mardi 23 mai 2006

Amoureux...

J'ai toujours aimé les dauphins (et je ne suis sans doute pas très original en cela ; je l'assume : l'originalité à tout prix ne fait pas partie de mes valeurs. La créativité peut s'exprimer de diverses manières). Quand on me demande en quel animal j'aimerais me réincarner, si cela était possible, j'ai toujours pensé au dauphin. Il y a quelques années, ma soeur cadette m'avait offert un document de quatre pages sur la description du caractère en fonction du prénom (il s'agit d'une étude faite par un psychologue breton qui a rassemblé les différents prénoms sous l'une ou l'autre des quatre-vingts catégories de caractères existants) ; et dans la description de l'un de mes prénoms (j'en ai deux et seulement deux), on disait que mon animal totem était un dauphin. Ce n'était pas pour me déplaire.

Quand j'ai ouvert ce carnet virtuel, j'ai choisi, je ne sais pourquoi, d'y afficher une image que j'avais trouvée quelque part sur Internet et qui, bien entendu, me plaisait en tant qu'image, mais qui, en plus de représenter des dauphins, évoquait la Grèce, ce pays mythique qui peut encore m'émerveiller.


En feuilletant ces jours derniers le Dictionnaire amoureux de la Grèce, de Jacques Lacarrière, je suis tombé sur l'article consacré aux dauphins.


Jacques Lacarrière y écrit ceci :

Le dauphin —delphis en grec ancien, delphini en grec moderne —a toujours tenu une place importante et poétique dans la mythologie de la Grèce. Il est d’ailleurs curieux de voir à quel point les Grecs anciens avaient déjà perçu l’intelligence exceptionnelle de cet animal et son rôle souvent actif aux côtés des hommes. Nombre de légendes relatent en effet des histoires de navigateurs sauvés par des dauphins, dont le plus connu est Arion. Musicien célèbre qui parcourait la Grèce en interprétant des hymnes en l’honneur d’Apollon, Arion s’en retournait jusqu’à Corinthe en traversant la mer Égée lorsque l’équipage du bateau imagina de le jeter à l’eau pour prendre son argent. Prévenu par un rêve que lui envoya Apollon et qui lui disait « de faire confiance à la mer », Arion se jeta à l’eau quand les marins le menacèrent et des dauphins apparurent aussitôt pour le transporter jusqu’au rivage. Pourquoi particulièrement des dauphins ? Parce qu’Apollon avait un faible, si l’on peut dire, pour ce cétacé — que lui-même d’ailleurs n’appela jamais de ce nom ! — et que, selon une de ces légendes, c’est sous l’apparence d’un dauphin qu’il vint à Delphes pour la première fois. Il y a en effet entre le nom de Delphes —Delphoi — et celui des dauphins une ressemblance qui a pu être à l’origine de cette parenté. D’ailleurs, une autre légende dit qu’avant la venue d’Apollon, le lieu appartenait à un roi du nom de Delphos, ainsi nommé parce qu’il était fils du dieu des mers Poseidon, lequel s’était uni à une nymphe sous forme de dauphin. On le voit, les Grecs considéraient le dauphin comme un animal si proche de l’homme et des dieux que ces derniers ne dédaignaient pas d’en revêtir l’apparence.

Jacques Larrière poursuit ainsi sur ce sujet durant quelques pages supplémentaires. Il cite notamment le roman d’un auteur grec contemporain, Nikos Athanassiadis, intitulé Une jeune fille nue, qui raconte l’histoire de la fille d’un pêcheur qui tombe amoureuse d’un dauphin mystérieux. « J’en conseille vivement la lecture à tous les amoureux des îles grecques, de la mer, de ses légendes et… des dauphins », ajoute-t-il.

Il semble que je ne pourrai pas passer à coté de ce roman qui, selon Jacques Lacarrière, s’adresse à moi. Vérification faite, ce roman a été traduit du grec par Christine Notton et paru chez Albin Michel en 1966 et en 1989.

lundi 22 mai 2006

Éros enfant


Cette tête d'Éros enfant me rappelle un souvenir lointain, tragique et beau à la fois dans la synchronicité des événements...

Il y a plusieurs années, comme si c'était pour moi dans une autre vie, j'habitais avec quelqu'un d'un peu plus âgé que moi. Nous venions d'aménager, à Montréal, dans un grand appartement rempli de tableaux, de livres, de quelques antiquités, de belle vaisselle, de cristal et d'argenterie. J'étais revenu d'un premier séjour à Paris et je venais de commencer des études universitaires en lettres et en linguistique et de commencer à faire de l'action politique.
Mon ami et moi avions vu dans le catalogue d'une galerie californienne une tête d'Éros enfant qui nous avait séduit par sa beauté. Nous avions décidé de nous offrir pour Noël une copie de cette sculpture et nous l'avions commandée par la poste. La commande ayant été passée en septembre ou octobre, nous étions persuadés que la scuplture en question nous parviendrait à temps pour Noël. Je ne sais plus trop ce qui s'est passé, mais le colis n'arrivait toujours pas et l'échange de correspondance entre la galerie et nous a duré plusieurs mois.
Quelques jours avant Noël, nous avons reçu un appel téléphonique d'une amie effondrée : le sens de sa vie venait de disparaître. Cinq ans plus tôt, cette femme avait donné naissance à un superbe garçon qu'elle avait baptisé Philippe. C'était son premier, son unique enfant, né alors qu'elle avait déjà cinquante ans. Philippe était beau comme un dieu et, évidemment, il prenait dans la vie de ce couple la place royale.
Cette année-là, Philippe allait avoir six ans et sa mère avait décidé de lui organiser une vraie belle fête de Noël. Son mari était mort dans son sommeil un an plus tôt ; en rentrant de la campagne un jour, elle l'avait trouvé dans son lit « dormant d'une drôle de façon », selon les mots du petit Philippe. Un an après, en compagnie de Philippe, elle était donc partie à la maison de campagne, le dimanche d'avant, pour mettre de l'ordre et commencer à installer les décorations. Au moment de quitter la campagne pour revenir à Montréal, ils étaient déjà assis dans la voiture quand elle s'est rendu compte qu'elle oubliait dans la maison quelque chose qu'elle devait rapporter à Montréal ; elle est descendue de la voiture deux minutes en demandant à Philippe de ne pas bouger. Or, quand elle est revenue à la voiture, Philippe n'y était plus ; le temps de se retourner, elle l'a vu marcher sur la rivière puis... la glace s'est effondrée et Philippe a disparu.
On ne l'a pas retrouvé et nous, qui attendions pour Noël la reproduction d'une oeuvre d'art représentant une tête d'enfant, apprenions plutôt la disparition du plus beau petit bonhomme que nous connaissions, la prunelle des yeux de cette amie, l'amour, la joie, le sens à sa vie. Inutile de dire que cette femme faillit devenir folle. Elle ne s'est jamais pardonné ces deux minutes où elle a laissé l'enfant seul sur la banquette avant de la voiture...
Noël est passé, puis l'hiver ; on n'avait toujours pas retrouvé le corps de l'enfant, ni reçu la reproduction du bel Éros.
Un jour de mars, le téléphone a sonné : c'était l'amie en question qui nous annonçait qu'on avait enfin retrouvé le corps de Philippe ; elle pourrait enfin faire le deuil de son jeune dieu. Étrangement, ce même jour, un colis arriva par la poste : la reproduction de cette tête d'Éros enfant.
J'ignore comment il faut interpréter la synchronicité de ces événements. J'ai perdu depuis longtemps la trace de cette amie, qui est probablement décédée aussi. Mais je ne pourrai jamais voir une image d'Éros enfant, et Dieu sait que j'adore cette forme d'art, sans penser à ce petit Philippe.

mardi 16 mai 2006

Y aurait-il un espoir ?

