mercredi 27 mai 2015

« Une défaite pour l'humanité »... rien de moins

Le ridicule ne tue pas ! Et l'Église catholique le sait bien... sinon, ses principaux « représentants » auraient l'intelligence de se taire... plus souvent. 


L'approbation du mariage gai par les Irlandais n'est pas « seulement une défaite des principes chrétiens, mais une défaite pour l'humanité », a estimé mardi le secrétaire d'État du Saint-siège, le cardinal Pietro Parolin ; c'est ce que rapportent les médias italiens.

Les Irlandais, qui ne sont pas plus bêtes que les représentants de l'Église, et qui sont tout aussi « humains » que tous ces cardinaux macérés dans leurs préjugés moyenâgeux, ont été consultés vendredi par référendum, et ils ont approuvé le mariage gai à 62 %. 

Le pape François, dans ses discours « rassembleurs », a appelé les catholiques à un accueil plus bienveillant des homosexuels dans l'Église ; mais il n'a surtout pas modifié - et n'a pas l'intention de le faire - la doctrine qui juge leur comportement « désordonné » et qui fait, pour ainsi dire, des homosexuels des « sous-humains ».

Ce n'est donc pas demain que l'Église catholique saura comprendre les êtres qu'elle prétend vouloir rassembler. Parmi ceux qui « aspirent à la Vie éternelle », il y en a un bon nombre qui ont compris qu'ils n'ont pas besoin du pape et de ses exécutants pour... aller au Ciel.

samedi 23 mai 2015

L'Irlande dit « OUI »

Par référendum, les Irlandais ont clairement exprimé leur volonté que soit officiellement reconnu le mariage entre partenaires de même sexe. Les premiers résultats disponible indiquent en effet que plus de 62 % des Irlandais ont voté « oui ».

Ireland says « Yes »

L'Église catholique qui, bien entendu, s'opposait à cette reconnaissance, a clairement été désavouée sur cette question. Les Irlandais ont-ils voulu envoyer un message au pape actuel, qui semble montrer un peu d'ouverture à l'égalité de toutes les personnes, quelles que soient leur sexe, leur orientation sexuelle ? Il ne faut sans doute pas rêver en couleurs : l'Église a du chemin à faire avant de se défaire de ses préjugés, de sa discrimination, du rejet de certaines catégories de personnes... 


Il est plus probable que les Irlandais aient voté avec leur conscience, avec leur propre jugement, plutôt que d'obéir aveuglément aux ordres des autorités religieuses. Et il faut aussi se réjouir de cela. Je ne condamne pas la religion, mais je ne peux m'empêcher de déplorer que des catholiques pratiquants soient brimés dans l'expression de leur amour, dans leur sexualité, du fait que cette sexualité ne soit pas « utilitaire », qu'elle ne participe pas à la procréation, au peuplement de la planète. Et que dire des prêtres qui, s'ils sont hétérosexuels, ne sont pas embêtés par leurs évêques, mais, s'ils ont le malheur d'être plutôt portés vers des personnes du même sexe, doivent choisir entre leur affectivité et la prêtrise. Et ce n'est pas par hasard si je pense à cette question dans le contexte de ce référendum irlandais.

pósadh aerach, pósadh homaighnéasach
(gay marriage)

L'Irlande est donc le 19e pays à reconnaître le mariage gai. Mais il est le premier pays à légaliser par référendum le mariage entre conjoints de même sexe. Plus de 60 % des Irlandais ont exercé le droit de vote sur cette question. La loi entrera en vigueur au cours de l'été et les premiers mariages devraient pouvoir être célébrés vers la fin de cette année.

Ça ne changera rien à ma vie personnelle, mais je me réjouis de constater cette nouvelle expression d'ouverture et de liberté ; je me réjouis que ceux qui le désirent puissent avoir les mêmes droits que leurs concitoyens. La part de sang irlandais en moi rougit de joie.

mercredi 22 avril 2015

Saint Alexandre 2015

En ce 22 avril 2015, je veux souhaiter une bonne fête à tous ceux qui, où qu'ils soient, portent le prénom d'Alexander, d'Alexandre, d'Alistair, et tous les prénoms qui y sont associés. Je n'ai plus de nouvelles de quelques amis, que je considère toujours des amis très chers, et la Saint-Alexandre est une occasion supplémentaire de penser à eux encore plus particulièrement. 

Un ami voulait m'inviter depuis quelque temps déjà à aller voir une exposition qui se tient à Montréal, et qui se termine ce dimanche en fait, intitulée « Les Grecs - d'Agamemnon à Alexandre le Grand », et nous n'arrivions pas à trouver un moment qui nous convenait. Finalement, ce sera aujourd'hui, 22 avril, que j'irai le prendre à la sortie de son travail et que nous nous rendrons au musée. Cet ami m'a proposé, la semaine dernière, ce rendez-vous d'aujourd'hui, sans savoir que ce 22 avril était la Saint-Alexandre, donc la fête d'Alexandre le Grand et... la fête d'Alexander. Je ne sais trop ce qu'il faut attendre de cette exposition organisée par le musée Pointe-à-Caillière. Même si elle ne devait présenter qu'une simple statuette d'Alexandre, je ne me serais pas pardonné de ne pas l'avoir vue. 



Ce 22 avril, c'est aussi l'anniversaire de naissance de mon ami Alexander Bull. Il a dix ans aujourd'hui. Je n'ai pas de ses nouvelles depuis un moment et cela m'attriste énormément. J'espère qu'il est vivant et en santé, heureux de partager encore un gâteau et des cadeaux avec son ami Gus le Bulldog.

J'ai des centaines d'images de bulldog, des milliers peut-être, et, au moment de choisir l'une de ces images, je ne pouvais pas les regarder, n'ayant qu'envie de pleurer...

lundi 6 avril 2015

Tartan Day


Cliquez sur les images pour les agrandir

Le printemps n'est pas encore là, mais il ne devrait pas trop tarder. Nous verrons bientôt dans nos rues, sur les places publiques, les terrasses, etc., des hommes qui laisseront voir leurs genoux... Les Écossais n'attendent pas la saison des terrasses pour montrer les leurs. Depuis plusieurs années, et de plus en plus, de nombreux symboles écossais sont bien visibles et les traditions sont de plus en vivantes. Le port du kilt fait partie de ces symboles et de ces traditions.

Comme me l'avait indiqué Alistair, ami d'Alexander, en commentaire à l'article que j'avais écrit sur le kilt, en octobre 2009 le 6 avril est le Tartan Day, célébré en Écosse, bien sûr, mais aussi dans de nombreux pays où sont établis des Écossais.

Sean Connery : l'un des très nombreux Écossais contemporains, qui n'hésite pas à porter le kilt et à afficher ses couleurs.

