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dimanche 22 août 2010

Inquiétudes

Lundi dernier, c'était l'anniversaire d'un ami, Michel, qui habite juste au nord de Montréal (ainsi que l'anniversaire d'Erwan, l'ami français avec qui je suis allé quelques fois prendre un verre l'été dernier, alors qu'il était de passage à Montréal). J'avais tenté de joindre Michel au téléphone dimanche dernier, la veille de son anniversaire ; il n'était pas chez lui : je lui ai donc envoyé mes voeux par courrier électronique. Il les a reçus en arrivant au bureau le matin de son anniversaire, et il m'a envoyé un mot pour me remercier. (J'avais aussi envoyé un message à Erwan, qui m'a très gentiment répondu en me donnant de ses nouvelles ; on peux donc affirmer que les voeux d'anniversaire, s'ils sont envoyés par courrier électronique, parviennent aussi vite à destination en France qu'à Montréal).

Comme c'est mon anniversaire neuf jours après le sien, Michel avait décidé vendredi de m'inviter chez lui le lendemain, avec d'autres de ses amis. Vendredi après-midi, pendant que j'étais parti à la bibliothèque, Michel a laissé chez moi un message vocal. Je suis rentré tard et comme mon téléphone ne sonne pratiquement jamais, je n'ai pas vérifié si j'avais des messages.

Ce matin (dimanche), le téléphone m'a réveillé tôt. Comme le répondeur, toujours branché, se met en marche au deuxième coup de sonnerie, je n'ai pas pris la peine de me lever ; je ne veux pas laisser croire qu'on peut m'appeler tôt le matin, surtout le dimanche, pour me parler de la pluie et du beau temps. J'aime me lever tôt justement pour lire ou écrire avant que ne commence l'agitation de ceux qui ne peuvent jamais rester tranquilles ni respecter la paix d'autrui.

En me levant, j'ai pris connaissance des deux messages : celui de vendredi, (dont j'ignorais l'existence) pour m'inviter le lendemain, et celui de ce matin, beaucoup plus sérieux,; Michel se disait inquiet car il n'avait pas eu de mes nouvelles « depuis longtemps » et il aimerait que, si quelqu'un écoutait ce message, on l'appelle pour lui donner de mes nouvelles.

J'ai rappelé plus tard, après avoir pris mon petit déjeuner et lu un moment. Michel n'était plus là (il ne peut pas rester en place). L'ami qui partage la maison avec lui m'a expliqué que Michel était très inquiet. Samedi midi, ils sont venus tous les deux sonner chez moi. J'étais sorti faire des courses mais, même si j'avais été là, n'attendant personne, je n'aurais pas répondu. Ils sont repartis plus inquiets encore. En passant devant un poste de police, ils sont entrés et ont demandé si la police pouvait faire quelque chose... (Heureusement, les policiers ne sont pas venus enfoncer la porte de l'appartement !) On leur a expliqué que si j'avais été victime d'un accident ou d'un malaise, c'est la famille qui aurait été prévenue... De plus en plus inquiet, Michel voulait s'arrêter dans une église pour... allumer un cierge. Avec les amis qui l'accompagnaient, il était déjà en train de composer mon éloge funèbre.

J'écoutais tout cela et je ne savais pas ce que je devais penser. C'est rassurant de savoir que j'ai au moins un ami qui peut s'inquiéter de mon sort (il a déjà été échaudé : il y a quelques années, un ami commun est décédé à Paris et, si nous n'avions pas fait une enquête, nous n'aurions même jamais su qu'il était décédé : la famille n'a pas jugé utile de prévenir les amis). Mais c'est aussi très inquiétant d'apprendre que si l'on ne répond pas immédiatement aux messages d'un ami, on risque de voir arriver chez soi les policiers, les pompiers, les ambulanciers, le serrurier... alors que l'on voudrait simplement boire son thé en paix.



Quand Alexander, après avoir été renversé par une voiture, s'est retrouvé sur une civière à l'urgence de l'hôpital où il travaillait, il était très inquiet : il pensait bien sûr à son chat, à son chien, aux êtres qu'il aimait... J'étais l'un d'eux et, comme il était déjà amoureux, il aurait voulu que je sois là pour le rassurer, le serrer dans mes bras ou, tout au moins, lui tenir la main... Mais si quelques personnes de son entourage connaissaient mon existence et tout l'amour qu'Alexander éprouvait déjà pour moi, personne n'avait mes coordonnées. « Et si j'étais vraiment parti sur la Lune, il n'y aurait même eu personne pour te le dire... », m'a-t-il écrit deux jours plus tard. Je sens encore toute l'angoisse qu'il y avait dans ces mots. C'est vite devenu l'une de mes inquiétudes aussi : s'il arrivait quelque chose à l'un d'entre nous, comment l'autre en serait-il informé ? Quand Alexander a été obligé de s'absenter un peu plus longtemps que prévu, sans pouvoir communiquer avec moi, j'ai d'abord été inquiet puis rassuré de recevoir un message de « docteure Jane » ; nous avions désormais un ange qui assurerait la communication entre nous... De mon côté, j'ai demandé à un ami s'il voudrait bien communiquer avec Alexander s'il m'arrivait quelque chose, puis j'ai donné son nom et ses coordonnées à Alexander.

