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lundi 9 octobre 2017

Couleurs d'automne


Bien que, selon le calendrier, l'automne soit vraiment arrivé, à Montréal, on ne l'a pas vraiment senti encore. Les températures assez élevées ont fait en sorte que la végétation n'a pas vraiment perdu sa fraîcheur. Les arbres avaient, du moins jusqu'à aujourd'hui, conservé leurs feuilles ; mais ce lundi, la pluie a dû en secouer plusieurs, à qui les vents ont soufflé à l'oreille ce qui les attend.

18 novembre 2016

Si je vous parle de l'automne, ce n'est pas que je sois déjà dans cette ambiance : je n'ai pas eu le temps de m'y préparer et la météo ne m'a pas encore rappelé que je ferais bien de commencer à faire des provisions pour l'hiver, de rêver au coin du feu (si l'on a la chance d'en avoir un), ou bien de se plonger dans un bon livre sous le faisceau de l'abat-jour, la théière à portée de main...

 18 novembre 2016

Mais, sur son blogue, Dr CaSo a invité ses lecteurs et lectrices à participer à la « photo de truc » ; et le thème choisi est en rapport avec l'automne. Sans trop chercher, et puisque l'automne n'était pas encore au rendez-vous, j'ai vite choisi d'envoyer une photo de Rupert, prise au parc Jeanne-Mance, le jour de son premier anniversaire. J'ai déjà publié cette photo, l'automne dernier, mais il me semblait que, parmi les centaines de photos de Rupert que j'ai réussi à capter, elle illustre mieux l'automne, d'autant plus que Rupert est né un 20 octobre (il aura deux ans bientôt).

20 octobre 2016

J'aurai probablement l'occasion de vous reparler bientôt de Rupert et, si j'ai le temps de rêver un peu, j'aimerais aussi évoquer l'automne, qui restera toujours, je crois, ma saison préférée.

dimanche 11 juin 2017

Rule Britania*

Quand il a su que j'étais d'abord et surtout « Québécois », et non pas « Canadien » (sinon par la force politique, surtout pas de cœur ni d'esprit), Alexander a immédiatement posé sur son sac à dos le drapeau du Québec. De même que, peu de temps après notre première conversation, il est allé jouer au polo dans le comté de sa grande famille ; pour cette occasion, il avait accroché à la bride de son cheval un ruban bleu et un ruban blanc, « les couleurs de [son] cœur ».

Si je n'avais pas connu Alexander et son amour pour son chien, je n'aurais fort probablement pas de chien, pas de bulldog. Puisque Rupert est un bulldog anglais (et que je suis parfois agacé d'entendre les gens dire n'importe quoi qui insulte Rupert au sujet de sa race), je voulais depuis longtemps lui acheter une médaille qui permette de l'identifier, de l'associer davantage à ses origines. Je n'avais pas l'occasion de le faire. Or, il y a quelques jours, j'ai décidé de prendre le bus et d'aller lui acheter une médaille qui me fait plaisir, qui aurait beaucoup plu à Alexander, et qui suscite parfois des conversations avec les gens que l'on rencontre. À l'endos de ce drapeau britannique en forme d'os, j'ai fait graver le nom de mon compagnon et son numéro de téléphone ; j'avais l'intention de faire graver aussi son adresse de courrier électronique, mais je ne l'ai pas fait car l'espace disponible étant limité, il aurait fallu opter pour des caractères plus petits. Si nous partageons le même numéro de téléphone, Rupert a cependant sa propre adresse de courrier électronique (que je ne dévoilerai qu'aux personnes bien intentionnées).


*Rule Britania

samedi 6 décembre 2014

Désespérance

Dans les mois qui ont précédé son départ (je pourrais pratiquement, par cœur ou de mémoire, donner la date et l'heure de cette conversation), Alexander me disait qu'autour de lui la lumière n'était plus la même : les gens qui circulaient autour de lui, les maisons, les rues, les monuments, étaient les mêmes que la veille, mais l'éclairage en était différent, et il ne semblait plus reconnaître les liens familiers, affectueux, que la veille encore il entretenait avec eux.

J'étais attentif à ce qu'il me disait, mais bien plus encore aux émotions qui accompagnaient ces mots ; il n'avait pas besoin de me faire un dessin. J'avais d'autant plus de mal à trouver les mots justes que j'étais moi-même ébranlé par cette perception nouvelle qu'il exprimait, et surtout par ce qu'il pouvait ressentir. J'avais mal, mais je ne voulais pas le lui laisser sentir ; ce qui était pratiquement impossible, car Alexander devinait, sentait, ressentait tout ce que je pouvais penser ou ressentir. Un jour que j'étais angoissé et que je l'avais écrit à notre amie, « docteur Jane », elle m'avait immédiatement répondu : « Non, Alcib, je vous en prie, ne soyez pas angoissé, car Alexander le sentira. Imprégnez-vous de son amour pour vous ; exprimez-lui tout l'amour que vous avez pour lui mais, je vous en prie, ne soyez pas angoissé ».

