mardi 28 avril 2009

Printemps ou été ?

Il y a quelques jours encore, on ne voyait autour de chez moi que quelques pauvres fleurs, les plus braves cependant, les toutes premières à « casser la glace ». Or, ces deux ou trois derniers jours, d'autres sont arrivées. J'ai vu, hier, pour la première fois les premières feuilles apparaître aux branches des arbres.

Après avoir mangé avec une amie, hier midi, nous sommes allés prendre l'air au parc. Il nous a fallu trouver de l'ombre car le soleil frappait fort et il faisait très chaud. Les gens autour de nous, garçons et filles, étaient allongés sur le gazon encore timide pour se faire chauffer au soleil pendant que d'autres, un peu plus loin, jouaient au ballon dans le sable, pieds et torse nus.

J'aime le printemps pour le renouveau qu'il apporte, pour les feuilles aux arbres après un hiver rigoureux, pour les fleurs qui garnissent les jardins urbains, si tristes en hiver. Mais je préfère la fin de l'été et le début l'automne, quand il fait beau le jour et frais la nuit. Au cours de la journée, hier, le mercure aura atteint 30 degrés Celsius ; je n'aime pas spécialement ces grandes chaleurs et, pour moi, c'est trop tôt. Je sais qu'il ne faut pas trop se plaindre car nous trouvons que l'hiver est déjà trop long. Mais passer, du jour au lendemain des journées froides aux journées très chaudes, c'est trop.

Je voulais prendre des images des nouvelles fleurs dans les jardins, des jeunes feuilles dans les arbres, mais j'avais oublié de changer les piles de l'appareil photo. J'essaierai de me reprendre au cours des prochains jours. La pluie d'aujourd'hui aura fait sortir la verdure et quelques fleurs supplémentaires.

Vous avez une saison préférée ? Laquelle ?

samedi 25 avril 2009

Saint-Marc


Le lion est l'animal associé à cet évangéliste et au prénom Marc. J'aime que cet animal soit l'un de ceux qui me représentent et qui définissent en partie mon caractère. L'agneau que l'on associe habituellement à mon autre prénom équilibre et adoucit certainement mon caractère. À moins que je ne m'identifie plutôt à l'aigle qui représente saint Jean l'évangéliste. Le mot « aigle » me rappelle toujours une phrase d'un film de Luchino Visconti, Violence et passion, phrase qui m'est revenue l'autre jour au parc en voyant des nuées de jeunes affluer vers le parc comme des nuées de fourmis pendant que j'étais seul sur mon banc, de l'autre côté de la rue : dans ce film, une famille turbulente et scandaleuse reprochait à un vieux professeur d'être trop solitaire parce qu'il vivait entouré de ses tableaux, de ses livres, de ses disques et autres collections, qui étaient sa compagnie habituelle ; celui-ci répondit : « Les corbeaux volent en bande ; l'aigle plane seul dans le ciel ». Avec le film Mort à Venise, Violence et passion est certainement l'un de mes films cultes.


À cause du film Mort à Venise, peut-être, et à tout ce que j'ai pu y associer par la suite, la basilique de Saint-Marc est sans doute l'un des lieux qui me viennent spontanément à l'esprit lorsque je pense au prénom Marc.


Le compositeur britannique Benjamin Britten a écrit un opéra intitulé Death in Venice. Il y a plusieurs années, j'avais assisté-participé à une adaptation théâtrale de cette même nouvelle de Thomas Mann ; cette pièce était magique car tous les spectateurs étaient des clients de l'Hôtel des Bains : assis à des tables sur la terrasse, ils étaient au cœur de l'action, témoins privilégiés du drame qui s'y déroulait.

vendredi 24 avril 2009

Saint-Fidèle

Fidèle de Sigmaringen, de son vrai nom Marc Roy, est né en 1622 à Sigmaringen en Souabe, en Allemagne. Il fut avocat à Colmar avant de devenir à Fribourg-en-Brisgau. Il a été mis à mort par un petit groupe de protestants fanatiques aux Grisons en Suisse. On le fête le 24 avril.

jeudi 23 avril 2009

Les livres

L'image vient d'ici.

Ce 23 avril, c'était aussi la Journée internationale du livre et du droit d'auteur. Normalement, chaque année, dans les librairies par exemple, on organise des activités autour du livre. Je n'ai pas su ce que l'on organisait dans les librairies de Montréal, mais je sais, grâce à mon ami Poeri, que dans une librairie d'Aix-en-Provence on donnait des roses à ceux qui achetaient des livres.

Les livres ont tenu une telle place dans ma vie que je leur dois de souligner cette fête aujourd'hui. Par hasard, je suis tombé sur un article qui disait qu'au Japon le livre électronique est très répandu, que les Japonais n'hésitent pas à télécommander des livres qu'ils peuvent lire sur leur téléphone portable, par exemple, que ce soit dans les transports en communs, à l'heure des repas, etc. Et, apparemment, le livre électronique ne nuit pas à la vente du livre sur papier, car les Japonais n'hésitent pas à acheter sur papier les livres qu'ils ont découverts en format électronique.


Je ne ferai pas ici une longue histoire au sujet de ma relation avec les livres. Je dirai seulement qu'ils ont été, à partir d'un certain âge, mes amis les plus sûrs. J'avais lu quelques livres auparavant, mais le livre qui, tout en mettant des mots sur ce que je vivais alors, a transformé ma vie en me révélant tout un univers que j'ai eu envie de découvrir, c'est, je l'ai dit déjà, Les amitiés particulières.

Alexander, qui a aussi lu et aimé ce roman, me faisait remarquer que c'était, hier et aujourd'hui la fête des deux personnages principaux, Georges et Alexandre. Et puisque le héros principal, Georges de Sarre, fut toute sa vie fidèle à Alexandre, son amour d'adolescence, c'est une bonne coïncidence que le 24 avril soit la Saint-Fidèle. Et, pour ne pas s'arrêter là, j'ajouterai que le calendrier permet de m'associer à Alexandre, en passant par Georges et Fidèle, puisque c'est, le 25 avril, la Saint-Marc, ma fête.

Saint-Georges


L'image vient d'ici, où l'on trouvera « la vie et la passion Saint et glorieux Grand-Martyr Georges ».

Le 23 avril, on célèbre la Saint-Georges, en l'honneur de Georges de Lydda, martyr chrétien, décapité en vertu des édits de Dioclétien qui faisait la chasse aux chrétiens. On raconte que Georges, de passage dans une ville qui pourrait être Beyrouth, sauva une princesse victime d'un dragon qui terrorsait la ville et exigeait des victimes animales et humaines. Après un combat acharné avec le monstre, Georges triompha du dragon et libéra la princesse (on aurait souhaité que, de nos jours, il fut aussi simple de libérer nos princesses des monstres dont elles furent victimes). On dit aussi que le dragon, qui n'avait été que blessé par Georges, lui resta attaché comme un chien fidèle.



Il est vénéré dans de très nombreux endroits dans le monde, notamment en Israël, en Russie, en Bulgarie, en Géorgie, en Éthiopie, en Italie (Gênes et Venise), à Barcelone et en Catalogne. Il est aussi très vénéré en Angleterre dont il est le saint patron ; la croix de saint Georges orne le drapeau anglais.

Cette reproduction d'un tableau de Raphaël vient ici.

Bonne fête à tous les Georges, à tous les Anglais et à tous les autres dont saint Georges est le patron.

Saint Alexandre, saint Georges, ces noms, ces fêtes qui se suivent en avril, ça me rappelle quelque chose, mais... je vous en parlerai un autre jour.

mercredi 22 avril 2009

Joyeux anniversaire, Alexander

Le 22 avril, c'est aussi l'anniversaire de notre ami Alexander, l'adorable Alexander, le bouledogue anglais qui séduit vraiment tout le monde et qui obtient, lorsqu'il sort avec ses amies, qu'on leur serve le champagne.

Il aura été le premier, au cours de la nuit et de la journée, à recevoir des cadeaux qu'il sait apprécier. Pour son maître et ami, c'est lui le véritable cadeau.

