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samedi 7 juillet 2018


Il y a neuf ans aujourd’hui qu’Alexander est retourné sur son étoile. Que sont devenus tous ceux et celles qui ont été dévastés par son départ ? Je n’ai plus aucune nouvelle de ses amis, de sa famille. Il n’a jamais cessé et ne cessera jamais de vivre en moi, de faire partie de moi, et je n’en continue pas moins de penser à eux…

jeudi 7 juillet 2016

Il y a sept ans, Alexander...

Dans quelques heures, soit vers 14 heures, heure de Londres, il y aura sept ans, ce septième jour du septième mois, qu'Alexander a rendu son dernier souffle et qu'il a regagné son étoile...

Je ne sais pas comment la famille soulignera ce septième anniversaire de son départ, puisque je n'ai plus de nouvelles de qui que ce soit de l'entourage d'Alexander. Je peux toutefois m'imaginer la famille rassemblée dans cette petite église, autour du caveau familial, près de tant d'autres membres de la grande famille dont le nom est gravé dans la pierre avec la date de leur arrivée et celle de leur départ.

Pour m'associer en pensée et de tout mon coeur à leurs prières, je me rappellerai la commémoration du premier anniversaire de son départ.


J'ai confiance qu'Alexander aura enfin trouvé la paix, la sérénité, l'amour et la joie. J'aimerais pouvoir penser que ses proches, n'oubliant pas son amour, ont pu trouver un peu de paix, de sérénité et de joie de vivre.

mardi 7 juillet 2015

Que vais-je devenir sans lui ?

 

J'entends encore, j'entends toujours la voix de notre amie, Dr Jane, qui m'appelle de Londres, au milieu de la matinée, heure de Montréal, pour m'annoncer que, quelques minutes plus tôt, Alexander, notre Petit Prince merveilleux, vient de repartir sur son étoile. Je reconnais la voix de Dr Jane, j'entends les mots qu'elle essaie d'articuler à travers les sanglots, mais cette conversation au-dessus de l'Atlantique a quelque chose d'irréel. L'un comme l'autre ne pouvons croire à la réalité de ce départ et, puisque la conversation a lieu au téléphone, il faut bien essayer de prononcer des mots intelligibles. Dr Jane me donne quelques détails qui visent, je suppose, à me faire comprendre la terrible nouvelle. Nous sommes effondrés. Je demande à notre amie : « Mais, Jane, qu'allons-nous devenir sans lui ? ». Elle ne sait pas plus que moi et son angoisse me confirme que nous vivons bien le même événement : le départ d'Alexander, qui venait à peine d'avoir vingt sept ans.

Six ans plus tard, je ne sais plus ce que Jane est devenue : je n'ai plus de ses nouvelles depuis un moment, et je crains le pire... Quant à moi, plusieurs fois par jour, et surtout la nuit, l'angoisse qui m'étreint me fait comprendre que je n'ai toujours pas trouvé de réponse à la question qui sans cesse se pose : « Que vais-je devenir sans lui ? »


Il n'y a pas très longtemps, l'un de mes frères est décédé. Il habitait à plus de cinq cents kilomètres de Montréal. Je suis allé rejoindre la famille, les parents, les amis, venus de partout au Québec, et peut-être aussi d'ailleurs, pour lui rendre un dernier hommage. Il y avait énormément de monde. J'ai rencontré au salon funéraire de nombreuses personnes que je n'avais pas revues depuis... de très nombreuses années, dont quatre de mes enseignants à l'école primaire et à l'école secondaire... J'ai retrouvé avec émotion des neveux qui sont beaux, et dont je suis fier.

À l'église, le prêtre qui présidait la cérémonie était un ami d'enfance de mon frère décédé. C'est dire qu'il connaissait bien la famille et les amis... À la fin de la cérémonie religieuse, au moment de bénir le cercueil, le prêtre a invité les frères et sœurs du défunt à venir de chaque côté de celui-ci et de bénir chacun notre tour celui que nous allions mettre en terre. L'émotion était déjà très grande dans l'église, mais elle fut à son comble pour moi et pour mes frères et sœurs, je n'en doute pas. 

C'est là, autour de la dépouille de mon frère, que j'ai compris à quel point il est important d'être présent pour dire un dernier adieu à ceux qui nous quittent... ce que je n'avais pas pu faire pour Alexander, puisque les funérailles avaient lieu en Angleterre et que j'étais à Montréal. Pendant plusieurs minutes, dans cette église à l'est du Québec, près du golfe Saint-Laurent, j'ai eu le sentiment que c'était l'écorce d'Alexander qui était là devant moi, que j'allais bénir. J'ai failli éclater en sanglots mais, en même temps, j'ai senti une certaine paix s'installer en moi, comme si je venais enfin, presque six ans plus tard, d'être sur le quai du départ d'Alexander...

Quand mon amie Danielle est décédée en novembre dernier, il n'y a pas eu de funérailles, ni autre rituel. J'ai eu le sentiment, au cours de cette cérémonie religieuse, que je pleurais et saluais à la fois Alexander, Danielle et l'un de mes frères.

