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mardi 7 juillet 2015

Que vais-je devenir sans lui ?

 

J'entends encore, j'entends toujours la voix de notre amie, Dr Jane, qui m'appelle de Londres, au milieu de la matinée, heure de Montréal, pour m'annoncer que, quelques minutes plus tôt, Alexander, notre Petit Prince merveilleux, vient de repartir sur son étoile. Je reconnais la voix de Dr Jane, j'entends les mots qu'elle essaie d'articuler à travers les sanglots, mais cette conversation au-dessus de l'Atlantique a quelque chose d'irréel. L'un comme l'autre ne pouvons croire à la réalité de ce départ et, puisque la conversation a lieu au téléphone, il faut bien essayer de prononcer des mots intelligibles. Dr Jane me donne quelques détails qui visent, je suppose, à me faire comprendre la terrible nouvelle. Nous sommes effondrés. Je demande à notre amie : « Mais, Jane, qu'allons-nous devenir sans lui ? ». Elle ne sait pas plus que moi et son angoisse me confirme que nous vivons bien le même événement : le départ d'Alexander, qui venait à peine d'avoir vingt sept ans.

Six ans plus tard, je ne sais plus ce que Jane est devenue : je n'ai plus de ses nouvelles depuis un moment, et je crains le pire... Quant à moi, plusieurs fois par jour, et surtout la nuit, l'angoisse qui m'étreint me fait comprendre que je n'ai toujours pas trouvé de réponse à la question qui sans cesse se pose : « Que vais-je devenir sans lui ? »


Il n'y a pas très longtemps, l'un de mes frères est décédé. Il habitait à plus de cinq cents kilomètres de Montréal. Je suis allé rejoindre la famille, les parents, les amis, venus de partout au Québec, et peut-être aussi d'ailleurs, pour lui rendre un dernier hommage. Il y avait énormément de monde. J'ai rencontré au salon funéraire de nombreuses personnes que je n'avais pas revues depuis... de très nombreuses années, dont quatre de mes enseignants à l'école primaire et à l'école secondaire... J'ai retrouvé avec émotion des neveux qui sont beaux, et dont je suis fier.

À l'église, le prêtre qui présidait la cérémonie était un ami d'enfance de mon frère décédé. C'est dire qu'il connaissait bien la famille et les amis... À la fin de la cérémonie religieuse, au moment de bénir le cercueil, le prêtre a invité les frères et sœurs du défunt à venir de chaque côté de celui-ci et de bénir chacun notre tour celui que nous allions mettre en terre. L'émotion était déjà très grande dans l'église, mais elle fut à son comble pour moi et pour mes frères et sœurs, je n'en doute pas. 

C'est là, autour de la dépouille de mon frère, que j'ai compris à quel point il est important d'être présent pour dire un dernier adieu à ceux qui nous quittent... ce que je n'avais pas pu faire pour Alexander, puisque les funérailles avaient lieu en Angleterre et que j'étais à Montréal. Pendant plusieurs minutes, dans cette église à l'est du Québec, près du golfe Saint-Laurent, j'ai eu le sentiment que c'était l'écorce d'Alexander qui était là devant moi, que j'allais bénir. J'ai failli éclater en sanglots mais, en même temps, j'ai senti une certaine paix s'installer en moi, comme si je venais enfin, presque six ans plus tard, d'être sur le quai du départ d'Alexander...

Quand mon amie Danielle est décédée en novembre dernier, il n'y a pas eu de funérailles, ni autre rituel. J'ai eu le sentiment, au cours de cette cérémonie religieuse, que je pleurais et saluais à la fois Alexander, Danielle et l'un de mes frères.