Voilà une bonne initiative qui devrait être imitée !

Si l'association des étudiants de l'Université McGill voulait se donner la peine de publier un tel guide à l'intention de ses étudiants qui viennent de l'extérieur de Montréal et qui envahissent les appartements puis les rues du quartier, faisant la fortune des marchands de bière avant vingt-trois heures et criant à tue-tête à partir de minuit jusqu'au petit matin, j'en serais le premier ravi : mes voisins et moi pourrions dormir la nuit, entre les mois d'août et de mai de chaque année.

Un guide pour se débarrasser de l'image d'« Américain détestable »

Par Jocelyn Zablit

WASHINGTON (AFP) — Ne parlez pas si fort. Écoutez. Améliorez votre présentation. Tels sont quelques uns des tuyaux proposés aux hommes d'affaires américains en déplacement ou travaillant à l'étranger dans un guide destiné à se débarrasser de l'image d'« Américain détestable ».

Lancé par une organisation à but non lucratif inquiète de la montée de l'anti-américanisme dans le monde, le Guide des citoyens du monde énumère seize suggestions pour changer le comportement des Américains à l'étranger.

Ces « trucs » sont rassemblés dans un livret qui doit être distribué aux cadres de grandes sociétés, comme McDonald, la chaîne hôtelière Loews ou l'entreprise de logiciels Novell.

— « Soyez fiers de la manière américaine mais souvenez-vous que ce n'est pas la seule », proclame notamment le guide.

— « Écoutez au moins autant que vous parlez »

— « Réservez vos leçons de morale à vos enfants »

— "Parlez moins fort et plus lentement"

— « Ayez la vision des grandeurs autant que vous voulez mais parlez et agissez plus modestement »

— « Améliorez votre présentation ».

Autant de petits conseils rassemblés dans le livret de 4 pages, tirés d'un sondage réalisé dans 96 pays.

Keith Reinhard, fondateur de Action diplomatique pour les affaires (BDA), l'organisation à but non lucratif qui a imaginé le guide, a dit qu'il espérait que le livret jouerait un petit rôle pour refaçonner la perception négative des Américains dans le monde.

« Si nous sommes toujours admirés pour notre enthousiasme de jeunesse, notre optimisme et notre esprit d'initiative, nous sommes perçus comme bruyants, arrogants et complètement ignorants des autres cultures que la nôtre », a déclaré à l'AFP M. Reinhard, qui est aussi le président d'honneur de la société de publicité DDB Worldwide.

Dans le sondage à l'origine du livret, « les réponses étaient tout à fait cohérentes quels que soient les pays », a-t-il dit, précisant que « le mot respect revenait plus que n'importe quel autre ».

Il a rapporté qu'une personne interrogée en Nouvelle-Zélande avait observé que si les Américains ne voulaient pas arrêter de parler pour écouter, « ils pouvaient peut-être baisser le volume ».

Un Allemand s'est demandé « comment les États-Unis peuvent prétendre diriger le monde alors qu'ils ne connaissent rien du monde ».

M. Reinhard a précisé que les hommes d'affaires d'Europe occidentale, et plus particulièrement d'Allemagne, semblaient accablés par le comportement de leurs confrères américains, se plaignant notamment de leur manière de se vêtir, peu soignée et pas toujours conforme aux pratiques européennes.

Il a ajouté qu'un cadre d'entreprise de Düsseldorf avait été consterné que les employés du géant américain de la distribution Wal-Mart soient chaque matin encouragés à lancer un ban en l'honneur de leur société, dans le but d'insuffler un esprit d'équipe.

Les initiateurs du guide ont rencontré des membres de l'administration américaine, y compris Karen Hughes, sous-secrétaire d'État à la « Diplomatie publique », un poste visant à améliorer l'image des États-unis à l'étranger. Selon M. Reinhard, l'administration réfléchit à leur suggestion de remettre le guide à chaque détenteur de passeport américain.

Un effort similaire tenté par le département État peu après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis avait rencontré peu de succès.

L'an dernier, l'organisation BDA avait aussi approché des étudiants américains voyageant à l'étranger, leur distribuant déjà des conseils similaires à ceux regroupés dans ce guide.

La prochaine cible pourrait être les touristes américains. « Calmez-vous, écoutez et apprenez », lance déjà M. Reinhard à leur intention.

dimanche 14 mai 2006

La première fois

« La première fois est un élément essentiel dans le développement de l’enfant : la première fois que l’on a dormi hors de chez soi, la première fois que le petit garçon marche, la première fois qu’il récite quelque chose, la première fois qu’il manque de respect. Ce sont toutes ces premières fois qui aident à la construction de la personnalité, qui font l’individu, parfois brutalement. La première fois n’est pas toujours idéale, mais, à force de premières fois, on finit par être soi-même. Je crois que ceux qui collectionnent sont justement ceux qui ont des difficultés avec la première fois. Collectionner, c’est toujours rechercher la première fois. Tant que l’on a des premières fois, on est vivant. On est vieux lorsqu’on ne croit plus à la première fois... La première fois, c’est la découverte, le contraire du quotidien. C’est la liberté, l’énergie vitale... La première fois nous soutient dans notre capacité de croire en l’avenir... Il n’y a qu’une première fois qui est irréductible : la première fois que je suis mort. »
Marcel Rufo, pédopsychiatre.

samedi 13 mai 2006

« Les parents sont une maladie incurable ! »

Cette phrase choc, en guise de titre à ce billet, elle n'est pas de moi, mais du pédopsychiatre Marcel Rufo (j'allais écrire : « du pédopsychiatre de Marseille, Marcel Rufo », puis je me suis ravisé en pensant qu'il suffisait que j'écrive « de Marseille » pour qu'on se serve justement de ce détail géographique, de cette précision sociologique, pour le discréditer. Il ne faut pas se le cacher : trop souvent, on pense, et parfois on le dit : celui qui n'est pas de Paris n'a aucun intérêt).

Il y a une vingtaine d'années, peut-être un peu plus, j'ai découvert une femme extraordinaire. Chaque appararition à la télévision, chaque article qui me tombait sous la main et qui parlait d'elle m'était une joie et je m'empressais d'écouter ou de lire ce que pouvait dire cette femme, cette mère, cette psychanalyste d'enfants. Bien sûr, vous aurez compris déjà que je pense à Françoise Dolto. Je crois avoir lu à peu près tous ses livres et en avoir tiré de merveilleuses leçons de vie, d'écoute, d'ouverture, de magnifiques leçons de présence et de tendresse pour tout ce qui vit.

Françoise Dolto est décédée en 1988. Heureusement , elle a des émules, des disciples, des successeurs dans l'intérêt qu'elle portait aux enfants, dans l'attention qu'elle accordait aux maux de l'enfance et aux mots de l'enfant (Tout est langage, écrivait-elle, laissant entendre qu'un enfant, même un bébé qui ne connaît pas encore la langue, peut comprendre ce qu'une mère lui dit). Une société a été créée pour perpétuer son oeuvre, mais le mieux serait encore de lire ses livres.