Pour souligner l'événement, il aura mis l'un des beaux noeuds papillon de son maître. Et qu'importe si le noeud de soie traîne un peu dans le gâteau au fromage et à la noix de coco (son préféré) que lui a préparé la voisine et amie ! C'est la fête et ce qui compte, c'est d'être heureux.

Cette photo* ne représente pas le véritable Alexander. Mais celui-ci, quand on lui demande « Give me five », est tout heureux de faire le geste approprié, comme celui de la photo. Allez, Alexander, tope là !

* Je ne retrouve plus la source de cette image.

Saint-Alexandre


« À la Saint Alexandre, finie les cendres »

Le 22 avril, c'est la Saint-Alexandre, fête chrétienne en l'honneur d'un médecin à Lyon, originaire d'Asie mineure, qui fut crucifié en 177 pur avoir enc9ouragé les chrétiens.

Contrairement à l'Europe, il n'est pas très fréquent, en Amérique du Nord, de célébrer la fête de son saint patron ; ces fêtes passent pratiquement inaperçues ici. Alors que certains de mes amis, en France par exemple, célèbrent plus volontiers leur fête que leur anniversaire de naissance.

C'est le cas aussi en Angleterre. J'en profite pour souhaiter à Alexander une très joyeuse fête et lui offrir mes voeux les plus chaleureux.

Le prénom Alexandre est, lui, d'origine grecque et macédonienne. On trouve différentes variantes linguistiques :
* Alexander en anglais, danois, hongrois, néerlandais, polonais, slovène, suédois, etc.
* Alejandro en espagnol
* Alessandro (diminutif : Sandro) en italien
* Iskander/Iskender en turc
* Iskandar en arabe
* Aleksandar en croate
* Aleksandras en lituanien.

Le plus célèbre d'entre eux est sans aucun doute Alexandre le Grand. Le plus beau et le plus adorable, et cependant très discret, c'est celui que j'aime. Non, non, n'insistez pas : je ne publierai pas de photo.

Il y a, dans ma région natale, quelques villages qui portent le nom de Saint-Alexandre. Cette région est réputée pour ses couchers de soleil ; j'ai trouvé quelques belles photos à Saint-Alexandre-des-lacs et à Saint-Alexandre-de-Kamouraska.

mardi 21 avril 2009

Un début de printemps...

Ces pauvres petites fleurs, aperçues il y a deux ou trois jours dans le jardinet d'une maison voisine, permettent de croire qu'il y aura bientôt un printemps à Montréal. Ce sont les premières que j'aie vues en 2009 ; hier, j'ai vu quelques jonquilles, un peu plus loin (il faudra me croire sur parole, car j'avais oublié mon appareil photo à la maison).

dimanche 12 avril 2009

Joyeuses Pâques


samedi 11 avril 2009

67 vies fauchées


Pour construire la nouvelle salle de concert de l'Orchestre symphonique de Montréal, la Ville de Montréal abat, dans un charmant petit parc pas très loin de chez moi, 67 pommetiers aux fleurs roses, âgés de 45 ans.



67 vies fauchées, sans état d'âme !

On en replantera d'autres, mais tout de même : c'est choquant de voir disparaître d'un coup, en quelques minutes, 67 beaux arbres adultes* et sains.

J'écris bien « arbres adultes » et non « arbres matures », comme on le voit et on l'entend trop souvent. Le mot « mature », en français, se dit d'un saumon en âge de frayer. Je veux bien croire que des arbres de 45 ans ont pu avoir l'occasion de se reproduire déjà, mais je considère comme immatures tous les individus qui utilisent cet adjectif pour qualifier un arbre. C'est surtout au Québec qu'on entend l'adjectif « mature » employé autant pour qualifier un arbre, une personne ou un animal. Je ne m'y résigne pas : ça m'écorche les oreilles à chaque fois.

vendredi 10 avril 2009

Jane Birkin



Y a-t-il encore quelqu'un sur terre qui n'ait jamais entendu cette chanson ? Depuis sa sortie, en 1969, elle a fait le tour du monde de très nombreuses fois. Composée par Serge Gainsbourg, qui l'interprète ici avec elle, c'est la chanson qui a fait connaître Jane Birkin et c'est sans doute la plus connue de toutes les chansons qu'elle a interprétées. Depuis 1969, Jane Birkin a enregistré vingt disques (le plus récent, « Enfants d'hiver », est sorti en 2008) et elle a fait bien d'autres choses au cinéma, à la télévision, au théâtre…

Je voulais depuis un moment déjà parler de Jane Birkin et je suis heureux de pouvoir aujourd’hui même exprimer mon affection pour la chanteuse, pour la comédienne, pour la femme et pour la citoyenne Jane Birkin qui prend position et qui s’engage dans des luttes pour la défense des droits. Si je sais que Jane Birkin participera à une émission de télévision, j'essaie de la regarder

Je ne peux pas dire que j’aie suivi fidèlement la carrière de Jane Birkin. Je ne connais pas non plus très bien toutes ses chansons, pour la simple raison que, depuis plusieurs années, je n’ai pas écouté beaucoup de chansons, sauf celles qu’il m’arrive d’entendre lorsque je circule dans des endroits publics, puis quelques autres en vidéo sur Internet, par exemple. Celui que j’aime, lui, les connait toutes et je crois qu’il a tous ses disques.


En consultant son abondante filmographie, je m'aperçois que Jane Birkin a joué dans plusieurs films que j'ai vus il y a plusieurs années (Blow-Up, Les Chemins de Katmandou, Le Mouton enragé, L'Ami de Vincent, Le Neveu de Beethoven, La Belle Noiseuse, On connaît la chanson, ...). Mais c'est vraiment Daddy nostalgie, un film de Bertrand Tavernier de 1990, qui me revient le mieux à la mémoire. Elle y incarne le rôle d’une jeune scénariste d’origine irlandaise vivant en France, qui vient rendre visite à ses parents dans le sud de la France et qui retrouve avec plaisir son père, incarné par Dirk Bogarde, trop souvent absent dans l’enfance et la jeunesse de la jeune femme. J’aime Jane Birkin et j’ai toujours aimé aussi le comédien Dirk Bogarde qui, durant les dernières années de sa vie s’était installé en France où il était devenu écrivain.

Fille de David Birkin, commandant de la Royal Navy, et de l'actrice Judy Campbell (Gamble est son nom véritable), Jane Birkin est établie en France depuis la fin des années 1960. En digne descendante de Charles II, roi d’Angleterre et d’Écosse, décorée Officier de l'Empire britannique par la reine Élizabeth II en 2001, Jane Birkin ne renie pas ses origines ni sa culture. Sa fidèle amie Dora est un bouledogue anglais à qui le compagnon d’Alexander a eu l’occasion de prêter sa balle lorsqu’ils jouaient ensemble à Hyde Park.


Il y a quelques semaines, une amie m’avait annoncé que Jane Birkin donnerait un concert à Londres. J’ai fait une recherche rapide sur Internet et j’avais trouvé la date du concert et le nom de la salle. En pensant qu’Alexander pourrait assister à son concert, j’avais voulu lui faire une surprise en essayant d’organiser une rencontre entre la chanteuse et lui ; j’ai écrit à Jane Birkin. Le lendemain, Jane Birkin écrivait un très gentil message à Alexander et l’invitait à venir la voir dans sa loge après le concert.

Je me suis rendu compte ensuite que Jane Birkin devait donner un concert à Montréal ce vendredi 10 avril. Je m’étais promis d’y aller ; ce serait une excellente façon de souligner un anniversaire important et quelques heureuses coïncidences. Malheureusement, j’ai appris la semaine dernière que le concert de Montréal était reporté à plus tard, en juin, je crois ; je surveillerai et je m’organiserai sûrement pour y aller. En avril ou en juin, il y aura toujours à célébrer. Quand on aime, chaque jour est une fête.


Ajout : En fait, c'est le 7 août prochain que Jane Birkin donnera son prochain concert à Montréal.

jeudi 9 avril 2009

Savez-vous nager ?