 

 Le chiffre 7

À plusieurs reprises, dans sa correspondance, notre amie Jane me disait à quel point elle en était venue à détester ce chiffre sept, Alexander étant décédé le 7 du septième mois... J'ai toujours considéré le chiffre sept comme mon chiffre chanceux et, même si le départ d'Alexander a eu lieu un 7 juillet (2009) et que ce départ est la pire chose qui me soit arrivée dans la vie, dont je ne me remets pas, je ne peux pas renier le chiffre qui, malgré tout, est celui qui m'est le plus significatif. Depuis de très nombreuses années, j'ai pu vérifier que le chiffre sept était présent dans de multiples événements de ma vie... et cela se vérifie davantage encore depuis le départ d'Alexander. Plusieurs fois par jour, ce chiffre revient d'une façon ou d'une autre... Certains pourraient penser que, n'aimant pas ce chiffre, Alexander, s'il voulait me faire signe, aurait recours à une autre chiffre ; je pense au contraire que, à supposer que ce soit le cas, il choisirait plutôt le chiffre qui signifie quelque chose pour moi et que, ne craignant plus rien pour lui, il peut désormais, pour me « parler », adopter mon chiffre...

L'an dernier, pour le cinquième anniversaire du départ d'Alexander, j'avais décidé, en plus de nos rituels de roses et de bougies, de prendre congé et de faire quelque chose pour Alexander et moi : une longue promenade au parc, une excursion en bateau sur le fleuve, ou je ne sais trop quoi d'autre... Mais la journée était difficile et je ne me décidais pas à partir... En début de soirée, j'ai finalement décidé que j'irais au cinéma ; j'ai regardé l'heure : il était précisément sept heures. J'allais manger et j'irais au cinéma en fin de soirée. Nous étions donc le septième jour du septième mois 2014 ; si l'on additionne les chiffres de l'année, on obtient sept : 7-07-07...

Le seul film qui me semblait intéressant, ce soir là, c'était Belle, un film britannique basé sur une histoire vraie et qui se déroule dans le milieu de la noblesse anglaise du XVIIIe siècle. J'ai pris le métro et je me suis rendu au cinéma un peu à l'avance. Je suis passé au guichet pour payer ma place ; le caissier me donne mon ticket en me disant : « Salle numéro sept. » J'ai encore pas mal de temps avant le début de la séance, mais je veux aller voir où se trouve la salle numéro sept. Je suis seul dans ce lobby qui donne accès à plusieurs salles. Je m'approche de la salle numéro sept. À l'entrée de la salle, il y a une grand affiche annonçant un film à venir, un film de Disney intitulé... « Alexander » (j'ai pris quelques photos). Je me décide à entrer dans la salle : il n'y a personne. J'ai le choix des places ; je m'installe vers le milieu de la salle, qui n'est pas très grande, au milieu de la rangée. J'écoute de la musique en attendant l'heure de la projection. Quelques minutes avant l'heure prévue, trois ou quatre autres personnes arrivent et vont s'asseoir plus loin, derrière moi. Je constate que les sièges sont numérotés ; par curiosité, je vérifie le numéro du mien : sept. Je compte les rangées depuis l'avant : je suis assis à la septième rangée... Nous sommes donc le septième jour du septième mois 2014 (2+0+1+4=7) ; je suis assis dans la salle numéro sept, septième rangée, siège numéro sept !

« Et maintenant, bien sûr, ça fait six ans déjà... »

« Heaven's Trail », Ireland

« Et maintenant, bien sûr, ça fait six ans déjà... »
Saint-Exupéry, Le Petit Prince

J'ai pourtant déjà raconté cette histoire.
Mais je ne me suis pas consolé.

Parfois, je suis heureux en pensant à lui. « Et toutes les étoiles rient doucement. »

« Et aucune grande personne ne comprendra jamais que ça a tellement d'importance ! » Le Petit Prince

dimanche 7 juin 2015

D'étoile en étoile... Alexander


« Rien ne ressemble à une âme comme une abeille,
elle va de fleur en fleur comme une âme d'étoile en étoile,
et elle rapporte le miel comme l'âme rapporte la lumière. »
Victor Hugo

Il y a aujourd'hui 71 mois qu'Alexander a regagné la sienne...
C'était hier, c'était... il y a des siècles !

lundi 7 juillet 2014

5 ans après ton départ, tu me manques autant

Sa meilleure et fidèle amie, qui fut d'abord la meilleure amie de sa mère, m'écrivait, au sujet d'Alexander, bien entendu : « Un coeur pur, tout comme son visage, fragile comme la porcelaine, mais radieux. Il était une lumière dans ma vie. Il m'a apporté tellement de joie, toute sa vie, depuis sa naissance. Je l'aime terriblement ! J'étais fière de lui. J'ai toujours pleuré avec tous ses chagrins, et ri avec lui pour tous ses bonheurs. D'une immense sensibilité, toujours attentif aux autres, attentionné, et surtout d'une grande noblesse de coeur et d'esprit. Délicat, adorable et charmant... »

Ce n'est pas moi qui, même cinq ans après son départ, dirais le contraire de cette amie si précieuse qui m'avait adopté puisque j'étais l'amoureux de ce garçon merveilleux qu'elle aimait comme son fils, mais aussi comme un être exceptionnel que l'on n'a pas tous le privilège de rencontrer, même une seule fois, dans sa vie.


