dimanche 22 août 2010

Inquiétudes

Lundi dernier, c'était l'anniversaire d'un ami, Michel, qui habite juste au nord de Montréal (ainsi que l'anniversaire d'Erwan, l'ami français avec qui je suis allé quelques fois prendre un verre l'été dernier, alors qu'il était de passage à Montréal). J'avais tenté de joindre Michel au téléphone dimanche dernier, la veille de son anniversaire ; il n'était pas chez lui : je lui ai donc envoyé mes voeux par courrier électronique. Il les a reçus en arrivant au bureau le matin de son anniversaire, et il m'a envoyé un mot pour me remercier. (J'avais aussi envoyé un message à Erwan, qui m'a très gentiment répondu en me donnant de ses nouvelles ; on peux donc affirmer que les voeux d'anniversaire, s'ils sont envoyés par courrier électronique, parviennent aussi vite à destination en France qu'à Montréal).

Comme c'est mon anniversaire neuf jours après le sien, Michel avait décidé vendredi de m'inviter chez lui le lendemain, avec d'autres de ses amis. Vendredi après-midi, pendant que j'étais parti à la bibliothèque, Michel a laissé chez moi un message vocal. Je suis rentré tard et comme mon téléphone ne sonne pratiquement jamais, je n'ai pas vérifié si j'avais des messages.

Ce matin (dimanche), le téléphone m'a réveillé tôt. Comme le répondeur, toujours branché, se met en marche au deuxième coup de sonnerie, je n'ai pas pris la peine de me lever ; je ne veux pas laisser croire qu'on peut m'appeler tôt le matin, surtout le dimanche, pour me parler de la pluie et du beau temps. J'aime me lever tôt justement pour lire ou écrire avant que ne commence l'agitation de ceux qui ne peuvent jamais rester tranquilles ni respecter la paix d'autrui.

En me levant, j'ai pris connaissance des deux messages : celui de vendredi, (dont j'ignorais l'existence) pour m'inviter le lendemain, et celui de ce matin, beaucoup plus sérieux,; Michel se disait inquiet car il n'avait pas eu de mes nouvelles « depuis longtemps » et il aimerait que, si quelqu'un écoutait ce message, on l'appelle pour lui donner de mes nouvelles.

J'ai rappelé plus tard, après avoir pris mon petit déjeuner et lu un moment. Michel n'était plus là (il ne peut pas rester en place). L'ami qui partage la maison avec lui m'a expliqué que Michel était très inquiet. Samedi midi, ils sont venus tous les deux sonner chez moi. J'étais sorti faire des courses mais, même si j'avais été là, n'attendant personne, je n'aurais pas répondu. Ils sont repartis plus inquiets encore. En passant devant un poste de police, ils sont entrés et ont demandé si la police pouvait faire quelque chose... (Heureusement, les policiers ne sont pas venus enfoncer la porte de l'appartement !) On leur a expliqué que si j'avais été victime d'un accident ou d'un malaise, c'est la famille qui aurait été prévenue... De plus en plus inquiet, Michel voulait s'arrêter dans une église pour... allumer un cierge. Avec les amis qui l'accompagnaient, il était déjà en train de composer mon éloge funèbre.

J'écoutais tout cela et je ne savais pas ce que je devais penser. C'est rassurant de savoir que j'ai au moins un ami qui peut s'inquiéter de mon sort (il a déjà été échaudé : il y a quelques années, un ami commun est décédé à Paris et, si nous n'avions pas fait une enquête, nous n'aurions même jamais su qu'il était décédé : la famille n'a pas jugé utile de prévenir les amis). Mais c'est aussi très inquiétant d'apprendre que si l'on ne répond pas immédiatement aux messages d'un ami, on risque de voir arriver chez soi les policiers, les pompiers, les ambulanciers, le serrurier... alors que l'on voudrait simplement boire son thé en paix.



Quand Alexander, après avoir été renversé par une voiture, s'est retrouvé sur une civière à l'urgence de l'hôpital où il travaillait, il était très inquiet : il pensait bien sûr à son chat, à son chien, aux êtres qu'il aimait... J'étais l'un d'eux et, comme il était déjà amoureux, il aurait voulu que je sois là pour le rassurer, le serrer dans mes bras ou, tout au moins, lui tenir la main... Mais si quelques personnes de son entourage connaissaient mon existence et tout l'amour qu'Alexander éprouvait déjà pour moi, personne n'avait mes coordonnées. « Et si j'étais vraiment parti sur la Lune, il n'y aurait même eu personne pour te le dire... », m'a-t-il écrit deux jours plus tard. Je sens encore toute l'angoisse qu'il y avait dans ces mots. C'est vite devenu l'une de mes inquiétudes aussi : s'il arrivait quelque chose à l'un d'entre nous, comment l'autre en serait-il informé ? Quand Alexander a été obligé de s'absenter un peu plus longtemps que prévu, sans pouvoir communiquer avec moi, j'ai d'abord été inquiet puis rassuré de recevoir un message de « docteure Jane » ; nous avions désormais un ange qui assurerait la communication entre nous... De mon côté, j'ai demandé à un ami s'il voudrait bien communiquer avec Alexander s'il m'arrivait quelque chose, puis j'ai donné son nom et ses coordonnées à Alexander.

En lisant ce blogue, deux compatriotes d'Alexander ont vite reconnu le Petit Prince dont je parlais. Alistair a connu Alexander au début de leur adolescence : ils étaient pensionnaires au même collège et puisqu'ils se ressemblaient beaucoup, ils sont assez rapidement devenus amis... Depuis le jour où, « par hasard », il a découvert le blogue (moi, je crois plutôt qu'Alexander l'a guidé), Alistair m'a écrit tous les jours... jusqu'au 10 décembre dernier. Nous avons appris, après Noël, qu'Alistair avait eu un très grave accident le 12 décembre et qu'il était encore aux soins intensifs d'un hôpital de Londres. « Docteure Jane » s'est immédiatement rendue à Londres mais, puisqu'elle n'était pas de la famille officielle, on n'a rien voulu lui dire sauf... un petit détail qui a échappé au personnel médical et qui nous a bouleversés. Dès sa première rencontre avec Alistair, Jane l'avait adopté : Alistair est vraiment comme un petit frère d'Alexander ; c'est ce que j'avais perçu dans sa correspondance... Alistair fait partie de notre petite famille d'êtres chers. Il me manque. Nous avons su, début janvier, que son père est venu le chercher à l'hôpital mais nous sommes depuis sans nouvelle. Je continue de lui écrire, en espérant recevoir bientôt une réponse...