Il y a quelques semaines, le prince Charles, futur roi d'Angleterre et du Royaume-Uni, déclarait que les effets des changements climatiques étaient plus inquiétants que les effets de la crise économique actuelle. Je suis tout à fait d'accord avec lui sur ce point. La crise économique finira bien par se résorber un jour ou l'autre, alors que les effets des changements climatiques seront irréversibles. Tant que les gens ne seront pas directement touchés par les effets des changements climatiques, comme ils le sont par la crise économique, ils ne verront pas l'urgence d'agir.

La photo de Londres sous vingt pieds d'eau est assez éloquente. Selon l'Agence pour l'environnement du gouvernement britannique, les risques qu'une telle inondation survienne au cours des prochaines années ou des prochaines décennies sont assez minimes. Il n'en reste pas moins que, même s'ils n'étaient pas si importants, les risques existent, à Londres et ailleurs.

Cette image est tirée d'un film de Tony Mitchell, The Flood, basé sur une nouvelle de Richard Doyle, sorti en 2007. Je crois que le film a été diffusé par la BBC. Il est disponible en DVD. On peut en voir des extraits ici et ici.

Sur cette photo que m'a envoyée Alexander hier soir, sa maison n'est pas complètement submergée. Mais s'il devait sortir de chez lui dans ces conditions, il lui faudrait emprunter une embarcation quelconque. Je lui ai proposé d'aller l'aider car, même dans une embarcation, on n'est jamais à l'abri du danger ; j'ai donc décidé de prendre très bientôt des cours de natation. Il faudra toutefois qu'Alexander soit patient car je suis déterminé mais pas très doué.

Personnellement, je préfère regarder Londres sur ces images-ci plutôt que sur la première.

lundi 6 avril 2009

Arrabiata


Je ne suis pas particulièrement amateur de cuisine fortement épicée, qu'elle soit chinoise, mexicaine, thaïlandaise... Quand je vais manger au restaurant, je n'y vais pas forcément en compagnie d'un pompier ; je ne m'attends donc pas à avoir la bouche en feu. Il m'arrive cependant, sans nécessairement rechercher les plats les plus épicés, de manger des plats qui réchauffent ; au restaurant chinois près de chez moi, par exemple (ce sont des Chinois francophones, venus de Paris où les parents s'étaient établis il y a longtemps), j'aime commander une soupe fortement aromatisée au basilic et assaisonnée au gingembre et à je ne sais quelle autre épice. C'est une excellente soupe à commander l'hiver ou l'automne quand il fait froid ; en quelques minutes, elle nous fait transpirer. Je ne la choisis pas nécessairement pour son caractère fortement épicé mais pour le goût de basilic et de gingembre.

Puisque le printemps est dans l'air, j'ai décidé ces jours-ci de stimuler mon organisme avec des jus de légumes que l'on ne boit pas forcément tous les jours, en ajoutant aux légumes divers assaisonnements toniques.

Pauvre en glucides et malgré son goût sucré, la betterave apporte peu de calories ; elle contient, comme la carotte, surtout du potassium et, en quantité moindre, du magnésium ; la carotte fournit en plus la carotène dont nous avons besoin en anti-oxydants. J'ai donc mis dans mon mélangeur trois ou quatre betteraves de grosseur moyenne, une carotte, une pomme, une poire, trois gousses d'ail, une racine de gingembre, un peu d'huile d'olive, un peu d'eau afin d'obtenir un jus que je pourrais boire ; à la toute fin, j'ai voulu ajouter du poivre de cayenne qui, avec la betterave, le gingembre et l'ail, ferait réchauffer le sang et favoriser la circulation tout en éliminant le cholestérol. J'avais acheté le jour même un flacon de poivre de cayenne, que je n'avais pas encore eu le temps d'utiliser. Au moment d'ajouter le poivre de cayenne, le bouchon est tombé et avec lui quelques cuillérées de poivre ; comme tout cela est tombé dans le jus, il n'était pas question de retirer la poudre de cayenne (ça m'apprendra à mesurer les quantités dans des contenants vides avant de les ajouter à mes préparations).

Je savais bien que ce serait pour le moins épicé mais je n'avais pas envie de jeter mon jus de légumes que je m'étais donné tant de mal à préparer. Prenant mon courage d'une main et un morceau de fromage de l'autre, j'ai pris rapidement quelques gorgées de jus épicé, en prenant soin d'éteindre le feu avec une bouchée de fromage (il faut éviter de boire de l'eau quand une épice nous brûle la bouche ; l'eau ne fait que répandre plus encore l'épice dans la bouche).

En comparaison avec mon jus de légumes tonique, les pâtes all'arrabiata (« à l'enragée »), fortement assaisonnée de chili ou de pili-pili, sont comme un dessert à la crème.

dimanche 5 avril 2009

Pierre blanche - 5 avril

Franz Pforr, Saint-Georges et le dragon

S'il est une date parmi les autres qu'il convient de marquer d'une pierre blanche, c'est bien celle du 5 avril, et cela pour plusieurs raisons. La plus immédiate et la plus importante à mes yeux, c'est celle de l'anniversaire de naissance de quelqu'un que j'aime par-dessous tout et à qui j'ai offert en privé tous mes meilleurs voeux. Depuis plus de 51 semaines et quelques jours, j'attendais ce jour, en y pensant toujours, en rendant grâce pour ce cadeau du ciel.


Il est un autre anniversaire à souligner, le 5 avril ; c'est celui de la naissance d'un peintre allemand dont j'ai déjà parlé à quelques reprises dans ces pages, Franz Pforr, peintre dont j'ignorais l'existence il y a quelques années encore, que j'ai découvert en lisant l'un des romans de Dominique Fernandez, au titre évocateur et prémonitoire, L'Amour. Ce que je ne savais pas, alors, c'est que, plusieurs années plus tard, ce peintre disparu en 1812 jouerait un rôle si important dans ma vie, déterminant. Je lui en serai toujours reconnaissant et je le considèrerai toujours comme l'un de nos anges tutélaires.

Portrait de Franz Pforr, par
son ami Johann Friedrich Overbeck

Pierre blanche

Ce samedi 4 avril est un autre jour à marquer d'une pierre blanche. J'attendais depuis si longtemps ce jour, sans savoir quand il viendrait exactement. Longuement attendu, il est cependant arrivé sans prévenir. Je savais qu'il viendrait sans le demander explicitement...

M'inspirant du caractère de mon amoureux qui ne se plaint jamais, qui voit toujours le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide, qui sait rendre grâce de tout ce qu'il a plutôt que de regretter ce qui lui manque, je veux donc rendre grâce pour cette joie immense, pour ce moment intense survenu en début de soirée, samedi, et dont le retentissement se fait encore sentir, plusieurs heures après. Merci !

samedi 4 avril 2009

Amour et fidélité

« Ni vous sans moi, ni moi sans vous »,
Marie de France, le Lai du Chèvrefeuille, XIIe siècle.

Il y a différentes manières de vivre l'amour et diverses façons d'assumer l'engagement envers l'être que l'on aime. « Ni toi sans moi, ni moi sans toi », ça me convient parfaitement comme devise, adaptée de la citation de Marie de France,

On dit que l'on est amoureux lorsque l'« on pense constamment à une personne, quand cette personne nous manque et qu'elle est notre référence dans les gestes et les actes que l'on accomplit chaque jour.» Il y a de très nombreuses autres définitions de l'amour et de l'engagement, et de plus nobles ; toutefois, cette définition toute objective, basée sur l'observation, reste très vraie et quiconque m'observe un peu s'aperçoit vite que toute mon attitude, tous mes gestes, mon comportement confirment que cette définition s'applique tout à fait à moi. La richesse des pensées, la force de l'émotion, l'intensité des sentiments, la sincérité et la profondeur de l'engagement, la dignité de la référence se mesureront à l'aune des valeurs, des croyances et des qualités de chaque personne en cause. Et quand les mêmes valeurs et les mêmes croyances sont partagées, quand les qualités sont reconnues et admirées, c'est merveilleux.