Le chardon est l'emblème de l'Écosse (pas nécessairement le chardon bleu, bien que le bleu et le blanc soient les couleurs du drapeau écossais). Le chardon écossais serait plutôt le le chardon aux ânes. Cependant, je trouve celui-ci très élégant, avec son joli ruban


Voilà de jolies couvertures de laine écossaise... en devenir

Depuis que j'ai fait la connaissance d'Alexander, il y a sept ans, j'ai voulu connaître sa ville, son pays, sa culture, ses traditions, etc. Cette curiosité, loin de s'atténuer après le départ d'Alexander, ne cesse de grandir. Plus je découvre, plus j'ai envie de découvrir.  J'ai lu des livres sur l'Angleterre, le Royaume-Uni ; j'ai écouté de nombreux films, plusieurs séries télévisées britanniques ; je continue d'écouter de la musique, des chansons, anciennes et modernes, du classique, du traditionnel, du rock, etc. Je peux passer des heures à chercher sur Internet des images et je suis de plus en plus fasciné par tout ce que je découvre.


C'était l'un de nos projets, à Alexander et à moi, qu'il me fasse découvrir sa ville, son pays, bien sûr, mais aussi les châteaux hantés d'Écosse, les lochs, dont celui de son ami Nessie... Des amis, Français, Québécois, qui sont allés en Écosse, ont été fascinés par la beauté des paysages, notamment. Si les dieux me sont favorables, je ferai un jour ce pèlerinage en Angleterre, en Écosse, et en Irlande, au pays de Galles...

Ces derniers mois, j'ai entrepris de « rafraîchir » la décoration de mon appartement. Au départ, j'avais une vague idée de ce que j'avais l'intention de faire, mais une chose était claire : je voulais créer un environnement où Alexander aurait pu se reconnaître. Bien sûr, mon appartement ne ressemblera jamais à celui d'Alexander, mais je crois que si quelqu'un entrait dans ma chambre, par exemple, il verrait immédiatement ce qui a inspiré, ce qui inspire mes choix. J'ai encore du travail à faire... J'aurais beaucoup aimé avoir des motifs écossais, soit dans les tissus ou dans des objets ; je n'en ai pas encore assez, mais il y en a un peu. Les budgets sont restreints, mais les rêves sont grands.

 Non, ce n'est pas chez moi

Vive l'Écosse ! Happy Tartan Day aux Écossais, où qu'ils soient !

Et si vous souhaitez finir en musique, la cornemuse s'impose Scotland The Brave.

dimanche 5 avril 2015

5 avril, sur la Terre comme au Ciel

C'est dans un roman de Dominique Fernandez, L'Amour, que j'ai fait la connaissance de Franz Pforr, il y a plusieurs années déjà. Comme son ami Friedrich Overbeck, Franz est l'un des nombreux personnages de ce roman, qui raconte le voyage en Italie de ces deux jeunes peintres fuyant la peinture sombre qui se fait alors en Allemagne pour aller vers la lumière... Ce roman est une histoire d'amitié, une histoire d'amour, où les deux personnages principaux sont obsédés par leur idéal de beauté et d'absolu, consacrés à la peinture, fascinés par la pureté des lignes italiennes, mais c'est aussi une fresque impressionnante qui parcourt l'Europe du XIXe siècle, où l'ombre de Napoléon est présente, où l'on croise Stendhal, Beethoven, Canova, Ingres, et plusieurs autres personnages devenus célèbres... 

Ces personnages ont réellement existé : Friedrich Overbeck est né à Lübeck le 3 juillet 1789, et mort à Rome le 12 novembre 1869. Franz Pforr, quant à lui, est né à Francfort le 5 avril 1888, et mort à Albano Laziale, près de Rome, le 16 juin 1812.


Après le plaisir que je prends à la lecture de certains livres, j'aime effectuer des recherches sur les lieux, les monuments, les personnages, etc., dont il est question dans le livre. Alexander faisait de même. C'est ainsi qu'il a abouti sur ce blogue, en avril 2008 : il avait lu aussi ce roman de Dominique Fernandez, comme il a lu, je crois, tous les romans de Dominique Fernandez publiés avant son départ. Et c'est en cherchant des images de Franz Pforr qu'il est arrivé sur mon Exil intérieur. Il m'a écrit immédiatement, et j'ai rapidement fait le lien : Franz Pforr et Alexander sont nés le même jour, à plusieurs années de distance : par conséquent, le 5 avril, c'est l'anniversaire de naissance de Franz Pforrr et celui d'Alexander, mon Petit Prince.

Autres coïncidences : Franz Pforr est décédé à 24 ans, Alexander à 27. Je suis né le même jour, plusieurs années plus tard, que Dominique Fernandez, l'auteur de cette histoire d'amour, de cette superbe fresque, L'Amour. Friedrich Overbeck, Franz Pforr, Dominique Fernandez, avec plusieurs autres, font partie de ce que nous appelions, Alexander et moi, « notre petite famille », composée uniquement des êtres que nous avons choisis, à travers les siècles aussi bien que dans notre entourage, dans la réalité comme dans la fiction, que nous aimons, que j'aimerai toujours et sur qui, j'en suis sûr, Alexander veille comme sur tous ceux qu'il aime.



Si dans votre recherche des œufs de Pâques, vous rencontrez un petit lapin rose aux oreilles tombantes, dites-vous qu'Alexander n'est pas loin. Ce ne serait pas surprenant, car cette année, son anniversaire de naissance coïncide avec ce dimanche de Pâques.

mercredi 1 avril 2015

L'âme d'une maison

« Petit à petit les chats deviennent l'âme de la maison », a écrit Jean Cocteau.

Ce n'est certes pas Alexander qui le démentirait. S'il a découvert Cocteau un peu trop tard pour le connaître vraiment, il a toutefois, pendant treize ans, partagé sa vie avec le siamois que sa grand-mère avait recueilli tout petit, perdu dans le grand parc autour de la maison. Si Alexander Bull était son ami le plus cher, le complice de ses jeux, de ses sorties, de ses promenades, etc., Harry le siamois était vraiment le maître et l'âme de sa maison. Notre amie Jane m'écrivait : « Je ne sais pas ce qu'ils se disent, ces deux-là, mais, quand ils se regardent, c'est évident qu'ils se comprennent. » Il avait très confiance en la sagesse de son chat, et il partageait l'avis de Colette que « ce que chatte ne sait pas ne vaut pas qu'on le sache » (je cite de mémoire ce commentaire qu'Alexander avait écrit en juillet 2008 au sujet du chant du rossignol sous la lune).

Jacques Laurent a écrit ceci, que tous les amis des chats approuveront certainement : « Il suffit de croiser son regard avec celui d'un chat pour mesurer la profondeur des énigmes que chaque paillette de ses yeux pose aux braves humains que nous sommes. »

Il n'y a rien d'étonnant, dirait le prêtre, le pasteur, le rabbin, etc., à ce que certains d'entre nous puissent, volontairement ou non, s'éloigner de Dieu, puisque Dieu des chats a perdu le sien. Déjà que, la plupart du temps, c'est avec le cœur dans la gorge et les larmes aux yeux que j'écris dans ces pages, je n'ose essayer de m'imaginer ce que l'on peut ressentir dans un cas semblable. J'espère simplement que Roro retrouvera, sinon celui de la raison, le chemin de sa maison.

Cela me rappelle la belle histoire d'amour qu'a vécu un ami avec... une belle chatte blanche.


