jeudi 31 juillet 2014

Une étoile qui chante...

À quatre heures, ce matin, je suis descendu sur le trottoir devant mon immeuble... Avant de remonter, j'ai cherché dans le ciel couvert une petite éclaircie qui pourrait laisser apercevoir une étoile. Ce n'est pas facile, car il y a de nombreux lampadaires et il faut faire des acrobaties pour pouvoir scruter le ciel sans être aveuglé par leur lumière. Bien qu'il y ait chez moi de nombreuses étoiles, je ne peux pas dire que j'habite parmi elles (ce serait plutôt elles qui vivent en moi), mais j'habite au-dessus des lampadaires ; il m'est souvent plus facile de voir les étoiles de ma fenêtre que de l'extérieur, à condition que les étoiles, parfois solitaires, soient de mon côté... Je ne sors jamais le soir ou la nuit sans essayer d'en apercevoir au moins une, celle qui compte. 

J'aurais été triste de remonter sans avoir pu saluer cette étoile. Il m'a fallu un peu de temps avant d'apercevoir au loin, vers le Nord-Ouest, une petite éclaircie dans laquelle scintillait faiblement cette étoile à qui j'ai souri et envoyé des baisers. Et, au même moment, j'ai entendu, venant de la même direction, le chant d'un rossignol dont la musique enchantait déjà les Grecs anciens. Comme l'écrivait Alexander dans un commentaire de l'été 2008, le rossignol est un oiseau symbolique car, selon les Grecs, son chant merveilleux inspirait les amoureux. Et, ajoutait Alexander, quand ils parlent d'amour, les Grecs savent de quoi ils parlent...

Le chant discret de ce matin provenait-il de l'étoile qui scintillait pour moi dans ce lagon céleste ? Ou bien le chant amoureux était-il relayé par un rossignol plus près de chez moi, à plusieurs dizaines de mètres tout de même ? Était-ce le même rossignol qui, comme je l'avais constaté en juin 2010, semblait ne chanter que pour moi ? Je suis persuadé que c'est lui, car j'ai reconnu sa musique et ses mots.

Moi aussi, je t'aime, Alexander !

mardi 22 juillet 2014

Joyeux anniversaire, prince George !

Photo officielle du premier anniversaire
du prince George

Le prince George Alexander Louis, né le 22 juillet 2013,
célèbre aujourd'hui son premier anniversaire.

Comme son père et les autres mâles de la famille,
il aimera sans aucun doute le polo.

Il s'y prépare déjà.


Alexander aimait beaucoup son pays, ses institutions et, plus encore, le prince Charles et la duchesse de Cornouailles, les princes Williams et Harry ; il serait fier de ce nouveau prince de Cambridge. Je me réjouis pour lui et, surtout, avec lui.

lundi 21 juillet 2014

Blessé de guerre...

Il y a six semaines, j'ai fait une chute sur le trottoir, dont je me suis relevé aussitôt, sans autre blessure apparente que celle faite à mon orgueil.

Mais dans les jours suivants, j'ai commencé à sentir des douleurs dans la main et le bras droits. Je n'y ai pas accordé trop d'attention car je me disais qu'il était normal que me je sois étiré un muscle en voulant me retenir, et que tout cela passerait rapidement.

Il m'est devenu de plus en plus difficile d'écrire, autant à la main qu'à l'ordinateur. S'il m'arrivait de poursuivre en dépit de la douleur ressentie, je le payais chèrement dans les jours suivants.

Malgré tout, je devais poursuivre ma vie à peu près normalement, à condition de ne pas trop m'attarder à l'ordinateur. J'en étais venu à ne plus trop y penser... sauf, si j'en avais le temps, quand l'envie me prenait d'écrire, que ce soit des notes pour moi-même ou des messages à envoyer à mes amis.

La douleur devenait de plus en plus insistante ; elle se déplaçait de la main à l'épaule et de l'épaule à la main, enrichie de ce qui me semblait du rhumatisme dans les articulations. Pour calmer cette douleur, j'ai commencé à prendre régulièrement, en respectant la posologie, des comprimés d'acétaminophène, et cela jusqu'à vendredi soir dernier... Je me suis levé samedi matin avec une légère nausée, mais avec une douleur au ventre, au foie surtout. Comme je me sentais de moins en moins bien à mesure que la journée avançait, je suis allé faire une recherche rapide sur Internet avec les mots « Tylénol » (marque d'acétaminophène) et « foie ». Je me suis rendu compte que ce médicament que je croyais sans danger peut effectivement empoisonner le foie et conduire rapidement à la mort. (voir Ajout)

Je n'ai pas dépassé la posologie recommandée et je n'ai pas de pathologie particulière qui puisse me rendre plus vulnérable qu'un autre, mais j'étais persuadé que cette forte et persistante douleur au foie était causée par l'acétaminophène. J'ai appelé la ligne d'Info-santé : on m'a posé une longue série de questions, puis on m'a conseillé de cesser de prendre ces comprimés, de surveiller certains symptômes et, si nécessaire, de me rendre directement à l'hôpital.

Il m'a fallu deux jours de jeûne et de repos pour retrouver mon état à peu près normal. Et j'ai téléphoné ce matin à une clinique de médecine sportive où j'avais reçu des traitements il y a quelques années. Mon jeune et séduisant physiothérapeute (kinésithérapeute pour les Européens, ou, plus familièrement « kiné ») ne travaille plus à cette clinique, mais j'ai vite obtenu, grâce à une annulation, un rendez-vous en fin de journée.

