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mercredi 3 avril 2019

Pierre noire

Cette journée du 3 avril 2019 est, pour l'humanité, pour les droits fondamentaux des individus, pour le respect de la dignité et de l'intégrité des personnes, une journée à marquer d'une pierre noire. Je ne fais pas allusion à la pierre noire située « dans l'angle sud-est de la Kaaba, le monument qui se trouve au centre de la mosquée al-Haram de La Mecque, en Arabie saoudite », mais on peut y voir un rapprochement, car en ce 3 avril 2019, le Brunei, petit État de l'île de Bornéo, a décidé que s'appliquerait à partir de cette date la charia, la loi islamique.

Le Brunei, pays riche en hydrocarbures, dirigé par un monarque absolu, le sultan Haji sir Hassanal Bolkiah Mu'izzaddin Waddaulah, est maintenant le premier pays d'Asie du Sud-Est à appliquer un code pénal suivant la charia la plus stricte, comme en Arabie saoudite, autre pays où il ne fait pas bon essayer de vivre librement.

À compter d'aujourd'hui, toute personne soupçonnée d'homosexualité sera condamnée à la peine de mort par lapidation. C'est donc dire que tous les braves sujets de cette monarchie pourront leur lancer la première pierre, la deuxième, la troisième, la quatrième, etc., jusqu'à ce que mort s'ensuive. Et ne vous avisez pas de voler un fruit, car vous aurez, selon la loi islamique, la main ou le pied coupé.

Le monarque absolu régnant sur le Brunei est l'un des hommes les plus riches du monde, le deuxième chef d'État de la planète ainsi privilégié ; sa fortune personnelle dépasserait les 40 milliards de dollars. Croyez-vous que, dans son palais trois fois plus grand que le palais de Buckingham, comptant 1 788 pièces et dont la construction a couté un milliard d'euros, ce brave homme passe son temps à lire le Coran et à prier ? Libre à vous de le croire, mais j'ai un petit doute que ce n'est pas ainsi qu'il occupe son temps.

Ce cher sultan possède une des plus vastes collections d'automobiles de luxe. Si, autour de nous, certaines familles aisées peuvent avoir deux ou trois voitures le sultan de Brunei, lui, a besoin, pour ses déplacements, de « plus de 5 000 voitures de luxe dont 531 Mercedes-Benz, 367 Ferrari, 362 Bentley, 185 BMW, 177 Jaguar, 160 Porsche, 135 Toyota, 130 Rolls-Royce, 79 Aston Martin, 62 Lexus, 42 Land Rover, 32 Jeep, 20 Lamborghini, 9 McLaren F1, 4 Bugatti EB110, 2 Renault 5 Turbo 2, 2 taxis londoniens, une centaine de motos, une cinquantaine de voitures de golf et plusieurs avions de ligne (dont un Boeing 747 décoré d'or). » (Wikipédia).

En apprenant l'instauration de la charia dans ce pays de 435 000 habitants, l'acteur George Clooney a lancé un appel au boycottage de neuf hôtels de luxe, propriétés du sultan de Brunei. Et le chanteur Elton John s'est associé à cet appel au boycott. 

« Brunei est une monarchie et un boycottage n'aura certainement pas grand pouvoir pour changer ses lois. Mais allons-nous vraiment contribuer financièrement à ces violations des droits de la personne ? », dit George Clooney. Le sultan se fiche que n'importe quel millionnaire ou milliardaire cesse de descendre dans l'un ou l'autre de ses hôtels Mais, ajoute George Clooney, peut-être que les banques et les entreprises faisant affaire avec ces hôtels seront quelque peu embarrassées que ce boycott attire l'attention sur elles qui continuent de faire des affaires en détournant le regard. Et, précise-t-il, les clients potentiels refusant de descendre dans ces hôtels de luxe auront peut-être la conscience un peu plus tranquille en sachant qu'ils ne contribuent pas à la fortune du sultan qui instaure, en 2019, une loi cruelle, inhumaine, barbare, tout à fait contraire au moindre respect des droits de l'homme.

