mercredi 22 novembre 2006

Des goûts variés...

Longtemps, je n'ai écouté que de la musique classique. C'était une façon de maintenir ou de retrouver ma sérénité et mon équilibre émotionnel. C'était aussi, je crois, ma façon de prendre mes distances de la chanson après avoir brièvement tenté de devenir chanteur moi-même.

Si j'oublie les quelques occasions où, avec des amis ou des collègues de travail, nous écoutions durant quelques minutes ou quelques heures des chansons anciennes ou d'autres à la mode, je n'écoutais pratiquement que de la musique classique. Du moins, je n'achetais que cela et, chez moi, je ne syntonisais que la chaîne classique de Radio-Canada. Ce n'est qu'il y a un peu plus de cinq ans, depuis mon abonnement à Internet en fait, que je me suis remis à écouter autre chose que de la musique classique. Grâce à Internet, j'ai été en contact avec des jeunes d'un peu partout, aussi bien à Moscou, en Inde, en Amérique latine, qu'au Québec, en passant par la France, l'Italie... En m'intéressant à eux, je me suis un peu intéressé à ce qu'ils aimaient et j'ai ainsi découvert énormément de musique que je ne connaissais pas, dont j'ignorais même l'existence.

Quand un garçon de Québec a aménagé dans l'appartement voisin du mien, il était chez moi tous les jours et, en jeune homme curieux et grand amoureux de musique, il m'en a fait écouter énormément. J'en suis très heureux. Depuis un peu plus d'un an, bien des choses ont changé dans ma vie et j'ai moins souvent l'occasion de découvrir de nouvelles musiques, mais j'en écoute constamment, pas de la meilleure façon, car je fais jouer des dizaines et des dizaines de pièces sans écouter toujours vraiment.

Quand j'écoute ainsi de la musique, en travaillant ou en faisant autre chose, je n'écoute pas toujours les paroles des chansons, paroles qui dès lors n'ont plus d'importance ; je porte attention au rythme et aux sonorités, surtout. Et je dois dire que si mes perruches n'aiment pas la musique que je choisis, je devrai vite en changer. Comme moi, cependant, elles sont très éclectiques et il leur importe peu que les paroles soient en français, en anglais, en italien, en portugais ou en russe...

Parmi les chanteurs qu'elles aiment bien, même si je ne leur en présente pas souvent, il y a Bryan Adams, un chanteur canadien, anglophone donc.

Si vous ne le connaissez pas vraiment, vous l'avez peut-être entendu dans le film Don Juan de Marco ; voici cette chanson :



En voici une autre :



Et pour bien vous faire entendre que j'écoute des musiques très variées, voici une autre chanson, interprétée par un groupe russe, que m'a fait découvrir Olivier C., de la région parisienne. L'adolescent en moi aime bien la faire jouer en boucle à l'occasion.



mardi 21 novembre 2006

Quelle voix !

Connaissez-vous cette jeune femme ? Je ne la connais pas personnellement mais il y a plusieurs années que je l'écoute.

Je ne peux pas vraiment dire que je l'aime, puisque je ne la connais pas. Néanmoins, je peux dire que j'aime ce que je connais d'elle, et ce que je connais d'elle, surtout, c'est sa voix.

Rassurez-vous, je ne vous ferez pas une chronique musicale. J'adore la musique sans la connaître, un peu comme un enfant aime son institutrice... ou son instituteur. Certaines de mes consoeurs et certains de mes confrères, dont René et Simeric, pourraient vous en parler avec intelligence et finesse.

Pour ma part, je veux simplement vous faire entendre la voix de cette soprano française, que j'ai beaucoup écouté sur disques. Je n'ai cependant trouvé sur Radioblogclub que cet « air des clochettes », tiré de Lakmé, de Léo Delibes ; je vous présente Natalie Dessay.



lundi 20 novembre 2006

Synchronicité

Je ne crois pas être superstitieux, bien que, souvent, j'agisse comme si je l'étais ; ce doit être cela, le pari de Pascal : ne pas croire en Dieu, mais faire comme s'il existait...

Quand je prononçais le mot « hasard » devant certains de mes amis, ils me corrigeaient immédiatement en me disant que « le hasard n'existe pas ». J'en suis venu à croire aussi qu'il existe quelque chose comme un inconscient collectif, une énergie universelle et que par nos pensées plus ou moins conscientes, nous attirons ou nous suscitons des « coïncidences », la manifestation quasi-simultanée d'idées, d'événements associés à nos pensées... C'est ce qui fait dire à certains qu'il faut être prudent en exprimant nos souhaits, car ils pourraient bien se réaliser. Carl Gustav Jung s'est intéressé à la question de la synchronicité.

Combien de fois il m'est arrivé d'être en train d'écrire et, au moment d'écrire le mot « téléphone », par exemple, la sonnerie du téléphone retentit, ou encore quelqu'un à la radio ou à la télévision prononce le mot « téléphone » au moment exact où je m'apprête à l'écrire... Je suis ouvert à ce genre d'idées, tout en étant très pragmatique. Un jour, un ami me demanda ce que cela signifiait quand une ampoule était grillée ; je lui ai répondu qu'il était temps de la changer, tout en étant conscient que certains veulent voir dans une ampoule qui s'éteint le signe d'une mauvaise nouvelle. Cependant, il y a quelques années, un de mes amis est mort du cancer au moment où je m'apprêtais à aller le voir pour lui remettre une lettre que j'avais rédigée à son intention au cas où il ne serait pas en état de me recevoir ; dans les jours qui ont suivi, alors que je sentais fortement sa présence autour de moi, toutes les ampoules de l'appartement ont grillé l'une après l'autre, comme pour me signifier qu'il était vraiment là...

Hier, j'ai choisi de rédiger ici quelques lignes au sujet du Miserere de Gregorio Allegri. Rien dans l'actualité ne me fournissait de raison de parler de cette oeuvre, de ce compositeur ; rien, sinon un enchaînement de souvenirs, de pensées, de regrets aussi, peut-être.

Or voilà qu'en cette fin de dimanche, je retrouve sur MSN un ami français que je n'ai jamais rencontré encore en chair et en os, mais avec qui j'ai souvent dialogué sur Internet, qui a obtenu de moi de nombreuses confidences et qui a si bien su m'écouter et me comprendre. Nous avons souvent ri aussi, joué avec les mots, avec la langue... Cet ami est musicien, maître de musique, un grand artiste dans l'âme, un esthète cultivé... Or, il y avait plus d'un an que je n'avais eu de ses nouvelles ; et voilà qu'il réapparaît le lendemain du jour où je parlais ici du Miserere d'Allegri, alors que, sans encore connaître l'existence de mon blogue, il m'annonce qu'il a fait, au cours des derniers mois, des concerts où, avec l'ensemble dont il fait partie et qui a mérité quelques Victoires de la musique pour la qualité de ses enregistrements, il a interprété les Leçons de ténèbres et le Miserere... de Michel-Richard de Lalande. Il aurait bien pu jouer n'importe quelle autre musique, baroque ou classique, mais c'est le Miserere qu'avec ses collègues il a interprété...

