lundi 28 juin 2010

Ma tasse de thé contre un Airbus

Toujours soucieux de gérer sainement l'argent des Français, le petit locataire de l'Élysée voit grand. Jugeant que la garden-party du 14 juillet représentait pour l'Élysée une dépense excessive, le président a décidé de l'annuler. Il a un peu hésité entre l'annulation de la garden-party et le défilé traditionnel sur les Champs-Élysées, mais il a dû juger que le défilé le rendrait personnellement visible à un plus grand nombre de ses sujets, il a décidé de maintenir le défilé. 7 500 invités du président seront privés de cette petite célébration dans les jardins. Puisque les commandes ont probablement été annulées à la dernière minute, compte tenu de l'impulsivité du locataire, l'Élysée devra peut-être compenser les fournisseurs. L'an dernier la garden-party avait coûté aux Français 732 826 euros, dont 313 618 euros pour les traiteurs, 43 128 euros pour les vins et le champagne. Puisqu'il faut se serrer la ceinture, l'Élysée donnera l'exemple.


Le président voit grand, mais cela ne l'empêche pas de voir haut. Puisqu'il faut se serrer la ceinture, il le fera de la plus belle manière. Il a commandé une ceinture de 176 millions d'euros. Mais à ce prix-là, les Français seront heureux de savoir que le président obtient, avec sa ceinture, un Airbus A330-200.

Pour faire plaisir au petit Roi-lunettes-soleil, on a réaménagé complètement la cabine de l'avion. On a remplacé les 324 sièges existants par une soixantaine de fauteuils plus confortables. On a aménagé une grande salle de réunion, une chambre pour le président, avec une vraie douche. À 10 000 mètres d'altitude, le président pourra naviguer sur Internet pour voir ce que l'on dit de lui, Carla pourra commander du haut du ciel un nouveau sac à main de 30 000 euros. Le président sera bien protégé : on a renforcé la carlingue de l'avion et on l'a équipé d'un système de leurre antimissiles.

Bien sûr, il s'agit d'une dépense de 176 millions d'euros, mais n'oubliez pas que le président a renoncé à une dépense de plus de 700 000 euros pour la tasse de thé et les petits fours qu'il offrait à ses 7 500 invités. Bien sûr, chaque heure de vol de ce jouet coûtera aux Français 20 000 euros - contre 8 000 pour un appareil ordinaire -, mais n'oubliez pas que c'est pour le prestige de la France.

dimanche 27 juin 2010

Des discussions en vue

Je réfléchissais ces jours-ci à la pertinence de continuer ce blogue.
La solution serait peut-être que je me recycle en chroniqueur sportif.
Je ne serai pas forcément plus mauvais que les arbitres de la Coupe du Monde ? Croyez-vous ?


Le but injustement refusé à Franck Lampard lors du 8e de finale du Mondial-2010 entre l'Allemagne et l'Angleterre (4-1), dimanche, va inévitablement relancer le débat récurrent sur l'arbitrage-vidéo auquel s'opposent l'International Board et la Fifa.

Photo: AFP

Agence France-Presse
L'arbitre uruguayen Jorge Larrionda n'a pas accordé le but à Lampard alors que les ralentis télévisés montrent clairement que le ballon avait franchi la ligne de but à la 38e minute du match.Cette erreur constitue un élément supplémentaire dans le débat, près de huit mois après la fameuse main de Thierry Henry, à l'origine du but de la qualification française pour le Mondial, le 18 novembre 2009 lors d'un match de barrage face à l'Eire (1-1 a.p.).

Fera-t-elle vaciller la Fifa et surtout l'Ifab (l'International Football Association Board, qui régit les lois du jeu), arc-boutées sur leur refus de toute assistance par la vidéo et que même ce scandale planétaire n'avait pas fait bouger? Rien n'est moins sûr.

Le 6 mars, la planète football avait cru voir enfin une évolution, le Board ayant accepté pour la première fois de mettre à l'ordre du jour de son assemblée générale l'assistance technologique à l'arbitre.

Le rugby pionnier

Mais la sentence fut sans appel: après s'être fait présenter à Zurich, au siège de la Fifa, deux technologies d'assistance vidéo à l'arbitrage sur la ligne de but, l'Ifab avait décidé de ne pas les intégrer à son règlement et aux Lois du jeu.

Dans un entretien à l'AFP en décembre 2009, Michel Platini, président de l'UEFA, n'avait pas hésité à dire que l'arbitrage sous sa forme actuelle était «mort». Mais l'ancien meneur de jeu des Bleus a toujours été hostile à l'introduction de la vidéo, militant plutôt pour l'arbitrage à cinq, son cheval de bataille, introduit en Europa League cette saison.

Le 18 mai, le Board a ainsi autorisé l'extension de l'arbitrage à cinq. Du coup, l'UEFA a décidé de l'introduire dès la saison prochaine en Ligue des champions, puis à l'Euro-2012 (qualifications comprises). L'arbitrage vidéo attendra.

Le secrétaire général de la Fifa Jérôme Valcke a d'ailleurs répété samedi que la Fédération internationale envisageait l'introduction de l'arbitrage à cinq mais pas de la vidéo.

Comparé au football, le rugby fait figure d'avant-gardiste. Depuis 2001, d'abord dans le tournoi des six nations puis progressivement dans les autres compétitions, l'arbitre a la possibilité de demander l'appui de la vidéo sur des phases de jeu bien précises (essai, faute dans les 5 mètres précédant l'en-but).

Le tennis a également franchi le pas en 2006 avec le «Hawk-eye», un système de vidéo-assistance (deux ou trois recours possibles par set).

Les ralentis télévisés montrent clairement que le ballon avait franchi la ligne de but.
Photo: Reuters

samedi 26 juin 2010

Come on England !


Je n'ai jamais été très intéressé par le sport, ni pour le pratiquer moi-même, ni pour pour suivre, dans les stades ou à la télévision, les exploits des autres. Pourtant, je crois que, si les conditions avaient été réunies pour m'en faciliter l'accès, j'aurais aimé pratiquer certains sports, comme le tennis, la natation, et quelques autres. J'avais commencé un jour des cours d'escrime, que j'avais dû abandonner pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la discipline elle-même.

Contrairement à moi, Alexander a commencé très jeune à faire du sport. Peut-être qu'au départ, il n'a pas eu tellement le choix : à l'école, au collège, à l'université, le sport était de rigueur. Il aurait certainement préféré se laisser enfermer dans la bibliothèque ou s'allonger par terre pour observer le travail des fourmis plutôt que de se joindre à ses camarades pour pratiquer des sports parfois violents. Son emploi du temps était bien organisé ; à l'acquisition du savoir scolaire, des connaissances intellectuelles, il ajoutait la pratique du chant, du piano, de l'aquarelle, de la couture, de la broderie, etc. Ce qu'il n'apprenait pas à l'école, enfant, il demandait aux autres, à sa grand-mère notamment, de le lui enseigner. C'est son frère qui lui apprit à se battre afin de pouvoir se défendre.

