mercredi 1 juillet 2009

Il y a 2 785 ans...

Lampadédromie (relais de flambeaux),
œnochoé attique du IVe siècle av. J.-C.,
musée du Louvre


Le premier juillet 776 avant J-C naissaient à Olympie les plus célèbres compétitions sportives. Les Jeux Olympiques avaient pour but de rapprocher les Grecs entre eux et de suspendre un moment les guerres entre les cités. On peut voir ici de jolies photos d'Olympie

Les athlètes vainqueurs de ces compétitions, organisées d'abord à Olympie et ensuite dans d'autres cités grecques, recevaient parfois des cadeaux de grande valeur. Mais quatre des principaux sanctuaires ne remettaient aux gagnants qu'un cadeau symbolique, une couronne (d'olivier tressé à Olympie, de laurier à Delphes, de céleri à Némée et de pin à Corinthe).

« Il n'était pas permis aux femmes mariées d'assister aux jeux masculins, parce que les hommes et les garçons y étaient nus. Mais les jeunes filles en avaient le droit et elles étaient nombreuses. » (Roger Peyrefitte, La jeunesse d'Alexandre)

Alexandre et Héphestion assistèrent pour la première fois aux Jeux d'Olympie alors qu'ils avaient quinze ans. En tant que Macédoniens, ils n'étaient pas appréciés de tous les Grecs (encore aujourd'hui, bien que les Grecs modernes soient souvent fiers de dire qu'Alexandre le Grand était de chez eux, il semble qu'on ne s'entende pas pour dire si, oui ou non, les Macédoniens étaient des Grecs). Démosthène était l'un des plus farouches adversaires de Philippe II et de la Macédoine ; Alexandre adolescent, fils de Philippe, et son fidèele ami Héphaistion, n'étaient pas les bienvenus. « Alexandre bouillait de colère. Ses yeux, dont le droit était d'un noir très foncé et le gauche bleu-vert, lançaient des flammes. Ses longues boucles blondes, séparées par une raie médiane, frémissaient sur sa tunique de pourpre. Près de lui, vêtu d'une tunique verte, les cheveux noirs aussi bouclés et les yeux bleus, Éphestion, son inséparable, partageait son courroux. Ils étaient nés le même jour de la même année, il y avait quinze ans. Leur beauté était différente, comme leur taille : Alexandre était plus viril et Éphestion plus grand. Arrivés la veille à Olympie, ils étaient ce matin, au lever du jour, dans l'hôtel de ville, en face du comité olympique. Derrière les dix juges, ils apercevaient l'ennemi de la Macédoine, qui prétendait faire exclure des jeux l'attelage du roi Philippe venu concourir pour les grands jeux : l'Athénien Démosthène, le fils du fabriquant de couteaux de Péanie, village de l'Attique. » (Roger Peyrefitte, La jeunesse d'Alexandre)


Note : On se demandera peut-être pourquoi, en ce premier juillet, je ne souligne pas la Fête du Canada : ceux qui me connaissent un peu ne seront pas surpris. En tant que citoyen du Québec, mon allégeance va d'abord au Québec. Puisque le Canada ne me reconnaît pas comme faisant partie de l'un des deux peuples fondateurs du Canada et que cette confédération qui s'est transformée en État centralisateur qui ne respecte pas les compétences constitutionnelles du Québec en intervenant partout où il ne devrait pas, je ne célèbre donc pas sa fête. Le jour où le Québec sera respecté par le Canada, je soulignerai la Fête du Canada exactement comme je souligne la fête des Anglais, des Belges, des États-Uniens, des Français, des Suisses... Chaque nation, chaque pays mérite qu'on souligne sa fête nationale. Quand le Canada dépense au Québec seulement 85 % de son budget des célébrations du premier juillet, alors que lorsqu'il s'agit d'accorder du financement à des programmes au Québec le gouvernement du Canada rappelle que le Québec ne représente plus 25 % de la population du Canada. Il y a dans cette propagande canadienne éhontée un mépris envers les Québécois ; au Québec comme ailleurs, il y a des gens qui vendraient n'importe quoi, même leur conscience ou leur mère.

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vendredi 26 juin 2009

Le petit oiseau de toutes les couleurs


Hier, Béo parlait d'un oiseau qu'elle ne connaissait pas, aperçu dans son jardin ces derniers jours (quel que soit celui que j'utilise, mon ordinateur fige à chaque fois durant quelques minutes, et je dois parfois tout fermer ; mais comment se passer des billets de Béo ?|). Je n'aurais pas su dire non plus le nom de cet oiseau. Cet oiseau de moi inconnu m'aura tout de même fait penser à deux autres oiseaux que je connais bien. Le premier, ma perruche l'aime beaucoup, c'est celui de Gilberd Bécaud, « Le petit oiseau de toutes les couleurs ». que l'on peut entendre sur YouTube. L'autre, c'est celui de Jacques Prévert.

Pour faire le portrait d'un oiseau

Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
Placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
S
e cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau

Peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Jacques Prévert

Je vous conseille vivement d'aller regarder cette vidéo, pour apprendre vraiment comment faire le portrait d'un oiseau.

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jeudi 25 juin 2009

Michael Jackson, l'essentiel

Michael Jackson (1958-2009)

Comme des centaines de millions de personnes dans le monde, j’ai appris hier avec stupéfaction la mort de Michael Jackson. À l’exception de quelques membres de son entourage immédiat, peut-être, personne ne pouvait prévoir la mort à cinquante ans du roi de ma musique pop. La nouvelle semble s’être répandue comme une traînée de poudre.

Je n’étais pas particulièrement amateur de la musique de Michael Jackson, non par choix en faveur d’autres musiques du genre, mais simplement parce qu’à l’époque où Michael Jackson est arrivé et, durant de très nombreuses années après, chez moi j’écoutais principalement de la musique classique. J’ai tout de même beaucoup entendu de chansons de Michael lorsque je sortais dans les endroits publics, en particulier dans les quelques boîtes où j’allais voir danser les autres. Au début, je reconnaissais des chansons sans même savoir qui les chantait et, du jour où j’ai pu mettre un nom sur cette voix hors du commun, je ne l’ai jamais oublié. Par la télévision, je ne pouvais pas non plus passer à côté de ce phénomène qu’était déjà Michael Jackson et je dois dire que sans me ruer chez les disquaires chaque fois que sortait un disque ou une nouvelle vidéo, le personnage ne pouvait passer inaperçu, même pour moi. Depuis sa toute première enfance, ce garçon était doué d’un talent exceptionnel et il a su l’exploiter de manière prodigieuse.

Rassurez-vous, je n’essaierai pas de faire un rappel de la carrière de Michael Jackson ; d’une part, à moins de recopier du texte trouvé ailleurs, j’en serais bien incapable et, d’autre part, on trouvera partout sur Internet ce genre de renseignement. Très conscient du rôle immense qu’aura joué Michael Jackson dans l’histoire de la musique moderne, au même titre qu’Elvis Presley et quelques autres (non, je regrette d’en décevoir certains, je ne pense pas du tout à Johnny Halliday), je pense aussi à ce qu’il lui en a coûté, personnellement, pour exploiter à l’extrême sa créativité et connaître le succès planétaire.

Ce qui pour moi est le plus triste dans la disparition subite de Michael « Bambi » Jackson, cet enfant prodige et génie de la musique, ce n’est pas la perte pour le monde de la musique et ses admirateurs ; ce que qui me fait le plus de peine, c’est le départ trop tôt de cet enfant qui a mal grandi parce que, selon moi, il était mal parti. Ce garçon m’a toujours donné l’impression d’une biche aux abois, d’un animal traqué, qui était tenté, et il en avait le talent, d’en faire trop en public pour compenser un mal-être intérieur.

Il a très rapidement connu la célébrité et la gloire. Bien des gens auront cru au génie musical de M. Jackson ; c’était facile, c’était évident. Mais combien auront su comprendre le garçon blessé ? Combien, dans son entourage, auront su croire à Michael le petit garçon ? A-t-il jamais eu près de lui quelqu’un qui sache l’écouter, le comprendre vraiment ? Est-il jamais arrivé à ce garçon de se sentir totalement accepté et aimé, vraiment confirmé dans son être le plus intime, le plus profond ? Aura-t-il jamais eu l’occasion, seul ou avec des gens qui l’aimaient, de prendre conscience de ce qu’il était au fond de lui-même, d’entrer en contact avec son être essentiel ? Sans vouloir faire de psychologie de cuisine ni vouloir proposer un sens à l’expérience d’un autre, l’essentiel, pour moi, il est là.

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mercredi 24 juin 2009

Bonne Fête nationale, Québécois

Bonne Fête nationale,
Québécois de toutes origines !


Du 23 au 28 juin, des artistes locaux et internationaux s'assemblent pour l’inauguration du London Québec Culture Festival.
Cliquez ici pour en savoir plus.


Plus de 200,000 Canadiens et 300,000 Français résident à Londres. Du 23 au 28 juin, à l'occasion de ce festival, tous peuvent célébrer à Londres avec les Anglais.
Lieu : Rosemary Branch Theatre, 2 Shepperton Road, London N1 3DT
Métro : Old Street, Highbury & Islington or Angel (20 minutes de marche)
Bus : 76, 141, 21, 271, 38, 56, 73, 171A

Renseignements :
Box Office : 020 7704 6665 (24 heures)
Website : www.rosemarybranch.co.uk ou www.myspace.com/londonquebecfestival



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mardi 23 juin 2009

Ambassades


« ... Georges [secrétaire d'ambassade de France à Athènes] n'en était pas affecté : il avait bu moins que les autres et ne regrettait pas de conserver sa lucidité. Profitant de la suspension d'armes, il songea à téléphoner à Rudolf [secrétaire d'ambassade d'Allemagne à Athènes].
« Devant le standard de l'entrée, il hésita : avec quel bureau brancher la communication ? Avec le sien ? La perspective de descendre au sous-sol l'ennuya. Avec celui de Redouté ? Ce cadre de travail austère ne l'attira pas davantage. Il préféra le bureau de l'ambassadeur. Il l'amusait de revoir, à cette heure indue et pour des explications sentimentales, la bataille du pont Milvius et la généalogie des Médicis.
« Rudolf eut plaisir à l'entendre. Il s'était déjà calmé et avoua que, peu épris de mondanités, même d'ordre juvénile, il n'avait pas été fâché de rentrer chez lui.
« — Je suis en train, poursuivit-il, de lire des vers de notre poète Stefan George — Georges de Sarre, Georges de Grèce, que de Georges !
« Il en traduisit lentement un passage :
Puisque sur ma couche soyeuse,
Le sommeil envieux m'a fui,
Ne m'amenez pas des conteurs ;
Je ne veux pas, non plus, les chansons berçantes
Des filles du pays attique,
Qui me plaisaient il y a bien des lunes.
Maintenant, enchaînez-moi dans vos liens,
Jours de flûte du Nil.
« — Est-ce pour moi que vous avez choisi ce poème ? demanda Georges.
« Rudolf ne répondit pas et Georges ne répéta pas sa question. Leur amitié était pleine de questions qui n'avaient pas reçu de réponses. Mais c'est pendant ces silences qu'ils entendaient battre leurs coeurs.»

Les Ambassades, Roger Peyrefitte, roman, Éd. Flammarion, 1951.

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samedi 20 juin 2009

Dans un vieux livre

« Dans un vieux livre du siècle dernier, j'ai trouvé, oubliée entre les pages, une aquarelle non signée, mais due sans doute à un remarquable artiste. Son titre : Image de l'Amour.
« Mais il eût fallu ajouter : Du plus raffiné des amours sensuels.
« On comprenait en regardant cette oeuvre (l'intention de l'artiste était évidente) que le jeune homme du portrait n'était pas de ceux qui s'en tiennent à ce qui est plus ou moins sain, plus ou moins permis — avec ses profonds yeux bruns, son beau visage subtil (beauté des jouissances défendues), ses lèvres parfaites, dispensatrices de volupté au corps aimé, ses membres pleins d'une grâce idéale, faits pour des lits que la morale courante juge infâmes... »

Constantin Cavafy (1863-1933) ; traduction par Marguerite Yourcenar et Constantin Dimaras.

