vendredi 30 janvier 2009

Amour conjugal

Cet femme de 80 ans a été arrêtée pour vol à l'étalage dans un supermarché.

Le juge lui demande : « Qu'est-ce que vous avez volé ? »
La femme répond: « Une boîte de pêches. »
— « Pourquoi avez-vous volé cette boite de pêches ? »
— « J'avais faim. »
— « Combien y avait-il de pêches dans la boîte ? », demande le juge.
— « Six », répond la femme.
— « Vous aurez donc six jours d'emprisonnement », conclut le juge.

À ce moment-là, le mari intervient : « Puis-je dire quelque chose ? »
— « De quoi s'agit-il ? », demande le juge.
— « Elle a aussi volé une boîte de petits pois », répond le mari bien-aimé.


dimanche 25 janvier 2009

Du petit lutin vert... au lapin rose

Je ne sais plus dans quel livre de Michel Tournier j'ai lu que les enfants ont besoin d'affection, de tendresse, qu'ils espèrent normalement obtenir de leurs parents ou des personnes qui les remplacent. Il n'y a rien de révolutionnaire dans cette affirmation ; Françoise Dolto, Marcel Rufo, et bien d'autres spécialistes de l'enfance l'ont dit et redit. Ce qui m'avait frappé dans ces phrases de Michel Tournier, c'est qu'il ajoutait que les parents jettent bien souvent dans les bras de leurs enfants un jouet, une poupée qui remplacera l'affection que voudrait recevoir l'enfant. Alors que les enfants voudraient plutôt un être de chair à aimer, un camarade, un frère, une soeur, un parent, mais ils doivent se contenter d'une poupée de chiffon. Les parents s'en tirent à bon compte, en somme. « Les parents sont une maladie incurable », a écrit déjà le pédopsychiatre Marcel Rufo, que j'ai évoqué le 13 mai 2006.

À défaut d'un autre être de chair à aimer, les enfants, jusqu'à un âge assez avancé je crois (certains ne quittent jamais leur enfance), savent donner vie à leur poupée et construire avec elle un univers merveilleux, s'inventer une relation pleine d'amour. Il n'y a d'ailleurs pas que les petites filles qui aiment les poupées ; les petits garçons aussi aiment les poupées et les grands garçons... encore davantage. C'est une grave discrimination que l'on fait, selon moi, de ne pas vouloir donner une poupée à un jeune garçon. Il voudra sans doute que sa poupée soit différente de celle qu'aimera sa soeur, mais si on ne lui transmet pas le préjugé que les garçons ne jouent pas avec les poupées, il saura développer son imaginaire autant avec une poupée qu'avec un camion de pompiers. C'est sans aucun doute dans ces jeux que l'enfant apprend à aimer, à identifier ce qu'est l'amour pour lui, à dire son amour... Il y aurait beaucoup à dire sur ce seul sujet, mais ce sera pour une autre fois.

J'aurais certainement aimé, lorsque j'étais enfant, que quelqu'un s'occupe de moi, me parle sérieusement, m'apprennent plein de choses intéressantes, comme de reconnaître les oiseaux, les insectes, les plantes, les fleurs... J'aurais aimé que quelqu'un m'apprenne avec une bienveillante tendresse à nommer les êtres et les choses.


À défaut de cela, j'ai eu le bonheur d'avoir un jour, je ne sais plus exactement d'où il est venu ni pourquoi il est arrivé dans mes bras, un charmant petit lutin vert. Il n'était pas très vivant quand il est arrivé ; il était même assez rigide, tout en caoutchouc qui ne demandait toutefois qu'à se réchauffer et à s'assouplir. On dit que les lutins sont espiègles et facétieux, bienfaisants ou malfaisants. Vêtu d'un costume tout vert, d'un beau vert irlandais (j'avais beau avoir une grand-mère irlandaise, je ne connaissais encore rien de l'Irlande), avec un bonnet de la même couleur, mon petit lutin était beau. Le lutin de chiffon que représente l'image précédente est très mignon et fera le bonheur de bien des enfants. Toutefois le mien avait les traits d'un vrai garçon, d'un beau garçon que j'aurais voulu avoir comme ami.



Je ne me souviens plus quel âge je pouvais bien avoir, mais je me souviens vaguement des conversations que je tenais avec ce petit lutin et des projets que nous faisions ensemble. J'étais sans doute trop jeune pour rêver d'une véritable relation amoureuse avec ce beau lutin ; la sexualité était encore très diffuse et mes rêves de tendresse n'étaient pas encore des rêves érotiques. Toutefois, quelles merveilleuses aventures nous aurions vécues ensemble si j'avais eu aussi à ma portée des livres, comme la saga du Prince Éric, écrits par Serge Dalens et illustrés par Pierre Joubert, dans la collection Signe de Piste. Ces livres qui ont fait rêver tant d'adolescents, je ne les ai pas encore lus ; il y a bien longtemps que je me propose d'en lire au moins un. J'en parlais avec quelqu'un que j'aime, il n'y a pas tellement longtemps encore.

Les garçons, comme les filles sans doute, préféreraient avoir de vrais baisers, de vrais câlins, plutôt que de jouer avec des bouts de caoutchouc ou de chiffon... Mais à défaut d'en recevoir des grandes personnes autour d'eux, il apprendront à combler leurs carences en aimant leur poupée, leur ourson, leur chien en peluche, etc.

Merci à Alexander de m'avoir envoyé
ce petit lutin qui sent si bon

Comme je n'ai pas conservé beaucoup de souvenirs de mon enfance, je n'ai pratiquement conservé aucun de mes jouets. J'admire ceux qui ont pu conserver ces compagnons de jeux. Pour certains, chaque jouet a une vie propre et évoque une partie de l'enfance qu'il serait relativement facile de raconter en détails tellement ces jouets ont enregistrés d'images, de dialogues, d'émotions qui ne demandent qu'à s'exprimer si on leur en donne l'occasion.

Je me souviens aussi d'un petit ourson que j'avais eu à un moment donné (je ne sais pas quel âge je pouvais avoir, mais j'avais certainement plus de six ans). Cet ourson était rose mais il avait les pattes bleues ; il pouvait donc faire le bonheur aussi bien d'un petit garçon que d'une petite fille.

À ce sujet, lorsque celui que j'aime a voulu, l'été dernier, m'envoyer un lapin rose, il s'est rendu dans une boutique de jouets pour bébés, sachant qu'il trouverait là ce qu'il voulait, qu'il n'avait pas trouvé ailleurs. En le voyant entrer dans la boutique, la vendeuse d'un certain âge, élégante et un peu snob, s'est approchée de mon ami qui lui a exprimé ce qu'il cherchait : un lapin. « C'est pour un petit garçon ou pour une petite fille ? », a-t-elle demandé. — « C'est pour grand garçon », lui a répondu mon ami. — « Je vois. Donc, nous cherchons un lapin bleu. » — « Non, un lapin rose. » Et c'est ainsi que, depuis lors, ce lapin fait mon bonheur.