Depuis quelques années, deux autres médecins de l'âme aussi médiatisés que l'était devenue Françoise Dolto, suscitent mon intérêt lorsque leur nom apparaît au menu d'une émission de télévision ou au contenu d'un article de magazine, sans oublier l'attention que je porte à la publication de leurs livres respectifs. Le premier, c'est Boris Cyrulnik, dont le concept de résilience a fait l'objet de nombreux livres, de nombreuses émissions de télévision et de nombreux articles. Boris Cyrulnik mériterait à lui seul un long billet que j'écrirai peut-être un jour.

L'autre médecin que j'aime entendre, lire, c'est le pseudopsychiatre que j'ai nommé au début de ce billet, Marcel Rufo. Par cette fomule choc, Marcel Rufo signifie qu'on n'échappe pas à notre histoire familiale, à notre hérédité, surtout... Même s'il s'intéresse à l'enfance, chacune de ses réflexions sur l'enfance me touche, car elle est une piste pour l'interprétation de ma propre enfance et pour la construction ou la reconstruction de mon imaginaire. Et c'est l'imaginaire, plutôt que la vérité objective, qui permet de continuer...

Dans un entretien au magazine
Lire au moment de la publication de son livre Détache-moi ! Se séparer pour grandir, aux éditions Anne Carrière (2005), Marcel Rufo disait ceci, que j'aime bien :

« Plus j'avance dans ce métier et plus je suis séduit et charmé par le talent des enfants. Ils ont une capacité à créer du romantisme et de la poésie que, sans doute, nous passons notre vie à perdre, nous les adultes. Par exemple, j'ai écrit il y a peu une chronique sur le rugby. Eh bien, pour moi, un match de rugby, c'est l'occasion d'avoir des émotions infantiles, de me projeter instantanément dans les tribunes sans y être... Quand on est enfant, on adhère au moindre rayon de soleil. Si on n'est plus capable d'être captivé par les grains de poussière scintillant et voltigeant dans le soleil, c'est qu'il est temps d'envisager la psychothérapie, voire la psychiatrie ! »

vendredi 12 mai 2006

Petit Prince


Vous avez lu et aimé le Petit Prince, de Saint-Exupéry ?
Vous aimiez Gérard Philippe ?
Vous aimeriez réentendre la voix unique de Gérard Philippe raconter comment l'aviateur fit la connaissance du Petit Prince dans le désert.
Cliquez ici et si après avoir entendu cet extrait vous ne courrez pas chez votre disquaire pour acheter le disque, c'est que... vous l'avez déjà.

J'ai eu en ma possession un disque sur lequel Jean-Louis Trintignant racontait le Petit Prince ; j'aimais écouter l'un et l'autre. J'ai prêté ce disque à l'une de mes soeurs et... je ne l'ai jamais revu. Maintenant, je ne prête plus : quand je veux que quelqu'un que j'aime lise un livre ou écoute un disque, je préfère le lui acheter.

samedi 6 mai 2006

Ave Maria...


Les sons manquent en effet dans la cohorte des souvenirs évoqués, écrit Brigetoun, dans son commentaire au billet précédent. Et comme elle a raison ! L'ouïe prend tellement de place dans notre vie : comment avons-nous pu l'oublier dans cet exercice faisant appel au souvenir ?

La voix humaine, qu'elle soit parlée ou chantée, représente pour moi l'un des sons les plus beaux que l'on puisse entendre. Y a-t-il quelque chose de plus émouvant que la voix de l'être aimé ? J'aimerais pouvoir écrire que le son qui m'a le plus marqué, c'est la voix de ma mère que j'entendais près de mon berceau. Hélas, ce n'est pas le cas. Bien des sons de mon enfance me reviennent en mémoire : étrangement, le premier qui me vienne à l'esprit en ce moment, c'est le bruit presque imperceptible du glissement du traîneau sur la neige, puis le grondement, plus impressionnant, d'une rivière au printemps, dont le gonflement tumultueux des flots semble vouloir avertir de ne pas trop s'en approcher.
D'autres bruits de mon enfance se présentent : celui d'un claquoir de bois dont se servait l'institutrice à l'école pour donner certains ordres (se lever, s'asseoir, se mettre en file, etc.) ou encore celui de la craie sur le tableau.

Toutefois, ce qui m'est spontanément venu à l'esprit en essayant de penser à un son qui m'a marqué, c'est un air de musique, deux airs, en fait. Adolescent, j'avais décidé que je deviendrais chanteur. J'ai abandonné les études en pédagogie que j'avais commencées quelques mois plus tôt afin de trouver du travail et de prendre des leçons de chant avec un professeur dont on parlait avantageusement dans le milieu de la chanson de l'époque. La majorité des élèves, comme moi, voulaient faire de la chanson populaire et n'avaient pratiquement pas de connaissances musicales, si ce n'étaient quelques leçons de solfège qui permettaient de déchiffrer sommairement la musique des chansons que nous voulions apprendre. Coïncidence : au moment où j'écris ces mots, mon lecteur de mp3 joue la 3508e pièce musicale d'une liste qui en compte 5375 ; et cette 3508e, c'est Trousse-chemise, de Charles Aznavour, que j'ai souvent travaillée avec mon professeur et que j'ai interprétée sur scène...
Au cours de l'une de ces leçons de chant, un jour, je ne sais plus trop pourquoi, peut-être pour me laisser reprendre mon souffle, mon professeur se mit à chanter, en s'accompagnant lui-même au grand piano qui trônait dans son studio ; il chanta l'Ave Maria de Schubert, puis il enchaîna avec celui de Gounod (à moins que ce ne soit l'inverse, je ne me souviens plus très bien). Je l'écoutai avec ravissement. Je ne pouvais plus rien dire. Je venais de découvrir de la musique que je ne connaissais pas. C'est depuis ce jour que j'aime la musique classique. Jusqu'à ma mort, je crois, j'entendrai la voix de mon professeur qui ce jour-là chanta pour moi seul, avec la même concentration que s'il était sur une scène ou à l'église, ces deux Ave Maria.

vendredi 5 mai 2006

Paradis perdu...

