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dimanche 31 décembre 2017

Pour dire adieu ?

Ayant mal dormi la nuit dernière, et fatigué d’avoir fait un peu de ménage dans l’appartement – la seule idée de ménage m’épuise avant même de commencer –, je suis allé, après le déjeuner, faire une sieste dans un lit dont les draps venaient d’être changés… Juste au moment où j’allais m’éveiller, environ quarante-cinq minutes plus tard, j’ai oublié tout le reste, mais je me souviens vaguement de la fin d’un rêve : j’étais accompagné de quelques personnes – j’ignore qui étaient ces personnes et où nous étions –, mais il y avait là une personne qui avait connu Alexander. Et je me suis dit que cette personne pouvait certainement communiquer avec Alexander et lui demander s’il voulait bien reprendre contact avec moi… Puis, je me suis dit : mais Alexander est mort ! Cette personne ne pourra pas, plus que moi, communiquer avec Alexander ! Et, en pensant à Alexander, dans ce rêve, je me tenais devant un gros meuble de rangement à tiroirs dont je ne voyais ni le début ni la fin, d’un jaune vif – les tiroirs devaient n’avoir que douze ou treize centimètres de hauteur –, sauf que le tiroir du haut, à la hauteur de mes yeux, était entrouvert et j’avais l’impression que c’était là qu’était Alexander… Et je me suis réveillé avec un étrange sentiment et une forme d’angoisse, me disant : mais c’est pour toujours ! Il ne reviendra pas ! Alexander est mort à jamais !

Était-ce ma façon de dire adieu à 2017 ?
Que faisait là ce meuble de rangement ? Voulait-il me rappeler qu'il y a une place pour chaque chose et que chaque chose devrait être à sa place ?
Il y a sans doute un lien entre le ménage et le rangement que je faisais depuis la veille, et ce meuble de rangement ; il y a sans doute aussi un lien à faire avec l'idée que ranger son espace de vie c'est aussi une façon de mettre de l'ordre dans sa vie.
Je pourrais me demander ce qu'Alexander venait faire dans ce rêve, associé au rangement ; mais il n'y a rien d'étonnant car Alexander a changé ma vie à jamais et, quoi que je fasse, sa présence se fait sentir, ne serait-ce que dans la façon dont je pense qu'il ferait les choses.

Je ne ferai pas de bilan de l'année qui se termine mais s'il y a une chose que j'ai bien l'intention de changer, en 2018, c'est de consacrer moins de mon temps et de mes énergies à m'occuper du confort des autres, pour prendre un peu soin de moi et me concentrer sur ce qui compte vraiment pour moi... C'est ce que j'ai essayé de faire ces derniers jours, pendant que tout le reste est au ralenti, et, ma foi, je ne serais pas malheureux de ne plus participer à toute cette agitation qui ne m'apporte rien de bon ; Rupert et moi pouvons être heureux sans toute l'agitation du monde extérieur.

Je vous souhaite une bonne année 2018, sous le signe de la santé et de la réalisation de vos rêves les plus chers.

jeudi 3 septembre 2015

Rituel

Dans mon quotidien, il y a deux moments qui me sont particulièrement agréables et précieux, pour ne pas dire indispensables. Ces moments sont étroitement associés à un lieu précis de l'espace où je vis : un coin de ma chambre où j'ai installé un bureau, près de la fenêtre ouverte sur le centre-ville de Montréal. Je suis dans cet appartement depuis... de nombreuses années, et ce bureau est là depuis mon arrivée ; mais j'ai décidé, ces derniers mois, de l'aménager un peu mieux. J'ai refait la peinture dans toute la pièce, j'ai acheté du tissu pour faire de nouveaux rideaux (pas encore confectionnés), j'ai fabriqué une nouvelle tête de lit, acheté de nouveaux luminaires, décapé et verni des meubles récupérés, repeint des bibliothèques... Il me reste encore du travail à faire, notamment l'assemblage d'une étagère au-dessus du bureau pour rassembler des livres et des objets que j'aime, plus particulièrement identifiés à ma vie intime, à mes rêves, à mes espoirs...



