vendredi 4 juillet 2008

Du coq aux ânes


Après la France, voici que la Suisse sévit contre un coq qui ose chanter. Quand donc les tribunaux s'en prendront-ils aux hommes politiques qui, orgueilleux comme des paons, se prennent pour des coqs ?


Selon l'AFP
La justice suisse a imposé à un coq d'être enfermé la nuit dans une cage insonorisée afin de laisser le voisinage dormir en paix, a rapporté vendredi l'agence de presse ATS.

Les parois devront mesurer au minimum huit centimètres d'épaisseur et être isolées avec de la laine de verre, a précisé le Tribunal administratif du canton du Tessin (sud). L'animal sera confiné dans la cage toutes les nuits entre 22 heures et 7 heures du matin.

Cette décision met fin à une bataille de cinq ans entre la mairie du village de Sant'Antonio, alertée par un couple du voisinage, et le propriétaire du coq.

Les autorités communales avaient d'abord ordonné au propriétaire d'enfermer le volatile dans un poulailler, mais cette mesure s'était révélée inutile.

jeudi 3 juillet 2008

Cœurs jumeaux

Cœurs jumeaux, Jim Dine
Musée des beaux-arts de Montréal

Même les cœurs jumeaux ont leurs moments de tristesse... mais ils ont, bien sûr, de grands moments de bonheur.

mardi 1 juillet 2008

jeudi 26 juin 2008

L'amour des bêtes

Vous vous souvenez de cette vache prise dans la glace en avril dernier encore ? Alexander avait été très ému de voir cette pauvre vache passer l'hiver dans le froid, la saleté et la glace. Il voulait prendre l'avion et venir la dégager, lui faire un baiser et déposer sa tête sur son front. Le baiser et le câlin seront sans doute bienvenus, mais la pelle ne sera plus nécessaire : la glace a fondu et si, ailleurs, les pâquerettes ont poussé depuis lors, la vache dont j'ignore le nom a au moins trouvé un peu d'herbe à se mettre sous la dent.

Puisqu'Alexander a demandé de ses nouvelles, je suis allé la voir devant le Musée des beaux-arts de Montréal, ce qui m'a permis d'apprendre que cette vache s'appelle Claudia. Et si jamais le musée voulait s'en défaire, Alexander aimerait bien faire un peu de place dans son salon pour cette pauvre bête afin qu'elle ne passe plus l'hiver dehors.


Claudia, scuplture de Jos Fafard

Finalement je me demande qui, d'Alexander et de la vache, a le plus souffert depuis que j'ai affiché cette image, le 2 avril dernier. Alexander est un tendre, un humaniste et un grand ami des animaux. Il voudrait pouvoir alléger autant les peines ou les souffrances des enfants malades, des blessés, des personnes âgées laissées à elles-mêmes que celles des bêtes. Il a plutôt grandi avec des chevaux qu'avec des vaches, jouant aux cowboys avec son frère sur de vrais chevaux, mais quand on aime le noble cheval, que l'on développe avec lui une relation de respect et de complicité, on ne peut faire autrement que d'aimer tous les animaux. Je ne connais pas bien les chevaux moi-même (j'ai grandi avec un cheval à la maison, à la campagne, mais sans développer avec lui de relation particulière) ; j'ai cependant entendu assez de commentaires élogieux et lu suffisamment de pages consacrées à des relations privilégiées entre un cheval et son maître pour savoir que c'est loin d'être banal. Alexandre le Grand, par exemple, alors qu'il était adolescent, a réussi à approcher un cheval que personne d'autre ne pouvait approcher, à le monter et à s'en faire un complice ; Alexandre n'était pas un homme ordinaire, son cheval Bucéphale était un cheval d'une rare qualité et leur entente était remarquable. La complicité de Bucéphale, l'amour et la fidélité d'Héphaistion ont grandement contribué au succès et à la gloire d'Alexandre Le Grand (Alexandre ne survécut que trois mois à Héphaistion). Il y a sans doute une part de légende dans cette belle histoire, entre un homme et son cheval comme celle entre deux hommes, mais s'il n'y avait pas aussi une très grande part de vérité, les historiens n'auraient pas hésité à dénoncer une trop belle histoire.


Claudia, scuplture de Jos Fafard

J'ai souvent rencontré des gens qui aimaient les animaux, mais je n'ai encore jamais connu quelqu'un qui voue à tous les animaux un respect et un amour aussi sincère et profond que celui que leur porte Alexander. Enfant et adolescent, lorsqu'il voyait les adultes se préparer pour la chasse, il allait parler aux chiens, leur demandant de ne pas attraper le renard... S'il n'en tenait qu'à lui, il achèterait des croquettes pour tous les chats du pays afin que les chats n'aient plus besoin de manger les souris et les oiseaux. Les animaux blessés, à poil ou à plumes, feraient bien de se trouver sur son chemin car il les conduirait chez sa grand-mère, à la campagne, qui sait rapidement transformer en hôpital et en maison de convalescence une partie de sa propre maison ; même les oiseaux de proie sont heureux d'y séjourner, le temps de retrouver leurs moyens avant de recouvrer leur liberté.

Faut-il s'étonner qu'il soit végétarien ? Il aime tellement les animaux qu'il fait parfois des détours pour aller en saluer des représentations en pierre ou en bronze dans les jardins de sa ville. Il n'oserait pas sortir en plein hiver le chien de pierre qu'il a acheté pour son balcon. Et je n'ai encore connu personne qui, comme Alexander, prenne la peine de faire graver sur la plaque à côté de la porte de son appartement, à la suite du sien, le nom de son chien et celui de son chat.

mercredi 25 juin 2008

Cocorico, le chant du cygne


À Drocourt, commune de 407 habitants, près de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, un jeune coq a bien failli exécuter ces jours-ci son chant du cygne. Perturbé non pas par les rayons de la lune mais plutôt par l'éclairage public dans la municipalité, le volatile avait pris l'habitude de chanter en pleine nuit. Convaincue que la nuit est faite pour dormir dans le silence, l'une des voisines de l'agriculteur poursuivait celui-ci pour tapage nocturne. Le tribunal de police de Mantes-la-Jolie avait condamné à mort le coq du village et Coco, c'est son nom, devait être exécuté le 24 juin, jour de la Saint-Jean.
L'agriculteur, qui produit du blé à Drocourt, possède douze poules et un coq. Il s'est présenté hier devant le tribunal de police pour expliquer qu'il n'avait pas tué son coq comme le lui ordonnait le tribunal mais qu'il avait installé autour du poulailler des volets qui permettent de réduire l'éclairage public près de la chambre de Coco et de ses compagnes. Ne voyant pas la lumière artificielle, le jeune coq attendra le lever du jour pour lancer son chant triomphal. Le tribunal a estimé cette mesure suffisante, d'autant plus qu'il n'y avait pas eu d'autre plainte au sujet du chant nocturne. Le tribunal a gracié le coq et relaxé son propriétaire. Oubliant le chant du cygne, Coco pourra donc entonner chaque matin son cocorico et continuer d'assurer le bonheur des poules.

Ce n'aurait pas été la première fois qu'un coq aurait été condamné. En 1474, un coq a été condamné à être brûlé, par sentence d'un magistrat de Bâle, pour avoir pondu un œuf. Dans le même ordre, voici quelques autres condamnations recensées par Barnabé Warée, dans son ouvrage Curiosités judiciaires, historiques, anecdotiques, recueillies et mises en ordre par B. Warée, Paris, A. Delahays, 1859) :

- 1488 - Becmares (charançons) : les grands vicaires d'Autun mandent aux curés des paroisses environnantes de leur enjoindre, pendant les offices et processions, de cesser leurs ravages et de les excommunier.
- 1497 - Truie condamnée à être assommée pour avoir mangé le menton d'un enfant du village de Charonne. La sentence ordonna en outre que les chairs seraient coupées et jetées aux chiens, et que le propriétaire et sa femme feraient un pèlerinage à Notre-Dame de Pontoise le jour de la Pentecôte.
- 1499 - Taureau condamné à la potence par jugement du bailliage de Beauprès (Beauvais) pour avoir, en fureur, occis un jeune homme.
- 1500 - Sentence de l'official contre les charançons et les sauterelles qui désolaient le territoire de Millieze.
- 1585 - Le grand vicaire de Valence fait citer les chenilles devant lui, leur donne un procureur pour les défendre, et finalement les condamne à quitter le diocèse.

mardi 24 juin 2008

Clair de lune

La lune a toujours attiré les rêveurs, inspiré les créateurs de toutes disciplines, fasciné les amoureux... Je ne sais trop si j'appartiens à l'une ou l'autre de ces catégories de personnes, mais je peux affirmer que, tout en étant plutôt du type solaire, la lune exerce sur moi un attrait certain.

