mardi 13 novembre 2007

Tout est dépeuplé

Rodin, La cathédrale

« Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. »
Alphonse de Lamartine

Parfois, j'aimerais simplement connaître le nom de cet absent.

lundi 12 novembre 2007

L'Airbus A380 dans mon ciel

L'image vient d'ici

À Montréal, aujourd'hui, dans la rue, dans les médias, sur les blogues, on ne parlait plus que de lui. Les yeux de centaines de milliers de Québécois étaient rivés sur l'écran de leur téléviseur. D'autres, voulant le voir de plus près, s'étaient rendus sur le chemin Saint-François près de l'aéroport de Montréal-Dorval alors que bien des Montréalais sont tout simplement sortis sur leurs balcons puis dans la rue, à la poursuite photographique du géant.

Alors que le Réseau de l'information de Radio-Canada avait annoncé que le géant survolerait Montréal quelques minutes après midi, je l'ai vu tout à fait par hasard, un peu plus tôt que prévu, en levant les yeux vers la grande fenêtre du salon qui me permet de voir assez loin vers l'Est. Le ciel était serein (je parle de celui de l'extérieur) ; pas tout à fait aussi bleu qu'il était ce matin, mais pas encore assez nuageux pour m'empêcher de voir le gros oiseau planer en silence sur Montréal en direction de l'aéroport où il était attendu.

Vers la fin de l'après-midi, alors que j'étais sorti faire une course rue Sainte-Catherine, j'ai croisé des Français très élégants, du genre de ceux qui doivent circuler normalement sur les Champs-Élysées, dans les environs du Fouquet's ; à les écouter parler, je me suis vite rendu compte qu'il s'agissait de distingués invités d'Airbus ou d'Air France qui avaient eu la chance d'effectuer la traversée à bord de l'Airbus A380.

Les Européens, les Français en particulier, ont raison d'être fiers de cette nouvelle réalisation. Le cocorico de certains Gaulois ressemble aux cris des amateurs de sport (« On est les champions ! ») qui croient que s'il y a quelque part une réussite il y a forcément des perdants (ceux qui ne sont pas associés au succès du jour) ; cette puérile compétition ne doit pas nous empêcher de célébrer avec eux cette réussite dans le domaine de l'aéronautique. Mais s'il s'agit d'agiter des drapeaux, prenons la peine de mentionner que les Québécois sont associés à cette réussite. En effet, trois entreprises ont participé à la construction de ce nouveau géant des airs : le train d'atterrissage a été conçu à Mirabel par l'entreprise Messier-Dowty ; tout le groupe auxiliaire qui sert au démarrage des moteurs et à l'alimentation du système de conditionnement de l'air a été réalisé chez Pratt & Whitney de Longueuil ; et, enfin, la CAE Electronics a fourni les simulateurs de vols et tout le matériel qui serviront à la formation des pilotes d'Airbus.

Image de l'atterrissage à Montréal
prise de la caméra dans la queue de l'avion
vue de l'écran du siège d'un passager


vendredi 9 novembre 2007

Zone de turbulence

L'image vient d'ici


Je traverse présentement une zone de turbulence.
Je garde ma ceinture attachée (il est souvent bon d'être attaché à quelque chose ; on fait ce que l'on peut avec ce que l'on a).

mercredi 7 novembre 2007

Suivre sa pente...

La Monnaie de Paris : Colombes d'Hadrien

« ... À chacun sa pente : à chacun aussi son but, son ambition si l'on veut, son goût le plus secret et son plus clair idéal. Le mien était enfermé dans ce mot de beauté, si difficile à définir en dépit de toutes les évidences des sens et des yeux. Je me sentais responsable de la beauté du monde... »

« ... Pour moi, je comprenais mal qu'on quittât volontairement un monde qui me paraissait beau, qu'on n'épuisât pas jusqu'au bout, en dépit de tous les maux, la dernière possibilité de pensée, de contact, et même de regard. J'ai bien changé depuis. »

lundi 22 octobre 2007

La mauvaise note

Une petite fille de 9 ans demande à sa mère :
« Maman, quel âge as-tu ?
— On ne demande pas son âge à une femme, ma chérie, lui répond sa mère.
— Combien tu mesures, maman ?
— Cela n'est pas important ma chérie, reprend la mère.
— Maman, pourquoi avez-vous divorcé, toi et papa ? poursuit la petite fille.
— Cela ne te regarde pas, ma chérie », dit la mère en mettant fin à la discussion.

