jeudi 14 juin 2007

« Je ne peux pas vous répondre en ce moment... »

Je vous ai dit qu'à compter de la semaine prochaine, je serai officiellement mon propre patron. Ce vendredi 15 juin, je signerai quelques documents qui rendront officiel ce nouveau statut.

Le travail n'a toutefois pas attendu. En plus d'avoir de nombreuses décisions à prendre, plusieurs démarches à faire pour mettre sur pied mon projet, d'avoir en plus à gérer plusieurs dossiers au sein de l'organisation que je préside (occupation bénévole), j'ai déjà des clients qui font appel à mes services. Or, pour me libérer un peu de toutes les autres obligations et pour me concentrer sur un mandat qu'un nouveau client me confie, j'ai décidé d'aller travailler dans un endroit tranquille. Voici mon moyen de locomotion. Je n'ai pas eu trop de mal à trouver une place pour me garer.

Voici mon bureau, vu de l'arrière.

L'entrée de mon bureau, à ma gauche.

Le bureau vu de l'entrée de gauche, avec mon porte-document (sac à dos) sur le bureau.

Et finalement, la vue que j'ai de mon bureau quand je regarde devant moi (le dossier en moins).


Vous aurez remarqué que je ne suis pas dérangé très souvent, ni par le téléphone ou par les courriels, pas plus que par les visiteurs. J'ai passé là plusieurs heures, au cours des deux derniers jours, et j'ai pu travailler efficacement. Mon travail, pour l'instant, consistait à prendre connaissance d'environ cinq cents pages de documentation sur un sujet que je ne lis pas très souvent pour le plaisir, mais qui m'intéresse toutefois. En rentrant à la maison, pour compléter la documentation, un livre du même auteur m'attendait. Il faudra maintenant que j'écrive un chapitre d'une quarantaine de pages qui viendra s'insérer dans un autre document d'environ 300 pages. Si je travaille bien, il se pourrait qu'on me demande de rédiger un autre chapitre et, une fois tous les textes écrits, de réviser le tout.

Ne croyez-vous pas que tout cela mérite le nouveau bureau que je me suis offert ?

mercredi 13 juin 2007

Symbole

Dans certains milieux d'affaires, dans certaines professions, il est essentiel de soigner son image, de savoir choisir sa tenue, ses accessoires... C'est ainsi, par exemple, que l'on voit les journalistes, les présentateurs de bulletins de nouvelles, en France plus qu'au Québec, tenir leur stylo de façon que l'on puisse, à l'écran, bien reconnaître la marque du stylo, la plupart du temps un Montblanc.

Depuis plusieurs années, je rêve d'avoir le mien, le gros cigare à la plume en or 18 carats à pointe large. Il y a quelques années, j'ai failli en acheter un, avenue de l'Opéra, à Paris, puis je me suis dit qu'ils ne coûtaient sans doute pas plus cher à Montréal. Je n'en ai jamais acheté un encore...

Tout à l'heure, en cherchant des images, je suis tombé sur celui-ci, que Montblanc a mis en vente en 2005, dans son édition limitée des Grands Écrivains, pour rendre hommage à Miguel de Cervantes.

« L'instrument d'écriture et l'agrafe reprennent le thème des ailes des moulins à vent antiques. La laque brune marbrée du corps, qui porte la signature de Miguel de Cervantes, est pontuée[sic] d'anneaux dorés. Sur le capuchon, on trouve le numéro individuel du stylo à côté de l'étoile Montblanc ivoire. La plume en or 18 carats s'orne d'un moulin à vent ciselé en référence à Don Quichotte. » Voilà ce que l'ont peut lire sur ce site, d'où provient aussi la photo.

Je me suis dit que pour bien asseoir ma réputation de nouvel entrepreneur, il faudrait bien que je choisisse un tel stylo, surtout que le principal service offert est lié à l'écriture... Et cela me rappelle que, depuis la création de ce blogue je n'ai jamais activé encore la liste de cadeaux associée au profil de blogueur ; je devrais y voir.

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mardi 12 juin 2007

Bonne nouvelle

L'image vient d'ici

Depuis plusieurs semaines, j'élaborais un projet sur lequel je misais beaucoup. Je devais présenter hier matin mon projet devant un comité composé de cinq personnes dont les décisions sont sans appel. L'acceptation ou le rejet de ce projet devait avoir des conséquences déterminantes sur mon avenir professionnel.