 

 Le chiffre 7

À plusieurs reprises, dans sa correspondance, notre amie Jane me disait à quel point elle en était venue à détester ce chiffre sept, Alexander étant décédé le 7 du septième mois... J'ai toujours considéré le chiffre sept comme mon chiffre chanceux et, même si le départ d'Alexander a eu lieu un 7 juillet (2009) et que ce départ est la pire chose qui me soit arrivée dans la vie, dont je ne me remets pas, je ne peux pas renier le chiffre qui, malgré tout, est celui qui m'est le plus significatif. Depuis de très nombreuses années, j'ai pu vérifier que le chiffre sept était présent dans de multiples événements de ma vie... et cela se vérifie davantage encore depuis le départ d'Alexander. Plusieurs fois par jour, ce chiffre revient d'une façon ou d'une autre... Certains pourraient penser que, n'aimant pas ce chiffre, Alexander, s'il voulait me faire signe, aurait recours à une autre chiffre ; je pense au contraire que, à supposer que ce soit le cas, il choisirait plutôt le chiffre qui signifie quelque chose pour moi et que, ne craignant plus rien pour lui, il peut désormais, pour me « parler », adopter mon chiffre...

L'an dernier, pour le cinquième anniversaire du départ d'Alexander, j'avais décidé, en plus de nos rituels de roses et de bougies, de prendre congé et de faire quelque chose pour Alexander et moi : une longue promenade au parc, une excursion en bateau sur le fleuve, ou je ne sais trop quoi d'autre... Mais la journée était difficile et je ne me décidais pas à partir... En début de soirée, j'ai finalement décidé que j'irais au cinéma ; j'ai regardé l'heure : il était précisément sept heures. J'allais manger et j'irais au cinéma en fin de soirée. Nous étions donc le septième jour du septième mois 2014 ; si l'on additionne les chiffres de l'année, on obtient sept : 7-07-07...

Le seul film qui me semblait intéressant, ce soir là, c'était Belle, un film britannique basé sur une histoire vraie et qui se déroule dans le milieu de la noblesse anglaise du XVIIIe siècle. J'ai pris le métro et je me suis rendu au cinéma un peu à l'avance. Je suis passé au guichet pour payer ma place ; le caissier me donne mon ticket en me disant : « Salle numéro sept. » J'ai encore pas mal de temps avant le début de la séance, mais je veux aller voir où se trouve la salle numéro sept. Je suis seul dans ce lobby qui donne accès à plusieurs salles. Je m'approche de la salle numéro sept. À l'entrée de la salle, il y a une grand affiche annonçant un film à venir, un film de Disney intitulé... « Alexander » (j'ai pris quelques photos). Je me décide à entrer dans la salle : il n'y a personne. J'ai le choix des places ; je m'installe vers le milieu de la salle, qui n'est pas très grande, au milieu de la rangée. J'écoute de la musique en attendant l'heure de la projection. Quelques minutes avant l'heure prévue, trois ou quatre autres personnes arrivent et vont s'asseoir plus loin, derrière moi. Je constate que les sièges sont numérotés ; par curiosité, je vérifie le numéro du mien : sept. Je compte les rangées depuis l'avant : je suis assis à la septième rangée... Nous sommes donc le septième jour du septième mois 2014 (2+0+1+4=7) ; je suis assis dans la salle numéro sept, septième rangée, siège numéro sept !

samedi 7 mars 2015

Le Paradis perdu

S'il était exagéré de dire qu'Alexander était à lui seul mon « Paradis perdu », il est à peine suffisant de dire qu'Alexander est et sera toujours pour moi le meilleur guide et le meilleur accompagnateur que j'aurai pu avoir dans cette vie... En perdant sur cette terre mon meilleur guide et compagnon de route vers ce Paradis à peine entrevu, il est fort peu probable que j'atteigne seul ce lieu magnifique où règnent en permanence la beauté, la douceur de vivre, où les sens se marient parfaitement aux joies de l'esprit pour favoriser cet état de bien-être total que l'on peut appeler « bonheur »...