Son sport préféré, qu'il avait choisi très tôt, c'était le polo, qui lui permettait d'exprimer son agilité et son son sens de la stratégie tout en jouant avec l'animal le plus noble qui soit : le cheval. J'étais si fier lorsqu'il quittait Londres, habituellement le dimanche, pour aller vers le nord de l'Angleterre rejoindre son équipe de polo. En me disant qu'il allait jouer pour moi, il le pensait vraiment ; un jour, il a provoqué un petit scandale en attachant à la bride de son cheval un ruban bleu et un ruban blanc, qui n'étaient ni les couleurs de sa région, ni les couleurs de sa famille, ni les couleurs de son équipe, mais « les couleurs de son amour, les couleurs du Québec ». J'avais plusieurs raisons d'être très fier : il était un excellent joueur (il ne le disait pas lui-même, mais d'autres sources me l'ont confirmé), souple, agile, faisant corps avec son cheval ; il jouerait pour moi et remporterait la partie. Il ne s'attribuait jamais le mérite des bons coups ; c'était un sport d'équipe et s'il y avait des louanges à distribuer, c'était aux chevaux qu'il fallait les attribuer.


Nous n'avons pas beaucoup parlé de football, le sujet n'étant pas vraiment d'actualité durant cette période. Je savais cependant que, s'il ne jouait pas lui-même au football, il encourageait sans réserve ses clubs préférés, Man U (Manchester United) notamment.

Jane me rappelle l'enthousiasme d'Alexander lors de l'édition 2006 de la Coupe du Monde et sa fierté de mettre sur sa voiture (« une voiture noire ») le drapeau aux couleurs de son pays portant, comme un cri du coeur, la mention « Come on England ».

Sachant qu'Alexander serait fébrile en ce moment, encourageant son équipe (il a sans doute en ce moment le meilleur point de vue pour ne rien manquer et il fait sûrement tout ce qu'il peut pour soutenir les siens), et pour partager l'enthousiasme de mon ami gallois qui ne verra peut-être pas le prochain match, j'ai commencé à m'intéresser aux compétitions actuelles et, pour rien au monde, je ne voudrais manquer d'encourager l'équipe d'Alexander. Dimanche matin, donc, je serai devant mon téléviseur et si je ne crie pas très fort ces mots, je les penserai et les sentirai fortement : « Come on England ! »

Trop tard pour les canards


Jamais trop tard pour les connards !

Le Canada produit du pétrole, en Alberta, d'une manière des plus dommageables pour l'environnement. Leurs méthodes ont des conséquences néfastes. En une seule fois, 1600 canards ont payé de leur vie le manque de responsabilité et d'esprit civique d'une compagnie pétrolière. Heureusement, un juge vient de condamner la pétrolière. Cela ne ressuscitera pas les canards mais fera peut-être réfléchir les connards !

Agence France-Presse
Montréal

Un juge canadien a reconnu coupable vendredi la compagnie pétrolière Syncrude de la mort de 1600 canards qui s'étaient posés sur un bassin de décantation utilisé pour l'exploitation des sables bitumineux, ont rapporté les médias canadiens.

Le juge Ken Tjosvold, du tribunal d'Edmonton a estimé que la société canadienne n'avait pas pris les moyens nécessaires pour éviter que les oiseaux migrateurs, des sauvagines, ne se posent dans ce lac artificiel, situé à 40 km de Fort McMurray, dans le nord-est de l'Alberta.

Les oiseaux étaient morts mazoutés après y avoir barboté en avril 2008.

« Au cours des dernières années, Syncrude a réduit le nombre de ses équipements (pour éloigner les oiseaux de l'endroit pollué), ainsi que son personnel », a déclaré le juge lors de l'énoncé de son verdict.

La compagnie pétrolière n'a pas agi assez rapidement pour éviter la mort des oiseaux, a asséné en outre le magistrat, dont les propos ont été rapportés par le site internet du quotidien The Globe and Mail.

L'entreprise risque une amende de 800 000 dollars canadiens, voire plus si le juge décide d'un prix pour chaque tête de canard empoisonnée, selon les médias canadiens. La sentence doit être connue le 20 août.

À aucun moment toutefois ce procès n'a été celui des bassins de décantation creusés par l'industrie des sables bitumineux. Pour séparer le brut du sable dans lequel il est mélangé, les entreprises pétrolières utilisent des quantités faramineuses d'eau. Une fois souillé, le liquide est déposé dans d'immenses lacs artificiels, au grand dam de nombreux riverains et écologistes.

« Nous sommes vraiment ravis par ce verdict, mais nous aurions préféré qu'il intervienne il y a 30 ans, de telle sorte que nous n'ayons pas à traiter 170 kilomètres carrés d'eaux toxiques », a réagi dans un communiqué Sheila Muxlow, responsable locale de l'ONG environnementaliste Sierra Club.

vendredi 25 juin 2010

En souvenir de...

29 août 1958 - 25 juin 2009

« Avant de me juger, essayez simplement de m'aimer »*

"Childhood"

Have you seen my Childhood?
I'm searching for the world that I come from
'Cause I've been looking around
In the lost and found of my heart...
No one understands me
They view it as such strange eccentricities...
'Cause I keep kidding around
Like a child, but pardon me...

People say I'm not okay
'Cause I love such elementary things...
It's been my fate to compensate,
for the Childhood
I've never known...

Have you seen my Childhood?
I'm searching for that wonder in my youth
Like pirates in adventurous dreams,
Of conquest and kings on the throne...

Before you judge me, try hard to love me,*
Look within your heart then ask,
Have you seen my Childhood?

People say I'm strange that way
'Cause I love such elementary things,
It's been my fate to compensate,
for the Childhood I've never known...

Have you seen my Childhood?
I'm searching for that wonder in my youth
Like fantastical stories to share
The dreams I would dare, watch me fly...

Before you judge me, try hard to love me.
The painful youth I've had

Have you seen my Childhood...

À sa façon, souvent maladroite, il était aussi un Petit Prince.

lundi 21 juin 2010

Coeur de Petit Prince, courage de dragon...

Un ami gallois, qui vit à Londres une bonne partie de l'année, doit subir mardi ou mercredi une intervention chirurgicale dont il se passerait volontiers.

Il ne s'agit pas du prince de Galles, mais A. est aussi un Petit Prince, un ami digne d'Alexander - Jane en est aussi persuadée. Ils ont bien des choses en commun, dont la sensibilité, la ferveur, la générosité, la poésie dans tout ce qu'ils font, dans tout ce qu'ils sont.