L'image vient d'ici

J'avais précisément dix minutes, pas une seconde de plus, pour présenter mon projet aux membres du comité et les convaincre. Cette présentation était suivie d'une période de questions, de dix minutes également, de la part des membres du comité. J'ai présenté mon projet en neuf minutes et quelques secondes et je me suis tu, attendant les questions. Je peux parler longuement si on m'en donne l'occasion, mais j'ai aussi développé ce réflexe de pouvoir dire ce qu'il faut dans un temps très précis, qu'il soit de dix ou de deux minutes, ou encore de 30 secondes. Je ne sais pas combien de temps a duré exactement cette période de questions, mais j'en suis sorti content de moi. J'avais même réussi à faire rire les membres du comité. En partant, j'ai serré les mains et tout le monde avait le sourire aux lèvres, moi compris.

Ce matin, alors que je digérais mal les émotions des événements d'hier après-midi, le téléphone a sonné, la bonne nouvelle est arrivée. Cela signifie qu'à compter de la semaine prochaine je serai, officiellement, mon propre patron.

Cela dit, je dois m'atteler à la tâche, car j'ai déjà du travail qui m'attend.

La gauche française

On pourra ne pas être d'accord avec l'opinion du chroniqueur (il n'a pas l'habitude de chercher à plaire à tout le monde), mais elle mérite d'être lue : Pierre Foglia, du journal La Presse, commente le « virage à droite » de la France. C'est la deuxième partie de sa chronique dont la première est consacrée aux hôpitaux.

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lundi 11 juin 2007

Salut, René !



René Lapalme 1965-2007

Les lecteurs de ce blogue ont sûrement suivi les désopilantes bandes dessinées de notre confrère et ami René Lapalme, comme ils ont sans doute lu et écouté ses chroniques musicales sur son blogue, Une vie en musique.

René, dont j'ai commencé à lire le blogue en novembre 2005 et que, grâce à son « vieil » ami Olivier, j'avais rencontré en personne l'hiver dernier, a perdu le combat qu'il menait ces derniers mois contre un cancer aussi virulent qu'inattendu. Il est parti sans prévenir tout le monde samedi dernier.

On ne peut évidemment pas parler d'injustice de la part du cancer, de la maladie, de la mort ; les personnes « saines », créatives, rayonnantes... devraient toutefois en être exemptées le plus longtemps possible ! C'est révoltant de voir partir des amis à 42 ans !

Bon voyage, René. Tu vas nous manquer.

J'ai emprunté la photo sur le site personnel de René Lapalme.

vendredi 8 juin 2007

8 juin

Le 8 juin est une date que je ne peux oublier. Quand j'avais neuf ans, j'ai eu une nouvelle institutrice (les précédentes étaient ma soeur et ma mère) et, comble de bonheur, celle-ci avait une fille de mon âge. Quand je pense à Odette, aujourd'hui, et que j'essaie de m'imaginer ce qu'elle est devenue, je ne peux m'empêcher de l'associer à Catherine Deneuve : elle était blonde, très belle, avec une peau aussi parfaite qu'une porcelaine de grande qualité, crème rosée, qui sentait bon... Son anniversaire de naissance était le 8 juin.

Cette date, c'est aussi celle qui, il y a... plusieurs années, a fait qu'un garçon que j'apprenais à connaître depuis quelques mois est concrètement devenu le premier Grand Amour de ma vie.

C'est aussi l'anniversaire d'un ami, que je n'ai pourtant pas appelé... Ce 8 juin 2007 restera cependant pour moi un jour triste. J'ai appris ce matin la mort de quelqu'un dont le nom ne dira certes pas grand-chose aux lecteurs habituels de ce blogue, du moins ceux que je reconnais. Il s'agit d'un chanteur québécois qui a eu ses années de gloire du temps du yé-yé, qui est devenu producteur de disques puis de cinéma...

Quand, à seize ans, j'ai voulu devenir chanteur moi-même, je l'avais appelé afin qu'il m'accorde une audition. Je ne sais comment j'avais pu obtenir son numéro de téléphone mais j'avais gagné la confiance de sa mère qui, chaque fois que j'appelais, n'hésitait pas à me le passer. Il m'avait fait venir un soir dans un studio où, à titre de producteur, il dirigeait l'enregistrement d'un disque d'une de ses protégées. Durant une pause, il s'était assis au piano et m'avait demandé de chanter pour lui ; après m'avoir dit que je chantais juste, il m'avait donné quelques conseils et, en disant qu'il n'avait pas le temps de s'occuper de moi, il m'avait suggéré d'aller voir M. Untel, producteur bien connu qui avait lancé la carrière de nombreux chanteurs. J'avais obtenu de sa protégée les coordonnées d'un professeur réputé avec qui je voulais travailler et, peu de temps après, je commençais à prendre des leçons avec lui ; quelques années plus tard, grâce aux conseils de ce professeur, je fis mon premier voyage à Paris et j'entrai en contact avec des artistes français...