Contrairement au journal personnel, intime, que l'on écrit d'abord pour soi, qui peut être lu du vivant de son auteur ou seulement après sa mort, le blogue, qui peut aussi constituer une forme de journal personnel, offre l'occasion, si on le veut, d'interaction avec les lecteurs. L'interaction se fait parfois dans les commentaires ou, comme le moment de l'écriture et celui de la lecture peuvent être très rapprochés, les sujets sur lesquels on écrit peuvent être directement influencés par la lecture d'un autre blogue.
Ce vendredi 5 mai, l'ami Olivier de Paris, sur ses Chemins de Poussières, demandait quels étaient le film, le livre, l'odeur qui nous ont marqué.
Voilà bien un exercice que je trouve difficile car il y aurait tant de choix à faire et tant de choses à dire sur chacun de ces choix. C'est un exercice que je me propose de faire sur mon propre blogue depuis que j'ai commencé à y parler un peu de moi et qui me donne le vertige devant le flot de souvenirs qui remontent ou qui au contraire restent enfouis et qu'il faudrait ramener à la surface... Je reporte sans cesse à plus tard certains inventaires, certains bilans...
Pour répondre à Olivier, tout de même, je vais faire un effort. Puisque l'exercice, tel que je le comprends, n'est pas forcément de nommer mon film, mon livre préférés, mais ceux qui m'ont marqué, je vais tenter une réponse en me donnant des repères chronologiques.
L'un des premiers films qui m'ait vraiment marqué, je l'ai vu à l'école au moment où j'étais adolescent, Le Mirage de la vie, avec Lana Turner et je ne sais plus qui ; ce film m'a fait découvrir et aimer la voix de Mahalia Jackson, la magnifique.
Plus tard, il y a eu Mort à Venise, qui reste mon film fétiche. Ce film m'a fortement impressionné et il a exercé une grande influence dans ma vie. Par la suite, il y a eu un autre film qui m'a séduit, de Luchino Visconti aussi : Violence et passion, avec Burt Lancaster, Silvana Mangano, Helmut Berger... Ce professeur vivant seul dans un grand appartement rempli de livres et d'oeuvres d'art a longtemps représenté pour moi un idéal...
Du côté des livres, ce fut d'abord Les Amitiés particulières, de Roger Peyrefitte, puis Notre Amour, du même auteur. La lecture de ces deux livres a précédé mon premier séjour à Paris (pour un Québécois, un voyage à Paris, c'était un retour aux sources) et m'a apporté une certaine grille, (un canevas serait peut-être trop limitatif) sur laquelle s'est construit mon imaginaire amoureux et parisien. Puis, au retour, ce fut Si le grain ne meurt, de Gide, puis son journal, celui de Julien Green, Jouhandeau... Et de très nombreux autres.
Quant aux odeurs, elles sont nombreuses. J'ai besoin des odeurs : elles sont mes points de repère, elles stimulent mon imaginaire et nourissent ma vitalité. J'ai toujours en mémoire l'odeur des rues de Paris lors de mon premier séjour ; ce mélange d'huile à moteur, de feuilles mortes ; puis l'arôme des boulangeries et des pâtisseries. Une autre odeur qui évoque tout un monde : celle des parfums citronnés. Je conserve une affection particulière pour l'« Eau sauvage » de Dior, qu'on m'a offerte à 20 ans et qui durant de nombreuses années aura été mon plus fidèle lien olfactif avec Paris, le Paris plus grand que réel, puisqu'il était celui de mon paradis perdu.

mercredi 3 mai 2006

Un temps d'automne...


Durant quelques jours, il a fait beau, il a fait chaud. Depuis hier, le ciel est gris à en pleurer ; d'ailleurs, il ne s'en prive pas du tout.

En revoyant toutes ces images publiées ici ces derniers jours et à lire le commentaire que laissait Guillaume sur le billet d'hier, je me suis fait deux réflexions.

La première : j'avais sans doute besoin de voir des couleurs, de voir la vie surgir de terre, de partout ; c'est ce qui expliquerait le goût d'afficher ici toutes ces fleurs.

Puis je constate qu'il y a beaucoup de violet, dans diverses tonalités. Ce qui correspond probablement au besoin de renouer avec le fil de mon intériorité. Le violet est souvent lié à la spiritualité, au ressourcement. Dans le tourbillon actuel de ma vie, c'est vrai qu'il me manque du temps et de la tranquillité.

Le joli vitrail dans la fenêtre vient de chez Clémentine Halleux.

mardi 2 mai 2006

Un parfum de printemps


Si vous pensez au printemps, je ne sais pas quelle odeur vous vient en mémoire.
Pour certains, ce sont les violettes, pour d'autres, les lilas ; et pour vous ?




En ouvrant la porte de mon appartement, ce matin, j'ai été saisi par un parfum qui revient chaque annnée en cette saison et qui n'est ni celui du lilas, ni celui de la rose. Comme le système d'aération était en marche et poussait dans les couloirs de l'air frais de l'extérieur, j'ai vite compris que c'était l'air extérieur qui embaumait cette odeur printanière bien reconnaissable. Comme j'étais un peu pressé de me rendre au métro, j'ai oublié, en mettant pieds sur le trottoir, l'odeur qui m'avait saisi dans le couloir avant de descendre l'escalier de mon sixième.

C'est en sortant du métro, à l'autre bout de la ville, que l'odeur m'a saisi une deuxième fois et, cette fois, c'était très clair : il y avait bel et bien dans l'air un indéniable parfum printanier ; et pour tout dire, ça ne sentait pas la rose ni la jonquille : c'était plutôt des miasmes de fumier, pour ne pas dire de la m...

lundi 1 mai 2006

Du muguet, pour vous...


Au Québec, comme en Amérique du Nord, la façon de célèbrer la fête des travailleurs, c'est de... travailler.

Il y aura cepenant la fête du Travail, le premier lundi de septembre.

En attendant, voici quelques brins de muguet.


Qu'il vous apporte bonheur et chance !

Vous saviez, vous, qu'il existe aussi du muguet bleu ?

dimanche 30 avril 2006

Le soir est si proche.

« Je professe que l'on doit traverser la vie
comme on traverse une journée :
le soir en est si proche. »

François Nourissier, Un petit bourgeois.


Je ne me souviens plus exactement à quel moment j'ai commencé à lire les livres de François Nourissier ; il y a au moins vingt ans. Et dès le moment où j'en ai lu un, j'ai voulu lire tous les autres.

Ce que j'ai aimé en lui ? J'y ai sans doute trouvé des réponses à bien des questions que je me posais alors ; je me reconnaissais dans ses interrogations et dans ses doutes. À le lire, on serait porté à croire qu'il s'agit d'un écrivain mondain, très à l'aise dans le grand monde, avec le beau linge ; à l'aise, il l'est sans doute devenu avec le temps, mais au départ, François Nourissier est un petit garçon qui a pris de l'âge mais qui n'a pas vraiment grandi. Ses inquiétudes, ses insécurités, ses doutes, ont évolué avec lui mais ne semblent ne l'avoir jamais quitté.


Il est sans doute le plus à gauche des écrivains dits de droite, sans doute aussi le plus « homosensible » des hétérosexuels. Je ne me souviens plus dans lequel de ses récits autobiographiques il dit se demander lui-même pourquoi il n'est pas homosexuel, car plusieurs de ses amis le sont ou l'ont été, à commencer par Aragon. Il dit lui-même que la féminité constitue une bonne part de son tempérament et de sa sensibilité. Il a pourtant conçu, élevé trois enfants, une fille et deux garçons et sa crainte de ne pas avoir été un bon père lui a fait écrire des pages magnifiques sur la paternité, sur l'héritage intellectuel, spirituel, qu'un père voudrait laisser à ses enfants.

Bien que je ne possède moi-même aucune maison (j'ai été propriétaire une fois, durant quelques mois), son amour des maisons m'a toujours fasciné. Je comprends le symbolisme que l'on peut associer à la maison. J'ai écrit un jour une longue lettre à un ami qui devait en quitter une, pour lui exprimer que je croyais ressentir ce qu'il devait éprouver en quittant cette maison, ce qu'elle devait représenter pour lui à ce moment-là de sa vie. Cette ami m'a alors appelé, me disant avoir pleuré en lisant cette lettre qui exprimait si bien ce qu'il n'aurait pu exprimer lui-même avec des mots.

En cliquant sur la photo, vous pourrez l'agrandir.

Parmi les très nombreuses maisons qu'il a possédées, habitées, l'une des dernières fut sans doute la propriété qu'il avait dans le Lubéron. Le photographe Gilbert Nencioli lui a rendu visite dans cette maison, en 1995, pour un ouvrage qu'il préparait sur les lieux d'écriture de plusieurs écrivains parmi les grands noms de la littérature contemporaine. L'image qui précède est celle que Gilbert Nencioli nous offre du bureau de François Nourissier dans le Lubéron.