C'est un lieu où j'ai besoin de passer du temps chaque jour, sinon j'ai le sentiment qu'il me manque quelque chose, comme si ce jour-là je n'avais pas eu le temps de prendre mon petit déjeuner, de lire, de rêver... Et c'est précisément au début de ma journée que s'impose ce rituel, avec le thé noir, élément essentiel de mon petit déjeuner, la lecture qui l'accompagne, parfois en musique mais pas toujours, la prise de notes et l'écriture qui suivent...

L'essentiel de mon travail, des activités que l'on exerce normalement à un bureau, je les pratique dans une autre pièce de l'appartement, à ce que j'appelle vraiment ma « table de travail » et qui regroupe tout ce qu'il me faut pour être efficace et productif : ordinateurs, imprimantes, numériseur, téléphone, ouvrages de référence, etc.

Et il y a un autre moment de la journée aussi agréable que celui du petit déjeuner, celui du thé de l'après-midi, qui me permet de retrouver ce coin de ma chambre où je prends mes distances du rythme effréné de la vie quotidienne.

J'ai pris cette photo pour répondre à l'invitation de Dr CaSo, qui m'avait offert de proposer un thème pour la catégorie « photo de truc » qu'elle publie régulièrement sur son blogue. J'ai proposé le thème le truc le plus agréable de votre quotidien. Je vous invite à aller voir ce que proposent les autres participants. Et si vous ne participez pas vous-même à ce jeu amusant, peut-être aurez-vous envie de joindre les fidèles de Dr Caso ; je suis sûr qu'elle sera ravie de vous y accueillir.

mercredi 31 décembre 2014

Bonne année 2015



Tous mes vœux les plus cordiaux
à l'occasion de cette nouvelle année.

Que 2015 se déroule dans la paix
dans l'amour, la joie,
sous le signe de la santé.

Osez les plus beaux rêves !
Réalisez-en au moins un !

Bonne année !
  

dimanche 17 août 2014

Schlafe,mein Prinzchen, schlaf ein - Dors, mon Petit Prince



Dors, mon Petit Prince

Schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
Schäfchen ruh'n und Vögelein,
Garten und Wiesen verstummt,
auch nicht ein Bienchen mehr summt,
Luna mit silbernem Schein
gucket zum Fenster herein,
schlafe bei silbernem Schein,
schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
schlaf' ein, schlaf' ein!

Alles im Schlosse schon liegt,
Alles im Schlummer gewiegt,
reget kein Mäuschen sich mehr,
Keller und Küche sind leer,
nur in der Zofe Gemach
tönet ein schmachtendes Ach!
Was für ein Ach mag das sein?
Schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
schlaf' ein, schlaf' ein!

Wer ist beglückter als du?
Nichts als Vergnügen und Ruh'!
Spielwerk und Zucker vollauf
und noch Karossen im Lauf,
Alles besorgt und bereit,
dass nur mein Prinzchen nicht schreit.
Was wird da künftig erst sein?
Schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
schlaf' ein, schlaf' ein!

Longtemps attribuée à Mozart, cette berceuse, l'une des plus célèbres, aurait plutôt été composée par Bernard Flies, dont on ne connaît pas grand-chose, sauf qu'il serait né à Berlin vers 1770. Des sources plus récentes indiquent que la berceuse aurait plutôt été composée au XVIIIe siècle par Johann Friedrich Anton Fleischmann, compositeur allemand.

J'aurais aimé, enfant, m'endormir au son de cette berceuse ; mais je ne me souviens pas avoir jamais entendu ma mère chanter. Je suis toutefois persuadé, même si nous n'avons pas eu l'occasion de parler de celle-ci, qu'Alexander a dû l'entendre souvent, et peut-être même en allemand car je crois que sa mère avait du sang allemand.

mercredi 7 mars 2012

Forget me not


L'image vient d'ici

Il y a quelques jours, en allumant la télévision, je suis tombé sur un film documentaire racontant la courte vie de Joanna Comtois, cette jeune fille à qui on a diagnostiqué à huit ans une forme rare de cancer, qu'elle a combattu durant un an, qu'elle croyait avoir surmonté et qui est revenu. Peu après avoir appris le retour du cancer de Joanna, son père s'est suicidé... Malgré tout, Joanna n'a pas baissé les bras ; elle a fait face avec courage à la nouvelle série de traitements, etc. Affirmant que tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir, elle a voulu garder le sourire, donner l'exemple, aider ses proches à garder le moral. Puis elle a créé la fondation Espoir pour amasser des fonds pour la recherche sur le cancer. Elle voulait être utile et, elle l'a dit aussi : « Je ne veux pas que l'on m'oublie ».