À la suite de cette audition, je restai toutefois en contact avec le chanteur-producteur et j'étais admis dans les coulisses des studios de télévision et des salles de spectacle lorsqu'il y était... Il m'est arrivé quelques fois de recevoir un appel de sa part, me demandant de passer à son bureau afin de participer à des campagnes de promotion. Je me souviens d'un jour où, ayant vu une chronique que je signais dans un magazine, il m'exprima sa joie de me voir écrire et m'invita à venir le voir un autre jour pour discuter d'un emploi qu'il m'aiderait à obtenir dans un journal à plus grand tirage. Je n'avais alors que dix-sept ans ; j'étais devenu chroniqueur un peu par hasard et je ne me sentais pas prêt à devenir chroniqueur dans un plus grand journal. Il m'arrive parfois de regretter ces scrupules, mais c'est le passé...

Durant quelques années, j'ai donc traîné dans l'entourage de ce chanteur-producteur et, surtout, dans celui d'une chanteuse qu'il avait ramenée des États-Unis et qui reste l'une des chanteuses québécoises les plus aimées et les plus respectées de tous ceux qui aiment vraiment le rock, le blues... Un jour elle est partie en Angleterre, où elle a fait des disques avec les Beatles, les Rolling Stones, avant d'aller en France où elle faisait partie des spectacles de Johnny H. C'est à ce moment-là que nos routes ont bifurqué. Je suis moi-même parti à Paris peu après et, au retour, j'ai renoncé au monde du spectacle et j'ai pratiquement cessé de fréquenter ceux et celles qui en faisaient partie. Anecdote amusante : quand j'allais quelque part avec cette chanteuse, plusieurs personnes me prenaient pour le chanteur qui s'occupait de sa carrière ; et mon père, regardant une photo de l'une de mes soeurs avec le chanteur populaire trouvait que j'avais un drôle d'air sur cette photo.

Il m'est arrivé plus tard de rencontrer Tony R. par hasard, mais il vivait surtout en Californie et je n'avais pas l'occasion de le revoir. Ma vie a pris un autre tournant, loin des feux de la rampe, mais je n'oublierai jamais qu'à la fin de mon adolescence, un chanteur populaire a bien voulu me laisser entrer dans son univers et m'a permis de connaître les coulisses du monde du spectacle... Je n'oublierai jamais la confiance qu'il m'accordait et l'espèce de fraternelle affection qu'il me témoignait, m'invitant au restaurant avec des chanteurs, des producteurs, des journalistes, me confiant les clés de sa voiture...

dimanche 3 juin 2007

L'École d'Athènes

En cliquant sur l'image, on l'agrandit.

Cette grande fresque de Raphaël se trouve dans la « salle des Signatures », au Vatican ; la « Chambre des Signatures » doit son nom au fait que le pape y faisait des bulles ou, plutôt : il y signait ses bulles et ses brèves. En concevant cette fresque, Raphaël voulait représenter la synthèse de l'idéologie antique et de la pensée chrétienne de la Renaissance.

L'École d'Athènes symbolise la philosophie antique, la puissance de la raison, en opposition à une autre fresque peinte par lui-même, La Dispute du Saint-Sacrement, qui symbolise plutôt la victoire de la théologie sur la philosophie antique. Ces fresques ont été commandées à Raphaël par le pape Jules II, qui prétendait ainsi pouvoir réunir la Foi et la Raison.

En cliquant sur l'image, on l'agrandit.

(Puisque je n'ai jamais visité le Vatican, je ne saurais dire laquelle de ces deux reproductions représente le plus fidèment les véritables couleurs de la fresque. Nous avons le choix. À bien y penser, il y a de fortes chances que la première image représente les couleurs réelles.)

Cette ambitieuse composition relève des défis d'ordre formel (la question des perspectives, des niveaux de lecture, etc.), en plus de rassembler dans un temple idéal les principaux personnages de la pensée antique. De plus, Raphaël donne à certains de ces personnages de la Grèce ancienne les visages de Romains de la Renaissance.

C'est ainsi que l'on trouve, par exemple, au centre de la composition, Platon sous les traits de Léonard de Vinci, désignant le ciel et Aristote désignant la terre, le geste de l'un et de l'autre chacun résumant sa philosophie. Un peu vers la gauche, au même niveau, on reconnaît Socrate discutant avec Alcibiade ou Alexandre Le Grand, qui fut lui-même élève d'Aristote, et avec Xénophon.