lundi 7 juillet 2014

5 ans après ton départ, tu me manques autant

Sa meilleure et fidèle amie, qui fut d'abord la meilleure amie de sa mère, m'écrivait, au sujet d'Alexander, bien entendu : « Un coeur pur, tout comme son visage, fragile comme la porcelaine, mais radieux. Il était une lumière dans ma vie. Il m'a apporté tellement de joie, toute sa vie, depuis sa naissance. Je l'aime terriblement ! J'étais fière de lui. J'ai toujours pleuré avec tous ses chagrins, et ri avec lui pour tous ses bonheurs. D'une immense sensibilité, toujours attentif aux autres, attentionné, et surtout d'une grande noblesse de coeur et d'esprit. Délicat, adorable et charmant... »

Ce n'est pas moi qui, même cinq ans après son départ, dirais le contraire de cette amie si précieuse qui m'avait adopté puisque j'étais l'amoureux de ce garçon merveilleux qu'elle aimait comme son fils, mais aussi comme un être exceptionnel que l'on n'a pas tous le privilège de rencontrer, même une seule fois, dans sa vie.


Pour commémorer le premier anniversaire de son départ, lors de la cérémonie réunissant la grande famille, notre amie me disait : « J'ai fait commander en votre nom un coeur de roses, avec une carte sur laquelle tout le monde pourra lire votre nom... Je suis sûre que si vous écoutez bien dans la nuit, vous entendrez les cornemuses qui, à l'église, joueront durant vingt-quatre heures, pour dire à Alexander combien nous l'aimons. »


Je suis, en ce cinquième anniversaire, de tout coeur avec sa famille, ses amis, toute la petite famille que nous aimions, que j'aime...

mercredi 7 mars 2012

Forget me not


L'image vient d'ici

Il y a quelques jours, en allumant la télévision, je suis tombé sur un film documentaire racontant la courte vie de Joanna Comtois, cette jeune fille à qui on a diagnostiqué à huit ans une forme rare de cancer, qu'elle a combattu durant un an, qu'elle croyait avoir surmonté et qui est revenu. Peu après avoir appris le retour du cancer de Joanna, son père s'est suicidé... Malgré tout, Joanna n'a pas baissé les bras ; elle a fait face avec courage à la nouvelle série de traitements, etc. Affirmant que tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir, elle a voulu garder le sourire, donner l'exemple, aider ses proches à garder le moral. Puis elle a créé la fondation Espoir pour amasser des fonds pour la recherche sur le cancer. Elle voulait être utile et, elle l'a dit aussi : « Je ne veux pas que l'on m'oublie ».

Ces mots, Alexander les a plusieurs fois répétés, en parlant surtout de certaines personnes qu'il aimait et qui l'ont précédé dans les étoiles. Sans qu'il ait eu besoin de m'en faire la demande, je me suis senti responsable et engagé à perpétuer, selon mes moyens, la mémoire de ces êtres aimés. Puis, un jour, il m'a dit : « J'ai peur ! » « De quoi as-tu peur ? », lui ai-je demandé. Je me doutais bien de la réponse qu'il allait me donner, mais je voulais que les mots viennent de lui. Il a dit : « J'ai peur de manquer de temps ! » Puis il a ajouté : « Je ne veux pas que l'on m'oublie. »

Tant que je vivrai, il sera présent. Je sais bien aussi qu'il vivra longtemps encore dans le coeur et dans l'esprit de ceux et celles qui l'ont connu. Mais je me sens responsable de certains de ses secrets, de certaines de ses confidences, de ses rêves, de ses espoirs... Mais je pense de plus en plus que je pourrais aussi manquer de temps. Et je me dis que je devrais trouver quelqu'un en qui je puisse avoir confiance, à qui je pourrais laisser un jour un certain nombre de choses qui sont importantes pour moi : certains objets , certains documents ; des carnets, des milliers de pages de correspondance, etc. C'est une inquiétude supplémentaire qui est toujours présente car, moi non plus, je ne voudrais pas que l'on m'oublie...

lundi 7 novembre 2011

Fin de parcours - dignité et noblesse

Sans savoir encore ce qu'elles contiendraient, j'avais l'intention d'écrire quelques lignes pour souligner qu'il y a aujourd'hui vingt-huit mois qu'Alexander est retourné sur son étoile. Je ne sais pas si on pouvait voir les étoiles dimanche soir (je ne suis pas sorti), mais notre amie la Lune était bien présente et visible aussi bien de mon salon que de ma chambre.