François Nourissier a publié en 2005 un nouveau titre que je n'ai pas encore lu, La Maison mélancolie, que je me propose de lire bientôt. Maintenant âgé de 79 ans et atteint de la terrifiante maladie de P. (qu'il refuse de nommer mais que l'on peut ici appeler par son nom : Parkinson), l'auteur répondait à quelques questions à l'occasion de la parution de ce nouveau livre ; en voici un extrait que l'on trouve sur le site des Éditions Gallimard :

Rencontre avec François Nourissier à l'occasion de la parution de La Maison Mélancolie

La maison Mélancolie… serait-ce votre adresse actuelle ?
François Nourissier — Je n'ai plus de maison, parce qu'avoir une maison c'est en vouloir une nouvelle, c'est en vendre une pour en acheter une autre. Dans ce sens, je crois que je n'ai plus de maison, que je n'en aurai plus jamais, et j'essaye là comme dernière besogne de cambrioler des souvenirs. C'est vraiment ça, je cambriole des souvenirs. Mais ça ne veut pas dire traîner des nostalgies.
Cela dit, ce n'est vraiment pas un livre dans le genre des chroniques pimpantes sur beau papier pour magazines pimpants et sur beau papier ! C'est un livre crépusculaire, il faut avoir le courage de l'assumer.

Mais pas pour autant un livre triste…
François Nourissier — Le livre, c'est comme la haute école : si on sait monter son cheval, il n'a jamais l'air triste, il n'a jamais l'air fatigué, il a l'air attentif, simplement. C'est la même chose : un livre triste, c'est un livre qu'on ne tient pas.

Vous aimez les maisons, pourtant vous semblez leur en vouloir un peu de vous avoir pris autant de temps et d'énergie…
François Nourissier — J'en ai visité plus de cinq cents ! Ce qui représente, ce n'est pas une façon de parler, un morceau d'une vie. Mais un morceau auquel je pense avec sympathie et reconnaissance. Oui, j'ai aimé cette course aux maisons.

Vous écrivez : « Il faut être un hercule de la solitude, des travaux manuels et du courage moral pour triompher d'une maison de campagne »…
François Nourissier — C'est vrai, une maison de campagne, c'est l'horreur ! Mais c'est vrai aussi que l'on regrette souvent une maison, bien plus rarement un appartement au quatrième étage de la rue Machin !
Quand les gens disent « ma maison », « à la maison », ils pensent à une maison individuelle, pas à un appartement. Il n'y a qu'un bateau qui puisse ressembler à une maison.

Au fond, toutes les maisons ne sont-elles pas, d'une façon ou d'une autre, des maisons closes ?
François Nourissier — Je crois que nous ne pensons à une maison que fermée, opposant sa fermeture à notre investissement, exigeant qu'on la force, qu'on casse une fenêtre ou une serrure… C'est très rare qu'on pense à une maison avec deux jeunes gens faisant de la musique sur un coin de la terrasse, des jeunes filles à l'ombre ou au soleil… À mon sens, on n'imagine jamais une maison heureuse ni vivante, on l'imagine toujours au bord d'un drame ou sortant d'un chagrin.

samedi 29 avril 2006

Le commerce à la manière états-unienne

Où que nous habitions dans le monde, du moment que nous circulons un peu, que ce soit de manière concrète, physique, ou par l'un des nombreux moyens de communications, nous connaissons à peu près tous des personnes qui vivent aux États-Unis, ce pays immense, juste au sud d'un autre pays qui s'étend, tel que le répète sa devise, a mari usque ad mare, « d'un océan à l'autre » (du temps d'un premier ministre canadien qui aimait provoquer le Québec et qui a fait en sorte que celui-ci n'adhère pas à la constitution canadienne, on aimait dire de ce pays qu'il s'étendait « d'un trou d'eau à l'autre »). Nous connaissons donc des personnes qui vivent aux États-Unis et, la plupart du temps, nous avons pour ces personnes des sentiments agréables, d'estime, d'amitié ; et c'est normal d'avoir de l'estime ou de l'amitié pour ces personnes, puisque généralement nous les avons choisies.
Il faut toutefois reconnaître que, la plupart du temps, lorsque nous parlons des « Américains », c'est plutôt pour s'en distinguer que pour s'y associer de quelque façon que ce soit. Leurs excès, leur mégalomanie, leur manque de culture et de finesse, leur ignorance du monde et des cultures des autres peuples de la Terre à moins que ces connaissances puissent leur servir concrètement, leur refus de limiter leurs émanations polluantes qui menacent la planète entière, etc., les raisons sont nombreuses d'entretenir envers ce peuple qui aime bien se définir comme un « melting pot » des perceptions négatives, des griefs...
Pays riche, les États-Unis, que ce soit par la voix de ses dirigeants politiques ou par celle de ses gens d'affaires, agissent dans le monde selon un principe bien connu, érigé chez eux en véritable religion : la raison du plus fort est toujours la meilleure.
Pour eux, la langue, la culture, le patrimoine architectural, artistique, etc., c'est l'équivalent du pétrole ou de leurs bagnoles : c'est la loi du marché qui devrait prévaloir dans les échanges internationaux, c'est-à-dire, encore une fois, la loi du plus fort. Ils respectent bien les produits culturels, à condition que ce soit les leurs qui dominent.
Le Québec et le Canada sont des voisins de cet immense pays et, que nous le voulions ou pas, nous sommes condamnés à nous entendre et à entretenir avec eux des échanges commerciaux.
Or, vers la fin des années 1980, le gouvernement canadien, sous la direction du premier ministre Brian Mulroney, avait poursuivi des négociations avec les États-Unis et le Mexique, afin d'en venir à un traité commercial favorisant le libre-échange entre les produits commerciaux de ces trois pays. Le premier janvier 1994, l'ALENA ou l'Accord de libre-échange nord-américain est entré en vigueur.
« En bon français, on devrait dire Accord nord-américain de libre-échange et non Accord de libre-échange nord-américain, mais les responsables ont jugé l'acronyme ALENA préférable à ANALE », peut-on lire ici.
(On se demande bien pourquoi cette préférence d'acronyme : c'est à croire que les dirigeants états-uniens ne voulaient pas voir trop clairement exprimées leurs réelles intentions de pratiques commerciales).


