mercredi 31 août 2022

Lady Di... il y a 25 ans

 
 
Le 31 août 1997, Lady Di, princesse de Galles, trouvait la mort dans un accident de la circulation à Paris. Les deux fils de Lady Di, les princes William, duc de Cambridge, et Harry, duc de Sussex, souligneront chacun de son côté et à sa manière la disparition de leur mère. Nul doute que, selon la coutume, la grande famille Spencer se réunira à Althorp pour commémorer le vingt-cinquième anniversaire de la disparition de celle que les Britanniques aimaient appeler « la princesse des cœurs ». Il y aura bien sûr quelques absents, qui ne seront pas oubliés non plus.  Et la princesse des cœurs continuera longtemps de vivre dans le cœur et dans la mémoire de tous ceux qui l'ont aimée. Je serai  jusqu'à mon dernier jours parmi ceux-ci.
 
Cette superbe rose, nommée « Elegant Lady », perpétue la mémoire de Lady Di.

mercredi 8 juin 2022

Mon premier Grand Amour

Je ne peux m'empêcher d'y penser aujourd'hui : c'est encore très présent en moi.
Il ne s'agit pas de la photo véritable de mon premier grand amour,
mais d'une photo du photographe dont le nom est inscrit
dans le coin supérieur gauche et que j'ai trouvée sur Internet... en 2006.
Ce garçon ressemble pourtant très fort à celui avec qui j'ai vécu ce grand amour.

Un huit juin, il y a... plusieurs années, se concrétisait une relation amoureuse qui allait transformer ma vie. J'ai raconté ce premier Grand Amour dans un billet du 19 août 2006. C'était de nombreuses années avant ma rencontre avec Alexander. J'ai raconté à Alexander ce premier grand amour (et il avait lu cette histoire en avril 2008 quand il a découvert ce blogue) ; Alexander a toujours eu beaucoup d'estime, de respect et même d'admiration pour ce premier grand amour.

jeudi 7 avril 2022

Alexander Bull

Alexander Bull

22 avril 2005 - 31 octobre 2021

En voyant le temps passer, ces dernières années, je me suis souvent demandé ce qu'il advenait d'Alexander Bull, l'adorable chien qu'Alexander laissait derrière lui en partant, et c'était son plus grand drame car, comme je l'ai écrit déjà à quelques reprises, Alexander sentait qu'il « abandonnait » son meilleur ami, à qui il avait promis, en allant le chercher chez l'éleveur, qu'il serait toujours là pour l'aimer et prendre soin de lui. Et quand Alexander faisait une promesse, il s'engageait pleinement, intensément, profondément ; j'ai eu l'occasion de le constater à quelques reprises.

Je n'avais plus de nouvelles d'Angleterre, ni de la famille, ni des amis d'Alexander ; je pensais bien qu'Alexander Bull, né en 2005, ne devait plus être sur terre, qu'il avait dû aller rejoindre son ami Alexander. Or, j'apprenais hier seulement, par un commentaire laissé sous le billet précédent qu'Alexander Bull était décédé l'après-midi du 31 octobre dernier, soit le jour de l'Halloween. Il est donc décédé à seize ans et demi ! Je n'ai jamais eu connaissance d'une telle longévité chez un bulldog anglais. La durée de vie moyenne d'un bulldog est de neuf ou dix ans. Deux étudiantes que je rencontre dans le quartier et que je connais grâce à Rupert m'ont confié que, dans leur famille respective, il y avait un bulldog de quatorze ans, ce que je considérais déjà des cas exceptionnels ; or, Alexander Bull aura vécu plus longtemps.

Bien sûr, je suis triste d'apprendre la mort de ce chien que j'adorais puisqu'il était l'adoration d'Alexander, mais je suis en même temps soulagé de savoir quand il nous a quittés. Je suis fier de sa longévité et reconnaissant à Jane et à ceux qui ont su, après le départ d'Alexander, continuer de lui donner la meilleure vie qu'un chien puisse connaître. Merci du fond du cœur.

Si j'étais riche et vivant en Angleterre, je commanderais à un très bon sculpteur la statue d'un petit garçon assis sur un banc de parc ou sur une branche d'arbre et lisant des poèmes à un bulldog anglais assis à ses pieds, et tout à fait concentré sur la poésie et la voix de son ami. Et j'essaierais de faire en sorte que cette statue soit déposée dans un parc, comme dans les jardins de Kensington. Ce serait une façon de rendre hommage à la fois à Alexander et à Alexander Bull.


mardi 5 avril 2022

Quarante ans !

Né le 5 avril 1982, Alexander aurait aujourd'hui quarante ans ! 

Il est difficile d'imaginer à quarante ans ce garçon qui, à vingt-cinq ans, en paraissait à peine seize. Bien qu'il se soit généralement senti plus à l'aise avec les personnes plus âgées, il ne pouvait, je crois, s'imaginer lui-même à cet âge.

Comme je le rappelle dans ce billet, « C'est notre histoire », il m'avait dit, dans les premiers mois de nos conversations : « Dans ma famille, on ne vit pas très vieux ; et je ne ferai pas exception. ». Sur le coup, je n'avais pas accordé trop d'importance à cet énoncé en me disant que, puisqu'il n'avait que vingt-cinq ans, nous aurions le temps d'en reparler. Mais les événements des mois qui suivirent m'amenèrent à penser que la deuxième partie de son affirmation pourrait hélas se confirmer.

Bien de l'eau a coulé sous les ponts depuis ce printemps d'avril 2008 où j'ai fait sa connaissance, mais je n'ai absolument rien oublié de ce que nous avons si intensément vécu et partagé. Encore aujourd'hui, je peux reconnaître en moi ce qui me vient de lui.

Sans tomber dans l'anthropomorphisme, je ne peux m'empêcher de penser parfois que même en mon fidèle compagnon de chaque instant, l'adorable bulldog anglais Rupert, survit, sans doute transmis à travers moi, quelque chose de l'esprit d'Alexander.

lundi 4 avril 2022

« ... j’avais fait le recensement de mes misères

et je n’attendais de lueur d’espoir de nul horizon… »
Michel Tournier, Le Roi des Aulnes, les écrits sinistres d'Abel Tiffauges.

En relisant ces derniers jours cette citation du Roi des Aulnes, j'ai pensé qu'elle s'appliquait bien à ce qu'est devenue ma vie depuis un an environ mais, pour qu'elle soit plus juste, je devrais la modifier quelque peu, l'actualiser : « ... je fais le recensement de mes misères et je n'attends de lueur d'espoir de nul horizon. »

Contrairement à Abel Tiffauges, cependant, je n'ai pas envie d'entreprendre la rédaction de mes « écrits sinistres » (écrits de la main gauche), pas plus qu'aucun autre journal écrit de la main droite.

J'ai perdu l'habitude et, par conséquent la manière, de parler de moi, que ce soit pour faire « le recensement de mes misères » ou pour partager mes petits bonheurs, au point où je ne sais même plus à quoi pouvaient ressembler ces petits bonheurs.

Bien sûr, comme celle d'à peu près tout le monde sur la Planète, ma vie a été affectée depuis deux ans par la pandémie de COVID-19 et par les mesures sanitaires qui sont venues compliquer grandement la vie sociale. J'aurai été et je continue d'être un bon citoyen, approuvant les mesures sanitaires, respectueux des consignes. Des gens autour de moi, comme partout ailleurs, ont souffert plus que moi des restrictions.... C'est surtout à travers Rupert que j'ai ressenti les effets du confinement : lui et moi passons dehors plusieurs heures chaque jour ; quand sont tombées les consignes de distanciation physique, Rupert a été le premier à en souffrir. Depuis son arrivée dans cette maison, dans ce quartier, il a tellement été habitué à recevoir l'attention de presque tout le monde : les voisins, les gens du quartier, les passants qui se rendaient au travail ou qui en revenaient, les étudiants toujours très expressifs quand ils voyaient Rupert... 