Ces mots, Alexander les a plusieurs fois répétés, en parlant surtout de certaines personnes qu'il aimait et qui l'ont précédé dans les étoiles. Sans qu'il ait eu besoin de m'en faire la demande, je me suis senti responsable et engagé à perpétuer, selon mes moyens, la mémoire de ces êtres aimés. Puis, un jour, il m'a dit : « J'ai peur ! » « De quoi as-tu peur ? », lui ai-je demandé. Je me doutais bien de la réponse qu'il allait me donner, mais je voulais que les mots viennent de lui. Il a dit : « J'ai peur de manquer de temps ! » Puis il a ajouté : « Je ne veux pas que l'on m'oublie. »

Tant que je vivrai, il sera présent. Je sais bien aussi qu'il vivra longtemps encore dans le coeur et dans l'esprit de ceux et celles qui l'ont connu. Mais je me sens responsable de certains de ses secrets, de certaines de ses confidences, de ses rêves, de ses espoirs... Mais je pense de plus en plus que je pourrais aussi manquer de temps. Et je me dis que je devrais trouver quelqu'un en qui je puisse avoir confiance, à qui je pourrais laisser un jour un certain nombre de choses qui sont importantes pour moi : certains objets , certains documents ; des carnets, des milliers de pages de correspondance, etc. C'est une inquiétude supplémentaire qui est toujours présente car, moi non plus, je ne voudrais pas que l'on m'oublie...

dimanche 7 juin 2009

L'amour des livres

La photo vient du site d'Alberto Manguel

Hier soir, avec Alexander, comme nous le faisons pratiquement tous les jours, nous avons parlé de lecture, de cinéma, de musées et... de livres. Il y aurait des pages et des pages à écrire sur la lecture, sur l'activité de lire, sur le contenu des livres, sur les univers dont ils nous ouvrent les portes, sur les rencontres qu'ils permettent, les amitiés qu'ils établissent... Mais je ne parlerai ici que des livres eux-mêmes, les objets qu'ils sont, qui habitent nos appartements, nos maisons.

À partir du moment où j'ai commencé à lire de façon continue, c'est-à-dire : assez tard dans ma vie, soit vers mes vingt ans, j'ai toujours rêvé de pouvoir acheter tous les livres qui me plairaient, aussi bien les romans que la philosophie, les essais politiques que les livres d'histoire, les dictionnaires et les manuels divers que les encyclopédies. Je rêvais d'avoir un jour un très grand appartement, puis une très grande maison, où les livres auraient la place d'honneur ; je me disais que le jour où je serai riche (j'écris bien le futur et non le conditionnel : le jour où je serai riche), je ferai construire un édifice rempli de tous les livres qui ont un minimum d'intérêt et que cet édifice sera ma bibliothèque personnelle ; je pourrai, à certaines conditions, en autoriser l'accès à d'autres amoureux. La tour de Montaigne, par exemple m'a longtemps fait rêver, puis la bibliothèque du « Nom de la rose », et tant d'autres... Avec le temps, j'ai laissé ce rêve en veilleuse, sans y renoncer vraiment. Je n'aurais peut-être pas en ce moment le courage d'entreprendre de réaliser ce projet mais je crois que si les moyens matériels étaient là, la motivation reviendrait.