Et vous ? Vous aviez une poupée, un ourson ou un autre animal en peluche ? Quelle importance cette poupée ou cet animal prenait-il dans votre vie ? Avez-vous conservé certains jouets de votre enfance ? Jouent-ils encore un rôle important dans votre vie actuelle ?

lundi 19 janvier 2009

Désonheur


Je n'ai jamais cherché les honneurs officiels et je ne crois pas en avoir obtenu non plus (je m'en souviendrais, il me semble). Exactement comme quelqu'un que j'aime, les titres pour moi-même n'ont pas d'importance, mais je respecte entièrement les titres qui se respectent, de la même manière que je respecte les institutions, les symboles, les traditions... Il m'arrive d'être impertinent, insolent, mais rarement irrespectueux ; je n'irais pas jusqu'à piétiner un drapeau pour la simple raison qu'il est celui de mes adversaires politiques, par exemple.

Je ne sais pas comment je réagirais si on voulait me remettre la médaille de l'Ordre du Canada, par exemple. De nombreux Québécois ont refusé la décoration pour des raisons politiques ; à tort ou à raison, ils ne voulaient pas avoir l'air de renoncer à leur identité, à leurs convictions, à leur engagement en acceptant une décoration d'une institution à laquelle ils refusent d'être soumis. Il faudrait voir pour quelle raison on voudrait me l'offrir (je sais bien que je ne cours aucun risque), mais je respecte néanmoins la décoration.

Avant 1e 17 avril 1967, date de création de l'Ordre du Canada, la plus haute distinction que pouvaient souhaiter recevoir les Canadiens était l'Ordre de l'Empire britannique. Si l'Ordre national du Canada suscite peu de convoitise au Québec, sauf dans quelques milieux très restreints, les Québécois s'identifient davantage à l'Ordre national du Québec, la plus haute distinction décernée par le gouvernement du Québec.

Francophone et longtemps influencé par la littérature et la culture françaises, j'ai toujours été curieux de savoir, par exemple, à qui la France (pendant longtemps, la France était incarnée par De Gaulle lui-même, mais ça c'est une autre histoire), remettait sa Légion d'honneur. « L’ordre national de la Légion d’honneur est la plus haute décoration honorifique française. Elle a été instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte sur le modèle de l'Ordre de Saint-Louis, mais sans le limiter aux seuls officiers. Elle récompense les mérites éminents militaires ou civils rendus à la Nation », peut-on lire sur la page que lui consacre Wikipédia.

Or, la Légion d'honneur, plus haute distinction française, vient de perdre beaucoup de lustre à mes yeux. Il est dommage que les décorations honorifiques, si elles flattent l'ego des recrues qui les reçoivent, perdent leur prestige en raison des mauvais choix qui sont faits.

Je viens de lire dans les nouvelles du jour que le président français remettra le 2 février prochain la Légion d'honneur au premier ministre du Québec, Jean Charest. Je veux bien croire qu'il s'agit d'une politesse envers un chef d'État en visite en France. Mais s'il y a parmi les premiers ministres québécois quelqu'un qui mérite si peu ce titre de chef d'État, c'est bien Jean Charest. Politicien dans le sens le plus péjoratif du terme, c'est-à-dire : celui qui fait de la petite politique au jour le jour, au gré de ses intérêts (réélection en vue) et de ceux de ses amis (dans ce cas, une minorité d'individus et d'entreprises établis au Québec mais sans attache morale au territoire et au peuple québécois et dont la principale valeur s'exprime en symbole monétaire). Ce politicien que l'on croirait sans vision politique tant ses actions nationales (québécoises) sont inexistantes, a en fait deux grands objectifs : démanteler l'État du Québec (État qui n'a pas encore la reconnaissance officielle d'un pays souverain mais qui, depuis près de 50, s'est toujours imposé comme tel) pour en faire une province comme les autres (province : région administrative d'un pays) et, deuxième objectif : privatiser le plus grand nombre possible d'institutions au Québec pour le bénéfice de ses amis, hommes d'affaires aux grands yeux et aux dents longues.

La Légion d'honneur « récompense les mérites éminents militaires ou civils rendus à la Nation », dit-on. Or, depuis 50 ans, jamais un premier ministre du Québec n'aura autant fait, par ses actions cachées et par son laisser-faire évident, pour enlever toute portée au mot « nation » et pour faire oublier aux Québécois l'existence du mot État. Honte au président français de si mal s'acoquiner et, par la même occasion, de déshonorer la Légion d'honneur !

samedi 17 janvier 2009

Aimer, c'est partager...

« L'amour n'est pas seulement un miracle, né d'une rencontre. Il est jour après jour ce que l'on veut qu'il soit. Il commence lorsqu'on préfère l'autre à soi-même, lorsqu'on l'accepte tel qu'il est et qu'on l'aime dans sa totalité. Aimer, c'est partager des mots, des regards, des espoirs et des craintes, c'est vouloir que l'autre s'épanouisse, vive d'abord fidèle à lui-même. L'amour n'est pas un acquis ; il se construit chaque jour pour permettre le bonheur de l'autre, le bonheur des autres. » Martin Gray

Martin Gray n'a rien inventé dans cette définition de l'amour. Je pourrais en proposer une autre ; pour l'instant, celle-ci me convient.

vendredi 16 janvier 2009

Les miracles de la vie

L'image vient d'ici

Les miracles « ne se produisent que
dans l'âme de celui qui les attend
. »

Sefan Zweig, Les prodiges de la vie

Après une attente qui aura semblé une éternité, où tout pouvait basculer, la vie a repris le dessus. Il a ouvert de grands yeux, ces yeux magnifiques, pleins d'une saine gourmandise et de tendresse. Puis il a souri, il a parlé, il a mangé... La fièvre a beaucoup diminué. Il a de nouveaux des étincelles dans les yeux. Il remonte la pente...

jeudi 15 janvier 2009

C'est la nuit...


« C'est la nuit qu'il est beau
de croire à la lumière »

Edmond Rostand


Même en ce moment où tout espoir semble audacieux, je veux croire au miracle de la vie, au triomphe de la lumière sur la nuit.

mercredi 14 janvier 2009

I miss you...


samedi 10 janvier 2009

Tintin a 80 ans


Vous serez sûrement d'accord avec moi : à 80 ans, Tintin ne fait pas son âge.