Et, du jour au lendemain, les gens ont presque cessé de circuler ; les personnes que l'on continuait de rencontrer ou qui passaient devant l'immeuble continuaient de nous saluer... à distance, mais ne s'arrêtaient plus pour le caresser ou pour jouer avec lui. Il ne comprenait pas pourquoi on ne s'arrêtait plus pour lui, ce qu'il interprétait comme : « Pourquoi on ne m'aime plus ? ». Il n'a toujours pas compris mais, comme bien d'autres, il s'est résigné. Le temps passé dehors était moins excitant, pour lui comme pour moi et, pour compenser le manque de stimuli, comme il n'était jamais satisfait, jamais comblé, il voulait rester dehors encore, en espérant sans doute que des amis finiraient par arriver. Puisqu'il ne voulait pas jouer, je ne faisais que lui tenir compagnie, en essayant de lui expliquer sans y croire moi-même que, plus tard peut-être, des amis viendraient ; le temps m'a parfois paru bien long même si, au bout du compte, je trouve toujours les journées trop courtes.

Les jours passaient, à peu près tous semblables ; la principale variation concernait les conditions météorologiques : les journées pluvieuses étaient particulièrement longues car Rupert n'aime pas la pluie et, retardant le plus possible le moment d'aller faire ses besoins, étirait encore le temps qu'il fallait rester dehors à regarder passer les quelques personnes qui avaient l'air de conserver un semblant de vie normale. Les jours de canicule, et ils sont nombreux à Montréal, du mois de mai au mois de septembre, c'est moi qui, ne pouvant supporter le soleil et les grandes chaleurs humides, voulais rester à l'ombre le plus possible.

La lumière du soleil m'est devenue particulièrement insupportable après une chirurgie de la cataracte dans chaque œil, à une semaine d'intervalle entre les deux. La première chirurgie a été un succès ; trois ou quatre jours après, à l'exception de la lumière qui m'aveuglait et de l'obligation d'appliquer des gouttes, j'oubliais pratiquement l'opération. Mais la chirurgie du deuxième œil ne s'est pas aussi bien passée ; il m'aura fallu plusieurs mois, presque un an, pour que je cesse d'éprouver la sensation du grain de sable sous la paupière... Moi qui ne portais plus depuis quelques années de lunettes pour corriger la myopie et qui n'ai jamais eu besoin de lunettes pour lire, voilà que je ne voyais plus rien de près : impossible de lire sans les indispensables et désagréables lunettes de lecture. Et comme j'avais toujours d'abondantes larmes dans les yeux, ma vision était en permanence faussée, avec ou sans lunettes. J'ai donc abandonné la lecture, me privant de ce qui avait toujours été pour moi l'un des plus grands, sinon le plus grand plaisir dans la vie...

Puis vinrent les vaccins contre la COVID-19. Je n'ai éprouvé aucune réaction, pas d'effet secondaire à la suite du premier vaccin (Astra Zeneca). Mais, trois mois plus tard, je recevais le deuxième vaccin (Moderna) ; deux jours après cette injection, sans que je comprenne trop pourquoi ni comment, ma vie devenait un enfer. Il m'aura fallu parler à plusieurs personnes pour apprendre que l'un des effets secondaires du vaccin de Moderna était, chez certains (et il devenait évident que j'étais l'un des élus), une hypersensibilité de la peau. Une recherche sur Internet m'a permis de conclure que ma peau réagissait fortement aux acariens. Jour et nuit, mais surtout la nuit puisque j'étais plus ou moins immobile, j'avais la sensation que des bataillons de ces insectes hideux (en regardant des photos prises au microscope car ces arachnides sont invisibles à l'œil nu) parcouraient la surface de mon corps pour en dévorer les peaux mortes. Je n'en dormais pas des nuits et ne cessais de me gratter. Mon médecin, qui n'y croyait pas trop, m'a prescrit des antihistaminiques ; ces jolies petites capsules atténuaient les démangeaisons et me permettaient de dormir, d'autant mieux que ce médicament provoque la somnolence : mes nuits étaient plus calmes. Mais ce médicament a pour effets secondaires de provoquer de la somnolence (ce qui ne cause pas de problème la nuit mais devient plus embêtant durant le jour aux heures où l'on essaie d'être un peu actif et productif) et, ce qui est moins drôle, affecte semble-t-il la mémoire. Sans pour autant décider de ne plus l'utiliser, j'ai cessé depuis quelques semaines de prendre cet antihistaminique.

Les démangeaisons se sont partiellement atténuées mais n'en continuent pas moins, nuit après nuit, de m'empêcher de dormir. Bataillant toutes les nuit, je suis épuisé quand la journée commence et, dès que je peux, entre les longues sorties de Rupert, m'asseoir un moment, je tombe de sommeil.

Quant à ma vision, elle ne s'améliorera pas avec le temps : il faudra que je me résigne à porter des lunettes chaque fois que je voudrai lire quelques mots ou quelques pages, qu'il s'agisse de livres choisis, de ma correspondance quotidienne ou de la liste des ingrédients d'un produit dont j'ai besoin. Mais je ne me suis pas encore habitué, sauf quand je suis assis à mon bureau, à garder sous la main une paire de lunettes. De plus, éprouvant en permanence un sérieux inconfort aux yeux, quelle qu'en soit la cause, j'ai toujours envie de fermer les yeux et, par conséquent, de ne rien faire du peu de temps libre qui me reste. Je ne rêve plus que d'une chose : aller me coucher et essayer de trouver l'oubli dans le sommeil.

Je n'évoquerai pas ici les nombreux changements survenus autour de moi, sur lesquels je n'ai pas vraiment de contrôle, mais qui, s'ajoutant aux petits problèmes décrits ci-dessus, gâchent considérablement ma qualité de vie. S'ajoutent à cela une série de problèmes que je dois régler, dans ma vie personnelle, dans ma vie sociale, pour ce qui en reste, dans mon appartement, et pour la santé et la joie de vivre de Rupert. Mais la quantité de ces petits problèmes m'accable d'autant plus que, pour en régler un certain nombre, je dois respecter une certaine séquence alors que je n'ai pas encore les ressources pour m'attaquer à certaines situations qui ont préséance sur les autres.

Je n'ai pas vraiment fait « le recensement de mes misères » ; il me suffit de les regrouper dans un collectif singulier que, par respect pour ceux qui l'éprouvent vraiment, j'hésite à appeler « ma misère ». Bref, depuis plus d'un an, ma qualité de vie s'est largement dégradée et, comme Abel Tiffauges, je n'attends « de lueur d'espoir de nul horizon ».

mercredi 24 novembre 2021

Il y a 30 ans... Freddie Mercury

 
Il y a trente ans, le 24 novembre 1991, mourait Freddie Mercury. Qui, si je ne le fais pas, soulignera ce trentième anniversaire ? Je n'ai rien vu dans les médias montréalais, québécois, au sujet de ce triste événement. En me levant, ce matin, c'est pourtant la première pensée que j'ai eue. Alexander, qui n'avait que neuf ans au moment de la disparition de celui qu'il appelait « Monsieur », et qui conservait précieusement un rosier que lui avait offert Freddie Mercury, m'en aurait voulu si je n'avais rien écrit ici aujourd'hui.

mercredi 1 janvier 2020

Bonne année 2020


Pour finir l'année 2019 et commencer la nouvelle année, Rupert et moi sommes revenus hier à notre appartement habituel. Quand je lui ai proposé de revenir à sa vraie maison, Rupert a eu l'air content ; mais je crois que, sans vraiment comprendre ce que je lui proposais, il était curieux de voir ce à quoi l'invitait le ton enjoué de ma voix. Mais en entrant dans l'appartement, il n'a pas eu l'air enchanté. L'autre appartement était plus spacieux, plus éclairé (de grandes portes-fenêtres donnant sur un balcon au vingt-cinquième étage), plus confortable (il s'était accaparé du grand canapé en cuir - j'y ai mis son matelas en mousse mémoire. ; il aurait pu y dormir des journées entières.  Durant les premières heures, il m'a semblé déçu, comme s'il regrettait d'avoir accepté mon invitation... Mais au réveil, il a retrouvé avec beaucoup de plaisir son espace de jeu extérieur, explorant cette section de la rue qu'il connaissait si bien et qu'il n'avait pas revue depuis plusieurs semaines. Il a vite retrouvé ses habitudes de jeu à l'extérieur. Quant à moi, il me faudra sans doute quelques jours pour me réhabituer à cet espace bien connu, quelque peu réaménagé au cours des dernières semaines. Je voudrais que ce premier janvier 2020 soit le premier jour d'un nouveau départ pour Rupert et moi.

