mardi 17 octobre 2017

Deux dirigeants indépendantistes catalans en prison

L'Espagne s'enfonce dans la répression et l'emprisonnement de dirigeants politiques.
Les chefs des deux plus importantes associations indépendantistes catalanes, Jordi Cuixart et Jordi Sanchez, ont été inculpés de sédition et emprisonnés.
Est-ce la façon du gouvernement de droite Mariano Rajoy de négocier avec la Catalogne ? C'est un « dialogue », répétons-le puisque le gouvernement conservateur de Madrid se répète dans sa répression, digne des modèles Francesco Franco et Augusto Pinochet.

lundi 9 octobre 2017

Couleurs d'automne


Bien que, selon le calendrier, l'automne soit vraiment arrivé, à Montréal, on ne l'a pas vraiment senti encore. Les températures assez élevées ont fait en sorte que la végétation n'a pas vraiment perdu sa fraîcheur. Les arbres avaient, du moins jusqu'à aujourd'hui, conservé leurs feuilles ; mais ce lundi, la pluie a dû en secouer plusieurs, à qui les vents ont soufflé à l'oreille ce qui les attend.

18 novembre 2016

Si je vous parle de l'automne, ce n'est pas que je sois déjà dans cette ambiance : je n'ai pas eu le temps de m'y préparer et la météo ne m'a pas encore rappelé que je ferais bien de commencer à faire des provisions pour l'hiver, de rêver au coin du feu (si l'on a la chance d'en avoir un), ou bien de se plonger dans un bon livre sous le faisceau de l'abat-jour, la théière à portée de main...

 18 novembre 2016

Mais, sur son blogue, Dr CaSo a invité ses lecteurs et lectrices à participer à la « photo de truc » ; et le thème choisi est en rapport avec l'automne. Sans trop chercher, et puisque l'automne n'était pas encore au rendez-vous, j'ai vite choisi d'envoyer une photo de Rupert, prise au parc Jeanne-Mance, le jour de son premier anniversaire. J'ai déjà publié cette photo, l'automne dernier, mais il me semblait que, parmi les centaines de photos de Rupert que j'ai réussi à capter, elle illustre mieux l'automne, d'autant plus que Rupert est né un 20 octobre (il aura deux ans bientôt).

20 octobre 2016

J'aurai probablement l'occasion de vous reparler bientôt de Rupert et, si j'ai le temps de rêver un peu, j'aimerais aussi évoquer l'automne, qui restera toujours, je crois, ma saison préférée.

lundi 2 octobre 2017

Démocratie selon l'Espagne


Cette femme catalane voulait exercer son droit de vote !


Caricature, journal Le Devoir, Montréal, 2 octobre 2017

Mais le chef du gouvernement conservateur espagnol, Mariano Rajoy, disciple des dictateurs Franco (Espagne) et Pinochet (Chili) a voulu, avec une rare violence, l'en empêcher.

Honte au gouvernement espagnol !
Honte aux gouvernements dits démocratiques qui refusent de dénoncer la violence du pouvoir espagnol et le refus de laisser les Catalans voter démocratiquement !

Vive la Catalogne... libre !


dimanche 1 octobre 2017

Jo sóc Català (je suis Catalan)

Le Québécois que je suis ne pouvait pas rester indifférent à ce qui se passe en Catalogne. Comme un très grand nombre de mes concitoyens, je surveillais ces derniers jours, ces dernières heures, les nouvelles en provenance de Barcelone, de la Catalogne.

Le gouvernement espagnol a tout fait, ces dernières semaines, et tout particulièrement ces derniers jours, pour empêcher les Catalans de se prononcer démocratiquement sur le statut politique de la Catalogne. Quel bel exemple de démocratie donne l'Espagne ! Et quel bel exemple donnent les pays européens, de même que le gouvernement du Québec et celui du Canada, qui refusent de condamner la brutalité avec laquelle le gouvernement espagnol a tenté d'empêcher les Catalans de voter démocratiquement ! Près de 850 personnes ont été blessées par les actes de brutalité des forces de polices espagnoles dignes des plus beaux jours de la dictature de Franco.

Et pourtant, selon le président catalan Carles Puigdemont, plus de deux millions de personnes - sur les 7,5 millions de Catalans - ont trouvé le moyen d'aller voter, malgré la brutalité des forces de police espagnole.

Toujours selon le président Carles Puigdemont, 42,3 % des Catalans sont allés voter, ce qu'il considère un taux tout à fait acceptable, puisque tel avait été le pourcentage de la participation pour l'adoption de la constitution européenne.


Nouvelle réjouissante pour le Québécois que je suis : 90 % des Catalans qui ont voté se sont prononcés à 90 % pour que la Catalogne devienne un « État indépendant sous forme de République ».

Nouvelle affligeante : la brutalité avec laquelle le gouvernement espagnol a tenté d'empêcher les Catalans de voter. Honte à l'Espagne ! Honte à tous les les pays qui se disent démocratiques et qui refusent pourtant de dénoncer la brutalité du gouvernement espagnol.

Un regret : quel dommage que les Québécois n'aient pas la dignité et fierté des Catalans !

Aujourd'hui, plus que jamais, je peux dire : Jo sóc Català

dimanche 24 septembre 2017

Les mots pour le dire

Il fut un temps où je lisais assez régulièrement des livres de psychologie. Durant quelques années, les livres de Françoise Dolto, entre autres n'étaient jamais très loin de ma table de travail. Parmi les idées que j'ai retenues de ces lectures, c'est que « tout est langage », que les mots ont le pouvoir, sinon de guérir. du moins de mettre du baume sur des plaies qui, autrement, resteraient vives... Puisqu'elle était psychanalyste pour enfants, elle disait notamment qu'il faut expliquer aux enfants, et même aux bébés naissants, les problèmes, les drames, dont ils sont victimes ou témoins. Je crois aussi que les bébés, même s'ils ne comprennent pas encore les mots précis, comprennent le sens de ce que leur mère, leur père, ou quelqu'autre adulte significatif de leur entourage veut leur communiquer.

Il m'est arrivé plusieurs fois d'essayer de faire comprendre à Rupert quelque chose qu'il n'est pas si facile d'expliquer à un chien. Je ne me souviens plus exactement de situations très précises où j'ai eu à le faire, mais ce soir, j'ai eu l'occasion d'en vivre une nouvelle.

Rupert est malade depuis à peu près vingt-quatre heures. La nuit dernière (de samedi à dimanche), il est venu me réveiller quatre fois parce qu'il avait un urgent besoin de sortir. Je ne sais pas s'il existe de nombreux chiens comme lui mais, lorsqu'il doit me réveiller la nuit, Rupert est assez adorable. Il dort dans le salon, et ma chambre est à l'autre bout de l'appartement ; entre les deux, il y a la cuisine et un couloir...

Je l'entends parfois marcher dans l'appartement, soit parce qu'il a soif et qu'il va boire à la cuisine, soit que son lit est trop chaud et qu'il cherche un coin de fraîcheur pour y dormir un moment. J'ai l'impression aussi qu'il lui arrive de venir voir dans ma chambre pour vérifier si je suis bien là et, parfois, pour dormir plus près de moi, à l'entrée de la chambre où il dort un moment sur un petit lit qu'une voisine lui a confectionné. Habituellement, tout cela se fait sans bruit, même si je l'entends car j'ai le sommeil assez léger.

Or, la nuit dernière, comme il lui est arrivé déjà à quelques reprises, il est venu plusieurs fois dans ma chambre et, comme je faisais semblant de dormir, il repartait dormir au salon ou dans l'entrée, au bas de l'escalier. Puis, après avoir dormi un moment, je ne sais combien de temps, il revenait ; je n'avais pas regardé l'heure et je m'étais moi-même rendormi. Puis, à un moment donné, il émettait un très petit son, à peine audible, mais je savais qu'il avait enfin décidé qu'il devait me réveiller, le plus doucement possible. Je le regardais et lui demandais ce qui n'allait pas (il m'est arrivé à quelques reprises auparavant de lui dire qu'il était temps de dormir ; il repartait et quelques secondes plus tard je l'entendais ronfler). Pour l'aider à mieux se faire comprendre, je lui suggère des réponses possibles ; la nuit dernière, par exemple, je lui ai demandé s'il voulait aller dehors. Sa réponse était évidente : avec un petit air coupable de devoir me réveiller, il se retournait et se dirigeait vers la sortie : je savais alors que c'était urgent, car il avait longtemps repoussé le moment de me réveiller. Je me suis habillé en vitesse et je suis sorti avec lui. Ce petit jeu s'est répété à plusieurs reprises au cours de la nuit... et d'une bonne partie de la journée.