Voici la liste des neuf hôtels appartenant au sultan de Brunei :

- The Dorchester, London
- 45 Park Lane, London
- Coworth Park, UK
- The Beverly Hills Hotel, Beverly Hills
- Hotel Bel-Air, Los Angeles
- Le Meurice, Paris
- Hotel Plaza Athénée, Paris
- Hotel Eden, Rome
- Hotel Principe di Savoia, Milan

Je ne me fais pas d'illusion. Je n'ai pas l'impression que je pourrais un jour être tenté de descendre dans l'un ou l'autre de ces hôtels. Mais, si par cet article, je peux attirer l'attention d'une seule personne qui pourrait avoir une certaine influence sur le choix d'un hôtel de luxe, je ne l'aurai pas écrit pour rien.

jeudi 26 août 2010

C'est à ce prix...

L'image vient d'ici

Au XVIIIe siècle, Voltaire a écrit le magnifique conte qu'il faut lire et relire encore, Candide où l'optimisme. Il y a toute une analyse à faire de ce conte, qui a souvent été faite et que je n'aborderai pas ici. Mais il y dénonce, entre autres, l'esclavage et ses conditions :

En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus que la moitié de son habit, c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite. « Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais-tu là, mon ami, dans l'état horrible où je te vois ? – J'attends mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre. – Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi ? – Oui, monsieur, dit le nègre, c'est l'usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : " Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux, tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère. " Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. Les fétiches hollandais qui m'ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germains. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avec ses parents d'une manière plus horrible. »


Trois siècles plus tard, les médias nous rappellent tous les jours qu'en bien des endroits sur la Terre, la seule chose qui ait changé, ce sont les moyens plus sophistiqués d'exercer la torture pour mieux exploiter ses semblables.

Au Mexique, par exemple (mais ce n'est pas le seul endroit sur la Terre où cela se produise), la guerre entre les cartels de la drogue a causé environ 28 000 morts depuis 2007. Le Mexique est devenu le pays le plus dangereux au monde pour les journalistes ; 35 d'entre eux y ont été assassinés. Il s'agit d'un commerce qui rapporte et les criminels n'ont pas l'intention de laisser qui que ce soit ralentir leurs activités. « Le National Drug Intelligence Center – estime que les trafiquants mexicains opérant aux États-Unis génèrent entre 17 et 38 milliards de dollars par an de revenus (entre 13 et 29 milliards d’euros) » révèle Gilles Biassette dans un article très élaboré du journal La Croix (14 avril 2009). Ce sont, pour les États-Unis seulement, des revenus beaucoup plus importants que le budget de leur ministère de la Défense. On se souvient qu'il n'y a pas très longtemps, un groupe de ces criminels a déclaré que si l'État mexicain ne cessait pas ses opérations policières, il abattraient un policier par jour, et ils ont fait la démonstration que ce n'était pas des paroles en l'air. Je ne suis pas un spécialiste de la question et je n'écrirai l'article fouillé qui ferait la lumière sur ce sujet qui ne fera pas couler que de l'encre... L'Europe n'échappera aux tentacules de plus en plus longues et omniprésentes du crime organisé.

Aujourd'hui, nous apprenons la découverte d'un charnier contenant les restes de 72 hommes et femmes victimes de ces activités criminelles. Certains diront que ce sont « juste des immigrants illégaux » (comme on dit que ce sont « juste des chats » pour tenter d'atténuer la gravité des actes de cruauté...) Si la guerre des clans criminels ne se faisait qu'entre eux, je serais peut-être aussi porté à dire que ce sont « juste des criminels » et que s'ils peuvent s'éliminer entre eux, cela fera économiser des milliards de dollars à nos gouvernements. Mais ces gens n'ont aucun scrupule et ne respectent absolument rien, à l'exception de leurs profits faramineux : chaque jour, des innocents sont victimes de leur violence.