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vendredi 19 juin 2009

Un anniversaire... pour agir

« Ce 19 juin 2008, Aung San Suu Kyi a 63 ans. Elle a passé plus de 12 des 18 dernières années de sa vie soit en prison, soit en résidence surveillée, le plus souvent coupée du monde par la Junte birmane. Son parti, la Ligue Nationale pour la Démocratie avait gagné les élections en 1990, mais la Junte a ignoré les résultats et s’est maintenue au pouvoir par des violations systématiques et à grande échelle des droits humains. Elle a réduit les Birmans à vivre sous les menaces et dans la peur. »

Voilà ce qu'on peut lire sur le site officiel de Jane Birkin, qui a composé et qui interprète une chanson pour Aun San Suu Kyi. On peut l'entendre sur une vidéo, vers le bas de cette page.

Actrice, chanteuse, réalisatrice, Jane Birkin est une artiste et une femme que j'aime beaucoup. Ses engagements font réfléchir. Il m'arrive de me demander : « Et moi ? qu'est-ce que je fais pour les autres, pour défendre la démocratie, pour défendre les droits de l'Homme, pour défendre la liberté ? » À Ottawa, le gouvernement canadien actuel, sous prétexte de combattre la criminalité, prépare des projets de lois très inquiétants pour les droits et libertés des citoyens. On sait qu'en France, un petit agité continue de mettre en place ses mesures inquiétantes pour restreindre les libertés (des blogueurs ont été surveillés, intimidés, convoqués à la préfecture de police ; pour plaire à qui, croyez-vous ?). En Italie, ils sont de plus en plus rares les médias qui osent s'en prendre à celui qui contrôle à peu près tout... sauf sa femme qui en a assez. Tout cela ce n'est rien en comparaison de ce qui se passe au Tibet, en Chine, en Birmanie... Mais il y a un début à tout. Quand les citoyens ne protestent pas aux premières entraves à la liberté, les agitateurs en mal de pouvoir n'hésitent pas à aller plus loin. Il faut rester vigilant dans nos propres démocraties. Mais dans certains cas, il faut aller plus loin. Il faut agir. Il faut protester. Il faut réclamer la libération des prisonniers politiques, surtout lorsque ces prisonniers sont privés de leur liberté alors qu'ils combattent justement pour la démocratie et pour la liberté.

Protestation de moines birmans

Alexander, qui aime Jane Birkin encore plus que moi, me signale à l'instant que c'est aujourd'hui l'anniversaire de Aun San Suu Kyi et que pour l'occasion, Jane Birkin a écrit un texte que l'on peut lire ici ; on peut aussi y voir la vidéo et entendre la chanson écrite pour la femme birmane emprisonnée.

Si vous ne l'avez pas encore fait, agissez dès maintenant ! Allez signer la pétition réclamant la libération des prisonniers birmans, victime de la dictature de la junte militaire. Ayez la conscience tranquille en posant un geste responsable. Signez la pétition.

Quand vous aurez fait votre devoir en signant la pétition, accordez-vous une très agréable pause en allant écouter cette délicieuse chanson, « Période bleue » que nous aimons, Alexander et moi ; vous y verrez Dora, la bouledogue coquine de Jane Birkin.

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lundi 15 juin 2009

Le meilleur ami...

Le chien est, dit-on, le meilleur ami de l'homme. Et pour certains que je connais, ce titre d'« ami » n'est pas un vain mot. Il n'est pas sûr que l'homme soit toujours le meilleur ami de son chien ; je n'en connais pas personnellement (et je ne voudrais pas les connaître), mais je sais qu'il existe des gens qui attendent tout de leur chien et qui pourtant sont loin de leur donner eux-même ce que le chien est en droit d'attendre de leurs amis ; ceux-là préfèrent se dire qu'ils sont les « maîtres » plutôt que des amis.


L'image vient d'ici

Et malgré leurs bonnes intentions, les petits de l'homme ne sont pas toujours non plus les meilleurs amis des petits du chien. Alexander m'a envoyé l'histoire d'un pauvre chiot qui aurait pu avoir sur la terre une très brève existence si des adultes responsables n'avaient pas tout mis en oeuvre pour le tirer d'une fâcheuse position. J'imagine bien l'émotion d'Alexander en lisant cette histoire ; elle m'a ému aussi. L'aventure est éprouvante mais, heureusement, elle se termine bien.

Un garçon de quatre ans, Daniel Blair, de Northolt, à l'ouest de Londres, a voulu laver son chiot que Nicky, son frère jumeau avait laissé se rouler dans la boue dans le jardin de la maison. Daniel a déposé son cocker d'une semaine dans le bol de toilette et, accidentellement ou pas (je serais porté à croire qu'il a voulu envoyer un bon jet d'eau sur le chiot) ; le chiot a immédiatement disparu dans le tuyau d'évacuation lorsque Daniel a actionné la chasse d'eau.



Convaincue que le chiot était mort, Alison, la mère de Daniel, est tout de même allée au jardin, a réussi à soulever le couvercle du tuyau d'égout et a entendu pleurer le chiot. Les pompiers et la société de protection des animaux (RSPCA) ont été appelés mais n'ont pas réussi à sauver le chien. Alison a alors appelé un plombier ; à l'aide d'une caméra envoyée dans le tuyau, Will Craig, 22 ans, a pu repérer le chiot. L'opération n'a pas été simple (il a fallu pousser le chien dans la canalisation jusqu'à ce que les pompiers puissent le ramasser), mais après avoir passé quatre heures et demie dans le tuyau d'évacuation, le chiot a été rescapé et remis au jeune Daniel qui, a-t-il promis, ne recommencera jamais plus cette méthode pour laver son chien, même s'il devait absolument le laver. On a dû lui dire que le robinet de la cuisine ou de la baignoire sera aussi efficace et moins dangereux.

Après une nuit chez le vétérinaire, le chiot a pu rentrer chez lui, non sans avoir été l'objet d'un bain minutieux pour lui redonner sa fraîcheur première. On a donné au chiot rescapé le nom de Dyno, du nom de la société de plomberie qui lui a sauvé la vie.

La nouvelle sur YouTube, avec images de la famille.
La même nouvelle, selon le point de vue du plombier (images de l'intérieur du tuyau d'évacuation).

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dimanche 7 juin 2009

L'amour des livres

La photo vient du site d'Alberto Manguel

Hier soir, avec Alexander, comme nous le faisons pratiquement tous les jours, nous avons parlé de lecture, de cinéma, de musées et... de livres. Il y aurait des pages et des pages à écrire sur la lecture, sur l'activité de lire, sur le contenu des livres, sur les univers dont ils nous ouvrent les portes, sur les rencontres qu'ils permettent, les amitiés qu'ils établissent... Mais je ne parlerai ici que des livres eux-mêmes, les objets qu'ils sont, qui habitent nos appartements, nos maisons.

À partir du moment où j'ai commencé à lire de façon continue, c'est-à-dire : assez tard dans ma vie, soit vers mes vingt ans, j'ai toujours rêvé de pouvoir acheter tous les livres qui me plairaient, aussi bien les romans que la philosophie, les essais politiques que les livres d'histoire, les dictionnaires et les manuels divers que les encyclopédies. Je rêvais d'avoir un jour un très grand appartement, puis une très grande maison, où les livres auraient la place d'honneur ; je me disais que le jour où je serai riche (j'écris bien le futur et non le conditionnel : le jour où je serai riche), je ferai construire un édifice rempli de tous les livres qui ont un minimum d'intérêt et que cet édifice sera ma bibliothèque personnelle ; je pourrai, à certaines conditions, en autoriser l'accès à d'autres amoureux. La tour de Montaigne, par exemple m'a longtemps fait rêver, puis la bibliothèque du « Nom de la rose », et tant d'autres... Avec le temps, j'ai laissé ce rêve en veilleuse, sans y renoncer vraiment. Je n'aurais peut-être pas en ce moment le courage d'entreprendre de réaliser ce projet mais je crois que si les moyens matériels étaient là, la motivation reviendrait.

Je ne me souviens plus si c'était à l'émission « Bouillon de culture » ou à « Double Je », on nous avait présenté une visite de la bibliothèque d'Alberto Manguel, cet écrivain d'origine argentine, citoyen canadien vivant en France. Deux choses m'avaient fasciné dans ces images : l'écrivain habite un ancien presbytère, ce qui est souvent un gage de tranquillité (Michel Tournier, comme certains autres écrivains dont j'oublie le nom pour l'instant, habite un ancien presbytère). J'ai un ami, au Québec, qui a longtemps habité le presbytère d'un petit village ; j'adorais cet endroit. Dans le dernier emploi que j'ai occupé avant de travailler à mon compte, je travaillais aussi dans un ancien presbytère ; je dois avoir conservé de mon enfance l'idée que je vivrais un jour dans un presbytère parce que le curé du village voulait faire de moi un prêtre.

L'autre aspect qui m'avait fasciné chez Alberto Manguel, c'est que son presbytère était rempli de livres, dans de très nombreuses langues, qu'il peut lire. Quel merveilleux cocon les livres peuvent-ils créer ! Je ne suis pas Alberto Manguel, nos intérêts ne sont pas les mêmes et nos choix de livres seraient sûrement différents, mais s'il voulait me céder son presbytère et tous ses livres, je les accepterais sans aucune hésitation.

Je ne suis ni jaloux ni envieux. Je suis plutôt heureux que l'univers d'Alexander soit peuplé de livres, sur tous les murs de son appartement, en piles aussi près du lit, attendant leur tour d'être lus. Il y en a sur plusieurs murs chez moi aussi ; j'ai cessé d'en acheter car je ne savais plus où les mettre et, avec l'avènement d'Internet et de la communication instantanée, je me rends compte que je lis moins de livres. Si je ne prends pas le temps d'ouvrir un livre très tôt le matin, avant de faire quoi que ce soit d'autre, je risque d'avoir du mal à me concentrer sur la lecture plus tard durant dans journée. Cependant, je ne peux passer devant une librairie sans jeter un coup d'oeil à la vitrine ni m'empêcher de rêver devant une fenêtre éclairée ouverte sur une bibliothèque domestique, si modeste soit-elle.

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samedi 6 juin 2009

Commémoration du 6 juin 1944


L'insulte royale du nain impérial envers la reine Elisabeth II provoque en Angleterre une colère pleinement justifiée. Le petit homme, pas uniquement de taille, a simplement « oublié » d'inviter la reine, seule chef d'État encore en vie qui ait joué un rôle au cours de le Seconde Guerre mondiale. Le petit homme semble avoir voulu jouer les amitiés particulières avec Barak Obama en n'invitant pas la souveraine britannique aux Commémorations du débarquement des troupes alliées en Normandie le 6 juin 1944. La France semble vouloir oublier que 17 756 Britanniques et 5 316 Canadiens sont tombés au champ d'honneur et enterrés en France.

Parions que Barak Obama saura profiter de l'occasion pour souligner le manque de respect du président français du savoir-vivre, du protocole et de la diplomatie. Le nain impérial devrait, s'il était capable d'un peu de modestie, s'inspirer de cet autre chef d'État qui le fascine à juste titre, ne serait-ce que parce que le nouveau président des États-Unis n'a rien du bling-bling du petit homme et qu'il possède l'étoffe d'un véritable chef d'État que l'autre ne pourra jamais atteindre autrement que dans ses rêves les plus insensés.