Un ami, qui avait une très jolie maison à la campagne, a trouvé un soir, en rentrant chez lui, une très belle chatte angora, toute blanche, bien installée au salon (elle était entrée par une fenêtre ouverte). Il a consulté les « avis de recherche », a trouvé la maîtresse inconsolable et il lui a ramené la belle blanche qui, l'a-t-il appris, s'appelait Hortense.

Le lendemain, Hortense était encore installée au salon. Après cinq ou six raccompagnements au domicile de sa maîtresse, celle-ci a dit : « Elle préfère votre maison à la mienne ; ne la contrarions pas ! » Et Hortense a vécu ainsi de longues années dans cette superbe maison, avant de déménager avec cet ami dans une nouvelle maison que tous les deux ont aimé longtemps, jusqu'au dernier soupir d'Hortense...

vendredi 20 mars 2015

Anniversaire de naissance de l'Aiglon

L'archiduchesse Sophie et son fils
par Joseph Karl Stieler*

C'est aujourd'hui l'anniversaire de naissance de « Napoléon François Charles Joseph Bonaparte, prince impérial, titré roi de Rome à sa naissance, puis prince de Parme, proclamé Napoléon II à la fin des Cent-Jours et enfin titré duc de Reichstadt par son grand-père l'empereur d'Autriche, est né le 20 mars 1811 au palais des Tuileries, à Paris, et mort le 22 juillet 1832 au palais de Schönbrunn, à Vienne. Il était le fils et l'héritier de Napoléon Ier, empereur des Français, et de sa seconde épouse, Marie-Louise d'Autriche. » (Wikipédia


 Le Duc de Reichstadt
par Pietro Tenerani*
 
Je souligne cet anniversaire non pas en raison de mon intérêt pour le personnage politique, ni même pour celui de son père, mais parce que Napoléon II, plus familièrement appelé l'Aiglon, a sans doute été, probablement sans le savoir, le premier garçon dont Alexander ait été amoureux. Alexander m'a si souvent mentionné son nom que je ne peux m'empêcher de penser qu'Alexander soulignerait lui-même cet anniversaire, lui qui n'oubliait jamais une date qui avait quelque importance pour lui, et elles étaient nombreuses. J'avais écrit le 7 octobre 2009, trois mois après le départ d'Alexander, un billet intitulé L'Aiglon et moi. Alistair, un ami d'Alexander, qui connaissait peut-être mon existence mais pas celle de mon « Exil intérieur », était tombé par hasard sur cet article et avait reconnu dans mes mots un ancien camarade de collège, devenu ami ; entre le 7 octobre et le 10 décembre 2009, Alistair m'a écrit pratiquement tous les jours.

Alistair se souvenait aussi combien l'Aiglon était important pour Alexander puisque c'est en cherchant des images de l'Aiglon, en pensant à Alexander, ce sept octobre 2009, qu'il est arrivé sur ce blogue. J'étais ravi que, dans la perte de ce garçon exceptionnel et le chagrin insurmontable, ce hasard heureux ait conduit vers moi un ami d'Alexander qui, comme moi, était inconsolable. Hélas, Alistair devait aller rejoindre Alexander le 12 décembre de la même année. C'est donc en pensant à Alexander que je souligne cet anniversaire, et en pensant aussi à Alistair qui lui ressemblait comme un frère (ce que ma confirmé la meilleure amie d'Alexander qui, après que je les eusse mis en contact, l'a rencontré à trois reprises).
* Les images proviennent de Wikipédia.

jeudi 19 mars 2015

Sortie royale

Il y a plus d'une façon de « sortir de l'ombre ». Cet hiver est tellement rigoureux qu'on se demande si l'on en sortira un jour. C'est la première fois de ma vie que je rêve de vacances dans un « pays chaud » (je ne suis pas très exigeant : par pays chaud, j'entends par exemple un pays européen où il ferait deux ou trois degrés Celsius, en ce moment, plutôt que les moins trente que nous connaissons encore en tenant compte du facteur vent). Notre collègue et amie Dr CaSo est sortie, il y a quelques jours explorer son quartier. Je connais très bien le mien, mais je n'ai pas encore très envie de m'y promener à cause du froid qu'il a fait cet hiver et qui continue ; je me contente de faire les courses le plus près de chez moi possible. Dr CaSo raconte qu'au cours de sa promenade, alors qu'elle était assise sur un banc, un vieux monsieur promenant son chien est venu lui parler et, après être reparti, est revenu lui faire un compliment, ce qui m'a donné l'occasion de raconter en commentaire une petite anecdote sur les interactions plus ou moins brèves que l'on peut avoir avec des personnes que l'on ne ne connaît pas du tout ou à qui l'on a affaire dans les magasins, les bureaux, etc. J'y prends parfois un certain plaisir...

Mercredi soir, je suis passé à la Grande Bibliothèque (Bibliothèque et Archives nationales du Québec) pour y prendre quelques documents que j'avais réservé. Je me dirigeais vers l'une des sorties qui donne sur un jardin (où l'on se demande encore, ces jours-ci, si on ne risque pas de tomber sur des ours polaires). J'étais à peu près seul dans ce couloir ; au moment où j'approchais de la porte, quelqu'un, un homme d'une quarantaine d'années, arrivait de l'extérieur. Je le voyais arriver, comme il me voyait aussi. Il aurait eu le temps d'ouvrir la porte, d'entrer, avant que j'arrive moi-même à cette porte. Je l'ai vu tirer sur la poignée, tenir la porte ouverte pour me laisser sortir. Quand je suis passé, je l'ai remercié ; il m'a répondu : « Monsieur, je devais vous ouvrir la porte, vous avez l'air d'un roi ! » Spontanément, j'ai porté mes mains à la tête en lui disant : « Vous êtes vraiment très perspicace, car je me rends compte que je suis sorti sans ma couronne. » Et il m'a répondu, avec le plus beau sourire : « Votre couronne lumineuse flotte tout autour de votre tête. » Il n'était pas intoxiqué et m'a semblé en pleine possession de toutes ses facultés ; et je n'ai pas senti non plus qu'il voulait me draguer, mais je dois dire qu'il rayonnait de bien-être...

En traversant ce jardin polaire, il m'a semblé que le froid était moins intense qu'au moment de mon arrivée, quelques minutes plus tôt... Son compliment avait certainement élevé quelque peu mon niveau d'énergie. Mais je ne me suis pas pris au sérieux pour autant. Dans l'ordre d'accession au trône, mon Petit Prince a une très bonne longueur d'avance sur moi.

mardi 17 mars 2015

Joyeuse Saint-Patrick 2015


Joyeuse Saint-Patrick 


Et si mon ami gallois de Cardiff (Caerdydd) et notre ami irlandais de Londonderry (Doire) passaient par là, qu'ils sachent que je pense à eux, aujourd'hui comme hier, et demain encore si je suis là.

