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mardi 7 mai 2019

C'est un garçon !

Félicitations au duc et à la duchesse de Sussex pour la naissance de leur premier enfant. Je leur souhaite beaucoup de bonheur.

Meghan, duchesse de Sussex, a donné naissance hier, 6 mai, à un garçon de 7 livres et 3 onces (3,26 kilos). Selon le père, le prince Harry, duc de Sussex, la mère et le bébé se portent à merveille.


Selon les paris, Alexander serait l'un des prénoms les plus susceptibles d'être choisis pour ce nouveau petit prince ; Arthur, James et Edward font aussi partie de la courte liste.

Mon choix serait évidemment « Alexander », et je ne serais pas surpris si c'était celui que le prince Harry, maintenant duc de Sussex, choisissait lui-même.

Ajout du 8 mai : Finalement, le nouveau membre de la famille royale s'appellera Archie Harrison Mountbatten-Windsor. Archie est la version courte d'Archibald... Je n'aurais pas aimé que l'on choisisse « Alex », abréviation d'« Alexander » ou « Alexandre ». En fait, je n'aime pas, pour les personnes, les diminutifs ni les surnoms. Je crois qu'un enfant a besoin que l'on reconnaisse toute son identité, et non qu'on la diminue en raccourcis.

vendredi 5 avril 2019

Sa chute sur la Terre...


Il y a 37 ans ce 5 avril, la chute sur la Terre d'un autre Petit Prince, anglais celui-ci.

mardi 17 juillet 2018

La vie rêvée...

« Rêver, c'est espérer.
Qui ne s'est pas construit un rêve
au-dessus de ses moyens, 
et n'a pas tenté de le vivre,
ne se sera pas montré digne
d'un passage d'humanité. »
Georges Clemenceau

J'ai été tellement absorbé, ces derniers mois - pratiquement depuis un an, en fait -, que je me suis un peu, beaucoup, perdu de vue, négligeant tout ce qui relève de ma vie personnelle, à l'exception de Rupert. Je me suis laissé siphonner, aspirer (même sans inspiration) par des responsabilités qui ne me rapportent rien, personnellement, sinon la satisfaction personnelle de constater une fois de plus que je peux gérer de grands projets et que je peux faire en sorte que les résultats soient à la hauteur de mes attentes, quitte à bousculer plusieurs personnes importantes, des professionnels dans divers domaines, tout en sachant expliquer et convaincre les personnes à qui je dois rendre des comptes.

Il y a quelques jours à peine, je disais à une amie avec qui j'ai eu parfois de très intéressantes conversations, que je n'ai pratiquement plus rien à dire, à l'exception de ce qui remplit ma vie quotidienne, consacrée à la gestion de projets et l'administration de choses concrètes. Heureusement que Rupert est là pour exiger un peu de ma présence et de mon attention ; le temps que je passe avec lui n'est jamais perdu, même si, par moments, je voudrais consacrer un peu plus de temps à d'autres activités. Et, au fond, Rupert constitue l'essentiel du contenu de mes communications avec les autres car, lorsque je suis dehors avec lui, il y a toujours quelqu'un qui veut le voir, jouer avec lui, me dire que c'est le plus beau chien qu'ils aient rencontré, etc.

Constatant le vide actuel de ma vie intérieure, la perte du sens de mon identité et de ma raison d'être, j'essayais ces dernières semaines, sans vraiment y parvenir, de me motiver à reprendre mon récit de vie, le discours intérieur, qu'il soit écrit ou non, qui construit et projette l'image de soi, le sentiment de mon existence et de ma présence au monde.

Il y a plusieurs années déjà, j'avais inscrit en tête de ce blogue cette citation : « Nous ne sommes [...] que nos apprentissages et nos souvenirs, rien d'autre que le récit que nous nous faisons de nos actions et de nos pensées. » Michel del Castillo, Les portes du sang. Cette phrase me semblait si vraie à ma première lecture, et elle continue de l'être. Sans avoir besoin de la relire, je l'ai faite mienne et, même si j'oublie parfois d'agir en conséquence, elle fait partie de mes croyances, des valeurs qui donnent un sens à ma vie et me permettent d'avancer. Aujourd'hui encore, j'ai entendu Boris Cyrulnik prononcer une conférence dont le titre était « Le récit de soi », que j'ai trouvée si intéressante que je vais la réécouter sur YouTube. Chaque fois que j'entends parler Boris Cyrulnik ou que je lis quelque chose à son sujet, je me sens coupable de ne pas encore avoir lu tous ses livres, tant les sujets de ses livres m'interpellent. Récit « de nos actions et de nos pensées » pour Michel del Castillo, « récit de soi » pour Boris Cyrulnik ; est-ce un hasard si ces deux auteurs sont tous deux membres du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) ?

Ce récit de soi que je sens important de retrouver et de poursuivre, me semble, pour diverses raisons que je n'essaierai pas d'expliquer ici, pour l'instant impossible ; je ne sais plus par quel bout le saisir pour qu'il puisse se dérouler.