C'est pourtant le 10 janvier 1929 que le dessinateur belge Georges Rémi, mieux connu sous le pseudonyme Hergé, formé de ses initiales RG, donne naissance à ce garçon. Toujours accompagné de son fidèle chien, le fox-terrier nommé Milou (Snowy, en anglais ou Struppi en allemand), Tintin commence ses aventures de jeune reporter du Petit vingtième (sans jamais rien écrire) en visitant l'URSS. Dans cet album intitulé Tintin au pays des Soviets, il montrera les côtés moins reluisants du communisme en dénonçant les abus du stalinisme.


Le personnage de Tintin est celui d'un garçon dont l'âge est très difficile à déterminer. On le croit d'abord adolescent mais quel adolescent pourrait partir en reporter en Union soviétique ? Il vit seul avec son chien et semble tout à fait autonome, subvenant à ses besoins. C'est un garçon intelligent, doté d'une grande curiosité et qui lit beaucoup. Avec un corps plutôt délicat, Tintin déploie une grande force physique. Ses airs de boy scout et ses fréquentations presque exclusivement masculine ont alimenté bien des spéculations sur son orientation sexuelle.

Le 7 janvier dernier, le journaliste anglais et ancien député conservateur Matthew Parris, publiait dans le Times intitulé « Of course Tintin's gay. Ask Snowy », dans lequel il affirme que Tintin ne pouvait qu'être gay, foi de Milou. Matthew Parris analyse les origines et le milieu familial de Tintin, ses amis, son activité professionnelle, sa vie domestique, son chien, etc., soulignant que son créateur avait déjà été chez les scouts, et sur chacun de ces points, il en vient à la conclusion que Tintin était gay. S'il ne l'était pas, il faut reconnaître qu'il ne ressemble en rien au mâle hétérosexuel incarné par John Wayne ou Charlton Heston.

N'ayant pas fait lui-même son coming out, sans doute par pudeur, bien compréhensible à l'époque de sa jeunesse, comment réagirait Tintin aujourd'hui devant le dévoilement de sa vie intime ?

vendredi 9 janvier 2009

Panne de courant


Je suis désolé d'être aussi silencieux. J'ai commencé à rédiger certains billets que je n'ai pas terminés, par exemple. Ce silence a plusieurs causes. Il peut s'expliquer par du travail, un peu de fatigue, du stress, quelques préoccupations, quelques bouleversements, des choses qui bougent et d'autres qui ne bougent pas assez...

Puis, ces derniers temps, j'ai passé plus de temps à essayer de faire fonctionner mon ordinateur qu'à m'en servir utilement ou agréablement. Il m'arrivait de commencer quelque chose et, après avoir rencontré quelques difficultés, de ne pas me souvenir de ce que j'étais en train de faire. Il est possible que l'ordinateur ait été infecté ; j'ai testé trois antivirus différents : chacun d'eux me disait avoir identifié des menaces qui en principe devaient être éliminées, mais si certains problèmes ont disparu d'autres que j'avais réglés il y a quelques jours sont revenus. Hier, j'avais des pages Web qui s'affichaient à un rythme si rapide que je n'arrivais pas à les fermer. La mémoire vive devenait vite saturée et je ne pouvais même plus rien faire, pas même fermer l'ordinateur de la bonne façon.

J'ai passé aussi plusieurs jours à essayer de régler d'autres problèmes pratiques. Il m'aura fallu par exemple des semaines de suivi régulier et de relances pour finalement me faire payer, aujourd'hui même, pour du travail effectué en octobre dernier. Les personnes à qui je parlais me semblaient toujours de bonne foi, mais dès que j'avais raccroché le téléphone, on m'oubliait. Comme on me devait environ 25 % de mon revenu annuel, il devenait important que je sois payé. On ne peut pas vraiment dire à un client qu'il n'y a plus rien dans le réfrigérateur depuis longtemps, mais j'ai su trouver les arguments pour être enfin payé. Je me demande cependant s'il y aura d'autre travail pour moi de la part de ce client car j'ai dû leur faire voir leur inefficacité et leur mauvaise foi ; les raisons qu'on me donnait pour ne pas avoir encore envoyé le chèque n'étaient pas crédibles ou démontraient un flagrant délit de mauvaise organisation. Je suis très bien capable de me battre lorsqu'il le faut, mais je n'aime pas toujours ça car si je ne gagne pas toujours, si on me pousse à bout, je peux faire plus de dommages qu'il en faut.

Mon amour, qui est revenu de la campagne plus tard que prévu, en a rapporté ce qu'il disait être une grippe et qui était en fait une mauvaise bronchite qui nécessitait l'hospitalisation. Il y a toujours bien sûr une inquiétude liée à l'hospitalisation, à la fièvre qu'il faut réussir à faire tomber. Comme je ne savais pas la gravité de la situation, mon inquiétude était raisonnable. Cependant, nous n'avons pas eu beaucoup le temps de nous parler entre son retour à la maison et son hospitalisation. Quand il était à la campagne, il pouvait m'écrire quatre ou cinq fois par jour, mais de l'hôpital, ce n'est pas possible. Il me manque.

Pour faire exprès, Docteur Jane ne pouvait pas non plus communiquer avec moi pour me donner des nouvelles. Son service de messagerie Hotmail était en panne depuis la veille de Noël et, sur un ordinateur ou sur un autre, le résultat était toujours le même : un message disait que Hotmail avait rencontré un problème et devait fermer, ou quelque chose du genre. Elle ne pouvait donc pas lire mes messages ni m'en envoyer. Cette fois-ci, c'est mon amour qui me donnait de ses nouvelles car ils se parlaient régulièrement au téléphone.

J'appréhendais donc les prochains jours avec anxiété, sans nouvelles de l'état de santé de celui que j'aime et, pour faire exprès, c'est la pleine lune ces jours-ci et, pour illustrer comment je me sens en ce moment, je reprendrai ces mots qui me trottent dans la tête depuis plusieurs heures, ces mots de l'écrivain Henri Calet, que citait Alexander le 23 avril dernier : « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes. » Ne me demandez pas pourquoi ces larmes, je ne le sais pas exactement

Ces mots que citait Alexander en commentaire à ce billet, je les ai retrouvés en effectuant une recherche sur Internet afin de trouver une image pour illustrer ce billet ; la recherche m'a fait aboutir... sur mon propre blogue. Cela m'a fait penser à ce que raconte Julien Green dans un volume de son Journal : cherchant dans le dictionnaire un mot dont il veut vérifier le sens, il trouve le mot et, sous ce mot, une citation de... Julien Green. Cela m'arrive aussi, mais je ne suis pas Julien Green, loin de là.