J'aurais voulu passer à la clinique vétérinaire pour lui prendre de la nourriture humide spécialement adaptée aux problèmes gastriques, mais il faisait une chaleur d'enfer ; puis, en vérifiant sur Internet, je me suis rendu compte que les deux ou trois cliniques les plus près étaient fermées (alors que l'une d'entre elles reste habituellement ouverte le dimanche).

Il n'avait absolument rien mangé de la journée et, plus inquiétant encore, surtout avec cette chaleur infernale, il n'avait pratiquement pas bu. En fin d'après-midi, comme il dormait près de la porte d'entrée, je suis allé lui porter un grand bol d'eau fraîche ; à mon grand soulagement, il s'est réveillé et il a bu. Puis il est venu me rejoindre à la cuisine. J'avais fait cuire du riz : je lui en ai servi une bonne portion, parsemée de quelques flocons de thon en boîte, bien rincé pour en enlever le sel. Il a mangé.

Normalement, après chaque repas, deux fois par jour, je lui donne deux ou trois petites gâteries différentes : foie de veau, de boeuf ou poisson déshydraté, petits biscuits aux herbes pour rafraîchir l'haleine, etc. Or, comme il était malade, je ne voulais pas lui donner quoi que ce soit qui irriterait davantage son intestin. Alors, je lui ai expliqué, comme des parents intelligents le feraient à leur enfant digne de leurs gènes, que, puisqu'il était malade, je ne pouvais pas lui donner de gâteries qui risquaient de le rendre plus malade encore, mais que si tout allait bien, je lui en donnerais « demain ». La tête inclinée d'un côté, il me regardait dans le yeux comme si je lui racontais quelque chose de vraiment intéressant. Il a semblé comprendre ou, du moins, me faire confiance ; il n'a pas insisté. Je lui ai proposé d'aller dehors, et il a joyeusement accepté l'invitation.

jeudi 31 août 2017

Il y a 20 ans, lady Di...

... disparaissait dans un accident de voiture à Paris.

Je n'oublierai jamais ce jour-là, et ceux qui suivirent.

Je n'oublierai jamais non plus à quel point Alexander l'aimait.

Je lui avais rendu hommage le 31 août 2008, et, plus brièvement, à quelques reprises par la suite.

samedi 26 août 2017

Journée du chien

Même si c'est, pratiquement, chaque jour sa fête, Rupert ne comprendrait pas que je ne souligne pas, en ce 26 août, cette journée du chien.
Je n'ai pas besoin de redire quelle place Rupert tient dans mon cœur, dans mon espace, dans ma vie. Il est pour moi un merveilleux compagnon, mais il est aussi l'ami de presque tout le monde dans notre rue, dans le quartier, jusque sur le campus de l'université McGill.
Je dis « presque tout le monde », car, où que l'on aille, il y a toujours un certain nombre d'imbéciles qui, dès qu'ils voient un chien, d'aussi loin qu'ils peuvent, traversent la rue ou marchent dans la rue jusqu'à ce que le chien soit dépassé et reviennent ensuite sur le trottoir.
Mais il y a des mères, des parents intelligents et soucieux de bien éduquer leurs enfants, qui font des détours avec leur bébé, leurs enfants, pour venir voir Rupert et permettre aux tout-petits d'approcher un chien qui est, parfois ou la plupart du temps, plus gros qu'eux et cependant tout doux et tendre avec eux. C'est tout au moins le cas de Rupert : il ne reste jamais indifférent lorsqu'il entend ou voit venir un bébé ou un enfant.
Aujourd'hui, sur le campus de l'université McGill, il a joué abondamment avec une famille composée des parents et de plusieurs enfants venus de Chicago pour accompagner l'une des adolescentes qui commence sa première année d'études universitaires à McGill. Ils avaient avec eux leur Golden retriever de dix ans qui explorait le campus à sa façon. Étonnamment pour une famille de Chicago, à l'exception du père moins à l'aise, ils parlaient tous un excellent français.

Dans un registre moins heureux, la Ville de Montréal, à la façon du maire Denis Coderre qui a souvent l'air, l'attitude, le discours et le comportement d'un chien enragé, s'apprête à faire euthanasier ou à « expatrier » plus de cinq cents (500 !!!) chiens que l'on prétend de la race des pittbulls parce que leurs propriétaires, pour une raison ou pour une autre que la Ville refuse même de préciser à chacun des propriétaires de ces chiens, n'ont pas réussi à obtenir le permis spécial requis par la municipalité pour garder ce type de chien. N'ayons pas peur des mots : en ce qui concerne les chiens, notre maire et son administration sont carrément racistes !

jeudi 3 août 2017

Rupert Brooke aurait...

... 130 ans aujourd'hui, 3 août 2017.

 
Rupert (à droite), 11 ans, et son frère Alfred, 8 ans

Rupert Brooke est né le 3 août 1887, dans la ville de Rugby (d'où viendrait le sport qui porte ce nom), dans le Warwickshire, en Angleterre. Son père, William, était maître d'école à la Rugby School, l'une des plus prestigieuses « public schools » d'Angleterre où Rupert fit la plus grande partie de ses études. Rappelons que, paradoxalement, en Angleterre, les « public schools » sont des institutions privées où l'élite se doit d'envoyer ses rejetons. L'éducation à la Rugby School prépare les jeunes esprits pour l'entrée dans les plus grandes universités (Oxford, Cambridge, ...), et met aussi beaucoup l'accent sur la pratique des sports.  Parmi les écrivains originaires de la ville de Rugby, citons Lewis Carroll (1832-1898) et Salman Rushdie (1947-)






Grâce à une bourse d'études, il poursuivit  ses études au King's College de Cambridge. Pendant ses études, il se joignit à des groupe d'écrivains, de poètes, d'amateurs de théâtre... Il vécut dans une maison qu'il a rendue célèbre par sa poésie, Old Vicarage, à Grandchester, où il fait toujours bon aller prendre le thé l'après-midi (« And is there honey still for tea ? » - Rupert Brooke).


Bien qu'il ait souvent dit et écrit que son adresse permanente serait toujours à Cambridge, c'est dans la mer Égée qu'il est décédé, le 23 avril 1915, jour de la Saint-Georges, fête nationale de l'Angleterre, à la suite d'une septicémie causée par l'infection d'une piqûre de moustique. Membre de la Royal Navy, il s'était embarqué pour une expédition militaire, mais il mourut à 27 ans (comme Alexander), deux jours avant le débarquement des Dardanelles. Puisqu'il est mort sur un navire-hôpital (français) sur lequel il avait été transféré, son corps aurait dû être jeté à la mer mais, grâce à l'intervention de Churchill à qui il avait été présenté, et bien qu'il ait si bien écrit son amour pour son pays et pour le Cambridshire en particulier, sa dépouille repose plutôt sur l'île de Skyros (ou Scyros), en Grèce.

lundi 26 juin 2017

Campus McGill

À l'occasion du 375e anniversaire de Montréal, le Musée des beaux-arts de Montréal a organisé, avec l'université McGill, une exposition de sculptures sur le campus de l'université, le long de la rue Sherbrooke.

Quand il a découvert cette série de personnages, Rupert a été fasciné et s'est très longuement amusé à aller voir chacun d'eux, à en faire le tour, à courir de l'un à l'autre, à les regarder dans les yeux, comme s'il s'agissait de vraies personnes (ce sont sans doute des moines, tibétains ou autres - je n'ai pas trouvé de plaque indiquant le nom de l'artiste, le titre de l'oeuvre, ...)

dimanche 11 juin 2017

Rule Britania*

Quand il a su que j'étais d'abord et surtout « Québécois », et non pas « Canadien » (sinon par la force politique, surtout pas de cœur ni d'esprit), Alexander a immédiatement posé sur son sac à doc le drapeau du Québec. De même que, peu de temps après notre première conversation, il est allé jouer au polo dans le comté de sa grande famille ; pour cette occasion, il avait accroché à la bride de son cheval un ruban bleu et un ruban blanc, « les couleurs de [son] cœur ».