Au premier plan on reconnaît Pythagore, tenant un livre ouvert, Héraclite, appuyé sur le coude pour écrire, représenté sous les traits de Michel-Ange dont il aurait eu le caractère ombrageux, semble-t-il ; à droite, Euclide dessine sur une ardoise et Raphaël, l'avant dernier visage en bas à droite.

Au dernier plan, les statues d'Apollon et de Minerve veillent sur les arts et sur la philosophie...

Cette fresque est si riche qu'elle mériterait des heures et des heures de recherche et d'interprétation. Je n'en ai ni le temps ni les compétences. Si la démarche vous intéresse, un bon point de départ, faute de mieux, serait de consulter cette page de Wikipédia ; elle vous mènera à de nombreuses découvertes aussi fascinantes les unes que les autres.

Depuis des années, j'ai dans ma cuisine une grande reproduction de cette fresque ; je ne me lasse pas de la regarder et de me laisser inspirer par cette concentration de grands esprits réunis en un seul lieu.

Ce dimanche trois juin, c'était l'anniversaire d'un garçon parisien que j'aime beaucoup. Steve est parisien parce qu'il vit à Paris, mais Athénien de coeur et d'esprit. Il étudie la philosophie et, parallèlement à ses études, enseigne le grec et le latin au lycée.

Nous avons souvent dialogué dans un salon de conversation et, quelques fois, nous avons eu des conversations privées. J'ai eu le bonheur d'entendre sa voix au téléphone à quelques reprises. Je vois souvent Steve se connecter sur MSN, mais je ne sens pas forcément besoin de l'aborder ; je sais que si je le fais, je serai le bienvenu et je crois qu'il est persuadé de la réciproque. Si je me souviens bien, Steve a été, après moi, le premier lecteur de ce blogue le jour où j'ai décidé de le rendre public ; il avait laissé un commentaire anonyme, mais un commentaire de philosophe. Le commentaire est ici mais, en fait, il aurait dû se trouver sous ce billet. S'il est clairement plus aristotélicien que platonicien, j'ai cru comprendre aujourd'hui que Steve éprouverait de la sympathie pour Héraclite d'Éphèse, dit l'Obscur.

Or, en le saluant aujourd'hui pour lui souhaiter un joyeux anniversaire, je me suis rendu compte que l'image qu'il avait choisie pour le représenter sur MSN est une reproduction de cette fresque de Raphaël, L'École d'Athènes et, en fait, c'est plutôt une partie de la fresque, précisément l'image que j'avais choisie pour illustrer mon billet « Aristote et moi », le 27 novembre 2005.

p. s. : puisque j'ai déjà parlé de synchronicité* dans ce blogue, j'ai reçu hier un courriel d'un psychologue, auteur d'un livre sur Les hasards nécessaires.

*Le Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française définit ainsi la « synchronicité » : « Principe selon lequel deux ou plusieurs événements psychiques ou physiques qui surviennent sans entretenir entre eux de relation de causalité peuvent être chargés d'un sens identique, et constituer ainsi une coïncidence significative.
« La synchronicité est notamment utilisée pour expliquer des phénomènes tels que la télépathie, la prémonition et la clairvoyance. »



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jeudi 31 mai 2007

Bilan de santé



« Stressés, mais plus en santé ! ». Voilà ce que révélait hier le rapport annuel de l'Institut canadien d'information sur la santé au sujet des Québécois. Ces derniers souffrent davantage du stress que les Canadiens, mais ils mangent plus de fruits et légumes et ils souffrent moins de problèmes de santé. Il y aurait au Québec plus de médecins spécialistes qu'au Canada et le Québec serait au troisième rang pour le nombre de médecins de famille. « D'une manière générale, le Québec a moins de problèmes de santé et a moins recours à des chirurgies à la hanche et au genou, en grande partie parce que la population y est un peu moins obèse que la moyenne canadienne. »

Ces quelques bonnes nouvelles ne font pas nécessairement du Québec un paradis terrestre, mais à force de lire les commentaires méprisants au sujet du Québec et le dénigrement systématique de ce qui est québécois de la part des journaux anglophones canadiens - y compris ceux du principal journal anglophone de Montréal -, il est un peu réconfortant d'apprendre qu'un institut canadien dévoile des résultats positifs sur la santé des Québécois.