London Eye

Des amis m'ont demandé si je voulais aller célébrer le passage à la nouvelle en assistant à des spectacles et à des feux d'artifice dans le Vieux-Port de Montréal. Je préférais rester à la maison, avec Rupert, et me reposer du déménagement rendu plus difficile par la chute de neige, les trottoirs pas encore dégagés. À dix-neuf heures à Montréal, il était minuit à Londres : j'ai regardé en direct à la BBC les feux d'artifice autour du London Eye. Pour l'occasion, Big Ben (en réparation depuis 2017 jusqu'en 2021), a retrouvé sa voix afin de marquer de ses douze coups le passage à la nouvelle année. J'ai évidemment eu une pensée plus qu'émue pour tous mes amis britanniques, notamment en écoutant chanter le « Auld Lang Syne ».


Je vous souhaite une très belle et heureuse année nouvelle, sous le signe de la santé, de la paix, de la sérénité, de la joie, de l'amour, de la prospérité, des rêves réalisés.


mardi 26 novembre 2019

Honneur bien mérité

Photo de l'ambassade de France à Ottawa

Le jeune cinéaste québécois Xavier Dolan a été décoré dimanche de l'Officier de l’Ordre des arts et des lettres de la République française.

La cérémonie s'est déroulée dimanche dernier à l'ambassade de France à Ottawa, en présence d'un cercle intime d'invités d'Xavier Dolan.

« Par la force de ses films, la puissance de sa mise en scène et les sujets qu’il aborde, M. Dolan contribue au succès du cinéma francophone contemporain dans le monde », indique le communiqué de la diplomatie française.

Si, à 30 ans, il n'avait pas déjà accompli tout ce qu'il a fait - et avec quel succès ! -, on pourrait dire de lui que ce jeune homme ira loin. On ne peut que lui souhaiter une très longue et prodigieuse carrière Mais on ne ne peut s'empêcher de se demander jusqu'où « il ira plus loin ».

Toutes mes plus sincères félicitations, Xavier Dolan.

lundi 22 juillet 2019

Sens interdits

Lundi matin, c'est l'occasion de répondre à l'invitation de Dr CaSo à raconter « les Ptits souvenirs du dimanche soir ».

1. Je ne sais pas si je crois vraiment aux fantômes ; je n'ai rien contre. Le sujet m'intéresse et, lorsque j'avais la télévision, j'aimais regarder les émissions qui parlaient de revenants, de maisons hantées, de médiums, etc. J'ai lu quelques livres sur le sujet, et j'étais loin de vouloir m'en moquer. Il m'est arrivé de consulter une médium et je dois dire que j'avais été fortement impressionné par ce qu'elle m'avait révélé... Le rationalisme exacerbé m'exaspère autant que la crédulité excessive.

2. Je ne suis pas féministe, mais je n'ai rien contre. Là encore il y a des militantes radicales dont le fanatisme me détournerait parfois de leurs revendications mais, heureusement, il y a des discours et des mouvements qui méritent notre attention et qui débouchent parfois sur des solutions concrètes et justes. En fait, je n'aime pas beaucoup les étiquettes et, bien que j'adhère parfois à différents discours en faveur d'une plus grande liberté, du plein épanouissement des uns et des autres, je ne voudrais pas être défini principalement par une étiquette ou une autre.

3. Les fêtes, chez moi, sont la plupart du temps improvisées ; par conséquent, les plats que je pourrais préparer pour telle occasion le sont aussi. Je peux y penser quelques jours avant, mais j'organise et participe à si peu de fêtes, que je ne saurais donner plus de détails.

4. Je dirais qu'à vingt ans, j'ai commencé à sortir de ma coquille, surtout lors de mon premier séjour à Paris. Hélas, les années qui ont suivi le retour de Paris ont été assez pénibles. De 27 à 32 ans, j'ai vécu une très belle histoire d'amour, qui m'a beaucoup transformé, dans le bon sens. Toute la trentaine a été une période d'exploration, de découvertes, d'affirmation, d'émancipation ; de timide et réservé, qui se demandait toujours « comment font les autres », à cette époque, dans ma vie sociale, à la fois privée et professionnelle, je suis devenu communicateur, animateur, suscitant les confidences des uns et des autres... L'élément déclencheur de cette transformation fut l'habitude rapidement prise de sortir tous les soirs afin de mieux apprivoiser ma solitude nouvelle. Je crois que c'est à cette époque, en voulant aider ceux qui me confiaient leurs problèmes, que j'ai compris que, très souvent, ce n'est pas le conseil ou la réponse que l'on donne qui compte vraiment, mais l'attention et l'écoute qui permettent à l'autre de bien comprendre la situation qu'il trouve problématique et de trouver lui-même la solution appropriée.

5. Il m'est sûrement arrivé d'accomplir quelque chose d'interdit, mais je ne saurais en faire une liste. Ces actes ou ces infractions aux lois ou aux règles de toutes sortes, ce ne sont pas des trophées que j'ai envie d'exhiber. J'ai agi parfois spontanément dans certaines situations, sans préméditation ni provocation. Il m'est arrivé, par exemple, de faire l'amour dans un coin pas si tranquille du Palais de Justice ; ce n'était pas un défi aux interdits, mais simplement l'envie de répondre joyeusement à un appel des sens, interdits ou non, de vivre intensément une occasion irrésistible. Comme je le disais parfois à l'un de mes neveux adolescent : « Si ce que tu as envie de faire ne fait de mal à personne et que tu évalues bien les risques de te faire prendre, libre à toi d'agir comme tu le veux. »

dimanche 7 juillet 2019

C'est notre histoire

« Préféreriez-vous aimer davantage, et souffrir davantage ; ou aimer moins, et moins souffrir ? C’est, je pense, finalement, la seule vraie question. » Ce sont les premiers mots du plus récent livre d'un écrivain anglais que j'aime beaucoup, Julian Barnes, La seule histoire, paru en 2018.

Cette question, je me la suis posée, et je me souviens en avoir parlé avec Alexander, pas exactement dans ces termes, mais c'était le sens d'un des sujets de nos conversations. Autour de cette idée, il y avait aussi celle que les êtres plus sensibles ressentent davantage les bonnes émotions, les bonnes choses de la vie mais, bien entendu, elles ressentent aussi plus vivement les peines, les douleurs, que ne les ressentent les êtres plus rationnels. Et, je me souviens aussi avoir demandé à Alexander, lors d'une conversation au sujet d'Alexandre le Grand - et je m'en veux encore -, s'il croyait aussi que les êtres qui vivent très intensément ont souvent des vies plus courtes que la moyenne des gens. Je m'en veux encore car je ne savais pas, alors, que sa propre vie serait menacée et que l'une de ses paroles dont je me souviens bien se vérifierait un peu plus tard ; quelques mois après nos premières communications, il m'avait dit : « Dans ma famille, on ne vit pas très vieux ; et je ne ferai pas exception. »

« Préféreriez-vous aimer davantage, et souffrir davantage ; ou aimer moins, et moins souffrir ? », demande Julian Barnes, avant d'ajouter « que ce n'est pas une vraie question. Parce que nous n’avons pas le choix. Si nous avions le choix, la question pourrait se poser. Mais nous ne l’avons pas, donc elle ne se pose pas. Qui peut contrôler la force de son amour ? Si vous pouvez la contrôler, ce n’est pas de l’amour. Je ne sais pas comment vous appelez cela, mais ce n’est pas de l’amour. » Et il a tout à fait raison.



Le choix que j'ai eu, en avril 2008, c'était de répondre ou de ne pas répondre à l'invitation d'Alexander d'amorcer une correspondance, de me laisser apprivoiser, d'établir des liens affectifs qui sont rapidement devenus plus intimes, plus vifs, plus profonds, plus intenses et vraiment indissolubles. Une fois apprivoisé, sous le charme de ce garçon merveilleux qu'était Alexander, je ne pouvais plus faire marche arrière : en choisissant de faire route avec lui, j'ai compris qu'un jour ou l'autre il y aurait des moments difficiles, des peines, des chagrins, qui seraient dix fois, cent fois compensés par toutes les joies, tous les bonheurs partagés. Pas une seconde je n'ai regretté de partager avec lui tout ce qu'il a été possible de partager.