Pour commémorer le premier anniversaire de son départ, lors de la cérémonie réunissant la grande famille, notre amie me disait : « J'ai fait commander en votre nom un coeur de roses, avec une carte sur laquelle tout le monde pourra lire votre nom... Je suis sûre que si vous écoutez bien dans la nuit, vous entendrez les cornemuses qui, à l'église, joueront durant vingt-quatre heures, pour dire à Alexander combien nous l'aimons. »


Je suis, en ce cinquième anniversaire, de tout coeur avec sa famille, ses amis, toute la petite famille que nous aimions, que j'aime...

samedi 31 août 2013

Hommage à Lady Di - 1961 - 1997

 Lady Diana Spencer et ses deux fils, William et Harry (1988)

Depuis 1997, Alexander se faisait un point d'honneur de venir à Paris au moins une fois par année, le 31 août, déposer au pont de l'Alma une gerbe de fleurs en hommage à sa princesse. Je ne crois pas qu'il ait manqué un seul de ces rendez-vous, jusqu'à ce qu'il reparte lui-même sur son étoile, le 7 juillet 2009. Ce 31 août 2009, ce fut Charles, le frère d'Alexander, qui se rendit à Paris pour déposer une gerbe de fleur au pont de l'Alma pour respecter l'engagement qu'avait pris Alexander de déposer chaque 31 août des fleurs dans ce lieu devenu tristement célèbre. L'année suivante, ce fut Jane, l'amie fidèle qui a tenu la main d'Alexander jusqu'à son dernier souffle, qui vint à Paris déposer ces fleurs en hommage à Lady Di. C'était une façon pour Charles, pour Jane, d'exprimer leur affection pour Lady Di, qu'elle ne serait jamais oubliée. Mais c'était aussi une façon de montrer leur amour inconditionnel envers Alexander, au point d'assumer pour lui un engagement qu'il avait pris lui-même. Un ami gallois, qui se rendait régulièrement à Paris, a déposé plus tard en mon nom un joli bouquet... Je ne sais pas qui,ce 31 août, se rendra à Paris déposer des fleurs près de la flamme de la place de l'Alma. Mais je suis sûr que quelqu'un de très proche d'Alexander sera fidèle au rendez-vous. Je me ferai un devoir d'y être au moins une fois avant de partir à mon tour.

samedi 7 juillet 2012

3 ans...

... 36 mois ; 1095 jours ; 26 280 heures ; 1 576 800 minutes ; 94 608 000 secondes ; quelle que soit l'unité de mesure que l'on utilise pour calculer le temps écoulé depuis ton départ, celui-ci n'est pas plus compréhensible qu'il l'était il y a trois ans.

Le Petit Prince - Ukraine

Je relisais ces derniers jours plusieurs pages de nos premières conversations ; j'avais le sentiment que tu allais bientôt arriver de ton travail et que nous allions dans un instant reprendre notre conversation, suspendue, mais jamais interrompue... Ne t'inquiète pas de mes yeux rougis ; ce n'est sans doute que de la fatigue.

dimanche 7 août 2011

Sur la Terre comme au Ciel


Tu vois, mon cher Alexander, j'ai trouvé cette plaque qui indique tes deux adresses : celle que tu avais sur Terre, dans la cité de Westminster, à Londres, et ta nouvelle adresse, sur notre amie la Lune.

Il y a vingt-cinq mois, mais il me semble que c'était hier que tu entreprenais ce long voyage dont tu ne reviendras plus. Ce sera donc à moi d'aller te rejoindre, un jour ; d'ici là, tu vivras toujours dans mon coeur et dans mes pensées.

jeudi 7 juillet 2011

Un an de plus, cher Petit Prince


Mon Big Ben annonce le début de la nuit chez moi. La plupart des Britanniques dorment encore au moment où je commence à écrire ces lignes. Dans quelques heures, la famille rassemblée et les proches d'Alexander se retrouveront dans cette église qu'Alexander connaît si bien afin de lui rendre hommage en ce deuxième anniversaire de son départ..

Je sais qu'il y aura une messe mais, si je peux m'imaginer la suite, je ne connais pas l'ensemble du programme prévu Je n'y suis pas encore physiquement, mais une amie très chère y sera pour moi tout autant que pour elle-même. Un magnifique coussin en forme de cœur choisi par notre amie, composé de roses roses et de lys blancs, portera une petite carte blanche avec mon nom. Du haut de son étoile, Alexander sourira de bonheur en voyant toutes ces fleurs. Je crois qu'il sera content aussi que cette petite carte portant mon nom rappelle à ceux de la famille qui voudraient l'oublier qu'Alexander avait et aura toujours un amoureux qui ne l'oubliera jamais.