  

samedi 7 mars 2015

Le Paradis perdu

S'il était exagéré de dire qu'Alexander était à lui seul mon « Paradis perdu », il est à peine suffisant de dire qu'Alexander est et sera toujours pour moi le meilleur guide et le meilleur accompagnateur que j'aurai pu avoir dans cette vie... En perdant sur cette terre mon meilleur guide et compagnon de route vers ce Paradis à peine entrevu, il est fort peu probable que j'atteigne seul ce lieu magnifique où règnent en permanence la beauté, la douceur de vivre, où les sens se marient parfaitement aux joies de l'esprit pour favoriser cet état de bien-être total que l'on peut appeler « bonheur »...

samedi 28 février 2015

Chat noir et nuit blanche

Il m'arrive encore très souvent de ne pas pouvoir dormir la nuit, comme du temps où j'attendais des nouvelles d'Alexander qui était hospitalisé. Son état de santé ne s'améliorait pas, mais certaines nuits étaient plus difficiles et plus inquiétantes que d'autres. Lorsque la fièvre consentait à diminuer et que d'autres symptômes se faisaient plus discrets, c'était en soi une bonne nouvelle. Je restais pratiquement toujours devant ou à côté de mon ordinateur et de mon téléphone, même la nuit. Je n'aurais pas voulu me réveiller un matin et me rendre compte que l'on avait tenté en vain de me joindre ; au moment d'aller dormir, puisqu'il le fallait bien, je conservais l'ordinateur ouvert à côté de moi. Épuisé, je finissais à un moment donné par tomber de sommeil, et je me réveillais souvent en sursaut pour vérifier si j'avais reçu des messages... C'était il y a cinq ans...
Ces derniers mois, au moment d'aller dormir, je sens la même anxiété s'installer lentement en moi, comme si je revivais ces semaines, ces mois d'inquiétude au sujet d'Alexander. Je dois parfois rallumer la lampe, essayer de m'intéresser à quelque chose qui ne soit pas « contaminé » par l'inquiétude, mais ça ne fonctionne pas toujours, comme si le lit lui-même était trop associé à l'inquiétude, à l'anxiété, à l'angoisse, et cela depuis mon enfance. D'ailleurs, quand Alexander était malade, et longtemps après son départ, je dormais par terre dans le couloir, entre ma chambre et le salon ; j'avais ainsi l'impression, en me couchant par terre au lieu de m'installer dans un lit confortable, de tromper la peur de mourir.
Quand je réussis à me laisser tomber dans les bras de Morphée, je dors généralement quelques heures, au moins ; je n'ai plus besoin de rester en alerte : aucune nouvelle, bonne ou mauvaise, ne risque de m'arriver au cours de la nuit. On m'appelle rarement le jour, sauf pour affaires, et on ne m'écrit plus la nuit... À quatre heures et demie ce matin, n'ayant pas fermé l'œil de la nuit, je me suis relevé et je suis revenu au salon avec l'intention de m'occuper plutôt que de m'énerver en essayant de trouver un sommeil qui ne vient pas. Je suis pourtant fatigué...

Je suis allé lire le plus récent billet de Dr CaSo qui, devant bientôt partir en Europe, s'inquiète de devoir laisser son chat noir, sa Câlinette, en pension chez une amie durant tout un mois. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Alexander, pourtant malade, qui ne voulait pas aller à l'hôpital pour quelques jours en laissant derrière lui son Siamois malade aussi. Fidèle à lui-même, Alexander songeait d'abord à son engagement envers les autres avant de penser à sa santé ; ayant promis que, le jour venu, il serait là pour faire ses adieux à son Harry, il ne voulait surtout pas que Harry parte sans être là pour l'accompagner... J'ai laissé chez Dr CaSo un commentaire rappelant cette fidélité d'Alexander à ses engagements, à ses promesses, aux êtres qu'il aimait... Mais la situation n'est pas la même : Dr CaSo est en santé, tout comme sa Câlinette. Cela n'empêche pas que les séparations, même brèves, peuvent êtres déchirantes.

dimanche 22 février 2015

Canicule !



Je suis sorti en fin de soirée, samedi, et en marchant dans la neige blanche qui continuait de tomber, j'ai eu l'impression, tant la température était douce, d'être en vacances dans un pays chaud. Au lieu du froid mordant et du vent glacial des mois précédents, des températures autour de moins trente, il faisait ce soir moins dix degrés Celsius. Décidément, c'est la canicule !

samedi 14 février 2015

Je t'aime !

Combien de fois Alexander et moi avons pu nous dire, de toutes les façons et surtout de la manière la plus simple, ces mots à la fois terribles et merveilleux lorsqu'ils sont sincères, bien sentis, qui peuvent aussi bien déstabiliser que donner à l'être qui les reçoit la plus formidable reconnaissance et la plus solide assurance, ces deux mots si simples à écrire et parfois si difficiles à prononcer tout haut : « Je t'aime ! » Il serait intéressant de parcourir toutes nos conversations, toute notre correspondance, de compter le nombre de fois où nous avons pu nous les dire, nous les écrire, ces mots : « Je t'aime ! » Il ne faudrait pourtant pas oublier de tenir compte du nombre de fois où, chacun de notre côté, avons pu les dire, en silence ou à voix haute, en pensant à l'autre. Combien de fois, dans une journée, ai-je pu, en faisant la cuisine, les courses, ou quoi que ce soit, adresser mentalement à Alexander ces mots qui disaient à quel point ma vie est associée à la sienne ; et je sais qu'il en était de même de son côté. Si je n'ai pas souvent l'oreille assez fine pour les entendre encore aujourd'hui, au-delà du temps et de l'espace, je ne cesse de mon côté de les prononcer à son intention. Et pour être cohérent et conséquent, mes pensées et mes actions en sont à chaque instant le prolongement : « Alexander, je t'aime ! Sois en paix et sois heureux ! »

  
On a tendance à croire que la Saint-Valentin n'est que la fête des amoureux. Les plus cyniques disent plutôt qu'elle est la fête des fleuristes, des chocolatiers et des restaurateurs. Mais en fait, la Saint-Valentin est la fête de l'Amour. Aussi, je veux profiter de cette occasion de dire « Je t'aime ! » à tous ceux et celles qui comptent pour moi, tous ceux et celles qui, de près ou de loin, font battre mon coeur et jubiler mes neurones. Je pense à ma famille et à mes amis d'ici, mais aussi à ceux d'outre-mer. Je pense à notre petite famille, à Alexander et à moi, même à ceux et celles dont je n'ai plus de nouvelles et dont je ne sais pas s'ils sont encore sur terre. Je pense à ceux qui, pour une raison ou pour une autre qui m'attriste et que je respecte pourtant, qu'ils soient au Royaume-Uni, en France ou ailleurs, ne me donnent plus signe de vie. Je pense bien entendu à mon amie Jane, à Abigail, à Alexander le Gallois, à mon ami Charles de France, et à plusieurs autres. Je veux aussi saisir cette occasion de dire à mes deux ou trois lecteurs fidèles ainsi qu'à ceux de passage à quel point votre présence, même silencieuse, m'est chère. Et je vous dis merci d'être là.