En lisant ce blogue, deux compatriotes d'Alexander ont vite reconnu le Petit Prince dont je parlais. Alistair a connu Alexander au début de leur adolescence : ils étaient pensionnaires au même collège et puisqu'ils se ressemblaient beaucoup, ils sont assez rapidement devenus amis... Depuis le jour où, « par hasard », il a découvert le blogue (moi, je crois plutôt qu'Alexander l'a guidé), Alistair m'a écrit tous les jours... jusqu'au 10 décembre dernier. Nous avons appris, après Noël, qu'Alistair avait eu un très grave accident le 12 décembre et qu'il était encore aux soins intensifs d'un hôpital de Londres. « Docteure Jane » s'est immédiatement rendue à Londres mais, puisqu'elle n'était pas de la famille officielle, on n'a rien voulu lui dire sauf... un petit détail qui a échappé au personnel médical et qui nous a bouleversés. Dès sa première rencontre avec Alistair, Jane l'avait adopté : Alistair est vraiment comme un petit frère d'Alexander ; c'est ce que j'avais perçu dans sa correspondance... Alistair fait partie de notre petite famille d'êtres chers. Il me manque. Nous avons su, début janvier, que son père est venu le chercher à l'hôpital mais nous sommes depuis sans nouvelle. Je continue de lui écrire, en espérant recevoir bientôt une réponse...

L'autre Britannique, lecteur de ce blogue, n'a pas connu Alexander personnellement ; Alexander ne savait pas qui il est mais lui sait très bien qui est Alexander : il l'a aperçu quelques fois à Londres et il le trouvait très beau, toujours très élégant avec une pointe d'excentricité. Alexandre (c'est son nom. En fait il s'appelle aussi Alexander mais pour ne pas me faire de peine, il signe « Alexandre ») est aussi très digne d'être un ami d'Alexander. C'est aussi un garçon extraordinaire et sa vie est un roman, à la fois merveilleux et tragique. Alexandre m'a écrit vers la fin du mois de juin pour me confirmer qu'il allait subir une opération qui nécessiterait ensuite au moins quelques semaines de convalescence et de réadaptation... Il n'avait pas envie de cette opération et surtout, il n'avait pas envie de se séparer durant tout ce temps de son ami Maurice, un grand chien très doux. Je savais que je n'aurais pas de ses nouvelles durant quelques semaines, car il n'aurait pas accès à Internet ; mais nous arrivons à la fin du mois d'août... Alexandre, vous me manquez. Donnez-moi vite de vos nouvelles.

Ces dernières semaines, d'autres inquiétudes sont venues d'Angleterre, dont je ne connais pas encore toutes les répercussions. L'encens et les bougies occupent tout un coin de mon salon et je demande plusieurs fois par jour que les anges veillent sur tous les membres de notre petite famille...

samedi 7 août 2010

« Je n'aurais pas pu dormir... »

Amour


Alexander avait une hantise : celle de la panne d'électricité ou d'internet qui nous priverait de notre principal moyen de communication. Il avait raison d'appréhender la panne car il est arrivé plusieurs fois que des orages entraînent des coupures de courant ou que, pour diverses raisons, le service Internet ne soit disponible.
Il lui est arrivé quelques fois, et même au milieu de la nuit, de sortir pour trouver un café d'où il pourrait m'envoyer un message me disant de ne pas m'inquiéter s'il ne répondait pas rapidement à mes messages parce qu' une interruption de service l'empêchait d'utiliser son ordinateur à la maison. Plusieurs fois, il m'a écrit pour me dire qu'un orage se préparait et que nous ne pourrions peut-être pas nous écrire durant quelques heures.
Bien sûr, il trépignait d'impatience s'il ne pouvait pas communiquer avec moi ni même recevoir mes messages. Mais il craignait surtout que je m'inquiète à son sujet si je ne recevais rien de sa part.
Je connaissais assez bien les horaires, les habitudes et les rituels d'Alexander. Et nous avions entre nous une intuition incroyable pour sentir si quelque chose n'allait pas. Très souvent il m'est arrivé de lui écrire rapidement quelques lignes pour lui demander quelque chose et, avant même que j'aie fini d'écrire mon message, le sien m'attendait. Il m'est arrivé aussi, devant un silence inhabituel, d'envoyer quelques mots à Jane qui, de sa campagne ou de la pièce à côté, selon les circonstances, communiquait avec Alexander et, dans les minutes suivantes, je recevais de Jane ou d'Alexander lui-même l'explication de ce silence...