Si je n'avais pas connu Alexander et son amour pour son chien, je n'aurais fort probablement pas de chien, pas de bulldog. Puisque Rupert est un bulldog anglais (et que je suis parfois agacé d'entendre les gens dire n'importe quoi qui insulte Rupert au sujet de sa race), je voulais depuis longtemps lui acheter une médaille qui permette de l'identifier, de l'associer davantage à ses origines. Je n'avais pas l'occasion de le faire. Or, il y a quelques jours, j'ai décidé de prendre le bus et d'aller lui acheter une médaille qui me fait plaisir, qui aurait beaucoup plu à Alexander, et qui suscite parfois des conversations avec les gens que l'on rencontre. À l'endos de ce drapeau britannique en forme d'os, j'ai fait graver le nom de mon compagnon et son numéro de téléphone ; j'avais l'intention de faire graver aussi son adresse de courrier électronique, mais je ne l'ai pas fait car l'espace disponible étant limité, il aurait fallu opter pour des caractères plus petits. Si nous partageons le même numéro de téléphone, Rupert a cependant sa propre adresse de courrier électronique (que je ne dévoilerai qu'aux personnes bien intentionnées).


*Rule Britania

mercredi 31 mai 2017

Avoir peur et haïr

Je n'avais pas l'intention d'en faire un article, mais après avoir rédigé spontanément ce long commentaire en réponse à d'autres commentaires sur la confusion qui existe entre la « peur » et la « haine » lorsqu'on évoque la « phobie », je me suis dit qu'il pourrait être intéressant de connaître le point de vue de mes lecteurs (il doit bien en rester un ou deux) sur la question. Voici donc mon commentaire :

Je ne suis ni linguiste ni « logue » de quelque sorte que ce soit, mais j’ai toujours cru qu’une « phobie » était une peur maladive de quelque chose ; ce n’est pas une peur «normale », mais une peur excessive, qui n’est pas justifiée, qui n’a pas de « raison d’être ». Je ne tenterai pas de comprendre ou d’expliquer sans comprendre ce qu’est une phobie ; le sujet est beaucoup trop complexe, comme le sont les sujets qui en sont atteints…
Mais la peur vient souvent de l’ignorance ou de la méconnaissance : la peur de l’étranger, la peur des homosexuels, etc., vient de ce qu’on ne les connaît pas, qu’on ne sait pas comment ils vont agir ou réagir dans tel ou tel contexte, etc. Ils constituent des « menaces », tout au moins à notre confort intellectuel… Dans le cas des phobies, la « peur » excessive peut ressembler à de la haine (on ne veut pas se retrouver face à ce dont on a peur, donc on fait tout pour le garder à distance, même par des discours ; et pour se donner raison, on « veut faire peur aux autres en essayant de leur transmettre nos « idées » sur ces choses ou sur ces gens dont il faut se tenir éloigné).
Je crois que la « phobie », c’est la peur excessive elle-même ; la haine vient par après, construite sur la peur injustifiée. La peur vient de l’ignorance, alors que la haine est un choix qui découle de sa peur.
Quand on a quelques neurones fonctionnels, on peut vite apprendre à dépasser sa peur, des homosexuels, par exemple, et apprendre à vivre en sachant qu’il y en aura toujours autour de nous, mais sans forcément éprouver de la haine envers eux (vivre et laisser vivre).
La haine n’est pas une réaction saine, équilibrée ; pour moi, la haine est le signe d’un déséquilibre, entretenu… Toute personne qui éprouve de la haine devrait selon moi être « soignée ». (Nous avons au Québec, par exemple, un premier ministre – Couillard – qui éprouve, et s’en vante, de la haine envers les souverainistes québécois ; ce neurochirurgien qui a un temps vendu ses services au gouvernement de l’Arabie Saoudite, devrait vraiment se faire soigner pour la haine qu’il dit éprouver et qu’il exprime publiquement).
Mon chien aboie parfois devant des objets ou des situations qu’il ne connaît pas ; un colis ou un sac qui ne devrait pas être là est une « menace » potentielle, aussi longtemps qu’il n’a pas été rassuré sur sa dangerosité. Mais jamais mon chien n’entretient de « haine » envers qui ou quoi que ce soit… Alors que les humains aiment « jouer » à se faire peur (et à faire peur aux autres) en se créant toutes sortes de scénarios.
On peut craindre et combattre les fanatiques sans nécessairement les détester.
Je crois donc que la « phobie » est la crainte excessive, alors que la haine peut accompagner la phobie mais la haine n’est pas la phobie elle-même…

Pour lire les commentaires qui m'ont inspiré celui-ci, rendez-vous sur le blogue de Dr CaSo

mardi 9 mai 2017

Ils sont (désormais) timbrés !




Le 20 juillet 2005, le Canada adoptait la Loi sur le mariage civil, permettant aux individus de même sexe de se marier et de voir ainsi leurs droits reconnus de la même façon que ceux des hétérosexuels.

Le Canada était alors le quatrième pays au monde à reconnaître ce droit et le premier pays à l'extérieur de l'Europe

Postes Canada lançait aujourd'hui ce nouveau timbre pour souligner l'adoption du « mariage égal », c'est à dire le droit égal d'épouser la personne que l'on aime.

Quand donc le Québec émettra-t-il ses propres timbres ?

dimanche 7 mai 2017

Pour être heureux...

Ce qu'il faut pour être heureux

Impromptu
Fait à un souper dans une cour d'Allemagne

Il faut penser, sans quoi l’homme devient,
malgré son âme, un vrai cheval de somme.
Il faut aimer, c’est ce qui nous soutient,
sans rien aimer il est triste d’être homme.

Il faut avoir douce société,
des gens savants, instruits, sans suffisance,
et des plaisirs de grande variété.
Sans quoi les jours sont plus longs qu’on ne pense.

Il faut avoir un ami, qu’en tout temps,
pour son bonheur, on écoute, on consulte,
qui puisse rendre à notre âme en tumulte.
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

Il faut, le soir, un souper délectable
où l’on soit libre, où l’on goûte à propos,
les mets exquis, les bons vins, les bons mots.
Et sans être ivre, il faut sortir de table.

Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
le tendre objet que notre cœur adore,
le caresser, s’endormir dans ses bras.
Et le matin, recommencer encore.


* * *

Variante

Il faut, la nuit, dire tout ce qu'on sent
Au tendre objet que votre cœur adore ;
Se réveiller pour en redire autant,
Se rendormir pour y penser encore.


Voltaire, Épitres (Œuvres, vol. 13, pp. 311-312)

jeudi 4 mai 2017

J'aime, tu aimes... ils aiment

J'aime mon chien
Tu aimes mon chien
...
Ils aiment mon chien

L'année universitaire s'est terminée il y a quelques jours, et Rupert a été assez occupé à regarder tout le mouvement qu'il y avait dans le quartier.
Les étudiants venant d'ailleurs retournaient dans leur famille, pour la plupart, et remplissaient des voitures de leurs affaires personnelles pour l'été.
Un grand nombre de ceux qui ont terminé leurs études et qui repartaient pour de bon dans dans leur lieu d'origine avaient loué des camions ou des remorques attachées à leur voiture ou à celle de leurs parents venus les chercher.
Rupert était aux premières loges et ne voulait rien manquer de ce ballet de camions qui arrivent, que l'on charge de toutes sortes de meubles et d'objets encombrants, et qui s'en vont. La rue en était pleine. Il ne comprenait sûrement pas pourquoi, en deux ou trois jours, tant de gens ont besoin de déplacer tant de choses. Il est curieux et, souvent, il veut aller vérifier sur place, presque le nez dans la voiture ou le camion pour mieux sentir ce qui se passe. Mais ces jours-ci, il y avait trop d'action partout ; il n'y arrivait pas.
De temps à autre, quelque chose qu'il ne reconnaissait pas, un monstre dangereux sans doute, ou une autre menace potentielle, et il aboyait fortement ; j'avais beau lui expliquer que nous n'étions en danger ni l'un ni l'autre, il n'était pas toujours convaincu.
Plusieurs étudiants ou des gens qui les accompagnaient venaient le voir, ravis de faire sa connaissance ou un peu tristes de lui faire leurs adieux.