Je sais que pour la famille et pour les amis ce sera un anniversaire encore très douloureux, comme l'est chaque jour, chaque instant qui passe depuis deux ans. Je crois cependant qu'il y a toujours une part de réconfort à partager son chagrin avec d'autres personnes qui pleurent aussi celui que l'on aime. J'ai souvent le sentiment que la distance physique, l'éloignement géographique, me rend plus difficile l'absence d'Alexander, mais cela ne devrait pas car la distance ne nous a pas empêchés, lui et moi, de vivre si intensément ce que nous avons vécu. Et je suis toujours ému de constater que, en dépit de la distance géographique et du temps qui passe, je reste, pour ceux qui aiment Alexander, l'amoureux pour qui il aurait tout donné.

Aujourd'hui, j'irai chercher des roses roses, j'allumerai plein de bougies, j'écouterai des airs de cornemuse et... j'essaierai de me concentrer sur ce privilège immense d'avoir été choisi par Alexander pour vivre avec lui tout ce que nous avons vécu de si merveilleux.

Et si vous aviez envie vous aussi d'écouter un air de cornemuse...

mardi 7 juin 2011

23

23 mois déjà ! 23 mois depuis son départ.


Mais ces chiffres qui représentent des mois n'ont aucun sens car c'est à chaque seconde que je constate que je suis resté sur terre quand Alexander a regagné son étoile.

lundi 7 mars 2011

Au souffle de la nuit...

Le cher ange dormait les lèvres demi-closes. -
(Les lèvres des enfants s'ouvrent, comme les roses,
Au souffle de la nuit.) -

Musset, La Coupe et les lèvres, acte III


L'image vient d'ici

Je sais, Alexander, que tu as lu, quand tu étais adolescent, ces vers d'Alfred de Musset. Je suis certain que ces mots sont restés bien ancrés dans ta mémoire, bien présents dans ton coeur... Et ceux qui ont eu le privilège de te côtoyer savent que l'enfant en toi n'était jamais très loin.

J'ai toujours l'impression que le 7 juillet 2009, c'était hier. Le rêve que j'ai fait avant-hier, empreint d'amour et de sérénité, me permet de croire que tu es maintenant en paix, avec ceux qui t'ont précédé dans les étoiles.

dimanche 7 novembre 2010

Les yeux du coeur


Le petit garçon regarda l’étoile
Et se mit à pleurer.
L’étoile lui dit : « Pourquoi pleures-tu ? »
Le garçon lui répondit : « Tu es trop loin,
Je ne pourrai jamais te toucher ! »
Et l’étoile lui répliqua :
« Petit, si je n’étais pas déjà dans ton cœur,
Tu ne serais pas capable de me voir ! »


John Magliola


Ces mots que l'étoile confie au petit garçon, elle n'a peut-être plus besoin de les dire au grand garçon que je suis. Je sais à quel point ceux que j'aime sont dans mon cœur, en permanence.

Ces dernières semaines, le ciel a souvent été couvert et, certaines nuits, lorsqu'il ne pleuvait pas, un épais brouillard flottait sur la ville. Cependant, rares ont été les nuits où je n'ai pas pu apercevoir au moins une étoile. Vendredi soir, par exemple, quand je suis sorti pour aller manger, la pluie s'était arrêtée et, en un endroit précis, les nuages s'étaient dispersés ; dans cette éclaircie très circonscrite, j'ai pu apercevoir l'étoile la plus souriante. Quelques minutes plus tard, le ciel était encore tout couvert...

Plusieurs fois par jour, à des moments précis, j'ai la conviction qu'Alexander me dit, d'une façon ou d'une autre : « Tu vois, ne l'oublie jamais : je suis toujours là, avec toi. »

jeudi 7 octobre 2010

Une voiture noire

Quinze mois après son départ, je continue de croire que c'est terriblement injuste pour lui, qu'à 27 ans, au moment où il amorçait sa carrière après de longues études, au moment où il était si heureux d'avoir un amoureux, où il pourrait faire des projets et les réaliser, son permis de séjour lui soit retiré. C'est infiniment injuste pour lui et cruel pour ceux qui l'aiment.

Je repense à nos premières conversations sur MSN. Dès le début, j'ai aimé son intelligence, sa sensibilité, son humour, sa discrétion... J'ai deviné assez rapidement qui il était et j'ai compris très vite quelles étaient les questions que je ne devais pas poser car je n'obtiendrais pas de réponse. J'ai compris aussi que s'il ne répondait pas à l'une de mes questions, je pouvais la plupart du temps considérer son silence comme une réponse affirmative....


Un soir, il m'a dit qu'il avait eu parfois l'impression qu'on ne l'avait pas vraiment aimé pour lui-même. Pour le taquiner un peu, j'ai demandé pour quoi on l'aurait aimé, si ce n'était pour lui-même. J'ai aimé sa réponse, après un court silence : « ... pour ma voiture. » Et j'ai immédiatement enchaîné en demandant quelle voiture il avait. J'avais une idée assez précise de la voiture qu'il devait avoir ; sa réponse m'a beaucoup fait rire : « ... une voiture noire. » Je connais des gens qui auraient dit que ce n'était pas une réponse, vous savez, comme les grandes personnes qui ont besoin de chiffres pour se faire une idée de la beauté des choses.