Merci Frédéric, pour les belles images, notamment ces photos des signatures de Louis XIV et de sa famille que tu as pu recueillir au cours de tes recherches.

dimanche 19 novembre 2006

Sur la Terre, comme au Ciel...


Les papes ont souvent été de grands monarques, exerçant un pouvoir absolu sur les gens et sur l’univers qu’ils pouvaient contrôler. À ce titre, ils ont souvent été les détenteurs de richesses inestimables et d’œuvres des plus grands artistes.

Urbain VIII, qui fut ami de Galilée et qui pourtant n’hésita pas à laisser condamner son ami scientifique pour sauver sa peau papale, avait le sens de la famille, au point de nommer ses neveux à tous les postes importants ; s’il l’avait pu, il aurait sans doute instauré la papauté de père en fils. Comme la plupart des papes, il avait le goût du pouvoir, le goût des richesses et de l’exclusivité.

Il avait commandé au compositeur Gregorio Allegri un Misere pour les offices de la Semaine Sainte à la Chapelle Sixtine et il était interdit d’en plublier la partition ou d’exécuter l’œuvre à l’extérieur du Vatican.



Or, un jour, un jeune compositeur dont vous avez sans doute déjà entendu le nom, Wolfgang Amadeus Mozart, se trouvait à Rome avec son père, alors qu’il avait quatorze ans. Avec son père, il se rendit à la Chapelle Sixtine, entendit le Miserere et, rentrant à sa chambre, retranscrivit de mémoire l’œuvre de Gregorio Allegri. Grâce à Mozart, on put découvrir Allegri et son Miserere.

Il y a plusieurs années, mon Premier Grand Amour, qui vivait alors à New York, m’appela un jour de novembre et me dit qu’il fallait que j’achète un disque, enregistré par le St John’s College Choir, de Cambridge, et qui contenait un Miserere que je devais absolument écouter. Le lendemain, je me levai tard et au réveil, j’ouvris la radio et, quelques minutes après, on parla de ce Miserere, que l’on fit jouer. Comme coïncidence, on pouvait difficilement faire mieux. J’écoutai religieusement cet air, triste, mais (et) sublime. Quelques heures plus tard, j’allais acheter le disque. Je crois encore qu’il s’agit de l’un des plus beaux airs jamais composés : il faut l’écouter et le réécouter, chanté par de jeunes garçons à la voix on ne peut plus pure.


jeudi 16 novembre 2006

Chanson pour elle - Verlaine

Tu m'as frappé, c'est ridicule,
Je t'ai battue et c'est affreux :
Je m'en repens et tu m'en veux.
C'est bien, c'est selon la formule.

Je n'avais qu'à me tenir coi
Sous l'aimable averse de gifles
De ta main experte en mornifles,
Sans même demander pourquoi.

Et toi, ton droit, ton devoir même,
Au risque de t'exténuer,
Il serait de continuer
De façon extrême et suprême...

Seulement, ô ne m'en veux plus,
Encore que ce fût un crime
De t'avoir faite ma victime...
Dis, plus de refus absolus,

Bats-moi, petite, comme plâtre,
Et ensuite viens me baiser,
Pas ? Quel besoin d'éterniser
Une querelle trop folâtre.

Pour se brouiller plus d'un instant,
Le temps de nous faire une moue
Qu'éteint un bécot sur la joue,
Puis sur la bouche en attendant.

Mieux encor, n'est-ce pas, gamine ?
Promets-le moi sans biaiser.
C'est convenu ? Oui ? Puis-je oser ?
Allons, plus de ta grise mine !

dimanche 12 novembre 2006

Casto Divo

J'aime beaucoup les mots. Il m'est souvent arrivé de sentir avec eux une belle complicité...

Les mots sont des outils extraordinaires lorsqu'il s'agit d'exprimer des idées, des plus simples aux plus complexes. Toutefois, lorsque les émotions s'en mêlent, les mots parfois s'embrouillent. Et ce n'est pas parce que le mot « émotion » contient le vocable « mot » que le mot et l'émotion sont toujours à l'aise l'un avec l'autre.

Ces derniers jours, les mots et moi n'étions pas toujours sur la même longueur d'ondes. Cela dépendait un peu du contexte, des circonstances ; j'ai été invité à m'adresser à deux groupes d'étudiants universitaires, de premier et de deuxième cycle, et là je n'avais pas de difficulté à trouver les mots qu'il fallait. Mais dans ma vie personnelle, les mots semblaient vouloir me bouder. Et pourtant, je ne crois pas leur avoir fait de mal.

Étrangement, ces jours derniers, j'ai eu envie de chanter, ce qui ne m'était pas arrivé depuis très longtemps. Il y a des années que je n'ai plus chanté, même pas sous la douche. Est-ce le corps ou l'esprit qui proposait un moyen d'expression adapté aux circonstances ? je m'en moque un peu ! Toujours est-il que ces jours-ci, j'ai eu plus souvent envie de chanter que de parler. Je ne l'ai pas fait, mais je note à mon agenda qu'il faudra trouver bientôt le moyen de pouvoir le faire.

Cela m'a rappelé qu'il y a plusieurs années, alors que je traversais une crise difficile à la suite d'une remise en question de ma vie amoureuse, j'ai écouté beaucoup de musique, de Schubert, de Gustav Mahler, notamment, puis des airs d'opéra. Je n'ai pas la voix d'une soprano, croyez-moi, mais l'un des airs que j'ai sans doute écouté le plus souvent et qui exprimait pour moi la douleur que je voulais extérioriser, c'était l'air « Casta Diva », de l'opéra Norma, de Bellini, interprété par Maria Callas ; le voici :





samedi 11 novembre 2006

Le silence...

« Si ce que tu as à dire n'est pas
plus beau que le silence, alors tais-toi. »
(Proverbe chinois... souvent emprunté)

Et cela, même si ce silence est lourd
de toutes les choses qui ne sont pas dites.

Précision : il s'agit ici d'une pauvre tentative d'explication
du silence passé et de celui qui pourrait suivre
plutôt qu'une invitation à se taire.