Il était temps que cela finisse ! Même les concierges des immeubles voisins sont épuisés par la quantité de meubles et de déchets laissés n'importe où par les étudiants déménageurs et qu'ils devaient ramasser...

Mais Rupert est un peu triste : il a perdu un bon nombre de ses admirateurs réguliers. Il en reste tout de même beaucoup et chaque jour il y en a de nouveaux. Hier soir, par exemple, deux jeunes qu'il voyait pour la première fois se sont exclamés en voyant Rupert, en disant que c'est le plus beau chien à Montréal. Je dis souvent aux gens qu'heureusement il ne souffre pas de la vanité dont sont atteints tant d'êtres humains, car il aurait la tête enflée à se faire dire si souvent qu'il est beau.

Même moi, je ne suis pas toujours conscient à quel point je suis privilégié d'avoir un compagnon qui suscite à ce point l'intérêt des gens, des sourires chez les plus discrets, des câlins et des tentatives de jeu chez d'autres... Bien des gens doivent penser que je suis riche pour avoir un si beau chien qui, sans rien faire, attire tant l'attention. Et en fait, je suis riche de ce compagnon merveilleux... Et souvent je regrette de ne pas pouvoir partager ce bonheur avec Alexander qui, avec son chien, devait vivre à peu près la même chose, sauf qu'il devait sans doute se protéger davantage contre les paparazzi et autres envahisseurs de l'intimité...

Je dis parfois que je serais millionnaire si j'avais demandé un dollar à chaque personne qui a voulu le prendre en photo... et parfois je me demande pourquoi je ne l'ai pas fait. J'ai lu quelque part, il y a très longtemps, je ne me souviens plus où exactement, cette phrase qui, si cette parcelle de ma mémoire est fidèle, disait : « Donnez-moi de l'argent, puisque j'aime ma mère. »* De la même manière, je pourrais dire : « Donnez-moi de l'argent, puisque j'aime mon chien. » Mais, au fond, il serait plus juste de dire : « Donnez-moi de l'argent, puisque vous aimez mon chien. »

* Il s'agit en fait d'un vers qu'aurait inventé Villiers de L'Isle-Adam, pastichant le texte d'une pièce de François Coppée.

lundi 6 février 2017

Le pistolet sur la tempe...

Je n'ai jamais eu d'enfant, je n'ai jamais été père, au sens où on l'entend généralement. Pourtant la question de la paternité m'a toujours intéressé, plus ou moins consciemment, plus ou moins ouvertement... Serait-ce à cause de ce questionnement, non résolu, que je n'ai jamais fait moi-même ce qu'il fallait pour mettre au monde un enfant de mon sang ? Ou serait-ce plutôt parce que je n'ai jamais participé à la mise au monde d'un enfant que je me suis toujours senti curieux, sensible et vulnérable face à la question de la paternité ? Il est fort possible que la réponse soit beaucoup plus complexe que cela, qu'elle comporte une part de chacune de ces hypothèses, ainsi que d'autres éléments qui ne me sont pas encore venus très clairement à l'esprit.

Je crois que bon nombre d'études scientifiques ont démontré que la plupart des hommes qui deviennent pères ont tendance à reproduire le modèle qu'ils ont eu : le fils reproduit le père... ou bien il se promet d'être tout à fait différent. En ce qui me concerne, sans vouloir par là critiquer mon père, mes parents, je crois que je me suis toujours efforcé, à défaut d'un modèle proche qui me convienne, d'établir avec les autres des relations qui ne correspondent pas à un type en particulier mais qui s'inventent au fur et à mesure qu'elles progressent.

Je ne me souviens plus très précisément, mais je crois avoir déjà écrit dans les pages de ce blogue que, si je n'ai jamais eu d'enfants qui portent mon nom, il m'est arrivé plusieurs fois d'éprouver, dans telle ou telle relation (pas forcément amoureuse, mais avec un fort engagement affectif), des sentiments qui peuvent s'apparenter à ceux qu'éprouve un père pour ses enfants, et même, compte tenu de ma sensibilité, des sentiments que l'on pourrait qualifier de maternels. « Être homme, c'est précisément être responsable », a écrit Saint-Exupéry. Et c'est probablement cette « responsabilité » qui me paraissait primordiale du moment que j'amorçais une relation privilégiée avec un être qui venait vers moi (généralement des êtres plus jeunes que moi, mais la différence d'âge n'était pas toujours si importante). Le besoin de protéger, donc, contre les autres, contres les intempéries, les accidents, les forces du mal, mais aussi le besoin de partager des émotions, des plaisirs, des moments de tendresse et de complicité...

Je suis tombé par hasard sur une phrase d'un roman de Michael Connelly, au sujet de la paternité : « C'est comme d'avoir un pistolet sur la tempe du matin au soir ! » Et j'ai pu ressentir comment il pouvait dire cela : il y a bien sûr dans une relation privilégiée, comme celle d'un père et de son enfant, mais pas uniquement, la conscience presque constante des plaisirs, des joies, des moments de bonheur partagé, mais aussi les craintes, les inquiétudes, la terreur que quelque chose arrive, que l'être aimé en soit atteint ou, pire, nous soit enlevé...

Quelques mois après avoir fait la connaissance d'Alexander, il m'a annoncé qu'il était reçu médecin spécialisé en médecine d'urgence puis, peu de temps après, que son état de santé et sa vie même étaient menacés. Immédiatement, je lui ai exprimé mon soutien, je l'ai assuré de ma présence, de ma confiance, de ma détermination à l'accompagner dans sa guérison... et bien au delà. Malgré tout, j'en ai perdu le sommeil : la menace était bien là, terrible, et cette seule idée avait envahi mon corps, mon sang, mes tripes, comme un venin... J'en avais toujours mal au ventre. Et s'il m'arrivait de dormir quelques minutes, j'étais vite réveillé par un sentiment d'urgence : comment pouvais-je dormir alors que la vie de celui que j'aimais plus que tout au monde était menacée ? Jour et nuit, j'avais le téléphone et l'ordinateur à mes côtés pour être sûr de ne rien manquer si un message arrivait le concernant... Le « pistolet sur la tempe » ne se laissait pas oublier !

Chaque soir, au moment d'éteindre les lampes du salon avant d'aller dormir, je regarde Rupert étiré sur pratiquement toute la longueur du canapé ou, au contraire, ramassé sur lui-même comme un petit lapin ; je l'écoute ronfler, j'admire son total abandon, sa confiance inébranlable en l'ordre des choses, et je suis ému. Mais en me rendant à ma chambre, je ne peux m'empêcher de penser que je suis responsable de ce petit être : il ne faudrait pas qu'il m'arrive quelque chose qui m'empêche de m'occuper de lui. Et, sans trop vouloir y penser, je sais bien que son espérance de vie est assez limitée et qu'un jour, si tout va bien, la vieillesse et ses maux le rattraperont aussi. Et je me demande pourquoi je me suis engagé dans cette relation qui risque de me faire souffrir un jour, mais je ne m'attarde pas trop à ce questionnement : les bonheurs partagés au jour le jour m'apportent aussitôt la réponse. Et je repense à cette citation d'Edmond Rostand qui m'a si souvent accompagné : « C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière. »

samedi 31 décembre 2016

Bonne année 2017




Tous mes voeux les meilleurs
pour la nouvelle année.

Que 2017 vous apporte et vous conserve
Santé
Amour
Bonheur
Joie
Prospérité

samedi 24 décembre 2016

Joyeux Noël 2016


Au réveil, ce matin, Rupert était content : la neige tombait dru et le sol en était déjà tout recouvert. Nous aurions donc un Noël tout blanc.