L'autre Britannique, lecteur de ce blogue, n'a pas connu Alexander personnellement ; Alexander ne savait pas qui il est mais lui sait très bien qui est Alexander : il l'a aperçu quelques fois à Londres et il le trouvait très beau, toujours très élégant avec une pointe d'excentricité. Alexandre (c'est son nom. En fait il s'appelle aussi Alexander mais pour ne pas me faire de peine, il signe « Alexandre ») est aussi très digne d'être un ami d'Alexander. C'est aussi un garçon extraordinaire et sa vie est un roman, à la fois merveilleux et tragique. Alexandre m'a écrit vers la fin du mois de juin pour me confirmer qu'il allait subir une opération qui nécessiterait ensuite au moins quelques semaines de convalescence et de réadaptation... Il n'avait pas envie de cette opération et surtout, il n'avait pas envie de se séparer durant tout ce temps de son ami Maurice, un grand chien très doux. Je savais que je n'aurais pas de ses nouvelles durant quelques semaines, car il n'aurait pas accès à Internet ; mais nous arrivons à la fin du mois d'août... Alexandre, vous me manquez. Donnez-moi vite de vos nouvelles.

Ces dernières semaines, d'autres inquiétudes sont venues d'Angleterre, dont je ne connais pas encore toutes les répercussions. L'encens et les bougies occupent tout un coin de mon salon et je demande plusieurs fois par jour que les anges veillent sur tous les membres de notre petite famille...

mercredi 18 août 2010

Un taureau change les règles du jeu

En Espagne, un taureau qui croyait que la corrida était interdite partout a décidé qu'il ne voulait plus jouer les perdants. Il a sauté dans la foule de spectateurs qui étaient venus le voir mis à mort. Plus de trente spectateurs ont failli goûter la médecine généralement imposée au taureau. Un garçon de dix ans était dans un état critique après avoir eu l'estomac perforé. C'est triste pour les blessés : peut-être qu'ils deviendront maintenant des militants pour l'interdiction de ce jeu barbare qu'est la corrida.

Cliquez deux fois sur l'image pour ouvrir la vidéo dans une nouvelle fenêtre afin de pouvoir agrandir l'image.

Cent commanterre

L'hymaje vien dissi

mardi 17 août 2010

Internet et l'amour


Nous le savions déjà, bien sûr...


Plus de chance d'être amoureux avec internet à la maison
Agence France-Presse (Washington)
16 août 2010
| 08 h 59

Les adultes ayant un accès à internet à domicile ont plus de chances d'avoir une relation amoureuse que ceux qui n'en ont pas, révèle une étude publiée lundi aux États-Unis.

Un peu plus de 82% des adultes ayant accès à internet chez eux sont mariés ou en couple, alors que ceux n'ayant pas internet à la maison sont un peu moins de 63% dans cette situation, souligne l'étude présentée à la rencontre annuelle de l'Association américaine de sociologie.

«Nos recherches révèlent que l'accès à internet joue un rôle important pour aider les Américains à trouver leur partenaire amoureux», explique Michael Rosenfeld, professeur de sociologie associé à l'Université de Stanford et auteur principal de l'étude.

Parallèlement, les chercheurs ont découvert qu'internet constitue de plus en plus un lieu de rencontres amoureuses, en particulier pour les couples de même sexe.

«Il est possible que dans les prochaines années, internet supplante les amis comme moyen le plus efficace de faire des rencontres amoureuses, évinçant les amis de la première place pour la première fois depuis le début des années 1940», ajoute M. Rosenfeld.

Parmi les couples qui se rencontrent en ligne, 61% sont de même sexe, précise l'étude.

«Les couples qui se rencontrent en ligne ont de plus grandes probabilités d'être de même sexe et ont un peu plus de probabilités d'être de confession religieuse différente», explique-t-il.

«Internet n'est pas simplement une façon nouvelle et plus efficace de nous faire garder le contact avec notre réseau d'amis. Internet est une nouvelle forme d'intermédiaire social qui peut redessiner le type de partenaires et de relations que nous avons», conclut-il.

L'étude a analysé les données d'une enquête réalisée auprès de 4002 adultes.

dimanche 15 août 2010

Présent

L'image vient d'ici


Si, par leur nature même,
le passé attriste et
le futur inquiète,
il ne reste de
sérénité possible
que dans le présent.


samedi 7 août 2010

« Je n'aurais pas pu dormir... »

Amour


Alexander avait une hantise : celle de la panne d'électricité ou d'internet qui nous priverait de notre principal moyen de communication. Il avait raison d'appréhender la panne car il est arrivé plusieurs fois que des orages entraînent des coupures de courant ou que, pour diverses raisons, le service Internet ne soit disponible.
Il lui est arrivé quelques fois, et même au milieu de la nuit, de sortir pour trouver un café d'où il pourrait m'envoyer un message me disant de ne pas m'inquiéter s'il ne répondait pas rapidement à mes messages parce qu' une interruption de service l'empêchait d'utiliser son ordinateur à la maison. Plusieurs fois, il m'a écrit pour me dire qu'un orage se préparait et que nous ne pourrions peut-être pas nous écrire durant quelques heures.
Bien sûr, il trépignait d'impatience s'il ne pouvait pas communiquer avec moi ni même recevoir mes messages. Mais il craignait surtout que je m'inquiète à son sujet si je ne recevais rien de sa part.
Je connaissais assez bien les horaires, les habitudes et les rituels d'Alexander. Et nous avions entre nous une intuition incroyable pour sentir si quelque chose n'allait pas. Très souvent il m'est arrivé de lui écrire rapidement quelques lignes pour lui demander quelque chose et, avant même que j'aie fini d'écrire mon message, le sien m'attendait. Il m'est arrivé aussi, devant un silence inhabituel, d'envoyer quelques mots à Jane qui, de sa campagne ou de la pièce à côté, selon les circonstances, communiquait avec Alexander et, dans les minutes suivantes, je recevais de Jane ou d'Alexander lui-même l'explication de ce silence...

Il est arrivé plusieurs fois qu'une panne survienne durant nos conversations. La plupart du temps cette interruption ne durait que quelques minutes, qui nous semblaient toutefois une éternité. Quelques fois, la panne durait plus longtemps et, chacun de notre côté, nous attendions impatiemment le retour du service. Le plus cruel, c'était peut-être que la panne de courant survienne au moment où, après deux heures ou plus de conversation, nous allions nous arracher difficilement l'un à l'autre en nous adressant les mots les plus doux accompagnés d'adorables petits lapins roses et autres petits anges chargés d'amour et de baisers...

Je me souviens d'un soir, d'une nuit pour lui, où l'interruption de service s'étirait. Je pouvais lui envoyer un courriel pour lui dire de ne pas s'inquiéter, que j'allais rester devant mon ordinateur un bon moment encore, mais que je voudrais qu'il ne s'impatiente pas à essayer de rétablir la communication, qu'il devrait plutôt sagement aller dormir, je savais cependant qu'il ne pourrait pas lire mon message et qu'il attendrait jusqu'à ce qu'il puisse me rassurer, me dire qu'il ne lui était rien arrivé à lui.