Ai-je besoin d'ajouter que son esprit, sa culture, son humour, son amour, sa tendresse, nos conversations... me manquent terriblement ?

mardi 7 septembre 2010


Alexander, je n'ai pas le courage que tu as toujours eu.
Quatorze mois après ton départ, tu me manques autant, si ce n'est davantage.
Je n'ai plus envie de continuer sans toi.

samedi 7 août 2010

« Je n'aurais pas pu dormir... »

Amour


Alexander avait une hantise : celle de la panne d'électricité ou d'internet qui nous priverait de notre principal moyen de communication. Il avait raison d'appréhender la panne car il est arrivé plusieurs fois que des orages entraînent des coupures de courant ou que, pour diverses raisons, le service Internet ne soit disponible.
Il lui est arrivé quelques fois, et même au milieu de la nuit, de sortir pour trouver un café d'où il pourrait m'envoyer un message me disant de ne pas m'inquiéter s'il ne répondait pas rapidement à mes messages parce qu' une interruption de service l'empêchait d'utiliser son ordinateur à la maison. Plusieurs fois, il m'a écrit pour me dire qu'un orage se préparait et que nous ne pourrions peut-être pas nous écrire durant quelques heures.
Bien sûr, il trépignait d'impatience s'il ne pouvait pas communiquer avec moi ni même recevoir mes messages. Mais il craignait surtout que je m'inquiète à son sujet si je ne recevais rien de sa part.
Je connaissais assez bien les horaires, les habitudes et les rituels d'Alexander. Et nous avions entre nous une intuition incroyable pour sentir si quelque chose n'allait pas. Très souvent il m'est arrivé de lui écrire rapidement quelques lignes pour lui demander quelque chose et, avant même que j'aie fini d'écrire mon message, le sien m'attendait. Il m'est arrivé aussi, devant un silence inhabituel, d'envoyer quelques mots à Jane qui, de sa campagne ou de la pièce à côté, selon les circonstances, communiquait avec Alexander et, dans les minutes suivantes, je recevais de Jane ou d'Alexander lui-même l'explication de ce silence...

Il est arrivé plusieurs fois qu'une panne survienne durant nos conversations. La plupart du temps cette interruption ne durait que quelques minutes, qui nous semblaient toutefois une éternité. Quelques fois, la panne durait plus longtemps et, chacun de notre côté, nous attendions impatiemment le retour du service. Le plus cruel, c'était peut-être que la panne de courant survienne au moment où, après deux heures ou plus de conversation, nous allions nous arracher difficilement l'un à l'autre en nous adressant les mots les plus doux accompagnés d'adorables petits lapins roses et autres petits anges chargés d'amour et de baisers...

Je me souviens d'un soir, d'une nuit pour lui, où l'interruption de service s'étirait. Je pouvais lui envoyer un courriel pour lui dire de ne pas s'inquiéter, que j'allais rester devant mon ordinateur un bon moment encore, mais que je voudrais qu'il ne s'impatiente pas à essayer de rétablir la communication, qu'il devrait plutôt sagement aller dormir, je savais cependant qu'il ne pourrait pas lire mon message et qu'il attendrait jusqu'à ce qu'il puisse me rassurer, me dire qu'il ne lui était rien arrivé à lui.

Ce soir-là, cette nuit-là, il avait attendu que le service Internet soit accessible. Il s'était reconnecté à MSN et je n'oublierai jamais ses premiers mots : « Je n'aurais pas pu dormir si je n'avais pas pu te dire encore que je t'aime. »

Et moi, Alexander, crois-tu que je pourrais dormir la nuit si je ne pouvais te dire plus de cent fois par jour que je t'aime. Je ne reçois plus les mots qui me disent ton amour mais, exactement treize mois après ton départ, j'ai la même certitude, cette certitude qui , il y a trois jours à peine, faisait dire à quelqu'un qui a très bien saisi la force de notre amour : « Il n'y a aucun doute au sujet de votre amour réciproque. C'est un amour si pur et si absolu ! Cet amour, je le sens si fort que je ne serais pas étonnée qu'un jour un livre vienne nous le faire partager. »

mercredi 7 juillet 2010

Notre Petit Prince

Ces dernières années, Alexander habitait Londres,
à deux pas de l'abbaye de Westminster

Depuis minuit heure de Greenwich, la famille d'Alexander est rassemblée, avec des amis très chers, autour du caveau où reposent les cendres d'Alexander, pour prier et commémorer le premier anniversaire de son départ. Je voudrais être là, avec eux, dans cette église du XIIIe siècle, dans ce paisible petit village de la campagne anglaise, afin de joindre aux leurs mes hommages et mes prières. Il n'était pas possible que j'y sois moi-même physiquement, mais j'y suis encore très bien représenté par une amie merveilleuse qui a déposé à l'entrée du caveau un important arrangement en forme de coeur, composé de roses roses, avec une carte portant mon nom. Alexander n'avait pas besoin que mon nom y soit écrit mais je suis heureux qu'il le soit : il rappellera ainsi à ceux de la famille qui préféreraient l'oublier qu'Alexander avait un amoureux et que cet amoureux ne l'oubliera jamais.