En apparence, tout nous séparait : langue, culture, religion, âge, milieu social, géographie, politique, etc. Mais, au-delà des intérêts communs pour les mots, les livres, pour certains auteurs, nous nous reconnaissions par nos fêlures, nos blessures profondes remontant à l'enfance, comme si, à travers l'espace et le temps, nous étions de la même famille affective...

Il y a exactement dix ans aujourd'hui qu'Alexander nous a quittés. Dix ans plus tard, je me sens toujours plus enrichi par tout ce que m'a révélé ce garçon, tout ce qu'il m'a permis de découvrir et de vivre, ce qu'il m'a permis de devenir. Aujourd'hui encore, à chaque instant, il vit en moi et c'est en grande partie à travers lui que je perçois, que je ressens, que je pense, que j'appréhende ma vie sur Terre.

samedi 6 juillet 2019

Conversation stellaire

« Quand je n’écris pas, c’est que
quelque chose en moi ne participe plus
à la conversation des étoiles. »
Christian Bobin, La grande vie

lundi 24 juin 2019

Les anciennes odeurs

À l'invitation de Dr CaSo, voici une autre édition des Ptits souvenirs du dimanche soir, diffusés ici avec un peu de retard.

Est-ce que vous vous êtes déjà battu pour une cause importante ?
Oui, très souvent : pour la défense de la langue française, de la culture québécoise, notamment, mais pour bien d'autres causes plus ou moins semblables ou fort différentes.
À plus petite échelle, il y a quelques années, deux ou  trois jours avant Noël, un ancien patron m'avait remis, comme à six de mes collègues, une lettre annonçant que nous serions mis à pied durant la période des fêtes de fin d'année, avec la possibilité que nous serions réembauchés en janvier... si la situation financière de l'organisme s'améliorait. Comme c'était la responsabilité du directeur de faire en sorte que la situation financière de l'organisme soit bonne, et non celle des employés que nous étions, je trouvais cette mise à pied particulièrement cruelle et même cynique. J'ai immédiatement écrit une lettre au conseil d'administration (les patrons de mon patron) : avant la fin de la journée, la décision du directeur était annulée et nous gardions notre emploi.
Plusieurs fois, il m'est arrivé de me battre, seul ou avec d'autres, pour protester contre des injustices ou pour obtenir des avantages auxquels nous avions droits. J'ai très souvent remporté ces batailles.
Je continue de le faire dans ma vie de tous les jours, selon mes moyens, pour le bien des gens qui m'entourent. Je suis souvent plus motivé quand l'intérêt d'autres personnes est en cause, que lorsqu'il s'agit de mon seul intérêt.

Quelles odeurs aimez-vous particulièrement ?
J'aime le parfum des fleurs dans les jardins de mes voisins ; je ne sais pas toujours le nom de ces fleurs, mais plusieurs d'entre elles me plaisent. J'aime souvent l'odeur des plats que je prépare, à la cuisine. J'aime l'odeur de certaines eau de toilette de bonne qualité, et en particulier celle qu'utilisait Alexander (que l'on ne trouve plus sur le marché, mais que j'ai réussi à trouver il y a quelques mois encore, sans avoir à débourser 500 $ comme on demandait sur Amazon). J'aime l'odeur des gâteaux et des tartes, mais je dois dire que je n'en prépare pas beaucoup moi-même. Cette liste pourrait être beaucoup plus longue.

Qu’est-ce que vous avez admiré cette semaine ?
La réponse la plus facile et la plus spontanée : les fleurs des jardins de ma rue quand je sors avec Rupert (il n'y en a pas chez moi : pas de place pour cela, du moins pas pour l'instant).  La lumière matinale ou de fin d'après-midi dans les feuilles des arbres voisins. Certaines phrases dans mes lectures en cours.

Comment avez-vous obtenu votre premier job ?
Entre dix et treize ans, j'étais, à temps partiel (le soir et les fins de semaine), travailleur autonome itinérant : je faisais le tour de tous nos voisins à la campagne pour leur offrir des cartes de voeux (Noël et autres), de petits objets décoratifs, etc. J'avais commencé cela de ma propre initiative en commandant la marchandise par la poste...
Mon premier emploi à temps plein, durant l'été, c'est à quatorze ans : j'étais venu de la campagne à Montréal dès la fin de l'année scolaire. Quelqu'un que je connaissais avait obtenu que le gérant d'un restaurant accepte de me rencontrer : j'ai été embauché immédiatement pour travailler à la cuisine durant tout l'été. J'habitais seul, en chambre, à Montréal, car ma famille était restée à la campagne.

Quand vous étiez jeune, qu’est-ce que vous aviez vraiment envie de faire mais vos parents vous l’interdisaient ?
Je ne me souviens pas que mes parents m'aient interdit quoi que ce soit... Mon père n'aimait pas vraiment que j'emprunte sa voiture quand j'avais douze ou treize ans, mais il acceptait tout de même de me la prêter quand il fallait aller chercher du beurre ou autre chose à l'épicerie, qui était à une certaine distance de la maison. Et je prenais tout de même la voiture quand il n'était pas là... Si j'avais quelque chose à reprocher à mes parents, ce ne seraient pas les interdits.

Est-ce que vous avez toujours aimé vos noms et prénoms ou est-ce que vous auriez préféré en changer ?
Je ne peux pas dire que j'aime mon prénom (composé), mais il ne me déplaît pas vraiment non plus. Quant à mon nom de famille, il est tout à fait correct. Depuis l'âge de douze ans, j'ai modifié l'orthographe de mon nom de famille : je suis donc le seul de la famille à écrire mon nom de cette façon (tous mes papiers sont faits à ce nom qui, je l'ai appris plus tard, s'écrivait ainsi quand mes ancêtres paternels sont arrivés ici, en Nouvelle-France, vers 1650).
Toutefois, si je devais chercher la célébrité dans un domaine ou dans un autre, je prendrais certainement un pseudonyme, ne serait-ce que pour éviter la confusion avec un Français qui publie des livres et qui porte les mêmes prénom et nom de famille que moi.

lundi 3 juin 2019

Souvenirs du dimanche soirs...réchauffés le lendemain

Plus fidèle que moi aux P'tits souvenirs du dimanche soir, Dr CaSo propose encore ses souvenirs chaque dimanche et nous invite à partager les nôtres. Bien que, la plupart du temps, je ne me reconnaisse pas dans les questions, je tente parfois de proposer des réponses ; en voici quelques-unes :


Quel genre de nourriture « exotique » aimez-vous le plus ?
Je peux manger à peu près de tout (je crois l'avoir déjà écrit quelque part dans ces pages, d'ailleurs). Mais, puisqu'il faut nommer des cuisines « exotiques », en voici quelques-unes que j'aime : les cuisines italienne, chinoise, japonaise, libanaise, portugaise, grecque, française (est-ce exotique ?) ; mais j'aime aussi la mienne, qui n'est pas « exotique » mais d'autant plus inventive qu'elle est pratiquement toujours improvisée et... ne ressemble pas beaucoup à ce que l'on connaît.

Je rêve en fait de plats de poissons et de salades de légumes et de fruits (fruits et légumes dans le même plat, c'est parfait).
Je n'aime pas vraiment la cuisine mexicaine, du moins ce que j'en connais : il m'est arrivé à quelques reprises d'être invité dans des restaurants mexicains, à Paris et à Montréal, et j'en suis sorti quelque peu déçu.

 


Qu’est-ce que vous oubliez souvent ?
Je n'oublie pas grand-chose, hélas ! J'aimerais parfois oublier tout ce que l'on attend de moi...
Ce qu'il m'arrive le plus d'oublier, ces temps-ci, c'est l'heure d'aller dormir (mais je n'oublie jamais de me réveiller très tôt, tous les jours).