Ce soir-là, cette nuit-là, il avait attendu que le service Internet soit accessible. Il s'était reconnecté à MSN et je n'oublierai jamais ses premiers mots : « Je n'aurais pas pu dormir si je n'avais pas pu te dire encore que je t'aime. »

Et moi, Alexander, crois-tu que je pourrais dormir la nuit si je ne pouvais te dire plus de cent fois par jour que je t'aime. Je ne reçois plus les mots qui me disent ton amour mais, exactement treize mois après ton départ, j'ai la même certitude, cette certitude qui , il y a trois jours à peine, faisait dire à quelqu'un qui a très bien saisi la force de notre amour : « Il n'y a aucun doute au sujet de votre amour réciproque. C'est un amour si pur et si absolu ! Cet amour, je le sens si fort que je ne serais pas étonnée qu'un jour un livre vienne nous le faire partager. »

mardi 3 août 2010

Colette

Photo de Paris-Match annonçant
le décès de Colette le 3 août 1954


Il y a près d'un mois, après la commémoration du premier anniversaire du départ d'Alexander, notre amie Jane s'est sauvée à Paris avec l'intention de faire le pèlerinage que faisait Alexander au moins une fois par année, au mois d'août : le pont de l'Alma, les Invalides pour le tombeau de l'Aiglon, puis le cimetière du Père-Lachaise pour se recueillir sur les tombes d'Oscar, de Colette et de Frédéric Chopin. Je constate que je n'a pas parlé souvent, dans ces pages, d'Oscar Wilde (que les vrais amis appellent Oscar) ; Alexander et moi parlions souvent de lui pourtant. Je crois n'avoir jamais parlé non plus de Chopin et pourtant Alexander jouait merveilleusement sa musique (je me souviens d'un jour d'hiver où, durant une panne d'électricité, Alexander avait joué du piano pour divertir sa grand-mère et ses invités). J'ai toutefois évoqué Colette à quelques reprises.
Aujourd'hui, en cherchant quelque chose sur Internet (je ne me souviens plus ce que c'était mais cela n'avait aucun rapport avec Colette), je suis tombé sur une page du cimetière du Père Lachaise, justement la page consacrée à Colette. Comme je crois qu'il n'y a pas de hasard, je pense qu'un ange a voulu me rappeler que c'était, ce 3 août, l'anniversaire du décès de notre Colette.

mercredi 28 juillet 2010

Un à zéro pour le taureau






La Catalogne vient d'interdire les corridas. Les taureaux devront attendre le premier janvier 2012 pour dormir tranquilles (date d'entrée en vigueur de cette loi adoptée ce 28 juillet 2010 par le parlement catalan) mais aujourd'hui, ce sont les matadors et les amoureux de tauromachie qui voient rouge (ce sont d'ailleurs les seuls à distinguer le rouge car le taureau, comme la plupart des vertébrés, ne distingue par les couleurs). Cette loi interdisant les mauvais traitements infligés à des animaux survient cinq ans après l'abolition par l'Angleterre de la chasse à courre (citadins et ruraux confondus, 76 % des Anglais étaient favorables à l'abolition de cette tradition séculaire). Avec un peu de patience, les animaux finiront peut-être par ne plus être les victimes des jeux sanguinaires des humains. Après tout, les combats de gladiateurs, entre eux ou contre les ours, les sangliers ou les lions, n'ont été interdis qu'au IVe siècle.

Seras-tu un peu plus tranquille, Alexander ?


lundi 26 juillet 2010

Accident de parcours

M... !!!"

Je suis vraiment désolé :
Blogger a fait disparaître
la mise en page classique
d'« Exil intérieur » !
Impossible de le retrouver !

dimanche 25 juillet 2010

A comme...

A comme... absence
A comme... angoisse
A comme... attente vaine

A comme... absolument insupportable

A comme... Alexander, évidemment
A comme... Amour
(l'un ne va pas sans l'autre)


A comme... Alexander le bulldog qui devient de plus en plus un grand garçon, sans moi

A comme... hArry, l'adorable siamois qui repose dans le parc de celle qui l'avait recueilli pour l'offrir à Alexander et qui sera parti quelques mois avant lui


A comme... Amis (qui, pour une raison ou pour une autre, semblent inaccessibles)

A comme... la première lettre des cinq premiers noms ou pseudonymes dans ma liste d'amis sur MSN, tous silencieux, et comme la première lettre du prénom d'autres êtres très chers qui ne sont pas dans cette liste

A comme... été (que je n'aime vraiment pas ; pas seulement à cause de la canicule, des disparitions survenues en plein été, mais aussi à cause de la désorganisation qu'entraîne la saison), synonyme d'absence, d'abandon ou de dispersion

A comme... août, autre mois que j'aimerais pouvoir sauter

A comme... tellement d'autres choses que je n'ai même pas envie de nommer.


mercredi 14 juillet 2010

Couleurs de la France


Bonne fête nationale aux amis français
(qui sont probablement tous en vacances depuis quelque temps
... et pour plus longtemps encore.)




Signe des temps ? Voulant consulter le site www.France.fr, j'ai obtenu l'affichage illustré ci-dessus : « Site momentanément indisponible »


vendredi 9 juillet 2010

Histoire d'un amour


« Un amour éternel
n'est pas un amour sans histoire.
C'est un amour que son histoire
n'anéantit pas, mais prolonge. »

André Comte-Sponville


mercredi 7 juillet 2010

Notre Petit Prince

Ces dernières années, Alexander habitait Londres,
à deux pas de l'abbaye de Westminster

Depuis minuit heure de Greenwich, la famille d'Alexander est rassemblée, avec des amis très chers, autour du caveau où reposent les cendres d'Alexander, pour prier et commémorer le premier anniversaire de son départ. Je voudrais être là, avec eux, dans cette église du XIIIe siècle, dans ce paisible petit village de la campagne anglaise, afin de joindre aux leurs mes hommages et mes prières. Il n'était pas possible que j'y sois moi-même physiquement, mais j'y suis encore très bien représenté par une amie merveilleuse qui a déposé à l'entrée du caveau un important arrangement en forme de coeur, composé de roses roses, avec une carte portant mon nom. Alexander n'avait pas besoin que mon nom y soit écrit mais je suis heureux qu'il le soit : il rappellera ainsi à ceux de la famille qui préféreraient l'oublier qu'Alexander avait un amoureux et que cet amoureux ne l'oubliera jamais.

Enfant, il a cependant grandi
plus près de l'abbaye de Cantorbéry

Je suis heureux que sa grand-mère ait pu se déplacer et se joindre aux autres. Ainsi, il y aura au moins trois personnes pour m'associer en pensée à Alexander. Ce Petit Prince m'avait choisi et, durant quinze mois, même à distance, nous avons appris à nous connaître et nous avons partagé autant d'émotions, de découvertes, d'émerveillement, d'inquiétudes aussi, que peuvent en partager en plusieurs années un couple marié.

Alexander, notre Petit Prince, a compris, il y a quelques jours, que cette grand-mère qui l'a toujours adoré et qu'il adorait, même si, bien involontairement, il l'a selon lui trop souvent fait pleurer, viendrait à l'église avec les autres pour lui rendre hommage. La semaine dernière, en ouvrant sa porte, la grand-mère qui aime les animaux comme les a toujours aimés Alexander, a découvert un joli renardeau qui dormait en boule. Il savait bien où aller trouver refuge, lui aussi ! Elle lui a donné à boire et à manger et, depuis, le renardeau la suit partout.

