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samedi 23 mai 2015

L'Irlande dit « OUI »

Par référendum, les Irlandais ont clairement exprimé leur volonté que soit officiellement reconnu le mariage entre partenaires de même sexe. Les premiers résultats disponible indiquent en effet que plus de 62 % des Irlandais ont voté « oui ».

Ireland says « Yes »

L'Église catholique qui, bien entendu, s'opposait à cette reconnaissance, a clairement été désavouée sur cette question. Les Irlandais ont-ils voulu envoyer un message au pape actuel, qui semble montrer un peu d'ouverture à l'égalité de toutes les personnes, quelles que soient leur sexe, leur orientation sexuelle ? Il ne faut sans doute pas rêver en couleurs : l'Église a du chemin à faire avant de se défaire de ses préjugés, de sa discrimination, du rejet de certaines catégories de personnes... 


Il est plus probable que les Irlandais aient voté avec leur conscience, avec leur propre jugement, plutôt que d'obéir aveuglément aux ordres des autorités religieuses. Et il faut aussi se réjouir de cela. Je ne condamne pas la religion, mais je ne peux m'empêcher de déplorer que des catholiques pratiquants soient brimés dans l'expression de leur amour, dans leur sexualité, du fait que cette sexualité ne soit pas « utilitaire », qu'elle ne participe pas à la procréation, au peuplement de la planète. Et que dire des prêtres qui, s'ils sont hétérosexuels, ne sont pas embêtés par leurs évêques, mais, s'ils ont le malheur d'être plutôt portés vers des personnes du même sexe, doivent choisir entre leur affectivité et la prêtrise. Et ce n'est pas par hasard si je pense à cette question dans le contexte de ce référendum irlandais.

pósadh aerach, pósadh homaighnéasach
(gay marriage)

L'Irlande est donc le 19e pays à reconnaître le mariage gai. Mais il est le premier pays à légaliser par référendum le mariage entre conjoints de même sexe. Plus de 60 % des Irlandais ont exercé le droit de vote sur cette question. La loi entrera en vigueur au cours de l'été et les premiers mariages devraient pouvoir être célébrés vers la fin de cette année.

Ça ne changera rien à ma vie personnelle, mais je me réjouis de constater cette nouvelle expression d'ouverture et de liberté ; je me réjouis que ceux qui le désirent puissent avoir les mêmes droits que leurs concitoyens. La part de sang irlandais en moi rougit de joie.

jeudi 10 avril 2014

EGO devant Dieu et devant les hommes

En relisant ce soir les commentaires échangés avec Lux, à la suite d’un article précédent, il y a deux mois et demi, je n’ai pu m’empêcher de faire le lien avec un roman que je suis en train de lire, un roman qui dormait sur mes étagères depuis quelques décennies et que je n'avais encore jamais ouvert. Il s'agit d'un roman de Robert Sabatier, « Les années secrètes de la vie d'un homme ». Son personnage principal s'appelle EGO (Emmanuel Gaspard Oth)...


Les premières lignes, les premières pages, me laissaient croire que jamais je ne parviendrais à trouver un intérêt quelconque à ce roman qui raconte l'histoire d'un Français qui, pendant ou après la guerre, je ne sais plus, quitte la France, et se retrouve au Japon dont il ne connaît ni la langue, ni la culture, ni quoi que ce soit.

Robert Sabatier à Montmartre, son « village » natal

Je trouvais fastidieuses ces longues descriptions détaillées, comme observées au microscope et rédigées comme si le sort de la science en dépendait... Puis j'ai voulu faire l'effort d'aller plus loin, de faire preuve d'une plus grande ouverture et, bien que je ne me reconnaisse pas beaucoup d'affinité avec cet aventurier, je suis content de m'être avancé vers lui car, dans sa différence, il me ressemble tout de même un peu, puisqu'il est humain.

Les Allumettes suédoises

Je lis très lentement, d'autant plus lentement que, à l'exception des réactions humaines, je ne reconnais dans ces pages pratiquement rien que je connaisse, qui fasse partie de ma culture, de mes champs d'intérêt. Je n'en suis à peu près qu'à la moitié, et je dois dire que je savoure ces pages qui me font découvrir un art de vivre, des rites, une sagesse, qui ne se déroulent pas dans le renoncement total, dans la nudité et la simplicité tels qu'on veut nous faire croire qu'ils sont essentiels à l'acquisition de la sagesse, au bonheur qui se situe bien au delà de toute sensualité, mais dont les sens ne sont pas absents. La sensualité, la volupté, le plaisir de tous les sens ne sont qu'amplifiés par le degré non pas d'abnégation, de renoncement, mais plutôt de dépassement de tous les sens.
 