Edward Munch, Le Cri

mardi 24 octobre 2006

Devant la porte sombre

En donnant ce titre à son Journal 1940-1943, Julien Green avait en tête la période sombre qui s'annonçait avec la Deuxième Guerre mondiale ; il évoquait sans doute aussi la part d'inconnu que représentait, pour lui personnellement, un exil au pays de ses parents, où il avait vécu durant trois ans au moment de la Première Guerre mondiale et dont il était revenu avec beaucoup de nostalgie mais avec une certitude : bien que né de parents « américains », il était vraiment français.

En mettant de côté la situation politique actuelle, on peut dire que nous sommes en ce moment devant une autre porte sombre : l'arrivée de l'automne, la diminution des heures d'ensoleillement, l'augmentation des jours gris et pluvieux. Et pour certains, l'arrivée de l'automne apporte sa dose d'angoisse à cause du froid, de la pluie et de l'hiver qui, tôt ou tard, montrera le bout de son nez.

Personnellement, l'automne ne me déplaît pas et l'hiver non plus, du moins au début. Je suis conscient toutefois que pour bien des gens les changements de saison ne se passent pas toujours en douceur ; et l'automne est particulièrement difficile pour bon nombre de personnes en raison des longues journées sans lumière. Il semble qu'une personne sur cinq souffre de troubles affectifs saisonniers, liés à la baisse d'intensité de la lumière et à la réduction des heures d'ensoleillement.


En recevant moins de lumière du jour, notre cerveau commencerait à fonctionner comme si c'était la nuit et enverrait aux corps des messages de « préparation du mode sommeil ». Cette perturbation serait d'ordre biologique, et non psychologique, et la coupable en serait une hormone, appelée mélatonine, qui joue un rôle important dans le besoin de sommeil ; la mélatonine, pour préparer au sommeil, exerce sur le corps un effet de fatigue. Nous subissons tous, à des degrés divers, les effets de la réduction de la lumière, sauf que certaines personnes en souffrent assez pour voir leur vie perturbée. Les travailleurs de nuit ou ceux qui vivent dans des endroits où il entre peu de lumière peuvent aussi en souffrir, même en été.

Si, avec l'arrivée de l'automne, vous ressentez les symptômes suivants, il y a bien des chances que vous souffriez de dépresssion saisonnière ou de troubles affectifs saisonniers :
  • changement des habitudes alimentaires, avec notamment un désir d'aliments sucrés, de féculents, de chocolat
  • prise de poids
  • baisse de l'énergie
  • plus grande sensation de fatigue
  • mauvaise humeur, irritabilité
  • tendance à dormir plus longtemps que d'habitude
  • difficulté à se concentrer
  • tendance à vouloir éviter les situations sociales
  • sentiments d'angoisse et de désespoir.

Fiat lux !

S'il n'y a pas d'autre cause, psychologique ou autre, à ces symptômes, n'allez pas dépenser une fortune en psychanalyse ou en médicaments. Le traitement pourrait être beaucoup plus simple que vous le croyez. En effet, la luminothérapie est efficace à 80 %.

C'est le Dr Norman E. Rosenthal, psychiatre et chercheur au National Institute of Mental Health, qui a été le premier à démontrer, en 1984, le lien entre lumière et dépression et à définir ce que l'on nomme maintenant la luminothérapie. « C'est en constatant que l'exposition à la lumière artificielle à large spectre pouvait bénéficier aux personnes souffrant de symptômes dépressifs pendant la saison hivernale que Rosenthal a pu démontrer le rôle joué par la luminosité sur les rythmes circadiens et l'humeur, et ainsi définir avec précision cette maladie. Rosenthal a publié de nombreux écrits, études et livres sur le sujet. Il demeure la référence incontournable en la matière. »


Pour bénéficier de la luminothérapie, il suffirait de s'exposer quotidiennement à une lumière à large spectre dont l'intensité varie entre 2 500 et 10 000 lux durant une demi-heure. L'exposition à cette lumière aurait un effet bénéfique sur notre horloge biologique qui régit un certain nombre de nos fonctions, comme la vie sexuelle, le rythme veille/sommeil, l'humeur, la capacité de concentration. Certains s'en servent pour combattre les effets du décalage horaire et l'on dit que la lumière aurait aussi un effet bénéfique sur le traitement de la maladie d'Alzheimer...


Je connais plusieurs personnes (amis, clients, psychologues) qui, souffrant des symptômes associés aux troubles saisonniers, se sont procuré des lampes spécialement conçues pour donner l'intensité lumineuse nécessaire. Il en existe différents modèles ; vous les trouverez sur ce site (français, mais l'équivalent existe au Québec et en Amérique du Nord).

Personnellement, même si je ne souffre pas trop de ces symptômes, j'ai bien l'intention de m'acheter le « simulateur d'aube », qui permet de s'éveiller en douceur, ainsi qu'une lampe de table que j'utiliserai en prenant mon petit déjeuner. Pour être efficace, la lampe doit être placée à la hauteur des yeux, car c'est par les yeux que le cerveau reçoit la lumière ; et même si l'intensité de la lumière est grande, on peut très bien continuer ses activités, que ce soit la lecture, le travail, la télévision... Il existe aussi un modèle de lampe que l'on peut fixer au-dessus de l'écran de l'ordinateur.


Il ne faut évidemment pas confondre ces lampes avec les lampes de bronzages, aux rayons UV ; celles-ci peuvent aussi avoir des effets bénfiques (je connais aussi des personnes qui utilisent les lampes solaires pour maintenir un bronzage et qui disent en tirer aussi un surplus d'énergie et une accélération de leur métabolisme), mais ces effets n'ont rien en commun avec ces lampes recommandées pour la luminothérapie. Et pour ceux qui n'aiment pas l'hiver, dites-vous que l'hiver, surtout lorsqu'il y a de la neige, est généralement plus lumineux que l'automne.

Ajout : À la demande générale, j'ajoute le site d'un distributeur nord-américain. Au Québec (et peut-être au Canada), il semble qu'il n'y ait qu'un distributeur de ces lampes. On peut bien sûr les trouver dans certaines boutiques de matériel orthopédique ; il faudrait vérifier si les prix sont moins élevés dans ces boutiques (je n'en suis pas sûr) : l'avantage, c'est qu'on peut y voir le produit avant de l'acheter. À Montréal, la boutique Medicus, par exemple, boulevard Saint-Laurent, au nord du boulevard Saint-Joseph, offre ces lampes. Autrement, on peut les commander par téléphone (un numéro sans frais) ; on trouvera les renseignements nécessaires et les coordonnées à cette adresse ; on trouvera ici aussi une liste de boutiques qui vendent ces lampes. Vous trouverez ici quelques suggestions de lecture et des liens supplémentaires.

samedi 14 octobre 2006

Tel qu'il est, il me plaît...

