samedi 27 mars 2010

Une heure pour la Terre

Ce soir, à 20 h 30, heure de Montréal, j'éteindrai toutes les lumières, me joignant ainsi à des millions d'autres personnes et organisations dans le monde. Il y aura quelques bougies, comme tous les soirs d'ailleurs, pour m'éclairer. Notre Lune sera là et les étoiles souriront dans le ciel.


Agence France-Presse
Sydney

Des centaines d'édifices prestigieux, de la Tour Eiffel à la Cité interdite, seront plongés samedi dans le noir pour l'opération « Une heure pour la planète » (Earth Hour) destinée à promouvoir la lutte contre le dérèglement climatique.

Cette quatrième édition, trois mois après l'échec du sommet sur le climat de Copenhague, promet d'être la plus suivie avec 125 pays participants contre 88 l'an dernier, selon les organisateurs.

« L'accueil réservé à Earth Hour a été immense. Le taux de réponses est bien supérieur à l'an dernier », s'est félicité le fondateur du mouvement, Andy Ridley. « L'opération Earh Hour est censée dépasser les frontières géographiques et économiques », a-t-il ajouté.

Le mouvement est né à Sydney en 2007 lorsque 2,2 millions de personnes avaient plongé la ville dans le noir pendant une heure afin de sensibiliser l'opinion à la consommation excessive d'électricité et à la pollution au dioxyde de carbone.

Cette opération, organisée à l'initiative du Fonds mondial pour la nature (WWF), a pris une dimension mondiale en 2008.

Samedi, plus de 1200 bâtiments à travers le monde ont prévu d'éteindre leurs éclairages à 20h30 locales.

Des groupes multinationaux comme Google, Coca Cola, Hilton, McDonalds, Canon, HSBC et IKEA se sont associés à l'événement.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a estimé que l'opération était « à la fois un avertissement et une lueur d'espoir ».

« Le changement climatique est un sujet d'inquiétude pour chacun d'entre nous. Les solutions sont entre nos mains et sont prêtes à être appliquées par les individus, les communautés, les entreprises et les gouvernements à travers le monde », a-t-il dit.

Privilège du décalage horaire, Sydney aura les honneurs du premier « black out » avec l'extinction de l'Opéra. D'autres monuments prestigieux suivront: les Pyramides et le Sphinx en Egypte, la Fontaine de Trevi et la Tour de Pise en Italie ou encore la Tour Eiffel à Paris.

A Pékin, la Cité interdite et le «Nid d'oiseau» emblématique - stade des jeux Olympiques de Pékin en 2008 - seront également plongés dans l'obscurité. Ces extinctions des feux revêtiront un aspect particulièrement symbolique dans ce pays à la croissance économique fulgurante mais qui s'est aussi arrogé le titre de plus gros pollueur de la planète.

Au Japon, le Mémorial de la paix d'Hiroshima participera à l'opération tandis que les groupes Sony, Sharp et Asahi couperont leurs éclairages à Tokyo.

A Londres, Big Ben, le Parlement, la cathédrale Saint-Paul seront plongés dans le noir.

Les projecteurs qui éclairent l'immense statue du Christ à Rio de Janeiro seront éteints tandis que les principaux bâtiments de Mexico plangeront dans l'obscurité.

Aux Etats-Unis, de célèbres sites et monuments comme le Mont Rushmore, l'Empire State Building et le Golden Gate Bridge disparaîtront dans l'obscurité.

Enfin à Dubai, Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde culminant à 828m, sera également dans le noir.

En décembre, la conférence de Copenhague, sous l'égide de l'ONU, avait débouché sur un accord a minima conclu par moins de trente pays sur les 192 présents.

L'accord fixe comme objectif de limiter à deux degrés la hausse moyenne de la température de la planète, mais reste très évasif sur les moyens d'y parvenir, ne donnant aucun objectif chiffré à court terme (2020) ou moyen terme (2050).

Les grands pays en développement, dont la Chine et l'Inde, s'arc-boutent contre toute tentative de leur faire accepter des contraintes. Ils considèrent en outre que les objectifs de réduction annoncés par les pays industrialisés sont encore loin du compte.

Ajout, 21 h 30 : Je suis sorti marcher un peu dans le quartier durant cette période de 60 minutes. Je voulais voir si, autour de moi, on avait été sensible à l'invitation ; je dois dire que je ne suis pas très fier. Les fenêtres qui, dans les rues voisines, n'étaient pas éclairées signalaient très sûrement l'absence des occupants de l'appartement plutôt que la conscience d'une grande manifestation pour la Terre. Du haut de son étoile, Alexander avait une meilleure vue d'ensemble que moi. Si j'ai vu son étoile sourire, ce n'est sans doute pas parce qu'il était fier du mouvement de solidarité planétaire ; c'est plutôt parce qu'il savait que je la regardais et que, comme toujours, j'attendais ses baisers. Notre Lune est très belle ; elle sera bientôt complètement ronde, je crois...

6 commentaires:

V à l'Ouest a dit…

Je suis quelqu'un qui se tient relativement bien informé (radio + un peu la presse papier et internet): je n'ai jamais entendu parler de cette action...

Alcib a dit…

V à l'Ouest : Ce n'est sûrement pas l'événement de l'année qui fait les grosses manchettes... L'année dernière, avec Alexander, nous avions participé aussi mais, à ma surprise, je n'ai rien trouvé sur ce blogue (je n'ai pas cherché en 2006 et 2007).
Je trouve habituellement ce genre de nouvelle aux mêmes endroit que le rappel du changement d'heure.

Erwan a dit…

Je me demandais si j'allais.. finalement j'étais au salon des vins alors c'était éteint chez moi!

Par contre j'aurais bien aimé une coupure de courant histoire de subtiliser 1 ou 2 bouteilles ;)

Alcib a dit…

Cher Erwan, tu ne perds jamais le Nord ;o)
Mais tu es tout de même raisonnable : une ou deux bouteilles ; certains en auraient pris davantage.

Kevin Zaak a dit…

Je crois que la lune était complètement ronde, ce soir. Elle semblait vouloir rebondir sur les toits.

Alcib a dit…

Kevin Zaak : Oui, tu as raison. Je l'ai longuement observée en marchant rue Sherbrooke. Je me suis justement fait cette réflexion. Surtout au-dessus de l'une des tours du Complexe Desjardins, on aurait dit un point sur un « i » qui, pour l'occasion, s'entourait de quelques voiles vaporeux.