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vendredi 5 juin 2009

Attraction lunaire


En entrant dans ma chambre en toute fin de soirée, mon regard a été attiré par la fenêtre. Il n'y avait encore aucune lampe d'allumée dans la chambre et pourtant il y régnait une lumière blafarde. J'ai vite compris que la lumière venait de la lune et, au lieu d'allumer les lampes, je me suis avancé vers l'une des fenêtres, la plus près. Ce n'est pas la pleine lune, mais presque. Elle régnait dans le ciel et ne semblait vouloir céder sa place personne. Je suis resté un très long moment à la regarder, fasciné. J'aurais voulu , une fois de plus, avoir un balcon où j'aurais pu m'asseoir ; j'y serais sans doute resté le reste de la nuit à regarder cette lumière dans le ciel. J'étais bien conscient que je n'étais pas seul à tomber sous son charme. Ailleurs à Montréal, au Québec, en Amérique du Nord, aussi bien que de l'autre côté de l'Atlantique, d'autres personnes, d'autres êtres étaient fascinés par cette forte présence dans le ciel. Je lui ai longuement parlé en mon nom et au nom de celui que j'aime et, si je n'avais pas eu du travail à terminer, je serais encore, au petit matin, installé à ma fenêtre à contempler la lune.

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dimanche 31 mai 2009

Big Ben a 150 ans

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Le 31 mai 1859, la cloche de la Tour de l'Horloge du Palais de Westminster sonnait pour la première fois à Londres pour marquer les heures. La fameuse horloge célèbre donc aujourd'hui son cent cinquantième anniversaire.

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Chaque quart d'heure est souligné par le carillon et Big Ben, la cloche principale, sonne toutes les heures. Les Anglais pourraient difficilement se passer du son des cloches de leur horloge ; les rares fois où l'horloge a été silencieuse, nombreux sont ceux qui se sentaient dépaysés. Depuis 1924, la BBC, la radio britannique, diffuse les carillons de la célèbre Tour. Le 31 décembre dernier, à minuit, j'ai écouté en direct sur Internet, le carillon et le Big Ben annoncer la nouvelle année. Il y a plusieurs mois, j'ai installé sur mon ordinateur le carillon du Big Ben et, chaque quart d'heure, même si le son de l'ordinateur est coupé, je sais exactement l'heure qu'il est, comme si j'étais moi-même à plus de quatre-vingts mètres du sol, à côté du Parlement anglais. Si je suis au téléphone et que j'oublie de baisser le volume, mes interlocuteurs sont parfois surpris d'entendre le son des cloches aussi clairement, peut-être davantage, que s'ils étaient tout près de la Tour.


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Alexander, qui habite vraiment à l'ombre de la Tour de Westminster ou, plus précisément, la St. Stephen's Tower, sait qu'il n'est pas chez lui s'il n'entend pas le carillon. Au cours de nos conversations, nous sommes particulièrement attentifs aux douze coups de minuit que nous entendons simultanément.


Ajout : En fait, le 31 mai 1859, c'était l'inauguration de l'horloge. La cloche la plus célèbre au monde n'a sonné pour la première fois que six semaines plus tard. On peut voir et entendre ici un court reportage de la BBC, sur la fameuse horloge. Et ici, un bref entretien avec l'historien Dan Cruickshank.

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lundi 25 mai 2009

Le pouvoir des mots

L'Écoute, Henri de Miller
L'image vient d'
ici

Samedi midi, j'écrivais à mon amoureux qu'il m'arrive par moments de faire des listes de mots. Et si j'en parlais samedi dernier, c'est que j'ai repris cette activité au cours des derniers jours. Je m'y adonne entre deux activités plus importantes ou quand j'ai du mal à me concentrer sur autre chose. J'ai souvent, depuis plusieurs années, fait ce genre listes à la plume ou au stylo dans des carnets que je conserve ; plus récemment, je les rédige à l'ordinateur. Qu'il s'agisse du vocabulaire spécialisé touchant des domaines qui m'intéressent ou simplement d'un lexique qui pourrait servir de base à une réflexion sur un sujet précis, comme un maçon qui réunirait ses pierres avant d'entreprendre un ouvrage, mes listes peuvent être courtes ou, au contraire, s'allonger presque indéfiniment. J'aime le papier, j'aime les carnets, les plumes, l'encre de diverses couleurs ; c'est un plaisir pour les sens tout autant que pour l'intellect... Toutefois, puisque, depuis une quinzaine d'années, j'ai pratiquement toujours eu besoin de l'ordinateur, j'ai plutôt tendance à utiliser maintenant le traitement de texte ou un chiffrier pour dresser mes listes ; c'est moins beau, moins sensuel, mais drôlement pratique...

En lui révélant samedi que je m'adonnais ce jour-là à cette activité somme toute banale mais tout de même pas très répandue, je savais qu'il ne me traiterait pas de cinglé. Sa réponse a tout de même été beaucoup plus émouvante que celle que j'aurais pu attendre. Je lui disais, notammement, que chaque mot que j'écrivais, machinalement, sans effort intellectuel, évoquait pour moi une image, un moment de ma vie, un endroit précis, un souvenir, une émotion, un lieu, une ville, un pays, le jour, la nuit, la ville ou la campagne, etc. Le mot « balai », par exemple, pourrait me rappeler qu'il serait temps de nettoyer l'appartement, mais il peut aussi bien me faire penser à la queue des oiseaux, au bout de la queue des chiens ou encore m'entraîner dans les nuages à la suite de Harry Potter. Sans m'attarder à aucun mot en particulier, c'est donc une séquence sans fin d'images qui défilent dans ma tête...

En parlant de listes à mon amoureux, je savais que je serais compris. Depuis qu'il est enfant, ce garçon fait des listes de mots, de phrases qu'il aime, aussi bien en français qu'en anglais. Ses lectures et ses recherches l'ont amené à établir des carnets spécialisés... Je pourrais vous en parler longuement, mais comme il s'agit non pas de mes propres des carnets mais de ceux de mon amoureux, je ne dévoilerai pas ses secrets. Ce qu'il importe de savoir, c'est que je ne suis pas seul à faire des listes, particulièrement des listes de mots. Et les mots auront toujours pour nous une très grande importance car ils ont joué pour chacun de nous et ils continuent de jouer entre nous un rôle immense.

Dimanche soir, en mettant fin à notre longue conversation, mon amoureux a souligné que nous avions parlé de choses tistes. C'est vrai : nous avons évoqué des souvenirs d'enfance et d'adolescence, des souvenirs douloureux, certes, mais nous en avons parlé sans complaisance. Si ces souvenirs sont venus spontanément dans la conversation, c'est qu'il restait en chacun de nous, pour des raisons différentes, des blessures pas tout à fait guéries, des séquelles d'événements douloureux dont nous n'avions pas entièrement fait le deuil. À l'époque où, pour l'un comme pour l'autre, ces événements sont survenus, nous n'avions pas pu en parler assez librement pour apaiser la douleur, pour cicatriser la plaie. Par la suite, un peu pour les mêmes raisons, nous n'avons probablement pas senti de la part des confidents potentiels une capacité d'écoute assez grande. Nous n'avons pas osé dire ce qui nous avait fait mal, gardant secrets depuis tout ce temps l'événement et la douleur qu'il a causé. Il était pourtant important d'en parler et nous l'avons fait simplement dimanche soir, sans avoir l'impression ni l'un ni l'autre d'être en thérapie. Ce qui m'a fait penser que le deuil de ces événements n'avait pas été fait plus tôt car nous n'avions pas su trouver les mots pour en exprimer la douleur ou parce que nous n'avions pas rencontré encore la personne à qui nous pourrions la confier. En somme, la blessure n'avait pas été complètement guérie parce qu'elle n'avait pas été mise en mots.

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lundi 18 mai 2009

Continuité et fidélité


L’article qui précède est le 700e publié ici. Je voulais le mentionner à la fin de l’article et, au moment de le mettre en ligne, j’ai oublié. 700 articles depuis octobre 2006, ce n’est pas beaucoup ; ce n’est donc pas pour tenter de vous impressionner que je souligne. Si j’avais publié un article par jour comme j’en avais l’intention au départ, j’aurais pu souligner il y a un moment déjà non pas le sept centième mais bien le neuf centième billet publié. Pour diverses raisons que vous devez comprendre sans que j’aie besoin de les énumérer, je n’ai pas écrit un article tous les jours. J’en ai commencé un très grand nombre que, pour toutes sortes de raisons aussi, je n’ai pas publiés, mais des brouillons, des ébauches, ça n’a d’importance, s’il y a lieu, que pour leur auteur ; un de mes professeurs d’université avait écrit un jour ce commentaire dans la marge d’un travail que je lui avais remis : « Que m’importe de savoir que vous avez des idées que vous ne partagerez pas avec moi, que vous avez écrit des textes que je ne lirai pas ? »

Sept cents, c’est tout de même un beau chiffre – j’ai toujours aimé le chiffre sept – qui mérite d’être mentionné. Il indique une certaine persévérance de ma part dans un projet amorcé. Je voudrais parfois qu’il y ait entre les articles publiés une plus grande cohésion, que ces articles aient un lien, un fil conducteur, peu importe lequel. Ce fil conducteur, si on veut en trouver un, c’est sans doute mon humeur du jour, mon besoin de confidence ou la simple envie de partager une information ou une indignation.

André Gide, Julien Green, et c’est vrai de très nombreux diaristes, ont souvent écrit que leur journal ne reflète pas exactement leur réalité car, la plupart du temps, il n’exprime pas les moments de bonheur. Certaines personnes n’écrivent que lorsque ça va mal ; d’autres, au contraire, ont besoin d’aller bien pour écrire. Chez certains, le silence est éloquent, parfois inquiétant. En ce qui concerne ce blogue, je n’aime pas trop les longs silences, car si ce blogue n’est pas un journal, et qu’il ne prétend pas refléter ma réalité, un silence de plusieurs jours indique que je suis trop occupé ailleurs, à vivre ou à travailler, ou préoccupé d’une façon ou d’une autre ; il peut indiquer aussi que j’ai du mal à exprimer ce qui se passe, que les idées ne sont pas forcément absentes mais parfois trop nombreuses, qu’elles veulent toutes s’exprimer en même temps ; en se dirigeant toutes ensemble vers la sortie elles en bloquent le passage et plus rien ne s’exprime…

Sept cents articles publiés, c’est aussi l’expression de la fidélité des lecteurs, que ceux-ci laissent ou non des traces de leur passage. Je sais que certains ont suivi ce blogue dès le début ; d’autres ont pris le train en marche et continuent de faire la route avec moi. Certains, moins nombreux, ont pris le train en marche et ont voulu remonter à la source, lire tous les articles et tous les commentaires ; je pense en particulier à l’un d’eux, infiniment cher à mon cœur : il se reconnaîtra. Je dois dire aussi que, très souvent, j’ai pris la plume pour écrire, au clair de la lune, à cet être plus cher que tout.

Ce n’est pas une raison pour négliger ce blogue car, comme me l’écrit cet amour, « il est triste de voir des lieux ou des choses qui ne sont plus assez aimés de ceux qui devraient en prendre soin ; les objets sentent cet abandon et alors ils se couvrent de poussière pour qu’on ne les voit pas pleurer. »

Un autre lecteur, ami fidèle et sage, m’envoie ce matin cette citation qui est plus généreuse que ce nous a toujours inculqué notre éducation judéo-chrétienne, qu’il faut souffrir pour payer nos moments de bonheur ; elle est du dalaï-lama, à qui je ferais davantage confiance qu’au chef de l’Église catholique pour assurer mon bonheur terrestre et céleste :

« ... L'autre ne va pas sans "moi", et selon le point de vue conventionnel, ce moi est indéniable. Nous en avons une authentique sensation, ancrée au plus profond de nous, qui se traduit par : "Je veux ceci", "Je ne veux pas cela". Ce sentiment d'être soi se manifeste très naturellement à nous et s'accompagne tout aussi spontanément d'un désir de bonheur et d'une répulsion pour la souffrance ; ce qui est non seulement naturel mais juste. Nous désirons être heureux, nous ne voulons pas souffrir : c'est parfaitement légitime. Nous n'avons même pas à nous en justifier. À ce titre, nous avons droit au bonheur et à ne pas souffrir. »
Dalaï-lama, Cent éléphants sur un brin d’herbe, traduction française par Lise Médini, collection « Point », Éditions du Seuil.