... ou ne pas prendre ses désirs pour la réalité

Non, non, ne vous réjouissez pas trop tôt : je n'ai pas encore rencontré un nouvel amour (même si mon coeur bat souvent plus vite à l'évocation d'un certain être). Je veux simplement vous faire entendre une chanson qui n'est pas tout à fait dans le style que l'on entend aujourd'hui (et je dis cela sans nostalgie particulière puisque j'écoute aussi bien de la chanson contemporaine que des chanson plus anciennes et si l'on pouvait trouver des enregistrements de musique de l'Antiquité grecque, par exemple, je serais sans doute un fidèle auditeur).

Le 2 octobre dernier, dans mon billet « Fleur bleue », j'évoquais une certaine bohème que me rappelait une chanson de Renaud que je venais de découvrir. Dans les commentaires à la suite de ce billet, Simeric suggérait Fréhel comme chanteuse évoquant le Paris d'avant-guerre (la Deuxième Guerre mondiale). Je connaissais l'existence de Fréhel, qu'il m'arrive d'écouter. Dans mes souvenirs indirects (je n'ai pas connu personnellement cette époque mais quand j'étais à Paris, on m'en parlait souvent), Fréhel est en bonne compagnie : Misstinguet (qui l'a précédée), Josephine Baker, Édith Piaf, Lucienne Boyer, Marie Dubas, Patachou, pour ne nommer que quelques femmes.


Fréhel est née en 1891 et décédée en 1951. Si on veut en savoir plus à son sujet, on aura plaisir à parcourir
ce site que je viens de découvrir.

En fait, je suis content de pouvoir enfin mettre de la musique dans ce blogue, grâce à Danaé qui m'a fourni l'adresse de
Radioblogclub. Merci Danaée.

Voici Fréhel :




Et pour les nostalgiques du vieux Montmartre (que je n'ai pas connu, rassurez-vous) :

mardi 3 octobre 2006

Un an, ça se fête



C'est aujourd'hui le premier anniversaire du blogue de mes amis Les Pitous et cela mérite un bon gâteau.
Le blogue des Pitous, Quai de Somme, a été celui qui m'a décidé à essayer d'ouvrir le mien. Merci G. et V., les deux Pitous d'Amiens et, surtout, joyeux anniversaire !

Comme nous sommes gourmands, j'ai pensé que deux gâteaux de chez LeNôtre, ce ne sera pas trop...

Je n'ai pas trouvé de chocolats pour les amateurs de Lettres classiques, mais pour l'occasion, j'ai pensé que Pythagore serait tout de même le bienvenu.

lundi 2 octobre 2006

Fleur bleue

Je n'ai pas grand-chose en commun avec Renaud, le chanteur (compositeur, écrivain, acteur), sinon d'avoir vécu un moment à Montparnasse. Pourtant, le personnage m'a toujours intéressé et, quand j'en ai l'occasion, j'aime entendre ses chansons...

Je ne sais pas pourquoi j'ai toujours été touché par ces garçons et ces filles qui ont connu la vie difficile des rues de Paris, des chambres de bonnes quand ils ne dormaient pas carrément sous les ponts ou dans des chambres qui devaient rapporter et qui, par conséquent, ne servaient pas qu'à dormir. Je n'ai toujours connu de la bohème que les bons côtés car, même en crevant de faim dans un studio de la rue Campagne-Première lorsque j'avais vingt ans, j'avais tout de même un toit sur la tête et quand je chantais, c'était sur les scènes des théâtres de France et de Belgique, et non pas au coin des rues ou sur un pont, fût-ce celui des Arts. Cependant, quand à l'adolescence j'ai voulu devenir chanteur, je lisais avec beaucoup de curiosité la biographie, souvent romancée, de ces chanteurs orphelins qui, se sauvant des foyers où ils étaient placés par les services sociaux, cherchaient la liberté où ils pouvaient la trouver, sous les ponts ou dans des chambres louches de Pigalle. J'ai sans doute enregistré dans mon subconscient qu'il fallait, pour atteindre son idéal, être prêt à laisser de côté le confort et tout ce qui n'était pas directement associé à son ambition, à sa vision de la liberté et de la réalisation de soi.

Même si j'ai habité quelques mois dans un hôtel du boulevard Raspail et quelques autres mois dans un studio d'artiste de la rue Campagne-Première, ma vie à Paris n'avait rien du confort des touristes de luxe. D'abord parce que l'argent que j'avais en arrivant devait être suffisant pour vivre à Paris durant trois semaines, et non pas des mois. Heureusement que des amis m'ont invité à chanter avec eux lorsqu'ils ont appris ma décision de rester à Paris plutôt que de rentrer à Montréal au bout des trois semaines que devait durer ce premier séjour ; l'argent que me rapportaient ces spectacles me permettait de vivre... tant que duraient les tournées. Les derniers mois furent difficiles car je n'avais pas de permis de séjour et si je trouvais facilement du travail dans des commerces ou dans des bureaux, on me faisait vite sentir, dès qu'on apprenait que je n'étais pas français, qu'on ne pourrait me garder puisque je n'avais pas de permis de travail.

Cette période de ma vie reste toutefois l'une des plus riches et des plus constructives. Si j'en ai longtemps gardé une profonde nostalgie, c'est que j'ai eu à ce moment-là le sentiment que ma vraie vie commençait à prendre forme. Malheureusement, il m'a fallu laisser là tout ce qui commençait et rentrer à Montréal, non pas parce que quelque chose d'intéressant m'y attendait, mais simplement parce que j'étais déjà depuis quelques mois en séjour illégal en France...

Depuis deux jours, j'écoute en boucle une chanson que je ne connaissais pas. Il s'agit d'une chanson de Renaud, « Le gringalet ». Je l'écoute pour les paroles, qui pouraient me faire pleurer bêtement en trouvant en moi des résonances profondes, mais aussi pour la musique qui a un petit air nostalgique, avec ses arrangements à l'accordéon qui, bien sûr, évoquent une certaine image des rues de Paris, et qui, par moments, rappellent... (non, je ne le dirai pas). Cette chanson me rappelle aussi « le clown » que chante Angélique Ionatos et que je voudrais que l'on puisse écouter... à mes funérailles (je ne suis pas pressé, cependant).

Je voudrais pouvoir mettre ici ces fichiers musicaux pour vous permettre de les entendre, mais je ne sais pas encore comment faire. Je vous mettrai au moins les paroles de la chanson de Renaud que j'écoute en alternance avec des airs de Bénabar, de Vincent Delerm et d'Yves Simon (« Diabolo menthe », « Au pays des merveilles »).