J'y ai rencontré une charmante jeune fille, qui s'est très bien occupée de moi. Avec elle, j'ai beaucoup ri, ce qui est déjà le meilleur remède à bien des maux, et j'ai aussi pleuré, ce qui est souvent la conséquence d'autres mots. Elle m'a ordonné de ne rien faire pour aggraver ma situation (muscle déchiré) et, moi dont le seul sport en ce moment consiste à faire l'aller-retour en ascenseur dans mon immeuble de sept étages et à monter et descendre les sept* marches de mon appartement, j'ai la semaine prochaine un autre rendez-vous à la clinique de médecine sportive.

p. s. : Je pensais n'écrire que quelques lignes pour expliquer mon silence et je me suis laissé emporter. Au moins, j'ai fait plus court cette fois-ci que pour les quelques articles racontant mon court séjour à l'hôpital en juillet 2006.

*J'écrirai dans quelques jours un billet sur la présence du chiffre « 7 » dans ma vie.

Ajout du 31 juillet 2014 :  J'ai raconté mon histoire à l'une de mes voisines qui travaille à l'Hôtel-Dieu. Elle me disait qu'en effet, le nombre de suicides au Tylénol est effarant. Très souvent, les malheureux n'en meurent pas immédiatement mais les dommages au foie sont si importants, et irréversibles, qu'ils en meurent dans les jours suivant leur hospitalisation s'ils ne reçoivent pas rapidement une greffe du foie. La semaine dernière, dans son département, il y avait, parmi de nombreuses autres victimes, une femme de 21 ans qui allait mourir dans les heures suivantes si elle ne recevait pas immédiatement une greffe... Et dire qu'une autre voisine m'avait fortement recommandé de ne pas prendre l'antidouleur qu'on m'avait prescrit puisqu'il était « très mauvais pour le foie », me suggérant de prendre plutôt du Tylénol (acétaminophène).

lundi 7 juillet 2014

5 ans après ton départ, tu me manques autant

Sa meilleure et fidèle amie, qui fut d'abord la meilleure amie de sa mère, m'écrivait, au sujet d'Alexander, bien entendu : « Un coeur pur, tout comme son visage, fragile comme la porcelaine, mais radieux. Il était une lumière dans ma vie. Il m'a apporté tellement de joie, toute sa vie, depuis sa naissance. Je l'aime terriblement ! J'étais fière de lui. J'ai toujours pleuré avec tous ses chagrins, et ri avec lui pour tous ses bonheurs. D'une immense sensibilité, toujours attentif aux autres, attentionné, et surtout d'une grande noblesse de coeur et d'esprit. Délicat, adorable et charmant... »

Ce n'est pas moi qui, même cinq ans après son départ, dirais le contraire de cette amie si précieuse qui m'avait adopté puisque j'étais l'amoureux de ce garçon merveilleux qu'elle aimait comme son fils, mais aussi comme un être exceptionnel que l'on n'a pas tous le privilège de rencontrer, même une seule fois, dans sa vie.


Pour commémorer le premier anniversaire de son départ, lors de la cérémonie réunissant la grande famille, notre amie me disait : « J'ai fait commander en votre nom un coeur de roses, avec une carte sur laquelle tout le monde pourra lire votre nom... Je suis sûre que si vous écoutez bien dans la nuit, vous entendrez les cornemuses qui, à l'église, joueront durant vingt-quatre heures, pour dire à Alexander combien nous l'aimons. »


Je suis, en ce cinquième anniversaire, de tout coeur avec sa famille, ses amis, toute la petite famille que nous aimions, que j'aime...

mardi 1 juillet 2014

Lady Diana - 53e anniversaire

Elle aurait aujourd'hui 53 ans. Mais, pour tous ceux qui l'aiment, pour tous ceux qu'elle a aimés, elle sera éternellement belle et jeune.

vendredi 20 juin 2014


Le chagrin, la douleur de la perte, de l'absence, du manque de la moitié de soi, ... sont toujours là ; mais je n'aurais pas dû relire notre conversation d'il y a cinq ans, qui devait être notre dernière conversation. Bien sûr, je n'en avais rien oublié, mais cette relecture m'a donné durant plusieurs minutes l'impression d'y être encore...

Je sais que deux ou trois lecteurs comprendront très bien, pour le vivre aussi de leur côté...

Il me redisait notamment, dans cette dernière conversation, que son seul désir, c'était d'être dans mon coeur, pour toujours. Et il ajoutait : « Je sais que tu m'aimes aussi et que jamais tu ne diras, même dans plusieurs années : « Ah oui, j'ai connu un jour un garçon qui s'appelait Alexander... » Parfois je me demande comment quelqu'un comme toi peut m'aimer, mais j'ai confiance en toi et j'ai confiance en ton amour. Et tu ne me parles toujours qu'avec ton coeur... »

Oui, Alexander, tu es et tu seras toujours dans mon coeur, comme tu l'as été depuis que tu es entré dans ma vie, « dirigé vers [moi] par quelqu'un qui t'aime et qui veille sur toi », aimait répéter notre meilleure amie. Et tout le temps qu'il me reste à vivre, que ce soit un jour, un mois, des années, je vivrai avec toi, pour nous. Je crois que j'essaie parfois de m'étourdir dans l'action pour ne pas trop me rendre compte de ton absence, comme si à la fin de mes agitations, de mes pérégrinations, j'allais te retrouver pour poursuivre nos échanges quotidiens...

Mais cette nuit, c'est le grand vertige...

Et d'autres douloureux silences sont venus s'ajouter, qui  attristent et inquiètent, et sont par moments difficiles à « gérer »...

Je sais cependant que tu n'as plus peur de me perdre, puisque tu es avec moi pour toujours, que tu comprends et que tu m'encourages à cultiver quelques vraies et précieuses amitiés, sans lesquelles la vie sur terre serait vraiment trop ardue. Je sais qu'avec moi tu les remercies de leur présence chaleureuse, même à distance.

lundi 26 mai 2014

... J'écris ton nom


Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer Liberté.