Avec quelle personne de votre famille (proche ou moins proche) aimez-vous le plus voyager ? Pourquoi ?
Je n'ai jamais beaucoup voyagé avec qui que ce soit de ma famille (autrement que d'aller chez les uns ou chez les autres, mais ce ne sont pas vraiment des « voyages »). Je suis allé en Virginie avec l'une de me soeurs, une fois, durant une dizaine de jours ; ce ne fut pas si désagréable, mais je dois dire que je ne rêve pas tous les jours de recommencer. Si je devais voyager, je crois que je préférerais le faire seul ou encore avec quelqu'un qui, entre autres qualités, connaîtrait bien la culture actuelle (les bons trucs pour se faciliter la vie) d'un pays que je voudrais connaître.

Qu’est-ce qui vous a fait rire la semaine dernière ?
J'ai probablement ri quelques fois durant une quinzaine de secondes à chaque fois en parlant avec un voisin ou une voisine, mais je ne m'en souviens pas. J'ai probablement ri plus franchement en regardant des vidéos de chiens sur Internet.

Si quelqu’un vous donnais 50 euros, ou 50 dollars, ou 50 francs suisses, là, mais que vous deviez les dépenser aujourd’hui, qu’en feriez-vous ?
Que voulez-vous que je fasse de cinquante dollars ? Il n'y a même pas de quoi s'offrir un bon repas, seul, au restaurant.
J’aurais plutôt besoin de 50 000 $ et, je vous assure, je pourrais les dépenser le jour même, sans faire aucune folie.
Je réfléchissais à cela ce matin et, au moment où je suis sorti avec Rupert, j'ai reçu un court message sur mon téléphone multifonctions ; ce message disait que j'avais gagné 50 000 euros et que je n'avais qu'à suivre le lien pour les réclamer... Je ne sais pas pourquoi, avant même que j'aie eu le temps de réfléchir, j'avais effacé le message.

Racontez-moi un chouette souvenir de vacances à la montagne.
J'ai souvent été à la montagne quand j'étais enfant, adolescent, car le petit village où nous habitions était entouré de montagnes, mais je ne peux pas dire que j'y aie passé des vacances... Est-ce que les Buttes Chaumont, ça compte ? Et, même si j'habite au pied du mont Royal, il y a tout de même longtemps que je n'y suis pas allé.
À trop lire ces questionnaires, je finirai par croire que je ne vis pas dans le même univers que bien des gens : je n'ai rien à répondre à de nombreuses questions, ni rien à ajouter à de nombreux commentaires. Il semble que ma vie soit ailleurs.

dimanche 12 mai 2019

Souvenirs légers du dimanche soir

J'avais l'intention, dimanche dernier, de répondre à l'invitation de Dr CaSo à jouer le jeu des p'tits souvenirs du dimanche soir, mais le temps m'a manqué. Avant la publication de la nouvelle édition, ce soir, je vais tenter de répondre rapidement aux questions de la semaine dernière.

Qu’est-ce que vous auriez dû faire cette semaine que vous n’avez pas fait ?

Énormément de choses. J'en ai fait d'autres, mais il y avait plusieurs choses que j'aurais dû faire et que j'ai reporté de jour en jour, jusqu'à... la semaine prochaine. Pêle-mêle, sans ordre de priorité, en voici quelques-unes : 1) le compte rendu d'une réunion que j'ai moi-même convoquée ; 2) une répartition des tâches confiées à certains de mes collègues ; 3) le calendrier d'exécution de certaines tâches partagées entre seize collègues ; 4) l'étude de trois soumissions (devis) - documents techniques de plus de deux cents pages - pour des dépenses d'environ 200 000 $ (plus de 132 500 euros) pour des travaux que je devrai confier à des professionnels ; 5) la rédaction d'un guide de gestion ; 6) le désencombrement de mon appartement à la suite de rénovations importantes (c'est comme un déménagement sans bouger) ; 7) je ne parle même pas du projet le plus important que j'aie voulu entreprendre, qui est en cours, mais dont je reporte sans cesse la suite, par manque de concentration...

Quels étaient vos cours préférés et détestés à l’université (ou à l’école) ?

Je crois que les cours de français, de langues et cultures étrangères, de linguistique, de rédaction, de communication, ainsi que les cours d'histoire de l'art, ont toujours eu ma préférence. À l'université, j'ai beaucoup aimé les cours de journalisme, de communication orale et de communication écrite... À l'école secondaire, je n'aimais pas trop la chimie, la géographie... Puis, à l'université, mon pire cauchemar était un cours sur la théorie de l'information, avec un contenu beaucoup trop important pour un seul cours, des données techniques qui ne m'intéressaient nullement ; au cas où cela vous intéresserait, je vous invite à vous familiariser avec la théorie de l'information de Shannon.

Quel est le pire truc que vous avez dû manger ou boire par politesse, un jour ?

Je ne me souviens de rien en particulier. J'ai toujours été assez curieux de goûter si on me dit que c'est bon. Huîtres, calmars, pieuvre, oursins et autres fruits de mer, escargots, tripes, rognons, etc. J'aime goûter lorsque j'ai confiance en la personne qui les prépare. Je disais toujours, au sujet d'un ami qui cuisinait merveilleusement bien, que s'il m'avait servi des queues de rat farcies, je les aurais mangées. Maintenant, il y a des choses que je ne voudrais pas manger, plutôt par principe : des petits lapins, par exemple ; je mange de moins en moins de viande, de toute façon. Il y a peut-être certains plats que je ne voudrais pas goûter dans certains pays, je ne sais pas lesquels, mais en général, ce serait de toute façon des pays que je ne chercherais pas à visiter.

Quel a été l’un des plus chouettes voyages de votre vie ?

Je crois avoir déjà répondu à cette question dans un billet précédent ; je n'ai pas fait d'autre voyage depuis novembre 2018.

Est-ce que vous avez déjà eu un jardin (même petit, sur un balcon par exemple) ? Qu’y avez-vous fait pousser ? Qu’est-ce qui a bien marché ou a été un désastre total ?

Pas vraiment. Sauf quand j'étais adolescent, à la campagne. J'ai toujours des plantes vertes dans l'appartement, que je néglige souvent, mais qui survivent ; quelqu'un m'a même dit que j'avais le pouce vert : j'imagine qu'il s'agit de quelqu'un qui a du mal avec les plantes... ou de quelqu'un qui ne savait pas quoi dire pour me faire un compliment.
Cette histoire de jardin me fait repenser à une anecdote au sujet d'Alexander enfant. Il devait avoir cinq ou six ans et, voyant les adultes faire leur jardin potager, il avait demandé des graines de carottes, de laitues, etc., pour faire son propre jardin.  Quand tout fut planté, il installa sur des petits bâtons enfoncés dans la terre quelques petites étiquettes disant : « For animals only ». Quand on lui fit remarquer qu'il y avait une faute sur ses étiquettes, il répondit que les lapins, les escargots, et autres usagers de son jardin ne s'arrêteraient pas à cette faute car ils seront trop heureux de pouvoir manger de la laitue, des carottes, etc., qu'ils n'ont pas le droit de manger dans le jardin des grandes personnes

Quelle est la dernière photo que vous avez prise ?


Sans tricher, je dois dire que la photo ci-dessus est la dernière que j'aie prise, il y a quelques jours, pour un voisin qui voulait repeindre son appartement. Désolé pour l'esthétique !

mardi 7 mai 2019

C'est un garçon !

Félicitations au duc et à la duchesse de Sussex pour la naissance de leur premier enfant. Je leur souhaite beaucoup de bonheur.

Meghan, duchesse de Sussex, a donné naissance hier, 6 mai, à un garçon de 7 livres et 3 onces (3,26 kilos). Selon le père, le prince Harry, duc de Sussex, la mère et le bébé se portent à merveille.


Selon les paris, Alexander serait l'un des prénoms les plus susceptibles d'être choisis pour ce nouveau petit prince ; Arthur, James et Edward font aussi partie de la courte liste.

Mon choix serait évidemment « Alexander », et je ne serais pas surpris si c'était celui que le prince Harry, maintenant duc de Sussex, choisissait lui-même.