La petite fille demanda à sa meilleure copine pourquoi les adultes ne parlent pas de ces choses-là. Sa copine lui répondit : « C'est vraiment simple, toutes les réponses à nos questions se trouvent leur carte d'identité. »

Le lendemain la petite fille fouille dans le sac à mains de sa mère et trouve sa carte d'identité. Elle est ravie de voir que son amie disait vrai : les réponses à ses questions sont inscrites sur la carte d'identité. Elle court alors voir sa mère et lui dit :
« Maman, je sais ton âge.
— Ah oui ? Et j'ai quel âge ?
— 36 ans. Et je sais combien tu mesures.
— Ah oui ? Combien ?
— 1 mètre 71. Et je sais aussi pourquoi toi et papa avez divorcé.
— Et bien cela m'étonnerait fort !
— Tu as eu un F en sexe... et çà, ce n'est vraiment pas une bonne note !



Si l'on devait évaluer les diverses dimensions de ma vie, ces derniers mois, je n'obtiendrais pas mieux qu'un « F » en matière de vie sexuelle, pas davantage pour la qualité de vie. Sur le plan professionnel, les nouvelles sont plutôt bonnes : j'ai obtenu des mandats intéressants, j'ai eu des clients satisfaits au point de me confier un nouveau mandat immédiatement après la réalisation du premier ; le plan d'affaires qui m'avait donné tant de mal a reçu un accueil favorable ; on m'a fait des propositions d'affaires qui sont encore à l'étape de la négociation ; bref, il semble que mes compétences soient reconnues et en demande, et cela, sans que j'aie encore commencé à faire de la promotion.

Tout n'est pas rose, cependant : sur le plan personnel, quelques événements sont venus ébranler mon bel optimisme. Je ne veux pas entrer dans les détails ici et l'une des raisons à cela, c'est que je ne sais pas moi-même ce que je pourrais en dire. L'une des grandes inquiétudes du moment concerne la santé et je dois me rendre à cette évidence : si ces inquiétudes peuvent s'estomper au cours des prochains mois, c'est qu'elles seront peu à peu remplacées par des actions qui, si elles ne règlent pas les problèmes, pourraient contribuer à en atténuer les conséquences.

Ces dernières semaines, j'ai plusieurs fois été tenté de mettre fin à ce blogue ; il ne s'agissait pas vraiment d'une intention, d'une décision à prendre, mais plutôt d'une absence de motivation à continuer, là comme ailleurs. Il me semble pourtant nécessaire, avant de tourner la dernière page et de fermer le livre, de faire un bilan, une forme de conclusion ; et cela, je ne suis pas en mesure de le faire maintenant. Laissons du temps au temps ; la conclusion s'imposera peut-être d'elle-même...

lundi 15 octobre 2007

Les fous du volant

L'idée de Laurent et de son complice Olivier est plutôt séduisante : chaque mois, le même jour, à la même heure, les blogueurs qui le souhaitent peuvent écrire sur un sujet commun. Ce mois-ci sur le sujet « Les fous du volant » m'accompagnent : Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigénia, Julien, Isabelle, Christophe, Hibiscus, Fred, Anne, Hpy, Joël, Chantal, Loïc & Hyun-Jung, Marie, Looange, V à l'ouest et Froggie. Allez lire leur point de vue ! Soyez indulgent avec les éventuelles erreurs de synchronisation dues aux décalages horaires.

Voilà donc un sujet que j'ai souvent été tenté d'aborder dans ce blogue et auquel j'ai renoncé à chaque fois pour la simple raison qu'il risquait de faire augmenter ma pression artérielle... J'habite le centre-ville de Montréal et, le plus souvent possible, je circule à pied ; par conséquent, j'en aurais long à dire sur le comportement des automobilistes en milieu urbain... Je ne crois pas, cependant, que ce sera aujourd'hui que j'entreprendrai de faire le procès des conducteurs âgés qui conduisent de vieilles voitures et pour qui les piétons sont des nuisances publiques, ni celui des jeunes trentenaires qui, au volant de leurs bolides, considèrent plutôt les piétons comme des balises mobiles qu'il s'agit d'éviter de renverser en s'amusant à les effrayer...

Il y aurait beaucoup à dire aussi sur le comportement des cyclistes. Chez eux comme chez les automobilistes, les mieux équipés sont les plus téméraires et, par conséquent, les plus dangereux pour les autres, pour les piétions, surtout.