Mais aujourd'hui, Dr Caso a écrit sur son blogue un billet intitulé la vie se chante la vie se pleure dans lequel elle fait un bilan sommaire de ses dix dernières années. J'ai d'abord eu envie de répondre à son invitation et de raconter dans un commentaire ce qu'ont été mes dix dernières années. Mais devant le risque que mon commentaire soit trop long, j'ai plutôt choisi de faire ici ce petit bilan de mes dix dernières années, sans savoir d'avance ce que je pourrai bien raconter.

D'abord, en avril 2008, je faisais la connaissance de ce garçon merveilleux que les lecteurs habituels ont surtout appris à connaître un peu plus tard, plus intensément à compter de juillet 2009. Alors que je n'attendais plus personne et que je m'étais résigné à mener une petite vie tranquille après avoir nourri de grands rêves et de nobles ambitions, ce Petit Prince est venu frapper à ma porte et, en peu de temps, a bouleversé ma vie, l'a transformée, magnifiée...

Le 10 juillet 2008, ce garçon extraordinaire m'apprenait qu'il était le jour même officiellement devenu médecin spécialisé en médecine d'urgence. Une semaine plus tard - il y a exactement dix ans aujourd'hui - il m'annonçait qu'il était lui-même atteint de la leucémie... Les douze mois qui ont suivi, nous les avons vécus, lui et moi, sa famille, ses amis, ses collègues, comme sur des montagnes russes.

Il m'aura fallu plusieurs années pour commencer à ne plus faire de cauchemars la nuit, à pouvoir parler un peu de lui sans éclater en larmes... Je ne raconterai pas encore une fois combien la présence d'amis d'Alexander et, par l'intermédiaire d'une amie exceptionnelle, la présence de certains membres de son entourage et de sa famille ont été pour moi un réel soutien moral et affectif.

Dans les semaines, les mois, les années qui ont suivi, j'ai voulu lire tous les livres qui me paraissaient intéressants sur l'attachement, sur la perte, sur le deuil. Près de dix ans plus tard, je continue à en lire de temps à autre lorsque je découvre des livres que je ne connaissais pas.

J'ai voulu apprendre à connaître le milieu de vie d'Alexander, son univers physique, géographique, familial, intellectuel, culturel, affectif... Je me suis intéressé à tout ce que je pouvais trouver sur Londres, sur l'Angleterre, sur la Grande-Bretagne. J'ai voulu voir ou revoir toutes les émissions de télévision et tous les films britanniques auxquels je pouvais avoir accès. J'ai commencé à lire de nombreux auteurs britanniques, à commencer par ceux qu'Alexander aimait... J'ai lu de nombreux livres sur les chevaux, sur les chiens, sur l'éthologie, etc. Cet intérêt n'a pas diminué au fil des ans. Chaque fois qu'un livre, un film, ou autre, évoque un sujet qui pouvait intéresser Alexander, je dois au moins essayer de savoir s'il est vraiment intéressant, si je pourrai y apprendre encore quelque chose qui me permettra de mieux comprendre la curiosité et l'amour d'Alexander pour tant de sujets innombrables.

J'avais été séduit par le chien d'Alexander, ce magnifique bulldog (j'écris « bulldog » et non « bouledogue » car il s'agit d'un chien d'origine anglaise et qui fait référence au « taureau » (bull), plutôt qu'à une « boule »), et je m'étais promis que, le jour où je le pourrais, j'adopterais un bulldog. Rupert ne cesse de me rendre heureux et, tous les jours, plusieurs fois par jour, quelqu'un que je ne connais pas s'arrête et s'émerveille devant Rupert. C'est encore plus vrai lorsque ceux-ci aiment vraiment les bulldogs, reconnaissant en Rupert un spécimen particulièrement beau, avec sa personnalité propre bien affirmée. On me dit souvent : « On voit, on sent que vous l'aimez et qu'il y a entre vous une très belle complicité. Ça se constate dans sa façon d'être, qui est le résultat d'une éducation aimante... » J'en suis heureux. Et, comme bien d'autres choses dans ma vie, Rupert révèle ce que l'amour d'Alexander a fait de moi.

Après le départ d'Alexander, pour des raisons diverses (parfois des bonnes), la plupart de mes amis « réels » (ceux que que je connaissais depuis longtemps, qui vivaient dans mon voisinage, que je pouvais voir, toucher, contrairement aux amis lointains qui étaient pourtant, eux, constamment présents), ont pratiquement disparu d'eux-mêmes de ma vie.  Alexander me demandait parfois s'ils étaient vraiment des amis ; il avait sans doute raison.

Alexander et moi avions de beaux rêves, mille projets excitants à réaliser... Je m'étais promis d'en réaliser quelques-uns. Je constate qu'ils font davantage partie de ma vie rêvée que de ma vie « vécue ». Mais est-on sûr que les rêves que l'on alimente sont moins importants et moins révélateurs de l'être que nous sommes vraiment que la vie machinale que l'on répète jour après jour ?