Il est arrivé plusieurs fois qu'une panne survienne durant nos conversations. La plupart du temps cette interruption ne durait que quelques minutes, qui nous semblaient toutefois une éternité. Quelques fois, la panne durait plus longtemps et, chacun de notre côté, nous attendions impatiemment le retour du service. Le plus cruel, c'était peut-être que la panne de courant survienne au moment où, après deux heures ou plus de conversation, nous allions nous arracher difficilement l'un à l'autre en nous adressant les mots les plus doux accompagnés d'adorables petits lapins roses et autres petits anges chargés d'amour et de baisers...

Je me souviens d'un soir, d'une nuit pour lui, où l'interruption de service s'étirait. Je pouvais lui envoyer un courriel pour lui dire de ne pas s'inquiéter, que j'allais rester devant mon ordinateur un bon moment encore, mais que je voudrais qu'il ne s'impatiente pas à essayer de rétablir la communication, qu'il devrait plutôt sagement aller dormir, je savais cependant qu'il ne pourrait pas lire mon message et qu'il attendrait jusqu'à ce qu'il puisse me rassurer, me dire qu'il ne lui était rien arrivé à lui.

Ce soir-là, cette nuit-là, il avait attendu que le service Internet soit accessible. Il s'était reconnecté à MSN et je n'oublierai jamais ses premiers mots : « Je n'aurais pas pu dormir si je n'avais pas pu te dire encore que je t'aime. »

Et moi, Alexander, crois-tu que je pourrais dormir la nuit si je ne pouvais te dire plus de cent fois par jour que je t'aime. Je ne reçois plus les mots qui me disent ton amour mais, exactement treize mois après ton départ, j'ai la même certitude, cette certitude qui , il y a trois jours à peine, faisait dire à quelqu'un qui a très bien saisi la force de notre amour : « Il n'y a aucun doute au sujet de votre amour réciproque. C'est un amour si pur et si absolu ! Cet amour, je le sens si fort que je ne serais pas étonnée qu'un jour un livre vienne nous le faire partager. »

samedi 5 septembre 2009

Il me manque aussi



En relisant les premiers messages que m'envoyait Alexander, en avril 2008, je tombe sur cette image qui n'est pas exactement celle de son ami Alexander mais qui est celle, trouvée sur Internet, qui lui ressemblait le plus. Je sais que pour Alexander son choix était clair depuis le moment où il a souhaité avoir un chien ; il a lu tout ce qu'il pouvait trouver sur les chiens afin de s'assurer qu'il faisait vraiment le bon choix, mais il était si naturel que son chien soit l'un des plus célèbres emblèmes de son pays qu'il aimait tant.

En faisant abstraction de toute considération intellectuelle, comment ne pas fondre devant ce regard tendre ? J'ai fondu aussi et, depuis, je cherche à approcher tous les bouledogues anglais que je rencontre. Il n'y en a pas tellement à Montréal, mais je suis reconnaissant aux amis de ceux que je rencontre de me laisser les approcher. Même adultes, ils conservent ce regard plein de tendresse. La peau de leur tête, lâche et finement ridée, est si agréable à toucher ; le contraste de la peau du visage est si grand avec la force athlétique de sa musculation, sous une robe d'une texture lisse, fine, soyeuse.


Tous ceux que j'ai rencontrés m'ont semblé prêts à m'accepter comme ami. Ils comprennent que je les aime même s'ils sentent que celui que j'aime vraiment est loin de moi, chez Jane, une très bonne amie, heureusement, car je peux avoir de ses nouvelles très souvent. Je me demande comment Abigail, qui le voyait tous les jours, qui s'en occupait très souvent, peut supporter son éloignement. Il est vrai que nous ne supportons pas davantage l'absence de son meilleur ami.

Les mots d'Alexander qui me parlait de lui me manquent tellement aussi !


mardi 25 août 2009

Anniversaires

Il me semble que c'était hier... Il y a pourtant un an, le 25 août 2008, je venais à peine de me réveiller, j'étais en train de préparer mon petit déjeuner, quand le téléphone a sonné : c'était un fleuriste qui voulait vérifier s'il y aurait quelqu'un pour recevoir les fleurs qui m'étaient destinées. Après avoir confirmé que j'y serais, j'ai raccroché, en me demandant qui donc pouvait bien m'envoyer des fleurs. À vrai dire, je m'en doutais un peu. Mais quand, dans les minutes qui ont suivi, j'ai vu arriver toutes ces magnifiques roses, j'ai tout de suite su qu'elles étaient de lui.