Comme le souligne l'hymne national gallois, ce territoire est un pays de liberté, terre de poètes, de troubadours et de braves patriotes. « O bydded i'r hen iaith barhau » (vous aurez tous compris : « Que la langue ancienne se perpétue » aussi longtemps que la mer constituera l'un des murs de ce pays magnifique). Grâce à cet ami, la langue du pays de Galles se perpétue ; il y contribue de tout son coeur.

A. ne pourra pas voir en même temps que moi, mercredi, le match de la Coupe du Monde que l'Angleterre remportera, mais je le regarderai pour lui, avec la même attention, avec une ferveur s'approchant de la sienne.

Soyez fort et courageux comme vous avez a su l'être jusqu'à maintenant, cher A. Je suis avec vous de tout mon coeur et j'attendrai votre retour et votre rétablissement avec la même impatience que celle de votre fidèle ami et compagnon canin, Maurice, au regard si doux.

Anniversaires

Au cours de notre dernière conversation en direct (nous ne savions ni l'un ni l'autre que ce serait la dernière, évidemment), le samedi 20 juin 2009, mon Petit Prince me disait que le seul endroit où il voulait être, c'est dans mon coeur. Il a sans doute maintenant la liberté d'être là où il veut et il sera, bien entendu toujours dans mon coeur.

S'il était là, physiquement, Alexander qui n'oubliait aucun anniversaire, ne manquerait pas de penser à celui, plus joyeux, d'un autre petit prince, né deux mois et demi après lui, le 21 juin 1982.

lundi 7 juin 2010

Un rossignol amoureux

Il y a deux ans et des poussières, je ne savais pas reconnaître le chant du rossignol. Grâce à l'article « Sérénade printanière » publié ici le 6 mai 2008, j'ai pu apprendre que le chant que j'ai si souvent entendu le soir, la nuit ou au petit matin, c'était en fait celui du rossignol. C'est une jeune Anglais qui avait identifié le chant de l'oiseau que l'on entendait sur l'enregistrement que j'avais mis en ligne. Dans les mois qui ont suivi, Alexander, le jeune Anglais en question, aura eu l'occasion de laisser plusieurs autres commentaires, notamment le 14 juillet 2008, à la suite d'un article que j'avais écrit en pensant à lui, connaissant son amour pour l'écrivain Colette et surtout pour une dame qu'il adorait et qui lui a appris tellement de choses, y compris le nom des oiseaux. À la suite de cet article, « J'ai vu chanter un rossignol sous la Lune », Alexander écrivait que dans la Grèce antique le rossignol était un symbole car son chant si beau inspirait les amoureux... Ce commentaire m'avait alors très ému ; aujourd'hui sa relecture me bouleverse... C'est que, les lecteurs fidèles le savent, Alexander est retourné sur son étoile en juillet 2009, il y a exactement onze mois et que, par conséquent, ses mots, comme tant d'autres choses qui faisaient mon bonheur, me manquent terriblement, plus encore qu'il y a onze mois.

Alexander m'a toujours dit que si un jour il devait retourner sur son étoile ou sur la Lune, il serait tout de même toujours près de moi et il insistait que je ne devais jamais oublier qu'il était là. Je dois dire que les dernières semaines ont été très difficiles. Ce n'est pas vrai qu'avec le temps le chagrin diminue. Mais avec le temps qui passe, les proches croient que le chagrin devrait s'atténuer et que l'on ne devrait plus avoir besoin d'autant d'attention. À qui, alors, dire sa peine ? à qui parler encore de ce qui nous manque cruellement ? Je reconnais que ces derniers temps, peut-être parce que j'étais plus préoccupé par des problèmes pressants (mais tout est lié : l'état d'esprit influence tout le reste), même si je pensais toujours à lui et que mes rituels n'ont pas changé, il m'était plus difficile de sentir sa présence. Et cela même me rendait malheureux. Et, depuis deux ou trois jours, je ne sais plus pourquoi exactement, je sens davantage la présence d'Alexander. Je perçois très souvent des signes qui étaient peut-être là auparavant mais que je n'arrivais pas à décoder.

La photo vient d'ici

Vendredi soir, par exemple, je suis sorti pour aller manger au restaurant. Le soleil se couchait à l'horizon. Ma rue est bordée de grands arbres des deux côtés. Devant chez moi, j'entendais les oiseaux se préparer pour la nuit. Puis un chant se distinguait très nettement parmi les autres. Je me suis arrêté, cherchant je ne sais pourquoi dans l'épais feuillage, l'oiseau qui chantait si bien. Et je l'ai vu : il était perché sur un élément décoratif de la corniche d'une maison de quatre étages ; sa silhouette était clairement découpée sur le bleu violacé du ciel. Je pouvais même distinguer le gonflement de sa poitrine et les mouvements de son bec. Il semblait seul au monde et si heureux de chanter. C'était, vous l'aurez deviné, un rossignol. Alexander avait raison de mentionner que dans la Grèce antique son chant magique inspirait les amoureux. Je crois qu'aujourd'hui encore, souvent sans le savoir, les amoureux sont sous le charme de cet enchanteur. Je suis resté longtemps à l'écouter, en pensant à tout ce qu'aurait dit Alexander. Puis je me suis dit que tout ce qu'Alexander aurait voulu m'exprimer passait ce soir-là par le chant merveilleux d'un rossignol qui semblait ne chanter que pour moi.

mardi 1 juin 2010

À quoi bon continuer ?

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t'en vas ?

A quoi bon vivre, étant l'ombre
De cet ange qui s'enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N'être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t'en ailles
Pour qu'il ne reste plus rien.

Tu m'entoures d'Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t'envoles
Pour que je m'envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n'entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s'en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J'en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d'azur.

L'amour fait comprendre à l'âme
L'univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l'infini

Sans toi, toute la nature
N'est plus qu'un cachot fermé,
Où je vais à l'aventure,
Pâle et n'étant plus aimé.

Sans toi, tout s'effeuille et tombe ;
L'ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t'implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n'es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l'autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L'inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l'étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu'illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant : « Où donc est ma soeur ? »

J'en mourrai ; fuis, si tu l'oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu'il ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

Victor Hugo, « Je respire où tu palpites »

mercredi 26 mai 2010

Températures printanières

Encore plus de trois semaines avant le début de l'été et, déjà, les températures sont insupportables. Que ceux qui aiment la chaleur viennent passer une semaine à Montréal avant de demander de quoi je me plains. La chaleur sur la plage, ça peut aller (pour ceux qui aiment la plage ; moi, pas), mais c'est autre chose sur l'asphalte et le béton, avec la pollution...