J'aurai dû faire de nombreux deuils ces dernières années, certains plus douloureux et plus difficiles que d'autres... Je n'en ai pas en ce moment une idée très précise, mais je sens que je devrai faire le point tôt ou tard, et le plus tôt sera le mieux. Les rêves que je continue de nourrir sont moins ambitieux que ceux d'il y a dix ans, mais il en reste un certain nombre qui donnent encore un sens et un but à ma vie, qui constituent en somme des objectifs à atteindre avant de disparaître à mon tour.

samedi 7 juillet 2018


Il y a neuf ans aujourd’hui qu’Alexander est retourné sur son étoile. Que sont devenus tous ceux et celles qui ont été dévastés par son départ ? Je n’ai plus aucune nouvelle de ses amis, de sa famille. Il n’a jamais cessé et ne cessera jamais de vivre en moi, de faire partie de moi, et je n’en continue pas moins de penser à eux…

jeudi 5 avril 2018

Alexander aurait aujourd'hui 36 ans...

... mais il est maintenant hors du temps : les dates du calendrier et les chiffres, quels qu'ils soient, n'ont plus pour lui aucune importance. Seul sur son étoile ou en bonne compagnie sur les nuages, il est sûrement plus heureux qu'il l'aura été sur cette Terre...

Mais pour moi qui suis encore ici et qui, comme il y a dix ans, peste encore contre les températures polaires au mois d'avril, je ne peux oublier un certain nombre de dates, comme des points de repère dans cette forêt obscure : le 5 avril 1982 en est une. Et dans quelques jours, il y aura dix ans que ce garçon exceptionnel atterrissait dans ma vie pour l'illuminer, la transformer et lui donner tout son sens.

« April is the cruelest month... » (« Avril est le plus cruel des mois »), a écrit Thomas S. Eliot ; je suis entièrement d'accord avec ce constat : surtout que cette nuit, la température ressentie est de moins 18 degrés Celsius, avec des vents de 90 kilomètres/heure (le vent est si terrible que, lors de sa dernière sortie de la journée, avant d'aller dormir, Rupert a failli être emporté et il a eu peur du vacarme causé par cet Éole déchaîné). Mais avril, c'est aussi l'anniversaire de naissance d'Alexander, celui de la naissance d'Alexander Bull, et le mois où Alexander a eu la merveilleuse idée de m'écrire pour la première fois.

Et s'il est si touchant d'entendre ronfler Rupert sur le canapé du salon pendant que j'écris ces mots, c'est à cause d'Alexander : Rupert est Rupert, un adorable bulldog anglais qui sait bien se faire aimer pour lui-même, mais il est aussi, pour moi ce qu'est la couleur du blé pour le renard du Petit Prince qu'aura été Alexander, et qu'il sera toujours pour ceux qui ont eu le bonheur de croiser sa route.

mercredi 31 août 2016

In loving memory...


Tout comme Alexander, elle sera toujours dans mon coeur.
Je pense à ses enfants, à ses petits-enfants qui ne l'ont pas connue, à sa famille, à ses proches...

Je pense à cette date du 31 août 1997, mais aussi au 31 août 2008, et à bien d'autres moments, aussi tristes ou plus heureux...

mardi 7 juillet 2015

« Et maintenant, bien sûr, ça fait six ans déjà... »

« Heaven's Trail », Ireland

« Et maintenant, bien sûr, ça fait six ans déjà... »
Saint-Exupéry, Le Petit Prince

J'ai pourtant déjà raconté cette histoire.
Mais je ne me suis pas consolé.

Parfois, je suis heureux en pensant à lui. « Et toutes les étoiles rient doucement. »

« Et aucune grande personne ne comprendra jamais que ça a tellement d'importance ! » Le Petit Prince

dimanche 7 juin 2015

D'étoile en étoile... Alexander


« Rien ne ressemble à une âme comme une abeille,
elle va de fleur en fleur comme une âme d'étoile en étoile,
et elle rapporte le miel comme l'âme rapporte la lumière. »
Victor Hugo

Il y a aujourd'hui 71 mois qu'Alexander a regagné la sienne...
C'était hier, c'était... il y a des siècles !

jeudi 19 mars 2015

Sortie royale

Il y a plus d'une façon de « sortir de l'ombre ». Cet hiver est tellement rigoureux qu'on se demande si l'on en sortira un jour. C'est la première fois de ma vie que je rêve de vacances dans un « pays chaud » (je ne suis pas très exigeant : par pays chaud, j'entends par exemple un pays européen où il ferait deux ou trois degrés Celsius, en ce moment, plutôt que les moins trente que nous connaissons encore en tenant compte du facteur vent). Notre collègue et amie Dr CaSo est sortie, il y a quelques jours explorer son quartier. Je connais très bien le mien, mais je n'ai pas encore très envie de m'y promener à cause du froid qu'il a fait cet hiver et qui continue ; je me contente de faire les courses le plus près de chez moi possible. Dr CaSo raconte qu'au cours de sa promenade, alors qu'elle était assise sur un banc, un vieux monsieur promenant son chien est venu lui parler et, après être reparti, est revenu lui faire un compliment, ce qui m'a donné l'occasion de raconter en commentaire une petite anecdote sur les interactions plus ou moins brèves que l'on peut avoir avec des personnes que l'on ne ne connaît pas du tout ou à qui l'on a affaire dans les magasins, les bureaux, etc. J'y prends parfois un certain plaisir...