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vendredi 15 mai 2009

Le jardin de mon coeur

Au retour de mon premier et plus long séjour à Paris, pour tenter d'oublier ma peine et d'occuper le mieux possible le temps que je devrais passer à Montréal avant de pouvoir repartir, je me suis plongé dans les livres. Ma bibliothèque personnelle était vraiment très pauvre, comme moi, sauf que, moi, je voulais croire que j'avais beaucoup de potentiel (tout en me disant que si je faisais quelque chose de ma vie, ma bibliothèque en profiterait, qu'elle s'enrichirait aussi), j'ai commencé à fréquenter la bibliothèque du quartier.

Une jeune fille qui y travaillait était souvent là pour répondre à mes questions quand je cherchais quelque chose que je ne trouvais pas. Nous nous parlions de plus en plus longtemps quand elle avait un peu de temps et très vite, j'ai commencé à l'attendre à la fin de sa journée de travail afin de poursuivre nos conversations qui, je le crains, étaient plutôt des monologues de ma part, à peine ponctués de questions ou de brefs commentaires de la part de mon interlocutrice. Je m'étais mis à lire des ouvrages de philosophie et cette jeune fille participait à mon propre discours sur le monde. Je ne dirais pas que nous étions les nouveaux Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir ; mon amie était moins bavarde que Simone.

La photo vient d'ici

Je me souviens qu'un soir, revenant de la bibliothèque, nous étions passés devant la maison du bibliothécaire en chef. Celui-ci était dans son jardin, à l'avant de la maison, en train de tailler ses rosiers. Nous nous étions arrêtés un moment pour parler avec lui ; cette fois-ci, c'est moi qui l'écoutais nous parler de son jardin, de ses rosiers. Si je voulais vous impressionner, je ferais une petite recherche sur Internet afin d'avoir l'air de connaître un peu les règles du jardinage, les différentes variétés de roses, etc.

Pendant que j'écoutais le bibliothécaire parler de ses rosiers, je ne pouvais m'empêcher de rêver au genre de vie qu'il devait mener. N'avait-il pas une situation de rêve ? Il vivait parmi les livres et les roses. Je dois dire que cette façon de vivre risquait de compromettre un autre rêve que j'avais commencé à échafauder : celui de devenir diplomate et d'obtenir un premier poste à Athènes d'où je pourrais rayonner pour aller à la découverte des racines de notre civilisation...

Je ne suis devenu ni diplomate, ni bibliothécaire, et pas même jardinier. Je n'ai même pas un balcon sur lequel je pourrais déposer quelques pots de fleurs. Je n'ai cependant jamais oublié le conseil de Candide : « il faut cultiver notre jardin ». Ni diplomate, ni bibliothécaire, ni jardinier, je suis cependant devenu amoureux et, depuis un an, j'envoie chaque jour au moins une rose virtuelle à mon amoureux. Il manque aux roses virtuelles leur doux parfum ; mais elles ont l'avantage de fleurir en toutes saisons et de rester toujours fraîches. L'imagination et le sentiment amoureux font le reste.

* * * * * * *

Ajout : Mon amoureux m'écrit que le parfum de mes roses emplit son coeur et sa maison. Ne suis-je donc pas le plus heureux des jardiniers ?

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samedi 9 mai 2009

9 mai : Journée de l'Europe


Combien, parmi vous, aurez célébré la Journée de l'Europe, ce 9 mai ?


Pour entendre l'hymne européen

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mercredi 6 mai 2009

Un objet en voie de disparition ?


Le 6 mai 1840, les postes britanniques émettent, officiellement, le premier timbre postal adhésif à l'effigie de la reine Victoria, le Penny Black. Ce timbre-poste constituait alors un point tournant dans le système postal britannique : pour la première fois, c'était l'expéditeur qui payait les frais postaux plutôt que le destinataire. Le premier timbre-poste français sera émis le premier janvier 1849.

Je ne connais pas beaucoup les timbres britanniques, mais j'ai reçu, durant des années, tellement de lettres et de cartes postales d'amis français que j'ai pu apprécier la diversité et la beauté de timbres français

Je connais quelques romantiques qui accorderont toujours beaucoup d'importance aux lettres écrites à la plume sur du papier choisi avec soin, ainsi qu'aux beaux timbres à coller sur l'enveloppe. Mais, avec l'usage grandissant des communications par Internet, le timbre-poste est-il en voie de disparaître ? Qu'en pensez-vous ?

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lundi 4 mai 2009

L'illustre écrivain catholique

J'ai évoqué il y a quelques jours un livre qui a beaucoup marqué l'adolescent que j'ai été, Les amitiés particulières. J'ai eu l'occasion, ces derniers jours, de reparler avec un ami du roman et du film qui en a été tiré, ce qui m'a amené à évoquer la fameuse querelle entre Roger Peyrefitte et François Mauriac (non, je n'ai pas assisté en direct à cet « événement » littéraire ; j'en ai pris connaissance par les livres, plusieurs années plus tard). Je crois qu'avant de lire Les amitiés particulières, de Roger Peyrefitte, je n'avais lu qu'un seul roman de François Mauriac, Le mystère Frontenac, lecture obligatoire à l'école secondaire. Plusieurs années plus tard, je lirai avec grand intérêt certains autres romans de Mauriac, puis son Bloc-Notes, ses Mémoires intérieurs... Il m'est arrivé, ces dernières années, de relire certains textes de François Mauriac. Sa morale n'est pas la mienne, mais je reconnais qu'il parle très bien de la siennne ; l'ennui, c'est qu'il avait tendance dans la vie, contrairement à Julien Green, aussi obsédé que Mauriac par l'idée du péché, à juger les autres et à les menacer des flammes de l'enfer s'ils osaient s'autoriser ce que lui-même s'interdisait.

Roger Peyrefitte a publié en 1982 un roman, L'illustre écrivain, qui présente, personne n'en sera surpris, une satire souriante et féroce de la vie littéraire parisienne. Sur la quatrième de couverture, on peut lire : « Un "illustre écrivain catholique", d'une conduite irréprochable, marié à une femme qu'il aime et qui lui est fidèle, est arrivé au seuil de l'Académie française. Son expérience de trente-cinq ans de vie littéraire parisienne est l'occasion d'une de ces fresques dans lesquelles Roger Peyrefitte confirme sa maîtrise comme peintre impitoyable de la société contemporaine... » J'ai d'abord cru, en voyant le titre du roman, qu'il s'était inspiré de François Mauriac ; j'ai vite changé d'idée en voyant que le personnage principal, André Lauzun, aimait sa femme, qu'il avait avec elle une sexualité épanouie et qu'il était plutôt sympathique dans son rôle de grand bourgeois il ne pouvait donc pas s'agir de François Mauriac. La suite de la quatrième de couverture dit : « La première partie du roman se déroule sans ombre pour l'heureux couple, comblé par les succès et mêlé plus ou moins à la vie mondaine. Mais une rencontre bouleverse l'illustre écrivain catholique, l'arrache à la ligne droite de la morale et provoque une crise entre sa femme et lui, heureusement sans altérer leur bonheur. Elle aussi, en effet a goûté, au cours d'un voyage, des sensations nouvelles et tous deux s'aperçoivent que leur épreuve a enrichi leur connaissance. Au pardon de l'Église, s'ajoute leur pardon réciproque. »

Dans Maltaverne, qui devait être son dernier roman, qu'il n'a pas eu le temps de terminer, qui devait être la suite d'Un adolescent d'autrefois, Mauriac écrit, au sujet de Gajac, personnage très ressemblant à Mauriac lui-même : « ... Une de mes amies me disait de vous : "Ce petit Gajac, je crois que c'et un couci-couça -- mais plutôt couça que couci." » Plus loin, le narrateur, le petit Gajac devenu vieux, reçoit la visite d'un jeune homme ; il écrit ceci :
Il parut : un grand et mince garçon de dix-neuf ans, avec sa veste jetée sur ses épaules et sur ses bras nus, un pantalon de toile, des espadrilles, des cheveux longs mais soignés. Sur son visage ouvert se lisait librement un mélange de timidité et presque d'adoration. Il portait une serviette d'écolier sous le bras. Son regard bleu me fappa en plein coeur. « Tous les visages me blessent... » avais-je écrit un jour. Celui-ci, je le reçus, je le subis, comme si une fine lame m'avait frappé. « Moi aussi j'ai eu dix-neuf ans, j'ai été un jeune être comme celui-là C'est fini ! C'est à jamais fini ! Jamais plus ! Jamais plus ! » Je levai dans la lumière mes vieilles mains tavelées. L'étrange était que j'éprouvais en même temps ce que la vue d'une créature, dans sa perfection, m'avait toujours inspiré : l'évidence qu'aucun hasard ne pouvait expliquer cette merveille. Je croyais en Dieu, et maintenant, je savais avec certitude que Dieu est. Tout cela était confus et confondu en moi tandis que je donnais le change par mes paroles.
Cet écrivain de plus de quatre-vingts ans, troublé par la beauté d'un garçon de dix-neuf ans, n'avait pourtant pas apprécié, quelques années plus tôt que l'on ose faire un film du roman de Roger Peyrefitte, Les amitiés particulières.


En 1964, après avoir vu à la télévision quelques séquences du film Les amitiés particulières en cours de tournage à l'abbaye de Royaumont, François Mauriac crie au scandale et, dans sa chronique « Les hasards de la fourchette » du Figaro littéraire, s'en prend à Roger Peyrefitte et à ceux qui ont décidé de faire un film avec le très beau roman plublié une vingtaine d'années plus tôt. Dans les jours suivants sa publication, Mauriac aura sans doute regretté le texte qui suit :
Le journal de la télévision nous a montré quelque chose d'horrible. Dans la chapelle de l'abbaye de Royaumont, des enfants de douze ans faisaient le geste de la communion, revenaient de la Sainte Table, feignaient de se recueillir.
C'était l'intrigue des Amitiés particulières que ces petits garçons incarnaient. Je ne croyais pas qu'un tel spectacle pût me donner cette tristesse, ce dégoût, presque ce désespoir. Comment, me demandais-je, des parents consentent-ils, comment un metteur en scène s'abaisse-t-il ? Mais je n'aurais jamais cru possible ce qui a suivi : l'auteur lui-même a paru sur le petit écran, non pour plaider coupable, mais au contraire pour nous avertir de ses intentions édifiantes. Il ne songe, ce bon apôtre, qu'à venir en aide aux éducateurs — aux jésuites d'abord, j'imagine, si le même personnage est passé du livre dans le film. L'auteur des Amitiés particulières nous a même confié qu'il espérait que ce film aiderait les écoliers à régler leurs sentiments. Honnête Tartufe de Molière, inoffensif Tartufe dont l'imposture énorme ne pouvait tromper que l'imbécile Orgon et que l'idiote Pernelle, et qui ne touchait pas à ces petits, comme vous me paraissez innocent...
... Je ne me serais certes pas indigné si l'auteur était venu nous dire : « Les amitiés particulières existent, elles sont un élément de l'histoire humaine, la plus quotidienne, elles relèvent donc du domaine de l'historien des mœurs. Elles doivent être décrites comme le reste... » Décrites, peut-être... Ce serait à discuter, mais accordons-le. Décrites, mais non représentées, non dans ce bouillon de culture d'où leur âme ne sortira pas vivante.
Ces petits garçons que vous nous montrez sur l'écran et qui servent la messe, et qui communient, à quelle histoire osez-vous les mêler ? Et pourquoi la faites-vous bénéficier de cette publicité immense ? Car ce sont des intérêts que vous servez : ces enfants rapportent.
Didier Haudepin, l'Alexandre des Amitiés particulières

Mauriac avait oublié ce jour-là que lorsque l'on habite une maison de verre, on ne lance pas de pierre. Il a dû aussi oublier momentanément à qui il s'en prenait. Roger Peyrefitte s'était depuis sa jeunesse donné comme mission de dénoncer le mensonge et l'hyprocrisie ; il n'attendait sans doute que cette occasion pour révéler quelques vérités au sujet de François Mauriac. Roger Peyrefitte n'avait sans doute pas apprécié l'article que Mauriac avait écrit lors du décès de Jean Cocteau, en octobre 1963 ; dans le Figaro littéraire du 26 octobre, Mauriac avait écrit que Cocteau l'avait agacé ; il s'étonnait que Cocteau « ait pu faire quelque chose d'aussi naturel, d’aussi simple que de mourir, d'aussi peu concerté » ; il ajoutait : « le personnage tragique, certes il le fut : condamné à l'adolescence éternelle, sans échappatoire comme tant d'autres, sans aucune espérance de sursis, interdit de séjour malgré les honneurs et les académies, chassé de cet univers rassurant où une femme nous met la main sur le front du même geste qu'avait notre mère, où les enfants jusqu'à la fin se presseront autour de nous, couvée que la vie ne disperse pas. »


Le premier mai 1964, la revue Arts publiait la « Lettre ouverte à M. François Mauriac, Prix Nobel, membre de l'Académie française, par Roger Peyrefitte. »

Paris le 1er mai 1964.
Vous avez obtenu, l'autre jour, votre plus grand succès de théâtre, depuis qu'Édouard Bourdet n'est plus là pour refaire vos pièces. Au studio de Saint-Maurice, où l'on achevait de tourner Les Amitiés particulières, une jeune assistante lut à haute voix l'article que vous avez consacré, dans le Figaro littéraire, au reportage télévisé de ce film. Sa voix claire fit résonner ces paroles, qui nous donnaient à tous une sanglante leçon : au metteur en scène, coupable de « s'abaisser », aux parents, négriers de ces enfants qui « rapportent », à moi, dont les propos vous ont fait paraître « innocent » le Tartufe de Molière, à la télévision enfin, qui se déshonorait par cet « attentat » et vous obligeait à « jeter ce cri ».