Puis, à force de vouloir quelque chose, elle finit parfois par arriver : je ne pouvais me résigner à dormir sans avoir reçu de nouvelles de mon amour ; or, juste avant de m'endormir, j'ai reçu de Docteur Jane, qui ne pouvait ni lire mes messages ni m'en envoyer depuis la veille de Noël, un message qui m'a fait beaucoup de bien ; il me donnait des nouvelles qui, sans être nécessairement très bonnes, étaient tout de même plus rassurantes que le silence ; puis, il signifiait la reprise des communications entre nous, interrompues par une panne informatique il y a plus de deux semaines. Merci encore, Docteur Jane.

mardi 6 janvier 2009

Les Rois mages


Texte à venir

dimanche 4 janvier 2009

Pour saluer Harry (Potter)

Croyez-le ou non, il y a un mois encore, je n'avais jamais vu un seul des films de la série « Harry Potter », sauf des extraits à la télévision. Or, après en avoir parlé récemment avec quelqu'un que j'aime beaucoup, qui a vu tous les films et lu tous les livres de la série, et qui a plusieurs raisons, s'il en faut, d'aimer ces histoires, ces personnages, ces décors, ces paysages, j'ai eu envie de voir d'abord les films. J'ai regardé hier soir le quatrième de la série, « Harry Potter et la coupe de feu ». Je dois dire que j'y prends beaucoup de plaisir. Je ne regrette pas de ne pas les avoir vus avant car je les découvre en ce moment avec un immense plaisir que je n'aurais pas connu si j'avais regardé ces films il y a un an, par exemple. Je pensais regarder ce soir le cinquième film disponible mais ce soir mes pensées sont toutes tournées vers un autre Harry (non pas le jeune prince du même nom mais un chat merveilleux dont le nom complet est Harry Potter), et mon cœur est tout entier avec son fidèle ami et compagnon des treize dernières années.

Il y a quelques semaines, le 18 novembre dernier, plus précisément, j'ai parlé des problèmes de santé que connaissait Harry et qui inquiétaient au plus haut point son ami, avec raison. Puis, le 22 novembre, je remerciais la déesse Bastet car Harry avait pris du mieux et repris des forces. Depuis lors, il semblait aller aussi bien que possible. Il avait retrouvé sa joie de vivre et continuait de faire le bonheur de son maître et de leur ami canin.

Parti à la campagne pour célébrer Noël, Harry y avait trouvé un charmant petit lit joliment aménagé par la grand-mère de son ami, une bouillotte pour le tenir au chaud. Il s'était même permis de manger quelques fleurs du bouquet qui souhaitait la bienvenue à lui et ses amis humain et canin. Un soir, en montant à sa chambre, mon amour avait vu avec émotion Harry dormir dans son propre berceau de bébé...

Or, hier soir, Harry a fait comprendre que ça n'allait plus, qu'il était temps de partir. Peu après être rentré d'une promenade dans la campagne, mon amour a constaté que Harry avait donné tout ce qu'il pouvait, que la prolongation de sa vie terrestre ne pourrait se faire que dans la souffrance. Comme il le lui avait promis, mon amour était là au moment critique ; comme il le lui avait promis, quand il fut clair qu'il n'y avait plus de retour possible, il a fait lui-même l'injection qui mettait fin à une souffrance aussi subite qu'irréversible.

Je ne connais pas beaucoup les chats moi-même mais j'ai lu quelque part, à plus d'un endroit, que les siamois sont parmi les plus fortes personnalités qui existent chez les chats, qu'ils sont joueurs, attachants, qu'ils aiment la vie domestique, la présence des gens autour d'eux, bien qu'ils n'aient en général qu'un seul maître. C'est sans doute le chat le plus attaché à son maître et celui qui exige de celui-ci une une présence attentionnée qu'il lui rend bien. On dit qu'il était aussi apprécié de la famille royale de Siam (l'ancienne Thaïlande) que des moines bouddhistes.

Or Harry n'était pas qu'un chat, pas qu'un siamois. C'était le compagnon depuis treize ans de ce garçon que j'aime. Harry avait été recueilli par la grand-mère de celui que j'aime et elle le lui offert au début de son adolescence ; il avait partagé sa vie durant toutes ses études et le début de sa vie professionnelle. On dit que le siamois développe avec son maître une telle complicité qu'on a l'impression qu'ils entretiennent une conversation intelligente ; c'était véritablement le cas entre Harry et son ami.

Harry devait quitter la campagne ce lundi pour rentrer avec ses deux amis, humain et canin, à l'appartement du centre-ville. Puisqu'il devait partir, abandonner son écorce terrestre, il a choisi le meilleur moment pour le faire. Il aura laissé passer les fêtes de Noël et du nouvel an, il y aura participé à sa façon. En annonçant hier soir qu'il ne pouvait plus retarder son départ pour l'autre dimension, il a permis à son maître et ami de lui donner la sépulture qu'il voulait. Un voisin lui aura fabriqué un petit cercueil et Harry aura été enseveli ce soir même dans le parc de celle qui l'avait recueilli il y a treize ans, comme elle a recueilli et soigné tant d'autres de ses frères du règne animal. S'il avait pu parler, Harry aurait su trouver les mots pour remercier cette femme extraordinaire qui, dans son cas, lui aura permis de vivre tous les bons côtés d'une vie princière, sans les aspects négatifs de la célébrité. Je suis sûr qu'au cours des derniers jours, il aura su dire par le regard ce « merci » qu'il ne pouvait prononcer.

Harry ne souffre plus et il a rejoint le paradis des chats. Sur Terre il ne sera jamais oublié de ceux qui l'ont connu. Pour ma part, jamais auparavant je ne me serai attaché à ce point à un chat. J'ai connu Harry bien tard mais il aura su, autant que son maître et ami, conquérir mon cœur. Ce cœur, il est bien lourd et malheureux ce soir en pensant à la peine de celui à qui Harry manquera le plus. Je lui souhaite beaucoup de force pour traverser cette épreuve et je l'assure de tout mon amour et de ma présence.

jeudi 1 janvier 2009

Bonne année 2009


« Commence par faire ce qui est nécessaire,
puis ce qui est possible, et subitement, tu te
surprendras à réaliser l'impossible. »

Saint François d'Assise (1181-1226)


Pour l'année 2009, je vous souhaite
la santé,
l'amour, la sérénité, la joie,
la prospérité,
les rêves les plus fous,
des réalisations heureuses,
des découvertes incessantes
et
des partages qui, intérieurement,
vous rendront plus riche que vous l'étiez.

mercredi 31 décembre 2008

La course à l'abîme

Ce billet, qui doit dire adieu à l'année 2008, sera en ligne un peu plus tard.

jeudi 25 décembre 2008

La chevauchée fantastique

Illustration par Nathalie Huybrechts

Cette carte accompagnait un petit cadeau que m'a remis au réveillon la plus jeune de mes sœurs. J'apprécie le cadeau et je trouve cette carte très jolie. De plus, ce que je trouve amusant, c'est qu'elle représente un petit garçon sur un cheval de bois alors que mon amour retrouvait lundi soir dernier le cheval de bois de son enfance. J'aime ces coïncidences qui ne sont pas, selon moi, le fruit du hasard.