Mercredi soir, je suis passé à la Grande Bibliothèque (Bibliothèque et Archives nationales du Québec) pour y prendre quelques documents que j'avais réservé. Je me dirigeais vers l'une des sorties qui donne sur un jardin (où l'on se demande encore, ces jours-ci, si on ne risque pas de tomber sur des ours polaires). J'étais à peu près seul dans ce couloir ; au moment où j'approchais de la porte, quelqu'un, un homme d'une quarantaine d'années, arrivait de l'extérieur. Je le voyais arriver, comme il me voyait aussi. Il aurait eu le temps d'ouvrir la porte, d'entrer, avant que j'arrive moi-même à cette porte. Je l'ai vu tirer sur la poignée, tenir la porte ouverte pour me laisser sortir. Quand je suis passé, je l'ai remercié ; il m'a répondu : « Monsieur, je devais vous ouvrir la porte, vous avez l'air d'un roi ! » Spontanément, j'ai porté mes mains à la tête en lui disant : « Vous êtes vraiment très perspicace, car je me rends compte que je suis sorti sans ma couronne. » Et il m'a répondu, avec le plus beau sourire : « Votre couronne lumineuse flotte tout autour de votre tête. » Il n'était pas intoxiqué et m'a semblé en pleine possession de toutes ses facultés ; et je n'ai pas senti non plus qu'il voulait me draguer, mais je dois dire qu'il rayonnait de bien-être...

En traversant ce jardin polaire, il m'a semblé que le froid était moins intense qu'au moment de mon arrivée, quelques minutes plus tôt... Son compliment avait certainement élevé quelque peu mon niveau d'énergie. Mais je ne me suis pas pris au sérieux pour autant. Dans l'ordre d'accession au trône, mon Petit Prince a une très bonne longueur d'avance sur moi.

samedi 6 décembre 2014

Désespérance

Dans les mois qui ont précédé son départ (je pourrais pratiquement, par cœur ou de mémoire, donner la date et l'heure de cette conversation), Alexander me disait qu'autour de lui la lumière n'était plus la même : les gens qui circulaient autour de lui, les maisons, les rues, les monuments, étaient les mêmes que la veille, mais l'éclairage en était différent, et il ne semblait plus reconnaître les liens familiers, affectueux, que la veille encore il entretenait avec eux.

J'étais attentif à ce qu'il me disait, mais bien plus encore aux émotions qui accompagnaient ces mots ; il n'avait pas besoin de me faire un dessin. J'avais d'autant plus de mal à trouver les mots justes que j'étais moi-même ébranlé par cette perception nouvelle qu'il exprimait, et surtout par ce qu'il pouvait ressentir. J'avais mal, mais je ne voulais pas le lui laisser sentir ; ce qui était pratiquement impossible, car Alexander devinait, sentait, ressentait tout ce que je pouvais penser ou ressentir. Un jour que j'étais angoissé et que je l'avais écrit à notre amie, « docteur Jane », elle m'avait immédiatement répondu : « Non, Alcib, je vous en prie, ne soyez pas angoissé, car Alexander le sentira. Imprégnez-vous de son amour pour vous ; exprimez-lui tout l'amour que vous avez pour lui mais, je vous en prie, ne soyez pas angoissé ».

Ai-je su trouver les mots, ce jour-là, pour le rassurer ? Je n'en sais rien. Peut-être pas si je ressens aujourd'hui encore toute la douleur de cette conversation. Je crois tout de même avoir réussi à l'apaiser en l'assurant que, moi, je n'avais pas changé, que j'étais là, avec lui, et que j'y serais encore le lendemain, les jours, les mois suivants, pour toujours, et que ni les nuages, ni les orages, ni quoi que ce soit, n'empêcheraient mon amour pour lui de grandir jour après jour.

J'ai aussi l'impression, ces jours-ci, que la lumière a changé, que l'éclairage sur les gens et sur les choses qui m'entourent, et sur tout ce qui compose ma vie intérieure, n'est plus le même. Et je ne sais à qui le dire, sinon à ce carnet que j'écris peut-être sur le sable du désert... Si au moins j'avais l'espoir d'y rencontrer un aviateur tombé du ciel sur son lourd engin, conversant avec un Petit Prince venu d'une autre étoile !


Mon amie Danielle, à qui je pouvais tout dire et qui, toujours, savait me faire sourire en parlant d'une certaine astéroïde, dans le voisinage de la B 612 – ou Bésixdouze –, est elle-même en route vers son étoile dans le ciel. J'espère que le voyage ne sera pas trop long ni trop difficile. Une autre amie merveilleuse, qui a connu son lot de difficultés ces deux ou trois dernières années, ne répond pas à mes demandes de ses nouvelles. Le silence en a enrobé un certain nombre d'autres, et ce n'est certes pas moi qui suis en droit de le leur reprocher.