À quelques reprises durant l'année, les jours de pleine lune, il m'arrive d'avoir le sommeil plus agité ou des comportements qui me semblent légèrement inhabituels. La plupart du temps, je ne sais même pas que c'est la pleine lune et ce n'est que le lendemain ou deux jours plus tard que je me rends compte que l'astre de la nuit a peut-être exercé sur moi une certaine influence.

Toutefois, ce qui m'intrigue le plus, c'est la lumière de la lune, le fait de voir ce disque lumineux changer de forme, de bouger dans le ciel au fil des heures, des jours, des saisons. J'ai toujours aimé, par exemple, ce qu'en disait Chateaubriand dans ses Mémoires d'outre-tombe que, durant une longue période de ma vie, je relisais chaque année à l'automne.

« Mais ce qu'il faut admirer en Bretagne, c'est la lune se levant sur la terre et se couchant sur la mer. Établie par Dieu gouvernante de l'abîme, la lune a ses nuages, ses vapeurs, ses rayons, ses ombres portées comme le soleil ; mais comme lui, elle ne se retire pas solitaire ; un cortège d'étoiles l'accompagne. À mesure que sur mon rivage natal elle descend au bout du ciel, elle accroît son silence qu'elle communique à la mer ; bientôt elle tombe à l'horizon, l'intersecte, ne montre plus que la moitié de son front qui s'assoupit, s'incline et disparaît dans la molle intumescence des vagues. Les astres voisins de leur reine, avant de plonger à sa suite, semblent s'arrêter, suspendus à la cime des flots. La lune n'est pas plus tôt couchée, qu'un souffle venant du large brise l'image des constellations, comme on éteint les flambeaux après une solennité. »
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe (Livre 1, Chapitre 6)

C'est aussi à l'automne que la lune exerce sur moi un plus grand attrait. Est-ce à cause de la fraîcheur des nuits ou plutôt en raison de sa position dans le ciel, je ne saurais le dire. C'est peut-être aussi qu'à la fin de l'été, je sors d'une espèce de léthargie dans laquelle m'ont plongé les grandes chaleurs. C'est à l'automne que pour moi tout renaît, peut-être pas la végétation, mais ce qui relève de l'Homme. Certaines nuits d'automne, j'ai du mal à cesser de contempler la lune dans le bleu pur et froid du ciel.

Parmi les réflexions que je me fais, il y a celle-ci : je me plais à imaginer que quelqu'un que je connais, de préférence quelqu'un que j'aime, quelque part sur terre regarde la lune au même moment. Que cette personne se trouve dans la même ville ou le même pays que moi ne fait pas trop de différence. Ce que je trouve merveilleux, cependant, c'est de m'imaginer qu'une personne que j'aime, de l'autre côté de l'Atlantique, regarde aussi la même lune au moment précis où je la regarde moi-même. Il me plaît aussi de croire que la lune joue un peu le rôle d'un satellite qui retransmet des messages ; il me suffit par exemple que je dise « Je t'aime » en pensant à quelqu'un pour qu'aussitôt cette personne reçoive mon message. Grâce à la communication instantanée par Internet, j'ai pu vérifier que nous pouvions simultanément voir la même lune d'un côté et de l'autre de l'Atlantique ; je reconnais toutefois que la transmission des messages puisse relever davantage de la communication des esprits que des lois de l'astronomie.

Il y a quelques jours, je cherchais la lune dans le ciel et je ne la trouvais pas. Quelques minutes plus tard, en éteignant la lumière une fois couché, la lune m'est apparue en plein milieu de la fenêtre au pied du lit. Je me suis simplement levé, j'ai saisi mon appareil photo et je l'ai photographiée. L'image n'est pas très nette, mais le souvenir que j'en garde est très clair.



Ajout du 25 juin : Alexander a évoqué en commentaire un poème d'Alfred de Musset appris à l'école ; on peut en trouver ici le texte complet et, mieux encore, un extrait interprété par le magnifique Jean Piat : « Ballade à la lune »

dimanche 15 juin 2008

Mon père, ce héros ?


L'image vient d'ici

Le troisième dimanche de juin c'est, dans de très nombreux pays, le jour de la fête des Pères.

Certains parcourront de longues distances pour aller exprimer leur filiale affection. J'ai beaucoup de respect et de tendresse pour cela. Quand mon père était vivant, tous ceux de la famille qui pouvaient le faire se rendaient à la maison familiale pour lui offrir leurs voeux et des cadeaux. Réunis autour de la table, nous renouvelions ensuite les dîners de famille. Ceux qui habitaient trop loin se manifestaient par téléphone, après l'avoir fait d'abord par la poste au cours des jours précédents. Depuis qu'il n'est plus là, je me contente d'avoir une pensée spéciale pour lui ce jour-là.

J'ai toujours eu avec ma soeur aînée et son mari une relation plus affectueuse qu'avec mes parents officiels. C'est normal puisqu'ils m'avaient « adopté » durant près de deux ans, faisant pratiquement de moi leur fils unique avant l'arrivée de leurs propres enfants. L'affection et la complicité qui sont toujours restées entre mon beau-frère et moi ont amené quelqu'un que je connaissais à se demander si, en fait, ma soeur et mon beau-frère n'étaient pas mes véritables parents ; la question m'avait quelque peu désarçonné, avait semé le doute en mon esprit. Le jour du décès de mon père alors que nous étions plusieurs à manger au restaurant, près de l'hôpital, mon beau-frère a lui-même abordé la question de mon « adoption » durant deux ans, dans les toutes premières années de mon existence ; j'en ai profité pour lui poser la question. M'annonçant qu'il avait été un moment question de m'adopter officiellement mais que non, il n'était pas mon père, que j'étais réellement le fils de mes parents.

Mon « père affectif » a célébré dernièrement un anniversaire important ; plus de soixante-quinze personnes sont venues de partout pour souligner l'événement et, bien entendu, j'y étais. Toutefois, ce qui lui aura fait le plus plaisir, j'en suis sûr, c'est que le lendemain, profitant du passage d'une nièce qui a une voiture (je suis sans doute le seul à ne pas en avoir, au fond), je suis allé lui rendre visite dans sa municipalité des Laurentides, au nord de Montréal ; il était si fier de me faire visiter la maison dont il vient à peine de terminer la construction et l'aménagement. Fier de cette maison qu'il a construite lui-même dans ses moindres détails, de ses propres mains, mais fier surtout de me la faire visiter à moi, et heureux que je sois là, chez lui, moi qui suis toujours ému de les voir, ma soeur et lui, dans les réunions de famille mais qui ne suis pas allé très souvent chez eux ces dernières années.

Vers le milieu de l'adolescence, mon neveu-filleul m'appelait toujours à la fête des Pères car, disait-il, j'étais son « père spirituel » (parce que ses parents étaient divorcés et qu'il ne voyait pas souvent son père, j'essayais d'être le plus présent possible).

Je connais un garçon pour qui ce devoir filial reste un rendez-vous incontournable dans une vie pourtant bien remplie. Hier soir, après une longue journée de travail, à sauver des vies, soulager des souffrances, encourager ou tenter de consoler des familles, ce jeune homme est monté sur sa moto, après dix-neuf heures, a parcouru plus de cent cinquante kilomètres afin d'aller se recueillir sur la tombe de son père et y déposer la gerbe de fleurs qu'il avait fait préparer pour l'occasion. Elles côtoieront celles qu'y avaient déposées plus tôt dans la journée le frère aîné, l'autre fils aimé et aimant. Après avoir fait ses dévotions, après ce moment de recueillement, le garçon verra qu'il y a de la lumière dans la maison familiale qu'habite le frère aimé. Il ne s'arrêtera toutefois pas pour aller saluer le grand frère. Il remontera sur sa moto, reprendra la route pour refaire en sens inverse les cent cinquante kilomètres et finalement rentrer chez lui vers minuit.