J'ai donc mis en ligne ce billet que j'avais commencé lundi soir dernier et que je n'avais pas eu le temps de terminer.

J'ai eu l'agréable surprise de trouver le film « The Homecoming » en plusieurs partie. On trouvera la suite dans cet ordre (du moins je l'espère car je n'ai pas eu le temps de tout réécouter) :

Première partie
Deuxième partie
Troisième partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie
Septième partie
Huitième partie
Neuvième partie
Dixième partie

mercredi 24 décembre 2008

Joyeux Noël 2008




Joyeux Noël !

Je profite de ce répit de Noël pour vous remercier tous, où que vous soyez, de votre présence et de votre fidélité.

Que ce Noël soit pour vous une fête remplie de joie, d'amour et de sérénité, pour vous et pour tous ceux qui vous sont chers, qu'ils soient près de vous ou au loin.

Que la joie de Noël rayonne dans vos coeurs et que sa lumière brille sur vous tout au long de l'année.


Que la magie de Noël
Apporte dans vos cœurs et dans vos foyers
Amour, joie et sérénité.

Qu’elle soit le prélude
D’une nouvelle année
Emplie de santé, de bonheur, de paix et de prospérité
Pour vous
et ceux qui vous sont proches.

mardi 23 décembre 2008

The Homecoming

Photo : Bernard Brault, La Presse, Montréal, 21 décembre 2008

Vous me pardonnerez ce titre anglais : il me trotte dans la tête depuis plusieurs jours comme une ritournelle et je n'arrive pas à m'en défaire. Il me rappelle un vieux film des années 70, que j’ai vu à la télévision, moi, dans les années 80, car il était diffusé à la télévision chaque année durant le temps de Noël.

« The Homecoming » se déroule en Virginie en 1933, durant la grande dépression économique et raconte l’histoire d’une famille nombreuse, les Waltons, vivant sur une ferme dans les montagnes. La veille de Noël, toute la famille attend le retour de John Walton, le père qui, pour faire vivre sa famille, a dû trouver du travail à la ville à environ cinquante milles de chez lui et qui doit rentrer cà la maison pour célébrer Noël avec les siens. En attendant le retour du père, on apprend à connaître les membres de la famille, le caractère et la personnalité de chacun, les valeurs, les habitudes, les traditions familiales, etc. Ce film a donné naissance, dans les années 80, à une série d’émissions, « The Waltons ». Il avait toutefois été précédé en 1963 d'un autre film, que je ne me souviens pas d'avoir vu, « Spencer's Mountain ».

À une certaine époque de ma vie, je regardais religieusement, la nuit, la rediffusion de ces émissions. Chaque épisode était raconté par John Boy Walton, le plus âgé des garçons, qui devait avoir quinze ou seize ans, qui tenait son journal tous les soirs en secret de tous, de ses parents, en particulier. Il rêve d'entreprendre des études universitaires, de devenir écrivain, mais il ne croit pas que sa famille aura les moyens de lui faire réaliser son rêve. Aussi est-il surpris de voir son père lui offrir en cadeau de Noël du papier à écrire... John Boy était un adolescent modèle, étonnamment sage pour son âge. Il était un exemple pour ses frères et sœurs, mais aussi pour les jeunes téléspectateurs. Chaque année, à Noël, je repense à ce film et à cette série télévisée qui m’a tellement fait rêver…


Le monde a bien changé depuis l'époque évoquée par John Boy Walton, même si l'on a l'impression, à lire les journaux ou à écouter les bulletins de nouvelles, qu'il y a un lien entre la situation économique des années 30 et la crise financière actuelle. Ce n'est toutefois pas ce que j'avais en tête en commençant ce billet.

Lundi dernier, je vous le disais dans ce billet, mon amour partait en voiture avec armes et bagages (les inséparables chien et chat, ses boîtes de gâteaux confectionnés pour l'occasion, vêtements, articles de toilette, lecture et tous les objets dont on ne peut se passer durant plus de quelques heures), pour aller passer Noël chez sa grand-mère, à la campagne.

Après un long trajet en voiture, quelque peu ralenti par les conditions hivernales, mon amour est enfin arrivé chez sa grand-mère qui l’attendait.


Pour faire oublier le froid et la fatigue du voyage, sa grand-mère a préparé du thé, des muffins, de la marmelade, qu’ils ont pris ensemble devant le feu qui brûlait dans la grande cheminée de la cuisine, cette cheminée que nous avions déjà évoquée, où je voudrais que l’on puisse s’asseoir un soir d’automne, lui et moi, avec sa grand-mère afin qu’elle nous parle de lui, qu’elle nous raconte des souvenirs, parmi les plus heureux de l’enfance du petit garçon.

En cette fin d’après-midi d’hiver, la nuit déjà tombée, ils ont parlé un peu de tout, du trajet en voiture, du temps, du programme des prochains jours, des invités qui viendront, très nombreux, pour le réveillon et les jours suivants. Mon amour, qui n’aime pas trop ressembler à un pingouin, aura obtenu déjà que la tenue vestimentaire ne soit pas trop rigoureuse. Pour l’occasion, le chien aura tout de même son nœud papillon noir (il est toujours très fier de porter cet ornement vestimentaire dont la couleur varie selon les occasions).


Puis il est monté à sa chambre pour y ranger ses affaires. Un gros bouquet de fleurs avait été posé sur une table. Des guirlandes d’hortensias séchés, confectionnées par les soins de la grand-mère, pendaient du haut de la corniche de la grande armoire, de la cheminée et devant la fenêtre et une couronne était accrochée à la porte. Sur un meuble, un grand compotier de clémentines et des chocolats. Il pourra déposer sur un coin du manteau de la cheminée la jolie sculpture du petit Côme en biscuit de porcelaine qui a fait le voyage avec lui.

Dans un coin de la chambre, le cheval de bois qu’il a si souvent chevauché la nuit, pour le consoler, disait-il, de ne pas être un vrai cheval. Ensemble, ils ont gagné tant de batailles et j’espère qu’ils en gagneront encore d’autres, bien réelles. Les chevaux ont bonne mémoire ; celui-ci ne fait pas exception. Et pour évoquer les belles années qu’ils ont partagées, il a conservé au cou le joli ruban écossais que le petit garçon y avait noué.

Mon amour retrouvera son grand lit à baldaquin. Le chien et le chat auront aussi chacun leur lit, joliment décoré de coussins confortables ; le chat aura droit à une bouillotte enveloppée dans un beau tissu à carreaux.