Parallèlement à la publication de ce rapport, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) se dit inquiète. Les jeunes médecins délaisseraient de plus en plus les cabinets et les Québécois auraient de plus en plus de mal à se trouver un médecin de famille.

Je n'ai pourtant pas eu de mal à en trouver un, il y a trois ou quatre ans à peine. J'ai téléphoné à une clinique parce que je voulais avoir un vaccin avant de partir en voyage ; le médecin que j'ai vu en premier étant assez souvent pris par des conférences, des voyages, des entrevues télévisées, j'ai accepté de voir ensuite quelqu'un d'autre, moins médiatisé. C'est celui-ci qui m'a proposé, après plusieurs visites de routine, de devenir mon médecin de famille. Comme il est très disponible, très ouvert, jeune et sympathique, j'ai accepté, bien entendu.

La photo du médecin vient d'ici.

Je n'avais pas vu mon médecin depuis la fin de l'automne dernier. Il m'avait alors demandé d'aller faire des prélèvements sanguins afin d'avoir un bilan assez complet de mon état de santé. Durant tout l'hiver, j'ai été très occupé et quand je l'étais moins, je n'avais pas vraiment envie de rester à jeun durant quatorze heures, de me rendre à l'hôpital tôt le matin pour y faire des prélèvements sanguins. J'en avais d'autant moins envie que durant tout l'hiver, les médias parlaient d'épidémies de grippe puis de la bactérie C difficile : si j'étais bien, je n'avais pas envie de faire exprès pour me mêler à ceux qui ne sont pas bien ; et si je n'étais pas bien, j'étais donc vulnérable et c'était pour moi une raison de plus pour rester chez moi.

La semaine dernière, j'avais un rendez-vous avec mon médecin. Pour ne pas lui faire perdre son temps, je suis d'abord allé à l'hôpital faire faire les analyses prescrites. Mon médecin pourrait ainsi me commenter le résultat de ces analyses.

Il n'y a sans doute aucun lien avec ma visite à l'hôpital la semaine précédente, mais le jour même de cette visite, j'ai été très malade et cela a duré près de trois jour. Je crois que la cause est plutôt d'ordre alimentaire (empoisonnement) : j'ai dû manger un champignon supposément frais (j'écris : « supposément », et non « soi-disant », car, bien que de Paris, le champignon n'était pas doué de la parole, et ne pouvait se dire lui-même frais).

Je m'attendais à d'assez mauvaises nouvelles car il est vrai que je ne me suis pas toujours senti bien ces derniers mois. J'ai souvent eu des maux de tête qui duraient des jours et des jours ; il m'arrivait en marchant dans la rue d'éprouver des vertiges et, très souvent, j'éprouvais des picotements dans les mains et les pieds... Je me disais que tout cela, c'était le résultat d'un trop grand stress...

Or, le diagnostic fut tout autre. Les bonnes nouvelles, c'est que je n'ai pas de cholestérol et que la pression sanguine est plutôt bonne. L'inattendue, c'est que je fais de l'anémie. Je manque de fer dans le sang. Et c'est ce qui explique la plupart des malaises ressentis depuis quelques mois, auxquels s'ajoutent un manque d'énergie et un besoin assez inhabituel de sommeil. C'est aussi l'une des raisons de mon silence fréquent dans ce blogue : même si j'ai des sujets de billets, je manque d'énergie au moment de les rédiger.

Il me faudra donc manger un peu plus souvent de la viande rouge (j'ai des envies de foie de veau), des épinards, etc. L'une de mes amies à qui je confiais cela ce soir m'a promis de m'inviter bientôt à dîner ; j'aurai le choix du menu : filet mignon, osso bucco, foie de veau... Chez elle, je mangerais même des queues de souris farcies car tout ce qu'elle cuisine est exquis. Et comme son mari est aussi un fin gourmet, les repas chez eux ne sont jamais banals. Il ne faudra cependant pas que j'attende les invitations pour soigner un peu plus mon alimentation.