Température un 26 mai : 33 degrés Celsius !
Température ressentie (avec l'effet de l'humidité) : 40 degrés Celsius !

Ce ne sera pas beaucoup mieux en soirée. Et pas davantage pour les prochains jours.

De grâce, ne me demandez pas si j'ai hâte à l'été. Ces températures me dégoûtent de l'été exactement comme le cardinal Ouellet et le pape me dégoûtent de la religion !

vendredi 21 mai 2010

Nuits brèves , sommeil léger

Ces jours-ci, mes nuits de sommeil ressemblent à celles du printemps et de l'été derniers : brèves et agitées. Comme lorsque j'allais me coucher en attendant un message qui me donnerait des nouvelles ou, mieux encore, qui me dirait qu'Alexander rentre à la maison...
Puisque je ne suis bon à rien d'autre, je trie des piles de documents, je classe des papiers... J'avais beau lui dire que lorsqu'il viendrait, nous aurions autre chose à faire que du rangement, Alexander insistait pour dire qu'il m'aiderait à réaménager mon appartement afin que j'en sois pleinement satisfait. Il avait aussi ce talent-là : à l'hôpital où il travaillait, il avait réaménagé, repeint et redécoré la salle de repos du personnel de l'urgence...
De temps à autre, je lis quelques lignes avant de jeter ou de ranger un document. J'ai souvent imprimé un message reçu pour le relire au parc ou au restaurant ; dans l'une de ces milliers de pages qui, toutes, m'émeuvent toujours et me bouleversent souvent, je lis ces lignes reçues le 26 mars 2009 :

« D'autre part, je me demande si les gens normaux peuvent s'imaginer un amour si merveilleux, plein de complicité et de tendresse, entre deux personnes géographiquement si éloignées l'une de l'autre et qui ne se sont encore jamais rencontrées en personne. Moi, je trouve cela très normal, très sensé, très beau, mais tant de gens ne savent pas se réjouir de la douceur d'une lettre (Alexander reçoit vos mails comme des caresses), et ne savent pas voir ni ressentir la sensualité qui se cache sous chaque mot... Vous disiez l'autre jour que vous ressentez si bien Alexander, physiquement ; je sais que c'est ainsi pour Alexander. Vous vivez un grand bonheur et je suis très heureuse d'en être témoin. Comme disait Ptolémée en parlant de la veille de la grande bataille de Gaugamèles : « I do know ! I was there ! » (Je le sais ! J'étais là !)... Je vais imprimer votre photo pour votre petit amour... »

Ce seront les derniers mots que je pourrai lire ce soir.

lundi 17 mai 2010

Homophobie, mépris envers les femmes

Personne n'est surpris de constater une fois de plus l'homophobie et le mépris envers les femmes dont fait preuve le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec ; ses déclarations ont toujours été du même ordre, sauf qu'il a eu durant quelques années l'intelligence de ne pas trop en rajouter. Mais, constatant que les valeurs de la droite progressent dans le ROC (Rest of Canada), profitant de messages ambigus de la part du gouvernement canadien au sujet de l'avortement, le cardinal Ouellet a choisi de se mettre au service des valeurs et des groupes intégristes religieux qui ne peuvent accepter le libre-choix en matière de sexualité et de contrôle des naissances. Le cardinal Ouellet voudrait, comme son chef Benoît XVI, que le seul moyen de contraception soit l'abstinence et que l'usage de la sexualité soit seulement motivé par la volonté d'avoir des enfants. Non content d'imposer ses valeurs aux catholiques pratiquants, le cardinal voudrait que le gouvernement canadien revienne à la criminalisation de l'avortement et, une fois parti, à la criminalisation de l'homosexualité.

En cette Journée internationale contre l'homophobie, les propos et la stratégie bien planifiée de ce cardinal de faire adopter par le gouvernement canadien des lois rétrogrades doivent être dénoncés. Le cardinal Ouellet tient sciemment, et pompeusement (avec une si haute estime de lui-même et de sa belle personnalité !) des propos homophobes et exprime envers les femmes un mépris évident. Le cardinal Ouellet est l'équivalent de ceux qui imposent aux femmes le voile intégral : leurs valeurs sont celles du temps où la femme n'était pas encore un être humain, où la sexualité visait à s'assurer une progéniture, où l'alimentation n'avait qu'une fonction : celle d'éviter de mourir de faim.

Le cardinal Ouellet a choisi de partir en croisade pour exiger que le gouvernement canadien fasse des crimes de l'homosexualité et de l'avortement. Pour cela, il mérite d'être identifié comme homophobe et profondément misogyne. Il s'associe à ceux qui, à Rome et ailleurs, ont des discours criminels en interdisant l'utilisation du condom et autres moyens de contraception.

Non seulement ses propos sont imbuvables mais le ton sur lequel il fait comprendre à plus de la moitié de la population qu'il les méprise est tout à fait insupportable.

Ajout : Un sondage révèle ce jeudi 20 mai que 94 % des Québécois sont en désaccord avec les positions du cardinal Ouellet et que 83 % des mêmes Québécois croient que le cardinal est tout à fait déconnecté de la réalité actuelle. Je sais bien que le cardinal dinosaure ne prétend pas gagner un concours de popularité. Mais ce n'est pas pour rien que le pape, cet autre dinosaure, a bien confiance en son lieutenant au Québec : celui-ci le sert bien. Sauf que si ces deux-là, et plusieurs autres, continuent de dire des bêtises comme ils le font régulièrement, les catholiques qui avaient encore un minimum de confiance en l'Église se dissocieront complètement et il faudra plus qu'un nouveau cardinal, plus qu'un nouveau pape pour regagner la confiance des gens.

Joyeux anniversaire, Montréal

Montréal a été fondée le 17 mai 1642





Toutes les images viennent d'ici. Si vous cliquez sur une image, elle s'agrandit.

Benoît continue de dire des bêtises

Et il y aura toujours des bonnes poires pour le croire !



Au Québec, le cardinal Ouellet, comme au temps de la Grande Noirceur, s'associe aux forces canadiennes les plus conservatrices pour faire annuler par le gouvernement canadien tous les droits acquis ces cinquante dernières années par les femmes et par les homosexuels. La stratégie du cardinal comme celles des éléments politiques les plus conservateurs, c'est de marteler avec assurance, avec prétention et arrogance, toujours les mêmes bêtises ; ces bêtises finiront bien par convaincre un certain nombre d'esprits faibles, incapables de penser par eux-mêmes.

dimanche 16 mai 2010

vendredi 7 mai 2010

Vaches sacrées

Si l'âme existe, et j'y crois, je crois que les animaux ont aussi une âme.