Voilà bien un jeune homme pour qui « amour filial, mémoire, fidélité, respect des traditions » ne sont pas de vains mots. Je sais aussi qu'un peu partout sur la Terre, d'autres fils, d'autres filles, auront rendu hommage à leur père, qu'il soit vivant ou disparu. Moi qui n'ai pas tellement l'esprit de famille, j'ai pourtant pour eux beaucoup de respect et, d'une certaine façon, je les envie.

samedi 14 juin 2008

Partie de l'ensemble

« Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi ;
tout homme est un fragment du continent,
une partie de l’ensemble ;
si la mer emporte une motte de terre,
l’Europe en est amoindrie,
comme si les flots avaient emporté un promontoire,
le manoir de tes amis ou le tien ;
la mort de tout homme me diminue,
parce que j’appartiens au genre humain ;
aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas :
c’est pour toi qu’il sonne. »
John Donne, Devotions upon Emergent Occasions, 1624

vendredi 13 juin 2008

Pour saluer Alexandre

Depuis ma première lecture, quand j'avais dix-sept ans, du roman de Roger Peyrefitte, Les amitiés particulières, le personnage d'Alexandre le Grand est pour moi le plus fascinant des personnages historiques. Et le prénom Alexandre est resté l'un des prénoms les plus beaux ; j'ai toujours dit que si j'avais un fils, il s'appellerait Alexandre. Je n'aurai sans doute jamais de fils, mais, qui sait...

Alexandre et Héphaistion

C'est, aujourd'hui 13 juin, l'anniversaire de la mort d'Alexandre le Grand et je tenais à le souligner.

J'ai entrepris récemment la lecture de la biographie que Mary Renault a consacré à Alexandre. J'avais lu, il y a plusieurs années, le deuxième volume de cette trilogie, L'enfant perse. Alexander, l'ami anglais qui commente souvent des articles de ce blogue depuis qu'il l'a découvert en avril dernier, me faisait remarquer que le premier tome de la trilogie de Mary Renault est le plus intéressant si l'on veut connaître l'enfance et l'adolescence d'Alexandre, sa conquête du cheval Bucéphale, le début de son amitié avec Héphaistion, de l'arrivée d'Aristote comme maître de philosophie, etc. J'ai donc acheté le premier et le troisième tomes et j'ai immédiatement entrepris la lecture du premier, Le feu du ciel. Je lis lentement, je prends des notes, mais c'est un livre qui se lit facilement comme un roman. Je ne suis pas pressé d'arriver au bout de ce premier tome mais, connaissant un peu les grandes lignes de la vie d'Alexandre le Grand, je me suis toujours demandé pourquoi un grand conquérant comme lui était mort sans héritier et sans avoir laissé de dispositions pour la suite. L'une des explications possibles, c'est que la mort d'Héphaistion l'ait laissé désemparé.

Espérant trouver une réponse à cette question dans le troisième volume de la trilogie de Mary Renault, j'ai feuilleté les dernières pages des Jeux funéraires, et je suis tombé, à la toute fin, sur une note de l'auteur. J'en citerai ici les trois premiers paragraphes.

Alexandre le Grand par Arno Breker (1900-1991)
inspiré de la biographie d'Alexandre par Roger Peyrefitte


« Parmi les nombreux mystères de la vie d'Alexandre, l'un des plus étranges concerne son attitude face à sa propre mort. Sa bravoure était légendaire. Dans toutes les actions, il allait systématiquement s'exposer là où le danger était le plus grand. S'il croyait être le fils d'un dieu, cette ascendance n'assurait nullement, dans la tradition grecque, l'immortalité. Il avait été à plusieurs reprises grièvement blessé, et avait failli mourir de maladie. On aurait donc été en droit d'attendre qu'un homme si vigilant aux hasards de la guerre ait pris toutes ses dispositions pour celui-ci. Et pourtant, il l'a totalement ignoré. Il n'a même pas pris la peine d'engendrer un héritier avant la dernière année de sa vie, où il a dû sentir, après la très grave blessure reçue en Inde, que sa force vitale commençait à fléchir. Ce blocage psychologique, chez un homme dont les plans immenses étaient conçus pour dépasser de loin son temps de vie, restera toujours une énigme.
Si Héphaistion lui avait survécu, il est très probable que la régence lui serait tout naturellement revenue. Ce n'était pas seulement l'ami — et probablement l'amant — dévoué : il avait fait la preuve de son intelligence et de ses capacités, et sympathisait avec toutes les idées politiques d'Alexandre. Sa mort soudaine semble avoir ébranlé toutes les certitudes de celui-ci : il est clair qu'il ne s'était pas encore remis de ce choc lorsque ses jours ont pris fin, en partie d'ailleurs sous l'impact de cet événement. Même alors, pendant son ultime maladie, il continua à travailler aux plans de sa prochaine campagne jusqu'au moment où la parole lui fit défaut. Peut-être partageait-il cette idée que Shakespeare attribue à Jules César : « Les lâches meurent bien des fois avant leur dernier jour ; le brave ne goûte à la mort qu'une seule fois. »
S'il porte une responsabilité dans la sanglante lutte pour le pouvoir qui a suivi sa mort, il ne faut pas la chercher dans son comportement en tant que chef. Il obéissait au contraire à des critères moraux élevés pour l'époque, et l'on peut soutenir qu'il a bridé chez ses principaux officiers l'absence de scrupules et la déloyauté qui ont fait surface lorsque son influence a disparu. S'il est à blâmer, c'est de ne pas avoir fait un bon mariage dynastique et engendré un héritier avant de passer en Asie. S'il avait laissé, à sa mort, un fils de treize ou quatorze ans, jamais les Macédoniens n'auraient pris un instant en considération un autre prétendant. »
Mary Renault, Les jeux funéraires.

lundi 9 juin 2008

Pommes d'amour

Jusqu'à la moitié du dix-huitième siècle, ce fruit rouge que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de tomate était désigné, en France, sous le nom de pomme d'amour. D'où lui venait cette appellation ? Certains prétendent que c'est sa couleur rouge, évoquant la passion, qui aurait valu ce nom au fruit que l'on croyait aphrodisiaque (après l'avoir longtemps cru toxique, mais ce n'est pas forcément contradictoire). D'autres affirment que le nom est plutôt une traduction de l'italien, pomo d'amore. Aujourd'hui, les Italiens appellent simplement pomodoro ce fruit qui a donné, du Nord au Sud ou vice-versa, son caractère à toute leur cuisine. En ce qui me concerne, je n'aurais aucune difficulté à lui donner aujourd'hui encore son nom poétique de pomme d'amour. D'ailleurs, la coupe transversale de la tomate n'évoque-t-elle pas la forme d'un coeur ?

Entre elle et moi, c'est une véritable histoire d'amour qui dure depuis longtemps, quelques dizaines d'années, je dirais. J'aime sa couleur tonique, j'aime son goût et la texture de sa chair, à la fois douce et ferme... Aliment indispensable à mon petit déjeuner, sa couleur rouge anime mon assiette tous les matins, sans exception. Ces dernières semaines, cependant, cet amour s'est accentué encore, se transformant en passion dévorante.

Depuis novembre dernier, je crois, j'ai rarement acheté des tomates fraîches car, peu importe leur provenance et quel qu'en soit le prix, elles ont la texture et le goût du plastique. J'achète plutôt les tomates italiennes en boîte, d'une certaine marque à l'exclusion des autres. Elles n'ont pas la texture ferme et tendre des tomates fraîches, mais elles en conservent la couleur vibrante et le goût. Je ne saurais dire ce qui s'est passé en moi ces derniers mois, mais j'ai sans cesse le goût de manger des tomates, au petit déjeuner, le midi, le soir, entre les repas ; dès que j'ai faim et que le repas n'est pas encore prêt, j'ouvre la porte du réfrigérateur et je me sers une ou deux tomates sur lesquelles je mets parfois un peu de basilic et d'huile d'olive, parfois rien. En hors-d'oeuvre, en entrée, à toutes les sauces dans la cuisine, la tomate m'est aussi indispensable qu'à d'autres un morceau de pain ou un verre d'eau. Elles répondent peut-être à une carence en moi, à un déséquilibre sanguin, je ne saurais dire (il faudra que j'en parle à mon médecin personnel) ; à moins que ce ne soit plutôt la forme et la couleur de la tomate, associées à son nom du dix-huitième, qui m'appellent à l'amour. Dans un cas comme dans l'autre je ne résisterai pas du tout ; je réponds : présent !

Dès que la faim se pointe, certains se jettent sur les croustilles ou sur le chocolat, d'autres sur le brocoli ou les carottes (je recommence à manger aussi des carottes crues), moi c'est sur les tomates. Et vous, vous avez un aliment dont vous ne sauriez vous passer ?