J'étais si heureux ! Et j'avais si hâte qu'il rentre à la maison, après une longue journée de travail à l'urgence et quelques heures passées au chevet de sa grand-mère qu'il avait fait admettre à son hôpital et qui allait y passer quelques semaines au cours desquelles Alexander serait là, chaque jour avant ou après son travail. J'avais hâte de le remercier et, comme je savais que sa journée aurait été difficile, j'avais hâte de pouvoir lui redire combien je l'aimais et d'essayer de lui faire oublier la fatigue, l'angoisse... Je ne sais pas si j'y parvenais toujours, mais je suis sûr que ces quelques heures de conversation que nous avions pratiquement chaque jour étaient pour lui, comme pour moi, des rendez-vous d'amoureux plus importants encore que l'alimentation et le sommeil. S'il prévoyait être en retard, ne serait-ce que de cinq minutes, il trouvait le moyen de me prévenir.

Cette journée d'anniversaire, l'an dernier, aura donc été faite de joie, de moments de tendresse partagée, mais je ne peux pas m'empêcher de penser aussi combien cette journée avait été difficile pour lui ; même s'il n'en parlait pas, je sentais la fatigue, l'inquiétude, l'angoisse. Je sais qu'il aurait voulu que nous puissions célébrer mon anniversaire dans d'autres conditions. Et moi je n'aurais voulu qu'une chose : pouvoir le serrer dans mes bras et lui faire oublier toute sa peine. Cette année, il n'y aura pas de fleurs, il n'y aura pas d'anniversaire, sinon l'anniversaire de cet anniversaire. Je penserai à tout l'amour que j'ai reçu, à tout l'amour que nous avons partagé, en essayant de ne pas trop penser à tout ce que nous n'avons pas eu le temps de vivre ensemble.

Quelques jours plus tôt, Alexander m'avait envoyé de Bordeaux
une carte postale, la première qui me livrait son écriture. Il avait mis tellement d'attention, tellement d'amour dans le choix de la carte, le choix du timbre... Je savais que rien n'était laissé au hasard : le violet de l'image reprenant la couleur que j'utilisais en lui écrivant, le timbre illustrant la fondation de Québec, son écriture au stylo-plume Montblanc... Je me réjouissais d'avance de ces quelques jours qu'il allait passer à Bordeaux, en pensant au château où il irait rencontrer le châtelain, voir la vigne et acheter du vin ; il m'avait dit vouloir, si c'était possible, assister à un ballet... Mais ce séjour avait été rendu difficile par l'inquiétude que lui avait apportée dès le premier matin un appel téléphonique venu d'Angleterre ; il avait vécu cette journée dans l'attente et l'anxiété. Le soir venu, même s'il ne voulait pas m'en parler, car Alexander essayait toujours de ne pas « embêter » les autres avec ses craintes, ses préoccupations, il m'avait écrit une longue lettre pleine d'amour que j'ai relue ces derniers jours et qui, malgré tout, laissait transparaître sa détresse. La journée avait été difficile, il était inquiet, il se sentait seul dans cette belle et grande ville (où il voulait retourner avec moi) et il aurait tellement voulu que je sois là pour le serrer dans mes bras. Quand il pensait à moi, disait-il, il sentait la force et le courage remonter en lui. Oui, j'aurais voulu être là ce soir-là, et tant d'autres soirs.

De Bordeaux aussi, il avait expédié un colis qu'il avait apporté de Londres et qui m'était destiné. Le colis contenait de nombreux petits objets, absolument charmants, chacun plein de sens et exprimant tout son amour, mais il contenait surtout
un adorable petit lapin à qui Alexander avait expliqué qu'il allait faire un long voyage, traverser l'Atlantique, et qu'il serait reçu par « un gentil monsieur » qui allait l'aimer toujours et lui donner tous les jours plein de câlins. Ce petit lapin a toute une histoire qui mériterait à elle seule un billet, que j'écrirai peut-être un jour. Il évoque notamment cet autre petit lapin. Quand vint le temps de lui trouver un nom, j'ai suggéré à Alexander une liste de prénoms qui, bien entendu, devaient être des prénoms anglais. Parmi eux, il y avait celui de « James » ; immédiatement, Alexander m'a dit que mon lapin ne pouvait pas s'appeler James car c'est ainsi qu'il appelle son aspirateur. Finalement, j'ai retenu le premier prénom auquel j'ai pensé, le plus beau de tous : Alexander. Mon merveilleux amoureux était content de ce choix. J'ai relu il y a deux jours plus de deux cents pages de correspondance (pour le mois d'août 2008 seulement, sans compter les heures de conversation quotidienne) ; dans l'un de ses messages, Alexander disait qu'il était heureux que j'aie donné son prénom à notre petit lapin car ainsi, disait-il, « je serai toujours près de toi, avec toi ». Ces mots prennent aujourd'hui un sens plus dramatique que celui que j'avais voulu comprendre il y a un an. De toute façon, Alexander dort avec moi toutes les nuits et il est avec moi à chaque instant.

dimanche 26 juillet 2009

Ne me laissez pas tellement triste...