Alexander, toi qui a toujours aimé les vaches, toi qui voulais adopter Claudia, j'espère qu'au ciel, tu en as retrouvé quelques-unes, comme j'espère que tu as retrouvé ton ami Harry, et d'autres animaux que tu as aimés, qui t'ont précédé ou qui sont venus te rejoindre au cours des dix derniers mois.
Sur Terre, tu nous manques terriblement.

jeudi 6 mai 2010

Question d'éthique

Le premier ministre Jean Charest congédie un ministre (le bon Tony Tomassi) qui utilisait, pour payer son essence, la carte de crédit d'une entreprise privée appartenant à l'un de ses amis (cela met en péril l'indépendance du député). Dans ce cas, l'argent du litige venait d'une entreprise qui obtenait des contrats d'organismes publics et du financement de l'État québécois. La police fera son travail...

Le même Jean Charest, premier ministre du Québec, reçoit du Parti Libéral un « salaire » annuel de 75 000 $, en plus du salaire qui lui est versé par l'Assemblée nationale (jamais aucun premier ministre n'avait osé auparavant recevoir ouvertement de l'argent qui ne venait pas de l'Assemblée nationale). Compte tenu que le Parti Libéral fait l'objet de très nombreuses allégations de financement illégal, auquel a grandement contribué le ministre congédié, qui peut dire d'où vient l'argent pour payer le « salaire » du premier ministre ?

Si un ministre utilisant la carte de crédit d'une entreprise privée doit être congédié, pourquoi le premier ministre, qui reçoit un « salaire » provenant du financement douteux de son parti, ne démissionne-t-il pas ?

Il faut dire que depuis 2003, Jean Charest n'a jamais fait preuve de rigueur ni de transparence en matière d'éthique.

Qui « démissionnera » Jean Charest ?

mercredi 5 mai 2010

Deux mots au premier ministre du Québec

Le premier ministre Jeans Charest, à gauche,
et Tony Tomassi, ministre de (sa) la Famille
Ptoto : Robert Skinner, La Presse

Ferme-la !

Depuis 2003 que tu te moques des Québécois. Depuis des mois que tu refuses d'instituer une enquête publique sur la corruption dans l'industrie de la construction car la vérité risquerait de faire mal à tes amis, gros contributeurs à la caisse de ton parti (comme il en a toujours été au Parti Libéral, tant à Québec qu'à Ottawa), ceux-là même qui te versent un salaire supplémentaire car tu n'es pas satisfait de la rémunération offerte au premier ministre par l'Assemblée nationale.

Depuis des mois, tu défends l'indéfendable en refusant de congédier ton ministre de la Famille qui agit comme si son ministère était celui de SA famille. Que tu manges au même ratelier que cet incompétent, c'est ton droit. Mais, de grâce, cesse de nous prendre pour des imbéciles en jouant sur les mots pour essayer de faire accepter l'inacceptable.

Tu as raison de dire que ton ministre n'est pas obligé de décrire dans le détail son emploi du temps. Mais lorsque l'opposition officielle à l'Assemblée nationale pose des questions au ministre de la Famille et que celui-ci répond n'importe quoi et se contredit le lendemain, ne vient pas dire qu'il n'est pas obligé de répondre aux questions.

S'il te plaît, Jean Charest, ferme-la ! Cesse de nous prendre pour des imbéciles ! Plus personne au Québec ne croit un mot de ce qui sort de ta bouche et de celle de quelques-uns de tes ministres !

Voir un des nombreux articles publiés quotidiennement depuis des mois au sujet du ministre Tony Tomassi


dimanche 2 mai 2010

Révélations : en être ou pas


La question avait été abordée au sujet de Tintin, dans ces pages, le 10 janvier 2009. Et on avait évoqué le cas de Dumbledor, en faisant référence à cette caricature publiée dans le journal Le Devoir, le 27 octobre 2007.

Merci au lecteur anonyme de m'avoir signalé la référence exacte de cette caricature.

samedi 1 mai 2010

1er mai 2010

Joyeux premier mai et
beaucoup de bonheur à tous !

Bonne Fête des travailleurs, notamment à tous ceux du Québec, qui protestent contre le dernier budget du gouvernement le plus impopulaire, le plus incompétent, le moins crédible qu'a jamais connu le Québec. Si les manifestations d'aujourd'hui pouvaient convaincre le premier ministre Charest de déclencher des élections et de prendre sa retaite, la très grande majorité des Québécois seraient soulagés et heureux !
Avant d'être la Fête des travailleurs, le premier mai était la Fête de l'amour (avant celle, bien sûr, des fleuristes et des marchands de chocolat).
Je constate que, depuis l'existence de ce blogue, j'ai souligné chaque année le jour du muguet :
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premier mai 2006
. premier mai 2007
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premier mai 2008 et
. premier mai 2009

mardi 27 avril 2010

Un 27 avril à Montréal

À mon réveil, ce matin, la neige tombait à plein ciel. Le 2 avril 2008, je me plaignais que l'hiver n'en finissait pas. Et voilà qu'aujourd'hui, mardi 27 avril, il neige encore... C'est tout de même moins déprimant que ce temps froid et sale que nous avions en avril 2008. Aujourd'hui, des fenêtres de mon sixième étage, je peux à peine voir de l'autre côté de la rue, mais demain ce sera tout oublié.


Ces pauvres tulipes qui depuis quelques jours apportaient un peu de vie devant les maisons voisines pourront-elles s'en remettre ? Je l'espère.

Ajout du 29 avril : La neige a vite fondu, même s'il n'a pas fait très chaud encore, et les tulipes ont relevé la tête. Si tout va bien, je pourrai d'ici quelques semaines - ou quelques jours - revenir à mon bureau d'été.


samedi 24 avril 2010

Regard

Je tombe par hasard sur une phrase de Marcel Jouhandeau, tirée de l'un de ses Journaliers. Sans vouloir diminuer en rien la place que j'occupais dans son coeur, je crois qu'Alexander aurait pu écrire cette phrase superbe que d'autres amis des animaux comprendront : « Quand son regard sur moi se lève - celui de mon chien -, tous les amoureux du monde ne me font pas seulement sourire, mais suer. »
Au moment de partir, je crois que sa plus grande douleur était celle de devoir abandonner son chien à qui il avait promis d'être là, son meilleur ami jusqu'à son dernier jour. En allant le chercher, il en avait pris l'engagement et, pour Alexander, un engagement était sacré ; jamais il ne revenait sur la parole donnée. Il disait : « Alcib comprendra, lui, mais Alexander (bull) ne peut pas comprendre. »

Ajout :
Il aurait certainement apprécié cette phrase de Jouhandeau mais, à bien y penser, il aurait plutôt écrit, simplement : « Quand son regard sur moi se lève - celui de mon chien -, tous les amoureux du monde me font sourire. »

jeudi 22 avril 2010

Alexander que j'aime

C'est aujourd'hui la Saint-Alexandre. Je pense évidemment à celui dont j'ai parlé à plusieurs reprises sur ce blogue. Je souhaite aussi un bonne Saint-Alexandre à tous ceux qui, quelle qu'en soit la langue, portent ce prénom, dont un ami que j'aime beaucoup.