Ces dernières semaines, de sérieuses inquiétudes ont monopolisé mon attention. Certaines conversations, certaines consultations, m'ont depuis partiellement rassuré. Certaines choses ont changé qui me forcent à modifier des habitudes de vie et, en soi, ce n'est pas réjouissant. L'automne tire à sa fin ; l'hiver est déjà à nos portes, mais ce n'est pas ce qui me préoccupe. Au delà des saisons, des températures plus froides et des périodes d'ensoleillement, quelque chose a changé en moi. Je ne reconnais plus avec ce qui m'entoure les liens familiers ; je ne me reconnais plus vraiment moi-même.

Après des semaines de stress, voici le temps de la détresse... Pourtant, la vie continue, comme si je n'y étais pas, et comme l'écrivait André Gide, « je reste seul sur la banqueroute de ma désespérance. »

dimanche 31 août 2014

Il y a 17 ans, Lady Di...


Il y a dix-sept ans, disparaissait Lady Di, la princesse de Galles, princesse des cœurs, princesse des deux Petits Princes dont elle était si fière et qui sera toujours pour eux leur mère partie trop tôt, princesse de mon Petit Prince qui ne l'oubliait pas...


Je suis heureux d'avoir pu lui rendre, le 31 août 2008, un hommage qu'Alexander a pu lire et commenter. En dépit des commentaires discordants, Alexander était heureux que j'aie pu contribuer modestement à perpétuer la mémoire de sa princesse, lui qui jamais ne manquait une occasion de lui témoigner son amour et sa fidélité, en se rendant régulièrement à Paris, par exemple, pour déposer des fleurs sur le pont de l'Alma où a pris fin son existence terrestre. Dans mon cœur et dans mon esprit, Alexander et Lady Di sont et seront à jamais réunis.

dimanche 17 août 2014

Schlafe,mein Prinzchen, schlaf ein - Dors, mon Petit Prince



Dors, mon Petit Prince

Schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
Schäfchen ruh'n und Vögelein,
Garten und Wiesen verstummt,
auch nicht ein Bienchen mehr summt,
Luna mit silbernem Schein
gucket zum Fenster herein,
schlafe bei silbernem Schein,
schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
schlaf' ein, schlaf' ein!

Alles im Schlosse schon liegt,
Alles im Schlummer gewiegt,
reget kein Mäuschen sich mehr,
Keller und Küche sind leer,
nur in der Zofe Gemach
tönet ein schmachtendes Ach!
Was für ein Ach mag das sein?
Schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
schlaf' ein, schlaf' ein!

Wer ist beglückter als du?
Nichts als Vergnügen und Ruh'!
Spielwerk und Zucker vollauf
und noch Karossen im Lauf,
Alles besorgt und bereit,
dass nur mein Prinzchen nicht schreit.
Was wird da künftig erst sein?
Schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
schlaf' ein, schlaf' ein!

Longtemps attribuée à Mozart, cette berceuse, l'une des plus célèbres, aurait plutôt été composée par Bernard Flies, dont on ne connaît pas grand-chose, sauf qu'il serait né à Berlin vers 1770. Des sources plus récentes indiquent que la berceuse aurait plutôt été composée au XVIIIe siècle par Johann Friedrich Anton Fleischmann, compositeur allemand.

J'aurais aimé, enfant, m'endormir au son de cette berceuse ; mais je ne me souviens pas avoir jamais entendu ma mère chanter. Je suis toutefois persuadé, même si nous n'avons pas eu l'occasion de parler de celle-ci, qu'Alexander a dû l'entendre souvent, et peut-être même en allemand car je crois que sa mère avait du sang allemand.

mardi 1 juillet 2014

Lady Diana - 53e anniversaire

Elle aurait aujourd'hui 53 ans. Mais, pour tous ceux qui l'aiment, pour tous ceux qu'elle a aimés, elle sera éternellement belle et jeune.

vendredi 20 juin 2014


Le chagrin, la douleur de la perte, de l'absence, du manque de la moitié de soi, ... sont toujours là ; mais je n'aurais pas dû relire notre conversation d'il y a cinq ans, qui devait être notre dernière conversation. Bien sûr, je n'en avais rien oublié, mais cette relecture m'a donné durant plusieurs minutes l'impression d'y être encore...

Je sais que deux ou trois lecteurs comprendront très bien, pour le vivre aussi de leur côté...