Le 10 juillet dernier, je recevais ce message dans ma boîte de courrier électronique. J'ai répondu en privé, avec plusieurs jours de retard, et je voulais reprendre ici quelques-uns des points soulevés par la fidèle lectrice. J'avais commencé un article que j'ai abandonné, la magie ayant déserté ce que je voulais dire alors.


Bonjour Alcib,
Je suis une fidèle lectrice qui ne commente que très rarement, et je vous ai déjà écrit, il y a un bon moment. Je suis très sincèrement désolée de la perte que vous vivez et je ressens votre peine. Vous avez, une fois de plus, écrit un très beau texte aujourd'hui, un hommage si touchant que vous nous faites comprendre un peu mieux qui était cet homme que vous aimiez tant et qui vous aimait lui aussi.
Le net crée des liens surprenants par leurs diversités mais aussi par leur force et leur authenticité. Je trouve merveilleux que la vie vous ait donné, à tous les deux, de vivre ensemble, bien que physiquement éloignés, la dernière année de sa trop courte vie. Je suis très triste de la déchirure et de la peine qui sont les vôtres aujourd'hui, mais je suis certaine qu'Alexander aura enrichi et pour toujours votre propre vie qui me semble avoir connu sa bonne part de difficultés (du moins, c'est que je perçois parfois à vous lire, bien que vous soyez d'une grande discrétion en ce qui vous concerne personnellement).
Je pense que vous avez raison d'associer le passage d'Alexander dans votre vie à celle du Petit Prince, c'est une analogie qui me semble tellement bien lui convenir si je me fie à ce que vous écrivez sur lui. J'espère que, comme aujourd'hui, vous continuerez à nous parler de lui, selon le rythme, la fréquence et le contenu que vous déciderez. J'ai l'impression que vous auriez voulu nous en dire beaucoup plus sur lui avant, mais que vous vous reteniez pour ne pas le rendre mal à l'aise. Les personnes les plus extraordinaires sont souvent les plus humbles et il faut faire attention à leur laisser leur marge de manoeuvre et leur espace et les entourer de la discrétion et de la simplicité qu'ils souhaitent. C'est en tous les cas ce qui me semble que vous avez si bien réussi.
Je suis pour ma part persuadée qu'Alexander sera toujours là pour vous. Soyez attentif aux détails, je pense qu'il vous fera parfois signe. N'avez-vous pas écrit, aujourd'hui, que le hasard n'existe pas au sujet de la chanson « Candle in the Wind » que vous avez entendue la nuit dernière ?
Il me reste à vous dire de prendre grand soin de vous, c'est ce qu'il voudrait, n'est-ce pas ? Soyez patient avec vous-même, avec votre peine, écoutez vos besoins, votre désir d'être soit entouré ou, au contraire, de vous retirer dans vos « terres ». Et puis, offrez-vous des petites douceurs, ce qui peut vous faire plaisir, comme une promenade tranquille, un bon bain chaud, offrez-vous quelques fleurs ou un livre. Je sais, cela peut vous paraître inutile et superficiel ce que je vous dis-là, mais cela ne l'est pas.
Traitez-vous avec la même douceur, patience et attention que si vous vous occupiez d'un très grand ami qui connaîtrait ce genre de deuil et de peine. Soyez ce grand ami pour vous. Je vous souhaite bonne chance et je vous porte dans mes pensées.
Au très grand plaisir de vous lire encore longtemps,
X Yz
(lectrice)


C'est très vrai que j'aurais eu envie toujours de parler d'Alexander car c'est l'un des plaisirs qui se rapproche le plus du bonheur de parler à Alexander. Et Alexander illustrait si bien cette observation que « les personnes extraordinaires sont souvent les plus simples ». Lorsqu'il m'arrivait de lui dire à quel point il était extraordinaire, il répondait toujours : « Je ne suis que moi, très ordinaire ». Selon son point de vue, il avait raison : il était si simple et spontané dans tout ce qu'il faisait qu'à ses yeux il ne faisait rien d'extraordinaire ; mais sa façon de voir les choses, d'être attentif aux autres, attentionné et généreux, l'amour qu'il avait pour tout ce qui est vivant s'ajoutant à l'amour des mots, des livres, de l'écriture et au respect pour tout ce que la culture et les traditions peuvent offrir de meilleur, l'aptitude à jouer de la musique, à soigner des malades, à confectionner tant de jolies choses, son amour de la moto comme celui de la nature, son intérêt pour les sports exigeants comme le polo et le rugby, sa capacité d'être à l'aise dans les grandes maisons comme dans le métro et dans une salle d'urgence, cet agencement unique de qualités, d'intérêts et d'aptitudes en faisait un être exceptionnel. Simple et discret, certes, mais d'une personnalité si riche et complexe qu'il est impossible de le cerner en quelques mots. Toujours le même, jamais déroutant, mais doté d'une créativité si grande qu'il ne cessait d'inventer des moyens de faire plaisir à ceux qu'il aimait. Vous avez aussi raison de dire qu'il « faut faire attention à leur laisser leur marge de manoeuvre et leur espace et les entourer de la discrétion et de la simplicité qu'ils souhaitent ». Je crois que, malgré toute l'admiration que je lui porte, j'ai su respecter sa discrétion. Il ne voulait pas de mon admiration ; il ne voulait que mon amour : Dieu sait qu'il l'avait... et qu'il l'aura toujours !