Je souhaite aussi un joyeux anniversaire à un adorable bulldog.

vendredi 16 avril 2010

Des lueurs d'espoir ?

Bonne nouvelle ? Vous connaissez le président français actuel, vous savez, le mari de Carla (enfin, celui qui l'a été de façon très ostentatoire et dont on ne sait plus très bien s'il l'est encore vraiment) ; 65 % des Français ne souhaitent pas le voir candidat aux élections présidentielles en 2012.
Mauvaise nouvelle ? 82 % des Français croient qu'il sera tout de même candidat.

Autre bonne nouvelle. Les Québécois semblent vouloir enfin sortir de leur torpeur. Ce n'est pas tout à fait de leur faute s'ils ont dormi depuis 2003 : ils étaient tombés sous le charme d'un séducteur qui, comme tous les séducteurs, finit par être démasqué. Depuis 2003, le premier ministre du Québec, Jean Charest, semble dans le coma et son gouvernement à l'air d'une poule sans tête. Depuis 2003, Jean Charest était Monsieur Prozac, l'antidépresseur : tout était toujours très beau, il n'y avait jamais de problème, tout était « normal ». Voilà tout le projet politique de ce gouvernement : que tout ait l'air normal (être « normal » n'est même pas un objectif ; il suffit d'en avoir l'air). La mafia contrôle l'industrie de la construction, semble financer généreusement le parti du premier ministre et même dicter au ministre de la Justice les candidats qui doivent être nommés juges, etc., mais tout est « normal » : si le premier ministre dit que c'est « normal », il faut le croire car c'est ainsi que cela se passe au Parti Libéral depuis toujours. Que jour après jour, l'un après l'autre, ses ministres viennent contredire le premier ministre ne dérange pas celui-ci ; sa réponse est invariable, celle qui a si bien endormi les Québécois depuis 2003 : « C'est normal ». Ce premier ministre qui ne se satisfait pas de la rémunération « normale » que lui verse l'Assemblée nationale, reçoit un salaire du Parti Libéral, provenant de la caisse électorale très bien garnie grâce aux généreuses contributions d'honnêtes entreprises tout à fait désintéressées (les dons d'entreprises aux partis politiques sont interdits par la loi mais les ministres de ce gouvernement Libéral doivent récolter chacun 100 000 $ auprès de leurs « amis » ; ils iront sans doute les recevoir sur le perron de l'église èa la sortie de la messe du dimanche matin...)

Malgré tous les cadavres que l'on sort de tous les placards de ce gouvernement depuis quelques années, pour Monsieur Charest-Prozac, tout est beau, tout va très bien Madame la Marquise. Lui qui ces deux dernières années se gave d'antidépresseurs et de somnifères, et qui en distribue à son entourage et à tous les Québécois qu'il peut atteindre, se fait réveiller brusquement par des révélations fracassantes de certains de ses collaborateurs, anciens et actuels.

Le grand séducteur aux antidépresseurs a perdu son sourire méprisant (vous savez, le sourire de celui qui vous roule dans la farine, qui vous ment effrontément mais avec le sourire, et qui s'amuse de vous voir si naïf).

La bonne nouvelle : 77 % des Québécois n'ont absolument plus confiance au premier ministre ni à son gouvernement. Le politicien de carrière qui pensait ronfler encore en paix jusqu'à la fin de son mandat en 2012, en attendant un poste sur la scène internationale, se voit forcé de se défendre. Il nomme une commission d'enquête dont il définit lui-même le mandat de façon très étroite, dont il nomme lui-même le président qui devra porter des oeillères pour ne pas voir les actions illégales qui ne sont pas mentionnées dans le mandat, alors qu'il est lui-même en cause dans les allégations qui l'amènent à créer cette commission d'enquête. « C'est normal... » Quelle crédibilité auront les résultats de cette enquête ? L'enquête que les Québécois réclament depuis des mois sur la corruption dans l'industrie de la construction et sur le financement du Parti Libéral (et sur les liens entre les deux) attendra encore longtemps, même si le premier ministre et quelques-uns de ses collaborateurs sont à peu près les seuls à ne pas en vouloir. Le parti du premier ministre aurait-il des choses à cacher ? Tous les jours des révélations viennent embarrasser le gouvernement. L'antidépresseur et les somnifères semblaient fonctionner jusqu'à maintenant.


La bonne nouvelle, c'est que les Québécois semblent vouloir se réveiller et réclamer des actions de ce gouvernement qui ronfle depuis trop longtemps. La mauvaise nouvelle, c'est que ce gouvernement peut rester en poste durant trois longues années encore. « C'est normal. »

dimanche 11 avril 2010

Des nouvelles de Claudia

Le 10 avril 2008, je recevais un courriel d'un garçon inconnu (je supposais du moins qu'il s'agissait d'un garçon, d'un jeune homme). Il disait avoir découvert par hasard ce blogue en cherchant une image, la reproduction du portrait d'un peintre allemand né le même jour que lui, près de deux cents ans plus tôt... Il avait lu quelques messages du blogue, s'apercevant que nous avions en commun des lectures, un intérêt pour certains films, etc. Puis il avait lu tous les articles et tous les commentaires et... il souhaitait que je lui réponde. J'étais curieux de savoir qui était ce garçon, d'autant plus intrigué qu'il n'était ni Français, ni Québécois, qui représentent le plus grand nombre des lecteurs. J'aimais son prénom : « Alexander ». J'étais loin de penser qu'en répondant à ce courriel, j'amorçais une nouvelle relation qui allait transformer ma vie.


Le lendemain, 11 avril, Alexander laissait son premier commentaire sous l'article du 2 avril 2008. Il avait été ému par cette pauvre vache prise dans la glace sale devant le Musée des beaux-arts de Montréal. Dans les échanges avec lui, j'ai su qu'il était choqué comme moi que cette sculpture ne soit pas mieux entretenue, que le musée ne se donne pas la peine de nettoyer un peu cette saleté qui l'entourait. Et comme Alexander aimait tous les animaux, les vaches étant parmi ses préférés, il voulait venir la dégager de cette glace noire et s'il avait pu le faire, il aurait voulu l'adopter. Si l'adoption officielle n'a pas été faite, Claudia faisait toutefois partie de notre petite famille, composée uniquement des êtres que nous aimions et qui, bien entendu, nous aimaient.