Lorsque Rupert est heureux, je le suis davantage. Et si jamais nous n'étions pas dehors ou à la fenêtre lorsque passerait le Père Noël avec son traîneau et son attelage, nous aurions au moins le plaisir de suivre les traces de rennes dans la neige.

Et puis, si le Père Noël ne passait pas, comme il a tendance à oublier cette adresse depuis plusieurs années, il resterait tout de même des heures de bonheur à jouer dans la neige fraîche. Quand Rupert est dehors, la neige au sol ne reste pas fraîche très longtemps car il en explore le moindre centimètre carré. Lorsque le ciel est généreux et que la neige continue de tomber, il a toujours, à chaque sortie, la joie de découvrir son terrain de jeu aussi frais, propre et moelleux, bref : invitant.

Mais ce bonheur en perspective, ce matin, n'a pas duré longtemps : les gros flocons mouillés ont commencé à ressembler de plus en plus à de la pluie, et le tapis blanc à se transformer en une pâte grisâtre et liquide.


J'avais acheté quelques accessoires de Noël : un bonnet rouge avec fourrure (fausse) blanche et pompon blanc, comme celui du Père Noël, des rubans rouges, des rubans verts, et même de très jolis rubans à carreaux écossais dans les tons de vert avec de minces filets rouge et jaune. Puis, ce panache de renne avec de petites ampoules lumineuses au cas où Rupert préférerait jouer dans l'attelage plutôt que dans le traîneau... 

Mais au moment de prendre les photos que j'avais l'intention de transformer en cartes de vœux, Rupert n'avait pas très envie de jouer le jeu. Je ne crois pas que ce soit pour des raisons idéologiques ou religieuses. Je ne pense pas qu'il eût été plus à l'aise de jouer dans la crèche : le transformer en âne pour réchauffer le petit Jésus aurait pourtant créé un effet bœuf ! Il y a quelques années, le chien d'un ami avait joué un chien de berger dans une crèche vivante, durant la messe de minuit dans une église du nord de l'Irlande (cet ami raconterait mieux que moi cette touchante histoire de Noël). 

Rupert et moi passerons seuls cette veille de Noël. Nous avons reçu quelques invitations, mais c'est déjà assez compliqué de se rendre seul chez les uns et chez les autres ; ce l'est davantage avec un chien, si adorable soit-il, lorsqu'on n'a pas de voiture et que l'on doit dépendre des autres pour se déplacer. Il est finalement toujours plus simple de rester chez soi.

Où que vous soyez, seul, en amoureux, en famille ou avec des amis, je vous souhaite un très joyeux Noël et un temps des fêtes plein de joie et de bonheur.

mercredi 7 décembre 2016

Paris à 20 ans...

Quand je suis venu à Paris pour la première fois, j'avais vingt ans. Je ne me souviens plus vraiment si les quelques lectures que j'avais faites auparavant m'avaient donné envie d'aller voir sur place les lieux dont on aurait parlé dans les livres lus ; à vrai dire, je ne crois pas : je ne vois pas quel est ce livre qui aurait éveillé ma curiosité au sujet de la ville lumière, car les histoires de ces premières lectures ne se déroulaient pas forcément à Paris. Ce sont plutôt les conseils et les commentaires de mon professeur de chant, lui-même français, qui m'ont incité et fortement encouragé à acheter un billet d'avion et à partir passer trois semaines à Paris.


J'y suis arrivé tôt un mercredi matin d'octobre. Un car m'avait conduit de l'aéroport (je crois que c'était Orly, dont je connaissais d'abord l'existence par la chanson du dimanche, de Gilbert Bécaud) à la gare des Invalides. C'était une superbe journée ensoleillée et relativement chaude pour ce début d'automne. Dès mon arrivée, je me suis mis à la recherche d'un hôtel, car je n'avais fait aucune réservation. J'y aurai mis toute la journée : c'était en plein Salon international de l'auto, et les hôtels étaient remplis. Partout, on me demandait si j'étais journaliste...


À l'heure du déjeuner, ne sachant trop où m'arrêter pour manger, et pourtant affamé d'avoir tant marché dans les rues, je m'étais posé un instant à la Tour Eiffel pour y prendre un sandwich avant de reprendre ma course à travers les rues de Paris. J'entrais pratiquement dans tous les hôtels que je rencontrais... Finalement, en fin de journée, un appel téléphonique fait au hasard parmi les hôtels inscrits dans un répertoire que m'avaient donné avant mon départ les Services officiels du tourisme français a été plus heureux : on avait une chambre... pour une nuit seulement. Je n'étais pas journaliste, comme on me l'a souvent demandé ce jour-là, mais, étrangement, l'hôtel qui voulait bien m'accueillir n'était pas très loin de la Maison de la Radio. C'était aussi, près du métro Ranelagh, de la rue Mozart, de la rue de la Pompe, où vivait François Mauriac, où se trouve le lycée Janson-de-Sailly, fréquenté par une élite sociale et intellectuelle ; c'était aussi le quartier de Julien Green, de Maria Callas (avenue Georges-Mandel)... Le lendemain, j'ai trouvé un autre hôtel, rue de Bougainvilliers, pour deux nuits.


Puis je suis allé à Montparnasse, voir un ami de mon professeur de chant, rencontré à Montréal et qui m'avait invité à lui rendre visite lorsque je viendrais à Paris. Après avoir passé l'après-midi et la soirée avec lui et quelques-uns de ses amis, j'ai décidé de m'installer dans un hôtel tout près, boulevard Raspail, au 207, plus précisément, tout près du boulevard du Montparnasse. 




Vue actuelle de ce que je pouvais alors voir de la fenêtre
ma chambre en regardant vers le boulevard Montparnasse

J'ai vécu environ quatre mois dans cet Hôtel Carlton, du 207, boulevard Raspail (j'ai ensuite habité un studio d'artiste, rue Campagne-Première). Dans ses Mémoires d'Hadrien, Marguerite Yourcenar écrit : « Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d’œil intelligent sur soi-même : mes premières patries ont été les livres. » Si la lecture de quelques livres m'avait un peu ouvert les yeux sur moi-même et sur le monde, c'est pour moi ce premier séjour à Paris qui m'a  vraiment révélé à moi-même et qui, pour la première fois, m'a fait sentir à quel point, dans un environnement inspirant et stimulant, il pouvait être merveilleux d'être et de vivre.




Montparnasse, fut, à une certaine époque, le quartier des peintres, des artistes, et de tout ce qui gravite autour des grands créateurs... C'est le quartier des grandes brasseries, des fameux grands cafés : La Coupole, Le Dôme, La Rotonde, La Closerie des Lilas, etc. Je ne fréquentais pas vraiment moi-même ces endroits fameux, mais, avec de nombreux autres établissements, dont Bobino et autres théâtres de la rue de la Gaîté, ils attiraient des gens de partout, des créateurs comme de simples vedettes... J'ai croisé dans la rue de très nombreuses personnalités... Chateaubriand avait planté un cèdre, boulevard Raspail, cèdre qui y vit encore... Helena Rubinstein a fait construire un superbe immeuble, pas très loin de l'hôtel où j'habitais, etc. Et les personnes que je fréquentais tous les jours n'étaient pas non plus inintéressantes...
 
J'ai mis des années à essayer, sans vraiment y parvenir avant de rencontrer Alexander, de faire mon deuil de tout ce que Paris m'avait permis de découvrir et d'entrevoir comme possible, tout ce qu'un climat adéquat pouvait favoriser en moi... Je ne reviendrai pas maintenant sur ce qui allait devenir mon exil intérieur... avant d'en vivre un autre.

C'est après plusieurs années que, au gré de mes lectures, j'ai appris que dans cet hôtel du boulevard Raspail, avaient vécu notamment Léon Trotski, que je ne regrette absolument pas de n'avoir pas connu, puis l'écrivain académicien Pierre Benoît, que je n'aurais pas vraiment voulu fréquenter non plus.