Dans de telles conditions, l'amour partagé est un engagement de tout l'être et la question de la fidélité ne se pose même pas ; elle est implicite. Un animateur de la télévision française, plutôt sur le déclin en ce moment, avait l'habitude, dans son émission hebdomadaire dont il souhaitait que tout le monde parle, de poser aux invitées qui lui plaisaient la question suivante : « Est-ce que [ici, il nommait un verbe décrivant une pratique sexuelle précise] c'est tricher ? » Bien sûr la question avait surtout comme objectif de créer un malaise et de forcer l'invitée en question à se prononcer sur la notion de fidélité qui, bien entendu, aux yeux de l'animateur n'était pas une vertu essentielle, ni même souhaitable. Cette question, bien des gens qui se disent amoureux ou qui sont en couple se la posent plus ou moins ouvertement, se demandant jusqu'où ils peuvent aller dans leurs pensées, dans leurs fantasmes, dans leurs gestes, sans qu'on puisse parler d'infidélité. S'ils se posent la question c'est qu'ils ne sont pas en paix avec leur conscience, que leur comportement n'est pas en harmonie avec leur propre définition de la fidélité. On ne peut pas juger les autres car ils n'ont pas forcément les mêmes valeurs que soi ; chacun ne peut être « jugé » qu'en fonction de ses propres croyances. Certains s'en tirent très bien (pensent-ils) en ne croyant en rien, en ne respectant rien. D'autres ont de la fidélité une définition aussi élastique que le caoutchouc qui enrobe leur « amour » ; tant que le caoutchouc résiste, il n’y a pas de mal ! Autrement dit : ce que l’autre ne sait pas ne lui fait pas mal. Comme si sa conscience pouvait sans risque jouer à cache-cache. Que ce soit en affaires ou dans d’autres types de relation, quelle confiance pourrais-je avoir en l’intégrité de ces personnes ?

Mes amis français me pardonneront cette devinette car ils savent bien que tous les Français ne se ressemblent pas, mais elle me semble correspondre assez bien à l'image que l'on peut se faire par la littérature, le théâtre, le cinéma (et si je ne l'applique pas aux Québécois, c'est peut-être seulement parce que je n'ai pas vu assez de films québécois) ; mais je connais aussi de nombreux Français qui ne correspondent pas du tout à cette caricature. On demande donc à quelqu'un ce qui distingue un Nord-américain, un Anglais et un Français après l'amour. La réponse : un Nord-américain allume une cigarette, c'est bien connu ; un Anglais boit une tasse de thé, c'est évident aussi ; alors que le Français (du moins selon le cinéma) s'habille et... rentre chez lui.

Comme je ne fume pas, je suis plutôt porté à boire aussi une tasse de thé. Je ne condamne pas la façon dont chacun assume sa notion de fidélité. Pour moi, l'engagement est total et la fidélité est sans faille. Puisque je suis amoureux de quelqu'un de merveilleux, que je respecte, que j'admire, qui me fascine et que je vénère, il ne me viendrait jamais à l'esprit de penser à quelqu'un d'autre de manière ambigüe et trouble. Mon cœur, mon esprit, mon corps sont engagés dans une aventure merveilleuse, celle d'un amour partagé et fondé sur les mêmes valeurs non négociables.

Cet engagement absolu ne m'empêche absolument pas de vivre chaque jour ce qui compose une vie et de rencontrer des gens, quels qu'ils soient, sans arrière-pensée. Les quelques amis qui me connaissent bien ont vu la transformation positive qui s'est opérée en moi depuis que mon cœur s'est engagé. Il y a dans ma vie, me disent-ils, une plus grande constance et une plus grande sensibilité aux autres ; ils y voient une direction plus claire et une plus grande détermination à y tendre, à marcher vers une destination mieux définie, sans oublier que ce n'est pas tellement la destination elle-même qui compte le plus mais la qualité du voyage. Et ce voyage, je le fais en compagnie de celui que j'aime, avec la même foi, la même ardeur, le même amour et la même confiance qu'éprouvent les pèlerins sur le chemin de Compostelle, les vacanciers engagés dans une excursion longuement désirée, comme un helléniste sur le chemin de la lumière et de la connaissance... Sans m'enlever de la disponibilité, mon engagement amoureux profite donc aussi aux personnes que j'aime car la qualité de la relation que j'entretiens avec eux s'en trouve aussi améliorée. Cela est possible parce les liens qui nous unissent, mes amis et moi, sont clairs et sans ambigüité. Il suffirait que l'un d'eux ait des attentes, des visées qui débordent du cadre de l'amitié pour que ces relations manquent de transparence et, dès lors, puisque mon cœur est pris, que mes pensées suivent et que mon corps ne fera rien que ma conscience condamne (pour moi ; les autres font ce qu'ils veulent), pour que cette relation devienne impossible à moins que l'autre renonce à ses attentes envers moi.

« Avoir beaucoup d'amis, c'est n'avoir point d'amis. »
Aristote.


Héphaistion, bronze, musée du Prado

Alexandre le Grand, qui fut élève d'Aristote, a peut-être médité cette phrase de son grand maître mais son désir de conquête et de gloire l'a trop souvent détourné de son application dans sa propre vie. Alexandre, fils « de Zeus » et de Philippe de Macédoine, devait accomplir son destin et devenir Alexandre le Grand, négligeant pour cela, alors que ce n'était pas forcément incompatible avec sa mission, l'amour sincère et indéfectible de celui qui n'aimait que lui. Il fut très entouré mais il n'eut qu'un seul véritable ami, son fidèle Héphaistion, à qui il pouvait dire : « Je n'ai confiance qu'en toi dans ce monde. » Et pas une seconde de sa vie Héphaistion ne fut infidèle à son ami, à son véritable amour, son Alexandre. Je ne suis pas Alexandre le Grand et mon désir de conquête se limite à des conquêtes intellectuelles ; je n'aurai donc ni difficulté ni mérite à rester digne de l'amour et de la fidélité de mon Héphaistion.

Mes amis sont ceux qui se réjouissent avec moi de ce qui me rend heureux et s'attristent avec moi du contraire. Ils sont ceux qui veulent avec moi que je sois heureux et que je m'épanouisse dans la relation amoureuse que j'ai choisi de vivre pleinement, avec l'être que j'ai élu et avec qui je me suis engagé dans cette merveilleuse aventure de l'amour et de la vie. Quiconque essaierait de me détourner, de quelque façon que ce soit, de mon engagement, de ma fidélité envers celui que j'aime, ne serait déjà plus mon ami. Je n'ai pas eu à faire de choix déchirants mais je n'hésiterais pas une seconde à le faire s'il le fallait. Qu'il en soit ainsi !

mercredi 1 avril 2009

Marquée d'une pierre blanche

La photo vient d'ici


Pour plusieurs raisons, toutes apparentées, cette journée du premier avril est à marquer d'une pierre blanche.

lundi 30 mars 2009

30 secondes... en mars

Il y a quelques jours, Béo m'a invité à répondre à ce questionnaire. Je m'étais engagé à le faire ; il me semblait n'avoir rien à dire sur sur ces questions posées, mais en y pensant 30 secondes, il y a toujours quelque chose à dire mais il m'aura fallu un peu plus de temps.

Si tu pouvais partir n'importe où en avion, tout de suite, où irais-tu ? (3 choix possibles)
D’abord en Angleterre : Londres, la région de Cumbria, la région de Norfolk, Stonehenge ; et, pourquoi ne pas faire un saut en Écosse, visiter les châteaux hantés, le Loch Ness, et un saut en Irlande et au pays de Galles.
Ensuite, la Grèce : Athènes, quelques îles, le Péloponnèse et, évidemment, Pella. Bien entendu, tout cela a du sens à condition que je ne parte pas seul.
Finalement, après avoir vu tout cela, j’aurais sûrement de nouvelles idées pour les destinations suivantes. Mais ce pourrait être Paris, d’où je pourrais partir à la découverte de régions que je ne connais pas, et aller voir des amis. Cela dépendrait de mon amoureux, car c’est d’abord à lui que je pense.

Hammam ou sauna ?
S’il faut choisir, je choisirais le sauna, à vapeur sèche, au bain de vapeur. Cependant, j’ai été membre durant un certain temps d’un centre où je pouvais, après le gymnase, passer à la piscine, au bain à remous, au bain de vapeur, au sauna, tout cela entrecoupé de douches, bien entendu.
Je cherche un endroit semblable qui ne sera trop encombrés de tristes individus qui n’aiment rien de plus au monde que leur propre corps.