Un immense éclat de rire retentit, il roula du haut des passerelles où étaient perchés les électriciens, jusqu'au fond des serres où deux écoliers venaient de s'exprimer leur tendresse innocente. Il parcourut les rangs des techniciens, des machinistes, des parents qui avaient accompagné leurs enfants. Il épanouit, dans leurs fauteuils de toile, Louis Seigner, doyen de la Comédie française, l'admirable père Lauzon du film, Mme Gouze-Rénal, la productrice (belle-soeur, soit dit par parenthèse, de votre ami ou ex-ami François Mitterand), Jean Delannoy, notre metteur en scène, qui surpasse là ses chefs-d'oeuvre, la Symphonie pastorale et l'Éternel Retour ; Christian Matras, « premier photographe de France », qualité dont il vous a fait bénéficier pour Thérèse Desqeyroux et dont il n'a pas cru déchoir en se vouant aux Amitiés particulières ; le compositeur Podromidès, qui fait, pour cette tragédie « classique », une musique aussi altière que pour Les Perses.

Il ne manquait que les membres de la Commission de contrôle cinématographique, qui ont félicité les auteurs du scénario, Aurenche et Bost, d'avoir « traité avec autant de délicatesse et de tact un sujet hérissé d'embûches » ; le père Martin, qui était venu de Saint-Eustache nous donner quelques conseils pour les chants de la manécanterie ; le curé de Viarmes, qui nous avait prêté ses lumières dans la chapelle de Royaumont ; l'archiprêtre de la cathédrale de Senlis, qui nous avait permis de tourner sous ces voûtes historiques l'enterrement du petit Alexandre, émouvante clôture du film. Je disais, mon cher maître, que vous aviez obtenu un vrai succès de théâtre, bien que vous eussiez fait rire, ce qui ne vous est pas coutumier. Je me hâte d'ajouter, pour me rapprocher de vos effets ordinaires, qu'une grande tristesse remplaça vite cet accès de gaieté. Non pas une « tristesse » comme celle qui vous a frappé à la vue de nos garçons, car elle n'était pas mêlée de « dégoût » et encore moins de « désespoir ». Mais une tristesse profonde et sincère qu'un homme de votre rang et de votre âge fût si peu maître de lui-même, et surtout nous fît voir si crûment la couleur de son âme, sous prétexte de dénoncer nos turpitudes. Vous troubliez les consciences, vous chassiez la candeur, tel un de mes bons pères faisant penser au mal les êtres qui n'y pensaient pas. Mais ce n'était pas pour provoquer un drame : c'était pour vous mettre, vous, en accusation. Une mère de famille traduisit pourtant le crédit dont vous jouissez : « Monsieur Mauriac, s'écria-t-elle, un homme si sérieux !... » De sa passerelle, un électricien fit un commentaire plus vif : « N'y aura-t-il donc jamais personne pour moucher ce sagouin ? » Sans le savoir, il citait le titre d'un de vos livres : Le Sagouin. Car vous êtes le seul auteur français à avoir baptisé du nom d'un singe l'une de vos œuvres. Encore est-ce l'un de leurs titres les plus gracieux. Vous moucher, mon cher maître ? Mais il faudrait un drap de lit. Je me contenterai de vous marcher sur le bout du pied et m'excuser d'avance, si je vous fais jeter un nouveau cri. Aussi bien m'avez-vous défini, dans un de vos bons jours, un « Anatole France à semelles de plomb ». Vous connaissez seul la légèreté et venez de nous en fournir un nouvel exemple. Qui êtes-vous, mon cher maître ? Un écrivain que nous admirons, mais un homme que nous ne pouvons plus supporter. Vous vous êtes impatronisé du rôle officiel de moralisateur, beaucoup moins pour défendre la morale que pour vous punir, aux dépens d'autrui, de votre penchant irrésistible à l'immoralité. Vos victimes ont presque toujours reçu les coups sans les rendre, se contentant de vous savoir tourmenté par vos appétits. Votre collègue Jules Romains, dont vous avez fait une des têtes de Turc du Figaro littéraire, vous a riposté, dernièrement, mais à armes courtoises, bien qu'acérées. Le respect inspiré par Mme Mauriac, la sympathie éprouvée pour vos enfants, servaient également à retenir les langues et les plumes, mais il fallait bien que cette comédie finît un jour. Je le regrette, moins pour vous que pour eux. Certes, vous offrez au vain peuple et même au Tout-Paris l'aspect de cette vie exemplaire qui permet les corrections qu'aux autres on veut faire. Ces mots du Misanthrope pourraient être de Tartufe, mais seulement jusqu'à ce qu'il eût été démasqué, Rimbaud nous a décrit le châtiment de Tartufe : c'est que soudain, nous le voyons nu, du haut jusques en bas.

Les nobles vieillards du faubourg Saint-Germain n'ont pas oublié sous quels auspices vous avez fait votre apparition dans le monde. Sous les auspices du marquis d'Argenson, qui se partageaient les virginités littéraires avec le comte de Robert de Montesquiou. Jetons un voile, mon cher maître, sur ces débuts prometteurs. Ils suivaient la publication de vos poèmes, Les mains jointes. Ils prouvaient que, tout en joignant les mains, vous entrouvriez déjà autre chose. Vous avez collaboré ensuite, à une grande revue littéraire de petit format. Ce furent alors des voyages en Italie, avec le directeur de cette revue, fameux par son fond de teint et sa perruque. Il conserve, au-dessus de son lit, un portrait de vos belles années où votre poitrine, dans le décolleté de la chemise, est nue jusqu'au nombril. Appuyé, épaulé, poussé par la droite, vous caressiez en ce temps Charles Maurras et vous vous donniez à votre premier général : le général de Castelnau. Chacun sait que le second est le général de Gaulle, le maréchal Pétain et le lieutenant Heller, de la Propagandastaffel, ayant servi de trait d'union entre les deux. Vous n'avez pas tardé à vous asseoir à l'Académie française, où votre place était tout indiquée. Encore n'avez-vous pu vous empêcher, comme par une force de votre naturel, à conquérir cette place au moyen d'une petite tricherie. Laissant courir le bruit que vous aviez un cancer à la gorge, parce qu'on venait de vous enlever une corde vocale, vous avez été élu en état d'urgence, comme Sixte-Quint fut élu pape. Mais, tel ce maître fourbe brisant ses béquilles, vous avez retrouvé votre vigueur au lendemain de l'élection et vos haines vigoureuses. C'est depuis lors que s'est établi votre règne sur les lettres, opportunément consolidé par vos intrusions dans la politique, soit de droite, soit de gauche, selon les circonstances. En tout cas, et l'on doit vous rendre cet hommage, il est un point sur lequel vous n'avez jamais varié : c'est de vous estimer le porte-parole, en quelque sorte officiel, de la morale et de la religion. Vous avez beau jeu, mon cher Maître, à nous rappeler que vous avez été « toute votre vie dénoncé et poursuivi » par l'abbé Bethléem, qui est mort depuis longtemps. Vous citez un ridicule adversaire et feignez d'oublier que vous en avez rencontré un d'une autre envergure dans ce même camp : Mgr Ducaud-Bourget, chapelain de l'ordre de Malte, qui vous a fustigé de belle manière. Nombreux sont les vrais hommes d'Église qu'indignent vos prétendus romans chrétiens. Ils ne voient en vous qu'un cafard qui rapporte ; mais les cafards rapportent à l'Église mieux que les enfants rapportent aux parents. Quelqu'un m'ayant dit que vous aviez sollicité l'honneur de faire partie de la délégation française au couronnement de Jean XXIII et que ce pape admirable vous avait rayé de la liste, j'ai voulu en avoir le cœur net. Mgr Capovilla, son secrétaire, répondit à l'ami par lequel je l'avais fait interroger : « M. Mauriac sait trop bien ce que pense de lui le Saint-Père et n'a pas eu à figurer sur la liste. » Ainsi n'avez-vous pu vous déployer en chapelle papale comme Claudel au couronnement de Pie XII, où on lui subtilisa son portefeuille. Toutefois, ce n'est pas le moins extraordinaire que d'avoir réussi à vous faire sacrer grand écrivain catholique et convaincu le jury du prix Nobel qu'il était temps de couronner le catholicisme en votre personne. N'est-il pas étrange, mon cher maître, que le catholicisme littéraire soit représenté sous la Coupole par un Rops et par vous ? Vous êtes deux à vous disputer les vies de Jésus et les vies de saints — vous, pour vous reposer de vos « baisers aux lépreux », de vos « nœuds de vipères », de vos « enfants chargés de chaînes », de vos « pharisiennes » et de vos « sagouins » ; lui, pour faire oublier qu'il a choisi comme pseudonyme le nom d'un dessinateur obscène et qu'il a commencé sa carrière par un roman lesbien, dont votre confrère Paulhan possède, dit-on, l'unique exemplaire non détruit. L'école des Tartufes siège quai Conti. On est presque heureux d'y voir élire désormais une espèce nouvelle de gens, qu'on nomme des technocrates. Ce sont les successeurs des grands seigneurs d'autrefois — souriants, inoffensifs et illettrés. Mais, mon cher maître, puisque j'imagine cette auguste assemblée, ne dois-je pas y déplorer un vide que nul technocrate ne comblera ? Le vide laissé par Jean Cocteau. Ce poète, ce prince fut le contraire d'un hypocrite, et c'est pour cela que vous le haïssiez, même si vous ne l'aviez point haï dans votre jeunesse. Où sont-elles, ces lettres d'amour que vous lui aviez écrites et que vendit Maurice Sachs après les lui avoir volées ? Vous lui disiez, dans la plus anodine : « je baise tes lèvres gercées », et ce n'étaient pas celles d'un lépreux. Ces lettres, les uns prétendent qu'elles sont chez un curé de Nice, les autres chez le collectionneur Godoï, en Suisse. Cocteau, quand on lui en parlait, avait l'élégance de déclarer que ce n'avait été qu'une plaisanterie, un badinage, pareil sans doute aux petits vers libertins que Cicéron envoyait à son affranchi, mais l'affranchi n'était pas vous. L'homme à qui vous aviez écrit ces lettres, vous avez eu l'ignominie de le renier, de le vilipender à toute occasion, comme pour abolir et absoudre votre passé — et si ce n'était que le passé !... Vous avez piétiné son cadavre, chaud encore, dans ce journal où vous nous insultez. Avec quelle joie vous proclamez ce prince des princes, ce poète des poètes, « interdit de séjour, malgré les honneurs et les académies, chassé de cet univers rassurant où une femme nous met la main sur le front... où les enfants jusqu'à la fin se presseront autour de nous, couvée que la vie ne disperse pas ! » Il est vrai que vous lui promettiez vos prières, dont il est permis de se demander ce qu'elles peuvent bien valoir. Vous êtes rentré à Paris le lendemain de ses obsèques, que vous n'avez pas voulu rehausser de votre présence. Un autre immortel de la même école brillait par son absence. Il est marié, lui aussi, et père de famille nombreuse, après avoir été le giton d'un avocat et, plus tard, d'un de vos collègues radié par vous tous à la Libération. Le même personnage, pilier du même journal, n'avait pas rougi, à ce moment-là, de voter l'exclusion de cet Abel Hermant qui lui avait la plume à la main et le bicorne sur la tête. Montherlant, en bon gentilhomme, descendant d'un officier du gobelet de Louis XIII Les Jeunes Filles.