Pour voir comment au Japon on tranche une tomate,
cliquez ici (c'est silencieux)

Pour entendre la tomate s'exprimer en musique

Ou si vous préférez la vôtre en ch'ti et en images

Mais si vous préférez des fruits plus sucrés, Bourvil vous offre sa salade de fruits.

vendredi 30 mai 2008

Alexandre et Héphestion

Paul Véronnèse, La famille de Darius devant Alexandre (1565-1570)
Cliquez sur la photo pour l'agrandir

L'Histoire ancienne nous a laissé plusieurs beaux témoignages d'amitié entre deux hommes. Pour n'en mentionner que quelques-unes qui nous proviennent de la Grèce, rappelons celles d'Achille et Patrocle, de Castor et Pollux ainsi que celle d'Alexandre le Grand et Héphestion (on voit souvent l'orthographe Héphaestion ou Héphaistion).

Les historiens ne s'entendent pas tous sur l'ampleur et la nature de l'amitié qui liait Alexandre et Héphestion. Le plus beau témoignage sur cette amitié est sans doute celui de Roger Peyrefitte dans sa trilogie sur Alexandre (La jeunesse d'Alexandre, Les conquêtes d'Alexandre et Alexandre le Grand), biographie très fouillée et cependant boudée par les historiens puritains parce que l'auteur ne laisse pas sous le voile et les sous-entendus ce qui se passe dans la chambre à coucher des héros. Je peux comprendre qu'il s'agit là d'une biographie à ne pas mettre entre les mains de tout enfant ; mais quel enfant serait intéressé à une histoire si détaillée et précise courant sur près de deux milles pages ?

J'ai pu voir récemment le film Alexandre d'Oliver Stone, film de 2004 que je n'avais pas voulu voir, persuadé d'avance que je serais déçu. Il y a quelques semaines, un ami m'a prêté le dvd du film en question et je me suis empressé de le regarder, ne serait-ce que pour confirmer ou infirmer mes préjugés. Je dois dire que j'ai été à la fois séduit et déçu. Heureux de voir racontée en images, au prix de nombreux raccourcis, une histoire qui me fait rêver depuis quelques décennies et, en même temps, déçu de voir escamotés certains épisodes de la vie d'Alexandre, son enfance et sa première jeunesse entre autres. J'ai cependant écouté avec grand intérêt les commentaires en supplément sur le dvd au sujet de la réalisation du film ; on y dit notamment que la question de l'homosexualité (ou de la bisexualité) d'Alexandre le Grand reste taboue à notre époque alors qu'elle l'était beaucoup moins à celle d'Alexandre, il y a plus de 2300 ans.

C'est au cours de leur enfance que s'est nouée l'amitié entre Alexandre et Héphestion. Nés la même année et élevés ensemble, à Pella en Macédoine, les deux amis, fils d'aristocrates, ont reçu l'enseignement d'Aristote. Sur cette enfance et le début de cette amitié, La jeunesse d'Alexandre de Roger Peyrefitte n'est pas avare de détails, alors que le film d'Oliver Stone nous laisse sur notre faim.

Tous les historiens ne s'entendent pas sur la nature exacte des relations entre Alexandre et Héphestion, amoureuses ou pas, mais tous s'entendent cependant sur la solidité de leur amitié, digne de celle des héros d'Homère, Achille et Patrocle.

Ce tableau de Véronèse illustre un moment où l'armée d'Alexandre le Grand vient de remporter une victoire sur l'armée du roi des Perses, Darius III. Celui-ci aurait été assassiné et sa famille vient présenter ses respects à Alexandre. Or, Sysygambis, la mère de Darius III, trompée par la taille et la beauté d'Héphestion confond celui-ci avec Alexandre. Ce dernier, loin de s'en offusquer, dit en désignant Héphestion : « Lui aussi est Alexandre ». Peut-on trouver au monde plus beau témoignage d'amitié ?

J'espère qu'un jour quelqu'un consacrera un livre à Héphestion, livre qui pourrait bien s'appeler Héphestion ou l'amitié, Héphestion et la fidélité ou encore, pourquoi pas, Héphestion et l'amour indéfectible.

Ne peut-on pas dire avec Victor Hugo, aussi bien pour l'amitié que pour l'amour : « Deux êtres se sont aimés parce qu'ils se sont regardés. C'est comme cela qu'on s'aime, et uniquement pour cela. »

samedi 24 mai 2008

Petit garçon

L'un des plus beaux mots de la langue française, un de ceux qui m'émeuvent toujours lorsque je l'écris ou je le prononce, c'est celui de « garçon ». Si je le lis ou si je l'entends, je l'aime autant, mais si je l'écris ou si je le prononce moi-même, je sais quelle est l'exacte mesure de respect et de tendresse que je lui attribue.

Pendant une longue période de ma vie, j'aurais pu affirmer sans gêne que la garçonnie était ma vraie patrie, si l'on donne au mot « patrie » le sens de communauté à laquelle on a le sentiment d'appartenir. Je crois que l'on peut avoir plus d'une patrie, selon la dimension de l'être dont il est question. La communauté affective n'est pas moins importante que les autres.

Si je creusais un peu, je trouverais sans doute d'où vient l'importance que j'accorde à ce mot, mais ce n'est pas le but de ce billet aujourd'hui.

En cherchant des extraits de film sur YouTube ou Dailymotion, je suis tombé sur cette chanson que je connaissais interprétée en allemand par la même chanteuse ; c'est une jolie berceuse que ma perruche aime écouter à l'occasion, mais je ne l'avais jamais entendue en français. Ce qui est étonnant ici, c'est de voir qui semble l'accompagner à la guitare.

mercredi 21 mai 2008

Des vacances au Québec cet été ?

Petite annonce


Château Frontenac - Québec


Percé - Gaspésie

Il y a quelques jours, j'ai mangé avec un ami québécois et nous avons parlé de vacances, des siennes surtout car je ne prévois pas en prendre moi-même cet été. Pierre est né il y a un peu plus de quarante ans, au Québec où il a toujours vécu. Après des études universitaires en musique, il s'est dirigé vers l'informatique et il occupe depuis plusieurs années un poste intéressant dans une grande entreprise. Depuis une dizaine d'années, il prend régulièrement des vacances en Europe, le plus souvent en Angleterre ou en Provence où l'attend un amoureux.


Parc Forillon - Gaspésie

Or, puisque son amoureux provençal est occupé tout l'été, Pierre a décidé de profiter de cet été pour découvrir le Québec qu'il ne connaît pas. Il songe à visiter plus particulièrement la région de la Gaspésie, qu'il faut voir au moins une fois dans sa vie si l'on est québécois. Il faut quelques jours pour en faire le tour mais il y a suffisamment d'attraits pour y passer plusieurs jours. Sur le plan gastronomique, c'est la région des crevettes, du homard, du saumon, notamment.


Vallée de la Matapédia

Alors voilà la petite annonce : Pierre cherche quelqu'un qui voudrait aussi découvrir cette région du Québec en août prochain. Il avait été question que des amis français viennent passer ici quelques semaines mais leur projet est reporté à l'an prochain. J'aimerais beaucoup l'accompagner dans ces vacances, mais je ne pourrai pas m'absenter de Montréal. Si vous êtes un jeune homme français, par exemple, et que des vacances au Québec cet été vous intéressent, faites-moi signe (mon adresse est en haut dans la colonne de droite), je communiquerai vos coordonnées à Pierre. Plutôt jeune d'esprit et d'allure, en pleine forme, il ne cherche toutefois pas un amoureux mais quelqu'un de sympathique, quelqu'un avec qui il aurait tout de même quelques affinités et qui n'insisterait pas pour passer ses soirées au bar de danseuses nues de chaque endroit visité. Il a une voiture et il n'a pas l'intention de faire du camping ; il faut donc prévoir les nuits à l'hôtel et les repas au restaurant. Il cherche plutôt une personne seule car il n'a pas envie d'être le chauffeur d'un couple d'amoureux. Il sera en vacances du 15 août au 5 septembre.

Que ne ferait-on pas pour un ami ?

lundi 12 mai 2008

Est-ce vraiment un sacrifice ?