Aliments détestés ?
Je ne vois pas. J’aime tout ce qui est bon, tout ce qui se mange. Si ce n’est pas bon, c’est peut-être parce qu’on n’a pas su l’apprêter.
C’est plutôt par principe que j’éviterais de manger certains aliments, comme de la viande, et tout particulièrement la viande de certains animaux.

La dernière personne que tu as eue au téléphone ?
Je suis content de rédiger ce billet à ce moment-ci, car la dernière personne à qui j’ai parlé ce soir est ma merveilleuse amie Pierrette qui, malheureusement, a eu un grave accident il y a quelques jours. Elle s’en tire mieux que l’on pensait. Je lui apporterai des fleurs mercredi.

Ta couleur préférée ?
Oh, ça dépend pour quoi. Le noir pour bien des objets et des vêtements, de même que le gris foncé. Le rouge pour certains objets, parfois. Le rose, pour des fleurs, des nappes, de la papeterie ; j’ai souvent eu aussi des chemises roses et je rêve depuis longtemps d’intégrer du rose dans une pièce. En décoration, le choix est vaste. Ce que je n’aime pas, ce sont plutôt les contrastes violents.

Dors-tu avec une peluche ?
Oui. J’ai eu, durant plusieurs années, un bel ourson couleur caramel. L’été dernier, un magnifique petit lapin rose aux grandes oreilles tombantes est arrivé et, depuis, il dort avec moi ; quelques mois plus tard, un petit bulldog est venu lui tenir compagnie et à moi par conséquent.


À 60 ans, le prince Charles, futur roi d’Angleterre, du Royaume-Uni, dort toujours avec l’ourson de son enfance, l’emportant partout où il va dormir. J’en connais d’autres qui ne dormiraient jamais, chez eux ou ailleurs, sans leur animal ou leur personnage préféré, en peluche ou en chiffon.

Tes blogues que tu lis chaque jour ?
Depuis quelques mois, je lis moins régulièrement les blogues que j’avais l’habitude de lire et je dois dire que je n’en découvre pas de nouveaux non plus. Je reste toutefois fidèle à quelques-uns de la liste de droite (que je devrais toutefois mettre à jour).

Peux-tu toucher ton nez avec ta langue ?
Je n’en vois vraiment pas l’intérêt. Je préfère mille fois mieux utiliser ma langue pour toucher quelqu’un d’autre, et pas n’importe qui, bien entendu.

Qu'as-tu envie de changer dans ton appartement ?
Tout, ou presque. J’aimerais bien pouvoir recommencer à neuf, n’emportant que des livres, des carnets, quelques objets qui ont une valeur sentimentale (comme mes petites théières, par exemple), et le contenu de mon ordinateur. Je ne tiens pas particulièrement à l’ordinateur lui-même.
En attendant, il faudrait un peu plus de rangement et la peinture aurait besoin d’être rafraîchie. J’en profiterais pour aménager un petit coin pour manger ou prendre le thé en tête-à-tête…

Quel est ton deuxième prénom ?
J’ai deux prénoms, avec un trait d’union. Je n’ai donc qu’un seul prénom, composé. Sans Joseph, ni rien d’autre. Mon amoureux, lui, en a toute une série, et je les aime.

Et ton surnom ?
J’ai toujours détesté les surnoms. Le jour où je me suis abonné à Internet, le 5 août 2000, j’ai eu besoin d’un pseudonyme : Alcib existe depuis cette date. Des amis, français pour la majorité, qui connaissent l’existence de mon pseudo m’appellent parfois Alcibounet.

Ta série TV favorite ?
Aucune. Je ne regarde pas les séries et presque pas la télévision. Je devrais avoir le courage de ne jamais l’ouvrir et prendre plutôt un livre ou encore des carnets pour écrire. Depuis quelques mois, la correspondance occupe une bonne partie de mon temps.

Le dernier film que tu as vu au cinéma ?
Au cinéma, en salle ? Ça remonte loin. Je crois que c’était « Souvenirs de Brokeback Mountain » ou, si l’on est en France, « Le Secret de Brokeback Mountain ».

Ta brasserie préférée à Paris ?
En ce moment, je rêve plutôt de pubs, à Londres ou dans les petits villages où les gens, jeunes et vieux, et même les chiens, chantent l’après-midi.

Sais-tu changer un pneu de vélo ?
Probablement, mais je préfère payer quelqu’un pour le faire.

En boucle dans ton iPod actuellement ?
Je n'ai pas de lecteur mp3, sauf' sur mes ordinateurs. Depuis quelques mois, je n’écoute que la radio sur Internet : BBC – Radio 3.

Café ou thé ?
Le thé, depuis très longtemps. Le café, le matin, me donne envie de déménager des meubles ; il est un stimulant musculaire. Comme je préfère travailler avec ma tête, le matin surtout, je bois du thé. L’an dernier encore, il m’arrivait de prendre du café l’après-midi quand j’allais lire ou écrire à l’extérieur. Maintenant, c’est un litre de thé noir le matin, genre English Breakfast, et l’après-midi, avec mon amoureux, du thé vert ; je ne bois peut-être un café qu’une fois par deux mois.

Crois-tu au « miracle » des crèmes amincissantes ?
Je crois aux miracles, mais pas forcément à celui-là. Ces marchands de crèmes et d’illusions ne feront sûrement pas d’argent avec moi.

Pour perdre à coup sûr 5 à 6 kg sans privation, tu fais quoi ?
Je bouge ; ainsi je ne me prive pas ; au contraire, j’ajoute un plaisir à ma vie.

Comment choisis-tu tes lectures ?
Je lis beaucoup moins qu’il y a quelques années. Mon amoureux, lui, lit énormément. J’ai souvent l’impression que ce sont plutôt les lectures qui me choisissent. Et il y a les affinités électives, les amis de nos lectures deviennent parfois des amis.

Tes bonbons préférés quand tu étais petit ?
Quand j’étais enfant, je me souviens que ma mère achetait pour Noël de grandes quantités de bonbons, pour faire plaisir aux enfants, bien sûr, mais durant la période des fêtes, il me semble qu’il y avait partout des plats de bonbons, comme de petits bouquets de fleurs. C’étaient des bonbons durs, aux couleurs vives et variées ; j’aimais beaucoup les rouges, mais il fallait au moins goûter à toutes les couleurs.

Puis il y avait aussi des réglisses. Je ne me souviens pas de la marque, mais ils ressemblaient à ceux-ci.


Depuis un an, j'adore ceux-ci :


Ton meilleur souvenir de rentrée scolaire ?
Je n’ai pas de souvenir particulièrement heureux de la rentrée ; c’était toujours un moment un peu difficile. Timide et solitaire, j’appréhendais toujours l’accueil que j’allais recevoir. J’aimais les heures de classe, un peu moins les récréations. Avant la rentrée scolaire, il y avait l’achat des vêtements pour la nouvelle année scolaire ; ces semaines qui précédaient la rentrée étaient plus excitantes que la rentrée elle-même car j’aimais me sentir bien habillé.

Ta grand-mère comptait-elle beaucoup pour toi ?
J’aurais aimé, oui, mais ma grand-mère était déjà très âgée quand j’étais enfant. Je parle bien sûr de ma grand-mère maternelle ; mon père n’a pas lui-même connu sa mère. Je n’ai pas bien connu ma seule grand-mère, et elle avait un trop grand nombre de petits enfants pour les connaître vraiment. Je compense en aimant les grands-mères des autres, comme celle de mon amoureux, par exemple, que je ne connais encore qu'à travers lui.

Que préfères-tu dans ton travail actuel ?
La liberté et la créativité.

Comment s'appelle ton chien?
Je n’ai pour l’instant, chez moi, qu’un chien en peluche. J’aime celui de mon amoureux, qui porte le même nom que lui. Ce que je voudrais faire, bientôt, c’est d’aller avec mon amoureux chercher un chien chez un éleveur afin qu’il soit notre chien, même si c’est moi qui devais m’en occuper le plus souvent. En Amérique du Nord, les chiens de race ne portent pas, comme en Europe, un nom qui commence par la lettre de l’année ; tous les noms sont possibles. J'aime toutefois l'idée que chaque année le nom du chien doive commencer par la même lettre ; en sachant son nom, on sait son âge (je ne suis pas sûr que les humains aimeraient qu'il en soit ainsi pour eux).