Je ne me souviens plus si c'était à l'émission « Bouillon de culture » ou à « Double Je », on nous avait présenté une visite de la bibliothèque d'Alberto Manguel, cet écrivain d'origine argentine, citoyen canadien vivant en France. Deux choses m'avaient fasciné dans ces images : l'écrivain habite un ancien presbytère, ce qui est souvent un gage de tranquillité (Michel Tournier, comme certains autres écrivains dont j'oublie le nom pour l'instant, habite un ancien presbytère). J'ai un ami, au Québec, qui a longtemps habité le presbytère d'un petit village ; j'adorais cet endroit. Dans le dernier emploi que j'ai occupé avant de travailler à mon compte, je travaillais aussi dans un ancien presbytère ; je dois avoir conservé de mon enfance l'idée que je vivrais un jour dans un presbytère parce que le curé du village voulait faire de moi un prêtre.

L'autre aspect qui m'avait fasciné chez Alberto Manguel, c'est que son presbytère était rempli de livres, dans de très nombreuses langues, qu'il peut lire. Quel merveilleux cocon les livres peuvent-ils créer ! Je ne suis pas Alberto Manguel, nos intérêts ne sont pas les mêmes et nos choix de livres seraient sûrement différents, mais s'il voulait me céder son presbytère et tous ses livres, je les accepterais sans aucune hésitation.

Je ne suis ni jaloux ni envieux. Je suis plutôt heureux que l'univers d'Alexander soit peuplé de livres, sur tous les murs de son appartement, en piles aussi près du lit, attendant leur tour d'être lus. Il y en a sur plusieurs murs chez moi aussi ; j'ai cessé d'en acheter car je ne savais plus où les mettre et, avec l'avènement d'Internet et de la communication instantanée, je me rends compte que je lis moins de livres. Si je ne prends pas le temps d'ouvrir un livre très tôt le matin, avant de faire quoi que ce soit d'autre, je risque d'avoir du mal à me concentrer sur la lecture plus tard durant dans journée. Cependant, je ne peux passer devant une librairie sans jeter un coup d'oeil à la vitrine ni m'empêcher de rêver devant une fenêtre éclairée ouverte sur une bibliothèque domestique, si modeste soit-elle.

mardi 23 décembre 2008

The Homecoming

Photo : Bernard Brault, La Presse, Montréal, 21 décembre 2008

Vous me pardonnerez ce titre anglais : il me trotte dans la tête depuis plusieurs jours comme une ritournelle et je n'arrive pas à m'en défaire. Il me rappelle un vieux film des années 70, que j’ai vu à la télévision, moi, dans les années 80, car il était diffusé à la télévision chaque année durant le temps de Noël.

« The Homecoming » se déroule en Virginie en 1933, durant la grande dépression économique et raconte l’histoire d’une famille nombreuse, les Waltons, vivant sur une ferme dans les montagnes. La veille de Noël, toute la famille attend le retour de John Walton, le père qui, pour faire vivre sa famille, a dû trouver du travail à la ville à environ cinquante milles de chez lui et qui doit rentrer cà la maison pour célébrer Noël avec les siens. En attendant le retour du père, on apprend à connaître les membres de la famille, le caractère et la personnalité de chacun, les valeurs, les habitudes, les traditions familiales, etc. Ce film a donné naissance, dans les années 80, à une série d’émissions, « The Waltons ». Il avait toutefois été précédé en 1963 d'un autre film, que je ne me souviens pas d'avoir vu, « Spencer's Mountain ».

À une certaine époque de ma vie, je regardais religieusement, la nuit, la rediffusion de ces émissions. Chaque épisode était raconté par John Boy Walton, le plus âgé des garçons, qui devait avoir quinze ou seize ans, qui tenait son journal tous les soirs en secret de tous, de ses parents, en particulier. Il rêve d'entreprendre des études universitaires, de devenir écrivain, mais il ne croit pas que sa famille aura les moyens de lui faire réaliser son rêve. Aussi est-il surpris de voir son père lui offrir en cadeau de Noël du papier à écrire... John Boy était un adolescent modèle, étonnamment sage pour son âge. Il était un exemple pour ses frères et sœurs, mais aussi pour les jeunes téléspectateurs. Chaque année, à Noël, je repense à ce film et à cette série télévisée qui m’a tellement fait rêver…


Le monde a bien changé depuis l'époque évoquée par John Boy Walton, même si l'on a l'impression, à lire les journaux ou à écouter les bulletins de nouvelles, qu'il y a un lien entre la situation économique des années 30 et la crise financière actuelle. Ce n'est toutefois pas ce que j'avais en tête en commençant ce billet.