Ai-je su trouver les mots, ce jour-là, pour le rassurer ? Je n'en sais rien. Peut-être pas si je ressens aujourd'hui encore toute la douleur de cette conversation. Je crois tout de même avoir réussi à l'apaiser en l'assurant que, moi, je n'avais pas changé, que j'étais là, avec lui, et que j'y serais encore le lendemain, les jours, les mois suivants, pour toujours, et que ni les nuages, ni les orages, ni quoi que ce soit, n'empêcheraient mon amour pour lui de grandir jour après jour.

J'ai aussi l'impression, ces jours-ci, que la lumière a changé, que l'éclairage sur les gens et sur les choses qui m'entourent, et sur tout ce qui compose ma vie intérieure, n'est plus le même. Et je ne sais à qui le dire, sinon à ce carnet que j'écris peut-être sur le sable du désert... Si au moins j'avais l'espoir d'y rencontrer un aviateur tombé du ciel sur son lourd engin, conversant avec un Petit Prince venu d'une autre étoile !


Mon amie Danielle, à qui je pouvais tout dire et qui, toujours, savait me faire sourire en parlant d'une certaine astéroïde, dans le voisinage de la B 612 ou Bésixdouze , est elle-même en route vers son étoile dans le ciel. J'espère que le voyage ne sera pas trop long ni trop difficile. Une autre amie merveilleuse, qui a connu son lot de difficultés ces deux ou trois dernières années, ne répond pas à mes demandes de ses nouvelles. Le silence en a enrobé un certain nombre d'autres, et ce n'est certes pas moi qui suis en droit de le leur reprocher.

Ces dernières semaines, de sérieuses inquiétudes ont monopolisé mon attention. Certaines conversations, certaines consultations, m'ont depuis partiellement rassuré. Certaines choses ont changé qui me forcent à modifier des habitudes de vie et, en soi, ce n'est pas réjouissant. L'automne tire à sa fin ; l'hiver est déjà à nos portes, mais ce n'est pas ce qui me préoccupe. Au delà des saisons, des températures plus froides et des périodes d'ensoleillement, quelque chose a changé en moi. Je ne reconnais plus avec ce qui m'entoure les liens familiers ; je ne me reconnais plus vraiment moi-même.

Après des semaines de stress, voici le temps de la détresse... Pourtant, la vie continue, comme si je n'y étais pas, et comme l'écrivait André Gide, « je reste seul sur la banqueroute de ma désespérance. »

mardi 14 octobre 2008

Promenade dominicale

Au réveil, dimanche matin, j'ai vu que le soleil brillait sur Montréal et je m'étais dit que j'en profiterais pour aller faire une longue promenade en début d'après-midi et vérifier par la même occasion si les arbres avaient pris davantage de couleurs ces derniers jours.

Le temps de prendre mon petit déjeuner, de lire et d'écrire un certain nombre de messages, le soleil est allé se reposer et la lumière était moins éclatante. Les brillantes couleurs des feuilles d'automne seraient donc moins chatoyantes mais j'ai tout de même voulu aller marcher au parc du mont Royal et prendre quelques images


Chaque fois que je me je vais marcher dans la nature, que ce soit à la campagne (pas très souvent) ou dans l'un des parcs de Montréal (le plus souvent le mont Royal, à côté de chez moi), je songe qu'il serait tellement plus agréable de faire cette promenade avec mon amoureux. À défaut de pouvoir marcher avec lui à mes côtés ce dimanche, j'ai fait cette promenade très lentement, en poursuivant une conversation imaginaire avec l'amoureux et en songeant au bonheur que sera cette promenade avec lui lorsqu'il sera là...

Je suis resté longtemps à marcher à l'ombre de ces arbres, à apprécier cette quiétude, en dépit des gens qui circulaient autour. On ne se sentait pas envahi ; il y avait de la place pour tout le monde. Il y avait de la place surtout pour la rêverie, pour penser à ceux que l'on aime, ceux et celles qui composent ce noyau, cette cellule affective que nous aimons appeler notre « petite famille », petite parce qu'elle regroupe un nombre restreint d'êtres chers et cependant immense en terme d'amour des uns envers les autres.

Puis je suis redescendu vers chez moi par l'avenue du Parc, cette avenue que le maire de Montréal s'entêtait à vouloir changer de nom pour celui d'un ancien premier ministre qui, par son indécision politique au sujet du statut du Québec et son habileté à faire de longues phrases creuses pour tenter de faire oublier le vide de sa pensée politique, un habile manipulateur en somme, aurait mérité tout au plus de donner son nom à une impasse. Heureusement, les riverains, les Montréalais, les Québécois se sont mobilisés pour faire renverser une décision stupide, et l'avenue du Parc est restée l'avenue du Parc.