As-tu le mal de mer ?
Le vrai mal de mer, je ne sais pas. J’ai le vertige des hauteurs. Même au cinéma ou à la télévision, je dois parfois fermer les yeux devant certaines scènes.

Où aimerais-tu prendre ta retraite ?
J’espère ne jamais prendre de retraite. Mais j’aimerais pouvoir vivre une partie de l’année au Québec et une partie en Europe, ou vice-versa.

Si tu pouvais changer de job, là tout de suite, que ferais-tu ?
Vivre de mes droits d’auteur.

Dans quelle ville irais-tu vivre et travailler pendant une année ou plus si l'occasion t'était offerte ?
L’idée de travailler pour les autres ne m’intéresse pas trop. J’aimerais pouvoir travailler n’importe où, là où¸ ça me tente, à l’hôtel, à la campagne, à la montagne, au bord de la mer, jamais loin de mon amoureux.

Comme je ne sais pas trop qui a fait ou pas cet exercice, j’invite quiconque veut jour le jeu à indiquer en commentaire lorsque ce sera fait, avec un lien vers le blogue où il publié.


samedi 28 mars 2009

Un Académicien près de chez moi


En évoquant, en août 2007, le café du coin, près de chez moi, où j'avais pris l'habitude d'aller lire chaque soir, puis, un peu plus tard, d'aller écrire l'après-midi, j'avais mentionné que dans ce café je rencontrais des écrivains, des connus, des moins connus. Parmi eux, j'ai vu un soir François Weyergans. J'ai regretté de ne pas être allé lui parler, lui demander, par exemple, ce qu'il venait chercher à Montréal (même si je peux très bien me faire une idée sur ce qui fait voyager un écrivain).

Ce jeudi 26 mars, François Weyergans est devenu membre de l'Académie française ; il a été élu au 3e tour au fauteuil de l'écrivain Maurice Rheims avec 12 voix sur 24 votants, contre 6 à Didier Van Cauwelaert, 2 à François Taillandier, 2 à Catherine Hermary-Vieille, 1 à Renaud Camus et un bulletin blanc.

À voir l'état actuel de ce café, qui ressemble à peu près à l'Irak en ce moment, on ne serait pas porté à croire que c'est un repère d'Académiciens.

vendredi 27 mars 2009

Criminels - 3 : sinistres crapules

« Ce sont tous de sinistres crapules
quand ce ne sont pas tout simplement
de sombres idiots. »
Marcel Proust, Le Côté de Guermantes

Il y a quelques jours, ici et ici, je parlais de colère ; colère contre la déclaration irresponsable (et criminelle) de Benoît XVI, contre les gens qui ne surveillent pas leurs chiens qui risquent de se faire écraser, contre les automobilistes qui ne ralentissent pas lorsqu'il y a un jeune chien fou au milieu de la rue (négligence criminelle dans les deux cas)... Chaque jour, depuis l'été dernier, je vais faire une promenade au parc Jeanne-Mance et, pratiquement tous les jours, je m'arrête un moment le long de l'avenue du Parc, face au monument que l'on voit sur la photo ci-dessous ; il y a là quelques bancs où j'aime me chauffer au soleil en attendant que la neige soit fondue dans le parc et que le sol soit sec. J'aime parfois y prendre des photos, quand la lumière est belle ou quand les nuages changent rapidement. Je disais, samedi dernier, que j'aurais voulu prendre des photos à cet endroit mais que quelque chose m'en empêchait et que je dirais pourquoi. Voilà pourquoi.

Photo : Patrick Sansfaçon, La Presse

Depuis quelques mois, même en plein hiver quand il fait moins 30 degrés Celsius, même quand la tempête est si mauvaise que personne n'ose sortir, il y a à cet endroit une bande de revendeurs de « café », une bande de sombres crapules qui abordent ouvertement à peu près toutes les personnes qui passent par là, qui se rendent au parc ou qui en reviennent, ainsi que toutes les personnes qui descendent de l'autobus à cet arrêt pour traverser le parc du côté Est et rentrer chez eux.

Combien de fois me suis-je fait aborder par l'un d'eux pour savoir si j'allais bien ! Combien de fois les ai-je vus aborder des jeunes de douze ou treize ans ! Il m'est arrivé de voir, justement, certains de ces garçons de douze ou treize ans fumer ces substances tout près de là. En restant assis là, au soleil, j'en vois de toutes les couleurs. Des employés de bureaux, d'honorables maris et pères de famille aussi sans doute, d'autres canailles, sangsues, forbans et autres voyous, qui viennent chercher là leurs doses de « café ». Les transactions se font ouvertement, à la vue de tous, aussi bien des enfants et des adolescents que de leurs parents.

À quelqu'un qui m'approchait, j'ai simplement répondu, l'autre jour : « Comment ? Vous n'êtes pas encore en prison ? » Il a eu la présence d'esprit de me répondre qu'il m'attendait, qu'il voulait y aller avec moi. J'ai eu la présence d'esprit de continuer mon chemin sans m'arrêter, sans me retourner, alors qu'il insistait pour me parler. Je n'ai que mépris pour cette faune parasitaire, où qu'elle soit ; je sais qu'elle existe même si je ne la vois pas.

Qu'ils s'entretuent, au fond, ça ne me dérangerait pas trop si j'étais certain qu'ils ne causeront pas au passage d'innocentes victimes lors de leurs exercices d'extermination mutuelle. Hélas, il y a toujours d'innocentes victimes, à commencer par ceux qu'ils entraînent dans leur déchéance, les jeunes, psrfois des enfants, qu'ils initient à la consommation afin d'augmenter leurs ventes et de recruter des revendeurs. Parmi leurs victimes, il y a les membres de leur famille et de leur entourage. Et il y a la violence. J'ai vu récemmentà la télévision un reportage sur le trafic de la drogue au Mexique, je crois. Ces trafiquants, de grande ou de petite envergure ont déclaré la guerre à la police et, pour qu'on les laisse exercer tranquillement leur commerce, n'hésitent pas à abattre froidement un policier par jour, même si ce policier n'était pas précisément en train de combattre cette misérable vermine. Ces criminels font la loi dans certaines régions du Mexique, et ailleurs bien sûr. Dans pratiquement toutes les grandes villes, et plus particulièrement dans certains quartiers, grouillent ces bandes de puantes vermines.

J'éprouve un souverain mépris pour cette racaille qui menace sans scrupule la santé, la vie, la sécurité des individus et des sociétés où elle s'installe. Je suis en faveur de tous les moyens nécessaires pour éradiquer la vermine. Et je n'ai absolument aucune sympathie pour quiconque participe à leur commerce, pour le consommateur, quel qu'il soit. Car le consommateur de ces substances interdites ne fait pas que jouer un mauvais tour aux policier en achetant et fumant ces substances sans se faire prendre ; bien plus que cela, il se fait le complice de ces trafiquants, de ces sinistres individus qui, un jour peut-être, n'hésiteront pas à tuer son frère, sa soeur, ses parents, pour continuer son commerce lucratif. Au risque de perdre quelques amis (j'ignore lesquels, exactement), je le répète : à mes yeux, aux yeux de la société, tout consommateur se fait le complice de tous les meurtres, de tous les drames qui, au nom de l'une ou l'autre de ces substances, se produisent chaque jour dans le Monde.

Ces dernières semaines, donc, je n'osais plus prendre de photos lorsque j'étais au parc, car cette sombre vermine me tournait autour et je ne voulais pas qu'ils pensent que je les prenais, eux , en photos. Je sais qu'il y a des gens susceptibles (il m'est arrivé de me faire attaquer violemment par quelqu'un qui traversait la rue au moment où j'allais prendre une photo ; il était hors de mon champ de vision et je ne vois pas comment j'aurais pu, même en le voulant, le prendre en photo ; malgré tout, il était persuadé que c'était lui que j'avais photographié). Des détraqués, il y en a partout. Et dans la vingtaine de crapules qui me tournaient autour, la très grande majorité devait avoir un quotient intellectuel de 18, avec deux neurones fonctionnels. L'individu que l'on voit sur la photo ci-dessus, photo prise hier, jeudi, est l'un des moins inquiétants.