Lundi dernier, je vous le disais dans ce billet, mon amour partait en voiture avec armes et bagages (les inséparables chien et chat, ses boîtes de gâteaux confectionnés pour l'occasion, vêtements, articles de toilette, lecture et tous les objets dont on ne peut se passer durant plus de quelques heures), pour aller passer Noël chez sa grand-mère, à la campagne.

Après un long trajet en voiture, quelque peu ralenti par les conditions hivernales, mon amour est enfin arrivé chez sa grand-mère qui l’attendait.


Pour faire oublier le froid et la fatigue du voyage, sa grand-mère a préparé du thé, des muffins, de la marmelade, qu’ils ont pris ensemble devant le feu qui brûlait dans la grande cheminée de la cuisine, cette cheminée que nous avions déjà évoquée, où je voudrais que l’on puisse s’asseoir un soir d’automne, lui et moi, avec sa grand-mère afin qu’elle nous parle de lui, qu’elle nous raconte des souvenirs, parmi les plus heureux de l’enfance du petit garçon.

En cette fin d’après-midi d’hiver, la nuit déjà tombée, ils ont parlé un peu de tout, du trajet en voiture, du temps, du programme des prochains jours, des invités qui viendront, très nombreux, pour le réveillon et les jours suivants. Mon amour, qui n’aime pas trop ressembler à un pingouin, aura obtenu déjà que la tenue vestimentaire ne soit pas trop rigoureuse. Pour l’occasion, le chien aura tout de même son nœud papillon noir (il est toujours très fier de porter cet ornement vestimentaire dont la couleur varie selon les occasions).


Puis il est monté à sa chambre pour y ranger ses affaires. Un gros bouquet de fleurs avait été posé sur une table. Des guirlandes d’hortensias séchés, confectionnées par les soins de la grand-mère, pendaient du haut de la corniche de la grande armoire, de la cheminée et devant la fenêtre et une couronne était accrochée à la porte. Sur un meuble, un grand compotier de clémentines et des chocolats. Il pourra déposer sur un coin du manteau de la cheminée la jolie sculpture du petit Côme en biscuit de porcelaine qui a fait le voyage avec lui.

Dans un coin de la chambre, le cheval de bois qu’il a si souvent chevauché la nuit, pour le consoler, disait-il, de ne pas être un vrai cheval. Ensemble, ils ont gagné tant de batailles et j’espère qu’ils en gagneront encore d’autres, bien réelles. Les chevaux ont bonne mémoire ; celui-ci ne fait pas exception. Et pour évoquer les belles années qu’ils ont partagées, il a conservé au cou le joli ruban écossais que le petit garçon y avait noué.

Mon amour retrouvera son grand lit à baldaquin. Le chien et le chat auront aussi chacun leur lit, joliment décoré de coussins confortables ; le chat aura droit à une bouillotte enveloppée dans un beau tissu à carreaux.

À la fin de la soirée, quand chacun regagnera sa chambre, mon amour trouvera son lit déjà réchauffé ; il n’aura qu’à s’y glisser avec un livre avec, à portée de main, des chocolats, des fruits, une boisson chaude. Le chien qui a longuement couru dans le parc en arrivant, fou de joie de retrouver les bonnes odeurs de la campagne, ne tardera pas à ronfler et le chat n’aura pas longtemps quitté sa bouillotte.

Quant à mon amour, avant de se plonger un peu dans un livre (il en a toujours plusieurs près de son lit), il m’écrira pour me raconter son arrivée, sa soirée, pour me décrire le décor et l’ambiance de sa chambre afin que je puisse mieux penser à lui dans son univers d'enfant et, même à distance, partager ses rêves.

mardi 2 décembre 2008

La réponse est « oui » !