Je vous souhaite à tous, particulièrement en cette journée de la Saint-Valentin, de recevoir, sous une forme ou sous une autre, de nombreux témoignages d'affection, tout comme je vous invite à rester présents et sensibles aux êtres qui, de près ou de loin, vous sont chers.

lundi 9 février 2015

Le triomphe de la grossièreté et de l'arrogance

Serait-ce Gaétan Barrette, le ministre de la Santé du Québec, célébrant sa « victoire » facile, son coup de force démocratique, faisant adopter sous le bâillon son projet de loi au mépris de tous les intervenants du milieu de la santé et contre les avis éclairés de ceux qui suivent la gestion des affaires publiques ?

Faut-il s'attendre à la révolte des Québécois et à un printemps chaud sous le signe des mouvements de contestation ? Le mépris n'aura qu'un temps !

dimanche 8 février 2015

Les bon moyens


Une autre façon de dire que ceux qui n'appliquent pas de nouveaux remèdes sont condamnés aux mêmes maux ? Ou qu'il faut savoir s'adapter au changement ? Il est clair que les vieilles clés n'ouvrent pas les nouvelles serrures.

vendredi 30 janvier 2015

Congestion !


Terrassé depuis quelques jours par un « vilain » rhume – un rhume peut-il être autre chose que « vilain » ? Oui, bien entendu, il pourrait être « méchant ».
Pour moi, le résultat est le même : le nez et la gorge congestionnés, le cerveau comme une grosse brioche échappée dans l'eau de vaisselle, tous les muscles endoloris.
Pour la première fois de ma vie, je crois, je rêve de vacances dans un pays chaud.
Je n'attendrai cependant pas les vacances : dès que j'aurai les neurones et les synapses fonctionnels, je rédigerai un billet pour ce blogue. Que mes deux fidèles lecteurs ne croient pas que j'aie cessé de respirer et que les archives de ce blogue s'arrêteront au 31décembre 2014.

mercredi 31 décembre 2014

Bonne année 2015



Tous mes vœux les plus cordiaux
à l'occasion de cette nouvelle année.

Que 2015 se déroule dans la paix
dans l'amour, la joie,
sous le signe de la santé.

Osez les plus beaux rêves !
Réalisez-en au moins un !

Bonne année !
  

mercredi 24 décembre 2014

Joyeux Noël


Joyeux Noël
et
Joyeuses Fêtes
à tous !

lundi 22 décembre 2014

Le 22 décembre 2008 - il y a exactement six ans - Alexander prenait la route pour se rendre chez sa grand-mère, dans la région de Cumbria, de Lakes District, au nord de l'Angleterre, pour y fêter Noël avec une partie de sa famille. Je me souviens de ce jour comme si c'était hier ; je me souviens des moindres détails de notre conversation de ce matin-là, comme je me souviens pratiquement de chaque instant de cette journée, des messages échangés avec notre meilleure amie qui s'inquiétait parce qu'Alexander ne répondait pas à son téléphone mobile, pas plus que le chauffeur ne répondait au téléphone de la voiture (Alexander, qui n'avait sans doute pas beaucoup dormi de la nuit, avait fermé la sonnerie de son téléphone et demandé au chauffeur de faire de même).

Après que la voiture eut quitté l'immeuble qu'Alexander habitait à Londres, le gardien avait téléphoné à notre amie, au nord-est de l'Angleterre, pour l'aviser que la voiture venait de partir, mais qu'un peu plus tôt, Alexander avait eu un petit accident... Jane s'en était inquiétée et avait voulu savoir ce qu'Alexander m'en avait dit. Il ne m'en avait pas dit grand-chose ; il avait sans doute voulu m'en parler mais, pensant qu'il s'était simplement levé en retard, je n'avais pas posé de question... Inutile de dire que nous étions tous soulagés quand, après quelques heures de route, Alexander était arrivé chez sa grand-mère ; celle-ci avait fait préparer du thé et un léger goûter qu'elle allait partager avec Alexander. Après quoi, me disait Jane qui venait de parler au téléphone à la grand-mère, Alexander allait m'écrire pour me dire qu'il était bien arrivé, me décrire sa chambre si bien aménagée pour lui, son chat Harry et son inséparable ami Alexander Bull.

Alexander était heureux de retrouver sa grand-mère, de l'aider dans ses derniers préparatifs pour la grande réception du réveillon... Mais je ne peux m'empêcher de penser qu'il avait l'intuition, dont il ne voulait pas vraiment parler, que ce serait le dernier Noël qu'ils allaient passer ensemble. Il m'avait pourtant dit : « L'an prochain, tu ne seras pas seul ; tu seras avec moi dans ma famille. » Mais, dans les jours suivants, je sentais qu'il était encore plus attentif à tout ce qui l'entourait : la couleur du ciel dans la campagne anglaise, la forme et le mouvement des nuages, la danse des flocons de neige dans l'air froid... Il avait pris une voiture, chez sa grand-mère, une grosse voiture qui tient bien la route et, avec son ami Alexander Bull, il était parti explorer la campagne des environs. Il avait roulé longtemps, comme il l'avait fait à moto quelques mois plus tôt, puis il s'était arrêté dans le vieux pub d'un petit village où il avait pris du thé et du pain d'épices, et il s'était joint aux gens du coin qui, la bonne bière aidant, chantaient en chœur de vieilles chansons anglaises... Même Alexander Bull, qui ne voulait rien manquer, chantait avec eux... Puis il s'était installé au vieux piano et avait joué quelques airs avant de reprendre la route.

Il était rentré fatigué mais assez content de cette longue randonnée dans la campagne anglaise sous la neige. Il avait repris du thé et quelques bonnes choses puis il était monté à sa chambre d'où il m'avait écrit avant de se mettre au lit sans attendre le dîner... (Alexander Bull était monté avec lui mais, dès qu'il a senti les bonnes odeurs de la cuisine, il était redescendu pour surveiller la préparation du dîner). Je ne sais pourquoi, mais j'avais aussi l'impression qu'Alexander savourait chacun de ces moments comme s'ils n'allaient pas revenir, comme s'il sentait qu'il ne serait plus là pour les revivre au Noël suivant...

Tout cela est bien gravé dans ma mémoire, et surtout dans mon cœur. Ces images, ces mots, ne me quittent jamais, mais ils sont plus douloureux encore durant ces jours qui précèdent Noël, et plus particulièrement en ce 22 décembre... Quand donc les oublierai-je ? Jamais ! C'est un « jamais » tout relatif, qui ne concerne que moi, bien sûr. Mais tant que je vivrai, ce passé sera présent, et jusqu'à mon dernier souffle Alexander sera vivant.

mercredi 17 décembre 2014

Let me be your Teddy Bear ou...

l'ourson en soi
 
Texte à venir

Let me be your Teddy Bear

samedi 6 décembre 2014

Désespérance

Dans les mois qui ont précédé son départ (je pourrais pratiquement, par cœur ou de mémoire, donner la date et l'heure de cette conversation), Alexander me disait qu'autour de lui la lumière n'était plus la même : les gens qui circulaient autour de lui, les maisons, les rues, les monuments, étaient les mêmes que la veille, mais l'éclairage en était différent, et il ne semblait plus reconnaître les liens familiers, affectueux, que la veille encore il entretenait avec eux.