On croirait — il aurait le droit, dont il n'use pas, de mettre en pal, dans ses armes, une bouteille de vin cachetée — prétend que votre atrocité vous vient d'être né dans une mercerie. Nous sommes plusieurs d'aussi humble naissance et ne sommes pas devenus, pour si peu, les ennemis du genre humain. Ledit Montherlant donne une autre raison à vos fureurs et à vos hargnes : la jalousie. Méconnaissant l'effort qu'il avait fait d'être le principal souscripteur de votre épée d'académicien, vous l'en avez pourfendu le jour où il a eu des tirages — je ne dis pas « du tirage » avecque vous êtes le seul à pouvoir traiter des sujets hardis, parce que vous leur ménagez une fin édifiante et les saupoudrez de pressants appels à la prière. Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier. Non content d'interdire aux autres de toucher à ces sujets, vous leur interdisez encore de prononcer les mots de religion et de morale. Voyons, mon cher maître, ne saurait-on remarquer, comme vous, dans l'Agneau, que les enfants, les adolescents, ont volontiers « les yeux cernés » ? Est-ce à force de prier « les mains jointes » ? Je ne sais pas. Mais on peut épiloguer sur ce sujet et sur beaucoup d'autres, au nom de la morale laïque ou de la morale païenne, aussi bien que de la morale chrétienne. Les pharisiens n'ont pas le monopole des mains. La religion et la morale sont devenues tellement votre « tarte à la crème » que, dans votre diatribe contre Les Amitiés particulières, vous reprochez à Freud d'avoir sali cette enfance, cette « sainte enfance ». Une lecture plus attentive de ce livre vous fera trouver une citation d'un père de l'Église, nommé saint Augustin : « Est-ce-là cette prétendue innocence des enfants ? Il n'y en a point en eux, Seigneur ; il n'y en a point mon Dieu, et je vous demande pardon, encore aujourd'hui d'avoir été du nombre de ces innocents ». Il est vrai que saint Augustin a écrit ses Confessions et que vous n'écrirez pas les vôtres. Il a su, avant Freud, et avant vous, que les enfants étaient « chargés de chaînes », chaînes où nous voudrions entremêler quelques fleurs. Vous avez été aussi maladroit de vous en prendre aux parents de nos jeunes interprètes, qui viennent tous de familles honorables. Les pères des deux principaux sont agrégés de l'université. Sans doute ont-ils cru, avec moi, et malgré vous, que ce livre et ce film étaient une leçon pour les parents et pour les éducateurs. Tant que j'y suis, je vous renverrai à une autre citation des Amitiés particulières, qui est de saint Pierre Canisius : « Seigneur, ouvrez les yeux aux éducateurs de la jeunesse, afin qu'ils cessent d'être des guides aveugles. » Vous n'êtes pas aveugle, mon cher maître : vos regards en coulisse sont même assez pénétrants. Que dis-je ? Ils sont toujours complices, mais vous les lancez pour mieux trahir ceux avec qui vous les avez échangés. Oh ! vous ne les échangez pas à la sainte table, comme nos collégiens, mais du haut de votre chaire de vérité. Lucien Rebatet m'a conté un trait fort plaisant d'un bon Père — le Père de Trennes de son collège — car, ainsi que vous le savez bien, ce héros de mon livre, que vous qualifiez « d'immonde personnage », existe et existera toujours dans tous les collèges, religieux ou non : mais c'est vous qui l'appelez « immonde » parce que vous affectez de ne pas comprendre et que vous vous croyez bien masqué. Ce personnage, que Michel Bouquet incarne sur l'écran avec une gravité, un tourment, une discrétion, dignes d'émouvoir les moralistes, mais non les moralisateurs, était représenté, dans le collège de Rebatet, par quelqu'un qui devait vous ressembler : il errait à travers le dortoir, se penchait sur un lit, et, brusquement, réveillait le jeune dormeur d'un coup de poing : puis il s'enfuyait dans l'ombre. Il avait vaincu sa passion, mais il l'avait confessée.

Nous sommes sûrs que vous avez vaincu la vôtre, quand l
'Express se servait du sémillant Jean-Jacques Servan-Schreiber pour vous enjôler, ou quand vous peupliez d'Éliacins littéraires les couloirs du Figaro, ou quand les scouts marocains vous convertissaient aux intérêts arabes, ou quand un danseur de l'Opéra Comique vous apportait des clartés nouvelles sur la religion et la morale, en nous avouant, dans un livre naïf, qu'il vous avait « plu ». Saltavit et placuit. Mais mon cher maître, l'aîné de mes deux jeunes protagonistes est, lui, danseur à l'Opéra, bien que son père soit professeur de grec dans une faculté. Embrassons-nous, Folleville, si ce n'est au nom de la morale et de la religion, du moins pour l'amour du grec et même de la danse.

Il m'est revenu, mon cher maître, que votre roman Destins allait passer incessamment à la télévision. Vous y peigniez un certain Bob, très joli garçon, auquel s'intéressent de vilains messieurs, occupés à contempler en lui « leur jeunesse souillée, agonisante ou déjà morte. » J'espère que ce long spectacle sera aussi « édifiant » que les brèves images des Amitiés particulières dont vous vous êtes scandalisé ; et que vous recevrez, au centuple, le « bénéfice de cette publicité immense ».

Votre vertueuse indignation s'étant camouflée sous le couvert du
Journal d'un curé de campagne, il est juste que je vous rappelle les dernières lignes écrites sur vous par Bernanos. Il ne s'agit pas là d'un « bon apôtre », de mon acabit. Vous lui reconnaissez vous-même « l'intelligence des choses d'en haut — et aussi des choses d'en bas ». Cela ne vous empêche pas de le traiter de « pauvre homme de lettres ». Pourquoi ? Parce qu'il vous accabla, dans un article resté fameux. Il vous compare au pianiste d'un lupanar qui joue des bastringues — pardon, des hymnes et des cantiques — pour étouffer « les bruits d'eaux et les soupirs ». C'est sans doute en récompense de ces bons et loyaux services que le pianiste a été fait grand-croix de la Légion d'honneur.

J'ai parlé de ces lettres adressées à Jean Cocteau et conservées dans des mains jalouses. Mais on pourrait publier en fac-similé celle, assez récente, que vous écriviez à l'un de vos plus compromettants admirateurs, après l'une de vos maladies : « ... Les battements de votre jeune coeur m'aident à retrouver le goût de cette vie que j'avais crue perdue. Un jour vous comprendrez que je ne suis qu'un très pauvre homme... » Nous ne nous vous le faisons pas dire, mon cher maître. C'est le pauvre homme de Tartufe au superlatif. Heureusement, que vous avez « une femme qui vous met la main sur le front », et des enfants et petits-enfants qui se « pressent autour de vous ».

J'ai parlé de vos regards, et j'ai parlé de Cicéron. Vos regards, quand ils glissent sur les objets détestables de vos secrets désirs, illustrent cette expression de l'orateur romain : Flagrantia oculurum. Ils sont aussi brûlants que dérobés, et ils sont des flagrants délits. Cicéron désigne de la sorte les lorgnades d'une femme débauchée. Et voilà qui me rappelle fâcheusement quelques vers, attendu que vous occupez le plus haut grade de notre ordre national. Contemporain des Mains jointes et dignes de Bernanos, ils sont d'un poète qui savait, comme lui, chanter vos pareils — Laurent Thaillade :
... Ces dames, ayant braguettes soulagées,
De fastueux chichis pavoisent leur giron ;
Los aux vieilles putains, d'ans et d'honneurs chargées !

Si vous n'étiez chargés que d'honneurs et d'ans ! Mais à l'instar de ces dames, dragons de vertu, vous ameutez contre nous l'escadron des bien-pensants et vous nous menacez de l'enfer !... Y croyez-vous, à l'enfer, mon cher maître, après le télégramme facétieux qu'André Gide vous expédia de l'Au-delà : « L'enfer n'existe pas. Tu peux te dissiper. » Vous vous dissipez un tantinet, mais de sinistre façon. Colette, la grande Colette, me disait qu'à l'une de vos visites, penché à son chevet, cachant votre denture affligeante derrière vos doigts, et frémissant de toutes les cordes vocales qui vous restent vous lui aviez éructé : « Quelle chance vous avez de ne pas croire à l'enfer ! » Elle ajoutait : « Il avait le visage de quelqu'un qui est déjà en train de rôtir. » Je soupçonne l'enfer de n'exister que pour les méchants.
Et vous êtes méchant, d'une méchanceté infatigable, qui s'exerce sur tous les terrains avec une espèce d'inconscience. Je n'ignore pas qu'il faut mettre à votre actif, au moment de la Libération, vos démarches en faveur de Brasillach, démarches que vous avez faites peut-être parce qu'elles étaient sans espoir. Mais comment juger ce que vous avez répondu à l'un des avocats de Laval pour qui vous refusiez d'intervenir : « Après sa mort, tout ce que vous voudrez » ?

Et il y a cinquante ans, mon cher maître, que vous parlez au nom de la religion et de la morale ! Et plus vous vieillissez et plus vous êtes méchant, plus vous parlez au nom de la morale et de la religion. Il vous restait à voler au secours de l'enfance, c'est l'heure de vous remettre à l'esprit la Jeune Poule et le Vieux Renard du chevalier de Florian :
La pire espèce des méchants
Est celle des vieux hypocrites.

La méchanceté suinte de tous vos pores comme des stigmates, au point qu'un de vos collègues raconte de vous : « il est si méchant que, même à l'Académie, quand il ne peut plus nous dire du mal de quelqu'un, il nous en dit de ses propres enfants. » Ce mot venge Cocteau de votre allusion à la pieuse « couvée qui lui a manqué ».
Eh bien ! mon cher maître, je vous ferai boire le calice jusqu'à la lie. Je vous citerai le mot d'un fils, un mot que me répéta ce même Cocteau dont vous avez outragé la mémoire : « Je sens que mon père m'a fait sans plaisir. » C'est probablement le mot le plus affreux qu'un fils ait jamais dit sur son père. Et si ce père était prix Nobel, membre de l'Académie française, grand-croix de la Légion d'honneur, cabot patenté, ce mot vengerait le prix Nobel, l'Académie française, la Légion d'honneur, la religion et la morale.

Veuillez agréer, mon cher Maître, les assurances, etc. »

Bien des gens ont reproché à Roger Peyrefitte sa réponse cinglante. François Mauriac a failli en mourir. Les défenseurs de Mauriac prétendaient que tout ce que disait Peyrefitte dans sa lettre ouverte n'était qu'invention et pure méchanceté. Toutefois, plusieurs années plus tard, l'un des fils de François Mauriac, Jean écrivit qu'il ne croyait pas que son père ait eu des expériences homosexuelles, mais qu'il était sûrement « homosensible ». «Mon père, en vérité, détestait le contact physique. C'est pour cela, d'ailleurs, que je suis très étonné quand j'entends dire qu'il aurait eu des relations amoureuses avec des hommes», a-t-il précisé dans un livre, Le Général et le journaliste. Une récente biographie de la récente biographie de Jean-Luc Barré, François Mauriac, biographie intime, 1885-1940, publiée chez Fayard en mars 2009, 650 pages, fait une large place à l'homosexualité de « l'illustre écrivain catholique » ; il révèle même le nom d'un jeune homme qui aurait été « l'amant » de Mauriac ; Mauriac aurait en effet été amoureux fou de Bernard Barbey, chef de l'état-major particulier du général Guisan pendant la guerre de 1939 à 1945, qui était aussi romancier, lauréat du Grand Prix de l'Académie française et diplomate.