Lorsqu'il est minuit, en Angleterre, il est dix-neuf heures à Montréal. Pratiquement tous les soirs à cette heure, Alexander et moi étions en conversation et nous guettions s'écouler les dernières secondes avant que le carillon de Westminster ne sonne minuit. Peu importe le sujet de conversation. nous faisions une pause pour souligner la présence rassurante du carillon et les douze coups du Big Ben. Lui les entendait par ses fenêtres ouvertes, à proximité, et moi je les écoutais sur mon ordinateur grâce un petit logiciel qui reproduit exactement, chaque quinze minutes et en temps réel, le son du carillon et du Big Ben. Après quoi nous poursuivions la conversation exactement là où nous l'avions interrompue. Chaque soir, à dix-neuf-heures, j'ai un fort pincement au coeur (et la plupart du temps bien davantage) ; je ne peux jamais m'empêcher de penser qu'à ce moment précis il est minuit à Londres.

Et pourtant c'est dans une plus modeste église, comme celle-ci, pas celle-ci,
mais dans une église de ce genre, plus ancienne (XIIIe siècle),
que reposent ses cendres, près de ceux qui,
depuis des siècles, l'ont précédé

Depuis minuit, donc, la famille et des amis très proches unissent leurs prières pour rappeler à Alexander combien il est aimé, et pour demander que son âme soit maintenant dans la paix, dans l'amour et dans la lumière, entourée de toutes celles qui l'ont précédée, qui aiment Alexander et qu'Alexander a toujours aimées. Je ne suis pas sûr de savoir bien prier , si je l'ai jamais su ; j'ai perdu l'habitude des répétitions de mots quand le coeur n'y était pas vraiment. J'essaie de réapprendre, à ma façon, sans faire semblant ; cela aussi, je le dois en grande partie à Alexander.

En début de soirée, avant dix-neuf heures, j'ai abondamment pleuré et je continue en rédigeant ces mots. Je ne me sentais pas prêt, pas encore digne, ce soir, de participer à cette commémoration. J'aurais voulu me faire beau, à l'intérieur comme à l'extérieur, comme Alexander avait l'exquise politesse de soigner sa tenue vestimentaire et de se parfumer pour venir me parler.

Je ne suis pas sûr d'avoir les bonnes couleurs,
mais cette image donne un aperçu

Néanmoins, j'ai allumé des bougies blanches devant les plus belles images de lui, près de plusieurs objets rappelant son passage sur Terre. J'ai affiché sur l'un des écrans de l'ordinateur des images de l'église où la famille est réunie et, pour mieux me joindre à eux, j'écoute sans interruption des airs de cornemuse. C'est que Charles, le grand frère adoré, a eu l'excellente idée de retenir les services d'une dizaine de Highlanders, joueurs de cornemuse, en tenue de gala traditionnelle. Durant vingt-quatre heures, ils joueront en continu, d'abord ensemble au début de la nuit, puis encore en fin de soirée de ce 7 juillet, se relayant le reste du temps. Quelle magnifique façon de faire sentir à Alexander qu'il n'est pas seul, que nous l'aimons et que nous ne l'oublions pas ! Alexander a toujours adoré la cornemuse. Souvent nous en avons écouté ensemble. Je dois dire que je suis toujours très ému par son timbre et souvent profondément remué par les airs auxquels elle est associée. J'imagine que ce sont mes origines irlandaises qui, ainsi chatouillées, se réveillent.

J'ai reçu ce matin un long message, vraiment bouleversant, exprimant tant d'amour pour notre Petit Prince et me révélant encore davantage à quel point, durant son court passage sur Terre, il aura été merveilleux. Je constate encore une fois que sa capacité d'émerveillement était pratiquement, à vingt-sept ans, aussi belle et étonnante qu'à cinq ans. Du premier au dernier jour de son existence ici, il aura conservé son innocence, une pureté rare, son authenticité... J'aimerais pouvoir un jour m'approcher de la qualité intrinsèque de ce garçon. Il faudrait plusieurs vies.

Ce n'est pas le texte que j'aurais voulu écrire pour souligner ce douloureux anniversaire du départ de notre Petit Prince. Mais avec le temps, j'ai pris davantage conscience de la complexité, de la richesse de ce garçon, et j'ai du mal à organiser mes idées pour parler de lui dans ces pages. Il y aurait encore tant et tant à dire à son sujet. Je ne renonce pourtant pas à essayer de construire autour de son nom, de son esprit, une cathédrale de mots qui recèleront à jamais les richesses de cet être merveilleux que j'ai eu le privilège d'accompagner un moment.

Pour l'instant, en écoutant la cornemuse, je vais me replonger dans la lecture de notre correspondance, et dans celle d'amis d'Alexander ; la plus grande majorité des pages écrites par les amis, en particulier celles de « Docteur Jane », sont absolument bouleversantes. Qui donc a dit que les Anglais avaient le sang froid ? Ces pages révèlent chaque fois davantage, s'il en était besoin, la mesure de ce que nous avons perdu avec le départ d'Alexander.


Merci, Alexander, d'avoir croisé ma route, d'avoir attiré et retenu mon attention en m'invitant à marcher avec toi. Tu as inspiré et donné tant d'amour, tu as accordé tant d'attention et de réconfort, prodigué tant de joies inattendues, de bonheurs inespérés. Tu as mérité d'être maintenant et pour toujours dans la paix, l'amour et la lumière... jusqu'au jour où tu voudras revenir sur Terre. Ce jour-là, je t'en prie, dis-le moi.

mardi 6 juillet 2010

75e anniversaire du Dalaï Lama



Le Dalaï Lama a 75 ans aujourd'hui.

En exil depuis cinquante ans, le Dalaï Lama est resté, au delà des frontières et des appartenances religieuses, l'un des chefs spirituels les plus respectés. Il est, partout sur la Terre (excepté en Chine, probablement, qui comme l'Union soviétique sous Lenine impose des politiques qui n'ont pas beaucoup de respect pour la personne), un exemple de sagesse, un apôtre de la non-violence et de la compassion, une source d'espoir, un messager de paix travaillant à construire un monde meilleur. Les très officiels représentants de l'Église catholique, parmi tant d'autres, auraient tout intérêt à s'en inspirer.

Le dalaï-lamas sont des maîtres spirituels réincarnés. Quand vient le temps de le remplacer, ses fidèles se mettent à la recherche de sa réincarnation. La Chine a annoncé son intention de choisir elle-même le prochain Dalaï Lama, qui ne sera donc pas Tibétain, mais Chinois. Le Dalaï Lama a cependant déclaré : « Si la situation présente du Tibet reste la même, je renaîtrai hors du Tibet, loin du contrôle des autorités chinoises. C'est logique. Le but même d'une réincarnation est de continuer le travail inachevé de l'incarnation précédente. Si donc la situation tibétaine n'est toujours pas résolue, il est logique que je renaisse en exil, pour continuer mon travail inachevé. »

Soyez l'un des millions à lui adresser un hommage à l'occasion de son soixante-quinzième anniversaire ! Cet hommage lui sera personnellement remis sur un « mur de voeux » à l'extérieur du principal temple de Dharamsala et diffusé par radio dans toute la région.

