjois.

Poursuivie par la galerie pour avoir endommagé une toile estimée à deux millions d'euros, une oeuvre de 1977, Rindy Sam a refusé hier de reconnaître sa culpabilité. Elle assume son geste mais refuse d'admettre qu'elle a causé quelque dommage que ce soit. Elle affirme que son geste était spontané ; je suppose qu'il faut interpréter ce geste spontané comme un immense déclaration d'amour. Pour le propriétaire du tableau, il s'agit plutôt d'un viol et j'aurais tendance à penser comme lui.

Personnellement, j'ai horreur de ces personnes qui, sous prétexte de spontanéité, donc de vérité, d'authenticité, se croient tout permis. Faudrait-il alors considérer comme spontané, donc authentique, l'amour du pédophile pour la petite fille ou le petit garçon qui se trouve sur son chemin ? Et comment cette artiste spontanée interpréterait-elle mon geste si, la croisant dans les rues de Martigues (autre belle ville de Provence que j'aimerais visiter prochainement) et, réagissant dans un grand élan spontané, je lui marquais spontanément la joue au fer rouge comme on fait avec le bétail ?

La restauration du tableau constitue une tâche délicate dans la mesure où le rouge à lèvres sur une toile ne s'efface pas aussi facilement qu'une tache d'eau. Selon le directeur du musée, « le rouge à lèvres est le matériau le plus violent, à cause de la combinaison des pigments et du gras. On sait mieux réparer les lacérations que ce genre de dommages ». La jeune femme à la spontanéité agressante subira son procès le 9 octobre prochain ; trois dédommagements seront réclamés par l'avocat de la Collection Lambert : pour le vandalisme contre l'oeuvre, pour la mauvaise image donnée au musée, pour l'impossibilité de prolonger l'exposition de trois semaines, comme prévu.

Pour ma part, j'espère qu'elle sera reconnue coupable et que la peine que lui infligera le Tribunal sera exemplaire. Autrement, sous prétexte d'art spontané, n'importe quel illuminé ira peindre des moustaches à la Joconde ou circoncire le David de Michel-Ange.

Cy Twombly, Pan II, détail de Pan, sept parties, 1980.
Techniques mixtes sur gravure pointe sèche sur papier, 59 x 59 cm.
Collection Yvon Lambert. - L'image vient d'ici.

Quant au peintre Cy Twombly, maintenant âgé de 79 ans, il est né en Virginie, aux États-Unis et vit depuis 50 ans à Gaeta, en Italie. Il semble avoir une prédilection pour Platon et pour la mythologie gréco-latine. Roland Barthes a contribué, vers 1960, à asseoir sa réputation. Dans le sillage de Roland Barthes, Renaud Camus, près de trente ans plus tard, a exprimé dans son journal son amour pour le lyrisme dans la peinture de Cy Twombly.