Ajout du 8 mai : Finalement, le nouveau membre de la famille royale s'appellera Archie Harrison Mountbatten-Windsor. Archie est la version courte d'Archibald... Je n'aurais pas aimé que l'on choisisse « Alex », abréviation d'« Alexander » ou « Alexandre ». En fait, je n'aime pas, pour les personnes, les diminutifs ni les surnoms. Je crois qu'un enfant a besoin que l'on reconnaisse toute son identité, et non qu'on la diminue en raccourcis.

lundi 6 mai 2019

Agatahou ? Agataki ?

Connaissez-vous Agatha ? Agatha Who ? Agatha Qui ?
Vous penserez peut-être, avec raison, à Agatha Christie, l'auteur de roman policiers. Je veux plutôt vous parler d'Agatha Raisin qui, elle, n'écrit pas de romans policiers : les aventures, elle les vit plutôt au quotidien.


Grâce à Alexander, j'ai découvert de nombreux auteurs britanniques qui, sans lui, ne m'auraient peut-être jamais intéressé. Depuis son départ, je n'ai cessé d'en découvrir de nouveaux qui, souvent, ne sont nouveaux que pour moi, parce que je n'avais pas eu l'occasion de les connaître auparavant. Je n'aurais peut-être jamais lu Evelyn Waugh, auteur britannique pourtant bien connu, si je n'étais tombé, il y a quelques années, sur l'excellente sérié télévisée Brideshead Revisited (Retour à Brideshead) adaptée du roman de cet écrivain. J'ai bien sûr suivi avec un immense intérêt, en version originale, la série Downton Abbey qui, elle, n'est pas tirée d'un roman, mais a été écrite directement pour la télévision par l'écrivain-producteur Julian Fellowes. Depuis, il m'est arrivé de vouloir lire des romans qui avaient inspiré des films ou des séries télévisées britanniques ou, à l'inverse, de vouloir voir des films ou des séries télévisées adaptés de romans d'auteurs britanniques.

Agatha Raisin et son charmant voisin, James Lacey

Il y a quelques mois, je suis tombé par hasard sur une série de la télévision anglaise, Agatha Raisin, que j'ai trouvée vraiment très divertissante, en plus de me permettre de découvrir visuellement l'une des plus belles régions d'Angleterre.

M. C. Beaton, pseudonyme de Marion McChesney

La série télévisée est inspirée des romans de M. C. Beaton, qui ne sont pas de la grande littérature mais qui, comme souvent les romans policiers, sont de l'excellente littéraure légère, de divertissement.


Je ne lis pas souvent ce genre de littérature mais, après avoir vu la première saison de cette série télévisée (en version originale, bien sûr), j'ai eu envie de lire, en traduction française, deux ou trois de ces romans de M. C. Beaton.


Après avoir fait fortune dans la communication, Agatha Raisin décide de quitter Londres et de s'établir dans un petit village de la campagne anglaise du Wiltshire mais, dès son installation dans le village, une série de meurtres se produisent les uns après les autres. Et, à chaque fois, malgré les bonnes résolutions et les menaces de l'inspecteur et de l'agent de police qui l'accompagne, Agatha se sent le devoir d'enquêter. À chaque épisode elle est entraînée dans une série d'aventures, parfois embarrassantes, souvent dangereuses, mais elle réussit toujours, je ne sais pas pourquoi, à découvrir le coupable.

Agatha Raisin et sa femme de ménage

Sa femme de ménage l'accompagne souvent dans ses enquêtes, de même que son charmant voisin, James Lacey.



Maison d'Agatha dans le village






La série télévisée est tournée dans la magnifique région des Cotswolds, le Notting Hill de la campagne anglaise. Le prince Harry et Meghan, duc et duchesse de Sussex, voulaient s'y établir avant que la reine leur offre de s'installer plutôt à Frogmore Cottage, dans le Home Park qui entoure le château de Windsor. 

Le rôle d'Agatha Raisin est tenu par Ashley Jensen qui (dans cette série) me rappelle énormément Martine, l'une de mes excellentes amies décédées il y a quelques années des suites d'un cancer. Comme Agatha, Martine était directrice de communication et elle avait, comme elle, une personnalité et une allure qui passaient rarement inaperçues...

La deuxième saison de la série est en cours d'enregistrement. Il me tarde de me procurer la série de DVD de la nouvelle saison.

mardi 23 avril 2019

Une pensée pour Rupert Brooke...


Je n'oublie pas Rupert Brooke, mort à 27 ans (comme Alexander) en Méditerranée le 23 avril 1915, en voulant se rendre à la bataille de Galipoli.

Lors de notre première conversation en direct, Alexander, dans un contexte particulier, m'avait parlé de ce poème de Rupert Brooke, « The Soldier » :

If I should die, think only this of me:
   That there’s some corner of a foreign field
That is for ever England.  There shall be
   In that rich earth a richer dust concealed;
A dust whom England bore, shaped, made aware,
   Gave, once, her flowers to love, her ways to roam,
A body of England’s, breathing English air,
   Washed by the rivers, blest by suns of home.

And think, this heart, all evil shed away,
   A pulse in the eternal mind, no less
     Gives somewhere back the thoughts by England given;
Her sights and sounds; dreams happy as her day;
   And laughter, learnt of friends; and gentleness,
     In hearts at peace, under an English heaven.



Il fut mis en terre dans un champ d'oliviers et repose désormais en Grèce sur l'île de Skyros.

dimanche 21 avril 2019

Mourir d'amour (manquant)

La mort d'un chien
poème de Victor Hugo

Un groupe tout à l'heure était là sur la grève,
Regardant quelque chose à terre. – Un chien qui crève !
M'ont crié des enfants ; voilà tout ce que c'est.
– Et j'ai vu sous leurs pieds un vieux chien qui gisait.
L'océan lui jetait l'écume de ses lames.
– Voilà trois jours qu'il est ainsi, disaient des femmes,
On a beau lui parler, il n'ouvre pas les yeux.
– Son maître est un marin absent, disait un vieux.
Un pilote, passant la tête à sa fenêtre,
A repris : – Ce chien meurt de ne plus voir son maître.
Justement le bateau vient d'entrer dans le port ;
Le maître va venir, mais le chien sera mort.

– Je me suis arrêté près de la triste bête,
Qui, sourde, ne bougeant ni le corps ni la tête,
Les yeux fermés, semblait morte sur le pavé.
Comme le soir tombait, le maître est arrivé,
Vieux lui-même ; et, hâtant son pas que l'âge casse,
A murmuré le nom de son chien à voix basse.
Alors, rouvrant ses yeux pleins d'ombre, exténué,
Le chien a regardé son maître, a remué
Une dernière fois sa pauvre vieille queue,
Puis est mort.

C'était l'heure où, sous la voûte bleue,
Comme un flambeau qui sort d'un gouffre, Vénus luit ;
Et j'ai dit : D'où vient l'astre ? où va le chien ? ô nuit

Rassurez-vous : ce poème n'a aucun lien direct avec ma réalité ni avec celle de Rupert.
Il s'agit simplement d'un beau poème de Victor Hugo que je viens de retrouver (pas Hugo, le poème).
Il illustre bien le fidèle attachement d'un chien à son « maître » ; je dirais plutôt : à son partenaire humain.

dimanche 7 avril 2019

Élégance masculine

Portrait du comte Robert de Montesquiou
par Giovanni Boldini (1897), Musée d'Orsay.

L'élégance d'hier n'est pas celle d'aujourd'hui, et nous serions certainement surpris de voir aujourd'hui ce que demain nous réserve en terme de style et d'élégance. Il y a fort à parier que si nous rencontrions dans la rue aujourd'hui quelqu'un ressemblant à ce portrait du comte Robert de Montesquiou (qui, bien malgré lui, a inspiré à Marcel Proust son personnage de M. de Charlus dans À la recherche du temps perdu), nous ne penserions probablement pas d'abord à son élégance mais plutôt au fait que sa tenue et son style sont ceux d'une autre époque.

L'élégance anglaise de Dowton Abbey

Rassurez-vous, je ne vous ferai pas un cours sur ce qui constitue l'élégance masculine d'aujourd'hui ; d'abord parce que j'en serais bien incapable et que, si mes voisins tombaient par hasard sur ce que je pourrais en dire, ils laisseraient certainement un commentaire me niant toute crédibilité sur le sujet.