Le Gringalet

C'était un gringalet
pas vraiment laid,
mais il était
né à Paname,
tous ceux qui l'connaissaient
y disaient
qu'y savait
causer aux dames.

C'était pas un tocard,
un ringuard,
un traîne-boul'vard,
on l'app'lait l'Saint-Bernard,
le Mozart,
du pont des Arts.

C'était pas un dragueur,
un flambeur,
de fin d'semaine,
il amenait nos p'tites sœurs
un quart d'heure
su'l'bord d'la Seine.

Il avait pas eu d'père,
pas eu d'mère,
ni d'anniversaire,
il était né un soir,
rue Rochechouart,
près d'une poubelle.

Il avait pas eu d'chance,
ni d'vacances,
dans son enfance,
mais quand fallait d'l'ambiance,
sa seule présence,
c'était Byzance.

C'était un bon copain,
y méritait bien
cette chansonnette,
car il est mort de faim,
un beau matin,
rue d'la Roquette.

Cette chanson se termine,
ça m'déprime,
c'est pas humain,
moi j'aime pas les chansons
où les héros
y meurent à la fin.

dimanche 1 octobre 2006

Pour saluer Béo ;o)


Il ne s'agit pas d'une image de mon village natal, mais ça lui ressemble. Celui-ci n'est pas tellement loin du mien et il fait partie de cette superbe région du Québec : le Bas-Saint-Laurent ou, plus précisément : la vallée de la Matapédia.

Chez moi, ce serait plutôt par ici.

Et ici.


Et ici encore.



Le lac Matapédia, c'est pas mal non plus.


Et c'est par là.


Toutes les photos sont de Stéphane Gauthier et viennent d'ici.

mardi 26 septembre 2006

Sainte-Anne-de-Beaupré en octobre...

Olivier et Jean-Marc sont allés à Sainte-Anne-de-Beaupré et en ont rapporté de magnifiques photos (c'était l'automne dernier). C'est vrai que la région est très belle et peut faire plaisir aux voyeurs et aux capteurs d'images. Il y a quelques années, en route vers Charlevoix, je m'étais arrêté à Sainte-Anne et j'en avais rapporté... cette photo (et quelques autres du même genre).


Si vous voulez vraiment découvrir le lieu de pèlerinage, je vous suggère, à défaut d'aller vous-même sur place, d'aller admirer les photos de Jean-Marc sur le blogue d'Olivier de Montréal.

lundi 25 septembre 2006

... bien fol qui s'y fie.

Hier, je suis allé rejoindre l'un de mes frères à la sortie d'une station de métro. En sortant, je suis tombé sur ce massif de fleurs et je n'ai pu m'empêcher d'en prendre quelques photos.

En partant de chez moi, il faisait très beau, ainsi qu'en sortant du métro. Quelques minutes plus tard, le vent qui n'a pas beaucoup cessé de souffler ce dimanche, avait repris et malmenait ces fleurs.

Je ne crois pas que ce soit dû à la force du vent ni aux rigueurs d'un automne précoce, mais certains arbres avaient déjà perdu leurs feuilles. C'est vrai que chez les humains aussi, on voit souvent des calvities précoces.

En route vers Terrebonne, où j'allais manger au restaurant avec quelques membres de ma famille (nous étions 22), le ciel était devenu plus menaçant...

... et le vent, plus violent.

Si, dans les aéroports les gros porteurs continuaient d'arriver et de décoller, les petits avions étaient cloués au sol ; c'est encore heureux que le vent n'ait pas essayé de s'amuser à les faire voler sans pilote et sans moteur.

Heureusement, en arrivant au restaurant, l'ambiance était à la fête ; on a vite oublié qu'à l'extérieur le vent était menaçant et que quelques centaines de mille concitoyens étaient privés d'électricité.

jeudi 14 septembre 2006

Pas de retraite à la Santé

Jacques Chirac n'a pas envie de prendre sa retraite à la prison de la Santé. Et pour tenter de se réserver des jours meilleurs où le soleil sera plus présent que l'ombre de sa conscience, il n'a pas trouvé de meilleur moyen que de nommer Procureur général un ami personnel. Quand on sait quel pouvoir suprême a le Procureur général sur toute l'administration de la Justice, on se dit que Monsieur le Président, qui prendra sa retraite en 2007, et qu'attendent de nombreuses poursuites et enquêtes, notamment pour détournement de fonds publics, n'a pas la conscience tranquille.


Il ne souhaite pas aller en prison et au fond, c'est par pur altruisme : il veut éviter aux contribuables français des dépenses inutiles. Car si le rôle de la prison est de permettre au condamné de s'amender et de se réinsérer dans la société après une période d'isolement, Jacques Chirac sait bien, lui, qu'il n'a aucune chance de s'amender ; pourquoi alors lui assurer le gîte et le couvert jusqu'à la fin de ses jours ?


Ces deux caricatures de Delize montrent bien la subtilité du procédé ; je n'ai pas pu résister à la tentation de les afficher ici. Merci Delize.

On s'étonnera ensuite que les citoyens ne croient plus à la Justice ni à la Politique ! Juppé, Tibéri, Chirac, ... Certains, plus à droite qu'à gauche, confondent « vouloir » et « avoir » le bien public.

mercredi 13 septembre 2006

As-tu ta fiole, Carole ?


Quelques mots en vitesse pour vous tenir au courant de mon emploi du temps.

En ce moment, je suis partout à la fois :
- devant mon ordinateur à écrire des textes et à en effectuer la mise en page pour un site Web qui, en principe, sera en ligne... ce jeudi (et je ne connais pas grand-chose à l'informatique)
- près de mon téléphone à répondre à des demandes de renseignements ou à régler les détails d'un événement à venir
- à ma table de travail à planifier des activités pour les prochain mois
- devant mon programme de messageries électroniques à écrire de longs courriels à des éventuels partenaires ou à des personnes que nous voulons honorer
- dans des salles de cours ou des bureaux de professeurs d'université
- dans des salles de réunion ou des restaurants à discuter d'affaires diverses

Mais lundi matin, je me suis sauvé de chez moi pour aller assister à un lancement officiel et prendre une verrée (pardon, je ne suis pas en Suisse : un verre), même plus d'un, de ce liquide pétillant qui a donné son nom à la couleur chic dont on on aime parfois repeindre ses murs. En fait, pour porter un toast, cette fois, il aurait fallu plutôt dire « prendre une fiolée », car le champagne était servi dans ce récipient de verre.

Les mots, d'esprit, de préférence, étaient à l'ordre du jour. Le chiffre dix était à l'honneur — ou « X » comme l'écrivaient les Romains dont les Gaulois aimaient bien se moquer.