Note du 12 juin 2007 : Les journaux, les médias de façon générale, ne cessent de publier des sondages, des reportages sur le piètre état du système de santé au Québec et sur la situation catastrophique des urgences des hôpitaux. Loin de moi l'idée de vouloir prendre la défense du gouvernement de Jean Charest qui vient d'accorder des réductions d'impôts à la classe moyenne qui n'en avait pas besoin alors que ceux qui gagnent peu ne recevront rien, et ce choix gouvernemental (entêtement personnel du premier ministre) a été fait au détriment de l'investissement de ces 900 millions de dollars dans les systèmes de l'éducation et de la santé. Mais mon expérience personnelle dans le système de la santé n'a pas été si catastrophique que le portrait que l'on dresse généralement dans les médias le laisse croire ; je tiens à le dire et à le répéter. Or, aujourd'hui dans le journal La Presse, le chroniqueur Pierre Foglia dit à peu près la même chose que moi. Et, pour ceux que les élections françaises et la lutte entre la gauche et la droite intéressent, il faut lire la deuxième partie de la chronique.

mercredi 30 mai 2007

Jean-Claude Brialy (30 mars 1933 - 30 mai 2007)

J'apprends avec surprise et tristesse la mort de Jean-Claude Brialy, décédé à son domicile parisien, ce mercredi 30 mai, à 74 ans, « des suites d'une longue maladie ».

J'ai toujours aimé cet acteur. Je n'ai pas vu tous ses films et je ne l'ai jamais vu au théâtre, mais je l'ai toujours aimé dans les films que j'ai vus et les pièces télédiffusées que j'ai pu voir. J'aimais aussi le voir et l'écouter parler dans ses entrevues télévisées. Son charme, sa culture, son immense talent de raconteur, son humour, ses bonnes manières, ... ; tout cela me manquera.

Je ne sais pourquoi, en apprenant sa mort, ce soir, j'ai pensé à Anthony Perkins...

Je n'ai jamais oublié que, lors de mon premier séjour à Paris, quand j'avais vingt ans, je l'avais croisé sur l'avenue des Champs-Élysées. Il marchait lentement, semblant absorbé dans une rêverie ou en train de refaire le monde en pensée, comme je l'ai fait si souvent moi-même, que ce soit dans les rues de Paris ou de Montréal...

Sur cette dernière photo (dernière dans cet espace, mais première dans la chronologie de ces images), il me fait penser à jeune homme bien vivant et s'apprêtant à quitter la « Pichardie » où il avait fait son nid ces dernières années...

mardi 22 mai 2007

Hommage à la science



Caricature de Girerd, La Presse, 20 août 1983

« Il y aura toujours des jeunes qui se demandent pourquoi les pommes tombent ou comment travaille le cerveau. De nos jours - entre l'obscurantisme et la civilisation du confort - ces jeunes là sont considérés comme anormaux : la science a odeur de soufre. Et pourtant elle avance ! ... » Pierre-Gilles de Gennes, dédicace à Futura-Sciences.

Je suis peu attiré par les sciences et je crois que nous sommes trop nombreux à négliger ce domaine d'activité de l'intelligence. Nous apprécions le développement de la technologie dans la meure où celle-ci nous apporte plus de confort, nous rend la vie plus facile ou plus agréable. Nous avons généralement tendance à oublier que si les objets pratiques que nous utilisons tous les jours existent, il y a eu, avant même l'intervention des ingénieurs, des concepteurs, des techniciens qui en ont inventé des applications nouvelles, les résultats de la recherche qui a permis d'identifier les propriétés de la matière et d'en proposer des utilisations nouvelles.

Je me fais aujourd'hui cette réflexion en apprenant la nouvelle de la mort de Pierre-Gilles de Gennes, directeur de l'École supérieure de physique et de chimie, professeur au Collège de France, Membre de l'académie des Sciences...

« Il poursuit des travaux remarquables sur les phénomènes d'ordre dans des milieux complexes. L'importance de ces travaux lui vaudra d'être nommé Membre de l'Académie des Sciences en 1979 et d'être reconnu comme l'un des pionniers de ce que lui même désigne souvent comme la physico-chimie de la matière molle. Ses contributions marquantes dans des domaines très variés (magnétisme, supraconductivité, cristaux liquides, polymères, etc.) lui ont valu le prix Nobel de physique en 1991 », lit-on sur le site de Futura-Sciences.

Nous lui devons notamment, résultats pratiques de ses travaux de recherche, les écrans plats de nos téléviseurs, de nos ordinateurs, de nos téléphones cellulaires, etc. Merci, Monsieur Pierre-Gilles de Gennes !

lundi 21 mai 2007

Je me souviens...




« Je me souviens » : c'est la devise nationale du Québec. Si les Québécois sont souvent bien en peine d'expliquer ce dont ils se souviennent, ce n'est pas seulement en raison d'une mémoire défaillante ; la signification exacte de cette devise n'a pas été clairement précisée au moment de son adoption et, depuis, elle se prête à toutes sortes d'interprétations.