Enfant, il a cependant grandi
plus près de l'abbaye de Cantorbéry

Je suis heureux que sa grand-mère ait pu se déplacer et se joindre aux autres. Ainsi, il y aura au moins trois personnes pour m'associer en pensée à Alexander. Ce Petit Prince m'avait choisi et, durant quinze mois, même à distance, nous avons appris à nous connaître et nous avons partagé autant d'émotions, de découvertes, d'émerveillement, d'inquiétudes aussi, que peuvent en partager en plusieurs années un couple marié.

Alexander, notre Petit Prince, a compris, il y a quelques jours, que cette grand-mère qui l'a toujours adoré et qu'il adorait, même si, bien involontairement, il l'a selon lui trop souvent fait pleurer, viendrait à l'église avec les autres pour lui rendre hommage. La semaine dernière, en ouvrant sa porte, la grand-mère qui aime les animaux comme les a toujours aimés Alexander, a découvert un joli renardeau qui dormait en boule. Il savait bien où aller trouver refuge, lui aussi ! Elle lui a donné à boire et à manger et, depuis, le renardeau la suit partout.

Lorsqu'il est minuit, en Angleterre, il est dix-neuf heures à Montréal. Pratiquement tous les soirs à cette heure, Alexander et moi étions en conversation et nous guettions s'écouler les dernières secondes avant que le carillon de Westminster ne sonne minuit. Peu importe le sujet de conversation. nous faisions une pause pour souligner la présence rassurante du carillon et les douze coups du Big Ben. Lui les entendait par ses fenêtres ouvertes, à proximité, et moi je les écoutais sur mon ordinateur grâce un petit logiciel qui reproduit exactement, chaque quinze minutes et en temps réel, le son du carillon et du Big Ben. Après quoi nous poursuivions la conversation exactement là où nous l'avions interrompue. Chaque soir, à dix-neuf-heures, j'ai un fort pincement au coeur (et la plupart du temps bien davantage) ; je ne peux jamais m'empêcher de penser qu'à ce moment précis il est minuit à Londres.

Et pourtant c'est dans une plus modeste église, comme celle-ci, pas celle-ci,
mais dans une église de ce genre, plus ancienne (XIIIe siècle),
que reposent ses cendres, près de ceux qui,
depuis des siècles, l'ont précédé

Depuis minuit, donc, la famille et des amis très proches unissent leurs prières pour rappeler à Alexander combien il est aimé, et pour demander que son âme soit maintenant dans la paix, dans l'amour et dans la lumière, entourée de toutes celles qui l'ont précédée, qui aiment Alexander et qu'Alexander a toujours aimées. Je ne suis pas sûr de savoir bien prier , si je l'ai jamais su ; j'ai perdu l'habitude des répétitions de mots quand le coeur n'y était pas vraiment. J'essaie de réapprendre, à ma façon, sans faire semblant ; cela aussi, je le dois en grande partie à Alexander.

En début de soirée, avant dix-neuf heures, j'ai abondamment pleuré et je continue en rédigeant ces mots. Je ne me sentais pas prêt, pas encore digne, ce soir, de participer à cette commémoration. J'aurais voulu me faire beau, à l'intérieur comme à l'extérieur, comme Alexander avait l'exquise politesse de soigner sa tenue vestimentaire et de se parfumer pour venir me parler.

Je ne suis pas sûr d'avoir les bonnes couleurs,
mais cette image donne un aperçu

Néanmoins, j'ai allumé des bougies blanches devant les plus belles images de lui, près de plusieurs objets rappelant son passage sur Terre. J'ai affiché sur l'un des écrans de l'ordinateur des images de l'église où la famille est réunie et, pour mieux me joindre à eux, j'écoute sans interruption des airs de cornemuse. C'est que Charles, le grand frère adoré, a eu l'excellente idée de retenir les services d'une dizaine de Highlanders, joueurs de cornemuse, en tenue de gala traditionnelle. Durant vingt-quatre heures, ils joueront en continu, d'abord ensemble au début de la nuit, puis encore en fin de soirée de ce 7 juillet, se relayant le reste du temps. Quelle magnifique façon de faire sentir à Alexander qu'il n'est pas seul, que nous l'aimons et que nous ne l'oublions pas ! Alexander a toujours adoré la cornemuse. Souvent nous en avons écouté ensemble. Je dois dire que je suis toujours très ému par son timbre et souvent profondément remué par les airs auxquels elle est associée. J'imagine que ce sont mes origines irlandaises qui, ainsi chatouillées, se réveillent.