On ne se rend peut-être pas compte à quel point l'avènement d'internet a révolutionné nos vies. Il m'arrive assez souvent d'y songer. Quand je pense que durant plus de huit ans, je n'ai pas eu de téléviseur chez moi et, lorsque j'ai décidé d'en acheter un pour suivre un peu plus l'actualité culturelle (l'émission Apostrophes, notamment), j'ai acheté un petit téléviseur noir et blanc. Pendant plus de vingt ans, je n'aurai écouté chez moi que de la musique classique, sur disques ou à la radio.

La modernité est entrée dans ma vie le 5 août 2000 par le biais d'Internet. Je l'ai raconté déjà dans un billet, le jour même où j'ai été connecté, je suis tombé par hasard sur un réseau au sein duquel je me suis fait de nombreux amis dont certains sont restés. La plupart d'entre eux étaient loin de chez moi, en Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud, etc. Puis il y a eu un garçon de Québec qui, je l'ai raconté aussi, est venu poursuivre ses études à Montréal et s'est installé dans l'appartement voisin du mien ; son appartement était sa chambre alors que le mien était pratiquement devenu notre espace commun puisqu'il y était comme chez lui (et j'étais loin de m'en plaindre). Son départ a laissé un vide immense quand, après cinq ans, sa carrière professionnelle débutante l'a conduit au Danemark, puis à Las Vegas et ailleurs... Par l'intermédiaire de ce blogue, j'aurai fait la connaissance de quelques personnes que j'ai rencontrées dans la vie ; il y en a encore quelques-unes, pas si nombreuses, qui vivent à Montréal et que j'aimerais bien rencontrer.

Ces derniers mois, pour diverses raisons dont je parlerai peut-être un jour, je me suis réfugié sur mes terres intérieures. J'ai toutefois rencontré, il y a quelques semaines, un charmant garçon venu de Paris passer une semaine à Montréal ; j'ai fait la connaissance de Nicolas, beaucoup plus sympathique et intéressant que l'idée que j'avais pu m'en faire à la lecture des notes assez laconiques de son blogue. Nicolas aime plutôt les filles, mais je ne suis pas sectaire ; s'il le veut bien, je le reverrai avec grand plaisir, à Montréal ou à Paris...

En plus de la connaissance, virtuelle ou réelle, de plusieurs personnes que je n'aurais jamais connues sans Internet, cette technologie m'a permis de découvrir beaucoup de musique que je ne connaissais pas et de réentendre des airs connus auxquels je n'avais pas accès. J'ai passé quelques nuits à écouter de la musique pendant que quelqu'un d'autre, de l'autre côté de l'Atlantique, écoutait exactement la même chose au même moment. Élise se souviendra certainement des chaudes larmes que nous avons versées certains soirs ; quand je l'ai vue, chez elle près de Liège, il ne restait de ces complicités que des étoiles dans ses yeux, sur ses lèvres que le sourire, dans son cœur que la joie de nous retrouver. J'ai aimé beaucoup de musique qu'écoutait mon jeune voisin. Il en est souvent pour moi, avec la musique ou bien d'autres choses, comme les blés pour le Renard du Petit Prince ; ça ne me dit rien jusqu'au jour où quelqu'un que j'aime les aime. Dès lors, je me laisse très facilement apprivoiser...

Samedi et dimanche, je me suis senti un peu comme un célibataire d'occasion, sentiment que je n'avais pas éprouvé depuis si longtemps. Vous savez, ce sentiment qu'éprouve le jeune marié, par exemple, quand sa femme est absente pour un jour ou deux : il sent sa présence partout dans la maison, mais il est laissé à lui-même, libre et responsable de la gestion de son temps, de ses activités. Ce n'est pas désagréable, juste un peu déroutant. Ne sautez pas tout de suite aux conclusions ; les mots ont encore un sens et je ne suis pas ce jeune marié (si je me marie un jour, je vous en parlerai). Je voulais simplement en venir au fait que, samedi et dimanche, je me suis mis à écouter Elton John comme je ne l'avais écouté auparavant. Il y a du bon à rester décalé dans le temps : je peux me permettre de découvrir et d'aimer des musiques que la plupart des gens ont déjà oublié depuis longtemps.

J'ai donc écouté un grand nombre de chansons d'Elton John, en fichiers mp3 ou en vidéos sur YouTube ou Dailymotion. Deux d'entre elles (« Sacrifice » et « Nikita ») m'ont particulièrement attiré, au point de les écouter en boucle pendant très longtemps, samedi soir, et de recommencer le dimanche après-midi... Pourquoi ces deux-là en particulier ? Je ne sais pas exactement. Pour la mélodie, sûrement ; pour les arrangements musicaux, pour la voix d'Elton John que j'aime beaucoup, que je trouve émouvante (qui d'entre-vous n'a pas pleuré en le voyant à la télévision chanter « Candle in the Wind », devenue pour l'occasion « Goodbye England's Rose », à l'enterrement de la princesse Diana ? On peut revoir ce moment en vidéo sur Dailymotion). J'accorde ici plus d'importance à la mélodie et à l'interprétation qu'aux paroles elles-mêmes. Il y a dans ces deux chansons, il me semble, le sentiment d'une absence, l'appel touchant d'un bonheur espéré, l'imploration d'un absolu à venir. Quelle qu'en soit la forme, la chanson n'est-elle pas toujours une façon de prier ?

Dans ces vidéos, on perd beaucoup de la qualité sonore, il me semble. Chez moi, en écoutant les fichiers mp3, j'aime monter le volume ; les hauts-parleurs branchés sur mon ordinateur sont de très bonne qualité. La perruche ne s'en plaint pas : elle a elle-même abondamment chanté et dansé sur ces deux airs.



mardi 6 mai 2008

Sérénade printanière

Ce matin, alors que je lisais un peu avant d'entreprendre sérieusement ma journée, j'écoutais de la musique. Je n'écoute pratiquement plus de musique que sur mon ordinateur, que ce soit la radio sur Internet si elle n'est pas trop bavarde, ou encore des fichiers musicaux sur un lecteur. Les appareils de radio de l'appartement ne servent plus à rien. J'ai copié presque tous mes disques et les ai convertis en fichiers mp3. Les disques sont maintenant dans des boîtes. Les fichiers, les listes sont plus faciles à gérer. Je fais des listes homogènes, de chansons ou de musique instrumentale, classique ou autre, et d'autres listes sur lesquelles je mélange à peu près tous les genres (sauf le jazz que je ne tolère pas). Je fais jouer ces fichiers musicaux dans l'ordre de la liste ou de façon aléatoire. Il m'arrive ainsi d'avoir des surprises, de découvrir une pièce musicale à laquelle je n'avais pas porté attention.

Ce matin, donc, en entendant la musique qui suit, j'ai voulu savoir ce que c'était. Le compositeur en est Enrico Toselli, un nom que je n'ai jamais vu auparavant. Une petite recherche sur Internet n'a pas donné beaucoup de résultats. J'ai pu au moins apprendre qu'il est né à Florence en 1886 et mort en 1926, je ne sais où.

Il s'est surtout fait connaître par cette sérénade. Aujourd'hui, cependant, ce sont généralement ses interprètes qui sont plus connus, notamment celui qui joue sur cet enregistrement. J'aurais voulu faire entendre la version chantée par Tino Rossi, mais je ne l'ai pas trouvée (non, non, je sais que Tino Rossi n'est pas exactement un contemporain de Toselli).



Ma perruche qui est un peu mélomane - elle n'a pas vraiment le choix, la pauvre, puisque nous partageons le même appartement, elle partage aussi ma musique ; parfois c'est elle-même qui en réclame - aime bien cette pièce musicale. Je ne saurais dire si c'est à cause du violon ou du chant d'oiseau qui l'accompagne. Quant à moi, j'ai bien reconnu le violon, mais pas l'oiseau.

Cette musique, ce matin, me rappelle un très agréable repas que j'avais pris dans le jardin d'un restaurant des Laurentides avec une vieille amie. Pendant que nous mangions, des haut-parleurs dissimulés dans les arbres diffusaient ce genre de musique. Elle était présente mais assez discrète pour ne pas attirer l'attention.

Ce genre de musique (les oiseaux en moins) me rappelle surtout de belles scènes de grands films, comme Mort à Venise, le Guépard, deux films de Visconti, pour ne nommer que ceux-là. Je revois l'Hôtel Les Bains de Venise, ou le palais du prince sicilien don Fabrizio Salina...