Pour signer cet hommage au Dalaï Lama, cliquez ici, puis faites circulez le message auprès des gens que vous connaissez.

* * *

Ce sera demain, 7 juillet, un autre anniversaire, beaucoup moins joyeux. La famille se réunit dès ce soir et, toute la nuit, toute la journée, des hommages seront rendus à notre Petit Prince.



Dépendance affective


Alexander m'a tellement parlé de son ami, Alexander le bulldog, parce qu'il savait que je m'intéressais vraiment à son chien et que chaque jour je lui demandais de ses nouvelles. Il me parlait de lui avec tellement d'amour et il était vraiment heureux de constater que je l'aimais autant. Alexander Bull est en effet un chien adorable. Un ami d'Alexander me disait qu'il était tout un personnage. Il est tellement connu à Londres qu'il est étonnant que les journaux ne s'emparent pas de sa vie et qu'il ne soit pas poursuivi par les paparazzi. Un peu cabotin et aimant son public, il adore se promener en voiture et se faire admirer, comme la reine dans son carrosse. En cela, il est tellement différent d'Alexander ; mais ils se complétaient bien, ces deux-là. Alexander avait donc toujours plein de choses à me raconter au sujet de son chien si je lui demandais de me parler de lui.


Je me suis donc fortement attaché à Alexander Bull et, à cause de lui, j'ai voulu mieux connaître les bulldogs anglais : j'ai fait des recherches sur Internet, j'ai appelé des éleveurs, etc. Il n'y a pas beaucoup de bulldogs anglais à Montréal. J'ai eu le bonheur, au cours de mes promenades, de faire la connaissance de quatre d'entre eux : Olive, Buster, Owen et un autre dont j'oublie le nom, Winston peut-être. Évidemment, chaque fois que je les aperçois, je m'organise pour passer près d'eux, faisant carrément des détours pour aller les voir. Si je n'ai pas le temps de m'approcher ou que les circonstances ne le permettent pas, je suis déçu comme je le serais d'un rendez-vous amoureux raté. Je connais maintenant l'horaire de sortie de l'un d'entre eux. Il y a trois jours, un peu avant l'heure prévue de sa sortie, je suis allé m'asseoir dans le gazon à proximité de son passage habituel. Ce soir-là, je l'ai attendu pendant plus d'une heure, en vain. Je suis rentré chez moi tout triste. Si je n'avais pas profité de cette attente pour écrire un peu, j'aurais eu le sentiment d'avoir vraiment perdu mon temps. Pour me consoler, j'ai regardé durant quelques heures des vidéos qui ne me montraient pas que des images, mais de l'interaction entre le chien et son ami.


Il y a dans cet attachement un intérêt réel pour les chiens ; je les aime tous, mais j'ai une préférence pour les bulldogs anglais. Parmi les vidéos regardées, il y a celle sur laquelle Jane Birkin interprète « Période bleue », avec sa chienne Dora, avec qui Alexander Bull a eu le plaisir de jouer à Hyde Park. Alexander et moi avions écouté ensemble cette chanson de Jane Birkin et j'aimais la revoir pas seulement pour la musique, la chanson que j'aime, pas seulement pour Jane elle-même, mais aussi pour le bulldog que, malheureusement, on ne voit pas assez... Par-dessus tout, j'aime particulièrement Alexander Bull, parce que c'est lui qui m'a apprivoisé d'abord. Et puis Alexander Bull est tout de même celui qui, ces dernières années, a le plus partagé l'intimité de mon Petit Prince. Je suis heureux d'apprendre que, depuis quelques jours, Alexander Bull ne quitte plus un jouet que lui a rapporté de voyage le cousin préféré d'Alexander. Je suis heureux pour Alexander Bull, et je suis particulièrement heureux de constater que le cousin ne pense pas seulement à Alexander sur son étoile, mais qu'il pense aussi à son ami resté ici.

dimanche 4 juillet 2010

Un ange dans le ciel...

Photo prise par Noëlle, ce matin à Montréal ; source : Météomédia

samedi 3 juillet 2010

Promotion pour services rendus

Pour avoir voulu ramener le Québec (et le Canada, car le droit criminel relève du gouvernement canadien) au Moyen Âge, et instaurer l'Inquisition, le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec, obtient une importante promotion à Rome. Ce qu'il n'a pas pu faire ici directement, parce que les Québécois refusent de revenir au « Crois ou meurs » du Moyen Âge, le cardinal le fera dans toute l'Église catholique. Au Vatican, dans l'entourage de son ami Benoît XVI, il sera bien entouré de tous ces vieillards séniles obsédés par le sexe d'une façon ou d'une autre, pour condamner chez les autres ce qui n'est pour eux qu'un rance souvenir.

Je préfère ce rouge à celui du cardinal Ouellet

Jean-Daniel Lafond est le mari de Michaëlle Jean, la gouverneure générale du Canada. Celle-ci se prend parfois elle-même pour la souveraine britannique, au point que le premier ministre canadien a cru bon l'expédier en Chine durant la visite de la reine au Canada, de crainte qu'elle ne tente de faire de l'ombre à la reine Elisabeth II. Au moment où sa femme a été nommée gouverneure générale du Canada, Jean-Daniel Lafond a dû se défendre d'avoir courtisé les souverainistes québécois. Michaëlle Jean a dû alors renoncer à sa nationalité française (comment en effet représenter la couronne britannique avec un passeport français ? - dommage pour le château français où elle envisageait peut-être prendre sa retraite). Maintenant que le mandat de sa femme se termine, le triste sire Lafond se croit obligé de cracher dans la soupe qui l'a si bien nourri depuis son arrivée au Québec en 1974 (il est devenu citoyen canadien en 1981). Le 26 octobre 2005, lors d'un entretien à la radio de Radio-Canada, le sieur Lafond disait : « Je suis devenu Canadien par le Québec et je suis resté Québécois ». Aujourd'hui, croyant peut-être faire plaisir à l'entourage de la souveraine britannique avec l'arrière-pensée d'une nomination quelque part, Jean-Daniel Lafond, qu'un humoriste québécois surnommait « Jean-Daniel Doublefond », affirme (dans un numéro spécial de L'Express) être agacé par les mots « Québec » et « Canada français », car « la force du mot Canada est plus grande que celle du mot Québec ». Et mon père est plus fort que le tien ! Espèce de con ! Comme si l'un empêchait l'autre ! Reniera-t-il aussi sa naissance et sa jeunesse françaises ? Peut-être mettra-t-il cela sur le compte d'une erreur de jeunesse. Rien de pire qu'un nouveau converti pour dénigrer ses anciens coreligionnaires ! Si le sieur Lafond croit pouvoir obtenir, en crachant sur le Québec, un poste de gouverneur des îles Falklands, par exemple, il sera déçu ; d'une part, la reine Elisabeth II est trop intelligente pour apprécier ces hypocrisies et, d'autre part, le gouverneur des Falklands, Alan Huckle, n'a pas l'intention de prendre sa retraite maintenant. Jean-Daniel Lafond devra donc faire ses valises et suivre sa femme en Haïti, car celle-ci deviendra envoyée spéciale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) en Haïti.