Le 10 juillet 2008, quand Alexander a annoncé à sa grand-mère qu'il était maintenant, à compter de cette date, officiellement spécialisé en médecine d'urgence, elle lui a demandé ce qu'il souhaiterait recevoir d'elle comme cadeau... En me racontant leur conversation, Alexander m'a dit : « Devine ce que j'ai demandé. » Sans hésiter une seconde, j'ai répondu : « Une vache ! » Et j''avais raison. Il voulait adopter une vache en fin de carrière afin que, chez sa grand-mère à la campagne, elle ait une fin de vie paisible et agréable. Et, évidemment, elle s'appellerait Claudia.

L'adoption ne s'est pas faite, pour deux raisons indépendantes l'une de l'autre mais du même ordre. Très souvent Alexander me demandait des nouvelles de Claudia. Aussi souvent que je le pouvais, je lui envoyais des photos. Il y a quelques jours, en prévision de cet anniversaire, je suis allé voir Claudia, lui parler d'Alexander et, comme il l'aurait fait lui-même, lui donner un baiser sur le front.

mercredi 7 avril 2010

Tu me manques...

Il y a des nuits sans lune, sans étoiles. Il y a des jours où je n'ai plus de courage, où je n'ai plus envie de faire semblant...

lundi 5 avril 2010

Tout rose et vêtu de blanc, beau comme un ange...

Sa « chute » sur la Terre, le 5 avril 1982, s'est faite dans les meilleures conditions, en douceur, comme son départ. C'est à croire que le mot « discrétion » était inscrit dans les étoiles pour lui.

Alexander était pourtant ardemment désiré et attendu. À la maternité où sa mère est arrivée durant la nuit, tout était prêt pour l'accueillir. La chambre elle-même était très jolie, avec des couleurs très douces.

Sa première valise était ouverte sur un canapé, contenant plein de jolis vêtements de laine blanche ainsi qu'un charmant petit lapin tout aussi blanc.


Il n'est pas étonnant qu'il ait tant aimé ces petites bêtes de poil ou de peluche. Il aimait surtout ceux qui ont les oreilles tombantes, comme celui, rose, qui est arrivé chez moi en août 2008, en provenance de Londres et passant par Bordeaux.

Les fleurs ne tardèrent pas à arriver, que le papa avait demandé au personnel de garder en attendant la venue du Petit Prince tant attendu.

Jane, la meilleure amie de la mère est vite arrivée pour remplacer auprès d'elle le père qui avait besoin de se remettre de ses émotions. Tout vêtu de laine et de dentelle blanche, Alexander avait l'air d'un petit ange. Contrairement à bien des bébés naissants, Alexander n'était pas rouge et froissé comme quelqu'un qui vient de vivre une nuit difficile. Il était très beau, tout rose avec des petits cheveux noirs. De grands yeux verts, ouverts sur ce qui l'entourait, semblaient pressés de découvrir ce monde qui allait l'enchanter durant plusieurs années. Ses petites mains roses serrent déjà les doigts amoureux qu'on leur présente.

Alexander bébé pleurait rarement. La vie lui fournira plus tard plusieurs occasions et plusieurs raisons de pleurer. Moi-même, sans le vouloir évidemment, je l'aurai fait pleurer aussi ; j'aimerais tant pouvoir revenir en arrière pour effacer ces mauvais souvenirs.

Le soir de ce cinq avril 1982, Charles, le grand frère qui n'avait pas encore deux ans arrivait à la maternité, fou de joie de connaître enfin son petit frère. Au fil des ans, cet amour inconditionnel et réciproque n'a jamais fait défaut. Alexander lui-même m'a raconté des moments de complicité et de tendresse dont je préserverai le secret.

Quelques jours plus tard, dans le parc entourant la grande maison, sa mère plantait un marronnier rose (non, s'il avait été blanc plutôt que rose, je ne crois pas que l'orientation sexuelle d'Alexander aurait été différente). Alexander a lui-même très bien parlé de son ami le marronnier en commentaire à ce billet du 4 août 2008.

J'aurais aimé aller un jour avec Alexander embrasser son « jumeau », le grand marronnier de vingt-huit ans...

lundi 29 mars 2010

Émotions anticipées

Il pleuvait ce matin et je crois que la pluie a continué toute la journée (je n'ai pas mis le nez dehors depuis le matin et je n'ai pas eu le temps de regarder par la fenêtre). Quand je suis sorti, en fin d'après-midi, pour aller à un rendez-vous, la pluie était arrêtée, mais le ciel encore couvert...

En sortant de mon rendez-vous pour aller faire deux courses tout près de là, j'ai regardé le ciel et je n'ai aperçu aucune étoile. Je n'ai pas besoin des étoiles pour penser à Alexander puisqu'il est en permanence en moi, dans mes pensées, quoi que je fasse, même si je suis avec des clients.

Je ne sais pas ce qu'il en penserait, mais les médias parlaient aujourd'hui d'une décision prise par sa famille, qui suscitera encore l'intérêt au cours des prochains mois. Avant même d'avoir eu le temps de penser à quoi que ce soit, mon coeur s'est mis à battre plus vite en voyant son nom. Cela ne changera surtout rien à ma vie et Alexander me dirait, s'il était là, qu'il se sent lui-même détaché de tout cela. Il me dirait surtout que pour moi il ne voulait être qu'Alexander, un prénom, un coeur, un corps, un esprit, sans nom de famille.

À la Grande Bibliothèque où je me suis arrêté pour y prendre un livre que j'avais réservé il y a deux semaines, j'ai jeté un rapide coup d'oeil sur des rayons de livres. J'ai vu des titres, de nouveaux livres d'auteurs que nous aimions, Alexander et moi... Chaque fois que je vois, que j'entends, que je sens quelque chose que nous avons aimé ou que je sais qu'Alexander aimerait, mon coeur bondit et j'ai vite envie de rentrer chez moi pour venir partager ces découvertes avec lui, comme j'ai tellement partagé depuis avril 2008... Puis je me souviens qu'Internet ne se rend pas sur la Lune, ni sur les étoiles. Je n'ai donc pas besoin de rentrer chez moi en courant : là où je suis, Alexander sait ce qui se passe, ce que je sens...

Je suis sorti de la bibliothèque, persuadé que le ciel était toujours couvert. Puis je suis passé par le parc adjacent à la bibliothèque : sur mon circuit, c'est le meilleur endroit à Montréal, avec les environs de la rue Basset, parce qu'il n'y a pas trop de lampadaires aveuglants, pour scruter le ciel et y chercher le sourire des étoiles. À ma grande joie, elles sont là, au rendez-vous, nombreuses et enjouées. Je me suis arrêté longuement. Poursuivant ma route, je me suis senti guidé par une étoile, comme l'un des rois mages. C'est alors que j'ai vu notre Lune, ronde et dorée. Quand elle est là, entourée d'étoiles, j'ai le sentiment de mieux recevoir les sourires et les baisers d'Alexander.