À la fin de la soirée, quand chacun regagnera sa chambre, mon amour trouvera son lit déjà réchauffé ; il n’aura qu’à s’y glisser avec un livre avec, à portée de main, des chocolats, des fruits, une boisson chaude. Le chien qui a longuement couru dans le parc en arrivant, fou de joie de retrouver les bonnes odeurs de la campagne, ne tardera pas à ronfler et le chat n’aura pas longtemps quitté sa bouillotte.

Quant à mon amour, avant de se plonger un peu dans un livre (il en a toujours plusieurs près de son lit), il m’écrira pour me raconter son arrivée, sa soirée, pour me décrire le décor et l’ambiance de sa chambre afin que je puisse mieux penser à lui dans son univers d'enfant et, même à distance, partager ses rêves.

lundi 22 décembre 2008

À la campagne pour Noël

Léger pincement au cœur ce matin après avoir dit au revoir à mon amour qui partait à la campagne pour Noël. Il passera une semaine chez sa grand-mère qu'il adore et qui le lui rend bien ; c'est elle qui lui aura appris tant de choses et, par-dessus tout, à aimer les choses simples et vraies de la vie. Je n'ai pourtant pas besoin d'être triste car il n'était pas prévu que nous puissions passer Noël ensemble cette année, et puisque Noël est avant tout une fête de famille, mon amour sera avec sa grande famille alors que je serai avec une partie de la mienne.

Avant de partir ce matin, il aura pris le temps de me laisser ses recettes de bredele, ces petits gâteaux d'origine saxonne, que l'on retrouve dans les pays germaniques et anglo-saxons ; c'est notamment une spécialité alsacienne. Traditionnellement, à compter de la fin de novembre, on en confectionne différentes variétés, aux amandes, aux noix, à la cannelle, que l'on découpe à l'emporte-pièce, en formes de cœurs, de sapins, d'anges, d'étoiles et de tout ce qui nous fait plaisir et que, une fois cuits, on conserve dans des boîtes de métal jusqu'à Noël. Les recettes sont secrètement gardées et transmises dans les familles (ne le répétez à personne, j'ai obtenu les recettes de la famille maternelle de mon amour). Depuis quelques années, ce jeune homme que j'aime se voit confier la responsabilité de confectionner les bredele pour les fêtes familiales ; c'est dire qu'il partait ce matin avec plusieurs boîtes de ces petits gâteaux que l'on mange souvent avec du vin chaud et qui, cette fois-ci, seront servis en appéritif avec le champagne avant le réveillon de Noël.

Comme la route est longue pour se rendre chez sa grand-mère et sachant que je n'aurais pas de ses nouvelles avant quelques heures, je suis allé prendre l'air. Depuis l'été dernier, j'ai pris la bonne habitude de faire tous les jours, beau temps mauvais temps, une grande promenade vers le mont Royal, que j'étirais parfois en faisant un détour par des rues commerciales, l'avenue du Mont-Royal, le boulevard Saint-Laurent. Durant l'été et jusque tard dans l'automne, j'allais m'asseoir sur un banc pour lire et pour écrire. Aujourd'hui, il n'était pas question de lire ni d'écrire dehors et il fallait même un certain courage pour sortir car il faisait très froid et le vent était mordant. Je porte rarement un chapeau mais aujourd'hui j'avais pris la précaution d'enfiler une cagoule de laine qui, avec le capuchon de mon manteau pour couper le vent, me gardait la tête et les oreilles au chaud. Quant au nez, à la bouche et au menton, ils étaient bien protégés par un cache-nez de laine écossaise qui faisait partie des nombreux cadeaux reçus récemment (en plus, il sent si bon, son parfum à lui).

J'avais demandé si son chien accepterait de me prêter son cache-nez ; il acceptait volontiers mais il a préféré m'en envoyer un en attendant. En parlant du chien savez-vous qu'il est le seul chien que je connaisse qui aille demander à son maître de le moucher lorsqu'il a le nez qui coule ? Au cours de ma promenade, je regardais le ciel magnifique, un fond bleu, avec de jolis nuages blancs, roses, mauves, violets ; je me suis arrêté pour prendre des photos (je croyais que mon sac à dos allait se casser tellement il était rigide à cause du froid), mais l'appareil a refusé de s'ouvrir. J'ai encore les images en tête mais comme je ne peux pas me brancher le cerveau sur la prise USB, je ne pourrai pas partager ces images avec vous.

Pendant qu'il est chez sa grand-mère, à la campagne, nous ne nous parlerons pas directement, mais nous nous écrirons tous les jours, plusieurs fois par jour peut-être. Il ne m'avait pas dit , ce matin, qu'il m'écrirait ce soir mais je me doutais bien qu'en rentrant de ma promenade un message de lui m'attendrait. Nous pensons si souvent aux mêmes choses en même temps et, très souvent, après plusieurs heures à vaquer à nos occupations chacun de notre côté, il est en train de m'écrire exactement au moment où je lui écris. Et au fond, je n'ai pas de mérite à avoir deviné parce que, d'une part une amie précieuse lui avait parlé un peu plus tôt et m'avait dit qu'il m'écrirait après avoir mangé et, d'autre part, je sais bien que, lorsque c'est possible, il n'irait pas dormir sans m'avoir parlé ou écrit. Son message m'attendait et il était délicieux. Je vous en parlerai demain.

dimanche 21 décembre 2008

Chasse à courre

Pratiquée en France, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Irlande, aux États-Unis et au Canada, je ne pense pas que la chasse à courre se pratique au Québec. L'Allemagne l'a interdite en 1933 et l'Angleterre en 2005.

D'abord pratiquée par l'aristocratie et par une petite minorité de personnes, la chasse à courre s'est quelque peu démocratisée au cours du XXe siècle. Et si elle a fait l'objet de nombreux débats et de plusieurs tentatives d'interdiction en Angleterre où elle fut finalement interdite en 2005 (je me souviens des affrontements entre ceux qui réclamaient l'interdiction et ceux qui s'y opposaient ; 76 % des Anglais étaient en faveur de l'interdiction), la chasse à courre ou vénerie semble de plus en plus répandue en France où de nombreuses associations regroupent un nombre croissant de membres.


La chasse à courre se fait avec des meutes de chiens qui se lancent à la poursuite d'un animal sauvage, que ce soit un cerf, un sanglier, un renard, un lièvre ou un lapin. Le chien est un prédateur naturel qui se sert de son odorat pour suivre la trace de l'animal pourchassé. Le chien est dressé pour ne suivre qu'une seule espèce d'animal. Le rôle de l'homme est de contrôler sa meute ; l'usage de l'arme à feu est totalement proscrit. La chasse se termine lorsque les chiens ont traqué l'animal ; celui-ci est tué soit par les chiens soit par l'homme à l'aide d'une dague, selon l'espèce de l'animal.