À voir cette photo prise lors du passage de la reine au Canada, il ne faudrait pas croire que tous les Canadiens vivent dans ce genre de maison ; les Québécois non plus, d'ailleurs.

jeudi 1 juillet 2010

1er juillet

Au Québec, le premier juillet, c'est la Journée nationale du déménagement.

Si nous pouvions nous parler directement comme nous l'avons fait directement durant quinze mois, Alexander et moi, nous ne manquerions pas de mentionner que le premier juillet, c'est aussi l'anniversaire de naissance de Lady Di. Par discrétion, il n'aurait peut-être pas mentionné lui-même l'anniversaire mais je sais qu'il aurait eu plus qu'une pensée affectueuse pour la princesse de son coeur. Et il aurait été ému que je le souligne.


Deux autres petits princes auront pour elle une pensée toute spéciale car, comme le disait le prince Harry : « William et moi parlons d'elle tous les jours. »

lundi 28 juin 2010

Ma tasse de thé contre un Airbus

Toujours soucieux de gérer sainement l'argent des Français, le petit locataire de l'Élysée voit grand. Jugeant que la garden-party du 14 juillet représentait pour l'Élysée une dépense excessive, le président a décidé de l'annuler. Il a un peu hésité entre l'annulation de la garden-party et le défilé traditionnel sur les Champs-Élysées, mais il a dû juger que le défilé le rendrait personnellement visible à un plus grand nombre de ses sujets, il a décidé de maintenir le défilé. 7 500 invités du président seront privés de cette petite célébration dans les jardins. Puisque les commandes ont probablement été annulées à la dernière minute, compte tenu de l'impulsivité du locataire, l'Élysée devra peut-être compenser les fournisseurs. L'an dernier la garden-party avait coûté aux Français 732 826 euros, dont 313 618 euros pour les traiteurs, 43 128 euros pour les vins et le champagne. Puisqu'il faut se serrer la ceinture, l'Élysée donnera l'exemple.


Le président voit grand, mais cela ne l'empêche pas de voir haut. Puisqu'il faut se serrer la ceinture, il le fera de la plus belle manière. Il a commandé une ceinture de 176 millions d'euros. Mais à ce prix-là, les Français seront heureux de savoir que le président obtient, avec sa ceinture, un Airbus A330-200.

Pour faire plaisir au petit Roi-lunettes-soleil, on a réaménagé complètement la cabine de l'avion. On a remplacé les 324 sièges existants par une soixantaine de fauteuils plus confortables. On a aménagé une grande salle de réunion, une chambre pour le président, avec une vraie douche. À 10 000 mètres d'altitude, le président pourra naviguer sur Internet pour voir ce que l'on dit de lui, Carla pourra commander du haut du ciel un nouveau sac à main de 30 000 euros. Le président sera bien protégé : on a renforcé la carlingue de l'avion et on l'a équipé d'un système de leurre antimissiles.

Bien sûr, il s'agit d'une dépense de 176 millions d'euros, mais n'oubliez pas que le président a renoncé à une dépense de plus de 700 000 euros pour la tasse de thé et les petits fours qu'il offrait à ses 7 500 invités. Bien sûr, chaque heure de vol de ce jouet coûtera aux Français 20 000 euros - contre 8 000 pour un appareil ordinaire -, mais n'oubliez pas que c'est pour le prestige de la France.

dimanche 27 juin 2010

Des discussions en vue

Je réfléchissais ces jours-ci à la pertinence de continuer ce blogue.
La solution serait peut-être que je me recycle en chroniqueur sportif.
Je ne serai pas forcément plus mauvais que les arbitres de la Coupe du Monde ? Croyez-vous ?


Le but injustement refusé à Franck Lampard lors du 8e de finale du Mondial-2010 entre l'Allemagne et l'Angleterre (4-1), dimanche, va inévitablement relancer le débat récurrent sur l'arbitrage-vidéo auquel s'opposent l'International Board et la Fifa.

Photo: AFP

Agence France-Presse
L'arbitre uruguayen Jorge Larrionda n'a pas accordé le but à Lampard alors que les ralentis télévisés montrent clairement que le ballon avait franchi la ligne de but à la 38e minute du match.Cette erreur constitue un élément supplémentaire dans le débat, près de huit mois après la fameuse main de Thierry Henry, à l'origine du but de la qualification française pour le Mondial, le 18 novembre 2009 lors d'un match de barrage face à l'Eire (1-1 a.p.).

Fera-t-elle vaciller la Fifa et surtout l'Ifab (l'International Football Association Board, qui régit les lois du jeu), arc-boutées sur leur refus de toute assistance par la vidéo et que même ce scandale planétaire n'avait pas fait bouger? Rien n'est moins sûr.

Le 6 mars, la planète football avait cru voir enfin une évolution, le Board ayant accepté pour la première fois de mettre à l'ordre du jour de son assemblée générale l'assistance technologique à l'arbitre.

Le rugby pionnier

Mais la sentence fut sans appel: après s'être fait présenter à Zurich, au siège de la Fifa, deux technologies d'assistance vidéo à l'arbitrage sur la ligne de but, l'Ifab avait décidé de ne pas les intégrer à son règlement et aux Lois du jeu.

Dans un entretien à l'AFP en décembre 2009, Michel Platini, président de l'UEFA, n'avait pas hésité à dire que l'arbitrage sous sa forme actuelle était «mort». Mais l'ancien meneur de jeu des Bleus a toujours été hostile à l'introduction de la vidéo, militant plutôt pour l'arbitrage à cinq, son cheval de bataille, introduit en Europa League cette saison.

Le 18 mai, le Board a ainsi autorisé l'extension de l'arbitrage à cinq. Du coup, l'UEFA a décidé de l'introduire dès la saison prochaine en Ligue des champions, puis à l'Euro-2012 (qualifications comprises). L'arbitrage vidéo attendra.

Le secrétaire général de la Fifa Jérôme Valcke a d'ailleurs répété samedi que la Fédération internationale envisageait l'introduction de l'arbitrage à cinq mais pas de la vidéo.

Comparé au football, le rugby fait figure d'avant-gardiste. Depuis 2001, d'abord dans le tournoi des six nations puis progressivement dans les autres compétitions, l'arbitre a la possibilité de demander l'appui de la vidéo sur des phases de jeu bien précises (essai, faute dans les 5 mètres précédant l'en-but).

Le tennis a également franchi le pas en 2006 avec le «Hawk-eye», un système de vidéo-assistance (deux ou trois recours possibles par set).

Les ralentis télévisés montrent clairement que le ballon avait franchi la ligne de but.
Photo: Reuters

samedi 26 juin 2010

Come on England !