Le préambule de ce traité dit ceci :

Le Gouvernement du Canada, le Gouvernement des États-Unis d'Amérique et le Gouvernement des États-Unis du Mexique, ayant résolu

  • DE RENFORCER les liens privilégiés d'amitié et de coopération entre leurs nations,
  • DE CONTRIBUER au développement et à l'essor harmonieux du commerce mondial ainsi qu'à l'expansion de la coopération internationale,
  • DE CRÉER un marché plus vaste et plus sûr pour les produits et les services produits sur leurs territoires,
  • DE RÉDUIRE les distorsions du commerce,
  • D'ÉTABLIR une réglementation claire et mutuellement avantageuse de leurs échanges commerciaux,
  • D'ASSURER un environnement commercial prévisible propice à la planification d'entreprise et à l'investissement,
  • DE FAIRE FOND SUR leurs droits et obligations aux termes de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce et d'autres instruments multilatéraux et bilatéraux de coopération,
  • D'ACCROÎTRE la compétitivité de leurs entreprises sur les marchés internationaux,
  • DE FAVORISER la créativité et l'innovation et d'encourager le commerce de produits et de services faisant l'objet de droits de propriété intellectuelle,
  • DE CRÉER de nouvelles possibilités d'emploi et d'améliorer les conditions de travail et le niveau de vie sur leurs territoires respectifs,
  • DE S'ACQUITTER de tout ce qui précède d'une manière compatible avec la protection et la conservation de l'environnement,
  • DE PRÉSERVER leur liberté d'action relativement à la sauvegarde du bien public,
  • DE PROMOUVOIR le développement durable,
  • DE RENFORCER l'élaboration et l'application des lois et règlements en matière d'environnement, et
  • DE PROTÉGER, d'accroître et de faire respecter les droits fondamentaux des travailleurs,

SONT CONVENUS de ce qui suit : (On trouvera ici le texte complet de cet accord).

Le Québec a fortement appuyé les négociations qui ont conduit à la signature de ce traité ; on peut même dire que c'est grâce au Québec si le gouvernement canadien a pu le signer. Car le Québec y a cru, étant persuadé qu'un traité commercial du genre ne pouvait qu'être favorable à ses entreprises, à son commerce, à son économie.

Je ne suis ni économiste, ni analyste commercial, mais il semble que depuis l'entrée en vigueur de ce traité commercial, le premier janvier 1994, il y aura eu plus de bienfaits que d'inconvénients à ce traité de libre-échange entre le Canada, dont le Québec, les États-Unis et le Mexique.
Sauf que pour les entreprises et les dirigeants états-uniens, tout traité de libre-échange est bon dans la mesure où ils conservent leur domination ; dans le cas contraire, ils imposent des droits compensateurs sur les produits importés.
C'est ce qui est arrivé depuis 2002. Les entreprises forestières états-uniennes, estimant que l'importation de bois d'oeuvre canadien menaçait leur industrie ont exigé de leur gouvernement qu'il impose des droits compensateurs (une taxe à l'importation) aux entreprises canadiennes. Depuis 2002, ces droits compensateurs ont coûté à l'industrie canadienne plus de cinq milliards de dollars et continuent de coûter 100 millions de $ par mois à cette industrie.
Depuis quelques années, le gouvernement canadien essayait de faire comprendre aux dirigeants états-uniens que ces droits compensateurs allaient à l'encontre du traité de l'ALENA et qu'ils devaient y mettre fin. Or, pour le gouvernement fondamentaliste du W Buisson maudit, ces questions de droits compensateurs étaient le dernier de ses soucis ; il avait d'autres chats à fouetter.
Le 10 août 2005, le tribunal d'appel de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) donnait raison au Canada et estimait que les droits exigés par les États-Unis étaient illégaux en vertu de leur propre législation et des accords de l'ALENA. Or ce gouvernement, qui aime bien se placer au-dessus des lois qui ne lui conviennent pas, n'acceptait tout simplement pas cette décision et voulait négocier avec le Canada.
Prenons un exemple à une échelle réduite. Supposons que je possède à la campagne un vaste domaine que mon voisin doit contourner pour aller chercher son bois de chauffage sur un autre lot qu'il possède. Il me demande si nous ne pourrions pas nous entendre pour qu'il puisse emprunter un chemin de terre battue qui traverse mon terrain afin d'arriver plus directement à son lot boisé sans devoir faire un immense détour. Nous concluons une entente : en échange du libre-passage sur mon terrain, il promet de déneiger les entrées lorsque la neige sera abondante. Chacun est content de cet accord. Sauf qu'un jour je me rends compte qu'il fait un profit intéressant en vendant son bois, alors je lui réclame 1 000 $ à chaque fois que je le vois passer. Non seulement ce n'est pas ce qui avait été conclu, mais en plus c'est illégal. Mon voisin a beau protester, il paie la rançon à chaque fois car il a besoin de son bois et de l'argent qu'il lui rapporte. Il essaie de me faire entendre raison mais j'ai la tête dure. Quand il en a assez, il s'adresse aux tribunaux ; ceux-ci voient l'extorsion criminelle dont il est victime et me condamnent à rembourser le voisin illégalement lésé : 500 000 $ que j'ai réussi à lui extorquer. Je refuse de rembourser et j'essaie de négocier avec lui ; il refuse de me parler et exige son argent. Or un jour j'ai besoin d'un service qu'il est le seul à pouvoir me rendre ; je vais le voir et il refuse de m'aider si je ne lui rembourse par son argent. Je lui propose de négocier. Pour essayer d'en finir avec ce conflit qui risque d'empoisonner nos vies et me basant sur le principe qu'un bon arrangement vaut mieux qu'un deuxième bon procès, je lui propose de lui rembourser seulement 400 000 $ sur les 500 000 $ dont je l'ai lésé. Il accepte et empoche les 4000 000 $. Et moi je m'en tire bien : je lui ai volé 500 000 $ mais je n'ai été obligé que de lui rembourser 400 000 $ ; je fais un profit net de 100 000 $, soit 20 %. Il sera intéressant de recommencer bientôt, à la première occasion.
C'est exactement ce qui se passe entre le Canada et les États-Unis. Le gouvernement canadien vient d'accepter une entente selon laquelle le gouvernement des États-Unis rembourse quatre des cinq milliards qu'il a illégalement sous-tirés aux entreprises canadiennes. Comme un voleur de grand chemin, comme tous ces jeunes qui font sur les plus jeunes du « taxage » pour s'enrichir facilement aux dépens des plus faibles, le gouvernement des États-Unis vient d'empocher un millard de $ illégalement perçu. Quelle belle moralité ! Quelle belle preuve d'amitié, entre voisins ! Et surtout : quel beau message envoyé aux entreprises de ce charmant pays, les States : plaignez-vous, exigez des droits compensateurs et nous les empocheront pour vous. Et quand les tribunaux exigeront que nous les rendions, nous en conserverons 20 %... ou plus !

p. s. : On aura peut-être remarqué que, sauf une fois au début, je me suis appliqué dans ce texte à ne pas employer l'adjectif « américain » pour qualifier les citoyens, les institutions, les produits, les politiques de ce pays qui s'appelle les États-Unis. Je sais qu'ils aiment bien se gargariser de ce mot « America » dans lequel ils mettent tout leur honneur, mais c'est encore une fois de l'usurpation : l'Amérique ne leur appartient pas ! Et un « Américain », c'est aussi bien un habitant du Chili, du Mexique, du Brésil, du Canada, du Québec, qu'un États-Unien.

vendredi 28 avril 2006

Écrire dans la francosfère... et en parler

Les motivations qui nous font écrire sont multiples ; pour certains, il s'agit d'un plaisir, d'un pur exercice d'expression de sa créativité ; pour d'autres, il s'agit surtout d'un moyen de communication efficace, plus adapté à certaines situations que l'expression orale. Parmi ces derniers, il y a des gens qui le font pour eux-mêmes et d'autres qui le font pour transmettre des messages qui émanent d'autres sources que leurs intérêts personnels. Il y a par exemple ceux qui rédigent les discours d'un ministre ou du président d'une entreprise, ceux qui donnent forme aux diverses communications écrites dans les organisations publiques ou privées, ceux qui écrivent des manuels de gestion ou de procédure, des guides d'utilisation, des contenus de sites Web, etc. Bref, tout ce qui s'écrit, se publie ou se diffuse, passe entre les mains d'un rédacteur, professionnel ou improvisé, pigiste ou employé, occasionnel ou permanent...