Alors, mon voisin, ou le vôtre, votre ami ou votre conjoint, votre collègue ou votre vendeur de fruits et légumes, qui fume son « pétard » chaque soir en rentrant de l'université ou du travail, participe à cette vaste organisation criminelle. C'est à ce prix que que les adeptes de la fumée euphorisante ou de la poudre blanche savourent leur minute d'évasion.

mercredi 25 août 2010

Désespérant !

La cruauté humaine envers les animaux est un gouffre sans fond.



Au réveil, ce matin, je suis tombé sur cette nouvelle : à Coventry, en Angleterre, une femme sera interrogée après avoir jeté dans une poubelle un jeune chat qui n'a été retrouvé que quinze heures plus tard. On trouvera ici des commentaires en anglais et ici un article en français (étrangement, La Presse publie cette nouvelle dans la section « insolite » : si l'on enfermait le chef de pupitre de La Presse dans une cage sans fenêtre durant quinze heures, serait-ce traité uniquement comme une nouvelle insolite ?)

Je voulais écrire ce matin un article à ce sujet. Dr. CaSo m'a devancé et je vous invite à lire chez elle ce qu'elle en dit.


En fin de soirée, hier, je rentrais chez moi à vélo, par une rue passante qui longe le mont Royal, bordée de maisons cossues. Sur la piste cyclable, j'ai vu devant moi deux gros « chats » qui me regardaient venir. J'ai continué ma route en me disant qu'ils ne resteraient pas sur la piste. Quand je suis arrivé près d'eux, ils se sont simplement éloignés sur le gazon à côté de la piste. J'ai pu alors constater que ces deux chats étaient en fait des... ratons-laveurs. J'ai ralenti et je leur ai fait un beau sourire en passant ; une jeune femme qui marchait sur le trottoir a eu le même réflexe : je ne sais pas exactement si son sourire était destiné aux ratons-laveurs ou à moi.

Justice !


La violence envers les autres est inacceptable. La violence contre les animaux, qui font généralement confiance aux humains aussi longtemps qu'ils n'ont pas été victimes de leur cruauté, est absolument révoltante.
La condamnation de criminels ne réparent pas le mal qu'ils ont causé mais au moins elle permet au criminel de s'arrêter et de réfléchir à la cruauté de ses actes.
En Alabama, un pitbull de sept ans a obtenu justice. Son tortionnaire a été condamné a neuf ans de prison. Mais après trois ans de pénitencier, celui-ci a demandé une libération conditionnelle qui... lui a été refusée. Bravo ! Je ne sais pas à combien d'années de prison il faut condamner un individu qui arrose d'essence son chien avant d'y mettre le feu... Je suis toujours révolté d'apprendre qu'il y ait encore sur Terre de tels individus...
J'applaudis ici la décision de ce tribunal de l'Alabama qui a refusé d'accorder la libération conditionnelle demandée. Et je ne peux m'empêcher de penser que bon nombre de noirs des années 1950 auraient bien aimé avoir en Alabama les même droits que l'on reconnaît aujourd'hui aux animaux.
Les efforts pour la reconnaissance des droits de tous les êtres vivants ne doivent pas cesser.


Publié le 24 août 2010 à 17h44
Un pitbull témoigne contre son maître qui l'a maltraité



Agence France-Presse
Washington

Le comité des grâces de l'Alabama a refusé mardi la libération conditionnelle de Juan Daniels, 26 ans, condamné à neuf de prison en 2007 pour avoir brûlé et frappé Louis Vuitton, un pitbull de 7 ans, a-t-on appris auprès du comité.

Selon la presse locale, qui publie de nombreuses photos de l'animal aujourd'hui complètement remis, le chien a comparu comme témoin à l'audience.

Juan Daniels pourra procéder à une nouvelle demande de libération conditionnelle en juillet 2012, a précisé le comité des grâces.