J'ai peur dans le noir
J'ai les pieds froids
Je me tourne et me retourne
Je parle dans mon sommeil

(Pourrais-je dormir avec toi ?)
Traduction libre : Alcib

Dans ma boîte aux lettres, hier, il y avait cette carte avec un ourson, dont j'aime beaucoup la question. La réponse est « Oui », bien entendu. Surtout qu'au verso de la carte il a bien ajouté de sa main qu'il « promet de ne pas être sage du tout ».

mardi 14 octobre 2008

Promenade dominicale

Au réveil, dimanche matin, j'ai vu que le soleil brillait sur Montréal et je m'étais dit que j'en profiterais pour aller faire une longue promenade en début d'après-midi et vérifier par la même occasion si les arbres avaient pris davantage de couleurs ces derniers jours.

Le temps de prendre mon petit déjeuner, de lire et d'écrire un certain nombre de messages, le soleil est allé se reposer et la lumière était moins éclatante. Les brillantes couleurs des feuilles d'automne seraient donc moins chatoyantes mais j'ai tout de même voulu aller marcher au parc du mont Royal et prendre quelques images


Chaque fois que je me je vais marcher dans la nature, que ce soit à la campagne (pas très souvent) ou dans l'un des parcs de Montréal (le plus souvent le mont Royal, à côté de chez moi), je songe qu'il serait tellement plus agréable de faire cette promenade avec mon amoureux. À défaut de pouvoir marcher avec lui à mes côtés ce dimanche, j'ai fait cette promenade très lentement, en poursuivant une conversation imaginaire avec l'amoureux et en songeant au bonheur que sera cette promenade avec lui lorsqu'il sera là...

Je suis resté longtemps à marcher à l'ombre de ces arbres, à apprécier cette quiétude, en dépit des gens qui circulaient autour. On ne se sentait pas envahi ; il y avait de la place pour tout le monde. Il y avait de la place surtout pour la rêverie, pour penser à ceux que l'on aime, ceux et celles qui composent ce noyau, cette cellule affective que nous aimons appeler notre « petite famille », petite parce qu'elle regroupe un nombre restreint d'êtres chers et cependant immense en terme d'amour des uns envers les autres.

Puis je suis redescendu vers chez moi par l'avenue du Parc, cette avenue que le maire de Montréal s'entêtait à vouloir changer de nom pour celui d'un ancien premier ministre qui, par son indécision politique au sujet du statut du Québec et son habileté à faire de longues phrases creuses pour tenter de faire oublier le vide de sa pensée politique, un habile manipulateur en somme, aurait mérité tout au plus de donner son nom à une impasse. Heureusement, les riverains, les Montréalais, les Québécois se sont mobilisés pour faire renverser une décision stupide, et l'avenue du Parc est restée l'avenue du Parc.

Je ne saurais dire si Montréal est une belle ville ou non mais je suis toujours ému, lorsque je reviens du mont Royal, cet immense espace de verdure à trois pas de chez moi, de voir que l'on peut, en quelques secondes, passer de la campagne à la ville. À quelqu'un qui, il y a quelques semaines, se demandait ce que je pouvais bien aimer en ville, ce serait peut-être le principal élément de réponse : la possibilité de passer si rapidement de la nature à l'activité de la vie urbaine.

Depuis que l'on a démoli l'horrible échangeur routier qui rendait difficile aux piétons l'accès au parc du mont Royal, j'aime faire, pour rentrer chez moi, un détour par l'avenue des Pins et par la rue Sainte-Famille. J'ai déjà habité cette dernière et parfois je pense que j'aimerais y revenir...


Est-ce vraiment un hasard si la discrète rue Basset, que je traverse souvent à pied ou à vélo, qui désormais évoquera toujours pour moi la précieuse amie Petunia, membre de la « petite famille », la famille du cœur, se trouve si près de la chapelle, du musée, du jardin des sœurs hospitalières, de l'Hôtel-Dieu ?


En somme, un très beau dimanche après-midi, malgré tout. Une promenade méditative, un voyage intérieur, un voyage au pays des rêves, des projets, des moments partagés et des autres à venir...

dimanche 29 avril 2007

Tiens, v'là l'printemps !