Je n'ai jamais été très intéressé par le sport, ni pour le pratiquer moi-même, ni pour pour suivre, dans les stades ou à la télévision, les exploits des autres. Pourtant, je crois que, si les conditions avaient été réunies pour m'en faciliter l'accès, j'aurais aimé pratiquer certains sports, comme le tennis, la natation, et quelques autres. J'avais commencé un jour des cours d'escrime, que j'avais dû abandonner pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la discipline elle-même.

Contrairement à moi, Alexander a commencé très jeune à faire du sport. Peut-être qu'au départ, il n'a pas eu tellement le choix : à l'école, au collège, à l'université, le sport était de rigueur. Il aurait certainement préféré se laisser enfermer dans la bibliothèque ou s'allonger par terre pour observer le travail des fourmis plutôt que de se joindre à ses camarades pour pratiquer des sports parfois violents. Son emploi du temps était bien organisé ; à l'acquisition du savoir scolaire, des connaissances intellectuelles, il ajoutait la pratique du chant, du piano, de l'aquarelle, de la couture, de la broderie, etc. Ce qu'il n'apprenait pas à l'école, enfant, il demandait aux autres, à sa grand-mère notamment, de le lui enseigner. C'est son frère qui lui apprit à se battre afin de pouvoir se défendre.

Son sport préféré, qu'il avait choisi très tôt, c'était le polo, qui lui permettait d'exprimer son agilité et son son sens de la stratégie tout en jouant avec l'animal le plus noble qui soit : le cheval. J'étais si fier lorsqu'il quittait Londres, habituellement le dimanche, pour aller vers le nord de l'Angleterre rejoindre son équipe de polo. En me disant qu'il allait jouer pour moi, il le pensait vraiment ; un jour, il a provoqué un petit scandale en attachant à la bride de son cheval un ruban bleu et un ruban blanc, qui n'étaient ni les couleurs de sa région, ni les couleurs de sa famille, ni les couleurs de son équipe, mais « les couleurs de son amour, les couleurs du Québec ». J'avais plusieurs raisons d'être très fier : il était un excellent joueur (il ne le disait pas lui-même, mais d'autres sources me l'ont confirmé), souple, agile, faisant corps avec son cheval ; il jouerait pour moi et remporterait la partie. Il ne s'attribuait jamais le mérite des bons coups ; c'était un sport d'équipe et s'il y avait des louanges à distribuer, c'était aux chevaux qu'il fallait les attribuer.


Nous n'avons pas beaucoup parlé de football, le sujet n'étant pas vraiment d'actualité durant cette période. Je savais cependant que, s'il ne jouait pas lui-même au football, il encourageait sans réserve ses clubs préférés, Man U (Manchester United) notamment.

Jane me rappelle l'enthousiasme d'Alexander lors de l'édition 2006 de la Coupe du Monde et sa fierté de mettre sur sa voiture (« une voiture noire ») le drapeau aux couleurs de son pays portant, comme un cri du coeur, la mention « Come on England ».

Sachant qu'Alexander serait fébrile en ce moment, encourageant son équipe (il a sans doute en ce moment le meilleur point de vue pour ne rien manquer et il fait sûrement tout ce qu'il peut pour soutenir les siens), et pour partager l'enthousiasme de mon ami gallois qui ne verra peut-être pas le prochain match, j'ai commencé à m'intéresser aux compétitions actuelles et, pour rien au monde, je ne voudrais manquer d'encourager l'équipe d'Alexander. Dimanche matin, donc, je serai devant mon téléviseur et si je ne crie pas très fort ces mots, je les penserai et les sentirai fortement : « Come on England ! »

Trop tard pour les canards


Jamais trop tard pour les connards !

Le Canada produit du pétrole, en Alberta, d'une manière des plus dommageables pour l'environnement. Leurs méthodes ont des conséquences néfastes. En une seule fois, 1600 canards ont payé de leur vie le manque de responsabilité et d'esprit civique d'une compagnie pétrolière. Heureusement, un juge vient de condamner la pétrolière. Cela ne ressuscitera pas les canards mais fera peut-être réfléchir les connards !

Agence France-Presse
Montréal

Un juge canadien a reconnu coupable vendredi la compagnie pétrolière Syncrude de la mort de 1600 canards qui s'étaient posés sur un bassin de décantation utilisé pour l'exploitation des sables bitumineux, ont rapporté les médias canadiens.

Le juge Ken Tjosvold, du tribunal d'Edmonton a estimé que la société canadienne n'avait pas pris les moyens nécessaires pour éviter que les oiseaux migrateurs, des sauvagines, ne se posent dans ce lac artificiel, situé à 40 km de Fort McMurray, dans le nord-est de l'Alberta.

Les oiseaux étaient morts mazoutés après y avoir barboté en avril 2008.

« Au cours des dernières années, Syncrude a réduit le nombre de ses équipements (pour éloigner les oiseaux de l'endroit pollué), ainsi que son personnel », a déclaré le juge lors de l'énoncé de son verdict.

La compagnie pétrolière n'a pas agi assez rapidement pour éviter la mort des oiseaux, a asséné en outre le magistrat, dont les propos ont été rapportés par le site internet du quotidien The Globe and Mail.

L'entreprise risque une amende de 800 000 dollars canadiens, voire plus si le juge décide d'un prix pour chaque tête de canard empoisonnée, selon les médias canadiens. La sentence doit être connue le 20 août.

À aucun moment toutefois ce procès n'a été celui des bassins de décantation creusés par l'industrie des sables bitumineux. Pour séparer le brut du sable dans lequel il est mélangé, les entreprises pétrolières utilisent des quantités faramineuses d'eau. Une fois souillé, le liquide est déposé dans d'immenses lacs artificiels, au grand dam de nombreux riverains et écologistes.

« Nous sommes vraiment ravis par ce verdict, mais nous aurions préféré qu'il intervienne il y a 30 ans, de telle sorte que nous n'ayons pas à traiter 170 kilomètres carrés d'eaux toxiques », a réagi dans un communiqué Sheila Muxlow, responsable locale de l'ONG environnementaliste Sierra Club.

vendredi 25 juin 2010

En souvenir de...

29 août 1958 - 25 juin 2009

« Avant de me juger, essayez simplement de m'aimer »*

"Childhood"

Have you seen my Childhood?
I'm searching for the world that I come from
'Cause I've been looking around
In the lost and found of my heart...
No one understands me
They view it as such strange eccentricities...
'Cause I keep kidding around
Like a child, but pardon me...

People say I'm not okay
'Cause I love such elementary things...
It's been my fate to compensate,
for the Childhood
I've never known...

Have you seen my Childhood?
I'm searching for that wonder in my youth
Like pirates in adventurous dreams,
Of conquest and kings on the throne...

Before you judge me, try hard to love me,*
Look within your heart then ask,
Have you seen my Childhood?

People say I'm strange that way
'Cause I love such elementary things,
It's been my fate to compensate,
for the Childhood I've never known...