Il avait été condamné pour avoir battu son chien avec une pelle puis l'avoir aspergé d'alcool à brûler et mis le feu. Brûlé à 60 %, Louis Vuitton avait dû subir une convalescence de plusieurs mois.


Source : Cyberpresse

mercredi 21 octobre 2009

Cruauté envers animal


J'ai lu il y a quelques jours une nouvelle très triste qui aurait fait très mal à Alexander. Je sais qu'il y a régulièrement, partout dans le monde, des drames qui causent la mort de dizaines, de centaines de personnes, mais il y a tout de même quelque chose de révoltant là apprendre la mort inutile d'un animal, lorsqu'elle est causée par un être humain. Les animaux ne font pas de mal aux humains, du moins pas inutilement. C'est vrai que les victimes d'actes terroristes n'ont pas forcément fait de mal non plus, mais je suppose que les terroristes se disent : « Si ce n'est pas lui (qui a fait le mal), c'est son frère ». Ce n'est évidemment pas plus acceptable. Mais les humains sont ainsi : ils aiment s'entretuer et ils sont « libres » de le faire. Mais les animaux ne jouent pas selon les mêmes règles et ont doit les protéger contre la bêtise et la cruauté des humains.

La nouvelle qui a retenu mon attention c'est que cinq adolescents ont poursuivi en voiture, sur une distance de sept kilomètres, un orignal (élan d'Amérique), sur un chemin dans une forêt. L'orignal est mort d'épuisement au bout de la poursuite.

L'orignal n'a pas de vision latérale, ce qui explique que l'orignal ait poursuivi sa course droit devant lui, sur le chemin emprunté par la voiture des adolescents, au lieu de quitter le chemin pour se réfugier dans la forêt. De plus, l'animal est très vulnérable à la poursuite car il n'est pas fait pour la course.

Deux des cinq jeunes occupants ont été inculpés : « le conducteur et le passager avant. Le premier pour la conduite du véhicule lors de l’infraction, le second pour complicité et incitation. »

S'ils sont reconnus coupables, ils pourraient écoper d’un minimum de 5000 $ d’amende et d’une suspension de leur permis de chasse pendant deux ans. Alexander dirait que ce n'est pas encore assez et que les permis de chasse ne devraient exister pour personne de toute façon.

L'acte de cruauté perpétré par les adolescents ne relève pas du code criminel mais une loi québécoise interdit de poursuivre un animal avec un véhicule.

On ne dévoile pas l'âge des adolescents mais si on ne les accuse pas d'avoir conduit un véhicule sans permis, c'est qu'ils sont âgés d'au moins seize ans. C'est un âge où, si l'on ignore encore la loi, on devrait au moins faire preuve d'un peu de jugement.

samedi 21 mars 2009

Criminels - 2

Je parlais hier à l'une de mes nièces d'un petit malaise, pas trop grave, mais qui m'enlevait l'envie d'aller manger au restaurant avec elle et son mari. La réponse de ma nièce fut immédiate : c'est de la colère en toi qui cherche s'exprime ainsi. Il me semblait éprouver d'autres sentiments (comme de la peine, de la frustration, etc.), mais je ne voyais pas vraiment pourquoi je serais en colère. Et puis, j'ai vite donné raison à ma nièce en identifiant plusieurs raisons d'éprouver de la colère : la déclaration criminelle de Benoît XVI, ces deux adolescents qui ont mis le feu à un chat après l'avoir arrosé d'essence, et d'autres sujets dont je parlerai plus tard.


Hier, j'étais assis le long de l'avenue du Parc, à me faire chauffer au soleil. La lumière était belle, le ciel était sans nuages. J'aurais voulu prendre des photos, mais quelque chose me retenait de le faire (je dirai pourquoi un autre jour). J'avais de quoi lire et de quoi écrire, mais j'aurais gelé les doigts car si le soleil était beau, l'air était encore froid. J'observais les gens qui arrivaient à pied, à vélo, avec leurs enfants ou leurs chiens, ceux qui traversaient la rue pour aller au parc du Mont-Royal, de l'autre côté, ou qui en revenaient. Il y avait beaucoup de mouvement et de circulation car il était plus de cinq heures.