En effet, depuis l'arrivée de Rupert, et avec l'obligation de sortir avec lui plusieurs fois par jour et même la nuit, j'ai adopté un style de vêtements décontractés, confortables et facile à entretenir. Rupert est maintenant un grand garçon de plus de trois ans et, sauf de rares exceptions, nous ne sortons plus que trois fois par jour : le matin à son réveil, au milieu de l'après-midi et, finalement, avant d'aller dormir la nuit venue. Mais les deux premières sorties sont assez longues et, lorsque nous rentrons, nous sommes tous les deux fatigués : Rupert va faire une sieste, et, moi, j'ai habituellement trop de choses à faire pour aller dormir, et trop fatigué pour participer à des activités sociales.

Colin Firth

Lors de notre sortie du matin, nous rencontrons ceux et celles qui se rendent au travail, à l'école ou à l'université. Depuis l'été dernier, nous croisons chaque matin une femme noire très élégante ; un matin de l'été dernier, puisqu'elle me saluait, je me suis permis de lui dire que chaque fois qu'elle passait devant nous, nous étions, Rupert et moi (moi, surtout) séduits par le parfum que son passage répandait dans l'air. Depuis, chaque fois que nous la rencontrons, elle nous salue avec un grand sourire en demandant : « Comment allez-vous, les amis ? » Qu'il fasse beau, qu'il pleuve ou qu'il neige, elle est pour nous un rayon de soleil.

Je croise aussi, parfois, des hommes, jeunes ou en pleine maturité, qui sont aussi élégamment vêtus, mais je n'ai pas de souvenir particulier de quelqu'un qui m'aurait frappé par son élégance ; et si ce fut le cas, l'impression ne s'est pas vraiment gravée dans ma mémoire. Je me souviens bien de certains regards, de certains sourires, de brèves complicités qu'il m'aurait parfois plu de pouvoir renouveler ou prolonger, mais pas de tenue vestimentaire particulière.

Ce dimanche matin, alors que je marchais avec Rupert, j'ai vu venir vers nous un jeune homme que nous avions rencontré deux fois auparavant, accompagné d'un très beau caniche royal de couleur blanc-crème. Je me suis immédiatement souvenu de lui car, même si quelques semaines s'étaient écoulées depuis notre rencontre précédente, j'avais été fortement frappé par l'élégance de sa tenue vestimentaire, de sa démarche, de ses gestes et, surtout, de son exquise politesse. Arrivé avec son chien à notre hauteur, à chaque rencontre, il s'est arrêté pour que les deux chiens se saluent et, me regardant droit dans les yeux, m'a dit : « Bonjour, Monsieur ! Comment allez-vous ? »

Comment ne pas être touché quand un jeune homme d'à peine vingt ans vous salue d'un « Bonjour, Monsieur ! » et poursuit son entrée en matière avec le vouvoiement ? Ni la première fois, ni les fois suivantes, la conversation est allée beaucoup plus loin que cet échange de salutations et de quelques remarques sur le chien respectif de l'autre.


Son chien, aux manières aussi impeccables que celles de son maître, est un caniche royal à la fourrure légèrement ondulée de la même longueur partout, et non pas sculptée à la façon des topiaires, symboles des jardins à la française.


Ce matin, le jeune homme, de type eurasien, au visage clair, au teint sans défaut, à la coiffure très soignée, était vêtu de façon particulièrement remarquable pour quelqu'un de son âge et pour promener son chien un dimanche matin (il se rendait probablement à une invitation ou à un événement important). Il portait un costume bleu foncé, parfaitement taillé, avec une chemise bleu clair avec un léger motif à peine perceptible, au col anglais, une cravate d'un autre motif très subtil d'un bleu un peu plus clair que le costume, des chaussures anglaises classiques noires et, par-dessus tout un long manteau de cachemire de couleur marine. Je ne pouvais pas reconnaître son parfum, mais il était le complément parfait de cette tenue. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire en le quittant, spontanément et sans arrière-pensée, combien il était élégant.


Je n'allais évidemment pas lui demander à quel endroit il achetait ses vêtements... Et je ne crois pas que, à l'exception de nos chiens qui nous amènent à socialiser un peu, nous nous trouvions des affinités électives au cours d'éventuelles prochaines rencontres... Mais je ne serais pas surpris qu'il s'habille à Londres, achète ses costumes rue Saville Row, chez Anderson & Sheppard, par exemple, ses chemises chez Turnbull & Asser, Jermyn Street ou Bury Street, ses chaussures chez John Lobb, St James's Street...Je serais tout de même curieux de savoir pourquoi ce jeune homme de vingt ans à peine, qui habite près de chez moi, aux manières impeccables, sort de chez lui un dimanche matin avec son chien, étant vêtu de façon si élégante et pourtant si formelle...

samedi 6 avril 2019

Tartan Day 2019

Le 6 avril, c'est le Tartan Day, célébré par les Écossais, pour commémorer la déclaration d'indépendance de l'Écosse (pas celle que revendiquent les Écossais contemporains, mais ceux du XIVe siècle).


Au départ, il semble que ce soient les Écossais établis en Amérique du Nord qui aient institué cette célébration appelée Tartan Day, pour souligner leur appartenance à leur pays d'origine et à leurs traditions.


Les Écossais du Royaume Uni et d'ailleurs semblent avoir adopté cette fête que l'on célèbre désormais le 6 avril, pour rappeler la « déclaration d'Arbroath », déclaration d'indépendance écossaise, signée par la noblesse écossaise assemblée dans l'abbaye d'Arbroath, le 6 avril 1320.


Les chiens aussi sont patriotiques.


Je me promets depuis quelques années de me procurer cette série télévisée, Outlander, que je n'ai encore jamais vue mais dont plusieurs images aperçues sur Internet m'ont donné envie d'en voir davantage. Je risque cependant d'être déçu car je viens de me me souvenir que c'est une série réalisée aux États-Unis, et non par une maison de production du Royaume Uni...


Si les Écossais sont notamment réputés pour la qualité de leur whisky (plus populaire mondialement que le haggis), les membres de l'Association Scotch Whisky (SWA) n'ont pas vraiment le cœur à la fête aujourd'hui. L'Association a perdu, aujourd'hui même, une importante bataille juridique contre le détaillant japonais Isetan Mitsukoshi qui souhaite enregistrer le mot « tartan » comme marque de produits. La SWA a contesté l'intention du fabricant japonais de whisky, invoquant que le tartan est « un symbole emblématique de l'Écosse » et qu'il ne peut être utilisé que pour désigner un spiritueux écossais. L'Office de la propriété intellectuelle de Singapour a cependant rejeté les arguments de l'Association écossaise.

Je n'oublie pas que c'est mon ami anglais Alistair, dont je n'ai plus de nouvelles depuis plusieurs années, qui m'avait appris que le Tartan Day se célébrait le 6 avril : c'est en pensant à lui que j'ai voulu rédiger ce billet... qui ne parle pas vraiment de lui, mais...

vendredi 5 avril 2019

Sa chute sur la Terre...


Il y a 37 ans ce 5 avril, la chute sur la Terre d'un autre Petit Prince, anglais celui-ci.

mercredi 3 avril 2019

Pierre noire

Cette journée du 3 avril 2019 est, pour l'humanité, pour les droits fondamentaux des individus, pour le respect de la dignité et de l'intégrité des personnes, une journée à marquer d'une pierre noire. Je ne fais pas allusion à la pierre noire située « dans l'angle sud-est de la Kaaba, le monument qui se trouve au centre de la mosquée al-Haram de La Mecque, en Arabie saoudite », mais on peut y voir un rapprochement, car en ce 3 avril 2019, le Brunei, petit État de l'île de Bornéo, a décidé que s'appliquerait à partir de cette date la charia, la loi islamique.

Le Brunei, pays riche en hydrocarbures, dirigé par un monarque absolu, le sultan Haji sir Hassanal Bolkiah Mu'izzaddin Waddaulah, est maintenant le premier pays d'Asie du Sud-Est à appliquer un code pénal suivant la charia la plus stricte, comme en Arabie saoudite, autre pays où il ne fait pas bon essayer de vivre librement.