En plus du crayon, de la plume ou de l'ordinateur, toutes ces personnes qui rédigent utilisent divers outils : les grammaires, dictionnaires, répertoires spécialisés, etc.

Et ces répertoires, il faut encore d'autres personnes pour en recueillir le contenu, pour les rédiger.

Samedi prochain, premier samedi de mai, étudiants, employeurs, rédacteurs professionnels ou en voie de le devenir auront l'occasion de passer une journée en compagnie d'auteurs d'outils d'aide à la rédaction créés au Québec.


Le colloque se tiendra toute la journée de samedi à l'


Il est organisé conjointement par cette faculté universitaire.


et par cette association professionnelle.


On trouvera sur la page d'accueil du site de cette association un lien pour consulter en format pdf le programme de la journée (contenu, auteurs invités, horaire, etc.) ainsi qu'un lien vers une fiche d'inscription (que l'on pourra présenter le matin même, avec le paiement par chèque des frais d'inscription).

Je connais plusieurs des auteurs qui seront présents. Je serai particulièrement heureux d'y revoir l'un de mes professeurs à l'université, auteur de ce guide indispensable qu'il m'a élogieusement dédicacé, et qui vient de m'adresser un très agréable commentaire au sujet d'un communiqué que j'ai rédigé et envoyé ce matin.

jeudi 27 avril 2006

Tulipes, violettes et... délices



J'ai vu hier en sortant de chez moi, dans le jardinet d'une maison voisine, les premières fleurs de la saison. Quelques tulipes ont bravé le froid et offraient fièrement leurs couleurs aux frileux rayons du soleil et... aux quelques passants. Ces tulipes viennent d'ici.

Sur le site d'une carnettiste, Martine, que je ne connaissais pas, et dont je vais vous reparler un peu plus loin j'ai trouvé cette très belle image d'une tulipe peu commune.


Et ailleurs, sur Internet (j'en ai malheureusement oublié la provenance), il y avait celle-ci.


Ces cinq ou six tulipes du jardin voisin étaient entourées de minuscules fleurs violet qui semblaient vouloir se fondre dans le gazon. Je ne connais rien aux fleurs (je sais à peine reconnaître une rose d'une tulipe ou d'un lys), mais je ne crois pas que ces petites fleurs soient des violette
s, car les images de violettes que j'ai pu trouver sur Internet montrent toujours des fleurs au bout d'une tige qui s'élève nettement au-dessus du gazon, alors que celles du jardin d'à côté sont plus ou moins camouflées dans l'herbe verte.

Elles pourraient ressembler à cette variété de violettes odorantes, mais leurs pétales me semblaient plus nombreux, plus arrondis, plus serrés, comme un col claudine...

Je me découvre un goût que j'ignorais pour les violettes. En fait, j'ai toujours aimé cette couleur, dans diverses tonalités, mais je ne savais pas que ces petites fleurs me plaisaient autant.

Voici un petit être qui semble les apprécier autant que moi.

Si ce petit chat décidait de manger quelques-unes de ces violettes, il ne serait pas nécessairement imprudent ; il serait plutôt gastronome car, nous avons tendance à l'oublier, la majorité des fleurs sont comestibles (renseignez-vous toutefois avant de vous lancer dans la gastronomie florale, car certaines variétés sont très toxiques).

Martine, la collègue carnettiste dont j'ai découvert ce matin les banlieusardises propose de très nombreuses recettes qui vous feront saliver. Parmi les recettes utilisant des fleurs comestibles, il y a celle de la glace à la vanille et aux pétales de rose, servie ici dans une coupe de pétales de tulipes.



J'ai parlé, les 24 et 25 mars derniers, de religieuses et des macarons à la violette de chez Ladurée, à Paris ; j'ai parlé aussi du pékêt à la violette que j'ai pu boire à Liège. Il y a bien d'autres produits de bouche que l'on peut préparer avec les violettes ; il y a par exemple ce confit.

Cette assiette dans la vitrine d'un antiquaire me rappelle une théière qu'on m'a offerte il y a plusieurs années et que je conserve précieusement. Cette théière provient de la collection « Herbes folles » de la Porcelaine de Paris ; on y trouve des brindilles vertes agrémentées de petites fleurs légèrement plus claires que celles de cette assiette.


Pour se rendre à la prochaine étape, il me
semblait qu'il faudrait traverser un beau champ fleuri.


Je n'ai encore jamais mis les pieds à Colmar. Ce nom évoque pour moi celui d'un endroit calme où le jeune André Gide s'était réfugié loin de sa mère pour y préparer son premier livre, Les cahiers d'André Walter ; revenant moi-même d'un séjour de quelques mois en France (un retour aux sources, en fait, même si c'était la première fois que je me trouvais physiquement sur le sol français), je lisais, à vingt-et-un an, Si le grain ne meurt* et j'enviais son auteur de pouvoir, grâce à sa fortune personnelle, aller là où il voulait, s'installer comme il le voulait dans les lieux qui lui plaisaient ou qui lui permettaient de travailler librement.

Si ma mémoire ne fait pas défaut, je crois que les bébés viennent aussi de Colmar, parce que c'est là que les cigognes ont leur quartier général.


À compter d'aujourd'hui, Colmar sera aussi, pour moi, la ville qui abrite cette jolie maison aux volets violets.

Photo : Façade d'une maison à colombages.

* « Mon secret tenait en mon coeur tant de place que je m'étonnais de n'en pas tenir, moi, une plus importante dans ce monde. Tout au plus pouvais-je pardonner aux autres de ne pas reconnaître que j’étais changé ; du moins, près d'eux, moi, je ne me sentais plus le même ; j'avais à dire des choses nouvelles, et je ne pouvais plus leur parler. J'eusse voulu les persuader et leur délivrer mon message, mais aucun d'eux ne se penchait pour m'écouter. Ils continuaient de vivre ; ils passaient outre, et ce dont ils se contentaient me paraissait si misérable, que j'eusse crié de désespoir de ne les en persuader point. »

André Gide, Si le grain ne meurt.


dimanche 16 avril 2006

Nouvelles étoiles du jardin...

Le printemps est arrivé. Notre ami Thomas, de Bruxelles, a ajouté quelques nouvelles images fleuries à son photoblogue, dans la section « étoiles du jardin ». En voici une, fraîche et pimpante, qui semble pourtant vouloir nous rappeler qu'en avril, mieux vaut ne pas se découvrir trop tôt car les nuits sont encore fraîches et les journées... pas beaucoup plus chaudes. Elles sont toutefois bien braves ces premières fleurs du jardin de Bruxelles que j'aime ; à Montréal, tout ce qui a fleuri jusqu'à maintenant, c'est l'espoir d'un printemps lumineux et chaud.

Ces belles images de Thomas, qui illustrent bien l'idée qu'« aux âmes bien nées la valeur n'attend pas le nombre des années », vous les trouverez, plus belles et plus lumineuses qu'ici, dans son photoblogue
à cette adresse.

Thomas est un jardinier accueillant et son père plus encore : il aimera qu'on laisse des traces dans son jardin virtuel (à défaut d'avoir le privilège de marcher dans celui de son père).