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vendredi 1 mai 2009

Premier mai - jour de l'amour et du bonheur


Quelques brins de muguet et tous mes voeux de bonheur à l'occasion du premier mai.

« Le mois de mai est illustré par la fête du 1er mai, qui était alors la fête de l’amour : la tradition voulait qu'à cette occasion, les princes et seigneurs se rendent dans une forêt voisine pour y couper des rameaux dont on décorait ensuite les maisons et les rues.

Les membres du cortège portent des couronnes et des colliers faits de feuillage; ils sont précédés par des musiciens jouant de la flûte ou de la trompe. »


La ballade ci-dessous a été composée par Charles d'Orléans :

« Le Dieu d'Amour est coutumier,
À ce jour, de fête tenir,
Pour amoureux coeurs fêter
Qui désirent de le servir;
Pour ce fait, les arbres couvrir
De fleurs et les champs de vert gai,
Pour la fête plus embellir,
Ce premier jour du mois de mai »
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mardi 28 avril 2009

Printemps ou été ?

Il y a quelques jours encore, on ne voyait autour de chez moi que quelques pauvres fleurs, les plus braves cependant, les toutes premières à « casser la glace ». Or, ces deux ou trois derniers jours, d'autres sont arrivées. J'ai vu, hier, pour la première fois les premières feuilles apparaître aux branches des arbres.

Après avoir mangé avec une amie, hier midi, nous sommes allés prendre l'air au parc. Il nous a fallu trouver de l'ombre car le soleil frappait fort et il faisait très chaud. Les gens autour de nous, garçons et filles, étaient allongés sur le gazon encore timide pour se faire chauffer au soleil pendant que d'autres, un peu plus loin, jouaient au ballon dans le sable, pieds et torse nus.

J'aime le printemps pour le renouveau qu'il apporte, pour les feuilles aux arbres après un hiver rigoureux, pour les fleurs qui garnissent les jardins urbains, si tristes en hiver. Mais je préfère la fin de l'été et le début l'automne, quand il fait beau le jour et frais la nuit. Au cours de la journée, hier, le mercure aura atteint 30 degrés Celsius ; je n'aime pas spécialement ces grandes chaleurs et, pour moi, c'est trop tôt. Je sais qu'il ne faut pas trop se plaindre car nous trouvons que l'hiver est déjà trop long. Mais passer, du jour au lendemain des journées froides aux journées très chaudes, c'est trop.

Je voulais prendre des images des nouvelles fleurs dans les jardins, des jeunes feuilles dans les arbres, mais j'avais oublié de changer les piles de l'appareil photo. J'essaierai de me reprendre au cours des prochains jours. La pluie d'aujourd'hui aura fait sortir la verdure et quelques fleurs supplémentaires.

Vous avez une saison préférée ? Laquelle ?

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samedi 25 avril 2009

Saint-Marc


Le lion est l'animal associé à cet évangéliste et au prénom Marc. J'aime que cet animal soit l'un de ceux qui me représentent et qui définissent en partie mon caractère. L'agneau que l'on associe habituellement à mon autre prénom équilibre et adoucit certainement mon caractère. À moins que je ne m'identifie plutôt à l'aigle qui représente saint Jean l'évangéliste. Le mot « aigle » me rappelle toujours une phrase d'un film de Luchino Visconti, Violence et passion, phrase qui m'est revenue l'autre jour au parc en voyant des nuées de jeunes affluer vers le parc comme des nuées de fourmis pendant que j'étais seul sur mon banc, de l'autre côté de la rue : dans ce film, une famille turbulente et scandaleuse reprochait à un vieux professeur d'être trop solitaire parce qu'il vivait entouré de ses tableaux, de ses livres, de ses disques et autres collections, qui étaient sa compagnie habituelle ; celui-ci répondit : « Les corbeaux volent en bande ; l'aigle plane seul dans le ciel ». Avec le film Mort à Venise, Violence et passion est certainement l'un de mes films cultes.


À cause du film Mort à Venise, peut-être, et à tout ce que j'ai pu y associer par la suite, la basilique de Saint-Marc est sans doute l'un des lieux qui me viennent spontanément à l'esprit lorsque je pense au prénom Marc.


Le compositeur britannique Benjamin Britten a écrit un opéra intitulé Death in Venice. Il y a plusieurs années, j'avais assisté-participé à une adaptation théâtrale de cette même nouvelle de Thomas Mann ; cette pièce était magique car tous les spectateurs étaient des clients de l'Hôtel des Bains : assis à des tables sur la terrasse, ils étaient au cœur de l'action, témoins privilégiés du drame qui s'y déroulait.

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vendredi 24 avril 2009

Saint-Fidèle

Fidèle de Sigmaringen, de son vrai nom Marc Roy, est né en 1622 à Sigmaringen en Souabe, en Allemagne. Il fut avocat à Colmar avant de devenir à Fribourg-en-Brisgau. Il a été mis à mort par un petit groupe de protestants fanatiques aux Grisons en Suisse. On le fête le 24 avril.

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jeudi 23 avril 2009

Les livres

L'image vient d'ici.

Ce 23 avril, c'était aussi la Journée internationale du livre et du droit d'auteur. Normalement, chaque année, dans les librairies par exemple, on organise des activités autour du livre. Je n'ai pas su ce que l'on organisait dans les librairies de Montréal, mais je sais, grâce à mon ami Poeri, que dans une librairie d'Aix-en-Provence on donnait des roses à ceux qui achetaient des livres.

Les livres ont tenu une telle place dans ma vie que je leur dois de souligner cette fête aujourd'hui. Par hasard, je suis tombé sur un article qui disait qu'au Japon le livre électronique est très répandu, que les Japonais n'hésitent pas à télécommander des livres qu'ils peuvent lire sur leur téléphone portable, par exemple, que ce soit dans les transports en communs, à l'heure des repas, etc. Et, apparemment, le livre électronique ne nuit pas à la vente du livre sur papier, car les Japonais n'hésitent pas à acheter sur papier les livres qu'ils ont découverts en format électronique.


Je ne ferai pas ici une longue histoire au sujet de ma relation avec les livres. Je dirai seulement qu'ils ont été, à partir d'un certain âge, mes amis les plus sûrs. J'avais lu quelques livres auparavant, mais le livre qui, tout en mettant des mots sur ce que je vivais alors, a transformé ma vie en me révélant tout un univers que j'ai eu envie de découvrir, c'est, je l'ai dit déjà, Les amitiés particulières.

Alexander, qui a aussi lu et aimé ce roman, me faisait remarquer que c'était, hier et aujourd'hui la fête des deux personnages principaux, Georges et Alexandre. Et puisque le héros principal, Georges de Sarre, fut toute sa vie fidèle à Alexandre, son amour d'adolescence, c'est une bonne coïncidence que le 24 avril soit la Saint-Fidèle. Et, pour ne pas s'arrêter là, j'ajouterai que le calendrier permet de m'associer à Alexandre, en passant par Georges et Fidèle, puisque c'est, le 25 avril, la Saint-Marc, ma fête.

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Saint-Georges


L'image vient d'ici, où l'on trouvera « la vie et la passion Saint et glorieux Grand-Martyr Georges ».

Le 23 avril, on célèbre la Saint-Georges, en l'honneur de Georges de Lydda, martyr chrétien, décapité en vertu des édits de Dioclétien qui faisait la chasse aux chrétiens. On raconte que Georges, de passage dans une ville qui pourrait être Beyrouth, sauva une princesse victime d'un dragon qui terrorsait la ville et exigeait des victimes animales et humaines. Après un combat acharné avec le monstre, Georges triompha du dragon et libéra la princesse (on aurait souhaité que, de nos jours, il fut aussi simple de libérer nos princesses des monstres dont elles furent victimes). On dit aussi que le dragon, qui n'avait été que blessé par Georges, lui resta attaché comme un chien fidèle.



Il est vénéré dans de très nombreux endroits dans le monde, notamment en Israël, en Russie, en Bulgarie, en Géorgie, en Éthiopie, en Italie (Gênes et Venise), à Barcelone et en Catalogne. Il est aussi très vénéré en Angleterre dont il est le saint patron ; la croix de saint Georges orne le drapeau anglais.

Cette reproduction d'un tableau de Raphaël vient ici.

Bonne fête à tous les Georges, à tous les Anglais et à tous les autres dont saint Georges est le patron.

Saint Alexandre, saint Georges, ces noms, ces fêtes qui se suivent en avril, ça me rappelle quelque chose, mais... je vous en parlerai un autre jour.

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mercredi 22 avril 2009

Joyeux anniversaire, Alexander

Le 22 avril, c'est aussi l'anniversaire de notre ami Alexander, l'adorable Alexander, le bouledogue anglais qui séduit vraiment tout le monde et qui obtient, lorsqu'il sort avec ses amies, qu'on leur serve le champagne.

Il aura été le premier, au cours de la nuit et de la journée, à recevoir des cadeaux qu'il sait apprécier. Pour son maître et ami, c'est lui le véritable cadeau.

Pour souligner l'événement, il aura mis l'un des beaux noeuds papillon de son maître. Et qu'importe si le noeud de soie traîne un peu dans le gâteau au fromage et à la noix de coco (son préféré) que lui a préparé la voisine et amie ! C'est la fête et ce qui compte, c'est d'être heureux.

Cette photo* ne représente pas le véritable Alexander. Mais celui-ci, quand on lui demande « Give me five », est tout heureux de faire le geste approprié, comme celui de la photo. Allez, Alexander, tope là !

* Je ne retrouve plus la source de cette image.

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Saint-Alexandre


« À la Saint Alexandre, finie les cendres »

Le 22 avril, c'est la Saint-Alexandre, fête chrétienne en l'honneur d'un médecin à Lyon, originaire d'Asie mineure, qui fut crucifié en 177 pur avoir enc9ouragé les chrétiens.

Contrairement à l'Europe, il n'est pas très fréquent, en Amérique du Nord, de célébrer la fête de son saint patron ; ces fêtes passent pratiquement inaperçues ici. Alors que certains de mes amis, en France par exemple, célèbrent plus volontiers leur fête que leur anniversaire de naissance.

C'est le cas aussi en Angleterre. J'en profite pour souhaiter à Alexander une très joyeuse fête et lui offrir mes voeux les plus chaleureux.

Le prénom Alexandre est, lui, d'origine grecque et macédonienne. On trouve différentes variantes linguistiques :
* Alexander en anglais, danois, hongrois, néerlandais, polonais, slovène, suédois, etc.
* Alejandro en espagnol
* Alessandro (diminutif : Sandro) en italien
* Iskander/Iskender en turc
* Iskandar en arabe
* Aleksandar en croate
* Aleksandras en lituanien.

Le plus célèbre d'entre eux est sans aucun doute Alexandre le Grand. Le plus beau et le plus adorable, et cependant très discret, c'est celui que j'aime. Non, non, n'insistez pas : je ne publierai pas de photo.

Il y a, dans ma région natale, quelques villages qui portent le nom de Saint-Alexandre. Cette région est réputée pour ses couchers de soleil ; j'ai trouvé quelques belles photos à Saint-Alexandre-des-lacs et à Saint-Alexandre-de-Kamouraska.

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mardi 21 avril 2009

Un début de printemps...

Ces pauvres petites fleurs, aperçues il y a deux ou trois jours dans le jardinet d'une maison voisine, permettent de croire qu'il y aura bientôt un printemps à Montréal. Ce sont les premières que j'aie vues en 2009 ; hier, j'ai vu quelques jonquilles, un peu plus loin (il faudra me croire sur parole, car j'avais oublié mon appareil photo à la maison).