Il me redisait notamment, dans cette dernière conversation, que son seul désir, c'était d'être dans mon coeur, pour toujours. Et il ajoutait : « Je sais que tu m'aimes aussi et que jamais tu ne diras, même dans plusieurs années : « Ah oui, j'ai connu un jour un garçon qui s'appelait Alexander... » Parfois je me demande comment quelqu'un comme toi peut m'aimer, mais j'ai confiance en toi et j'ai confiance en ton amour. Et tu ne me parles toujours qu'avec ton coeur... »

Oui, Alexander, tu es et tu seras toujours dans mon coeur, comme tu l'as été depuis que tu es entré dans ma vie, « dirigé vers [moi] par quelqu'un qui t'aime et qui veille sur toi », aimait répéter notre meilleure amie. Et tout le temps qu'il me reste à vivre, que ce soit un jour, un mois, des années, je vivrai avec toi, pour nous. Je crois que j'essaie parfois de m'étourdir dans l'action pour ne pas trop me rendre compte de ton absence, comme si à la fin de mes agitations, de mes pérégrinations, j'allais te retrouver pour poursuivre nos échanges quotidiens...

Mais cette nuit, c'est le grand vertige...

Et d'autres douloureux silences sont venus s'ajouter, qui  attristent et inquiètent, et sont par moments difficiles à « gérer »...

Je sais cependant que tu n'as plus peur de me perdre, puisque tu es avec moi pour toujours, que tu comprends et que tu m'encourages à cultiver quelques vraies et précieuses amitiés, sans lesquelles la vie sur terre serait vraiment trop ardue. Je sais qu'avec moi tu les remercies de leur présence chaleureuse, même à distance.

samedi 5 avril 2014

Triste anniversaire d'un événement joyeux

Il y a trente-deux ans, au petit matin du 5 avril, dans la jolie chambre d'une maternité anglaise, une mère venait de mettre au monde un petit garçon, un petit ange merveilleux, déjà si visiblement voué à un destin exceptionnel. La mère, bien sûr, le père, un garçon de deux ans déjà si heureux d'accueillir son petit frère, une grand-mère ravie, la meilleure amie de la mère étaient, tous là pour souhaiter la bienvenue à cet petit ange qui allait devenir un nouveau Petit Prince. Durant vingt-sept ans, il aura émerveillé la vie des privilégiés qui l'entouraient.


Aujourd'hui, je sais que je ne suis pas le seul à souligner cet anniversaire, à ne pas pouvoir oublier ce qui nous manque pour nous concentrer sur les joies partagées. En ce qui me concerne, aussi longtemps que je vivrai, Alexander, ce Petit Prince anglais, sera ma plus grande source d'inspiration et, malgré son absence, ma principale raison de vivre.


Je pense à son Petit Prince qui dort maintenant seul dans le berceau de son enfance, je pense à son jumeau, le grand marronnier rose avec qui Alexander allait partager son chocolat de l'après-midi, en lui racontant plein de choses afin qu'il ne s'ennuie jamais, à qui il prêtait son cache-nez lorsqu'il faisait trop froid... Je pense aussi à un grand bulldog qui, maintenant dans une superbe campagne anglaise, entouré de chevaux et de tant d'autres amis, j'en suis sûr, au fond de son coeur et de sa mémoire, doit attendre le retour de son meilleur ami... 

Je suis de tout mon coeur avec les parents et amis qui souligneront aujourd'hui ce nouvel anniversaire de naissance. Et mes pensées et mes prières sont tout particulièrement tournées vers Charles, le frère aîné inconsolable qui, plus que jamais, est orphelin.

vendredi 5 avril 2013

Les Roses d'Alexander

Il y a deux ou trois jours, en marchant vers la Grande Bibliothèque où je me rends au moins une fois par semaine, je pensais à l'anniversaire de naissance d'Alexander, dont la date approchait ; je me disais que j'irais chercher de jolies roses. Arrivé à la bibliothèque, avant d'aller chercher les documents que j'avais réservés, je me suis dirigé, comme je le fais toutes les fois, vers un grand présentoir de livres de toutes catégories. J'y jette toujours un coup d'œil rapide et il m'arrive de faire là des découvertes très intéressantes. Il y a là des parutions récentes, mais pas uniquement ; aussi bien des romans que des livres de recettes, des livres sur les musées ou sur l'architecture, des manuels d'utilisation de logiciels, des essais sur la santé physique ou mentale, des biographies, etc.

Or, cette fois-ci, il y avait devant moi un livre sur les roses. Déjà, au cours des deux ou trois dernières années, j'avais emprunté quelques livres sur les roses, ce qui était une autre façon pour moi d'approfondir ma connaissance de l'univers d'Alexander. Je n'avais jamais vu celui-ci ; je l'ai saisi, feuilleté, j'ai lu quelques lignes au hasard des pages... Les illustrations étaient belles, non pas des photos mais des dessins très réussis, sans doute à l'aquarelle ; on aurait cru respirer leur parfum... J'ai décidé de l'emprunter ; je l'ai mis sous mon bras et je suis allé chercher les deux autres livres qui m'attendaient. L'un qui aurait beaucoup intéressé Alexander, s'il ne l'avait pas déjà dans sa bibliothèque : un très beau livre d'Édouard Brasey, La Grande Encyclopédie du merveilleux.