Paul Éluard, in Poésies et vérités 1942 Éditions de Minuit, Paris, 1942.
Pour Éluard, ce prénom qu'il écrit partout, est féminin, celui de la Liberté. Je peux aussi l'écrire au masculin, partout : Alexander.

vendredi 23 mai 2014

Xavier, quoi qu'il advienne...

ces jours-ci à Cannes,
je suis et je serai fier de toi.


Cent fois : bravo !

Merci, Xavier Dolan

dimanche 4 mai 2014

Écrire pour quelqu'un

Je viens de refermer ce livre, que j'ai savouré, page par page, phrase par phrase, mot par mot.
Quel émouvant témoignage ! Quelle pudeur et quelle tendresse tout au long de ce récit ! La relation avec le père occupe une grande partie de ces pages ; au delà de l'anecdote, comme le dit lui-même l'auteur dans cette vidéo sur YouTube, il s'agit d'une réflexion sur la paternité, sur la parentalité.
C'est aussi une touchante réflexion sur l'absence, sur ceux qui nous ont quitté, qu'il s'agisse de nos parents ou d'autres êtres que nous avons aimés.
J'ai versé des larmes (et j'en ai retenu bien d'autres) sur à peu près toutes les pages car, comme il est si bien écrit, « l'étrange et douloureuse survie en nous de ce qu'ont souffert les défunts » ne nous quitte pas et « va plus loin, plus profond, que la simple mémoire. »
Merci, Jean-Michel Delacomptée, que je ne connaissais pas avant que « quelqu'un », un ange sans aucun doute, ne mette ce livre sous mes yeux au moment où j'étais prêt à le recevoir.
Désormais, les livres de Jean-Michel Delacomptée seront aussi mes amis.

mercredi 23 avril 2014

Saint-Georges - Fête de l'Angleterre



The Soldier

If I should die, think only this of me:
That there's some corner of a foreign field
That is for ever England. There shall be
In that rich earth a richer dust conceal'd;
A dust whom England bore, shaped, made aware,
Gave, once, her flowers to love, her ways to roam,
A body of England's, breathing English air.
Wash'd by the rivers, blest by suns of home.

And think, this heart, all evil shed away,
A pulse in the eternal mind, no less
Gives somewhere back the thoughts by England given;
Her sights and sounds; dreams happy as her day;
And laughter, learnt of friends; and gentleness,
In hearts at peace, under an English heaven.

Rupert Brooke a écrit ce poème à Noël 1914, quelques mois avant sa mort.

Il y a 99 ans ce 23 avril 2014, mourait, à l'âge de 27 ans, le même âge qu'Alexander, d'un empoisonnement à la suite d'une piqûre de moustique, circonstances différentes de celle du départ d'Alexander, mais avec tout de même une certaine similitude, le poète Rupert Brooke, enterré sur l'île de Skyros, en Grèce. 

Je me souviens très bien que lorsque pour la première fois nous avons parlé de sa venue à Montréal, Alexander m'avait fait promettre une chose : que si jamais, au cours de son séjour à Montréal, il lui arrivait quelque chose qui ne soit pas voulu, je devais le faire rapatrier dans son pays, sa patrie, sur le sol de sa naissance, de sa famille. Il était, disait-il, très attaché à l'Angleterre, son pays, celui de ses ancêtres, au point, ajoutait-il, d'apporter toujours avec lui, lorsqu'il quittait l'Angleterre, une poignée de la terre de son pays.

Et je ne me souviens plus exactement de l'enchaînement de nos idées lors de cette conversation, mais je me souviens très bien que, ce soir-là, il m'avait parlé de Rupert Brooke, qu'il aimait beaucoup, et tout particulièrement de ce poème, The Soldier.

 

Ce 23 avril, fête de saint Georges, c'est donc aussi la fête du fils du duc et de la duchesse de Cambridge, le prince George Alexander Louis.

Saint Georges, patron de l'Angleterre


 Saint Georges et le dragon, par  Briton Rivière

23 avril, fête de saint Georges, de l'Angleterre, et du prince George Alexander Louis.

mardi 22 avril 2014

Alexander, Alexander, Alexandre. Alistair, ...

Je souhaite à tous les Alexander, Alexandre, Alistair, ... et à tous ceux qui sont associés à ce prénom, dans quelque langue que ce soit, une très bonne Saint-Alexandre. 

 
Et puis, à mon très cher ami Alexander bull, un très bon anniversaire. Je n'ai pas reçu cette fois d'invitation à la fête, mais je suis persuadé qu'il y aura un délicieux gâteau et bien d'autres choses à manger, et de nombreux cadeaux, qu'Alexander bull s'empressera de partager comme il le fait toujours avec son Gus, l'ami, bulldog aussi, qu'il a ramené de Barcelone il y a maintenant quatre ans.

lundi 21 avril 2014

L'amour conditionnel


L'amour inconditionnel, il semble que ce ne soit pas donné à tout le monde de l'éprouver, de le vivre, de le partager. Bien sûr, si je compare à Alexander, la barre est haute, pratiquement impossible à dépasser, même à atteindre.

Je me sens sacrilège d'associer le nom d'Alexander à ce qui suit mais, quand je vois ce genre de choses, je ne peux pas m'empêcher de penser à lui (et en fait, il n'y a vraiment pas grand-chose dans la vie qui, dans mon esprit, ne soit, d'une manière ou d'une autre, associée à Alexander). C'est que, je crois, je vois toute la vie, celle à laquelle j'ai accès de manière concrète ou abstraite, avec le regard d'Alexander en même temps qu'avec le mien. Peut-être qu'au fond, ils ne sont pas distincts l'un de l'autre.