Si le chien utilise son flair pour suivre la trace de l'animal, celui-ci utilise diverses ruses pour semer la meute. Qu'il traverse un cours d'eau pour effacer sa trace olfactive, ou qu'il revienne sur ses voies pour semer la confusion chez les chiens qui perdent du temps à trouver la bonne piste, l'animal ne se laisse pas prendre si facilement. Si l'on veut en savoir davantage, sur la chasse, son histoire, ses règles, son vocabulaire, etc., on pourra consulter cette page sur Wikipédia.


J'ai raconté le 26 juin dernier que, lorsqu'il était enfant et qu'il voyait les adultes se préparer pour la chasse au renard, Alexander allait persuader les chiens de ne pas attraper le renard. J'imagine que pour un chien de chasse la promesse de ne pas attraper le renard est vite oubliée sinon reniée, d'autant plus que, à la façon des hommes, dès qu'ils sont en meute, les chiens n'ont plus aucune parole, plus aucun sens moral.

Alexander m'a envoyé récemment cette image qui montre bien que le renard roux mérite bien son épithète de rusé et qu'il sait très bien tirer à son avantage les règles du jeu en semant de manière inattendue ses poursuivants.

samedi 20 décembre 2008

Vous ne connaissez pas mon blogue ?

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Tout le monde ne connaît pas mon blogue. Mais rares sont les personnes qui, en 2008, ne savent pas ce qu'est un blogue. Il y a au moins monsieur Henri qui, pourtant, semble connaître Google...

Merci à Frank D. de m'avoir envoyé cette bande dessinée.

jeudi 18 décembre 2008

Criminels au volant

Parmi les dangers qui nous guettent chaque jour, que l'on soit piéton, conducteur ou passager dans une voiture, il y a les conducteurs dangereux, les inconscients qui ne pensent pas un instant que leur façon de conduire est une menace pour leur propre sécurité ou pour celle des gens qui se trouvent sur leur chemin. J'en avais parlé dans un billet l'automne dernier sur « Les fous du volant » ; c'était le sujet de la rédaction du mois d'octobre 2007.


La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) estime que 80 % des accidents de la route sont causés par de mauvais comportements des conducteurs.


Parmi les comportements dangereux, de plus en plus répandus, il y a celui des personnes qui téléphonent en conduisant. Toujours selon la SAAQ, l’utilisation du cellulaire au volant fait hausser d’environ 38 % les risques de collision.

Si encore les conducteurs ne faisaient que parler au téléphone ! Non : ils transforment leur voiture en bureau. Téléphone d'une main, agenda, carnet de notes ou autre document de l'autre, ils continuent de rouler à toute vitesse sur les autoroutes ou dans les rues des villes. Combien de fois ai-je vu moi-même ces conducteurs dont les deux mains et le regard étaient occupés à autre chose qu'à conduire. Même si en apparence ils ont une main libre, bien des gens tiennent à l'oreille leur téléphone d'une main et de l'autre, ... ils s'expriment, gesticulant comme le font bien des Latins ou des Méditerranéens. Piéton et cycliste, combien de fois ai-je failli me faire renverser par ces conducteurs inconscients, véritables dangers publics, qui ne m'avaient pas vu !

Aujourd'hui, quelqu'un que j'aime revenait de chez le vétérinaire avec son chat malade ; lui-même, inquiet des réactions de son chat à des nouveaux médicaments, était très fatigué car il n'avait pas beaucoup dormi la nuit précédente. Assis sur la banquette arrière d'une voiture conduite par un chauffeur prudent, avec son chat dans un panier à ses côtés, il se croyait en sécurité. Erreur ! C'était sans compter sur les autres conducteurs. Il s'est demandé ce qui lui arrivait lorsqu'une autre voiture a violemment embouti l'arrière de celle dans laquelle il prenait place. Le panier du chat a été projeté par terre, renversé entre les deux banquettes. Mon ami s'est empressé de ramasser le panier et de vérifier l'état de son chat ; celui-ci a été secoué comme le conducteur et son passager mais, heureusement, ne semblait pas avoir été blessé. Il leur a fallu de longues secondes pour se rendre compte qu'ils étaient victimes d'un accident qui, à voir l'état des deux véhicules, aurait pu avoir des conséquences beaucoup plus graves. Avant de pouvoir rentrer chez lui et se mettre au lit, son chat à ses côtés, pour se remettre de leurs émotions, il aura appris que l'oiseau sans cervelle qui a embouti la voiture qui le ramenait chez lui n'avait pas vu la voiture en question car... elle était occupée à parler au téléphone !

Le Québec a adopté en avril dernier une loi interdisant l'usage du téléphone au volant, à moins qu'il soit équipé d'un dispositif mains libres. Or, de nombreuses études le démontrent, ce n'est pas seulement le fait de tenir le téléphone qui représente un danger, mais le fait même d'avoir une conversation avec une personne que l'on ne voit pas augmente grandement le risque de distraction et d'accident.

Depuis l'entrée en vigueur de cette nouvelle loi au Québec, le premier juillet dernier, le nombre constats d'infractions est plutôt à la hausse. Selon la Sûreté du Québec (police nationale), de 1 114 en juillet et août, le nombre d'infractions est passé à 1 308 en septembre et octobre, ce qui représente une augmentation de 17 pour cent.

Je crois que le Québec, et tous les pays dits civilisés, devraient imiter l'Angleterre et imposer la prison aux conducteurs pris en flagrant délit d'utilisation du cellulaire. L'Angleterre, qui a interdit l'usage du « mobile phone » au volant depuis 2003, annonçait en effet le 20 décembre 2007 que les personnes qui ne respecteraient pas la loi seraient passibles d'une peine de deux ans de d'emprisonnement. Les peines seraient évidemment plus sévères pour les cas de récidives, par exemple. Un très grand pourcentage des gens étant incapables d'agir en adultes responsables s'il n'y a pas la crainte de la punition, je crois qu'il s'agit là d'une mesure qui en dissuadera plusieurs. Encore faudra-t-il que les infractions soient constatées et que les délinquants soient arrêtés. J'ai bien peur qu'il faudrait alors des policiers à tous les trois mètres.

Tant que les lois ne seront pas rigoureusement appliquées, les infractions sévèrement punies, les conducteurs continueront de jouer aux plus fins, de griller les feux rouges en ville, de téléphoner, de manger, de se maquiller au volant de leur voiture en marche. Le Québec est reconnu pour sa « tolérance » ; dans bien des cas, j'appellerais plutôt cela de la « mollesse » ; on ne veut tellement pas faire de peine à qui que ce soit que l'on permet aux délinquants récidivistes de continuer de faucher les piétons sur les trottoirs ou en bordure des routes, d'emboutir les voitures d'innocentes personnes... Selon moi, l'usage du téléphone au volant, dispositif mains libres ou pas, est aussi dangereux et meurtrier que la conduite en état d'ébriété.

samedi 6 décembre 2008

La Saint-Nicolas

Aujourd'hui, 6 décembre, c'est la Saint-Nicolas.
Je connais des gens qui fêteront autour d'un bon repas et qui s'échangeront des mandarines, du pain d'épice et des chocolats... J'y serai en pensée... Joyeuse Saint-Nicolas !