Ce n'est pas le genre de musique que j'écoute tous les jours, mais ça change de Gustav Mahler, de Dmitri Chostakovitch. Et puisque le printemps est là, qu'il invite à profiter du beau temps, de la nature, des parcs, du jardin ou du balcon, pourquoi ne pas faire de cette sérénade une salutation au printemps ?

jeudi 1 mai 2008

Heureux premier mai

Le muguet, c'est le symbole, dit-on,
du retour du bonheur.

Qu'il soit de retour ou qu'il continue,
je vous souhaite à tous
beaucoup de bonheur
.




P. S. : Loin de moi l'idée de faire monter en flèches les statistiques de Gougeule, mais si vous y avez cherché une image de la fleur du jour, vous êtes probablement tombé, en première page, sur l'image d'un garçon dans une feuille de muguet, garçon qui, comme un très jeune bébé, attend dans sa nudité la plus candide qu'on lui mette sa couche. Sauf que le bébé doit avoir... vingt ans. Je ne m'attendais pas à recevoir ainsi ce... brun de muguet.

lundi 28 avril 2008

Les mots pour le dire

On m'a souvent dit : « C'est facile d'écrire pour toi, tu as du vocabulaire ». Quand j'avais un dictionnaire sous la main, je le leur tendais en disant : « Voilà, tu en as maintenant beaucoup plus que moi ; ce devrait être très facile ».

Je me suis parfois amusé à retranscrire tous les mots qu'un écrivain avait utilisé dans l'un de ses romans en pensant que si j'utilisais toutes les pierres qu'il me fournissait je pourrais essayer de reconstruire son palais. Je ne suis cependant jamais passé à l'acte. Il me plaît toutefois de savoir que j'ai démonté pierre par pierre des chefs-d'oeuvre de la littérature, sans détériorer les oeuvres en question et que je possède ainsi le trésor d'un carrier qui a sélectionné les plus belles pierres qui soient pour un chef-d'oeuvre donné. Constatation amusante : l'anagramme de carrier donne récrira...


Une autre façon de décortiquer un texte, c'est de le chiffrer en additionnant un certain nombre de données. Il n'y a rien de poétique dans cette activité, mais ces données pourraient servir à améliorer le texte si l'on s'en donnait la peine.

Par exemple, dans le billet précédent, intitulé « J'irai cracher sur vos tombes », voici ce que l'on trouve :

Ce texte contient 19 charnières qui en assurent la logique. On y trouve 7 mots ou expressions entre guillemets et 1 incise.

En matière de style, le texte contient :
100 répétitions (pas 100 fois le même mot, tout de même)
9 phrases longues (on ne se refait pas facilement)
25 verbes ternes (c’est beaucoup, non ?)
4 verbes absents dans des segments de phrases

On n'y trouve aucun régionalisme. Toutefois, il contient deux mots dont le niveau de langue se distingue ; le premier, très familier (pisser, que j’assume) et un autre plus soutenu (ratiocinations, que j’assume aussi).

Sur le plan sémantique, il y a :
43 éléments faibles (vague, plus, autre, quelques-uns, etc.)
79 éléments forts (la plupart, scandale, trop, dominé, convaincre, choquer, impasse, engagé, …)
59 éléments négatifs (scandale, rebelle, pervertir, émoustiller, etc.)
51 éléments positifs (sage, émanciper, volonté, séduisant, attention, capable, etc.)

Il contient aussi 7 tournures passives, 21 négatives et 1 participiale.
Aucune abréviation, mais 2 mots inconnus (Lady Chatterly et trudeaumanie).
37 mots ou expressions désignent les locuteurs (je, me, moi-même, etc.)

De plus, il renferme :
66 noms propres
269 noms communs
109 adjectifs
224 verbes
96 adverbes
144 pronoms
211 déterminants (un, le, la, ses, etc.)
13 numéraux (dix-huit, dix-neuf, vingt, …)
191 prépositions
79 conjonctions
1 interjection
169 signes de ponctuation

Il comprend :
138 groupes nominaux
158 groupes prépositionnels
127 groupes verbaux
3 parenthèses

On y compte diverses fonctions :
109 sujets
152 compléments d’objet
116 compléments adverbiaux
3 pronoms sans fonction (me, se)
93 épithètes
21 attributs

164 flexions féminines
285 fluxions masculines

En matière de conjugaisons, le texte contient :
55 à l’infinitif
119 à l’indicatif
3 au subjonctif
3 au conditionnel
Aucune à l’impératif

1 rectification orthographique possible (coûte, que j’aurais pu, selon la nouvelle orthographe, écrire sans accent).

Je n'ai pas encore réfléchi à la valeur commerciale de ces divers éléments d'un texte. En principe, un terme fort ou positif vaut plus cher qu'un terme faible ou négatif. Il m'est arrivé récemment de devoir justifier à un client une facture plus élevée que ce qu'il avait cru. Je n'ai pas eu de mal à lui expliquer longuement que le choix des mots du texte qu'il m'avait demandé valait plus cher que celui d'autres textes qu'il m'avait commandés précédemment, non pas à cause des mots eux-mêmes mais parce qu'il s'agissait d'un texte qui devait être à la fois invitant et précis ; le nombre de synonymes était plus restreint et il fallait choisir le bon, ce qui pouvait exiger plus de temps...

dimanche 27 avril 2008

J'irai cracher sur vos tombes

Je garde un vague souvenir de la lecture de ce roman de Boris Vian qui, comme la plupart de ses oeuvres, fit scandale au moment de sa publication et plus tard encore. J'avais dix-huit ou dix-neuf ans, j'étais un garçon sage, encore trop sage ; une collègue de travail, jeune fille iconoclaste et rebelle qui déployait de grands efforts pour s'émanciper de la morale bourgeoise qui avait dominé son éducation, m'en avait suggéré la lecture, comme elle m'avait conseillé la lecture du marquis de Sade et m'avait offert un exemplaire de L'amant de Lady Chatterly. Il y avait sans doute de sa part la volonté de pervertir le garçon qu'elle trouvait séduisant mais un peu trop sage, qui était l'objet de l'attention de bien d'autres jeunes filles et qui ne savait pas encore qu'il se laisserait plus facilement convaincre par de charmants garçons... Ce genre de lecture ne m'émoustillait pas spécialement et, si mon enfance et mon adolescence avaient baigné dans le catholicisme, je me sentais capable de prendre mes distances et de m'émanciper sans devoir incendier la maison ni choquer les bourgeois.

Plus tard, ma curiosité a été piquée plutôt par la vie pas banale de Boris Vian que par ses oeuvres. J'ai aimé certaines de ses chansons ; « Le déserteur »*, que Mouloudji a d'abord interprétée sur scène au moment de sa création, qui a été reprise et enregistrée par plusieurs grands interprètes, me touche encore beaucoup. Je me suis parfois amusé à chantonner une autre de ses compositions : « J'suis snob ».

Lors de mon dernier séjour à Paris, j'ai eu plusieurs fois l'occasion d'aller rejoindre ou chercher l'un de mes amis, Cité Véron, charmante impasse où Boris Vian avait été voisin de Jacques Prévert, derrière le Moulin Rouge...



Jusqu'à l'âge de vingt ans, je ne connaissais pas grand-chose de Jean-Paul Sartre, sauf qu'il était l'un des philosophes modernes, existentialiste et intellectuel engagé. Ce n'est que lorsque je suis venu, par hasard, habiter en face de chez sa mère, boulevard Raspail, et que je le croisais dans la rue que je me suis mis, sans enthousiasme, à lire quelques-uns de ses romans, ne serait-ce que pour avoir quelque chose à lui dire si jamais il me prenait envie de lui adresser la parole. Puis j'ai aimé quelques-unes de ses déclarations qui visaient à faire réagir le pouvoir politique. Quand j'ai lu dans les Mémoires d'une jeune fille rangée que Sartre, en visite sur le Grand Bé de Saint-Malo, voulut amuser la jeune bourgeoise de Montparnasse en allant pisser sur la tombe de Chateaubriand, cela ne m'amusa pas du tout. Pas seulement parce que j'avais plus d'admiration pour Chateaubriand que pour l'intellectuel hyperactif, mais parce qu'une tombe c'est le lieu du repos d'un être qui a cessé de vivre et qui ne peut plus répliquer. Que l'on critique ses idées, que l'on démolisse son oeuvre, cela fait partie du jeu intellectuel, mais on doit à la dépouille et à la tombe d'un mort le plus grand des respects.


Il y a quelques jours, plus précisément dans la nuit de jeudi à vendredi, quelqu'un a profané le caveau de famille de l'ancien premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau en y laissant quelques graffitis à la peinture noire.