Il y a quelques jours, un petit sondage du journal La Presse, le journal de la bourgeoisie, de la droite (même si bon nombre de leurs lecteurs refusent de se faire identifier à la droite ; ils peuvent le nier autant qu'ils le voudront, la réalité n'en sera pas changée), un petit sondage, donc, demandait aux lecteurs de La Presse, s'ils seraient prêts « à dépenser plusieurs milliers de dollars pour soigner [leur] animal de compagnie ». J'ai eu un choc en regardant les réponses : 83 % des 11 205 répondants (l'image affiche 5846 répondants, mais au final, leur nombre était beaucoup plus élevé, mais le pourcentage le même) disent « NON » ! 

On a beau se dire qu'il s'agit des réponses de lecteurs de droite, les mêmes qui viennent d'élire au Québec le Parti libéral, le plus corrompu que le Québec ait connu depuis bon nombre de décennies, dont la plupart des députés sont ceux dont tout le Québec voulait absolument se débarrasser il y a moins de deux ans, en raison de la corruption, des scandales, des enquêtes policières sur les membres du gouvernement, pour collusion, favoritisme, fraudes et autres choses aussi aimables.

Mais les réponses à ce sondage font lever le coeur. Comment peut-on adopter un animal, prétendre l'aimer et, au moindre ennui de santé, préférer le faire euthanasier (ou pire : le laisser souffrir) plutôt que de lui offrir les soins appropriés. Je ne dis pas que je n'aurais jamais recours à l'euthanasie dans le cas où il n'y aurait vraiment plus d'autre solution. Alexander, comme il l'avait promis à son siamois Harry, était là pour donner lui-même - il était médecin - l'injection fatale quand il est devenu clair que le pauvre Harry avait atteint la limite de sa vie supportable. J'en ai encore les larmes au yeux, la gorge serrée, en pensant qu'au moment où il posait ce geste d'amour ultime, d'amour certes mais absolument déchirant, envers son chat, son compagnon des treize années précédentes, Alexander ne pouvait pas ne pas penser qu'il le rejoindrait peut-être dans peu de temps. Le crabe maudit ne fait pas de discrimination et, trop souvent, il est sans pitié, d'une volonté implacable... Dans une situation comme celle d'Alexander avec son ami Harry, il est certain que je ferais comme lui ; j'essaierais d'assurer le mieux-être de l'animal, la meilleure qualité de vie, tant que cela serait possible. Mais je n'aurais ni les aptitudes ni le courage qu'a eu Alexander envers son ami ; s'il le fallait, je demanderais au vétérinaire de le faire.
Mais je suis choqué du manque de sensibilité de ces lecteurs pour qui « les vraies affaires » (entendons ici les affaires d'« argin », de confort et de biens matériels), passent bien avant, même en théorie, quand la situation ne se présente pas vraiment, bien avant la vie de leur compagnon animal. Choqué, mais au fond, pas surpris. « Plus je vois les hommes et plus j'aime mon chien. »
Ce chien, cet ami qui n'est pas encore là, fait de plus en plus sa place chez moi, concrètement car j'essaie de lui aménager de l'espace où il sera heureux ; quant à sa place dans mon coeur, elle est acquise depuis bien longtemps et elle y restera toujours, même si les circonstances devaient faire que cet ami ne s'installe jamais chez moi. Chaque jour, je consulte les naissances chez les éleveurs de bulldogs ; je leur écris, j'accumule de grandes quantités de renseignements bien concrets, en plus de lire tous les livres que je peux trouver sur les chiens en général, et sur les bulldogs en particulier. J'ai même commencé à lui acheter des jouets.

jeudi 10 avril 2014

EGO devant Dieu et devant les hommes

En relisant ce soir les commentaires échangés avec Lux, à la suite d’un article précédent, il y a deux mois et demi, je n’ai pu m’empêcher de faire le lien avec un roman que je suis en train de lire, un roman qui dormait sur mes étagères depuis quelques décennies et que je n'avais encore jamais ouvert. Il s'agit d'un roman de Robert Sabatier, « Les années secrètes de la vie d'un homme ». Son personnage principal s'appelle EGO (Emmanuel Gaspard Oth)...


Les premières lignes, les premières pages, me laissaient croire que jamais je ne parviendrais à trouver un intérêt quelconque à ce roman qui raconte l'histoire d'un Français qui, pendant ou après la guerre, je ne sais plus, quitte la France, et se retrouve au Japon dont il ne connaît ni la langue, ni la culture, ni quoi que ce soit.

Robert Sabatier à Montmartre, son « village » natal

Je trouvais fastidieuses ces longues descriptions détaillées, comme observées au microscope et rédigées comme si le sort de la science en dépendait... Puis j'ai voulu faire l'effort d'aller plus loin, de faire preuve d'une plus grande ouverture et, bien que je ne me reconnaisse pas beaucoup d'affinité avec cet aventurier, je suis content de m'être avancé vers lui car, dans sa différence, il me ressemble tout de même un peu, puisqu'il est humain.

Les Allumettes suédoises

Je lis très lentement, d'autant plus lentement que, à l'exception des réactions humaines, je ne reconnais dans ces pages pratiquement rien que je connaisse, qui fasse partie de ma culture, de mes champs d'intérêt. Je n'en suis à peu près qu'à la moitié, et je dois dire que je savoure ces pages qui me font découvrir un art de vivre, des rites, une sagesse, qui ne se déroulent pas dans le renoncement total, dans la nudité et la simplicité tels qu'on veut nous faire croire qu'ils sont essentiels à l'acquisition de la sagesse, au bonheur qui se situe bien au delà de toute sensualité, mais dont les sens ne sont pas absents. La sensualité, la volupté, le plaisir de tous les sens ne sont qu'amplifiés par le degré non pas d'abnégation, de renoncement, mais plutôt de dépassement de tous les sens.
 