J'étais attentif à ce qu'il me disait, mais bien plus encore aux émotions qui accompagnaient ces mots ; il n'avait pas besoin de me faire un dessin. J'avais d'autant plus de mal à trouver les mots justes que j'étais moi-même ébranlé par cette perception nouvelle qu'il exprimait, et surtout par ce qu'il pouvait ressentir. J'avais mal, mais je ne voulais pas le lui laisser sentir ; ce qui était pratiquement impossible, car Alexander devinait, sentait, ressentait tout ce que je pouvais penser ou ressentir. Un jour que j'étais angoissé et que je l'avais écrit à notre amie, « docteur Jane », elle m'avait immédiatement répondu : « Non, Alcib, je vous en prie, ne soyez pas angoissé, car Alexander le sentira. Imprégnez-vous de son amour pour vous ; exprimez-lui tout l'amour que vous avez pour lui mais, je vous en prie, ne soyez pas angoissé ».

Ai-je su trouver les mots, ce jour-là, pour le rassurer ? Je n'en sais rien. Peut-être pas si je ressens aujourd'hui encore toute la douleur de cette conversation. Je crois tout de même avoir réussi à l'apaiser en l'assurant que, moi, je n'avais pas changé, que j'étais là, avec lui, et que j'y serais encore le lendemain, les jours, les mois suivants, pour toujours, et que ni les nuages, ni les orages, ni quoi que ce soit, n'empêcheraient mon amour pour lui de grandir jour après jour.

J'ai aussi l'impression, ces jours-ci, que la lumière a changé, que l'éclairage sur les gens et sur les choses qui m'entourent, et sur tout ce qui compose ma vie intérieure, n'est plus le même. Et je ne sais à qui le dire, sinon à ce carnet que j'écris peut-être sur le sable du désert... Si au moins j'avais l'espoir d'y rencontrer un aviateur tombé du ciel sur son lourd engin, conversant avec un Petit Prince venu d'une autre étoile !


Mon amie Danielle, à qui je pouvais tout dire et qui, toujours, savait me faire sourire en parlant d'une certaine astéroïde, dans le voisinage de la B 612 ou Bésixdouze , est elle-même en route vers son étoile dans le ciel. J'espère que le voyage ne sera pas trop long ni trop difficile. Une autre amie merveilleuse, qui a connu son lot de difficultés ces deux ou trois dernières années, ne répond pas à mes demandes de ses nouvelles. Le silence en a enrobé un certain nombre d'autres, et ce n'est certes pas moi qui suis en droit de le leur reprocher.

Ces dernières semaines, de sérieuses inquiétudes ont monopolisé mon attention. Certaines conversations, certaines consultations, m'ont depuis partiellement rassuré. Certaines choses ont changé qui me forcent à modifier des habitudes de vie et, en soi, ce n'est pas réjouissant. L'automne tire à sa fin ; l'hiver est déjà à nos portes, mais ce n'est pas ce qui me préoccupe. Au delà des saisons, des températures plus froides et des périodes d'ensoleillement, quelque chose a changé en moi. Je ne reconnais plus avec ce qui m'entoure les liens familiers ; je ne me reconnais plus vraiment moi-même.

Après des semaines de stress, voici le temps de la détresse... Pourtant, la vie continue, comme si je n'y étais pas, et comme l'écrivait André Gide, « je reste seul sur la banqueroute de ma désespérance. »

lundi 24 novembre 2014

Des hauts... et des bas

Les mots viennent parfois aisément pour exprimer clairement ce qui est bien conçu... J'aimerais pouvoir exprimer simplement ce que, de toute évidence, je ne conçois pas bien ; les mots qui se présentent en voulant me servir s'en retournent penauds d'être venus inutilement.

J'aimerais pouvoir énoncer en quelques lignes les raisons de mon long silence, mais je ne suis pas sûr d'y arriver.

Les trois derniers mois ont été pour moi bien remplis... J'ai assumé la responsabilité de quelques dossiers qui m'ont sans cesse tenu en haleine pratiquement tout le temps, sans beaucoup de répit. Les gens autour de moi ne cessent de me féliciter et de me remercier pour le travail accompli et les résultats obtenus ; je crois que ce qui les impressionne le plus, c'est rapidité avec laquelle j'ai su comprendre la complexité de la situation et proposer les solutions les plus appropriées. Je ne l'ai pas fait pour impressionner qui que ce soit ; je suis moi-même, non pas très surpris de ma « performance », mais plutôt étonné de voir le chemin parcouru en si peu de temps et les résultats obtenus dans des domaines où je ne connaissais rien la veille.
Mais tout cela a un prix. Au bout de quelques semaines, je me suis rendu compte que j'étais épuisé par les heures de travail, par la tension constante qui me tenait. Il aurait fallu y aller plus modérément mais, à mon avis, les circonstances ne le permettaient pas.

De petits problèmes de santé sont apparus peu à peu... Puis des problèmes informatiques que nous n'arrivions pas à régler... Pour agrémenter le tout, j'ai perdu un bon montant d'argent dont j'avais pourtant bien besoin dans l'immédiat. Quand je dis « perdu », c'est au sens propre : j'ai retiré une somme d'argent, que j'ai mise dans mes poches pour rentrer chez moi, sans m'arrêter en chemin. Or, en rentrant chez moi, j'ai constaté que je n'avais plus cet argent sur moi : il a dû tomber sans que je m'en aperçoive et... permettre à quelques étudiants du quartier de s'offrir quelques fantaisies... à ma santé (qui aurait bien besoin de ce soutien moral).

Justement, sur le plan de la santé, je n'ai cessé de me faire annoncer des mauvaises nouvelles. Alors que je me sentais bien en allant passer des examens de routine, je suis rentré à chaque fois avec une mauvaise nouvelle, chacune d'entre elles contribuant à miner mon moral... et mes espoirs de réaliser un certain nombre de choses. Je dois dire qu'en ce moment, je ne sais pas trop ce qui m'attend. 
Ce dimanche après-midi, voulant me faire rassurer un peu, j'ai raconté à l'une de mes voisines qui travaille dans les hôpitaux et qui, sans être médecin, connaît bien la médecine, mes dernières consultations. Au lieu de me rassurer, elle a plutôt accentué l'importance d'agir rapidement. Si je l'avais écoutée, je ne serais pas assis devant mon ordinateur en ce moment, mais plutôt allongé sur une civière aux urgences ou, si j'avais de la chance, sur un lit du même hôpital. Je ne prends pas à la légère ses recommandations, mais j'ai des rendez-vous ce lundi et mardi ; je vais tenter d'attendre à mercredi pour me rendre à l'hôpital... à moins que d'ici là quelqu'un (mon médecin, ou un autre) insiste pour que je m'y rende immédiatement.