Éric Lamaze et Hickstead, Pékin 2008

En fin de soirée, dimanche, j'ai allumé le téléviseur pour regarder sur DVD une série télévisée que je n'avais jamais vue auparavant. Juste avant de mettre le DVD en marche, des images du bulletin de nouvelles ont attiré mon attention. On y voyait un cheval et son cavalier qui semblaient terminer un parcours ; soudain le cheval s'est couché, le cavalier est descendu, le cheval a tenté de se relever et il est retombé... Il est mort en quelques secondes, sous les yeux horrifiés des spectateurs qui assistaient à la compétition et devant les caméras de la télévision. [On peut trouver sur Internet des images vidéo des derniers instants, mais je ne voulais pas les revoir].

Avant même de connaître l'identité du cheval et du cavalier, j'ai éclaté en larmes. Je crois que les chevaux sont dans mon cœur et dans mon esprit tellement associés à Alexander, à sa famille et à ses amis qu'il était insupportable de voir l'un d'eux mourir en direct à la télévision. J'ai été vraiment bouleversé, comme si j'apprenais la disparition de quelqu'un que j'aime ou d'un proche de quelqu'un que j'aime.

Ces images étaient si tristes à voir ! Malgré tout, malgré le drame qui se déroulait devant nos yeux, malgré le choc qu'a dû subir le cavalier, il y avait beaucoup de dignité et de noblesse dans les derniers instants de ce cheval magnifique. S'il y a une mince consolation à y avoir, c'est à l'idée que cette noble bête n'a pas eu le temps de souffrir.

Il n'était plus question de regarder quoi que ce soit d'autre, et j'étais incapable de me concentrer pour écrire quelques mots ici. J'ai cherché plutôt à savoir qui étaient ce cheval et son cavalier.

Éric Lamaze et Hickstead

Au moment du drame, l’étalon Hickstead* et son cavalier Éric Lamaze venaient tout juste de terminer un parcours sans faute lors de la quatrième étape de la Coupe du monde (indoor), à Vérone. Ensemble, lors de compétitions antérieures, ils ont remporté plusieurs prix, dont une médaille d'argent au saut d'obstacles aux Olympiques de Pékin en 2008.

Éric Lamaze est actuellement numéro un mondial dans sa discipline, son parcours n'a pas toujours été facile. Il a été élevé par sa grand-mère alcoolique parce que ses parents se droguaient, peut-on lire sur Wikipédia. Il s'est intéressé aux sports équestres vers l'âge de dix ans et il a vite remporté des concours. Mais, pour des histoires de drogue, il a été banni de la compétition à quelques reprises.

En 2005, il a acheté en Belgique ce cheval caractériel dont personne ne voulait et, ensemble, ils sont devenus champions olympiques. Je n'ai pu m'empêcher de penser à Bucéphale (ou Tête-de-boeuf), ce cheval dont personne ne voulait et qu'un jeune Macédonien a su comprendre, en faire son complice, son ami, pour devenir avec lui Alexandre le Grand... Alexander aurait beaucoup aimé ce rapprochement entre les deux chevaux.