« Le net crée des liens surprenants par leurs diversités mais aussi par leur force et leur authenticité. » Après tout ce que les amis et moi avons écrit à ce sujet ces dernières années, s'il y a encore des gens qui en doutent, c'est... qu'ils ne nous lisent pas. Force et authenticité, voilà bien deux mots qui caractérisent Alexander aussi bien que les relations qu'il savait entretenir avec un certain nombre de personnes élues.


« Je trouve merveilleux que la vie vous ait donné, à tous les deux, de vivre ensemble, bien que physiquement éloignés, la dernière année de sa trop courte vie. » Je suis tellement conscient de ce privilège de m'être trouvé sur le chemin d'Alexander et d'avoir pu faire la route avec lui ces quinze derniers mois ! Si la douleur est si atroce en ce moment, c'est que je mesure justement l'ampleur de la perte, l'immensité de ce qui, avec lui, devenait possible et qui ne sera plus. L'avenir sans lui sera forcément différent mais, heureusement, personne ne peut nous enlever ce que nous avons vécu, tout ce qu'ensemble nous avons découvert et partagé.


Éphéméride du 26 juillet :
- Naissance, en 1856, de l'écrivain George Bernard Shaw
- Naissance, en 1888, de l'écrivain Marcel Jouhandeau
- Naissance, en 1894, de l'écrivain Aldous Huxley.

Le 26 juillet 1958, Charles Philip Arthur George, dit Charles d'Angleterre est fait prince de Galles.

Alexander était on ne peut plus patriotique. Il adorait son pays et, chaque fois qu'il devait s'en absenter, il apportait avec lui un peu de terre provenant du sol anglais. Il aimait beaucoup le prince Charles et il souhaitait qu'il soit couronné roi d'Angleterre le plus tôt possible, tout en étant conscient que sa mère, qu'il aimait moins, n'abdiquerait jamais. Je trouve dommage qu'Alexander n'ait pas pu vivre assez longtemps pour voir Charles régner sur l'Angleterre et sur le Royaume-Uni ; il en aurait été fier et heureux.
Le 14 novembre dernier, nous avons eu, Alexander et moi, une conversation qui, moi, m'a amusé et qui, sur le moment, a dû laisser Alexander un peu perplexe. C'est à la suite de telles conversations qu'il pouvait dire à son entourage : « Alcib devine tout, il comprend tout ! » Ce dont je suis le plus fier, cependant, c'est de l'aimer, lui, et d'en avoir été aimé à ce point.

lundi 25 mai 2009

Le pouvoir des mots

L'Écoute, Henri de Miller
L'image vient d'
ici

Samedi midi, j'écrivais à mon amoureux qu'il m'arrive par moments de faire des listes de mots. Et si j'en parlais samedi dernier, c'est que j'ai repris cette activité au cours des derniers jours. Je m'y adonne entre deux activités plus importantes ou quand j'ai du mal à me concentrer sur autre chose. J'ai souvent, depuis plusieurs années, fait ce genre listes à la plume ou au stylo dans des carnets que je conserve ; plus récemment, je les rédige à l'ordinateur. Qu'il s'agisse du vocabulaire spécialisé touchant des domaines qui m'intéressent ou simplement d'un lexique qui pourrait servir de base à une réflexion sur un sujet précis, comme un maçon qui réunirait ses pierres avant d'entreprendre un ouvrage, mes listes peuvent être courtes ou, au contraire, s'allonger presque indéfiniment. J'aime le papier, j'aime les carnets, les plumes, l'encre de diverses couleurs ; c'est un plaisir pour les sens tout autant que pour l'intellect... Toutefois, puisque, depuis une quinzaine d'années, j'ai pratiquement toujours eu besoin de l'ordinateur, j'ai plutôt tendance à utiliser maintenant le traitement de texte ou un chiffrier pour dresser mes listes ; c'est moins beau, moins sensuel, mais drôlement pratique...

En lui révélant samedi que je m'adonnais ce jour-là à cette activité somme toute banale mais tout de même pas très répandue, je savais qu'il ne me traiterait pas de cinglé. Sa réponse a tout de même été beaucoup plus émouvante que celle que j'aurais pu attendre. Je lui disais, notammement, que chaque mot que j'écrivais, machinalement, sans effort intellectuel, évoquait pour moi une image, un moment de ma vie, un endroit précis, un souvenir, une émotion, un lieu, une ville, un pays, le jour, la nuit, la ville ou la campagne, etc. Le mot « balai », par exemple, pourrait me rappeler qu'il serait temps de nettoyer l'appartement, mais il peut aussi bien me faire penser à la queue des oiseaux, au bout de la queue des chiens ou encore m'entraîner dans les nuages à la suite de Harry Potter. Sans m'attarder à aucun mot en particulier, c'est donc une séquence sans fin d'images qui défilent dans ma tête...