Il y a quelques jours, alors que j'étais assis sur l'un des bancs, un individu plus dangereux est arrivé. Crâne râsé, peau olivâtre, lunettes miroirs, élégamment vêtu (comme un truand d'un plus haut niveau), le manteau ouvert flottant au vent comme une grand cape. Il a dû s'inspirer de l'un des personnages les plus inquiétants du film Diva, ou de toute autre série télévisée où la violence est le personnage principal et où le sang coule comme au Québec le sirop d'érable au printemps. Dès qu'il m'a vu, il a enlevé ses lunettes, m'a regardé longuement et, en continuant sa route, s'est retourné deux ou trois fois en me jetant des regards menaçants. Il s'est approché de quelques-uns des parasites qui traînaient là ; ils ont échangé quelque chose, de manière plus discrète que d'habitude. Voyant que je ne me gênais pas pour les regarder, ils se sont éloignés tous ensemble pour aller continuer la conversation à l'écart.

Plusieurs fois j'ai parlé aux policiers qui souvent venaient prendre là leur café. Ils étaient très conscients de ce qui se passait sous leurs yeux. N'ayant aucune confiance en leur intervention, j'avais l'intention d'écrire au maire de Montréal et aux conseillers des quartiers environnants. Je n'ai pas eu le temps de le faire. Or, aujourd'hui, j'apprends que les policiers ont arrêté hier sept individus (hier et avant-hier, je n'ai pas eu le temps d'aller par là faire ma promenade). La photo ci-dessus a été prise hier et montre justement l'une des arrestations. Aujourd'hui, je trouvais que l'endroit était plus tranquille (je ne savais pas encore qu'il y avait eu des arrestations), mais il y avait tout de même une dizaine de ces charognards qui ne semblaient pas du tout intimidés par ce qui s'était passé hier. Je me demande même si, parmi eux, il n'y avait pas l'individu que l'on voit sur la photo. Ils attendent que la neige soit complètement fondue autour du monument ; alors reviendront les joueurs et les amateurs de tams-tams et, avec eux, toute une autre faune de parasites de toutes sortes, y compris les revendeurs qui pourront, fondus dans la foule des honnêtes et des moins honnêtes gens, au nez et sous leur regard protecteur de quelques dizaines de policiers, exercer tranquillement leur petit commerce.



mercredi 25 mars 2009

Son meilleur ami

Le type de relation qu'entretiennent les gens avec leur chien serait un intéressant sujet d'enquête, il me semble, à condition, bien sûr, que tous y participent avec le plus de franchise possible. Je n'entreprendrai pas moi-même ce type d'enquête, mais je serais curieux de prendre connaissance des résultats. Que ce soit au parc où je vais tous les jours faire ma promenade ou dans la rue où je rencontre les maîtres et les maîtresses avec leur chien en laisse, je suis toujours curieux d'évaluer rapidement le type de complicité qui existe entre l'humain et son animal.

Il y a dans mon immeuble un homme qui vit seul avec son chien. Il a déjà été marié, il a un grand fils qu'on ne croise plus dans les couloirs, mais il est très sociable et reçoit de nombreux visiteurs. J'ai vu ce chien arriver dans l'immeuble il y a trois ou quatre ans ; petit bâtard vif, très gentil, il a toujours envie d'un câlin. Depuis quelques mois, il a pris beaucoup de poids. Je l'observe parfois sur le trottoir avec son maître ; le chien aurait envie de courir, de jouer, mais son maître est paresseux. Sortir son chien semble être pour lui une corvée. Parfois l'une des voisines propose d'aller jouer au parc avec le chien ; pour ce dernier, c'est une vraie fête.

L'autre jour, je regardais une femme sur le trottoir d'une rue très passante avec ses deux chiens en laisse. Ceux-ci essayaient de faire leurs besoins dans un petit carré de verdure à moitié couvert de neige. Pendant ce temps-là, leur maîtresse était au téléphone. Elle n'avait pas du tout l'air d'une femme d'affaires ou de quelqu'un dont les responsabilités exigent qu'elle ne s'éloigne pas trop du téléphone. Elle donnait plutôt l'impression d'avoir dû quitter un moment ses séries télévisées de l'après-midi. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser : « Pauvres chiens ! » Les deux chiens de cette femme doivent passer 23 heures sur 24 dans l'appartement. Et lorsqu'ils sortent prendre l'air, au lieu de courir, de jouer, ils doivent suivre leur maîtresse qui s'occupe d'eux avec la même attention que la plupart des fumeurs laissent tomber la cendre de leur cigarette. Et alors ? Il y a des gens qui s'occupent de leurs enfants de la même façon, avec la même inattention.

La photo vient d'ici

Le meilleur ami d'Alexander porte le même prénom que lui, comme il le disait en commentaire à l'article du 26 juin 2008. Je ne crois pas qu'il existe au monde un autre chien qui soit mieux traité que celui-ci. Il y a de nombreux chiens, trop nombreux, à qui leurs maîtresses névrosées offrent tout ce qu'il y a de plus luxueux, de la cuisine du traiteur aux vêtements griffés ; ces chiens deviennent vite aussi névrosés que leurs maîtresses. Ce n'est pas le cas chez Alexander ; il ne donne à son chien que ce qui est bon pour lui. Son chien est son ami, mais il reste un chien.

Ce n'est pas lui qui laisserait son chien sans surveillance près d'une rue à grande circulation. Où qu'il aille, Alexander ne perd jamais de vue son chien (ce qui lui vaut parfois de faire des rencontres très intéressantes, lorsqu'il est, par exemple, dans un parc où des personnalités promènent aussi leurs chiens). Un soir, Alexander était invité chez des gens très en vue, en même temps que d'autres habitués des bonnes adresses. Comme son chien avait été malade et qu'il ne voulait pas le laisser seul à la maison, il lui a mis au cou un joli noeud papillon et l'a emmené avec lui ; en accueillant Alexander, la maîtresse de maison ne put s'empêcher de s'écrier quelque chose du genre : « Oh ! comme c'est mignon ! Vous avez loué un chien pour la soirée ? » Devant tant de bêtise, Alexander a remercié de l'invitation, a tourné les talons et est rentré chez lui : pour lui, son chien vaut mieux que tous ces gens-là.

On sait qu'un chien, comme la plupart des animaux sinon tous, a besoin de retrouver son odeur dans son lit, sur son coussin, pour se sentir en confiance lorsqu'il est ailleurs que chez lui. Quand il sort avec son chien pour aller au parc ou dans un salon de thé, à l'hôtel ou chez des amis, Alexander apporte avec lui tout ce qu'il faut pour que son chien ne manque de rien. Dans un grand sac, il y a donc le lit pliant, la couverture, la serviette, le mouchoir, quelques jouets, l'assiette, le bol pour l'eau, une bouteille d'eau, des contenants avec les croquettes et la levure de bière (pour le poil), d'autres bonnes choses qu'aime le chien, sans oublier ce qu'il faut pour les soins à lui donner. S'il doit monter en voiture, le chien boucle bien sûr sa propre ceinture de sécurité.

Si ce chien ne parle pas, il entend parler, car Alexander lui parle beaucoup, lui explique ce qu'il fait, où il va s'il doit sortir sans lui, etc. La nuit, quand tout le monde dort autour, à la lueur de la lampe et des bougies qui font de jolis motifs au plafond, Alexander lit des poèmes ou raconte des histoires à son chien qui les écoute religieusement.