Je ne vois pas comment Alexander aurait pu passer à côté d'une telle encyclopédie qui présente « les peuplades féeriques, elfes, lutins, sirènes ou nains, les bêtes terrifiantes comme les dragons, les licornes, les griffons, les gargouilles, mais aussi les créatures de la nuit, les loups-garous, les vampires, les trolls, les cyclopes, les géants, les orques, les titans... » (présentation de l'éditeur). Mais comme cette édition est sortie à l'automne 2012 (j'ai demandé à la bibliothèque d'en faire l'achat ; depuis, je ne suis pas seulement le premier à l'avoir emprunté, plusieurs fois, mais le seul à l'avoir fait jusqu'à présent), Alexander devait avoir l'édition précédente, la « petite » Encyclopédie...

En possession de mes trois livres (l'autre est un livre sur Luca Penni, un peintre disciple de Raphaël, récemment exposé au Prado, puis au Louvre), je me suis dirigé vers un poste libre-service pour y enregistrer mes emprunts. Tout allait bien pour les deux livres que j'avais réservés, mais le système informatique refusait de me laisser emprunter le livre sur les roses. J'ai essayé plusieurs fois et j'obtenais toujours le même message, demandant de me présenter au comptoir du prêt. Il y avait une longue file d'attente ; je me suis plutôt présenté à l'accueil en demandant pourquoi je ne pouvais pas emprunter ce livre. La préposée a regardé le code à l'endos et m'a vite répondu que ce livre avait été « retiré de la collection de prêt et de référence » ; il avait été mis en vente ; quelqu'un l'avait acheté, il y a quelques mois, et il a été déposé récemment sur un présentoir de la bibliothèque. « Vous n'avez pas besoin de l'emprunter ; ce livre est à vous... pour toujours », a-t-elle ajouté avec un grand sourire.

Je suis rentré chez moi tout joyeux. Non seulement je recevais en cadeau un livre qui m'intéressait beaucoup, mais puisque j'avais pensé aux roses avant d'entrer à la bibliothèque, que j'avais l'intention d'en acheter pour Alexander, je me suis dit que, très certainement, il ne pouvait s'agir que d'un clin d'œil d'Alexander pour signifier qu'il est là, toujours présent, qu'il peut lire mes pensées et, même, intervenir dans ma vie.

Un peu plus tard, en parlant à ma voisine, je lui ai raconté cet événement. Spontanément, sans aucune hésitation, elle s'est exclamée : « C'est un signe d'Alexander ! »


Il y a exactement trente-et-un an naissait en Angleterre ce petit ange qui allait devenir ce garçon merveilleux qui a transformé ma vie et que, en attendant de nous voir réunis sur son étoile, j'aimerai jusqu'à mon dernier souffle. Hier soir je suis allé acheter des roses, roses comme celles qu'il m'a envoyées, comme celles, virtuelles, que je lui envoyais tous les jours. Elles sont magnifiques !

vendredi 31 août 2012

15 ans déjà

Il y a 15 ans déjà disparaissait la princesse des coeurs 


Je m’associe aujourd’hui en pensée à tous ceux qui, dans le monde entier, n’oublient pas Lady Di.

Dans les médias, certains la désignent comme « l’étoile des Windsor » ; il ne faut pas oublier qu’elle était aussi, d’abord, l’étoile des Spencer. La princesse des cœurs est et restera toujours la mère de deux jeunes princes, la sœur, la tante, la cousine des membres d’une grande famille qui, pour la plupart, se seront réunis pour souligner ce triste anniversaire au domaine familial d’Althorp, dans le Northamptonshire.

À Paris, de nombreuses personnes seront venues lui rendre hommage et déposer des fleurs à la flamme de la place de l’Alma. S’il était là, Alexander se serait joint à eux avant de souligner autrement le quinzième anniversaire du départ de sa princesse.

Je pense à elle, je pense à lui, et à tous leurs proches.


samedi 7 juillet 2012

3 ans...

... 36 mois ; 1095 jours ; 26 280 heures ; 1 576 800 minutes ; 94 608 000 secondes ; quelle que soit l'unité de mesure que l'on utilise pour calculer le temps écoulé depuis ton départ, celui-ci n'est pas plus compréhensible qu'il l'était il y a trois ans.

Le Petit Prince - Ukraine

Je relisais ces derniers jours plusieurs pages de nos premières conversations ; j'avais le sentiment que tu allais bientôt arriver de ton travail et que nous allions dans un instant reprendre notre conversation, suspendue, mais jamais interrompue... Ne t'inquiète pas de mes yeux rougis ; ce n'est sans doute que de la fatigue.

lundi 14 mai 2012

Pour Alexander


Ma voisine a reçu hier, pour son anniversaire, quelques très belles roses blanches, comme celles-ci. Elle a tenu à m'en offrir une, « pour Alexander », me suggérant de la déposer sur l'un des petits autels consacrés à ce Petit Prince retourné sur son étoile. C'est bien sûr ce que j'allais faire, et c'est ce que j'ai fait, après avoir tout bien nettoyé (les cadres des photos, les cristaux, les photophores, etc.), et allumé quelques lampions.