J'appréhende l'arrivée du mois d'avril, avec toutes les dates significatives. Dès le premier, il y a des anniversaires à souligner. Le 5 avril, Alexander n'aura pas 28 ans ; il aura toujours 27 ans, ou quatre, ou sept, ou quinze... mais il n'aura jamais 28 ans... Puis ce sera le deuxième anniversaire de sa découverte du blogue, de ses premiers messages... Puis ce sera la Saint-Alexandre et l'anniversaire de l'ami Alexander bull... Plus encore que le printemps, il y aura de l'émotion dans l'air.

Se faire refaire le portrait

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a dû avoir cet air lorsqu'il a appris il y a deux jours que le spécialiste en « branding » qu'il avait embauché à prix d'or pour « refaire l'image de la Vieille Capitale » n'est pas exactement celui qu'il prétendait être. Le « psychanalyste » (on ne sait plus très bien ce qu'il est au fond, ayant étudié l'anthropologie médicale, se disant psychologue, etc.), spécialiste de l'image, n'a pas vraiment travaillé pour l'État français comme l'affirme son curriculum vitae et n'a pas, non plus, refait l'image de marque d'aucune ville, n'a pratiquement pas travaillé avec des autistes, etc.

Le maire de Québec vient de résilier le lucratif contrat accordé au « psychanalyste » français Clotaire Rapaille après avoir compris, un peu tard, que la principale « image de marque » sur laquelle avait précédemment travaillé M. Rapaille était celle de... Clotaire Rapaille. On ne parle pas ici d'image corporelle, bien entendu.

samedi 27 mars 2010

Une heure pour la Terre

Ce soir, à 20 h 30, heure de Montréal, j'éteindrai toutes les lumières, me joignant ainsi à des millions d'autres personnes et organisations dans le monde. Il y aura quelques bougies, comme tous les soirs d'ailleurs, pour m'éclairer. Notre Lune sera là et les étoiles souriront dans le ciel.


Agence France-Presse
Sydney

Des centaines d'édifices prestigieux, de la Tour Eiffel à la Cité interdite, seront plongés samedi dans le noir pour l'opération « Une heure pour la planète » (Earth Hour) destinée à promouvoir la lutte contre le dérèglement climatique.

Cette quatrième édition, trois mois après l'échec du sommet sur le climat de Copenhague, promet d'être la plus suivie avec 125 pays participants contre 88 l'an dernier, selon les organisateurs.

« L'accueil réservé à Earth Hour a été immense. Le taux de réponses est bien supérieur à l'an dernier », s'est félicité le fondateur du mouvement, Andy Ridley. « L'opération Earh Hour est censée dépasser les frontières géographiques et économiques », a-t-il ajouté.

Le mouvement est né à Sydney en 2007 lorsque 2,2 millions de personnes avaient plongé la ville dans le noir pendant une heure afin de sensibiliser l'opinion à la consommation excessive d'électricité et à la pollution au dioxyde de carbone.

Cette opération, organisée à l'initiative du Fonds mondial pour la nature (WWF), a pris une dimension mondiale en 2008.

Samedi, plus de 1200 bâtiments à travers le monde ont prévu d'éteindre leurs éclairages à 20h30 locales.

Des groupes multinationaux comme Google, Coca Cola, Hilton, McDonalds, Canon, HSBC et IKEA se sont associés à l'événement.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a estimé que l'opération était « à la fois un avertissement et une lueur d'espoir ».

« Le changement climatique est un sujet d'inquiétude pour chacun d'entre nous. Les solutions sont entre nos mains et sont prêtes à être appliquées par les individus, les communautés, les entreprises et les gouvernements à travers le monde », a-t-il dit.

Privilège du décalage horaire, Sydney aura les honneurs du premier « black out » avec l'extinction de l'Opéra. D'autres monuments prestigieux suivront: les Pyramides et le Sphinx en Egypte, la Fontaine de Trevi et la Tour de Pise en Italie ou encore la Tour Eiffel à Paris.

A Pékin, la Cité interdite et le «Nid d'oiseau» emblématique - stade des jeux Olympiques de Pékin en 2008 - seront également plongés dans l'obscurité. Ces extinctions des feux revêtiront un aspect particulièrement symbolique dans ce pays à la croissance économique fulgurante mais qui s'est aussi arrogé le titre de plus gros pollueur de la planète.

Au Japon, le Mémorial de la paix d'Hiroshima participera à l'opération tandis que les groupes Sony, Sharp et Asahi couperont leurs éclairages à Tokyo.

A Londres, Big Ben, le Parlement, la cathédrale Saint-Paul seront plongés dans le noir.

Les projecteurs qui éclairent l'immense statue du Christ à Rio de Janeiro seront éteints tandis que les principaux bâtiments de Mexico plangeront dans l'obscurité.

Aux Etats-Unis, de célèbres sites et monuments comme le Mont Rushmore, l'Empire State Building et le Golden Gate Bridge disparaîtront dans l'obscurité.

Enfin à Dubai, Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde culminant à 828m, sera également dans le noir.

En décembre, la conférence de Copenhague, sous l'égide de l'ONU, avait débouché sur un accord a minima conclu par moins de trente pays sur les 192 présents.

L'accord fixe comme objectif de limiter à deux degrés la hausse moyenne de la température de la planète, mais reste très évasif sur les moyens d'y parvenir, ne donnant aucun objectif chiffré à court terme (2020) ou moyen terme (2050).

Les grands pays en développement, dont la Chine et l'Inde, s'arc-boutent contre toute tentative de leur faire accepter des contraintes. Ils considèrent en outre que les objectifs de réduction annoncés par les pays industrialisés sont encore loin du compte.

Ajout, 21 h 30 : Je suis sorti marcher un peu dans le quartier durant cette période de 60 minutes. Je voulais voir si, autour de moi, on avait été sensible à l'invitation ; je dois dire que je ne suis pas très fier. Les fenêtres qui, dans les rues voisines, n'étaient pas éclairées signalaient très sûrement l'absence des occupants de l'appartement plutôt que la conscience d'une grande manifestation pour la Terre. Du haut de son étoile, Alexander avait une meilleure vue d'ensemble que moi. Si j'ai vu son étoile sourire, ce n'est sans doute pas parce qu'il était fier du mouvement de solidarité planétaire ; c'est plutôt parce qu'il savait que je la regardais et que, comme toujours, j'attendais ses baisers. Notre Lune est très belle ; elle sera bientôt complètement ronde, je crois...