Quand Alexander doit s'absenter sans son compagnon, c'est la voisine et formidable amie qui s'occupe du chien. L'autre soir, cette amie est sortie manger avec l'une de ses amies, dans un restaurant bien connu et bien fréquenté. Bien entendu, le chien les accompagnait. Quelle ne fut pas la surprise des deux femmes de voir l'accueil qu'elles ont reçu. Elles ont eu l'impression d'accompagner au restaurant une célébrité. Le personnel, qui le reconnaissait bien, était aux petits soins avec le chien qui a eu droit à des caresses, à des gâteaux (pas trop, tout de même ; normalement, quand on lui en offre un deuxième, il regarde Alexander pour savoir s'il peut l'accepter). En l'honneur du chien d'Alexander, les deux amies se sont vu offrir le champagne. Ce qui fit dire à la voisine et amie qui croyait sortir le chien d'Alexander que c'était en fait le chien qui les avait invitées à l'un de ses restaurants préférés.

samedi 21 mars 2009

Mon coin de campagne

Depuis un bon moment, j'ai envie de changements dans ma vie et ces changements semblent devoir passer par un déménagement. Quand je regarde dans mon quartier quels sont les endroits où j'aimerais habiter, je ne trouve rien qui me tente vraiment. Je crois que je serais beaucoup plus motivé par un changement de ville, c'est-à-dire un changement de pays (car je ne vois ici une autre ville où j'aimerais habiter). Cette semaine, je crois avoir trouvé ce qu'il me faut : un petit village anglais verdoyant, à 120 kilomères au sud-ouest de Londres, avec un joli manoir. Ce serait pour moi l'occasion de devenir propriétaire. Il ne me manque qu'une chose : quelqu'un pourrait-il me prêter 41 millions de dollars ? (voir mon adresse dans la colonne de droite ; j'accepte les chèques).

Photo : AP
Pittoresque village anglais cherche acquéreur

Jennifer Quinn
Associated Press
Linkelholt, Angleterre

Des moutons sur les collines, des faisans le long des routes, des maisons pittoresques autour d'une petite église en pierre. Pour 23 millions de livres (41 millions $ CAN), le village de Linkelholt, un petit morceau verdoyant d'Angleterre, est à vendre.

Avec ses 21 maisons, son grand manoir, et son terrain de cricket, le domaine compte 607 hectares de fermages et 172 hectares de forêts. Le tout est à vendre, à l'exception de l'église Saint Peter.

La quarantaine d'habitants, dont beaucoup ont vécu là toute leur vie, espère que le nouveau propriétaire conservera le domaine dans son intégralité, et résistera à la tentation de vendre la propriété parcelle par parcelle, à seulement 120 kilomètres au sud-ouest de Londres.

«Le jardin d'Eden, c'est ici», lance Alan Smith, 84 ans, habitant du village depuis 1948. «Je ne veux rien d'autre, je n'ai besoin de rien», ajoute sa femme Betty, 79 ans, née à Linkenholt. «Nous sommes juste heureux».

Les habitants du village vivent des récoltes de blé, d'orge et d'avoine, et de l'élevage de bovins et de moutons.

Linkenholt appartient dans son intégralité au propriétaire du domaine, qui loue les maisons aux habitants. Les loyers vont de 600 livres (1 000 $ canadiens) à 5000 livres (8 800 $) par mois, selon l'agent immobilier Tim Sherston, qui précise que le bail a été prolongé d'au moins deux ans.

Ce n'est pas la première fois que le village est à vendre. En 1629, il a été acheté pour 2000 livres - et revendu 12 000 livres soixante ans plus tard. Restée dans la même famille jusqu'au 19e siècle, la propriété a été acquise par Roland Dudley dans les années 1920, puis par Herbert Blagrave dans les années 1960. Après la mort de ce dernier, sans héritiers, c'est sa fondation de charité qui est devenue propriétaire.

Selon Tim Sherston, le domaine pourrait attirer de nombreux acheteurs, malgré la crise économique. «Il n'y a vraiment rien de semblable sur le marché», souligne-t-il.

Une seule chose manque à Linkenholt: un pub, le dernier ayant fermé il y a quelques années. Mais les personnes assoiffées peuvent toujours se rendre dans les villes voisines.

Tina Abbott tient l'épicerie du village, où elle habite depuis 39 ans. «Il n'y a rien à faire» concernant la vente du domaine, admet-elle. «A moins d'avoir assez d'argent pour se l'offrir soi-même!», suggère-t-elle dans un sourire.

Criminels - 2

Je parlais hier à l'une de mes nièces d'un petit malaise, pas trop grave, mais qui m'enlevait l'envie d'aller manger au restaurant avec elle et son mari. La réponse de ma nièce fut immédiate : c'est de la colère en toi qui cherche s'exprime ainsi. Il me semblait éprouver d'autres sentiments (comme de la peine, de la frustration, etc.), mais je ne voyais pas vraiment pourquoi je serais en colère. Et puis, j'ai vite donné raison à ma nièce en identifiant plusieurs raisons d'éprouver de la colère : la déclaration criminelle de Benoît XVI, ces deux adolescents qui ont mis le feu à un chat après l'avoir arrosé d'essence, et d'autres sujets dont je parlerai plus tard.


Hier, j'étais assis le long de l'avenue du Parc, à me faire chauffer au soleil. La lumière était belle, le ciel était sans nuages. J'aurais voulu prendre des photos, mais quelque chose me retenait de le faire (je dirai pourquoi un autre jour). J'avais de quoi lire et de quoi écrire, mais j'aurais gelé les doigts car si le soleil était beau, l'air était encore froid. J'observais les gens qui arrivaient à pied, à vélo, avec leurs enfants ou leurs chiens, ceux qui traversaient la rue pour aller au parc du Mont-Royal, de l'autre côté, ou qui en revenaient. Il y avait beaucoup de mouvement et de circulation car il était plus de cinq heures.


Mon attention a été attirée par un jeune chien fou, qui ressemblait à un Jack Russell Terrier mais qui n'en était pas un ; il courait partout et puis il a traversé l'avenue en même temps que plusieurs piétons. J'ai été intrigué car ce chien ne me semblait suivre personne en particulier, ne se préoccupant pas du feu de circulation qui allait bientôt changer de couleur. J'ai essayé d'identifier qui, parmi les piétons qui avaient traversé, allait enfin appeler son chien. Personne.

Le chien s'est mis à courir partout encore une fois, autour de moi et de tous ceux qui parmi les plus honnêtes, se chauffaient aux soleil. Puis... mon cœur s'est arrêté de battre. Avec la même allégresse que s'il avait retrouvé sa liberté après une longue journée enfermé à l'intérieur, ce jeune chien fou s'est à lancé dans la circulation pour retraverser l'avenue, sans attendre le feu vert et sans se préoccuper des voitures qui passaient à toute vitesse sur quatre voies vers le Nord et quatre voies vers le Sud. J'étais persuadé qu'il allait se faire écraser sous mes yeux.

Soudain le chien s'est arrêté au milieu de l'avenue, quelques secondes, puis il s'est mis à tourner sur lui-même. Il ne semblait pas blessé, mais il était sonné, c'était clair. Il n'avait pas été frappé par une voiture mais il avait dû lui-même se cogner aux roues d'une voiture. Avec moins d'assurance qu'auparavant, il a fini par se rendre de l'autre ôté. J'ai vu quelqu'un, environ trois cents mètre plus loin, qui semblait chercher quelque chose. Il s'est dirigé vers le chien s'est penché vers lui, a fini par lui mettre sa laisse pour rentrer chez lui.

J'étais choqué. D'abord, je n'en revenais pas que quelqu'un laisse un tel chien faire ce qu'il veut en plein milieu de la circulation. Si j'avais eu un téléphone sous la main, j'aurais tout de suite appelé la Société protectrice des animaux, quitte à suivre l'abruti qui ne s'occupait pas de son chien, afin de savoir où il habitait. J'ai pensé à Alexander : il aurait réagi comme moi, avec plus de colère encore contre cet individu qui ne mérite pas d'avoir un chien. En Angleterre, celui-ci serait poursuivi. Mais au Québec, nous sommes des gentils, des tolérants qui ne s'indignent de rien, ou le moins possible... Et, de tous ces automobilistes qui, par dizaines, ont passé à toute vitesse alors qu'il y avait un chien qui traversait la rue, personne ne s'est arrêté, personne n'a ralenti. La prochaine fois, ce sera peut-être un enfant qui traversera la rue ; on ne le verra, comme on n'a pas vu le chien. Ou serait-ce que la vie d'un chien ne vaut rien en comparaison de trente secondes du temps précieux de ces automobilistes ? Voilà donc plusieurs criminels en puissance...