Et, à travers tout cela, j'ai perdu il y a quelques jours ma merveilleuse amie et complice Danielle, ma voisine au grand coeur, ma sorcière bien aimée, ma voyante, mon guide aussi bien à travers le passé lointain ou immédiat que vers l'avenir, ma confidente de tous les instants, un membre de notre famille choisie que j'espérais croiser chaque fois que j'ouvrais ma porte, l'ange qui sans cesse me parlait d'Alexander car elle savait que notre rencontre avait des origines très lointaines, du temps d'Alexandre le Grand et au delà... Elle est allée le rejoindre.
Elle pouvait m'appeler à trois heures du matin pour aller prendre un café (il m'est arrivé de me retrouver, en pleine nuit, en pyjama, au café du coin)... Elle me cuisinait de bonnes choses ou bien elle me rapportait un sandwich quand elle allait faire une course rapide... Toujours elle m'adressait des petits mots, poétiques, lumineux... souvent sur des cartes qu'elle avait elle-même fabriquées de ses mains.

Danielle
Étoile du Nord - département des Anges

samedi 22 novembre 2014

Je suis vraiment désolé...


 ... de vous avoir fait attendre.

Je reviens très bientôt.

mardi 16 septembre 2014

Intro ou extra... ?

Dans un billet intitulé timide intimité, qu'elle publie aujourd'hui sur son blogue, notre collègue et amie, Dr CaSo, se demande si, à partir d'une liste de dix points relevés dans un article sur l'introversion, elle ne serait pas introvertie. Après y avoir laissé un long commentaire, en réponse à chacun des points, je me suis dit qu'il y aurait peut-être sur mon propre blogue un lecteur, curieux ou ayant besoin d'une distraction, qui pourrait vouloir lire ma réaction ce que l'on dit des introvertis. Je me reconnais plus ou moins dans plusieurs des points qu'elle mentionne (je n’ai pas fait le compte : c’est lorsque j’arriverai à la fin de mon commentaire que je saurai), mais je ne crois pas être introverti pour autant. Jugez-en par vous-même et, si le cœur vous en dit, donnez-moi votre opinion. 

1. C’est normal qu’après une dépense (d’énergie, d’argent, etc.), on ait besoin ou simplement envie de refaire le plein. Après une activité d’animation, de formation, de communication, je suis parfois fatigué mais, la plupart du temps, heureux, et stimulé, mais pas déprimé. J’ai plutôt envie de continuer à faire quelque chose d’intéressant, avec ou sans les autres. 

2. Je n’aime pas les foules ou, plus précisément : je n’aime pas être dans la foule. Mais je n’ai pas peur de m’adresser à des foules (si j’ai quelque chose à leur dire) ; 500, 3 000 ou… des millions (à la radio ou à la télévision), je préfère m’adresser à eux que d’être au milieu d’eux. D’une part je suis un peu claustrophobe (et non agoraphobe), mais si on a un message à livrer, c’est moins embarrassant que de devoir parler de la pluie et du beau temps avec des inconnus. 

3 Le silence, la solitude, sont pour moi de vrais amis. Autant j’aime à l’occasion être avec un certain nombre (pas trop grand) de personnes avec qui j’ai des affinités, des intérêts communs, autant je peux rester chez moi plusieurs jours sans sortir, sans utiliser le téléphone. 

4. J’ai été, les 30 premières années de ma vie, assez timide (dans la classe, à l’université, j’essayais de me cacher derrière les autres afin que le professeur ne remarque pas si je ne comprenais pas). Mais j’ai vite constaté que les autres n’étaient pas toujours plus à l’aise que moi ; alors j’ai commencé à aller vers eux. Et, si j’ai quelque chose à lui dire, je peux aussi bien appeler la reine d’Angleterre et du Royaume-Uni que… n’importe qui d’autre. L’ennui, c’est que la plupart d’entre eux ne m’intéressent pas. 

5. J’aime aussi écouter, observer… Mais si je suis dans un petit groupe, je crois que la politesse exige qu’au moins les autres entendent ma voix une ou deux fois, ne serait-ce que pour leur faire comprendre que, sur certains points, je ne suis pas différent d’eux ou… tout le contraire. 

6. C’est vrai que je suis parfois content si un projet est annulé ou reporté, mais c’est surtout parce que ce n’était pas pour moi le moment le mieux choisi ou parce que j’ai déjà pas mal trop d’autres choses à faire. 

7. Les introvertis espèrent secrètement qu'on les invitera au cinéma ou au restaurant (pourquoi pas les deux, l'un après l'autre ?) Pas vraiment en ce qui me concerne. Ma hantise : recevoir une invitation sans avoir eu le temps de trouver une bonne raison de refuser ou de… demander à réfléchir. Spontanément, je dirais plutôt : non. 

8. Tout cela est relatif. Je peux facilement établir une communication avec les autres s’il y a un intérêt commun, connu ou prévisible, ou si on n’a pas le choix : si on doit passer un long moment ensemble sans possibilité de fuite. 

9. J’ai plein de choses à dire, mais je ne suis pas sûr que les autres soient intéressés à ce que je le dise. Et je pense aussi à ce qu’écrivait quelqu’un (je ne sais plus qui) : « Je n’ai rien à dire, mais je tiens à le dire moi-même. » 

10. Que ce soit dans la vie personnelle, professionnelle ou sociale, je crois qu’il nous arrive tous de devoir faire des efforts pour se montrer polis, à défaut de se montrer solidaires ou aimables. Certains sont mieux entraînés que d’autres à ce genre de représentation. J’essaie souvent d’éviter ces occasions mais, si je ne peux y échapper, j’essaie de ne pas faire subir aux autres, amis, proches, collègues… ma frustration ou ma mauvaise humeur… à moins que ce ne soit le message que j’aie envie de faire passer. 

Alors, Docteur, suis-je normal ? Si oui, suis-je intro ou extraverti ?

jeudi 11 septembre 2014

11 septembre

Pour la plupart des gens sur cette planète, sans doute que cette date du 11 septembre évoque l'attaque terroriste sur les deux tours du World Trade Center, en 2001, attaque qui aura tué plusieurs milliers de personnes et transformé, pas souvent pour le mieux, la vie de millions d'autres. Pas plus que la plupart des gens, je ne saurais oublier cette date et cet événement. Je m'en souviens d'autant plus facilement que ce matin-là, avant même de savoir ce qui se déroulait à quelques centaines de kilomètres au sud de chez moi, j'essayais d'acheter un billet d'avion Montréal-Bruxelles et Paris-Montréal ; on m'a vite fait comprendre que ce n'était pas le moment. Je crois que pour le reste de ma vie, à moins de souffrir de dégénérescence ou de sénilité, je me souviendrai clairement de cette journée.
Cet événement a pris tellement de place dans l'esprit des gens et cette date est tellement restée associée à cette tragédie qu'un ami très cher, dont c'est l'anniversaire de naissance ce jour-là, ce jour-ci, s'en veut presque d'être né ce jour-là ou, du moins, si on lui demande la date de son anniversaire, il hésite à prononcer cette date fatidique. Et pourtant, dans mon cœur et dans mon esprit, cette date est vraiment, depuis près de cinq ans, la date d'anniversaire de celui que j'appelle mon ami même si je n'ai plus de ses nouvelles depuis plus d'un an ; ce sera toujours pour moi la date de naissance d'Alexander de Galles, qui a l'âge d'un autre Alexander dont j'ai abondamment parlé dans ces pages et dont je parlerai certainement encore longtemps.