Mon attention a été attirée par un jeune chien fou, qui ressemblait à un Jack Russell Terrier mais qui n'en était pas un ; il courait partout et puis il a traversé l'avenue en même temps que plusieurs piétons. J'ai été intrigué car ce chien ne me semblait suivre personne en particulier, ne se préoccupant pas du feu de circulation qui allait bientôt changer de couleur. J'ai essayé d'identifier qui, parmi les piétons qui avaient traversé, allait enfin appeler son chien. Personne.

Le chien s'est mis à courir partout encore une fois, autour de moi et de tous ceux qui parmi les plus honnêtes, se chauffaient aux soleil. Puis... mon cœur s'est arrêté de battre. Avec la même allégresse que s'il avait retrouvé sa liberté après une longue journée enfermé à l'intérieur, ce jeune chien fou s'est à lancé dans la circulation pour retraverser l'avenue, sans attendre le feu vert et sans se préoccuper des voitures qui passaient à toute vitesse sur quatre voies vers le Nord et quatre voies vers le Sud. J'étais persuadé qu'il allait se faire écraser sous mes yeux.

Soudain le chien s'est arrêté au milieu de l'avenue, quelques secondes, puis il s'est mis à tourner sur lui-même. Il ne semblait pas blessé, mais il était sonné, c'était clair. Il n'avait pas été frappé par une voiture mais il avait dû lui-même se cogner aux roues d'une voiture. Avec moins d'assurance qu'auparavant, il a fini par se rendre de l'autre ôté. J'ai vu quelqu'un, environ trois cents mètre plus loin, qui semblait chercher quelque chose. Il s'est dirigé vers le chien s'est penché vers lui, a fini par lui mettre sa laisse pour rentrer chez lui.

J'étais choqué. D'abord, je n'en revenais pas que quelqu'un laisse un tel chien faire ce qu'il veut en plein milieu de la circulation. Si j'avais eu un téléphone sous la main, j'aurais tout de suite appelé la Société protectrice des animaux, quitte à suivre l'abruti qui ne s'occupait pas de son chien, afin de savoir où il habitait. J'ai pensé à Alexander : il aurait réagi comme moi, avec plus de colère encore contre cet individu qui ne mérite pas d'avoir un chien. En Angleterre, celui-ci serait poursuivi. Mais au Québec, nous sommes des gentils, des tolérants qui ne s'indignent de rien, ou le moins possible... Et, de tous ces automobilistes qui, par dizaines, ont passé à toute vitesse alors qu'il y avait un chien qui traversait la rue, personne ne s'est arrêté, personne n'a ralenti. La prochaine fois, ce sera peut-être un enfant qui traversera la rue ; on ne le verra, comme on n'a pas vu le chien. Ou serait-ce que la vie d'un chien ne vaut rien en comparaison de trente secondes du temps précieux de ces automobilistes ? Voilà donc plusieurs criminels en puissance...

vendredi 20 mars 2009

Criminels : au nom de la vie

Ces jours-ci, je vois des criminels partout ! Hélas, ce ne sont pas que des créations de mon esprit : ils existent bel et bien ; ils sont partout : à Rome, au Cameroun, à New York, en Autriche, à Montréal, dans les parcs, dans la rue... Hier, je dénonçais, comme la plupart des personnes intelligentes du monde entier, les propos dangereux du pape qui, à mon avis, sont criminels dans la mesure où il sait très bien que des centaines de milliers de catholiques, en Afrique et ailleurs, écouteront ses paroles et que, parc conséquent, la propagation du sida augmentera de façon exponentielle et entraînera la mort de millions de personnes. Dans l'esprit du pape, ce n'est pas grave peut-être, car ces millions de personnes qui vont mourir croient en Dieu et c'est ce qui compte. Il me semble, et Benoît XVI doit l'avoir oublié, qu'il y a un principe divin qui dit : « Aide-toi et le Ciel t'aidera ». Autrement dit : « Ne mets pas inutilement ta vie en danger » et, surtout, « Ne mets pas en danger la vie d'autrui ». C'est dans cet esprit que je n'hésite pas à inscrire dans la liste des criminels Benoît XVI et ceux qui, comme l'archevêque brésilien et de nombreux autres, mettent sciemment en danger la vie de millions de personnes. Prêcher l'abstinence totale dans les pays pauvres, c'est irréaliste ; c'est retirer à ces populations le seul plaisir qui leur soit accessible.