Ce tableau de Nicolas Poussin, Et in Arcadia ego
se trouve à Chatsworth House, Derbyshire, Angleterre

Bref, voilà bien un livre que j'avais depuis longtemps renoncé à lire, bien qu'il soit le cadeau d'un ami aujourd'hui disparu. Et la leçon que j'en tire s'apparente à une croyance qu'avait Alexander que dans tout livre, quel qu'il soit, il y a toujours quelque chose de bon ; mais je dois dire que dans celui-ci, il semble que dans chacune des 554 pages il y ait au moins deux ou trois bonnes raisons de continuer à le lire. Il est très rare que je recommande à quelqu'un de lire tel ou tel livre ; nos choix de lectures sont éminemment personnels. Et nos motivations ne sont pas les mêmes. Quelqu'un pourrait très bien passer tout à fait à côté du sens profond d'un livre qui me semble essentiel. Les livres sont comme les renards ou, si vous préférez, comme les amis ; ils exigent qu'on les apprivoise avant de s'ouvrir vraiment à nous.


Et ce n'est pas Alexander qui dirait le contraire ! Lui qui savait, mieux que tous, apprivoiser les êtres, humains et autres et... surtout les autres.

mardi 8 avril 2014

Merci, Madame Marois !

Je ne comprends pas ce peuple qui aime s'autotsunamiser si régulièrement ! 

Je ne comprends pas ces Québécois qui ont décidé, hier, d'infliger au Québec un recul d'au moins quatre décennies.

Je peux comprendre que l'on ait envie d'envoyer des messages à un gouvernement minoritaire qui a prétendu obtenir un mandat de gouvernement majoritaire. Mais je ne comprends pas la démesure du camouflet, la force et le volume du crachat en plein visage.


Je ne comprends pas que l'on congédie à la première occasion ce gouvernement voué aux plus grands, aux plus nobles intérêts des Québécois, pour ramener au pouvoir une équipe de vieux politiciens (dans le sens le plus péjoratif du terme) associé depuis des décennies à la collusion, à la corruption, une équipe dont on a tant voulu se défaire il y a dix-huit mois à peine, une équipe d'hommes et de femmes voués à l'enrichissement personnel des amis du pouvoir, une équipe sous enquête pour des pratiques frauduleuses au cours des dernières décennies, une équipe capable de nommer à la tête des tribunaux de justice des candidats aux postes de juges, clairement identifiés à l'aide d'autocollants jaunes, en fonction du montant de leurs contributions au financement de ce Parti libéral, une équipe dont plusieurs anciens ministres qui le redeviendront risquent de se retrouver bientôt, au terme de longues enquêtes en cours, accusés de fraude et de corruption.

Je ne comprends pas mes concitoyens de choisir l'équipe de ceux qui les exploitent et qui les volent plutôt que l'équipe de ceux qui avaient entrepris de faire la lutte à la collusion, à la corruption, avec des mesures efficaces pour assurer la transparence et l'intégrité dans la gestion des finances publiques.

Je ne comprends pas cette immense majorité de Québécois qui, durant de trop longues années, exigeaient que les pratiques frauduleuses soient dénoncées, que les responsables de ces magouilles propres à une certaine équipe, puisse reporter au pouvoir cette même équipe, avant même de savoir quelles seront les accusations criminelles précises dont feront l'objet un certain nombre de ces élus, avant même de savoir quels seront les jugements et les éventuelles condamnations... Je ne comprends pas que pour une majorité de Québécois les fraudeurs et criminels d'hier, avant même d'avoir payé pour leurs crimes, soient dignes aujourd'hui qu'on leur confie la gestion des affaires de la nation.

Je ne comprends pas cette hargne persistante envers une femme qui a donné sa vie à la politique, qui a dirigé le plus grand nombre de ministères et des plus importants au Québec (Services sociaux, Santé, Éducation, Conseil du trésor, etc.), et qui n'a cessé de croire au Québec, aux Québécoises et Québécois, à l'autodétermination de ce peuple sans doute plus masochiste que libre de ses choix. Madame Marois ne méritait certes pas ce dénigrement systématique, misogyne, mesquin, volontairement cruel et peu flatteur pour ceux qui s'en donnaient à cœur joie. On aurait parlé des animaux comme on traitait Mme Marois, et la Société protectrice des animaux serait rapidement intervenue.

Mme Marois, qui a sans jamais aucune défaillance cru à la nation québécoise, au peuple québécois, au pays québécois, ne méritait certes pas la brutalité sans ménagement, le congédiement sauvage dont elle est l'objet à titre de première ministre et à titre de député, par ceux qui, le sourire carnassier aux lèvres, vont maintenant, plutôt que de s'accorder la liberté, l'autodétermination, l'affirmation légitime, digne et fière, pouvoir s'occuper tranquillement de la décoration de leur cellule...


Je suis profondément blessé par ce choix sans âme des Québécois, par l'ingratitude envers cette femme, ce gouvernement, qui avaient pour le Québec une vision noble et généreuse, par ce congédiement digne de ces chefs d'entreprise qui ne s'occupent que de « vraies affaires » et, à la moindre occasion, mettent à la porte sans préavis leurs meilleurs, leurs plus loyaux collaborateurs. Je suis blessé d'appartenir à ce peuple qui remercie ses plus ardents défenseurs comme ils congédieraient leur concierge pour se faire maintenant les concierges de ceux qui veulent leur bien et qui sauront se l'approprier.

Mais plus encore que pour moi-même et pour mes rêves d'avenir dans un pays à construire, je suis profondément blessé et j'ai honte du traitement accordé à Mme Marois qui s'est généreusement et sans réserve vouée au plein épanouissement dans toutes ses dimensions, jusqu'au bout de chacune de ses moindres ramifications, de cet étrange pays qui n'ose pas le devenir, que l'on appelle le Québec.