Alexander préférait les roses roses, mais pour lui toutes les fleurs étaient belles, et la rose blanche symbolise la pureté des sentiments, l'authenticité de l'amour. Qui d'autre mériterait mieux que lui ces roses blanches ? À qui d'autre que moi voudrait-il en offrir ?

Ma voisine est une femme formidable ! On ne s'ennuie jamais avec elle. Dans la jeune soixantaine, elle est beaucoup plus jeune de cœur et d'esprit que certaines personnes dans la trentaine. Son mari était anglais ; on dirait tant elle a voyagé qu'elle a vécu partout sur la planète. Elle s'intéresse à l'Histoire et, quelque soit le nom que l'on prononce devant elle, elle peut pratiquement nous en faire la généalogie, au point de nous laisser croire que nous sommes tous cousins. Elle décode rapidement le caractère, la personnalité des gens qu'elle rencontre. Il y a chez elle des livres partout, comme chez ses parents lorsqu'elle était petite ; lorsque son père est décédé, sa bibliothèque comptait plus de quarante mille livres, qu'elle n'a pas tous lus mais, depuis, elle en a lu bien d'autres. Il ne faut pas être pressé lorsqu'avec elle on fait une promenade ; elle s'arrête sans cesse pour identifier une plante qui pousse sur le bord du trottoir, pour commenter une variété d'arbres ou un détail d'architecture. Pendant que nous parlions d'Alexander au téléphone, dimanche après-midi, elle était à l'extérieur, devant l'immeuble ; elle a interrompu notre conversation parce qu'un papillon est venu se poser près d'elle ; c'était selon elle un signe que nous faisait Alexander. Je le crois. Quelques minutes plus tard, elle m'envoyait la photo du papillon, et j'allais chercher de la musique de cornemuse, que j'écoute depuis...

Alexander l'aurait aimée. Elle aime Alexander ; sans cesse, elle établit des liens entre des traits de mon caractère ou des événements de ma vie et les siens. Elle interprète des coïncidences qui n'en sont pas ; à l'en croire (et je n'ai pas de mal à le faire), notre rencontre était écrite dans les étoiles. De diverses façons, elle me dit de ne pas être triste, qu'Alexander voudrait me voir heureux. Il était déjà assez difficile pour lui de partir en laissant derrière lui des êtres qui l'adorent. Tant de fois, il me l'a dit lui-même : « Si un jour je devais repartir sur la Lune, ne sois pas triste. Pense plutôt à ce que nous aurons vécu ensemble. » Et tant de fois j'ai tenté moi-même de lui enlever ce sentiment de culpabilité à l'idée d'« abandonner » ses proches, de « trahir la confiance » qu'avait en lui son ami, son complice, son chien : « Alcib pourra comprendre, disait-il à sa meilleure amie, mais Alexander Bull, lui, ne comprendra pas. »

On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l´a dit ce matin
...

« On est bien peu de choses... », c'est vrai, mais tout dépend à quoi on se mesure, à quoi on se compare. Quand je lui disais, et j'ai dû le lui dire trois mille fois, qu'il était un garçon extraordinaire, il répondait toujours : « Ne dis pas cela. Je ne suis que moi. » Il avait raison, sauf que le « moi » qui était lui était vraiment exceptionnel. Je suis moi-même bien peu de chose, et cependant, comme l'écrit Sartre dans ses Mots, je suis « tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui. » Sans me prendre pour un autre, je suis conscient du privilège d'avoir été choisi par ce garçon exceptionnel pour l'accompagner un moment, trop court moment, sur ce chemin terrestre. À ce titre, je n'ai pas le droit d'oublier ce qui en moi le faisait m'aimer et qu'il a magnifié par son amour même.

dimanche 13 mai 2012

Je t'aime, Maman !

Photo de Richard Turmel sur MétéoMédia

Ma mère est décédée depuis quelques années déjà, mais il y a dans mon univers, plusieurs mères, à qui je souhaite, en fin de journée, une excellente fête.

Je suis tombé sur cette photo qui m'a ému. Comme le suggère l'auteur de la photo, le renardeau semble dire « Je t'aime Maman ! »

Je ne peux voir un renard sans penser à celui du Petit Prince. Et je ne peux penser au Petit Prince sans penser au mien. Celui de Saint-Exupéry (oui, je sais, il écrivait lui-même « St-Exupéry ») n'a jamais parlé de sa mère, ni de son père, d'ailleurs. Est-ce cela qui en faisait vraiment un petit garçon solitaire ? Alexander a eu le bonheur d'être accueilli, dorloté, bercé, adoré, par la sienne, mais il a eu aussi le malheur de la perdre trop tôt. Cela en a fait un petit garçon solitaire, silencieux, qui, malgré les soins que lui prodiguaient plusieurs personnes, a toujours trouvé que la grande maison était beaucoup trop grande, car « une maison où il n'y a pas de mummy est toujours top grande ».