La beauté et la noblesse de ce cheval me rappellent aussi qu'à la campagne, dans le nord de l'Angleterre, un cheval magnifique, cadeau de Noël 2008 de la part de notre merveilleuse amie, un pur-sang nommé Montréal qu'Alexander n'a pas vu grandir, doit maintenant faire la fierté de la grand-mère d'Alexander et de tous ceux qui ont promis à Alexander de bien soigner son poulain. Montréal a maintenant trois ans et deux mois ; il doit ressembler un peu à Hickstead

 
Photo AFP/Jörg Carstensen : Éric Lamaze et Hickstead

*Hickstead, c'est aussi le nom du principal espace de concours international de saut d'obstacles d'extérieur britannique, situé dans le Sussex de l'Ouest près de la ville de Haywards Heath au sud de l'Angleterre.

mardi 7 juin 2011

23

23 mois déjà ! 23 mois depuis son départ.


Mais ces chiffres qui représentent des mois n'ont aucun sens car c'est à chaque seconde que je constate que je suis resté sur terre quand Alexander a regagné son étoile.

samedi 7 mai 2011

Tu connaissais tous les secrets de la nuit



« Le Petit Prince »

On ne sait pas qui il est
On ne sait pas d'où il vient
Il est né avec la rosée du matin
Une rose entre ses mains
Voyageur de l'infini
Jeune Prince de la lumière
Tu connaissais tous les secrets de la nuit
Les chemins de l'univers

J'attendrai ton retour
Jusqu'à la fin des jours
J'attendrai ton retour
Ma splendeur d'amour

Il est venu sur la terre
Et n'a vu qu'un grand désert
Quelques fleurs sauvages,
Un renard argenté et un poète égaré
Il s'ennuyait bien souvent
De sa rose de ses volcans
Il a demandé au serpent son ami
De le ramener chez lui

J'attendrai ton retour
Jusqu'à la fin des jours
J'attendrai ton retour
Prince blond* de l'amour
Paroles et musique: R. Seff, D. Seff, 1971

*Lorsque l'on cherche sur Internet les paroles de cette chanson, on trouve partout le même texte. Toutefois, lorsqu'on écoute bien la chanson, on se se rend compte que les derniers mots écrits ne correspondent pas aux mots chantés. En fait, un seul des derniers mots est différent ; j'ai toujours entendu « Prince blond de l'amour » (et non pas « Prince don de l'amour », même si c'est très beau aussi, le don).

Mon Petit Prince n'avait pas les cheveux blonds ni les yeux bleus. Il avait plutôt de superbes cheveux noirs, longs, et de grands yeux verts, pleins de tendresse et brillants comme des étoiles... S'il avait la nostalgie d'un monde sans méchanceté, sans bêtise, sans cruauté, il ne s'ennuyait jamais, ayant toujours trop à explorer, à découvrir, à savourer...  Il me manque terriblement, à chaque instant du jour et de la nuit.


On peut voir et entendre ici Gérard Lenorman interpréter « Le Petit Prince »

jeudi 7 avril 2011

Sept

J'ai toujours considéré le chiffre sept comme mon chiffre chanceux. Toutefois, c'est le septième jour du septième mois (2009) qu'Alexander est retourné sur son étoile : le moins que je puisse dire, ce n'était pas un jour de chance, ni pour moi ni pour qui que ce soit qui a connu Alexander.

Je ne crois pas que le chiffre sept ait eu pour Alexander une signification particulière. Plusieurs fois par jour, cependant, je suis surpris de constater à quel point le chiffre sept est associé à Alexander, de diverses façons, et notamment en rapport avec l'heure. Par exemple, lorsque je regarde l'heure, pour remplacer les bougies allumées depuis un moment devant des photos de lui ou lorsque je me réveille la nuit : si j'additionne les chiffres de l'heure, j'obtiens presque toujours un sept (19 h 06, 22 h 30, 2 h 41, etc.). Et cela se manifeste de diverses autres façons, que ce soit dans mes lectures, lorsque j'écoute de la musique ou que je regarde une émission de télévision qui évoque des thèmes qui auraient intéressé Alexander.