Le nouveau premier ministre élu l'a clairement annoncé, et ce n'était pas cette fois une « maladresse » due à l'improvisation circonstancielle : il fera du Québec une « province » comme les autres dans ce Canada qui, jour après jour, année après année, siècle après siècle, renie et bafoue ma langue, mes valeurs, ma culture, ce Canada auquel jamais je ne pourrai m'identifier.

Merci, Madame Marois, de vous être si totalement investie de la plus noble façon dans la vie politique, dans la défense des intérêts québécois, de la langue et la culture de ce peuple francophone noyé dans une mer anglophone. Merci de nous avoir permis un temps, certes trop court, de croire que le Québec marchait vers son autodétermination, vers sa souveraineté, sa pleine réalisation et son plein épanouissement. Merci de nous avoir permis de croire à l’affirmation concrète de notre nation, de ses valeurs les plus hautes, de ses idéaux les plus nobles, de ses aspirations les plus légitimes et les plus libératrices, dans toute la richesse du terme. Merci de nous avoir permis de croire encore un moment que nous étions « quelque chose comme un grand Peuple ».

lundi 7 avril 2014

L'âme d'une nation



« La langue, c'est l'ADN d'un peuple », disait Gilles Vigneault.
J'ajouterais que sa culture est l'âme d'une nation.

Si l'on en croit la rumeur, un fort pourcentage de Québécois en âge de voter s'apprêtent à troquer leur langue et leur culture contre de très vagues promesses de « vraies affaires ». Au terme d’une campagne électorale où les propositions de certains – ou plutôt : de certain, pour ne pas le nommer – se résument en phrases creuses, en vagues promesses de richesses – sans préciser à qui l’on destine ces richesses –, en tentatives de manipulation et de peur, les Québécois n’auraient-ils le choix que de renoncer à leur langue, à leur culture, à leurs valeurs communes, à leur identité collective, pour avoir accès aux « vraies affaires » ? Le gouvernement sortant n’est-il pas à la fois capable, s’il était réélu, de favoriser le développement économique tout en assurant la défense de tout ce qui fait la spécificité du Québec (non pas le caractère « distinct », qui ne peut que se comparer aux autres, mais la spécificité, son identité, sa culture, son âme) ?

Combien vaut un plat de lentilles ? Combien vaut l’âme des Québécois, que certains s’apprêtent à troquer ? Quel serait, au bout du compte, le prix réel des « vraies affaires » que l’on agite devant leurs yeux comme des hochets devant ceux d’un bébé ?

Au terme de cette campagne, les Québécois doivent choisir lequel des partis politiques formera leur prochain gouvernement ; seules deux options réalistes se présentent : d’une part, un parti d’affairistes sans intérêt pour la langue, pour la culture, pour l’identité québécoise, un parti dont le nom du chef rime avec brouillard et cauchemar, et, d’autre part, un parti pour qui « les vraies affaires » ne sont pas un idéal, pas une religion, mais un moyen d’assurer, dans le quotidien et dans l’avenir, la vitalité de notre langue, de notre culture, de notre identité.

Devant le choix à faire, des questions se posent : Y aura-t-il demain un avenir pour la langue et la culture, pour l’ADN et l’âme Québécoise ? ou accorderons-nous un mandat en blanc pour remettre, sur un plateau d’argent (les seules « vraies affaires » ?) le sort du Québec entre les mains d’Ottawa, que leur chef en soit le lobbyiste de l’industrie du pétrole ou le fils de celui qui a berné, menotté et soumis les Québécois par un contrat que nous n’avons pas signé ?

Ne nous laissons pas induire à la tentation. Les enveloppes brunes et les « post-it » ne sont pas très loin. La bouche parlant de l’abondance du cœur, ceux qui n’ont à la bouche que de « vraies affaires » démontrent par là la pauvreté et la superficialité de leur engagement.

Combien vaut un plat de lentilles ?
Combien vaut l’âme québécoise ?
« À quoi sert au Québec de gagner l’univers de vraies affaires s’il vient à perdre son âme ? »


Brouillard, cauchemar, Philippe Couillard
Le parti des «affaires », pas souvent claires
L'ami de la tyrannie d'Arabie saoudite
L'éventuel signataire, sans consultation du peuple,
de la constitution canadienne rejetée par les Québécois

Vraiment !
Québécois, réveillez-vous !


L'heure est grave !

Le choix est on ne peut plus clair

L'expérience : Pauline Marois,
Première ministre du Québec

La jeunesse : Léo Bureau-Blouin,
plus jeune député du Québec


L'expérience et la jeunesse au service des Québécois

samedi 5 avril 2014

Triste anniversaire d'un événement joyeux

Il y a trente-deux ans, au petit matin du 5 avril, dans la jolie chambre d'une maternité anglaise, une mère venait de mettre au monde un petit garçon, un petit ange merveilleux, déjà si visiblement voué à un destin exceptionnel. La mère, bien sûr, le père, un garçon de deux ans déjà si heureux d'accueillir son petit frère, une grand-mère ravie, la meilleure amie de la mère étaient, tous là pour souhaiter la bienvenue à cet petit ange qui allait devenir un nouveau Petit Prince. Durant vingt-sept ans, il aura émerveillé la vie des privilégiés qui l'entouraient.


Aujourd'hui, je sais que je ne suis pas le seul à souligner cet anniversaire, à ne pas pouvoir oublier ce qui nous manque pour nous concentrer sur les joies partagées. En ce qui me concerne, aussi longtemps que je vivrai, Alexander, ce Petit Prince anglais, sera ma plus grande source d'inspiration et, malgré son absence, ma principale raison de vivre.


Je pense à son Petit Prince qui dort maintenant seul dans le berceau de son enfance, je pense à son jumeau, le grand marronnier rose avec qui Alexander allait partager son chocolat de l'après-midi, en lui racontant plein de choses afin qu'il ne s'ennuie jamais, à qui il prêtait son cache-nez lorsqu'il faisait trop froid... Je pense aussi à un grand bulldog qui, maintenant dans une superbe campagne anglaise, entouré de chevaux et de tant d'autres amis, j'en suis sûr, au fond de son coeur et de sa mémoire, doit attendre le retour de son meilleur ami... 