Je ne saurais dire si Montréal est une belle ville ou non mais je suis toujours ému, lorsque je reviens du mont Royal, cet immense espace de verdure à trois pas de chez moi, de voir que l'on peut, en quelques secondes, passer de la campagne à la ville. À quelqu'un qui, il y a quelques semaines, se demandait ce que je pouvais bien aimer en ville, ce serait peut-être le principal élément de réponse : la possibilité de passer si rapidement de la nature à l'activité de la vie urbaine.

Depuis que l'on a démoli l'horrible échangeur routier qui rendait difficile aux piétons l'accès au parc du mont Royal, j'aime faire, pour rentrer chez moi, un détour par l'avenue des Pins et par la rue Sainte-Famille. J'ai déjà habité cette dernière et parfois je pense que j'aimerais y revenir...


Est-ce vraiment un hasard si la discrète rue Basset, que je traverse souvent à pied ou à vélo, qui désormais évoquera toujours pour moi la précieuse amie Petunia, membre de la « petite famille », la famille du cœur, se trouve si près de la chapelle, du musée, du jardin des sœurs hospitalières, de l'Hôtel-Dieu ?


En somme, un très beau dimanche après-midi, malgré tout. Une promenade méditative, un voyage intérieur, un voyage au pays des rêves, des projets, des moments partagés et des autres à venir...

lundi 9 juin 2008

Pommes d'amour

Jusqu'à la moitié du dix-huitième siècle, ce fruit rouge que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de tomate était désigné, en France, sous le nom de pomme d'amour. D'où lui venait cette appellation ? Certains prétendent que c'est sa couleur rouge, évoquant la passion, qui aurait valu ce nom au fruit que l'on croyait aphrodisiaque (après l'avoir longtemps cru toxique, mais ce n'est pas forcément contradictoire). D'autres affirment que le nom est plutôt une traduction de l'italien, pomo d'amore. Aujourd'hui, les Italiens appellent simplement pomodoro ce fruit qui a donné, du Nord au Sud ou vice-versa, son caractère à toute leur cuisine. En ce qui me concerne, je n'aurais aucune difficulté à lui donner aujourd'hui encore son nom poétique de pomme d'amour. D'ailleurs, la coupe transversale de la tomate n'évoque-t-elle pas la forme d'un coeur ?

Entre elle et moi, c'est une véritable histoire d'amour qui dure depuis longtemps, quelques dizaines d'années, je dirais. J'aime sa couleur tonique, j'aime son goût et la texture de sa chair, à la fois douce et ferme... Aliment indispensable à mon petit déjeuner, sa couleur rouge anime mon assiette tous les matins, sans exception. Ces dernières semaines, cependant, cet amour s'est accentué encore, se transformant en passion dévorante.

Depuis novembre dernier, je crois, j'ai rarement acheté des tomates fraîches car, peu importe leur provenance et quel qu'en soit le prix, elles ont la texture et le goût du plastique. J'achète plutôt les tomates italiennes en boîte, d'une certaine marque à l'exclusion des autres. Elles n'ont pas la texture ferme et tendre des tomates fraîches, mais elles en conservent la couleur vibrante et le goût. Je ne saurais dire ce qui s'est passé en moi ces derniers mois, mais j'ai sans cesse le goût de manger des tomates, au petit déjeuner, le midi, le soir, entre les repas ; dès que j'ai faim et que le repas n'est pas encore prêt, j'ouvre la porte du réfrigérateur et je me sers une ou deux tomates sur lesquelles je mets parfois un peu de basilic et d'huile d'olive, parfois rien. En hors-d'oeuvre, en entrée, à toutes les sauces dans la cuisine, la tomate m'est aussi indispensable qu'à d'autres un morceau de pain ou un verre d'eau. Elles répondent peut-être à une carence en moi, à un déséquilibre sanguin, je ne saurais dire (il faudra que j'en parle à mon médecin personnel) ; à moins que ce ne soit plutôt la forme et la couleur de la tomate, associées à son nom du dix-huitième, qui m'appellent à l'amour. Dans un cas comme dans l'autre je ne résisterai pas du tout ; je réponds : présent !

Dès que la faim se pointe, certains se jettent sur les croustilles ou sur le chocolat, d'autres sur le brocoli ou les carottes (je recommence à manger aussi des carottes crues), moi c'est sur les tomates. Et vous, vous avez un aliment dont vous ne sauriez vous passer ?


Pour voir comment au Japon on tranche une tomate,
cliquez ici (c'est silencieux)

Pour entendre la tomate s'exprimer en musique

Ou si vous préférez la vôtre en ch'ti et en images

Mais si vous préférez des fruits plus sucrés, Bourvil vous offre sa salade de fruits.