Et en ce moment, en raison de la sortie d'un nouveau film, je revois un peu partout (dans des extraits du film, en entrevue dans de nombreuses émissions, etc.) un ami d'Alexander. Je ne peux m'empêcher de penser à cet acteur disant à Alexander, en riant bien sûr, à quel point j'étais casse-pied car, pratiquement chaque fois qu'il invitait Alexander à sortir avec lui, Alexander lui répondait qu'il était en conversation avec son Alcib. Je me souviens en particulier d'un dimanche après-midi où R. avait téléphoné pour inviter Alexander à aller manger une glace en France ; Alexander était déjà en conversation avec moi. Quelques heures plus tard, le téléphone avait sonné encore chez Alexander et, avant même de répondre, Alexander m'avait dit : « Je suis persuadé que c'est R. qui veut me dire qu'il est arrivé en France... » C'était le cas... Puisque R. était curieux de faire ma connaissance, j'avais promis à Alexander d'améliorer ma conversation anglaise car l'acteur ami, tout le contraire d'Alexander, est plutôt exubérant et verbomoteur...

Le décalage horaire me permet de lire ce sept avril le billet qu'Élizabeth a publié le huit avril au sujet d'une exposition consacrée au Fantôme d'Hervé Guibert. Je n'ai pas lu tous les livres d'Hervé Guibert, loin de là ; j'en ai cependant lu quelques-uns et j'aime cet écrivain. Mais Alexander l'aimait beaucoup plus que moi : il a tout lu de lui, il avait tous ses livres. Nous parlions souvent de lui. L'exposition qui se tient à Paris à la Maison Européenne de la Photographie se termine le 10 avril ; s'il était là, je suis convaincu qu'Alexander m'aurait dit, comme il l'avait fait pour une autre exposition : « Je t'envoie un billet d'avion et nous nous retrouvons à Paris pour voir ensemble cette exposition. »

L'une des photos de l'exposition aurait plu à Alexander comme elle m'a ému. Je ne sais pas si le bulldog est celui d'Hervé Guibert...



Les photos proviennent du site consacré à Hervé Guibert.

Depuis quelques mois, je ne voyais plus l'un des bulldogs dont j'avais fait la connaissance au parc près de chez moi. J'avais beau me trouver là à l'heure habituelle de sa promenade, je ne le voyais plus. Or, aujourd'hui, je l'ai aperçu de loin ; j'imagine qu'il sort maintenant faire sa promenade plus tôt que d'habitude.

Pour souligner l'anniversaire de naissance d'Alexander, le 5 avril, Alexander Bull et son ami Gus ont partagé un gâteau aux carottes et aux épinards confectionné pour eux afin que cette journée soit pour eux aussi une journée tout à fait spéciale.

lundi 7 février 2011

L'enfant en soi

C'est un enfant qui prend le jour
pour en faire sa cabane de feuillage
Il arrive à l'horizon de la mémoire
sans aucun bruit
sans aucune page

Il n'a rien à nous dire

Il est la Présence même

Il éclate de tous les rires de la terre
C'est un enfant pareil à la mer
et pourtant c'est un enfant soleil
Il fait chanter toutes les colombes
Il adoucit les serpents du rouge vif
Il boit la rage et donne le rêve

Un jour nous le rencontrerons
Entre deux portes
coquille de l'instant
Il arrêtera notre visage
Il prolongera notre regard
dans la surprise du torrent

Nous prendrons le temps du partage
C'est un enfant qui arrondit l'espoir
pour le faire rouler et bleuir le monde
Il est la femme et il est l'homme
entrelacés
Hélice de toute vie

Avec lui nous devenons plus humains
Avec lui
fulgurante
l'existence est royauté


En lisant ce texte de René Barbier, intitulé « L'enfant intérieur », je me disais qu'il avait, lui aussi, rencontré notre Petit Prince, Alexander, lors de son passage sur Terre, car dans chacun des mots de ce poème, je croyais que c'était de lui qu'il parlait.