Un autre écrivain français n'y a passé qu'une nuit, en 1953, sa première nuit à Paris où il est venu rejoindre son père après avoir vécu dès l'âge de six ans, durant la guerre, dans des camps de prisonniers et autres institutions semblables d'où il a réussi à s'évader à vingt ans ; vous avez peut-être déjà lu son histoire romancée dans Tanguy, son premier livre, publié en 1957. Il s'agit bien sûr de Michel del Castillo, que j'ai durant si longtemps refusé de lire : je n'arrivais pas à m'intéresser à ses livres, jusqu'au jour où je suis tombé sur un roman, le Crime des pères, et un récit, De père français. Dès lors, j'ai voulu tout lire de cet auteur ; je n'y suis pas encore parvenu, mais la lecture de cet écrivain fut pour moi et continue d'être un excellent exercice d'intelligence et de lucidité.

dimanche 4 décembre 2016

Petite énigme

L'automne est là depuis quelques semaines, et bientôt ce sera l'hiver. Ce qu'il y a de rassurant, c'est que dans un peu plus de deux semaines, ... les jours commenceront à rallonger où, si vous préférez, la tombée de la nuit se fera de plus en plus tard... Mais, question de s'activer les neurones avant les grands froids, je vous propose une petite énigme :

Que puis-je donc avoir en commun avec le révolutionnaire russe Lev Davidovitch Bronstein, mieux connu sous le nom de Léon Trotski, le compositeur, pianiste et chef d'orchestre Aaron Copland, l'écrivain français et académicien Pierre Benoît et l'écrivain français Michel del Castillo ?

Pour vous donner quelques indices, j'ajouterai d'autres noms avec lesquels je n'ai pas exactement le même lien qu'avec les personnes mentionnées ci-dessus, mais qui toutes ont quelque chose en commun : François-René de Chateaubriand, Helena Rubinstein, Amadeo Modigliani, Pablo Picasso, Jean-Paul Sartre...

Dissipons dès maintenant cette question : bien qu'il me soit arrivé à quelques reprises de croiser l'une de ces personnes, je ne suis pas le contemporain de toutes ; en fait, excepté moi, il y en a une seule autre qui soit encore vivante.

Les personnes qui trouveront la bonne réponse pourront recevoir une carte postale de Montréal (je vous demanderai alors de me donner votre adresse).

J'ai bien hâte de voir si notre amie Dr CaSo, qui propose régulièrement à son lectorat fidèle les devinettes les plus impossibles, osera tenter de trouver la réponse à celle-ci.

Je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'avoir lu tous les articles de cet Exil intérieur et de les savoir par coeur, ainsi que tous les commentaires publiés à ce jour, pour réussir à trouver la réponse à cette énigme.

S'il y en avait, je ne publierai pas immédiatement les bonnes réponses, pour laisser aux braves le temps de faire travailler leurs neurones. La solution dans quelques jours.

Ajout du 7 décembre 2016 : Vous trouverez ici la réponse à cette énigme.

mercredi 30 novembre 2016

Chien à vendre ?

L'été a été assez difficile pour Rupert et pour moi, en raison surtout des longues périodes de grande chaleur aggravée par un fort taux d'humidité. Montréal est une île : le fleuve et les rivières qui l'entourent ne bénéficient pas de l'air marin qui fait le bonheur des amateurs de bords de mer.

Ni Rupert ni moi ne supportons bien la chaleur, et cet été a été particulièrement chaud. J'ai appris, au fil des ans, à limiter les occasions de m'exposer à la chaleur extérieure, sur les trottoirs chauffés à bloc sous un soleil brûlant. Mais, pour Rupert, c'était son premier été : il voulait être dehors car c'était l'occasion de voir beaucoup d'activité, de rencontrer beaucoup de piétons dont plusieurs s'arrêtaient pour le caresser, de faire la connaissance de nombreux chiens ou de retrouver ses amis. Mais après quelques minutes, il avait du mal à respirer, à se rafraîchir. J'avais beau lui sortir une bouteille d'eau glacée et son bol, cela ne suffisait pas. Il finissait par accepter de rentrer à l'appartement climatisé, où je devais tout de même lui donner des glaçons à croquer... Et, après quelques minutes, quand il commençait à se sentir mieux, il voulait ressortir pour ne rien manquer du spectacle de la rue, pour sentir les fleurs des jardins voisins, pour se vautrer dans l'herbe...

Durant plusieurs jours, j'essayais d'éviter d'aller au petit parc qui a été son premier terrain de jeu, l'endroit où il a rencontré ses premiers amis. Il s'y amusait bien, seul ou avec d'autres. Mais, au moment où je voulais rentrer car j'en avais assez de cuire sous le soleil brûlant, un autre chien arrivait et il n'était pas question que Rupert le laisse seul (l'accompagnateur du chien ne compte pas beaucoup dans ces rencontres canines ; il est plutôt un censeur, un empêcheur de s'amuser en toute liberté)... Et quand, enfin, il n'y avait pas d'autre chien en vue, que j'essayais de ramener Rupert à la maison, il refusait, il me mordillait les talons... Je devinais bien qu'il voulait me signifier sa volonté de rester là, de continuer à jouer, mais je n'aimais pas qu'il me saute sur les jambes ou sur les pieds. J'essayais de lui faire comprendre qu'il ne devait pas faire cela, mais il n'y avait rien à faire. Si j'essayais de l'en empêcher, il insistait, comme s'il croyait que c'était un jeu. Constatant que les paroles et la douceur ne fonctionnaient pas, je devais l'éloigner physiquement de moi, et ce qui devait être une agréable sortie au parc finissait pratiquement toujours par une épreuve de force. J'étais déçu à chaque fois, et lui de même. J'étais mécontent de lui, mécontent de moi. Nous rentrions à la maison en silence. Il allait dormir et, moi, ronger mon frein en attendant de pouvoir me concentrer sur autre chose. Mais, le temps de me calmer, il était déjà prêt à ressortir...

Je sais bien qu'il doit savoir et accepter qu'il n'est pas le maître. Et si je ne l'avais pas su, je l'aurais vite appris, car chacun pense savoir comment éduquer... le chien des autres. Mais je n'aime pas non plus l'idée des rapports d'autorité et d'obéissance. Je suis conscient de n'avoir pas la patience qu'avait Alexander, mais je voulais développer avec Rupert une relation heureuse, harmonieuse, plutôt que basée sur le refus, la privation... Je me rendais compte que Rupert était en pleine adolescence et qu'il me faudrait, en attendant d'avoir recours à un expert en éducation canine, faire preuve de beaucoup de patience... Je dois dire aussi que, passant tout mon temps au service de Monsieur, j'étais de plus en plus frustré de ne pas pouvoir lire ni écrire, d'autant plus qu'à cause de lui, je restais beaucoup plus chez moi qu'auparavant...

Pendant tout ce temps, les admirateurs et admiratrices de Rupert le trouvaient merveilleux - et j'étais tout à fait d'accord avec eux (je n'étais pas obligé de toujours leur confier nos petits problèmes de couple). À plusieurs reprises, des personnes du quartier m'ont fait comprendre que si je voulais un jour me défaire de Rupert, elles seraient très intéressées à l'« adopter ». Puis, un soir, un automobiliste s'est arrêté au milieu de la rue pour contempler Rupert et me poser de nombreuses questions à son sujet ; puis il m'a fait une offre monétaire, très précise, en me laissant sa carte de visite. Je l'ai remercié de son appréciation, mais je lui ai fait comprendre que Rupert n'était pas à vendre... Cet automobiliste, qui habitait la banlieue, passait devant chez moi au moins deux fois par semaine : à chaque fois, il me renouvelait son offre.

Pour être tout à fait honnête, je dois dire que, durant cette période, je me suis demandé si je n'avais pas fait une erreur en adoptant un jeune chien, si je n'avais pas négligé de réfléchir à certaines conséquences, certaines obligations... Je me disais que je n'avais pas de voiture pour conduire Rupert à un cours d'éducation canine, par exemple, ou lui faire faire des promenades, lui faire découvrir de nouveaux lieux, le faire participer à de nouvelles activités... Bref, je me demandais parfois s'il ne serait pas plus heureux ailleurs, dans une famille, par exemple, où il pourrait y avoir d'autres chiens, ou non. Je sais que la séparation aurait été très difficile pour lui et insupportable pour moi ; je m'en serais voulu jusqu'à ma mort... et peut-être au-delà.