Have you seen my Childhood?
I'm searching for that wonder in my youth
Like fantastical stories to share
The dreams I would dare, watch me fly...

Before you judge me, try hard to love me.
The painful youth I've had

Have you seen my Childhood...

À sa façon, souvent maladroite, il était aussi un Petit Prince.

lundi 21 juin 2010

Coeur de Petit Prince, courage de dragon...

Un ami gallois, qui vit à Londres une bonne partie de l'année, doit subir mardi ou mercredi une intervention chirurgicale dont il se passerait volontiers.

Il ne s'agit pas du prince de Galles, mais A. est aussi un Petit Prince, un ami digne d'Alexander - Jane en est aussi persuadée. Ils ont bien des choses en commun, dont la sensibilité, la ferveur, la générosité, la poésie dans tout ce qu'ils font, dans tout ce qu'ils sont.


Comme le souligne l'hymne national gallois, ce territoire est un pays de liberté, terre de poètes, de troubadours et de braves patriotes. « O bydded i'r hen iaith barhau » (vous aurez tous compris : « Que la langue ancienne se perpétue » aussi longtemps que la mer constituera l'un des murs de ce pays magnifique). Grâce à cet ami, la langue du pays de Galles se perpétue ; il y contribue de tout son coeur.

A. ne pourra pas voir en même temps que moi, mercredi, le match de la Coupe du Monde que l'Angleterre remportera, mais je le regarderai pour lui, avec la même attention, avec une ferveur s'approchant de la sienne.

Soyez fort et courageux comme vous avez a su l'être jusqu'à maintenant, cher A. Je suis avec vous de tout mon coeur et j'attendrai votre retour et votre rétablissement avec la même impatience que celle de votre fidèle ami et compagnon canin, Maurice, au regard si doux.

Anniversaires

Au cours de notre dernière conversation en direct (nous ne savions ni l'un ni l'autre que ce serait la dernière, évidemment), le samedi 20 juin 2009, mon Petit Prince me disait que le seul endroit où il voulait être, c'est dans mon coeur. Il a sans doute maintenant la liberté d'être là où il veut et il sera, bien entendu toujours dans mon coeur.

S'il était là, physiquement, Alexander qui n'oubliait aucun anniversaire, ne manquerait pas de penser à celui, plus joyeux, d'un autre petit prince, né deux mois et demi après lui, le 21 juin 1982.

lundi 7 juin 2010

Un rossignol amoureux

Il y a deux ans et des poussières, je ne savais pas reconnaître le chant du rossignol. Grâce à l'article « Sérénade printanière » publié ici le 6 mai 2008, j'ai pu apprendre que le chant que j'ai si souvent entendu le soir, la nuit ou au petit matin, c'était en fait celui du rossignol. C'est une jeune Anglais qui avait identifié le chant de l'oiseau que l'on entendait sur l'enregistrement que j'avais mis en ligne. Dans les mois qui ont suivi, Alexander, le jeune Anglais en question, aura eu l'occasion de laisser plusieurs autres commentaires, notamment le 14 juillet 2008, à la suite d'un article que j'avais écrit en pensant à lui, connaissant son amour pour l'écrivain Colette et surtout pour une dame qu'il adorait et qui lui a appris tellement de choses, y compris le nom des oiseaux. À la suite de cet article, « J'ai vu chanter un rossignol sous la Lune », Alexander écrivait que dans la Grèce antique le rossignol était un symbole car son chant si beau inspirait les amoureux... Ce commentaire m'avait alors très ému ; aujourd'hui sa relecture me bouleverse... C'est que, les lecteurs fidèles le savent, Alexander est retourné sur son étoile en juillet 2009, il y a exactement onze mois et que, par conséquent, ses mots, comme tant d'autres choses qui faisaient mon bonheur, me manquent terriblement, plus encore qu'il y a onze mois.

Alexander m'a toujours dit que si un jour il devait retourner sur son étoile ou sur la Lune, il serait tout de même toujours près de moi et il insistait que je ne devais jamais oublier qu'il était là. Je dois dire que les dernières semaines ont été très difficiles. Ce n'est pas vrai qu'avec le temps le chagrin diminue. Mais avec le temps qui passe, les proches croient que le chagrin devrait s'atténuer et que l'on ne devrait plus avoir besoin d'autant d'attention. À qui, alors, dire sa peine ? à qui parler encore de ce qui nous manque cruellement ? Je reconnais que ces derniers temps, peut-être parce que j'étais plus préoccupé par des problèmes pressants (mais tout est lié : l'état d'esprit influence tout le reste), même si je pensais toujours à lui et que mes rituels n'ont pas changé, il m'était plus difficile de sentir sa présence. Et cela même me rendait malheureux. Et, depuis deux ou trois jours, je ne sais plus pourquoi exactement, je sens davantage la présence d'Alexander. Je perçois très souvent des signes qui étaient peut-être là auparavant mais que je n'arrivais pas à décoder.

La photo vient d'ici

Vendredi soir, par exemple, je suis sorti pour aller manger au restaurant. Le soleil se couchait à l'horizon. Ma rue est bordée de grands arbres des deux côtés. Devant chez moi, j'entendais les oiseaux se préparer pour la nuit. Puis un chant se distinguait très nettement parmi les autres. Je me suis arrêté, cherchant je ne sais pourquoi dans l'épais feuillage, l'oiseau qui chantait si bien. Et je l'ai vu : il était perché sur un élément décoratif de la corniche d'une maison de quatre étages ; sa silhouette était clairement découpée sur le bleu violacé du ciel. Je pouvais même distinguer le gonflement de sa poitrine et les mouvements de son bec. Il semblait seul au monde et si heureux de chanter. C'était, vous l'aurez deviné, un rossignol. Alexander avait raison de mentionner que dans la Grèce antique son chant magique inspirait les amoureux. Je crois qu'aujourd'hui encore, souvent sans le savoir, les amoureux sont sous le charme de cet enchanteur. Je suis resté longtemps à l'écouter, en pensant à tout ce qu'aurait dit Alexander. Puis je me suis dit que tout ce qu'Alexander aurait voulu m'exprimer passait ce soir-là par le chant merveilleux d'un rossignol qui semblait ne chanter que pour moi.

mardi 1 juin 2010

À quoi bon continuer ?

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t'en vas ?

A quoi bon vivre, étant l'ombre
De cet ange qui s'enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N'être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t'en ailles
Pour qu'il ne reste plus rien.

Tu m'entoures d'Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t'envoles
Pour que je m'envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n'entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s'en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J'en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d'azur.

L'amour fait comprendre à l'âme
L'univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l'infini

Sans toi, toute la nature
N'est plus qu'un cachot fermé,
Où je vais à l'aventure,
Pâle et n'étant plus aimé.

Sans toi, tout s'effeuille et tombe ;
L'ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t'implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n'es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l'autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L'inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l'étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu'illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant : « Où donc est ma soeur ? »

J'en mourrai ; fuis, si tu l'oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu'il ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

Victor Hugo, « Je respire où tu palpites »