J'ai eu, à une certaine époque, beaucoup d'admiration pour cet homme qui incitait les Canadiens à sortir de leur gris conformisme, de l'ennui mortel qu'ils distillaient, à lire Platon, Montesquieu, André Gide, Emmanuel Mounier... Le playboy insolent devenu d'abord ministre de la Justice fit adopter un bill omnibus qui permettait, entre autres, de décriminaliser l'avortement et l'homosexualité. Certaines mauvaises langues affirmèrent qu'il ménageait ainsi ses arrières, mais son audace politique assura tout de même sa notoriété et suscita quelques mois plus tard une véritable « trudeaumanie ».

En 1970, cet homme que l'on présente toujours comme un grand défenseur des droits et libertés décréta la loi martiale, qui suspendait les droits et libertés de tous les Canadiens (bien que, concrètement, la Loi sur les mesures de guerre ne s'appliquait qu'au Québec). Ce grand pacifiste épris d'humanisme, qui a sans doute plus d'une fois fumé le « joint de paix », n'hésita pas à envoyer au Québec l'armée canadienne pour y faire respecter la loi et l'ordre. Ce qui fit dire à Jean-Paul Sartre que c'était là une reconnaissance implicite de la souveraineté du Québec puisqu'un pays souverain ne peut déclarer la guerre qu'à un autre pays souverain (ah, si seulement les ratiocinations des philosophes avaient des applications concrètes !).

Les années ont passé et l'intellectuel individualiste a dû, pour se maintenir au pouvoir, faire des concessions aux conventions, s'assagir, se ranger : il s'est marié, dit-on, pour faire taire les mauvaises langues, et l'intellectuel déçu du manque d'envergure de ses concitoyens devint un politicien comme un autre faisant les choses à sa façon. Cela ne l'empêcha pas de faire, dans les cérémonies les plus officielles, des pirouettes dans le dos de la reine du Royaume-Uni et du Canada.

Son narcissisme et son orgueil démesuré, plaqués sur un fond de timidité et nourris par ses habitudes de jeune homme détestable, faisaient de ce brillant élève des jésuites un adversaire redoutable dans les joutes oratoires.

Son entêtement à vouloir rapatrier et amender coûte que coûte la Constitution canadienne conservée jusque-là à Londres réussit à isoler complètement le Québec. La Constitution fut bel et bien rapatriée et amendée, mais le Québec ne l'a jamais ratifiée : théoriquement, Pierre Elliott Trudeau a fait du Québec un État souverain. Étrangement, ce Québec qui n'a jamais accepté la Constitution canadienne et qui, je l'espère, ne l'acceptera jamais, ne peut plus rien faire sans que la Cour Suprême, dont les juges sont nommés par le premier ministre canadien, vienne déclarer inconstitutionnelles les lois adoptées par le Québec pour protéger sa langue et sa culture. La nouvelle Constitution canadienne fait des Québécois, peuple fondateur de ce grand pays dont le nom désignait autrefois la ville et la région de Québec, un groupe ethnique comme les autres, comme les Ukrainiens de l'Alberta, comme les Pakistanais de Toronto. N'importe quel individu peut, au nom de la Charte canadienne, faire juger invalides les lois du Québec. Les droits de n'importe quel individu, citoyen de longue date ou nouvel arrivant, ont préséance sur les droits d'un peuple, d'une nation, d'un État.

En raison de ce coup de force constitutionnel que Trudeau et son garde-chiourme d'alors, Jean Chrétien, ont mené et réussi contre le Québec. En raison de son mépris envers la culture et la langue des Québécois, en raison de son héritage politique désastreux, j'éprouve depuis plus de vingt ans le plus grand mépris pour Pierre Elliott Trudeau. Je ne suis pas le seul ; j'ai moi-même été étonné d'entendre de la bouche de personnes qui ne s'occupent pas de politique des paroles très dures envers Pierre Elliott Trudeau. Nombreux sont les Québécois qui retiennent de cet homme le mépris qu'il a toujours eu pour eux, qu'il appelait « ces gens-là » pour ne pas les nommer. Nombreux sont ceux qui se souviennent que l'intellectuel arrogant, né d'un père « canadien français » et d'une mère écossaise, plus souvent Elliott que Trudeau, indépendant de fortune grâce à son père, devenu premier ministre du Canada, ne ratait jamais une occasion de cracher sur les Québécois.

Même si je suis de ces Québécois qu'il a méprisés et que je reste de ceux dont le mépris à son égard ne s'atténue pas avec le temps, même si la devise des Québécois est « Je me souviens » (espérons qu'elle se conjugue aussi au futur), je ne me permettrais pas d'aller cracher sur la tombe de l'ancien premier ministre canadien. L'homme a vieilli et, tant qu'il a été lucide, il n'a jamais exprimé le moindre regret pour ce qu'il a fait subir au Québec. Le père tardif a connu de grandes épreuves, notamment par la mort de l'un de ses fils, emporté à vingt ans par une avalanche alors qu'il faisait du ski. La maladie de Parkinson est venue lui rappeler une fois encore que la mort attend tout le monde, un jour ou l'autre. Tout vieillard mérite un minimum de respect et de sympathie.

En raison de ce respect dû au tombeau de tout homme, quelles que soient ses idées ou ses actions, je considère comme inacceptable le geste de ces minables vandales qui ont profané vendredi dernier la tombe de l'ancien premier ministre canadien.

* Boris Vian, « Le déserteur » :

dimanche 13 avril 2008

À l'ombre du Big Ben


Alexander entend Big Ben sonner minuit à la Tour de l'Horloge du Palais de Westminster.

Avant d'aller dormir, il ira prendre l'air avec son fidèle compagnon canin. Ils marcheront longtemps sous la pluie et quand ils se seront bien éloignés de la maison et qu'ils seront tous deux bien trempés, ils prendront un taxi pour rentrer.

Après avoir lu le message que je lui ai envoyé pendant son absence, Alexander pourra aller dormir et partager son lit avec le chat aux yeux capteurs de soleil pendant que le chien se fait sécher au pied du lit.

Je ne sais plus où j'ai trouvé celle-ci, mais
en cliquant sur les photos, on peut les voir en plus grand.

mercredi 2 avril 2008

Où sont les pâquerettes ?

Deux semaines après l'arrivée officielle du printemps, on voudrait voir les parterres reverdir et les premières fleurs éclore. Ce n'est pas encore le cas ici, loin de là.


J'avais ce matin un rendez-vous dans le centre-ouest de Montréal, près de l'Université Concordia, où l'on n'a plus vraiment l'impression d'être au Québec car on ne parle pratiquement qu'anglais dans ce coin. Comme le soleil brillait dans le ciel bleu, j'ai cru que l'air était doux et que je pourrais faire le trajet à vélo. Je n'ai pas eu besoin de marcher très longtemps pour me féliciter d'avoir laissé le vélo à la maison car il ventait très fort et le froid polaire était mordant ; ce temps-là le 15 janvier, c'est normal, mais en avril, ça suffit !

En passant devant le Musée des beaux-arts, j'aurais voulu pouvoir faire quelque chose pour cette pauvre vache qui a passé l'hiver sous la neige et qui, au lieu de voir fleurir les pâquerettes au printemps, contemple la saleté étale incrustée dans la glace dont elle est prisonnière depuis presque six mois. Elle qui habituellement ne mâche pas ses mots est restée bouche bée devant le spectacle désolant de cette saleté noire et glacée.

dimanche 23 mars 2008

Agir pour le Tibet



En soutien aux Tibétains, il me semble important d'afficher leur drapeau, que j'ai trouvé sur ce site : Agir pour le Tibet. Ce n'est, bien sûr, que l'un des moyens de faire en sorte que ce peuple ne soit exterminé, assimilé par la loi du nombre, oublié de tous, avec la complicité des pays qui craignent de perdre quelques contrats avec la Chine s'ils expriment le moindre commentaire sur un minimal respect des Droits de l'Homme.

Symbolisme

1. Le triangle blanc au centre représente la montagne enneigée et symbolise le Tibet connu sous le nom de Pays de Neige.

2. Les six rayons rouges symbolisent les six tribus originelles du Tibet.

3. Les rayons alternants rouges et bleus foncés symbolisent la détermination des deux déités protectrices du Tibet de défendre les traditions spirituelles et séculaires du pays.