En parlant de listes à mon amoureux, je savais que je serais compris. Depuis qu'il est enfant, ce garçon fait des listes de mots, de phrases qu'il aime, aussi bien en français qu'en anglais. Ses lectures et ses recherches l'ont amené à établir des carnets spécialisés... Je pourrais vous en parler longuement, mais comme il s'agit non pas de mes propres des carnets mais de ceux de mon amoureux, je ne dévoilerai pas ses secrets. Ce qu'il importe de savoir, c'est que je ne suis pas seul à faire des listes, particulièrement des listes de mots. Et les mots auront toujours pour nous une très grande importance car ils ont joué pour chacun de nous et ils continuent de jouer entre nous un rôle immense.

Dimanche soir, en mettant fin à notre longue conversation, mon amoureux a souligné que nous avions parlé de choses tistes. C'est vrai : nous avons évoqué des souvenirs d'enfance et d'adolescence, des souvenirs douloureux, certes, mais nous en avons parlé sans complaisance. Si ces souvenirs sont venus spontanément dans la conversation, c'est qu'il restait en chacun de nous, pour des raisons différentes, des blessures pas tout à fait guéries, des séquelles d'événements douloureux dont nous n'avions pas entièrement fait le deuil. À l'époque où, pour l'un comme pour l'autre, ces événements sont survenus, nous n'avions pas pu en parler assez librement pour apaiser la douleur, pour cicatriser la plaie. Par la suite, un peu pour les mêmes raisons, nous n'avons probablement pas senti de la part des confidents potentiels une capacité d'écoute assez grande. Nous n'avons pas osé dire ce qui nous avait fait mal, gardant secrets depuis tout ce temps l'événement et la douleur qu'il a causé. Il était pourtant important d'en parler et nous l'avons fait simplement dimanche soir, sans avoir l'impression ni l'un ni l'autre d'être en thérapie. Ce qui m'a fait penser que le deuil de ces événements n'avait pas été fait plus tôt car nous n'avions pas su trouver les mots pour en exprimer la douleur ou parce que nous n'avions pas rencontré encore la personne à qui nous pourrions la confier. En somme, la blessure n'avait pas été complètement guérie parce qu'elle n'avait pas été mise en mots.

mercredi 6 mai 2009

Un objet en voie de disparition ?


Le 6 mai 1840, les postes britanniques émettent, officiellement, le premier timbre postal adhésif à l'effigie de la reine Victoria, le Penny Black. Ce timbre-poste constituait alors un point tournant dans le système postal britannique : pour la première fois, c'était l'expéditeur qui payait les frais postaux plutôt que le destinataire. Le premier timbre-poste français sera émis le premier janvier 1849.

Je ne connais pas beaucoup les timbres britanniques, mais j'ai reçu, durant des années, tellement de lettres et de cartes postales d'amis français que j'ai pu apprécier la diversité et la beauté de timbres français

Je connais quelques romantiques qui accorderont toujours beaucoup d'importance aux lettres écrites à la plume sur du papier choisi avec soin, ainsi qu'aux beaux timbres à coller sur l'enveloppe. Mais, avec l'usage grandissant des communications par Internet, le timbre-poste est-il en voie de disparaître ? Qu'en pensez-vous ?

vendredi 9 janvier 2009

Panne de courant


Je suis désolé d'être aussi silencieux. J'ai commencé à rédiger certains billets que je n'ai pas terminés, par exemple. Ce silence a plusieurs causes. Il peut s'expliquer par du travail, un peu de fatigue, du stress, quelques préoccupations, quelques bouleversements, des choses qui bougent et d'autres qui ne bougent pas assez...

Puis, ces derniers temps, j'ai passé plus de temps à essayer de faire fonctionner mon ordinateur qu'à m'en servir utilement ou agréablement. Il m'arrivait de commencer quelque chose et, après avoir rencontré quelques difficultés, de ne pas me souvenir de ce que j'étais en train de faire. Il est possible que l'ordinateur ait été infecté ; j'ai testé trois antivirus différents : chacun d'eux me disait avoir identifié des menaces qui en principe devaient être éliminées, mais si certains problèmes ont disparu d'autres que j'avais réglés il y a quelques jours sont revenus. Hier, j'avais des pages Web qui s'affichaient à un rythme si rapide que je n'arrivais pas à les fermer. La mémoire vive devenait vite saturée et je ne pouvais même plus rien faire, pas même fermer l'ordinateur de la bonne façon.