À compter d'aujourd'hui, toute personne soupçonnée d'homosexualité sera condamnée à la peine de mort par lapidation. C'est donc dire que tous les braves sujets de cette monarchie pourront leur lancer la première pierre, la deuxième, la troisième, la quatrième, etc., jusqu'à ce que mort s'ensuive. Et ne vous avisez pas de voler un fruit, car vous aurez, selon la loi islamique, la main ou le pied coupé.

Le monarque absolu régnant sur le Brunei est l'un des hommes les plus riches du monde, le deuxième chef d'État de la planète ainsi privilégié ; sa fortune personnelle dépasserait les 40 milliards de dollars. Croyez-vous que, dans son palais trois fois plus grand que le palais de Buckingham, comptant 1 788 pièces et dont la construction a couté un milliard d'euros, ce brave homme passe son temps à lire le Coran et à prier ? Libre à vous de le croire, mais j'ai un petit doute que ce n'est pas ainsi qu'il occupe son temps.

Ce cher sultan possède une des plus vastes collections d'automobiles de luxe. Si, autour de nous, certaines familles aisées peuvent avoir deux ou trois voitures le sultan de Brunei, lui, a besoin, pour ses déplacements, de « plus de 5 000 voitures de luxe dont 531 Mercedes-Benz, 367 Ferrari, 362 Bentley, 185 BMW, 177 Jaguar, 160 Porsche, 135 Toyota, 130 Rolls-Royce, 79 Aston Martin, 62 Lexus, 42 Land Rover, 32 Jeep, 20 Lamborghini, 9 McLaren F1, 4 Bugatti EB110, 2 Renault 5 Turbo 2, 2 taxis londoniens, une centaine de motos, une cinquantaine de voitures de golf et plusieurs avions de ligne (dont un Boeing 747 décoré d'or). » (Wikipédia).

En apprenant l'instauration de la charia dans ce pays de 435 000 habitants, l'acteur George Clooney a lancé un appel au boycottage de neuf hôtels de luxe, propriétés du sultan de Brunei. Et le chanteur Elton John s'est associé à cet appel au boycott. 

« Brunei est une monarchie et un boycottage n'aura certainement pas grand pouvoir pour changer ses lois. Mais allons-nous vraiment contribuer financièrement à ces violations des droits de la personne ? », dit George Clooney. Le sultan se fiche que n'importe quel millionnaire ou milliardaire cesse de descendre dans l'un ou l'autre de ses hôtels Mais, ajoute George Clooney, peut-être que les banques et les entreprises faisant affaire avec ces hôtels seront quelque peu embarrassées que ce boycott attire l'attention sur elles qui continuent de faire des affaires en détournant le regard. Et, précise-t-il, les clients potentiels refusant de descendre dans ces hôtels de luxe auront peut-être la conscience un peu plus tranquille en sachant qu'ils ne contribuent pas à la fortune du sultan qui instaure, en 2019, une loi cruelle, inhumaine, barbare, tout à fait contraire au moindre respect des droits de l'homme.

Voici la liste des neuf hôtels appartenant au sultan de Brunei :

- The Dorchester, London
- 45 Park Lane, London
- Coworth Park, UK
- The Beverly Hills Hotel, Beverly Hills
- Hotel Bel-Air, Los Angeles
- Le Meurice, Paris
- Hotel Plaza Athénée, Paris
- Hotel Eden, Rome
- Hotel Principe di Savoia, Milan

Je ne me fais pas d'illusion. Je n'ai pas l'impression que je pourrais un jour être tenté de descendre dans l'un ou l'autre de ces hôtels. Mais, si par cet article, je peux attirer l'attention d'une seule personne qui pourrait avoir une certaine influence sur le choix d'un hôtel de luxe, je ne l'aurai pas écrit pour rien.

mercredi 27 février 2019

To raise me up !

Depuis plus d'un mois, il m'a été impossible d'écrire, d'une part, parce que du moment que j'essayais de taper quelque chose au clavier, j'éprouvais de vives douleurs qui m'enlevaient immédiatement l'envie de poursuivre et, d'autre part, de très forts et persistants maux de tête m'empêchaient même de penser.

Il y a quelques jours, les douleurs ont semblé m'accorder un peu de répit (rien n'est jamais vraiment gagné et, de temps à autre, on me rappelle à l'ordre : « ne tiens rien pour acquis » et, si le pire n'est pas toujours certain, il n'est pas toujours exclu non plus).

Heureux de retrouver mon clavier, j'ai voulu répondre aux questions de Dr Caso dans sa dernière édition des p’tits souvenirs du dimanche soir. Hélas, au moment d'envoyer mes réponses dans les commentaires, tout a disparu dans le cyber-espace car le système de « mot de passe » nécessaire pour pouvoir laisser un commentaire sur le blogue de Dr CaSo refuse très souvent ma contribution. N'ayant pas le courage de réécrire mes réponses pour les voir disparaître une autre fois, je tente de les réécrire ici, en d'autres mots, probablement. Tant pis pour le commentaire !

Quelles activités avez-vous mises de côté par manque de temps, d’argent, ou d’énergie, récemment ?
Écrire, faire des promenades seul (Rupert ne veut pas souvent marcher pour marcher ; il lui faut un but précis), cuisiner et recevoir des amis, acheter des livres, aller voir dans les beaux magasins ce qui existe, aller au cinéma, au concert ou au théâtre...

Quelle est la citation qui vous inspire le plus ?
Pour Dr CaSo, ce sont ces deux citations : « No one can make you feel inferior without your consent » (Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement), d’Eleanor Roosevelt. Et aussi « Be yourself; everyone else is already taken » (Soyez vous-même, les autres sont déjà pris), d’Oscar Wilde.
Ce sont justement les deux citations que, depuis très longtemps, je retranscris dans de multiples carnets, que je propose à des amis au cours de conversations, que j'ajoute en signature au bas de mes courriels, etc.
Il y en a, évidemment, bien d'autres que j'aimerais proposer ici, du même genre ou, au contraire, très différentes, mais il en est des citations comme de l'esprit : celui que l'on veut avoir nous enlève celui qu'on a... Si l'idée est bien présente à la mémoire, les mots exacts pour la dire nous échappent.

Si la durée de vie moyenne d’un être humain passait à 50 ans, que changeriez-vous à la façon dont vous vivez aujourd’hui ?
Je ne changerais certainement rien à ma vie, mais je regarderais de haut celle des Terriens.

Si vous deviez obligatoirement aller vivre dans un autre pays, lequel serait-ce et pourquoi ?
Ce ne serait certainement pas l'Espagne, qui ne m'a jamais attiré, et moins encore depuis que les héritiers du dictateur Franco se moquent de la démocratie et font un procès politique à des Catalans qui ont osé répondre à la volonté de leurs concitoyens.
Je serais certainement tenté par l'Angleterre, où il me semble que je ne serais pas trop dépaysé, où je me sentirais davantage chez moi qu'en France, par exemple.
Je n'ai plus tellement envie de faire des efforts pour m'adapter à des coutumes, des façons de vivre qui ne m'excitent pas tellement.
Mais au fond, tous les ailleurs ne sont-ils pas tous semblables ?

Quelle chanson (ou morceau de musique) avez-vous récemment fredonné ?
Principalement, ces derniers temps, la chanson You Raise Me Up, de Josh Groban, ou encore une autre version de la même chanson, You Raise Me Up, interprétée ici par Jeffrey Li, un garçon de 13 ans, de Toronto.

Qu’est-ce que vous savez cuisiner de meilleur ?
J'avais l'habitude, lorsque je recevais des amis, de cuisiner, par exemple, du lapin aux pruneaux, de l'osso buco, des tagliatelle à la saucisse italienne, du poulet rôti ; j'ai de moins en moins envie de cuisiner de la viande, et surtout pas du lapin.
Mes amis vantent toujours mes soupes, mes salades, mes omelettes, jamais pareilles d'une fois à l'autre.
J'ai préparé de très bons desserts, comme des charlottes aux framboises, mais aussi des gâteaux aux carottes... Je cuisine beaucoup moins, mais je rêve encore d'une grande maison avec une grande cuisine toute équipée où je pourrais m'amuser à préparer les plats les plus divers et les plus tentants.