Je suis de tout mon coeur avec les parents et amis qui souligneront aujourd'hui ce nouvel anniversaire de naissance. Et mes pensées et mes prières sont tout particulièrement tournées vers Charles, le frère aîné inconsolable qui, plus que jamais, est orphelin.

jeudi 3 avril 2014

Notre amie la Lune

Photo : NASA

Vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais notre amie la Lune serait née 95 millions d'années après le début du Système solaire. Alors que celui-ci se serait formé il y a 4,56 milliards d'années (ça donne un peu le vertige, non ?).

La Lune serait née d'une collision de la Terre, encore bébé, avec une autre planète ressemblant à Mars. La Lune serait en fait un agrégat des débris de la collision. Maintenant qu'il y est, je demanderai à Alexander d'étudier cette hypothèse ; mais au fond, ce qui l'intéresse, lui, c'est sa douce lumière, son rôle de témoin de la nuit, de complice des amoureux, d'inspiration des poètes...


Pour les indécrottables scientifiques, elle n'a pas fini de dévoiler ses secrets. Une équipe de planétologues français, allemands et états-uniens de l'Observatoire de la Côte d'Azur, à Nice, ont tenté de dater plus précisément l'âge de la Lune en se basant sur des simulations et en étudiant la composition chimique du manteau de la Terre. On viendra dire, après cela, que les manteaux ne servent à rien !

mercredi 2 avril 2014

Si Dieu le veut

Il semblerait, selon des adeptes fortement « motivés » de certaines religions, que Dieu Lui-même, qu'il se nomme Dieu, Yahvé, Mahomet, ou comme on voudra, exige, sous peine de mort ou de damnation éternelle, que l'on porte certaines pièces de vêtement, et même de couleurs déterminées... Et il paraît que, ainsi accoutrées, ces personnes si motivées, peuvent très bien représenter un État laïque dans les services qu'il offre à ses citoyens, que ceux-ci soient agnostiques, athées, ou croyants même de l'une ou l'autre des multiples sectes ou religions...

Il me semble que si Dieu avait jugé essentiel que l'on portât un couvre-chef, un foulard, une burka, un poignard, ou quoi que ce soit d'autre, Il n'est pas si bête ; il y aurait pensé il y a très longtemps : il nous aurait tous créés avec un bonnet permanent sur la tête (même agrémenté de cheveux qui dépassent, comme ces poupées déjà coiffées que certains enfants adorent,), avec un foulard à la place des cheveux ; il aurait créé les femmes sans visage et sans aucun attribut féminin, au lieu de les obliger à acheter, même en solde, des mètres et des mètres de tissus les plus morbides qui soient.

Il me semble que Dieu, quel que soit Son nom, est plus intelligent que cela.

dimanche 30 mars 2014

Voulais-tu m'épouser ?

Lors de notre première conversation en direct, sur MSN, je ne me souviens plus exactement ce que j'ai dit pour qu'Alexander me demande : « Est-ce une demande en mariage ? » J'ai immédiatement répondu que c'était le cas et que s'il le voulait, je pourrais reformuler ma demande. Spontanément, il a ajouté : « Ce serait un bon coup à leur faire ! » « Le bon coup » aurait été de répondre « oui » à ma demande en mariage. Et j'ai compris que ceux qu'ils désignait par « leur », les autres, ce sont les membres de sa famille qui auraient voulu qu'Alexander leur ressemble. Bien entendu, ces « autres » n'incluaient ni ses parents (trop tôt décédés, mais qui auraient encouragé Alexander à vivre sa vie comme il l'entendait), ni son frère, qui voulaient plus que tout le bonheur d'Alexander. Et ce n'est certes pas sa grand-mère, ni son cousin préféré qui auraient tenté de changer quoi que ce soit chez Alexander. J'ai bien compris alors que, même si j'avais insisté pour qu'un jour on se marie, je n'aurais jamais obtenu satisfaction. Alexander, quant à lui, l'aurait probablement voulu, mais il savait aussi qu'il ne fallait pas y penser ; il aurait eu alors contre lui toute la famille officielle et, au fond, il savait très bien que ce n'aurait pas été une décision « raisonnable ». Il ne tenait pas à créer à tout prix un scandale.


J'ai été touché que lors des préparatifs de ses funérailles, la meilleure amie d'Alexander, son frère Charles, tiennent compte de mon avis dans certains choix à faire. Et, bien que très loin du lieu de rassemblement de la famille et des amis, j'y étais bien présent, représenté par des amies, par un superbe arrangement de fleurs qu'aimait Alexander, portant une carte à mon nom, et par un petit renard. Officiellement, je n'étais rien pour eux, mais dans leur esprit et dans leur coeur, j'étais l'amoureux d'Alexander, et si cela était pour moi le plus beau, le plus noble des titres, il méritait aux yeux de quelques-uns, de ceux qui comptaient pour Alexander, tout leur respect et leur tendresse.


Maggie Smith y est excellente, comme toujours !