Puis, à la fin de l'été, quand les températures ont commencé à devenir plus « civilisées », on dirait que tout est devenu plus facile entre nous, les relations plus harmonieuses, les occasions d'impatience de ma part, plus rares... Rupert a continué de mûrir, et moi à mieux décoder ses envies, ses besoins, à mieux le comprendre... Tout n'est pas parfait : j'ai moi-même à régler un certain nombre de problèmes plutôt agaçants dans ma vie personnelle (il se pourrait, par exemple, que je doive déménager), et le fait de ne pas avoir de voiture limite les occasions de sortir du quartier avec Rupert (cette année encore, je n'irai pas dans ma famille à Noël, pour ne pas laisser Rupert seul trop longtemps, et parce que ce serait vraiment trop compliqué de l'emmener avec moi ; entre eux et Rupert, je choisis Rupert sans hésiter. Ma famille, désormais, c'est d'abord Rupert). Mais Rupert et moi nous comprenons de mieux en mieux. Il sait maintenant, par exemple, qu'après lui avoir donné à manger, je dois prendre le temps de me préparer quelque chose et de le manger ; même s'il aurait très envie d'aller jouer au parc, il sait qu'il doit attendre un peu et il s'occupe. Le matin, et souvent aussi après la sieste de l'après-midi, il adore que je vienne m'asseoir près de lui, que je lui fasse des massages en douceur : nous apprécions tous les deux, parmi d'autres, ces moments de complicité.

À la question posée en titre « Chien à vendre ? », quelqu'un pourrait répondre : « Oui, il y a sûrement, quelque part, un ou des chiens à vendre », mais certainement pas Rupert. D'abord Rupert ne m'appartient pas, il n'est pas « ma propriété », « mon bien » ; il est un être qui partage ma vie ; je l'ai adopté, on me l'a confié. J'en suis responsable et heureux.

mercredi 23 novembre 2016

Rupert pompier ?

Quelqu'un me demandait récemment quelle serait la « profession » de Rupert ou, si l'on préfère, quelle serait sa spécialité. Je ne savais trop quoi répondre, sauf que les bulldogs, en général, en plus d'être de merveilleux compagnons, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, sont d'excellents chiens de famille et peuvent très bien veiller sur des enfants, et même sur des bébés.

Ce qui me semble certain, c'est qu'il ne sera pas pompier. Jane me disait que, lors de l'incendie de sa maison, peu avant Noël, quelques mois après le départ d'Alexander, Alexander Bull s'était enfui, ayant eu peur du feu et de toute l'agitation causée par l'incendie ; il avait disparu toute la journée... (ce qu'il y avait de rassurant, dans ce cas, c'est que le domaine était immense et que le plus proche voisin était loin : tôt où tard, Alexander Bull reviendrait, se rapprocherait tout au moins des écuries où il comptait de nombreux amis).


Il y avait ce matin, près de chez moi, un incendie important. J'aurais pu prendre moi-même des fenêtres de mon salon ces photos du journal La Presse, mais je ne voulais pas ouvrir les fenêtres tellement la fumée était dense.


 Photos : Patrick Sanfaçon, La Presse

Je n'ai pas voulu aller voir de plus près, sachant que toute cette agitation rendrait Rupert nerveux et, surtout, je ne voulais pas qu'il respire cette fumée. Mais, quelques heures plus tard, Rupert voulait sortir ; je lui ai proposé d'aller au coin de la rue où un grand nombre de curieux, journalistes, pompiers, policiers, etc., jouaient leur rôle respectif.

Rupert a bien consenti à me suivre, mais il était quelque peu craintif... Aussitôt que nous sommes arrivés au coin de la rue, où tout ce monde s'agitait, j'ai vu un policier se diriger vers nous. J'ai d'abord cru qu'il venait me dire que je ne devais pas rester là avec mon chien puis, voyant son expression, j'ai deviné ce qu'il voulait. Il a demandé la permission de prendre quelques photos de Rupert. Celui-ci s'y prêtre parfois de bonne grâce, mais il n'est pas vraiment cabotin : il ne prend pas la pose. Que le photographe se débrouille comme il peut ! Avant qu'il soit aperçu par les nombreuses caméras de télévision, Rupert a insisté pour revenir vers la maison.

Les incendies qui ne le menacent pas directement semblent le laisser froid. Et ces rassemblements de personnes ne l'intéressent pas davantage. Il a préféré retrouver des carrés de neige encore blanche où il pourrait jouer. 

P. S. : Après avoir rédigé et publié ce billet, je me suis souvenu d'un autre billet que j'avais rédigé au sujet d'un incendie dans mon immeuble, en août 2007, intitulé Tout feu tout flamme. Rupert n'était même pas encore un rêve, et Alexander Bull avait pourtant deux ans déjà.

lundi 21 novembre 2016

Première neige...

Hier soir, en sortant Rupert avant qu'il n'aille s'installer pour la nuit, j'ai constaté que la première neige annoncée cet automne tombait sur Montréal. J'ai immédiatement fait un voeu (qui n'a pas vraiment de lien avec la neige elle-même). Rupert a eu l'air un peu surpris, mais il préfère la neige à la pluie : alors qu'il n'a pas envie de sortir sous la pluie, il n'a pas hésité en voyant tomber la neige. Sa première réaction a été d'essayer d'en attraper les flocons...

Ce matin, tout était blanc. J'ai essayé de prendre quelques photos, mais Rupert était trop excité, il n'arrêtait pas de sauter et de courir sur ce nouveau tapis blanc ; je ne sais pas s'il se souvenait de l'hiver dernier... L'appareil n'était pas assez rapide pour capter sa joie. Voici tout de même les deux seules photos qui sont un peu claires, lors de brefs moments de calme :



Quand il est arrivé, il y aura bientôt un an, il découvrait vraiment sa première neige. Je ne dirais pas qu'il en était très excité, mais sa curiosité était visible et amusante.


Rupert est arrivé chez moi le 11 décembre, et je vous l'avais présenté ici, le 18 décembre 2015.

lundi 31 octobre 2016

Abonnés absents

Dans les mois qui ont précédé et ceux qui ont suivi le départ d'Alexander, certains de mes amis, parmi les plus anciens et les plus intimes, sont « disparus » en douce, sans rien dire, ou sous des prétextes pas très clairs. Je n'ai pas voulu en parler vraiment ici pour ne pas faire de peine à l'entourage d'Alexander, car l'idée que la présence d'Alexander dans ma vie ait pu avoir une influence négative sur mes amitiés aurait vraiment chagriné et blessé sa famille et ses amis. Alexander, lui, sentait bien quels étaient, parmi mes amis, ceux qui méritaient vraiment le titre d'amis. J'ai assuré Alexander que, si je devais choisir entre lui et mes amis, je n'hésiterais pas du tout : je n'aurais pas pu continuer d'appeler « amis » ceux qui auraient refusé de croire à l'authenticité de mon amour pour Alexander et de celui, absolu, d'Alexander pour moi... Au cours de nos conversations ou dans ma correspondance avec Alexander, j'ai plusieurs fois défendu ces amis mais, au bout du compte, il semble que c'est lui qui avait raison...

Je ne m'étendrai pas sur l'une ou l'autre de ces tristes histoires en particulier. Chacun a le droit, s'il le peut, de choisir sa vie, ses croyances, ses valeurs, ses attaches, ses relations... Et cela vaut pour moi aussi. Il m'est arrivé plusieurs fois de vouloir parler d'Alexander à l'un ou l'autre de mes proches et, plusieurs fois, après avoir prononcé son nom, c'est exactement comme si je n'avais rien dit. C'est comme si pour eux, ne pouvant le toucher, il n'existait pas, n'avait jamais existé... Et pourtant, je sais, moi, qu'en quinze mois de conversations et de correspondance entre lui et moi, Alexander a été vraiment présent, à chaque instant, et que j'ai plus appris et mieux vécu qu'en quinze ans avec ceux qui sont physiquement plus près de moi, mais qui, au fond, ne m'ont jamais connu comme Alexander a su me connaître, me reconnaître.