4. L'une des déités protectrices, Nechung, est colorée en rouge, tandis que l'autre, Sri Devi, est colorée en noir.

5. Le soleil symbolise la liberté ainsi que le bonheur spirituel et séculaire dont jouit le peuple du Tibet.

6. La posture vaillante des deux lions des neiges symbolise la victoire complète de la politique spirituelle et séculaire du Tibet.

7. Les trois joyaux flamboyants tenus haut par les deux lions symbolisent la révérence du peuple tibétain envers les trois sources de refuge spirituel, soit le Bouddha, sa loi et la communauté monastique.

8. Le motif circulaire à deux couleurs, tenu par les lions, symbolise l'adhésion volontaire aux dix vertus divines et aux seize codes de la morale humaine.

9. Le contour jaune symbolise l'épanouissement perpétuel du Bouddhisme dans toutes les directions.

jeudi 20 mars 2008

Tibet - Chine

Voilà plusieurs jours que je veux aborder la question du Tibet et que le temps me manque pour le faire. Je me proposais d'écrire un billet qui exposerait la situation, mais c'est un sujet trop complexe et il faudrait plusieurs articles que je n'ai pas le temps d'écrire. Le but de l'exercice était de protester contre la Chine qui, à cinq mois des Jeux Olympiques de Pékin, continue sa répression au Tibet, en plus d'empêcher toute circulation d'étrangers au Tibet et d'interrompre les communications... Heureusement, j'ai trouvé chez Pierre-Yves la pétition à signer pour protester et pour donner son appui au Tibet.



Après presque 50 ans de règne chinois, les tibétains lancent un appel mondial pour le changement. Mais, ils se retrouvent face à la force brute de la Chine et la violence se répand à travers le Tibet et les régions voisines. Le gouvernement chinois est en ce moment en train de choisir entre la brutalité et le dialogue ce qui pourrait déterminer le futur du Tibet et de la Chine.
Nous pouvons influencer ce choix historique. La Chine tient à sa réputation internationale.

Son économie est totalement dépendante des exportations "Made in China" que nous achetons tous et tient à faire des Jeux Olympiques à Pékin cet été une célébration de la nouvelle Chine qui est un pouvoir mondial respecté. Le Président Hu a besoin d'entendre que la 'Marque Chine' et les Jeux Olympiques ne peuvent réussir que s'il fait le bon choix. Mais il faudra une avalanche de pouvoir populaire mondial pour obtenir son attention.

Joignez-vous à ce mouvement populaire, cliquez ci-dessous pour signer une pétition adressée au Président Hu demandant de la mesure au Tibet et le dialogue avec le Dalai-Lama et faites circuler l'information à tout ceux que vous pouvez le plus vite possible.

Si nous pouvons obtenir 1 million de voix unies pour le Tibet, le groupe de plaidoyer global, Avaaz, les remettra en mains propres au gouvernement chinois. Cliquez ici et signez la pétition.


On trouvera plus d'information sur les sites de Reporters sans frontières, du journal Libération, de Cyberpresse...

mercredi 19 mars 2008

La bonne éducation, les bonnes manières, disiez-vous ?

Qui donc crois-tu tromper ?

Qu'auriez-vous envie de dire à quelqu'un qui est venu vous rendre visite, que vous avez accueilli et qui, pour une raison quelconque, a décidé de prolonger son séjour chez vous mais qui ne cesse de répéter qu'il n'a qu'une envie : celle de repartir au plus vite ?

Si le séjour est si désagréable, pourquoi le prolonger ?
Et s'il y a des avantages à rester, pourquoi alors dénigrer ceux qui l'accueillent ? La courtoisie ne voudrait-elle pas que le malheureux, condamné à rester, bénéficie des avantages que lui procure le séjour en se faisant discret sur son insatisfaction s'il n'est pas en mesure d'y changer quoi que ce soit ? À l'insatisfaction perpétuelle, nul n'est tenu, il me semble.

Mon plus vieil ami français dirait qu'il est pour le moins inconvenant et irrespectueux de cracher dans la soupe.

Un autre ami, québécois, celui-ci, aimait répéter que les visiteurs font toujours plaisir : si ce n'est à l'arrivée, c'est à leur départ.

Heureusement, tous les visiteurs ne se ressemblent pas.

jeudi 13 mars 2008

Savez-vous vraiment ce que vous mangez ?

Un ami français m'a envoyé aujourd'hui ce message en m'invitant à le faire circuler. Je limite donc mon commentaire personnel et vous invite à signer la pétition, puis à recopier le texte et à le faire circuler, sans oublier de copier le lien pour signer la pétition, tout en bas.


Si vous vous sentez concernés voici une info à diffuser largement!

Paris, France ? Fin octobre, le Commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, s'est courageusement opposé aux grandes compagnies de l'agrobusiness en proposant l'interdiction de la culture de deux maïs OGM (le Bt11 et le 1507) développés par les firmes Syngenta et Pioneer/Dow.

Des scientifiques ont en effet démontré que la culture de ces OGM censés combattre des insectes nuisibles au maïs pouvait provoquer des conséquences graves, notamment sur des insectes non nuisibles du maïs, comme le papillon monarque ou sur des « organismes non ciblés » comme des oiseaux. Récemment, il a également été prouvé que les écosystèmes aquatiques pouvaient aussi être affectés.


Si la proposition de Dimas était adoptée, il s'agirait d'un véritable tournant. Très favorable aux OGM, la Commission a jusqu'à présent toujours donné son feu vert aux demandes d'autorisation d'OGM Et les autres Commissaires européens, par peur de froisser les puissants intérêts pro-OGM, notamment aux États-Unis, risquent de s'opposer à l'initiative courageuse de Stavros Dimas. Mais celui-ci vient de confirmer publiquement sa position. « Le risque est trop élevé pour l'environnement selon plusieurs études scientifiques récentes, a indiqué M. Dimas à Bruxelles le 22 novembre. J'envisage de donner un avis négatif pour la demande d'autorisation. »

Il faut absolument soutenir la position prise par Stravros Dimas, qui, si elle est adoptée par la Commission européenne, sera le premier rejet d'OGM dans l'histoire de la Commission européenne et représentera un pas décisif pour une Europe sans OGM. Une mobilisation massive est nécessaire pour cette opportunité historique!

Cap sur les 100 000 signatures

Le plus grand nombre possible d'Européens doivent interpeller la Commission européenne pour que la santé publique et l'environnement priment sur les intérêts de quelques multinationales et que les maïs Bt11 et 1507 ne soient pas autorisés.

Signez et faites signer la pétition à destination de Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, et aux Commissaires Dimas, Kyprianou (consommateurs), Fischer-Boel (agriculture) et Barrot (transports). Plus de 75 000 européens l'ont déjà signée en quelques semaines, dont 10 000 en France... La pétition française s'adresse également à Jacques Barrot, Commissaire européen aux transports, car il votera également sur la proposition de Stravros Dimas et doit tenir compte de l'avis des citoyens français et de la nouvelle ligne politique française sur les OGM à l'issue du Grenelle de l'environnement.

Signez la pétition



Pour saisir cette opportunité historique, faites circuler cette pétition dans tous vos réseaux...

samedi 8 mars 2008

« Ne me libérez pas, je m'en charge ! »

Crachez en l'air...

L'image vient d'ici

« Le féminisme est un beau mouvement pacifique, qui n’a jamais tué personne, alors que le machisme tue tous les jours. » (Benoîte Groulx)

Faut-il souligner la journée internationale des femmes ? Certaines femmes disent qu'une journée annuelle consacrée aux femmes autorise l'oubli durant 364 autres jours.

Alors que de nombreuses féministes militantes déclarent la guerre contre les hommes, je préfère le ton et le discours d'une autre féministe, Élisabeth Badinter, qui met l'accent sur les ressemblances entre la femme et l'homme plutôt que sur leurs différences. Le discours et les revendications au nom de la différence ne peuvent, selon elle, qu'être porteurs de discrimination et d'inégalité.

jeudi 6 mars 2008

L'étincelle de vie

Cette fresque de la chapelle Sixtine fut créée entre 1508 et 1512. Elle représente la création d'Adam qui, lui, fut créé bien avant l'existence de nos calendriers et des archives de l'état civil.

Elle est l'oeuvre de l'un de nos plus grands génies de tous les temps : Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni, dit Michelangelo ou, en français, Michel-Ange, né à Caprese, en Toscane, le 6 mars 1475. Je ne voulais pas laisser passer sous silence l'anniversaire de naissance de ce grand créateur parmi les créateurs.