Alexander, mon merveilleux Petit Prince, il y a dix-neuf mois que tu es retourné sur ton étoile. Sans toi, la nôtre n'est plus la même.

vendredi 7 janvier 2011

Claudia et l'Étoile du Petit Prince


Avant-hier, je suis allé saluer Claudia, une autre amie qu'Alexander aimait beaucoup. Son premier commentaire sur ce blogue, le 11 avril 2008, était pour Claudia et, dès ce moment, il démontrait son amour des bêtes.

N'ajustez pas votre appareil ! En dépit des apparences, ces deux photos sont en couleurs ; elles reflètent les couleurs de cette journée.

En rentrant chez moi, en fin de journée, j'ai pensé à l'étoile du Petit Prince. Alexander m'avait dit à quelques reprises que si jamais il devait retourner sur son étoile, je n'aurais qu'à regarder la Lune ou les étoiles et que je le verrais m'envoyer des baisers. Puisqu'il neigeait mardi soir, je ne m'attendais vraiment pas à voir une étoile dans le ciel. Or, en regardant dans la direction où j'aurais regardé si le ciel avait été dégagé, j'ai été surpris de voir un petit cercle bleu nuit dans ce ciel de coton blanc, comme si quelqu'un avait essuyé de sa main une partie du pare-brise d'une voiture couvert de neige et, dans ce cercle, une étoile, unique, qui me souriait. Plusieurs fois au cours des mois précédents il m'est arrivé d'apercevoir une étoile, une seule, dans un ciel couvert d'où tombait de la pluie ou de la neige, et cette étoile n'était visible que durant quelques brèves minutes au moment où je le voulais. J'ai alors ce sentiment que quelqu'un lit dans mes pensées et qu'il tient à me le faire savoir. Dix-huit mois après son départ, il n'oublie pas sa promesse et il sait que je ne l'oublierai jamais.




La nuit dernière, juste après avoir écrit à Docteur Jane, l'amie d'Alexander, je suis tombé par hasard sur ce vidéoclip du groupe musical préféré d'Alexander, 30 Seconds to Mars, dont le chanteur principal, Jared Leto (qui célébrait son anniversaire le 26 décembre) interprétait dans le film d'Oliver Stone, Alexandre, le personnage préféré d'Alexander. parmi tous ses préférés, au point de lui avoir consacré un livre (presque terminé) : Héphaistion. Quand il avait rencontré Jared Leto, à Londres, Alexander avait salué en lui l'interprète d'Hépaistion ; Jared lui avait répondu : « Je ne suis plus Héphaistion mais, si vous le voulez, je le serai pour vous. »

J'ai été ému de cette coïncidence, d'autant plus que je n'avais jamais vu ou entendu à la télévision une chanson de
30 Seconds to Mars.

mardi 7 décembre 2010

Le cheval du Petit Prince


« Pour l'éducation d'un jeune prince, la fréquentation des chevaux
est ce qu'il y a de mieux, car jamais un cheval ne le flattera. »
Plutarque (v. 50 - v. 125)

« Ne donnez pas d'argent à vos enfants, donnez-leur un cheval. »
Winston Churchill (1874-1965)

Voilà deux citations qu'Alexander n'hésiterait pas à reprendre à son compte. S'il n'avait pas « besoin » d'un cheval pour parfaire son éducation, Alexander ne voulait en être séparé le moins longtemps possible. Les chevaux ont été ses amis dès sa première enfance et il leur est resté fidèle. Quelques mois avant son départ, il jouait au polo (et il voulait que son équipe remporte la partie car il jouait pour son Alcib). Et lorsqu'il gagnait, il en accordait tout le mérite au cheval. Après la partie, disait-il, ce sont les chevaux qui étaient félicités et récompensés.

Parmi les cadeaux de son dernier Noël, il y avait un magnifique poulain d'à peine trois mois, qui avait reçu le nom de « Montréal ». Ce poulain est devenu un magnifique pur-sang qui ne saura jamais quel extraordinaire ami il a eu.

Les images et les citations proviennent de ce très beau livre :