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dimanche 12 avril 2009

Joyeuses Pâques


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samedi 11 avril 2009

67 vies fauchées


Pour construire la nouvelle salle de concert de l'Orchestre symphonique de Montréal, la Ville de Montréal abat, dans un charmant petit parc pas très loin de chez moi, 67 pommetiers aux fleurs roses, âgés de 45 ans.



67 vies fauchées, sans état d'âme !

On en replantera d'autres, mais tout de même : c'est choquant de voir disparaître d'un coup, en quelques minutes, 67 beaux arbres adultes* et sains.

J'écris bien « arbres adultes » et non « arbres matures », comme on le voit et on l'entend trop souvent. Le mot « mature », en français, se dit d'un saumon en âge de frayer. Je veux bien croire que des arbres de 45 ans ont pu avoir l'occasion de se reproduire déjà, mais je considère comme immatures tous les individus qui utilisent cet adjectif pour qualifier un arbre. C'est surtout au Québec qu'on entend l'adjectif « mature » employé autant pour qualifier un arbre, une personne ou un animal. Je ne m'y résigne pas : ça m'écorche les oreilles à chaque fois.

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vendredi 10 avril 2009

Jane Birkin



Y a-t-il encore quelqu'un sur terre qui n'ait jamais entendu cette chanson ? Depuis sa sortie, en 1969, elle a fait le tour du monde de très nombreuses fois. Composée par Serge Gainsbourg, qui l'interprète ici avec elle, c'est la chanson qui a fait connaître Jane Birkin et c'est sans doute la plus connue de toutes les chansons qu'elle a interprétées. Depuis 1969, Jane Birkin a enregistré vingt disques (le plus récent, « Enfants d'hiver », est sorti en 2008) et elle a fait bien d'autres choses au cinéma, à la télévision, au théâtre…

Je voulais depuis un moment déjà parler de Jane Birkin et je suis heureux de pouvoir aujourd’hui même exprimer mon affection pour la chanteuse, pour la comédienne, pour la femme et pour la citoyenne Jane Birkin qui prend position et qui s’engage dans des luttes pour la défense des droits. Si je sais que Jane Birkin participera à une émission de télévision, j'essaie de la regarder

Je ne peux pas dire que j’aie suivi fidèlement la carrière de Jane Birkin. Je ne connais pas non plus très bien toutes ses chansons, pour la simple raison que, depuis plusieurs années, je n’ai pas écouté beaucoup de chansons, sauf celles qu’il m’arrive d’entendre lorsque je circule dans des endroits publics, puis quelques autres en vidéo sur Internet, par exemple. Celui que j’aime, lui, les connait toutes et je crois qu’il a tous ses disques.


En consultant son abondante filmographie, je m'aperçois que Jane Birkin a joué dans plusieurs films que j'ai vus il y a plusieurs années (Blow-Up, Les Chemins de Katmandou, Le Mouton enragé, L'Ami de Vincent, Le Neveu de Beethoven, La Belle Noiseuse, On connaît la chanson, ...). Mais c'est vraiment Daddy nostalgie, un film de Bertrand Tavernier de 1990, qui me revient le mieux à la mémoire. Elle y incarne le rôle d’une jeune scénariste d’origine irlandaise vivant en France, qui vient rendre visite à ses parents dans le sud de la France et qui retrouve avec plaisir son père, incarné par Dirk Bogarde, trop souvent absent dans l’enfance et la jeunesse de la jeune femme. J’aime Jane Birkin et j’ai toujours aimé aussi le comédien Dirk Bogarde qui, durant les dernières années de sa vie s’était installé en France où il était devenu écrivain.

Fille de David Birkin, commandant de la Royal Navy, et de l'actrice Judy Campbell (Gamble est son nom véritable), Jane Birkin est établie en France depuis la fin des années 1960. En digne descendante de Charles II, roi d’Angleterre et d’Écosse, décorée Officier de l'Empire britannique par la reine Élizabeth II en 2001, Jane Birkin ne renie pas ses origines ni sa culture. Sa fidèle amie Dora est un bouledogue anglais à qui le compagnon d’Alexander a eu l’occasion de prêter sa balle lorsqu’ils jouaient ensemble à Hyde Park.


Il y a quelques semaines, une amie m’avait annoncé que Jane Birkin donnerait un concert à Londres. J’ai fait une recherche rapide sur Internet et j’avais trouvé la date du concert et le nom de la salle. En pensant qu’Alexander pourrait assister à son concert, j’avais voulu lui faire une surprise en essayant d’organiser une rencontre entre la chanteuse et lui ; j’ai écrit à Jane Birkin. Le lendemain, Jane Birkin écrivait un très gentil message à Alexander et l’invitait à venir la voir dans sa loge après le concert.

Je me suis rendu compte ensuite que Jane Birkin devait donner un concert à Montréal ce vendredi 10 avril. Je m’étais promis d’y aller ; ce serait une excellente façon de souligner un anniversaire important et quelques heureuses coïncidences. Malheureusement, j’ai appris la semaine dernière que le concert de Montréal était reporté à plus tard, en juin, je crois ; je surveillerai et je m’organiserai sûrement pour y aller. En avril ou en juin, il y aura toujours à célébrer. Quand on aime, chaque jour est une fête.


Ajout : En fait, c'est le 7 août prochain que Jane Birkin donnera son prochain concert à Montréal.

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jeudi 9 avril 2009

Savez-vous nager ?

Il y a quelques semaines, le prince Charles, futur roi d'Angleterre et du Royaume-Uni, déclarait que les effets des changements climatiques étaient plus inquiétants que les effets de la crise économique actuelle. Je suis tout à fait d'accord avec lui sur ce point. La crise économique finira bien par se résorber un jour ou l'autre, alors que les effets des changements climatiques seront irréversibles. Tant que les gens ne seront pas directement touchés par les effets des changements climatiques, comme ils le sont par la crise économique, ils ne verront pas l'urgence d'agir.

La photo de Londres sous vingt pieds d'eau est assez éloquente. Selon l'Agence pour l'environnement du gouvernement britannique, les risques qu'une telle inondation survienne au cours des prochaines années ou des prochaines décennies sont assez minimes. Il n'en reste pas moins que, même s'ils n'étaient pas si importants, les risques existent, à Londres et ailleurs.

Cette image est tirée d'un film de Tony Mitchell, The Flood, basé sur une nouvelle de Richard Doyle, sorti en 2007. Je crois que le film a été diffusé par la BBC. Il est disponible en DVD. On peut en voir des extraits ici et ici.

Sur cette photo que m'a envoyée Alexander hier soir, sa maison n'est pas complètement submergée. Mais s'il devait sortir de chez lui dans ces conditions, il lui faudrait emprunter une embarcation quelconque. Je lui ai proposé d'aller l'aider car, même dans une embarcation, on n'est jamais à l'abri du danger ; j'ai donc décidé de prendre très bientôt des cours de natation. Il faudra toutefois qu'Alexander soit patient car je suis déterminé mais pas très doué.

Personnellement, je préfère regarder Londres sur ces images-ci plutôt que sur la première.

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lundi 6 avril 2009

Arrabiata


Je ne suis pas particulièrement amateur de cuisine fortement épicée, qu'elle soit chinoise, mexicaine, thaïlandaise... Quand je vais manger au restaurant, je n'y vais pas forcément en compagnie d'un pompier ; je ne m'attends donc pas à avoir la bouche en feu. Il m'arrive cependant, sans nécessairement rechercher les plats les plus épicés, de manger des plats qui réchauffent ; au restaurant chinois près de chez moi, par exemple (ce sont des Chinois francophones, venus de Paris où les parents s'étaient établis il y a longtemps), j'aime commander une soupe fortement aromatisée au basilic et assaisonnée au gingembre et à je ne sais quelle autre épice. C'est une excellente soupe à commander l'hiver ou l'automne quand il fait froid ; en quelques minutes, elle nous fait transpirer. Je ne la choisis pas nécessairement pour son caractère fortement épicé mais pour le goût de basilic et de gingembre.

Puisque le printemps est dans l'air, j'ai décidé ces jours-ci de stimuler mon organisme avec des jus de légumes que l'on ne boit pas forcément tous les jours, en ajoutant aux légumes divers assaisonnements toniques.

Pauvre en glucides et malgré son goût sucré, la betterave apporte peu de calories ; elle contient, comme la carotte, surtout du potassium et, en quantité moindre, du magnésium ; la carotte fournit en plus la carotène dont nous avons besoin en anti-oxydants. J'ai donc mis dans mon mélangeur trois ou quatre betteraves de grosseur moyenne, une carotte, une pomme, une poire, trois gousses d'ail, une racine de gingembre, un peu d'huile d'olive, un peu d'eau afin d'obtenir un jus que je pourrais boire ; à la toute fin, j'ai voulu ajouter du poivre de cayenne qui, avec la betterave, le gingembre et l'ail, ferait réchauffer le sang et favoriser la circulation tout en éliminant le cholestérol. J'avais acheté le jour même un flacon de poivre de cayenne, que je n'avais pas encore eu le temps d'utiliser. Au moment d'ajouter le poivre de cayenne, le bouchon est tombé et avec lui quelques cuillérées de poivre ; comme tout cela est tombé dans le jus, il n'était pas question de retirer la poudre de cayenne (ça m'apprendra à mesurer les quantités dans des contenants vides avant de les ajouter à mes préparations).

Je savais bien que ce serait pour le moins épicé mais je n'avais pas envie de jeter mon jus de légumes que je m'étais donné tant de mal à préparer. Prenant mon courage d'une main et un morceau de fromage de l'autre, j'ai pris rapidement quelques gorgées de jus épicé, en prenant soin d'éteindre le feu avec une bouchée de fromage (il faut éviter de boire de l'eau quand une épice nous brûle la bouche ; l'eau ne fait que répandre plus encore l'épice dans la bouche).

En comparaison avec mon jus de légumes tonique, les pâtes all'arrabiata (« à l'enragée »), fortement assaisonnée de chili ou de pili-pili, sont comme un dessert à la crème.

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dimanche 5 avril 2009

Pierre blanche - 5 avril

Franz Pforr, Saint-Georges et le dragon

S'il est une date parmi les autres qu'il convient de marquer d'une pierre blanche, c'est bien celle du 5 avril, et cela pour plusieurs raisons. La plus immédiate et la plus importante à mes yeux, c'est celle de l'anniversaire de naissance de quelqu'un que j'aime par-dessous tout et à qui j'ai offert en privé tous mes meilleurs voeux. Depuis plus de 51 semaines et quelques jours, j'attendais ce jour, en y pensant toujours, en rendant grâce pour ce cadeau du ciel.


Il est un autre anniversaire à souligner, le 5 avril ; c'est celui de la naissance d'un peintre allemand dont j'ai déjà parlé à quelques reprises dans ces pages, Franz Pforr, peintre dont j'ignorais l'existence il y a quelques années encore, que j'ai découvert en lisant l'un des romans de Dominique Fernandez, au titre évocateur et prémonitoire, L'Amour. Ce que je ne savais pas, alors, c'est que, plusieurs années plus tard, ce peintre disparu en 1812 jouerait un rôle si important dans ma vie, déterminant. Je lui en serai toujours reconnaissant et je le considèrerai toujours comme l'un de nos anges tutélaires.

Portrait de Franz Pforr, par
son ami Johann Friedrich Overbeck

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Pierre blanche

Ce samedi 4 avril est un autre jour à marquer d'une pierre blanche. J'attendais depuis si longtemps ce jour, sans savoir quand il viendrait exactement. Longuement attendu, il est cependant arrivé sans prévenir. Je savais qu'il viendrait sans le demander explicitement...

M'inspirant du caractère de mon amoureux qui ne se plaint jamais, qui voit toujours le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide, qui sait rendre grâce de tout ce qu'il a plutôt que de regretter ce qui lui manque, je veux donc rendre grâce pour cette joie immense, pour ce moment intense survenu en début de soirée, samedi, et dont le retentissement se fait encore sentir, plusieurs heures après. Merci !

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