Il y a un mois, j'ai envoyé un courrier électronique à l'un de ces amis qui habite tout près de chez moi, mais que je n'ai pas revu depuis quelques années. Comme il m'envoie de temps à autre un message disant qu'il aimerait me voir, me parler de vive voix, je lui proposais que nous fassions, pendant qu'il faisait encore beau, une promenade le long de l'avenue du Parc, comme nous avons si souvent fait dans le passé. Je trouvais cela plus facile, pour reprendre contact, que d'aller m'asseoir chez lui et sa femme. Je lui proposais de nombreuses plages horaires où je me serais rendu disponible. Non seulement je n'ai pas reçu, un mois plus tard, de réponse à ma proposition, je n'ai même pas reçu d'accusé de réception.

Le même jour, j'ai envoyé à un autre ami quelques mots à l'occasion de sa fête. Il m'a vite répondu pour m'en remercier, ajoutant toutefois qu'il avait été déçu de ne pas recevoir une nouvelle photo de Rupert et que, devant la brièveté de mon message, il se demandait si j'allais bien. J'ai aussitôt envoyé une nouvelle photo de Rupert, en précisant qu'en effet je n'allais pas très bien, en lui donnant un très bref aperçu de quelques-unes de mes inquiétudes... J'ai dû attendre trois semaines pour qu'il réagisse. Il m'a téléphoné un soir de la semaine dernière, mais il s'était « bien » préparé, s'était armé de phrases toutes faites, de « pensées positives » qui peuvent servir en toute occasion et, bien qu'il m'ait posé la question sur ce qui n'allait pas, il ne m'a jamais laissé finir une phrase. Puis il a mis fin à la conversation, car il était fatigué...

mardi 25 octobre 2016

En attente de modération...

Lorsque j'accède à la page « commentaires en attente de modération » de ce blogue, je ne peux m'empêcher de voir et de relire à chaque fois deux commentaires bouleversants qui ne seront jamais publiés.

Le premier date du 7 octobre 2009, et vient d'Alistair, un ami d'Alexander qui, tombé par hasard sur ce blogue, a reconnu dans les textes que je publiais alors l'ami avec qui il a fait une partie de ses études. Je ne pouvais pas publier ce commentaire, et je l'avais expliqué à Alistair, car il donnait le nom complet d'Alexander. Alistair avait adopté un bulldog provenant du même éleveur que celui d'Alexander Bull, qu'il avait appelé Douglas... Hélas pour moi, Douglas et Alistair sont allés, quelques mois plus tard, rejoindre Alexander sur son étoile, ou sur une étoile voisine.

L'autre vient de Colin, daté du 17 mai 2011, tout aussi bouleversant. Il ne parle pas ouvertement d'Alexander, mais il est clair que Colin a été touché par ce que j'ai écrit au sujet d'Alexander, et peut-être aussi par ce qu'Alexander avait lui-même écrit. Colin m'avait demandé lui-même de ne pas publier ce commentaire. Je n'ai malheureusement plus de nouvelles de ce garçon, dont je ne connais pas grand-chose, mais qui m'avait fortement ému par le peu qu'il a dévoilé à son sujet. J'aimerais savoir qu'il va bien.

D'autres m'ont aussi écrit, ces dernières années, parfois directement, sans laisser de commentaire sur le blogue. Je ne les oublie pas et ne les oublierai jamais non plus ; ils font partie des amis absents...

jeudi 20 octobre 2016

Joyeux anniversaire, Rupert

On peut agrandir l'image en cliquant dessus

Rupert a un an aujourd'hui. Après son petit déjeuner, il a voulu aller au parc, où j'ai pris cette photo, avant l'arrivée de la pluie.

J'attends la livraison de son premier sac de nourriture pour bulldog « adulte ». Et il y aura pour lui un petit cadeau d'anniversaire.

Cet après-midi, je lui préparerai un gâteau aux pommes de terres, pommes et fromage ; j'ajouterai quelques autres ingrédients qu'il devrait avoir plaisir à découvrir.

Je crois qu'Alexander serait heureux de voir que Rupert est une vedette dans le quartier et auprès de plusieurs dizaines de personnes qui fréquentent, à titre d'employés ou d'étudiants, l'université McGill.



mercredi 19 octobre 2016

Qu'on ne se Trump pas !


Illustration : Ygreck, Journal de Montréal

Cette caricature du Journal de Montréal représente assez bien la façon dont je vois ce candidat à l'élection présidentielle du 8 novembre prochain aux États-Unis.
Malgré tout, il y aura environ un tiers des électeurs à voter pour lui. Qui se rassemble se ressemble?

lundi 10 octobre 2016

Sérénité (absence de)

Ces dernières semaines, j'avais en tête quelques sujets d'articles à écrire pour ce blogue ; ils étaient pratiquement « écrits » en pensée. Il me manquait le temps ou la disponibilité pour les rédiger et les publier...

Mais, en ce moment (et je ne vois pas encore comment la situation pourra s'améliorer à court ou à moyen terme), je n'ai pas la sérénité nécessaire pour écrire quoi que ce soit. Cela ne servira sans doute pas à grand chose que je le dise ici, mais il me fallait le dire, quelque part.

mercredi 31 août 2016

In loving memory...


Tout comme Alexander, elle sera toujours dans mon coeur.
Je pense à ses enfants, à ses petits-enfants qui ne l'ont pas connue, à sa famille, à ses proches...

Je pense à cette date du 31 août 1997, mais aussi au 31 août 2008, et à bien d'autres moments, aussi tristes ou plus heureux...

lundi 8 août 2016

Journée du chat

MiaaaWouf !

Le 8 août, c'est la Journée internationale du chat.

Rupert attend patiemment la journée des chiens ; on ne semble pas s'entendre sur une date précise. On dirait que plusieurs organisations veuillent célébrer cette journée à la date qui leur est la plus profitable, la plus rentable, oubliant que cette journée, comme la journée internationale des chats, a été créée à l'origine, non pour favoriser certains commerces, mais pour rappeler l'importance de prendre bien soins de nos animaux de compagnie. Mais, selon le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), la Journée du chien serait soulignée le 26 août de chaque année.

Alors, aujourd'hui, ayons une petite pensée pour les chats... et pour tous les animaux qui nous font apprécier davantage la vie de tous les jours.

Certains évoqueront la déesse Bastet. Personnellement, j'aurai aussi une pensée pour tous les amis des chats, et une pensée particulière pour dieudeschats, qui aime les chats, bien entendu, mais pas seulement...

samedi 16 juillet 2016

Panne sèche

« On ne peut plus écrire
quand on ne s'estime plus. »
Flaubert

jeudi 14 juillet 2016

Je suis... avec les Niçois

Je suis Charlie.
Je suis Paris.
Je suis Orlando.
Je suis Bruxelles.
Je suis Istanbul.
Je suis Nice.

Je suis bouleversé.
Je suis dégoûté.

Je suis surtout, après cette inqualifiable acte de barbarie, de tout cœur avec les Niçois.

mercredi 13 juillet 2016

L'enfer n'est pas plus chaud...

... que le fond de ma cour !

Image provenant du site de Météomédia

C'est une façon de parler, bien sûr, car je n'ai pas de cour, ni royale, ni avant, ni arrière. Mais cela n'empêche pas que cette chaleur intense est insupportable !
On devrait l'interdire par une loi. Et punir sévèrement les présentateurs de la météo, dans quelque média que ce soit, qui annoncent avec enthousiasme les chaudes journées d'été.

Ce sont ces chaudes journées, toujours trop nombreuses au cours de l'été montréalais, qui me font de plus en plus détester cette saison !

J'en souffre ! Rupert en souffre !
Les personnes malades en souffrent !
Les enfants et les personnes âgées en souffrent ! Etc.

Selon un rapport récemment publié par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), la chaleur est un problème de santé publique important au pays. Et l'on dit de nous que nous habitons un pays froid !

Et pourtant, nos « imbéciles heureux » qui n'ont rien de mieux à faire que de se chauffer au soleil en demandent toujours plus. De moins en moins j'ai envie d'avoir des amis parmi ceux qui souhaitent un été chaud. À défaut de temps frais, Rupert et moi allons finir par aimer la solitude.