Si vous ne connaissez pas encore cette série, courez vite acheter les DVD de la série (il faut la suivre en anglais, bien entendu, pour bien saisir toutes les nuances de l'expression dans la noblesse anglaise)

Dans l'excellente série de la télévision britannique, Dowton Abbey, une jeune employée de cuisine, dans le château de la famille Crawley que dirige Lord Grantham, accepte d'épouser sur son lit de mort un collègue de travail blessé à la guerre, non sans avoir des scrupules au sujet de la validité de ce mariage. Et pourtant, en juillet 2009, le président français Sarkozy a autorisé le mariage posthume de Damien Gaillet, mort en Afghanistan en 2008. 
Au coeur de l'été 2008, une embuscade des talibans dans le secteur de Surobi, en Afghanistan, provoque la mort de dix soldats du 8e régiment parachutiste d'infanterie de marine. Parmi les victimes, Damien Gaillet, Caennais de 20 ans, engagé depuis juin 2007 : l'Afghanistan constituait sa première mission sur un théâtre d'opération extérieur. La veille de sa mort, j'ai eu un dernier message de Damien », confiait le 19 août 2008, sa fiancée Aurélie, 20 ans. Ils se connaissaient depuis la classe de 5e et vivaient ensemble depuis 2004. « Je devais le rejoindre à Castres, base du régiment, en 2009 », ajoutait, à l'époque, la jeune femme. Elle a depuis entamé des démarches en vue d'un mariage à titre posthume : une procédure très rare qui passe par la présidence de la République saisie d'une cinquantaine de demandes par an. Après instruction du dossier, Nicolas Sarkozy a, le 20 mai, autorisé ce mariage par un décret spécial. Le parquet du tribunal de Caen a notifié cette décision à la jeune femme à laquelle il appartient d'entreprendre les démarches propres à toute union. Le mariage sera réputé célébré à la date du jour précédant la mort du jeune soldat.

Au cours de cette première conversation, au sujet du mariage, Alexander et moi avions évoqué l'union civile entre Elton John et David Furnish, qui forment un couple officiel depuis 2005, dès que l'union civile entre conjoints de même sexe a été adoptée en Angleterre. Le 17 juillet 2013, le projet de loi instituant le mariage homosexuel en Angleterre et au pays de Galles a reçu la sanction royale (l'Écosse et l'Irlande du Nord ont leur propre système juridique). Ce mariage homosexuel adopté par l'Angleterre et le pays de Galles est devenu possible ce 29 mars 2014. Elton John, qui célébrait le 25 mars dernier son 67e anniversaire, a déclaré : « Je suis très fier de la Grande Bretagne et des lois qui ont vu le jour depuis que nous sommes ensemble ». Par la même occasion, il a annoncé que David Furnish et lui allaient se marier, probablement en mai prochain.

Je ne crois pas me trouver sur la liste des invités, mais je leur souhaiterai de nombreuses années de bonheur... et pas trop d'enfants (ils en ont déjà adopté deux).

lundi 20 janvier 2014

Dieu des chats

« Les chats ressemblent aux dieux :
ils aiment les caresses
mais ne les rendent jamais. »
Hérodote 


Et Bastet est leur déesse. 



dimanche 19 janvier 2014

Félicitations, Jared Leto


 
 Photo : Mike Blake, Reuters

Jared Leto a obtenu le prix du meilleur acteur de soutien pour son rôle dans le film du Québécois Jean-Marc Vallée, « Dallas Buyers Club ». Ce prix lui a été décerné ce samedi soir lors de la 20e cérémonie de remise des prix de la Guilde des acteurs, à Los Angeles. Il est également en lice pour les Oscars qui seront décernés le 2 mars prochain.


Je suis heureux pour Jared. Je n'ai pas vu le film du Québécois Jean-Marc Vallée, « Dallas Buyers Club », mais j'imagine que si on lui a remis ce prix, c'est que son interprétation était convaincante, et je suis content que son talent d'acteur soit reconnu.

 

Je suis aussi content parce que Jared Leto, c'est Héphaistion dans le film Alexandre d'Oliver Stone. Héphaistion était, de tous les temps, le personnage qu'Alexander aimait le plus. Il était l'ami d'enfance de celui qui allait devenir Alexandre le Grand. Il lui a jusqu'à la fin été loyal, fidèle. Parce qu'il était l'ami intime du roi, toujours prêt à l'appuyer, à le défendre, Héphaistion faisait bien des jaloux, et certains des personnages qui enviaient sa place, son influence sur Alexandre, l'ont souvent blessé, parfois cruellement. Alexander, qui était la loyauté et la fidélité incarnées, admirait Héphaistion.


Jared Leto, c'est aussi l'auteur-compositeur-chanteur-interprète du groupe 30 Seconds to Mars. Pour aller l'entendre en concert, que ce soit à Londres ou à Paris, Alexander pouvait passer la nuit entière sur le trottoir, dans le froid, sans boire et sans manger. Il aurait facilement pu obtenir des places gratuites et se trouver aux premières loges, mais, le plus possible, il refusait les privilèges et voulait vivre sa vie en tant qu'Alexander, et non à titre de membre de la famille de...


Alexander n'avait pas de iPod ; il avait deux lecteurs de musique d'une autre marque quelconque ; l'un contenait toute la musique de Freddie Mercury, et uniquement celle de Freddie, et l'autre contenait toute la musique de 30 Seconds to Mars, et uniquement celle-là. 


Quand il a rencontré Jared Leto, après l'un de ses spectacles à Londres, Alexander a fait allusion à son rôle d'Héphaistion. Jared Leto lui a répondu qu'il n'était plus Héphaistion mais que pour lui, il le resterait.




« 30 Seconds To Mars est le premier groupe autorisé à tourner dans la Cité interdite. Un fois l'idée prise au sérieux par leur manager, le groupe s'envole pour la Chine pour filmer son clip en seulement trois jours. Leur équipe tourne de jour comme de nuit car le palais ne peut être éternellement fermé aux touristes.
Derrière la caméra, la réalisation du clip revient à Bartolemew Cubbins, comme pour une majorité des clips du groupe. Les ambitions des musiciens volent hauts, car le clip du single suivant fut tourné au Groenland. » Wikipédia

Ce que ne dit pas l'article de Wikipédia, c'est que le réalisateur de ce clip et des autres clips du groupe, ce Bartolemew Cubbins, c'est un pseudonyme de... Jared Leto.