Ni Astérix ni Obélix n'étaient présents, mais il y avait une foule de savants druides. Il y avait là sans doute près deux cents personnes, au moins, qui ne brillaient pas forcément de l'éclat de leur tenue vestimentaire. Si tout le monde n'a pas pris la parole, la plupart d''entre eux n'avaient pas la langue dans leur poche. Nous n'avons pas parlé de poison, mais de son remède... Bref, ce fut quelques heures délicieusement bien remplies, pour le corps et pour l'esprit.

Je vous en reparlerai un autre jour, car je suis en retard pour une réunion.

samedi 9 septembre 2006

Benoit XVI, mêlez-vous de vos affaires !

J'ai été baptisé dans les jours qui ont suivi ma naissance et j'ai été élevé dans la religion catholique. J'aurais même pu devenir prêtre... J'ai depuis longtemps cessé de pratiquer mais je suis toujours resté en bon termes avec les pratiquants et il m'arrive même de participer activement à des cérémonies religieuses (lors de mariages ou de funérailles, par exemple - le mot « funéraille » est toujours au pluriel, n'en déplaise à l'archevêque de Montréal). Je n'ai jamais apprécié que l'on dénigre la foi, la religion, l'Église, préférant m'abstenir plutôt que de dénigrer, pas seulement pour assurer mon salut comme celui qui dit qu'il n'est pas superstitieux mais qui agit comme s'il l'était, mais parce que je considère que l'agressivité est de l'énergie négative et que je préfère me concentrer sur ce qui est plus positif.

Cependant, quand je lis ou que j'entends que l'Église, des évêques ou le pape s'en prennent aux lois, québécoises, canadiennes et autres, lois qui accordent à des minorités les mêmes droits et privilèges des majorités, lois qui empêchent la discrimination et permettent à toutes les personnes de vivre dans la même dignité et la même liberté que s'arrogent toutes les majorités, là mon sang ne fait qu'un tour.

Que cette institution, au nom de la morale, veuille imposer la censure et la répression à la façon du triste régime soviétique, que son Pasteur suprême, du haut de son infaillibilité, joue le jeu politique des régimes totalitaires et répressifs pour tenter d'influer sur les politiques de pays pour qui les droits des uns et des autres sont équivalents, là je m'insurge.

Ce n'est pas moi qui tenterai de monter en épingle la jeunesse nazie de celui qui aujourd'hui se fait appeler chef de l'Église sous le nom de Benoît XVI. Cependant, je n'hésiterai pas à dénoncer le crime contre l'humanité, le génocide dont il est responsable, tout comme son prédécesseur, en interdisant en Afrique l'utilisation du condom pour empêcher la prolifération de l'épidémie du VIH. Et je n'hésiterai pas non plus à dénoncer catégoriquement son intrusion dans la vie démocatique des pays qui croient qu'un citoyen, quelle que soit sa foi ou son orientation sexuelle, reste une personne dont la dignité et les droits méritent le respect.

Que le chef suprême de l'Église répande sa doctrine à ses fidèles, c'est dans l'ordre, mais qu'il joue le jeu politique de tous les groupes conservateurs qui nient aux minorités les droits et libertés qu'ils s'arrogent, c'est tout à fait inacceptable. Cela ne m'inspire qu'une expression bien sentie : « Benoît XVI, mêlez-vous de vos affaires ! » Et j'ajouterais : « Et répandez partout l'amour et l'accueil au lieu de semer toujours l'intolérance et la répression ! Car, vous devriez le savoir, de tels discours donnent des munitions aux tabasseurs de tous ordres qui, au nom de la morale et de l'amour de Dieu, ont le bâton plus meurtrier que celui du pèlerin. Vos idéaux d'amour et de respect de la vie, formulés en termes politiques comme ceux que vous avez prononcés devant des évêques canadiens, justifient aux yeux de tous les voyous intolérants la violence envers tous ceux qui, au nom de l'égalité et de la justice, osent réclamer le droit d'aimer au grand jour qui ils aiment. »

Le pape dénonce le Canada
Mathieu Perreault (Le samedi 9 septembre 2006)
La Presse

Le pape Benoît XVI a dénoncé hier la loi canadienne permettant le mariage homosexuel, dans un discours aux évêques ontariens qui le visitent au Vatican. Il a aussi attaqué la permissivité canadienne à l'égard de l'avortement.
« Au nom de la tolérance, votre pays a fait la sottise (folly) de redéfinir le concept d'époux et, au nom de la liberté de choix, il fait face chaque jour à la destruction d'enfants non nés », a déclaré le pape en anglais.
Il s'agit des propos les plus directs et les plus durs que Benoît XVI ait faits sur cette question depuis son élection. En juillet dernier, au cours d'une visite en Espagne, un pays qui vient de permettre le mariage homosexuel et de bouter la religion hors des écoles, il s'était limité à dénoncer le sécularisme et le relativisme.
Selon plusieurs observateurs, le ton musclé qu'a pris le pape signifie qu'il veut influer sur le vote libre que pourrait tenir le gouvernement Harper sur le mariage homosexuel, cet automne. « C'est sûr que ce n'est pas une coïncidence», explique Donald Tremblay, prêtre dans le diocèse de Saint-Jérôme. « Le secrétariat d'État du Vatican est sûrement au courant du vote libre.»
Ce discours tranche aussi avec ceux que le Saint-Père avait prononcés lors des visites des évêques du Québec et des Maritimes, en mai dernier. Aux Québécois, il avait aussi parlé des méfaits du sécularisme et du relativisme alors que, avec les évêques des Maritimes, il avait déploré le faible taux de natalité du Canada. Cette année, les évêques canadiens se rendent tous au Vatican, en quatre groupes, pour une visite ad limina, une tradition qui a lieu tous les cinq ans.
« Les discours du pape durant les visites ad limina sont souvent influencés par les demandes des évêques», indique Gilles Routhier, théologien à l'Université Laval. « Or, l'Église catholique est assez différente au Québec et en Ontario, où elle a une force croissante et s'appuie beaucoup sur des communautés qui ont connu la vie derrière le rideau de fer, comme les Hongrois, les Polonais et les Ukrainiens. Cela rend l'Église ontarienne plus prompte à affirmer ses valeurs.»
« Il est possible que, dans sa déclaration à Benoît XVI, elle ait fait référence au mariage homosexuel et à l'avortement, poursuit-il. Cela dit, on peut aussi penser que les différents discours du pape aux évêques canadiens constituent plusieurs chapitres de sa réflexion et qu'il est normal qu'il dise des choses différentes chaque fois.»
La référence à l'avortement est issue de l'opposition des catholiques ontariens à Jean Chrétien et à Paul Martin, selon John Henry Weston, éditeur du site Lifesitenews à Toronto.
« Ils avaient déjà déclaré qu'ils étaient catholiques, dit M. Weston. Or, ils ont amené le Parti libéral très à gauche sur les questions sociales. On avait souvent évoqué à ce moment la possibilité de leur refuser la communion. » M. Weston pense lui aussi que la référence au mariage homosexuel est due au vote libre.


mercredi 6 septembre 2006

Billet à venir

Ce billet est en cours de rédaction...

mardi 5 septembre 2006

Denis nostalgie...