L'hiver a mis du temps à s'installer et il a mis du temps à s'en aller. Ces dernières semaines, on avait envie de dire de l'hiver ce que Woody Allen disait de l'éternité : « C'est long, surtout vers la fin ! »* Officiellement, le printemps est là depuis plus d'un mois, mais personne n'était dupe. La semaine dernière, il a fait beau et chaud, mais c'était un peu anormal. Ces trois derniers jours, il a plu et le mercure était frileux, comme la plupart des Québécois.

Cet après-midi, je suis allé manger au restaurant, rapidement (ma table étant prise, je n'avais pas envie d'y rester longtemps ; je n'étais pas tranquille pour y lire et y écrire). En sortant du restaurant, j'ai remarqué que le soleil voulait se montrer et j'aimais cette lumière de fin de journée, après la pluie.

J'ai essayé de capter cette lumière, ce léger brouillard qui flottait sur la ville sans que le soleil n'ait eu le temps de l'assécher. Mon appareil photo n'est peut-être pas assez perfectionné pour que je puisse saisir ces nuances dans la lumière, ce léger flou qui atténue les contours. Ou, plus sûrement, je n'ai pas les habiletés qu'il faudrait pour faire de vraies bonnes images.

De toute façon, si je n'ai pas pu les rendre en photos, je suis heureux d'avoir saisi de mes yeux ces nuances de lumière.

Et je suis plus heureux encore de constater que les bourgeons sont sortis et que, d'ici quelques jours, s'il ne fait pas trop froid, les arbres seront couverts de feuilles et l'on aura (presque) oublié l'hiver.


Quelques citations de saison :
  • « C'est en croyant aux roses qu'on les fait éclore. » (Anatole France - 1844-1924
  • « Il y a des pluies de printemps délicieuses, où le ciel a l'air de pleurer de joie. » (Paul-Jean Toulet - 1867-1920)
  • « C'est le printemps, la nature chante des psaumes. » (Félix Leclerc - 1914-1988)
  • « Les fleurs du printemps sont les rêves de l'hiver racontés, le matin, à la table des anges. » (Khalil Gibran - 1883-1931)
  • « Un rayon de soleil vaut tous les livres du monde. » (Christian Bobin - 1951- ).

Messages d'intérêt :
- Il y a trois mois, le 30 janvier, Olivier d'À cheval sur l'Atlantique devenait citoyen canadien. Félicitations encore, Olivier !
- Notre ami Pierre-Yves a ajouté sur son blogue quelques annonces publicitaires qui l'aideront... à prendre sa retraite un jour. Allez cliquer sur les annonces, ça ne vous engage à rien et ça peut lui donner un coup de main (et si ça marche pour lui, j'y penserai pour moi, tiens !) ; c'est par ici.
- Pierre-Yves a aussi créé un nouveau blogue, un site d'information sur le VIH, en fait, très bien fait et très intéressant. Je pense qu'il pourra être très utile à tous ceux qui veulent de l'information sur la façon de bien vivre avec le VIH ou... avec ceux qui en sont atteints. C'est par ici.

Olivier est très cruel, sans le vouloir : il annonce aujourd'hui que, durant ses vacances d'été, il ira... en Grèce ; ses billets sont déjà achetés. Alors que, moi, j'ai plus ou moins renoncé à y aller un jour... Parce que je suis jaloux et que j'aime cette musique qu'Olivier a mise dans son billet du 30 avril, je vais la lui piquer. Avant d'être Français, Italien, puis Québécois, j'ai dû être Grec dans une autre vie...

* Note du 1er mai : Merci à Didier Goux qui le remarque en commentaire : « L'éternité c'est long, surtout vers la fin » : cette citation, que l'on attribue toujours faussement à Woody Allen, est en réalité de Franz Kafka. Ce dernier est sans doute victime de la célébrité du cinéaste, comme le Christ, en d'autres temps, fut victime de l'ombre que lui faisait John Lennon, qui se disait plus populaire que le Nazaréen. Démonstration supplémentaire qu'on ne prête qu'aux riches.