Quand j'étais enfant, à la campagne, la fête de Noël était bien sûr la fête la plus attendue de l'année. C'était la fête des cadeaux pour les enfants sages (et les autres aussi, je crois bien). Je me souviens cependant que la fête de Saint-Nicolas, le 6 décembre, avait tout de même une certaine importance. C'est surtout à l'école, en fait, que les enfants entendaient parler de saint Nicolas, patron des écoliers et des petits enfants. On nous parlait donc du saint, de la fête, sans nous faire de fête. Je crois que les enfants québécois, comme beaucoup d' autres dans le monde, auraient aimé recevoir ce jour-là des mandarines, du pain d'épice ou du chocolat (et pourquoi pas les deux ?).


Outre les grandes fêtes de Noël et de Pâques, je trouve que pour les autres fêtes, au Québec, on était plutôt discrets, pour ne pas dire « peu généreux » et qu'au fond, ça n'a pas tellement changé. On n'a pas développé chez nous, du moins chez les francophones, ce sens de la fête et des traditions. C'est peut-être en raison de notre situation économique et politique, au statut de peuple, de nation sans pays ; encore aujourd'hui, les Québécois préfèrent être locataires dans un Canada qui inclut les Rocheuses plutôt que d'être chez eux au Québec (entre nous, combien de Québécois iront voir une fois dans leur vie ces Rocheuses auxquelles ils tiennent tant ? 3 %). Tant qu'il n'auront pas pour eux-mêmes la fierté de se reconnaître comme un peuple émancipé, les Québécois resteront au monde une nation de seconde classe, laissant à d'autres le soin de choisir et de parler en leur nom sur la scène internationale. Si un jour ils cessent d'avoir peur de la maturité, les Québécois se permettront peut-être d'arrêter de regarder avec envie les minorités culturelles qui ont rapporté et conservé de leur pays d'origine les traditions et le sens de la fête.

La Saint-Nicolas est une fête très populaire dans bien des pays du monde. Dans ces pays où la fête persiste, selon la tradition, on donne aux enfants qui ont été sages durant toute l'année du pain d'épice ou du chocolat.


Saint-Nicolas n'est pas que le patron des écoliers ; il serait aussi celui des marins, des navigateurs, des pèlerins et des voyageurs, des cireurs de chaussures, des démunis, des pharmaciens et apothicaires, des parfumeurs, des prêteurs sur gages, des femmes célibataires, des commerçants, des juges, des pêcheurs, des dockers, des personnes captives, des jeunes mariés et des tonneliers.

Noël avant l'heure : Est-ce saint Nicolas qui, presque tous les jours de cette semaine, m'a apporté tous ces cadeaux ? Si c'est saint Nicolas, il est vraiment adorable ce saint ! Il s'est déguisé en charmant amoureux, pour ne pas dire en prince charmant (bien que je n'aie pas été dormant), pour m'envoyer plein de belles choses, toutes plus touchantes les unes que les autres car chaque objet a un sens... C'est la magie de... Noël ? de saint Nicolas ? ou de... l'amour ?

mardi 2 décembre 2008

La réponse est « oui » !

J'ai peur dans le noir
J'ai les pieds froids
Je me tourne et me retourne
Je parle dans mon sommeil

(Pourrais-je dormir avec toi ?)
Traduction libre : Alcib

Dans ma boîte aux lettres, hier, il y avait cette carte avec un ourson, dont j'aime beaucoup la question. La réponse est « Oui », bien entendu. Surtout qu'au verso de la carte il a bien ajouté de sa main qu'il « promet de ne pas être sage du tout ».

mardi 25 novembre 2008

Avec toi


Toutes mes pensées, tout mon cœur, toute mon âme
avec mon petit lapin en ce moment difficile.

lundi 24 novembre 2008

Complément de programme

Jusqu'à la fin de mes études secondaires, j'ai été un bon élève, la plupart du temps, même, un élève modèle. Souvent premier de classe, je n'avais pas besoin de travailler fort et d'étudier beaucoup pour avoir de bonnes notes. Cela m'a parfois nuit par la suite car je n'avais pas appris une bonne méthode de travail intellectuel, pas appris à étudier sérieusement.

À la fin des études secondaires, j'avais entrepris des études en pédagogie ; je voulais devenir enseignant, comme un certain nombre de membres de ma famille. Compte tenu de mes origines, de mon milieu, l'enseignement me semblait la seule avenue possible. À seize ans, toutefois, je ne me sentais pas assez bien préparé, psychologiquement, à entreprendre des études universitaires ; je ne me sentais assez mûr. J'ai donc décidé de m'inscrire à l'université de la vie.

Pendant cinq ans, j'ai fait autre chose : j'ai occupé divers emplois, étudié le chant, un peu de piano, un peu d'art dramatique et de danse ; puis j'ai vécu la vie d'artiste à Paris, en France. Au retour à Montréal, je me suis rendu compte que je ne connaissais rien : je me suis plongé dans les livres et j'ai décidé de m'inscrire à l'université. Toutefois, mon parcours universitaire a été assez décousu ; j'ai changé de discipline à quelques reprises. Il m'a fallu plusieurs années avant de terminer un programme complet.

Mes études ont fini par me servir. Depuis plusieurs années, j'ai occupé des emplois, j'ai exercé des fonctions et assumé des responsabilités en lien avec mes études. Je ne me sens pourtant pas un « universitaire », un intellectuel ni un théoricien.

Je suis toujours un peu incrédule quand on m'invite dans les universités pour aller parler de ma profession aux étudiants ; j'ai tendance à me demander : « Pourquoi moi ? » Je ne dois pourtant pas être si mauvais car, depuis quelques années, on m'invite à quelques reprises chaque année, dans différentes universités, à venir parler sous les toits de ces vénérables institutions. Ces jours-ci, par exemple, je dois rencontrer quatre classes d'étudiants...

Vendredi dernier, j'ai reçu une lettre qui m'a encore une fois agréablement surpris. La direction d'un programme universitaire me demande de faire partie du conseil chargé d'assurer la qualité universitaire de ce programme et sa capacité à répondre aux besoins des étudiants et du milieu professionnel. Puisque je me considère toujours comme un (ancien) étudiant marginal, au parcours erratique, je suis toujours étonné que l'on me demande de venir rencontrer les étudiants et d'évaluer, avec de très respectables professeurs et autres professionnels, le contenu le contenu de leur programme.