Je suis en faveur du respect de la vie. Je crois, par exemple, que l'avortement n'est pas un moyen de contraception. Toutefois, je crois que le droit à l'avortement doit être maintenu et défendu. Je crois que, dans la très grande majorité des cas, l'avortement est un acte mûrement réfléchi et justifié. L'archevêque brésilien qui excommunie la mère d'une fillette de neuf ans enceinte à la suite d'un viol, ainsi que l'équipe médicale qui a pratiqué l'avortement, est un imbécile, un irresponsable. Au Québec, et dans bien d'autres pays, l'excommunication pourrait ne pas avoir de conséquences négatives sur les personnes visées. Mais dans un pays comme le Brésil où la religion est très présente, constitue un solide liant social, l'excommunication par l'Église est automatiquement une condamnation, un ostracisme social. Malheureusement, cet archevêque n'est pas seul au sein de son Église. L'intégrisme aveugle n'est pas réservé à une seule religion.

Le respect de la vie, ça ne concerne pas que les êtres humains. Quelqu'un qui, volontairement, maltraite, fait souffrir ou mourir sans raison sérieuse, un animal et même un arbre ou une plante, commet selon moi un crime contre la vie. Certains peuples qui vivaient de la chasse avaient l'habitude, avant de tuer un animal nécessaire à leur alimentation, de leur demander au moins pardon avant de leur enlever la vie. On souhaiterait que le pape ait le même respect et la même honnêteté envers les Africains, qu'il ait le courage de leur dire : « Je vous interdit d'utiliser le préservatif que nous, pauvres vieillards, ne pouvons pas accepter ; en disant cela je sais que je vous expose à des années de maladie et de souffrances terribles, puis à la mort certaine ; je vous en demande pardon et je vous remercie d'avance de vous sacrifier au nom de la Vie. »

Que faut-il penser de cette inculpation de deux adolescents de 17 et 18 ans, à New York, pour avoir aspergé d'un liquide inflammable un chat qu'ils ont amené dans un appartement inoccupé de Brooklyn et d'y avoir mis le feu ? Le chat qui a été retrouvé presque entièrement brûlé était incapable de bouger mais encore vivant ; on l'a euthanasié. Après une enquête de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux, on a retrouvé les coupables. Ils seront accusés d'incendie volontaire, de saccage du bien d'autrui et de cruauté aggravée envers des animaux. S'ils sont reconnus coupables, ils encourent jusqu'à 25 ans de prison.

Il ne m'appartient pas de dire quelle est la peine que méritent ces deux garçons mais ils est important qu'on leur fasse prendre conscience de la gravité de leurs gestes. Dans une société (pas seulement au États-Unis) où le mot « vie » ne veut plus dire grand chose, où même les adolescents n'hésitent plus à tuer leurs camarades pour un téléphone portable, par jalousie ou pour un simple désaccord, il n'est pas étonnant de voir tant de cruauté !

Pour illustrer ce billet, j'ai cherché des images de « cruauté ». Je n'ai eu le courage de regarder vraiment aucune des images proposées ; je n'aurai certainement pas envie de vous en proposer une. Si vous avez le coeur bien accroché, faites vous-même cette recherche et choisissez l'image qui vous convient