J'ai si souvent rêvé de me tremper les pieds dans l'eau, sans doute froide, de la Taff, cette rivière le long de laquelle Alexander de Galles et son ami Maurice, le fidèle et inséparable ami canin, ont si souvent fait des promenades et de longues pauses. Cette seule image, avec son vieux pont de pierres et sa charmante petite maison, qui provient d'ici me fait tellement rêver à un éventuel séjour à Cardiff et ailleurs au pays de Galles, que je me permets de l'imprimer et de l'encadrer afin de l'avoir toujours sous les yeux Et il y en a tellement d'autres !

Caernarfon Castle - source

Je veux donc profiter de ce jour pour souhaiter à mon ami Alexander de Galles (« de Galles » n'est pas son vrai nom ; je lui ai donné ce nom pour le distinguer de celui que nous appelons le Petit Prince. Mais si Alexander de Galles n'est pas pour tous Le Petit Prince, il est vraiment son frère par son caractère, ses valeurs, sa façon d'être et de vivre). Je suis malheureux de ne plus avoir de ses nouvelles, mais je ne l'oublie pas, je ne l'oublierai jamais. Je rêve de visiter un jour son pays magnifique, en sa compagnie j'espère, car il en est pour moi, peut-être ne le sait-il pas, le meilleur ambassadeur.

 
Oscar, comme Oscar Wilde, un autre Oscar que nous aimons

Ce 11 septembre 2014, c'est aussi la date où la juge Thokozile Masipa doit commencer, après six mois de procès, à Pretoria, à rendre durant plusieurs heures ou quelques jours, son verdict dans la cause accusant le jeune champion olympique sud-africain d'avoir tué sa fiancée. Je ne résumerai pas ici ce procès de six mois. Oscar Pistorius reconnaît bien sûr avoir tiré sur Reeva Steenkamp, sa petite amie, alors qu'elle était dans la salle de bain. Mais Oscar Pistorius soutient avoir tiré à travers la porte après avoir entendu du bruit au milieu de la nuit et croyant sa vie en danger, qu'un voleur était entré par effraction, alors qu'il croyait son amie endormie près de lui. Les accusations sont nombreuses et il serait étonnant qu'Oscar Pistorius soit totalement innocenté. S'il est reconnu coupable de meurtre prémédité, il est passible de prison à perpétuité (vingt-cinq ans incompressibles).



J'ai commencé à m'intéresser à Oscar Pistorius parce que mon ami Alexander de Galles m'avait parlé de lui au moment où Oscar Pistorius, qui a les deux jambes amputées, a voulu participer avec les athlètes non handicapés aux compétitions olympiques des Jeux de Londres 2012, où il s'est admirablement bien distingué.


Oscar Pistorius, en raison de son handicap (qui lui a tout de même permis de devenir champion olympique) était, et est resté j'en suis sûr, une immense source d'inspiration pour mon ami gallois. Ce procès et son issue possible a fortement inquiété mon ami gallois, et je le comprends ; j'ai partagé son inquiétude et je sais que cette date du 11 septembre sera déterminante pour la suite des choses. Je crois personnellement, et je suis sûr que mon ami gallois en est convaincu, que la thèse de l'accident mortel qui a enlevé la vie à Reeva Steenkamp est la vérité, que ce champion olympique, vedette mondiale n'a pas intentionnellement causé la mort de sa petite amie. S'il avait prémédité de la faire disparaître, je ne crois absolument pas qu'il aurait envisagé la solution de l'arme à feu dans sa propre chambre. Je sais que mon ami gallois doit attendre dans l'angoisse le verdict qui sera rendu aux cours des prochaines heures ou des prochains jours. Je suis de tout cœur avec Oscar et ses proches, avec mon ami Alexander le Gallois. Je croise les doigts et je prie pour que ce 11 septembre soit enfin un jour de libération plutôt qu'un sombre jour de condamnation.


dimanche 31 août 2014

Il y a 17 ans, Lady Di...


Il y a dix-sept ans, disparaissait Lady Di, la princesse de Galles, princesse des cœurs, princesse des deux Petits Princes dont elle était si fière et qui sera toujours pour eux leur mère partie trop tôt, princesse de mon Petit Prince qui ne l'oubliait pas...


Je suis heureux d'avoir pu lui rendre, le 31 août 2008, un hommage qu'Alexander a pu lire et commenter. En dépit des commentaires discordants, Alexander était heureux que j'aie pu contribuer modestement à perpétuer la mémoire de sa princesse, lui qui jamais ne manquait une occasion de lui témoigner son amour et sa fidélité, en se rendant régulièrement à Paris, par exemple, pour déposer des fleurs sur le pont de l'Alma où a pris fin son existence terrestre. Dans mon cœur et dans mon esprit, Alexander et Lady Di sont et seront à jamais réunis.

samedi 23 août 2014

La fête des roses


« Cueillez dès aujourd'hui
les roses de la vie. »
Pierre de Ronsard


Le 23 août, c'est la Sainte-Rose et c'est aussi la fête des roses...

dimanche 17 août 2014

Schlafe,mein Prinzchen, schlaf ein - Dors, mon Petit Prince



Dors, mon Petit Prince

Schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
Schäfchen ruh'n und Vögelein,
Garten und Wiesen verstummt,
auch nicht ein Bienchen mehr summt,
Luna mit silbernem Schein
gucket zum Fenster herein,
schlafe bei silbernem Schein,
schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
schlaf' ein, schlaf' ein!

Alles im Schlosse schon liegt,
Alles im Schlummer gewiegt,
reget kein Mäuschen sich mehr,
Keller und Küche sind leer,
nur in der Zofe Gemach
tönet ein schmachtendes Ach!
Was für ein Ach mag das sein?
Schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
schlaf' ein, schlaf' ein!

Wer ist beglückter als du?
Nichts als Vergnügen und Ruh'!
Spielwerk und Zucker vollauf
und noch Karossen im Lauf,
Alles besorgt und bereit,
dass nur mein Prinzchen nicht schreit.
Was wird da künftig erst sein?
Schlafe, mein Prinzchen, schlaf' ein,
schlaf' ein, schlaf' ein!

Longtemps attribuée à Mozart, cette berceuse, l'une des plus célèbres, aurait plutôt été composée par Bernard Flies, dont on ne connaît pas grand-chose, sauf qu'il serait né à Berlin vers 1770. Des sources plus récentes indiquent que la berceuse aurait plutôt été composée au XVIIIe siècle par Johann Friedrich Anton Fleischmann, compositeur allemand.

J'aurais aimé, enfant, m'endormir au son de cette berceuse ; mais je ne me souviens pas avoir jamais entendu ma mère chanter. Je suis toutefois persuadé, même si nous n'avons pas eu l'occasion de parler de celle-ci, qu'Alexander a dû l'entendre souvent, et peut-être même en allemand car je crois que sa mère avait du sang allemand.