Certains cyclistes sont même atteints de l'épidémie qui frappe bon nombre de nos contemporains, qu'ils soient piétons, automobilistes ou cyclistes : ils ont le téléphone vissé à l'oreille (et ce n'est même plus une image). Si la vitesse et l'alcool sont souvent la cause d'accidents mortels, le téléphone est en train de prendre une place de plus en plus importante dans les causes d'accidents. Quand je vois un automobiliste, homme ou femme, tenir à l'oreille un téléphone en conduisant, je ne peux m'empêcher de penser au risque qu'il représente pour les piétons, pour les cyclistes, pour les autres automobilistes et pour lui-même ; si les lois ne font pas de l'utilisation du téléphone au volant une infraction majeure, je considère les utilisateurs comme des dangers publics. J'ai plusieurs fois failli me faire frapper par l'un de ces abrutis et j'espère n'être jamais témoin d'un accident majeur causé par l'utilisation du téléphone.

Il y a quelques jours, un événement rapporté par le Journal de Québec illustrait bien selon moi la bêtise de ces intoxiqués du téléphone ; jugez-en par vous même :

Distraction électrisante

Un camionneur fauche des fils

Le Journal de Québec
11/10/2007 09h24

Un conducteur d'un camion dix roues qui roulait avec sa benne relevée a causé tout un émoi hier matin au Saguenay après avoir accroché des fils électriques transportant entre 14 000 et 25 000 volts chacun.

Le camion a poursuivi sa route après avoir accroché les premiers fils sur la rue René-Bergeron dans l'arrondissement Chicoutimi-Nord vers 11h10. Deux poteaux d'Hydro-Québec sont tombés sur des véhicules qui se trouvaient à proximité. Heureusement, les écoliers qui débarquent de l'autobus scolaire à cet endroit précis n'étaient pas encore revenus à la maison pour l'heure du dîner.

Selon des témoins, le camionneur parlait au téléphone cellulaire lorsqu'il a accroché les fils électriques transportant entre 14 000 et 25 000 volts avec son camion.

Ce n'est qu'en entendant le fort bruit provoqué par l'explosion d'un transformateur que le camionneur s'est aperçu de sa bévue. Appelés sur les lieux, les pompiers de Saguenay ont dû sortir le camionneur de sa fâcheuse position. L'homme a été conduit à l'hôpital de Chicoutimi pour un violent choc nerveux.

Deux voitures

«J'étais dans la maison lorsque j'ai entendu un grand bruit. Je suis sorti et j'ai vu que les fils avaient soulevé ma camionnette qui est retombée sur ma voiture», a expliqué Eric Proulx dont les deux véhicules stationnés dans son entrée ont été endommagés.

Rapidement il s'est dirigé vers le devant du camion afin d'aviser son conducteur de demeurer à l'intérieur de son poids lourd jusqu'à l'arrivée des secours.

«Les dommages sont considérables. Deux poteaux sont tombés sur quatre véhicules. Nous devions nous assurer que le courant était bel et bien coupé avant de faire sortir le camionneur de son véhicule», a expliqué, Miguel Gagnon des pompiers de Saguenay.

Une centaine d'abonnés ont été privés de courant pendant une bonne partie de la journée. Les équipes d'Hydro-Québec ont corrigé la situation aux alentours de 18h00 hier.


Je me demande simplement s'il faudra aux autres autant de dommages et un choc nerveux pour que leur deuxième neurone se mette à fonctionner pour leur faire comprendre qu'un volant et un téléphone sont incompatibles.

Ajout. Autre nouvelle du jour sur Canoe :

Montréal - Vingt-et-un piétons tués depuis le début 2007
Montréal
Vingt-et-un piétons tués depuis le début 2007

Mise à jour : 15/10/2007 09h41

Octobre est le mois du piéton au Québec et l'occasion est belle pour les autorités de rappeler aux citoyens délinquants de respecter les règles de sécurité à respecter dans les rues de la province.

Plusieurs piétons imprudents n'hésitent pas à traverser la rue à n'importe quel endroit, où il n'y a ni intersection ni passage piétonnier. Certains d'entre eux ne regardent même pas des deux côtés avant de s'engager dans la rue.

Depuis le début de l'année, au moins 21 piétons sont morts à Montréal et au moins 80 autres ont été blessés grièvement. Environ 10 piétons sont victimes d'un accident de la route chaque jour au Québec.