J'ai reçu ce matin un long message, vraiment bouleversant, exprimant tant d'amour pour notre Petit Prince et me révélant encore davantage à quel point, durant son court passage sur Terre, il aura été merveilleux. Je constate encore une fois que sa capacité d'émerveillement était pratiquement, à vingt-sept ans, aussi belle et étonnante qu'à cinq ans. Du premier au dernier jour de son existence ici, il aura conservé son innocence, une pureté rare, son authenticité... J'aimerais pouvoir un jour m'approcher de la qualité intrinsèque de ce garçon. Il faudrait plusieurs vies.

Ce n'est pas le texte que j'aurais voulu écrire pour souligner ce douloureux anniversaire du départ de notre Petit Prince. Mais avec le temps, j'ai pris davantage conscience de la complexité, de la richesse de ce garçon, et j'ai du mal à organiser mes idées pour parler de lui dans ces pages. Il y aurait encore tant et tant à dire à son sujet. Je ne renonce pourtant pas à essayer de construire autour de son nom, de son esprit, une cathédrale de mots qui recèleront à jamais les richesses de cet être merveilleux que j'ai eu le privilège d'accompagner un moment.

Pour l'instant, en écoutant la cornemuse, je vais me replonger dans la lecture de notre correspondance, et dans celle d'amis d'Alexander ; la plus grande majorité des pages écrites par les amis, en particulier celles de « Docteur Jane », sont absolument bouleversantes. Qui donc a dit que les Anglais avaient le sang froid ? Ces pages révèlent chaque fois davantage, s'il en était besoin, la mesure de ce que nous avons perdu avec le départ d'Alexander.


Merci, Alexander, d'avoir croisé ma route, d'avoir attiré et retenu mon attention en m'invitant à marcher avec toi. Tu as inspiré et donné tant d'amour, tu as accordé tant d'attention et de réconfort, prodigué tant de joies inattendues, de bonheurs inespérés. Tu as mérité d'être maintenant et pour toujours dans la paix, l'amour et la lumière... jusqu'au jour où tu voudras revenir sur Terre. Ce jour-là, je t'en prie, dis-le moi.

dimanche 7 février 2010

7 fois 7

J'ai toujours aimé le chiffre 7 ; je l'ai toujours considéré comme mon chiffre chanceux. Mais depuis sept mois, le chiffre sept rappelle une très douloureuse journée, une très sombre date.


On voudrait, afin d'apaiser mon chagrin et de commencer à « tourner la page », que je donne un sens au départ de celui que j'aime. Comment le pourrais-je, alors que j'ai à peine eu le temps de comprendre le sens de sa présence merveilleuse dans ma vie ?

mercredi 7 octobre 2009

L'Aiglon et moi

Dès les premières années de son enfance, Alexander était amoureux du duc de Reichstadt ou, plus précisément, de « Napoléon François Charles Joseph Bonaparte, prince impérial de France et prince de Parme, titré roi de Rome puis Napoléon II et duc de Reichstadt », dit l'Aiglon (titre posthume). Cela n'avait rien de politique : Alexander trouvait beau ce jeune homme, mort à 21 ans. Je dois dire que je le trouvais beau aussi. Je ne retrouve plus le portrait que je connaissais de lui qui m'avait séduit, que j'avais dû trouver dans un dictionnaire ou une encyclopédie car les livres étaient très rares chez moi, contrairement à Alexander qui avait accès à la bibliothèque paternelle et qui avait du maître des lieux la permission de lire tout ce qu'il était capable de lire. Je ne retrouve plus ce portrait, mais je me souviens que, très jeune aussi, je m'étais intéressé à ce fils de Napoléon, non pas à cause de son père ou de son histoire mais à cause de la beauté du jeune homme. Je suis toutefois conscient que s'il avait été fils du boulanger ou du cordonnier, je n'aurais jamais vu son portrait et j'ignorerais même son existence.


Je ne sais pas exactement l'âge que devait avoir Alexander, je dirais entre quatre et six ans, lorsqu'il a annoncé à son frère Charles que lorsqu'il serait grand, il se marierait avec l'Aiglon. Charles n'oubliait pas son rôle de frère aîné qui devait contribuer à l'éducation du petit Alexander : « Tu ne peux pas te marier avec l'Aiglon ; c'est un garçon ! » « Et alors ? », demanda Alexander. Très tôt, Alexander savait ce qu'il aimait et ce qu'il voulait.


« Mon coeur, je ne l'ai pas donné souvent, mais quand je le donne, c'est pour toujours », m'écrivait Alexander au printemps 2008. Pas un instant je n'ai douté qu'Alexander était parfaitement sincère et j'étais persuadé déjà qu'il ne revenait jamais sur ses engagements. Une promesse, un engagement, c'était sacré. Les amoureux élus par Alexander n'ont pas été très nombreux. L'Aiglon a été le premier et j'aurai été le dernier. Avant moi, il y a eu Héphaistion, à qui il aura été fidèle jusqu'au dernier instant, comme Héphaistion le fut envers Alexandre, de l'enfance jusqu'aux dernières conquêtes de l'empereur. Il aura aimé d'autres personnes et ces personnes, je les aime aussi, mais jamais, j'en suis persuadé, il n'aura aimé quelqu'un comme il m'a aimé. Et jamais je n'aurai aimé quelqu'un comme je l'ai aimé, comme je l'aime, comme je l'aimerai toujours.