Quelle pernicieuse curiosité m'a fait effectuer sur Internet une recherche simple dans sa démarche mais combien troublante dans ses résultats ! Après avoir évoqué dans le billet précédent l'ami Denis, séduisant jeune homme que je voyais assez régulièrement du temps que je vivais à Paris, mais que je n'aurai vu que très rarement par la suite, j'ai cherché son nom, sachant qu'il avait fréquenté les gens riches et célèbres et qu'il avait lui-même connu un peu de succès...

J'ai eu la surprise de voir apparaître son nom sur plusieurs pages de sites Web divers. Je n'ai trouvé aucune trace de ses fréquentations avec Noureev, mais j'ai trouvé son nom dans le générique d'un film dont Éric Rohmer était le scénariste ; j'ignorais qu'il avait fait du cinéma et, étrangement, j'étais à Paris quelques jours avant la sortie en salle du film dans lequel il avait joué et, par hasard, en allant chercher mon ami André au studio de la rue de la Michodière, j'avais croisé Denis qui venait de terminer une leçon de danse. Il y avait dix ans que je ne l'avais vu et il n'avait pas beaucoup changé ; nous avions parlé un moment, échangé des souvenirs. Il ne m'avait pas mentionné ce film qui allait sortir quelques jours plus tard dans les salles de cinéma ; André ne m'en avait pas davantage parlé, ni à ce moment-là, ni plus tard.

J'ai trouvé aussi sur Internet plusieurs curriculum vitae d'artistes qui avaient exposé à la galerie qu'il avait ouverte quelques années plus tôt, qui portait son nom, et où j'étais allé rencontrer Marc qui gérait la galerie à ce moment-là. J'avais d'ailleurs reçu, quelques mois plus tôt, une invitation à un vernissage qui devait avoir lieu à la galerie ; je ne pouvais bien entendu pas me rendre à Paris pour ce vernissage que Marc était fier de m'annoncer, mais je dois dire que j'étais très ému de reconnaître sur l'enveloppe et dans les quelques mots qu'il avait ajoutés sur le carton l'écriture de Marc que je n'avais pas revu non plus depuis quelques années. Marc avait quitté Paris au moment où j'y étais encore pour aller travailler à Monaco avec une compagnie de danse réputée.

Les résultats de cette recherche m'ont aussi conduit sur un site faisant état de la récente vente aux enchères d'un meuble qui avait fait partie de la collection de Denis et qui s'était vendu quelques milliers d'euros.

Tout cela a éveillé en moi la douleur de l'annonce de sa mort, il y a tout de même plusieurs années. Je connais presque par coeur la lettre de sa mère adressée à mon ami André pour lui décrire le départ de Denis au cours de l'été, alors que presque tout le monde était en vacances et loin de Paris. Étonné de constater la peine terrible que me causait la mort de Denis, André m'avait fait lire la lettre de sa mère, sans doute quelque peu soulagé de pouvoir partager avec moi sa propre douleur devant la disparition de l'un de ses meilleurs élèves et l'un des merveilleux complices de joyeuses vacances à La Baule.

lundi 4 septembre 2006

4 septembre

J'ai une mémoire qui fonctionne beaucoup par associations (comme la mémoire de chacun de nous, peut-être : je n'ai pas l'esprit scientifique au moment d'écrire ces lignes). Très souvent le matin, en pensant à la date du jour, il me vient à l'esprit des images, des souvenirs ou encore le nom d'une personne dont c'est l'anniversaire ou bien un événement, ancien ou récent, politique ou historique...

Le 4 septembre, par exemple, évoque pour moi d'abord le nom d'une station de métro, à Paris, et la rue du même nom. Quand j'avais vingt ans et que je vivais à Paris, des amis qui faisaient partie de la même troupe de spectacles que moi et d'autres qui étaient des amis de ces amis, devenus mes amis, prenaient des leçons de danse classique chez un professeur du conservatoire qui avait son école privée au 11, rue de la Michodière, presque à l'angle de la rue du Quatre-Septembre. J'allais souvent chercher là, à la fin de sa leçon de danse, Marc, un ami qui m'était un peu plus cher que les autres ; parfois nous partions seuls tous les deux ; d'autres fois, nous allions à plusieurs prendre un verre ou manger au café La Côte-d'Azur, à l'angle des deux rues précédemment citées ; mais le plus souvent, si je ne restais pas seul avec Marc, nous sortions avec Denis, un garçon fabuleusement beau et séduisant dont l'annonce de la mort, plusieurs années plus tard me fit un choc terrible...


L'année suivante, j'étais à Montréal, inconsolable de ne plus être à Paris et de ne pas savoir quand je pourrais y retourner. Dans ce cruel exil que constituait pour moi le retour à Montréal, je me plongeai dans les livres et je découvris rapidement Chateaubriand, d'abord Atala et René puis, un peu plus tard, les Mémoires d'outre-tombe dont, durant de nombreuses années, j'entreprenais chaque automne la lecture. Or François-René de Chateaubriand est né le 4 septembre 1768 ; le 4 septembre de chaque année je ne peux m'empêcher de penser à cet écrivain, surnommé « l'Enchanteur » et qui a réellement enchanté mes jours par la poésie de ses écrits...

dimanche 3 septembre 2006

Pauvre Corneille !

Si je dis : « Pauvre Corneille ! », qu'est-ce que vous croyez que j'ai en tête ?

Cet oiseau à la robe aussi noire que celle de certaines de nos vedettes de la radio ou de la télévision ? Cet oiseau qui craille, graille ou corbine, comme vous voudrez l'entendre, que certains identifient aux oiseaux de malheur ou à la mort parce qu'il se nourrit de cadavres d'animaux et qu'on l'imagine hanter les cimetières. C'est un oiseau d'autant plus inquiétant qu'il est craintif et qu'il fuit l'homme...


Ou plutôt ce
chanteur d'origine rwandaise établi au Québec, qui connaît plus de succès que l'oiseau précédent.


Ou bien cet auteur classique, auteur de cette phrase classique des joueurs de carte : « Rodrigue, as-tu du coeur ? »


Vous avez 15 secondes pour deviner la bonne réponse...