D'aucuns pourraient penser que la devise des Québécois a été bien mal choisie car, à les voir agir et faire des choix, on pourrait croire que les Québécois souffrent d'amnésie. Je crois plutôt qu'ils sont astucieux : ils ont la mémoire très sélective et choisissent de ne se souvenir que de ce qui les arrange selon les circonstances. Je crois aussi qu'il y a un peu d'épicurisme dans cette attitude, pour ne pas dire de « paresse » : on ne se donne pas la peine...

Aujourd'hui, lundi 21 mai, c'est congé. Dans un sondage effectué auprès de 1 000 Québécois, on leur a demandé la raison de ce congé. 36 % des répondants ont mentionné que c'était la « Fête de la Reine » (Victoria) alors que 26 % ont parlé de la « Fête de Dollard » (La fête de Dollard avait été instituée en 1910 afin de souligner le 250e anniversaire de la bataille du Long-Sault).

Seulement 30 % des Québécois interrogés ont mentionné que c'était la Jourmée nationale des Patriotes. Or, c'est par un décret du gouvernement du Québec, adopté le 21 novembre 2001, que la Journée nationale des Patriotes a officiellement remplacé la « Fête de la Reine » Victoria et la « Fête de Dollard ». 74 % des Québécois interrogés sont toutefois favorables à ce que cette fête soit plutôt désignée comme la Journée nationale des Patriotes.

Avant de devenir la Journée nationale des Patriotes, que l'on célèbre désormais le troisième lundi de mai, la journée des Patriotes avait été adoptée par le gouvernement du Québec en 1982. En 1994, le gouvernement canadien, reconnaissait officiellement la contribution historique des Patriotes du Bas-Canada (Québec) à l'établissement d'un système de gouvernement démocratique.


La fête veut commémorer la Rébellion des Patriotes qui opposa en 1837 une partie de la population civile du Bas-Canada (devenu le Québec) à l'occupant militaire et colonial britannique. La population, à 80 % d'ascendance française, s'opposait notamment au fait que « le pouvoir politique et économique était entre les mains d'une oligarchie marchande [de souche britannique] qui tenait à conserver sa position dominante. » Le clergé qui dominait alors et qui domina longtemps encore la société catholique francophone, était assez divisé sur l'appui à accorder aux revendications des Patriotes. Comme il arrive encore aujourd'hui dans les sociétés où le clergé a encore un rôle à jouer, le bas-clergé éprouvait de la sympathie pour les Patriotes, alors que le haut-clergé était plutôt favorable à l'empire colonial britannique. Même l'évêque de Montréal d'alors, Jean-Jacques Lartigue, pourtant cousin du grand patriote Louis-Joseph Papineau prit le parti des Britanniques contre ses compatriotes et coreligionnaires (le haut-clergé reste fidèle à ses ambitions sociales et politiques : tout pouvoir est bon à prendre, de quelque ordre qu'il soit ; pour maintenir et augmenter son prestige, il vaut toujours mieux s'associer aux dominants).

vendredi 18 mai 2007

Saint Éric



Le 18 mai, c'est la Saint-Éric. Ça ne changera peut-être pas grand-chose dans votre vie, ni dans la mienne, d'ailleurs. Mais c'est pour moi une occasion d'avoir une pensée plus affectueuse pour tous les Éric que je connais, qu'ils soient à Montréal, à Paris, à Aix-en-Provence ou ailleurs.

J'ai pris l'habitude de noter cette fête à mon agenda quand mon filleul*, l'un de mes neveux, que je désignais comme « mon » neveu, a atteint l'âge de raison. Éric et moi avions développé une belle complicité et, puisque ses parents étaient divorcés, qu'il vivait avec sa mère et que son père n'était pas toujours présent, j'ai essayé de compenser l'absence masculine dans sa vie. Je dois dire que ce n'était pas une corvée pour moi ; bien au contraire, je trouve que c'est un privilège incroyable de participer à l'éducation et d'accompagner l'évolution d'un jeune garçon, surtout quand la relation qui s'établit entre lui et soi est une relation voulue, choisie, et non pas imposée par des liens familiaux.

Saint Éric n'est pas le plus connu des saints patrons ; on ne trouve pas grand-chose à son sujet. Sur Wikipédia, on trouve, notamment, ceci : Il était Érik IX de Suède, également appelé Erik le Saint (den Helige) ou saint Éric ; il fut roi de Suède de 1156 à 1160. Il fut tué en 1160 par un prince danois. Il est fêté le 18 mai.

* Si jamais vous vous étiez posé cette question : « Comment réunir autour d’une même table quelques aïeuls, un parrain vieux garçon, une tante pimbêche et des enfants turbulents sans risquer l’incident diplomatique ? » Vous trouverez la réponse ici.