Ce tableau de Nicolas Poussin, Et in Arcadia ego
se trouve à Chatsworth House, Derbyshire, Angleterre

Bref, voilà bien un livre que j'avais depuis longtemps renoncé à lire, bien qu'il soit le cadeau d'un ami aujourd'hui disparu. Et la leçon que j'en tire s'apparente à une croyance qu'avait Alexander que dans tout livre, quel qu'il soit, il y a toujours quelque chose de bon ; mais je dois dire que dans celui-ci, il semble que dans chacune des 554 pages il y ait au moins deux ou trois bonnes raisons de continuer à le lire. Il est très rare que je recommande à quelqu'un de lire tel ou tel livre ; nos choix de lectures sont éminemment personnels. Et nos motivations ne sont pas les mêmes. Quelqu'un pourrait très bien passer tout à fait à côté du sens profond d'un livre qui me semble essentiel. Les livres sont comme les renards ou, si vous préférez, comme les amis ; ils exigent qu'on les apprivoise avant de s'ouvrir vraiment à nous.


Et ce n'est pas Alexander qui dirait le contraire ! Lui qui savait, mieux que tous, apprivoiser les êtres, humains et autres et... surtout les autres.

lundi 7 avril 2014

L'âme d'une nation



« La langue, c'est l'ADN d'un peuple », disait Gilles Vigneault.
J'ajouterais que sa culture est l'âme d'une nation.

Si l'on en croit la rumeur, un fort pourcentage de Québécois en âge de voter s'apprêtent à troquer leur langue et leur culture contre de très vagues promesses de « vraies affaires ». Au terme d’une campagne électorale où les propositions de certains – ou plutôt : de certain, pour ne pas le nommer – se résument en phrases creuses, en vagues promesses de richesses – sans préciser à qui l’on destine ces richesses –, en tentatives de manipulation et de peur, les Québécois n’auraient-ils le choix que de renoncer à leur langue, à leur culture, à leurs valeurs communes, à leur identité collective, pour avoir accès aux « vraies affaires » ? Le gouvernement sortant n’est-il pas à la fois capable, s’il était réélu, de favoriser le développement économique tout en assurant la défense de tout ce qui fait la spécificité du Québec (non pas le caractère « distinct », qui ne peut que se comparer aux autres, mais la spécificité, son identité, sa culture, son âme) ?

Combien vaut un plat de lentilles ? Combien vaut l’âme des Québécois, que certains s’apprêtent à troquer ? Quel serait, au bout du compte, le prix réel des « vraies affaires » que l’on agite devant leurs yeux comme des hochets devant ceux d’un bébé ?

Au terme de cette campagne, les Québécois doivent choisir lequel des partis politiques formera leur prochain gouvernement ; seules deux options réalistes se présentent : d’une part, un parti d’affairistes sans intérêt pour la langue, pour la culture, pour l’identité québécoise, un parti dont le nom du chef rime avec brouillard et cauchemar, et, d’autre part, un parti pour qui « les vraies affaires » ne sont pas un idéal, pas une religion, mais un moyen d’assurer, dans le quotidien et dans l’avenir, la vitalité de notre langue, de notre culture, de notre identité.

Devant le choix à faire, des questions se posent : Y aura-t-il demain un avenir pour la langue et la culture, pour l’ADN et l’âme Québécoise ? ou accorderons-nous un mandat en blanc pour remettre, sur un plateau d’argent (les seules « vraies affaires » ?) le sort du Québec entre les mains d’Ottawa, que leur chef en soit le lobbyiste de l’industrie du pétrole ou le fils de celui qui a berné, menotté et soumis les Québécois par un contrat que nous n’avons pas signé ?

Ne nous laissons pas induire à la tentation. Les enveloppes brunes et les « post-it » ne sont pas très loin. La bouche parlant de l’abondance du cœur, ceux qui n’ont à la bouche que de « vraies affaires » démontrent par là la pauvreté et la superficialité de leur engagement.

Combien vaut un plat de lentilles ?
Combien vaut l’âme québécoise ?
« À quoi sert au Québec de gagner l’univers de vraies affaires s’il vient à perdre son âme ? »


Brouillard, cauchemar, Philippe Couillard
Le parti des «affaires », pas souvent claires
L'ami de la tyrannie d'Arabie saoudite
L'éventuel signataire, sans consultation du peuple,
de la constitution canadienne rejetée par les Québécois

Vraiment !
Québécois, réveillez-vous !


L'heure est grave !

Le choix est on ne peut plus clair

L'expérience : Pauline Marois,
Première ministre du Québec

La jeunesse : Léo Bureau-Blouin,
plus jeune député du Québec


L'expérience et la jeunesse au service des Québécois