Si vous avez choisi la troisième option, vous avez gagné.


Sauf que lui, le pauvre, on l'a bien oublié en 2006. Lui qui a tant fait pour l'honneur et la gloire de la France, pour le théâtre et la littérature classique, a vu passer son 400e aniversaire de naissance, le 6 juin dernier, dans la plus complète indifférence. Ni le Premier ministre français, trop occupé à essayer d'éviter les coups de Jarnac de son rival sarkarriviste, ni le ministre de l'inculture n'a songé à marquer de façon digne de la France et du mérite cet auteur classique son 400e anniversaire de naissance. Pauvre Corneille, deux fois enterré !




samedi 2 septembre 2006

Les effets (amusants) de Brokeback Mountain ? chapeau !

Je ne sais pas si c'est la saison, le temps frais, le fait que je sois occupé ou plutôt le fait que mes efforts semblent porter fruit, je suis assez de bonne humeur ces jours-ci.

Quand je suis chez moi, la plupart du temps, je suis concentré sur des plans d'actions, des textes de site Web à mettre en ligne bientôt, des lettres et des courriels à envoyer pour obtenir des rendez-vous ou pour proposer des collaborations...

Mais j'ai souvent envie de sortir, d'être dehors, dans la rue ou dans les commerces ; j'ai souvent envie d'aller manger au restaurant plutôt que de cuisiner et, si je m'écoutais, j'achèterais tous les jours des livres, des dictionnaires, des logiciels, des appareils électroniques... à condition que mon compte bancaire soit capable de supporter mes envies (et ce n'est pas le cas ; mais au lieu de m'en attrister, je me dis que bientôt je le pourrai : je ne sais pas encore comment, mais je veux y croire).

Quand je suis à l'extérieur, je suis donc plus détendu et souriant que lorsque je suis chez moi (à moins qu'un appel téléphonique ou une communication sur Internet ne m'apporte une joie que je n'attendais pas). En sortant de l'épicerie et en voulant prendre l'escalier (le commerce est sous-terrain) pour rentrer chez moi, j'ai un croisé un jeune homme dont l'allure m'a fait sourire. Grand, mince, il détonnait un peu à cet endroit ; avec son grand chapeau de cowboy de couleur écru, on l'aurait dit tout droit sorti des décors de Brokeback Mountain.

vendredi 1 septembre 2006

Le charme discret d'une voix...


J'ai toujours été sensible à la voix des personnes que je rencontre. Et s'il m'arrive d'être séduit par l'apparence, l'attitude, la tenue, la personnalité de quelqu'un, je suis subjugué si, en plus, la voix me plaît.

La voix, c'est d'abord, comme pour un instrument de musique, un timbre ; la qualité du son dépend en grande partie du genre d'instrument et de sa qualité. Les violonnistes, par exemple, rêveront de jouer sur des Stradivarius, réputés pour la qualité exceptionnelle de leur sonorité. Mais l'instrument ne fait pas tout : nous avons ici une violonniste réputée qui joue sur un Stradivarius qu'on lui a confié et que, personnellement, je n'aime pas écouter ; il me suffit d'entendre à la radio un extrait de ses disques pour que je puisse l'identifier, non pas au son de l'instrument lui-même mais à l'ennui que distille le jeu de l'interprète.

Une voix peut se travailler comme on travaille un instrument. Quand j'entends un animateur de télévision qui se prend désormais pour le pape de la culture au Québec dire qu'il n'aime pas sa voix, je suis plutôt d'accord avec lui : elle est très désagréable. Mais qu'il se refuse à faire quoi que ce soit pour y rémédier, c'est ne pas aller assez loin dans son constat car, si vraiment il était sincère, il prendrait les moyens requis. Les professeurs d'art dramatique et les professeurs de chant diront, à l'instar du célèbre docteur Tomatis, qu'une voix est un instrument, sans doute le plus sensible et le plus riche des instruments et qu'à ce titre, on peut lui faire produire les sons les plus variés et les plus agréables qui soient.

Adolescent, je n'aimais pas non plus ma voix et je n'aimais surtout pas que l'on m'appelle « mademoiselle » quand j'appelais dans un bureau ou que je répondais au téléphone. Ma voix a bien entendu mûri avec l'âge, mais je n'ai pas attendu le plein épanouissement de ma virilité pour tenter de tirer le meilleur de mon instrument vocal. Je me suis acheté un magnétophone d'une excellente qualité (Adamo avait le même, sans avoir la même voix que la mienne) et durant des heures, tous les jours, je m'amusais à enregistrer ma voix et à essayer d'en modifier le timbre, les sonorités, à changer ce que je n'aimais pas entendre en accentuant ce que je trouvais bien. J'écoutais des enregistrements de grands acteurs ou de chanteurs dont la voix parlée me plaisait autant que la voix chantée. Puis je lisais et relisais des textes que j'aimais (Corneille, Racine, Molière, Voltaire, Chateaubriand, ...)

J'ai vite compris aussi que pour être bien compris, un son devait être bien articulé. J'ai travaillé la prononciation, la diction, l'articulation... Puis, un peu plus tard, j'ai pris des leçons de chant, de pose de voix et des leçons d'interprétation dramatique. Il ne me restait plus qu'à permettre ensuite à ma sensibilité de trouver sa voie dans tout cela...

Je suis de moins en moins intéressé à participer à des événements mondains où la tenue vestimentaire que l'on porte est plus intéressante que quoi que ce soit d'autre. S'il m'arrive d'y être, je suis souvent choqué quand, voyant tout le soin que certains femmes ont apporté au choix de leur robe, à leurs bijoux, à leur coiffure, à leur maquillage et à leur parfum, elles révèlent une étonnante vulgarité dès qu'elles font entendre leur voix. Cela arrive à des hommes aussi, bien entendu, mais sans doute parce que, la plupart du temps, ils accordent moins d'importance à leur apparence physique, on ne s'attend pas à autant d'élégance dans la voix. Et pourtant, il nous arrive d'être surpris...

Hier, j'étais en train de choisir des fruits à l'épicerie quand j'ai vu arriver un jeune homme dont la beauté m'a saisi ; il était suivi d'une jeune fille dont l'apparence ne jurait pas trop à côté de son ami. Chaque année, à la fin du mois d'août, les étudiants de l'université débarquent dans mon quartier et je suis souvent émerveillé de constater la santé et la beauté de la relève... Tout en choisissant mes fruits, j'étais attentif aux gestes du jeune homme et de son amie, amusé de voir à quel point ils étaient assortis et que semblait régner entre eux une belle complicité. Puis j'ai entendu sa voix : horreur ! la belle avait une voix de canard !