Il y a quelques mois, nous avions longuement parlé de son amour pour l'Aiglon. Il ne s'agissait pas d'un amour comme celui qu'il a toujours eu pour le Petit Prince, mais jamais il n'avait oublié ce premier amour, qui avait sa place d'honneur chez lui comme dans son coeur. Il devait m'envoyer des photos du portrait qu'il possédait chez lui mais un incident l'avait empêché de le faire au moment où il devait le faire ; il en était très malheureux car il n'était pas en mesure de respecter ce qu'il considérait comme une promesse. Il y a un certain nombre de choses qu'il n'a pas eu le temps de m'envoyer ; le seul fait qu'il y ait pensé est pour moi un grand bonheur. Ils ne sont pas très nombreux les portraits de l'Aiglon ; j'imagine qu'Alexander avait chez lui l'un de ceux que l'on peut trouver dans des musées ou dans des livres. Alexander connaissait pratiquement par coeur cette pièce d'Edmond Rostand, qu'il avait vue au théâtre plus d'une fois, notamment à Paris où sa grand-mère, sachant toujours comment lui faire plaisir, l'avait accompagné il y a quelques années. Il aimait particulièrement le poème que l'on retrouve à la fin de l'Aiglon, qu'il récitait par coeur, en mettant l'accent sur les dernières lignes, celles-là mêmes que citait Jane le 7 juillet dernier :

Dans la Crypte des Capucins, à Vienne.

_ Et maintenant il faut que Ton Altesse dorme,
-- Âme pour qui la Mort est une guérison, --
Dorme, au fond du caveau, dans la double prison
De son cercueil de bronze et de cet uniforme.

Qu'un vain paperassier cherche, gratte, et s'informe;
Même quand il a tort, le poète a raison.
Mes vers peuvent périr, mais, sur son horizon,
Wagram verra toujours monter ta blanche forme!

Dors. Ce n'est pas toujours la Légende qui ment.
Un rêve est moins trompeur, parfois, qu'un document.
Dors; tu fus ce Jeune homme et ce Fils, quoi qu'on dise.

Les cercueils sont nombreux, les caveaux sont étroits,
Et cette cave a l'air d'un débarras de rois...
Dors dans le coin, à droite, où la lumière est grise.

Dors dans cet endroit pauvre où les archiducs blonds
Sont vêtus d'un airain que le Temps vert-de-grise.
On dirait qu'un départ dont l'instant s'éternise
Encombre les couloirs de bagages oblongs.

Des touristes anglais traînent là leurs talons,
Puis ils vont voir, plus loin, ton coeur, dans une église.
Dors, tu fus ce Jeune homme et ce Fils, quoi qu'on dise.
Dors, tu fus ce martyr; du moins, nous le voulons.

... Un capucin pressé d'expédier son monde
Frappe avec une clef sur ton cercueil qui gronde,
Dit un nom, une date -- et passe, en abrégeant...

Dors! mais rêve en dormant que l'on t'a fait revivre,
Et que, laissant ton corps dans son cercueil de cuivre,
J'ai pu voler ton coeur dans son urne d'argent.



Dans quelques heures, il y aura trois mois, Alexander, que tu es reparti « sur la Lune » comme tu le disais si tendrement (je sais bien que derrière cette poésie, il y avait une angoisse car tant de personnes aimées ont fait le voyage avant toi). « Si un jour je devais partir sur la Lune, disais-tu, tu n'auras qu'à regarder le ciel, la nuit, et tu me verras en train de t'envoyer des baisers... » Je te répondais toujours que je préférais recevoir et te donner des baisers sur la Terre... Quand je serai parti à mon tour, je ne sais pas s'il restera quelqu'un pour comprendre ce que nous avons vécu, ce que, malgré ton départ, nous continuons de vivre. Si, dans quelques années, quelqu'un tombe sur ces pages, je ne sais pas ce qu'il en pensera... Comme tu me le disais souvent toi-même, « il n'y a que toi à qui je puisse dire certaines choses, que toi qui puisses me comprendre » (je sais bien, et tu le savais aussi, que d'autres personnes, des anges dans ta vie, pouvaient aussi te comprendre mais, dans certains cas, tu ne voulais pas leur faire de peine en leur racontant les tiennes). Je sais bien qu'en regardant vivre l'enfant que, grâce à toi, j'ai retrouvé en moi, « les grandes personnes » me trouveront parfois bien bizarre ; je m'en fiche : je sais maintenant où se trouve l'essentiel... Chaque nuit je regarde le ciel ; j'y cherche la Lune, « notre » Lune, et ses étoiles. Je ne les vois pas toujours, mais je sais que tu es là. Je t'aime et je t'aimerai toujours.