J'ai passé aussi plusieurs jours à essayer de régler d'autres problèmes pratiques. Il m'aura fallu par exemple des semaines de suivi régulier et de relances pour finalement me faire payer, aujourd'hui même, pour du travail effectué en octobre dernier. Les personnes à qui je parlais me semblaient toujours de bonne foi, mais dès que j'avais raccroché le téléphone, on m'oubliait. Comme on me devait environ 25 % de mon revenu annuel, il devenait important que je sois payé. On ne peut pas vraiment dire à un client qu'il n'y a plus rien dans le réfrigérateur depuis longtemps, mais j'ai su trouver les arguments pour être enfin payé. Je me demande cependant s'il y aura d'autre travail pour moi de la part de ce client car j'ai dû leur faire voir leur inefficacité et leur mauvaise foi ; les raisons qu'on me donnait pour ne pas avoir encore envoyé le chèque n'étaient pas crédibles ou démontraient un flagrant délit de mauvaise organisation. Je suis très bien capable de me battre lorsqu'il le faut, mais je n'aime pas toujours ça car si je ne gagne pas toujours, si on me pousse à bout, je peux faire plus de dommages qu'il en faut.

Mon amour, qui est revenu de la campagne plus tard que prévu, en a rapporté ce qu'il disait être une grippe et qui était en fait une mauvaise bronchite qui nécessitait l'hospitalisation. Il y a toujours bien sûr une inquiétude liée à l'hospitalisation, à la fièvre qu'il faut réussir à faire tomber. Comme je ne savais pas la gravité de la situation, mon inquiétude était raisonnable. Cependant, nous n'avons pas eu beaucoup le temps de nous parler entre son retour à la maison et son hospitalisation. Quand il était à la campagne, il pouvait m'écrire quatre ou cinq fois par jour, mais de l'hôpital, ce n'est pas possible. Il me manque.

Pour faire exprès, Docteur Jane ne pouvait pas non plus communiquer avec moi pour me donner des nouvelles. Son service de messagerie Hotmail était en panne depuis la veille de Noël et, sur un ordinateur ou sur un autre, le résultat était toujours le même : un message disait que Hotmail avait rencontré un problème et devait fermer, ou quelque chose du genre. Elle ne pouvait donc pas lire mes messages ni m'en envoyer. Cette fois-ci, c'est mon amour qui me donnait de ses nouvelles car ils se parlaient régulièrement au téléphone.

J'appréhendais donc les prochains jours avec anxiété, sans nouvelles de l'état de santé de celui que j'aime et, pour faire exprès, c'est la pleine lune ces jours-ci et, pour illustrer comment je me sens en ce moment, je reprendrai ces mots qui me trottent dans la tête depuis plusieurs heures, ces mots de l'écrivain Henri Calet, que citait Alexander le 23 avril dernier : « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes. » Ne me demandez pas pourquoi ces larmes, je ne le sais pas exactement

Ces mots que citait Alexander en commentaire à ce billet, je les ai retrouvés en effectuant une recherche sur Internet afin de trouver une image pour illustrer ce billet ; la recherche m'a fait aboutir... sur mon propre blogue. Cela m'a fait penser à ce que raconte Julien Green dans un volume de son Journal : cherchant dans le dictionnaire un mot dont il veut vérifier le sens, il trouve le mot et, sous ce mot, une citation de... Julien Green. Cela m'arrive aussi, mais je ne suis pas Julien Green, loin de là.

Puis, à force de vouloir quelque chose, elle finit parfois par arriver : je ne pouvais me résigner à dormir sans avoir reçu de nouvelles de mon amour ; or, juste avant de m'endormir, j'ai reçu de Docteur Jane, qui ne pouvait ni lire mes messages ni m'en envoyer depuis la veille de Noël, un message qui m'a fait beaucoup de bien ; il me donnait des nouvelles qui, sans être nécessairement très bonnes, étaient tout de même plus rassurantes que le silence ; puis, il signifiait la reprise des communications entre nous, interrompues par une panne informatique il y a plus de deux semaines. Merci encore, Docteur Jane.

mardi 2 décembre 2008

La réponse est « oui » !

J'ai peur dans le noir
J'ai les pieds froids
Je me tourne et me retourne
Je parle dans mon sommeil

(Pourrais-je dormir avec toi ?)
Traduction libre : Alcib

Dans ma boîte aux lettres, hier, il y avait cette carte avec un ourson, dont j'aime beaucoup la question. La réponse est « Oui », bien entendu. Surtout qu'au verso de la carte il a bien ajouté de sa main qu'il « promet de ne pas être sage du tout ».

lundi 20 octobre 2008

Errances

Pendant que je dois écrire des textes, rédiger des allocutions que je prononcerai demain lors de remise de prix, et courir partout en me gelant les doigts, des amis proches mais que, bien que voisins, je ne vois pas si souvent, sont en Europe jusqu'à la fin du mois de novembre. Hier à Wroclaw, ce soir à Rome, en Italie pour un moment...