La musique n'est pas d'un compositeur suédois, comme l'était Éric IX ; Grieg est plutôt norvégien. Mais je n'ai rien trouvé d'autre, parmi la musique disponible de compositeurs suédois, que la musique du groupe ABBA. Les oeuvres de Bjorn Andresen, héros du film Mort à Venise, devenu compositeur, ne sont pas disponibles sur Radioblog.

Je ne voyage pas beaucoup, mais le hasard m'a fait tomber sur ce blogue qui contient de jolies photos : Ma jolie Slovénie.

jeudi 17 mai 2007

L'homophobie est une forme de racisme, une agression...

J'aime beaucoup cette image, que je regarde avec tendressse et... un peu d'envie. On ne m'a sûrement pas vu souvent en image dans ce genre de situation, mais c'est simplement parce qu'il n'y avait pas toujours de photographes autour de moi. Au fond, si cette photo n'était pas diffusée sur Internet, j'aurais pu vous laisser croire que j'étais l'un des deux garçons ; et pour être tout à fait honnête, j'aurais moins de mal à essayer de vous faire croire que je suis celui de gauche. Mais ce n'est pas le cas, hélas...

Il y a des gens qui n'aiment pas du tout voir ce genre de photographie. Ça dérange certains qui détourneront la tête en pensant qu'ils n'ont rien contre l'homosexualité, à condition de ne pas être obligés de les voir ou de les fréquenter. Chez d'autres, la réaction est plus violente : ça leur donne la nausée et si ça leur fait monter la testostérone, c'est pour alimenter leur agressivité.

Je n'ai pas, moi-même, souffert du regard des autres et de leur jugement, du moins en ce qui concerne mon orientation sexuelle. J'ai peut-être eu de la chance. Je préfère croire que j'ai fait le bon choix en endossant tout à fait cette identité du garçon qui aimait les garçons parce que Platon et ses concitoyens considéraient qu'il s'agissait là d'un sentiment très noble. J'en ai presque cru que j'avais vraiment choisi cette orientation ; il serait plus honnête de dire que mes lectures m'ont plutôt aidé à me construire tout un univers culturel qui m'a permis de ne pas me sentir plus seul dans cette identité que je pouvais me sentir malheureux d'être né à la campagne, au Québec... Des lectures d'écrivains comme Roger Peyrefitte, André Gide, Julien Green, Montherlant, Jouhandeau, Yves Navarre, Renaud Camus, etc., m'ont permis de croire que mon imaginaire amoureux n'était pas moins noble que celui de la majorité des garçons.

Mon séjour à Paris, à vingt ans, m'a permis de vivre concrètement en conformité avec mon imaginaire et avec mes valeurs. Et, depuis, j'ai essayé de vivre ainsi, le plus possible sans renier ce que je suis, sans me cacher pour vivre et sans avoir honte de ce que je suis. Je crois que si je n'ai pas souffert de discrimination en raison de ma sexualité, c'est beaucoup une question d'attitude : je n'ai jamais admis qu'on me colle une étiquette, quelle qu'elle soit.

Mais il n'en est pas ainsi pour tout le monde. Chez les adolescents, notamment, il y a beaucoup de discrimination, beaucoup de cruauté et beaucoup de souffrance. Le taux de suicide chez les jeunes est assez élévé, particulièrement au Québec ; et l'une des raisons du suicide chez les jeunes est souvent liée à l'identité, au rejet par les pairs, à la difficulté à accepter et à vivre son orientation sexuelle.

Hier encore, on a arrêté aux États-Unis une jeune homme qui aurait récemment tué en Colombie-Britannique deux hommes, simplement parce qu'ils étaient homosexuels. Le même suspect aurait déjà tué auparavant un autre homosexuel. aux États-Unis. Ce genre de crime haineux est encore très fréquent, et pas seulement aux États-Unis.... Les fanatiques sont trop nombreux, partout dans le monde, qui se transforment en justiciers pour défendre la normalité, la moralité, la volonté de Dieu, etc., en éliminant simplement ceux qui ne vivent pas selon leurs valeurs.

Or, en ce 17 mai, journée internationale contre l'homophobie, il faut penser à tous ces jeunes et aux moins jeunes qui sont encore victimes de l'homophobie, à l'école, dans leur milieu de travail, dans leur vie quotidienne et parfois même dans leur propre famille.


Et pour la caricature, j'aime cette chanson, qui me rappelle de bons souvenirs de Montparnasse ; parmi mes voisins, il y avait Régine :