Joyeuses Pâques !

vendredi 14 avril 2006

Ma station de métro

Oui, je sais, vous allez dire : « Encore lui ? » en vous persuadant que je ne lis plus qu'un seul blogue et qu'à défaut d'inspiration, je rédige mes billets en fonction de ceux d'Olivier de Montréal ; en fait, vous n'aurez raison qu'à vingt-cinq pour cent.
D'abord je continue de lire quotidiennemen
t un assez grand nombre de blogues ; ces dernières semaines je ne suis pas souvent passé plusieurs fois par jour et je n'ai pas beaucoup laissé de traces, sauf celles qu'enregistrent à mon insu les petits fichiers supposés établir des statistiques de fréquentations des sites.
Et ce n'est pas non plus l'inspiration qui me manque, mais le temps pour écrire les billets que j'aurais envie d'écrire et qui demandent un peu
de réflexion, un peu de calme. Car, le talent en moins, je suis un peu du tempérament de Rainer Maria Rilke qui écrivait dans ses Lettres à un jeune poète : « Pardonnez-moi cette lenteur, mais je n'aime pas écrire des lettres en voyage, car pour écrire des lettres il me faut plus que le strict nécessaire : un peu de calme, de solitude et de routine. » Que ce soient des lettres ou des billets, si l'on veut transmettre une émotion, un sentiment, il faut pouvoir l'extraire de la gangue qui l'insère dans le quotidien.

Dans son billet de lundi dernier et de ce vendredi 14 avril, Olivier nous montre de belles photos du métro de Montréal, photos prises par son grand b
run qui ne devrait pas tarder à se faire payer cher pour continuer de faire de si belles images. Et il nous demande quelle est notre station de métro préférée. Voici donc la mienne.


Il s'agit de la station Place-des-Arts, qui doit son nom au complexe de salles de concerts et de spectacles dont l'inauguration a eu lieu le 21 septembre 1963 et que l'on voit partiellement derrière l'édicule du métro, en haut à gauche. Derrière les deux arbres, le Musée d'art contemporain de Montréal ne parvient pas à se camoufler.
En haut, à droite, il s'agit du Complexe Desjardins, comprenant trois grandes tours à bureaux, un hôtel qui a déjà été géré par la chaîne Méridien, des galeries commerciales et une grande place qui est le lieu de très nombreuses animations de toutes sortes : j'y ai croisé Jeanne Moreau, pris l'ascenseur avec Liza Minelli et bouquiné avec Adamo (ne craignez rien : je n'essaierai pas de me souvenir de toutes les vedettes qui y passent régulièrement, ne serait-ce que dans le cadre du Festival des films du monde).

Si l'on suit le bus qui est arrêté à la station de métro, de l'autre côté de la rue, il y a le pavillon des sciences de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) auquel on a intégré l'un des accès au métro.

Sur les quais

Sortie.

De Bruxelles où il vit, l'ami
khoyot a donné à son billet du 11 avril le titre de ma station de métro sans qu'il n'y ait aucun lien avec moi sauf peut-être que de temps à autre ma lecture de ses billets lui rappelle qu'il est déjà passé à Montréal à quelques reprises, ce que j'ignorais ou que j'avais oublié si je l'ai déja su ; j'espère qu'il y reviendra bientôt et que nous aurons l'occasion de boire ensemble au moins une bière, belge ou québécoise. Il se souviendra certainement de cette grande murale lumineuse faite de verre peint et de fer, oeuvre de Frédéric Back, Les Arts lyriques et qui retrace l'histoire musicale de Montréal de 1535 aux années 1960.


Voilà : c'était ma station de métro ; celle que je fréquente régulièrement et celle que je préfère, pas seulement parce que c'est la mienne. Je crois qu'en fait j'ai choisi d'habiter ce quartier pas nécessairement à cause de la station de métro elle-même, mais en raison de tout ce qui vit autour.

Toutes les images proviennent de ce site du
métro de Montréal. Je crois qu'il mérite qu'on s'y arrête.

mercredi 12 avril 2006

Iran - Québec, même menace ?


Je ne vois vraiment pas le lien entre le Québec et l'Iran, mais on dirait que dans l'esprit du gouvernement du Buisson maudit et de son vice-président DéChaîné, les deux États cités constituent des menaces à la sécurité des États-Unis d'Amérique et, par conséquent, à l'équilibre mondial. Le Québec parce qu'il prétend vouloir devenir un État souverain et participer pleinement à l'Organisation des Nations unies... L'Iran à cause de son programme d'enrichissement de l'uranium qui viserait à doter ce pays de la bombe nucléaire.

Répondant à une question des journalistes sur les possibilités d'une intervention militaire en Iran, un représentant du gouvernement états-unien n'a pas voulu confirmer ni infirmer l'intention, mais il a tout de même ajouté qu'une intervention militaire en Iran était plus probable qu'une intervention militaire au Québec.
Ce qui m'étonne un peu — et qui m’inquiète à la fois —, c'est que quelqu'un dans ce gouvernement, connaisse l'existence du Québec.

mardi 11 avril 2006

Bientôt, j'espère...


Sans me prendre pour le Phénix, il me tarde, non pas de renaître de mes cendres, mais d'abord de sortir des flammes qui me consument...
La vie active prend tout mon temps, toutes mes énergies (j'ai encore commencé hier un nouvel emploi et j'ai des réunions chaque soir de la semaine pour d'autres engagements), et la vie méditative me manque...
D'ici vendredi, j'espère trouver un peu de calme.

dimanche 9 avril 2006

Sous les cendres...

... la vie éclate.

Voilà, c'est fait ! Comme le Phénix (Phoenix) qui renaît de ses cendres, « Olivier - un Français au Québec » n'est plus, mais Olivier de Montréal vit de nouveau sur la place publique depuis ce samedi 8 avril 2006. Les cendres n'auront pas eu le temps de tiédir, voilà que l'Olivier reparaît, plus vif et plus rayonnant encore.
Il est passé chez DotClear, qui me semble la meilleure plate-forme existante. J'y serais déjà si j'avais eu le temps d'apprendre un peu mieux à gérer la technologie minimale qui permet de concevoir un site qui ne soit pas seulement beau, mais qui réponde aussi aux besoins que l'on développe avec le temps.
Je finirai par rassembler mon courage et par inscrire au haut de ma liste de priorités cette migration vers un ciel plus agréable, plus convivial et plus fonctionnel de la blogosphère.

En attendant, j'essaierai de retrouver un peu plus de tranquillité et de concentration pour reprendre le rythme de mes publications. J'ai déjà quelques ébauches de textes qui attendent.

L'image vient d'ici.

mercredi 5 avril 2006

Snif :o(


Encore un qui ferme boutique ! C'est à croire que la blogosphère les épuise tous. Mais je peux comprendre ; cela devient accaparant, exigeant, épuisant, de consacrer chaque jour de longues minutes, des heures parfois, sans compter les difficultés techniques qu'il faut régler pour que le texte soit en ligne et que les images s'affichent correctement.
Depuis 2003, Olivier, un Français au Québec, a fait un véritable travail d'information touristique, de loisirs, d'immigration, d'intégration, etc., d'éducation politico-sociologique, en plus de nous faire partager ses découvertes de toutes sortes, ses gourmandises, ses surprises et ses émerveillements.
Or, après trois ans, Olivier a décidé de mettre fin à ce blogue consacré au départ à son intégration au Québec ; il semble que ce soit mission accomplie et il veut passer à autre chose. Puisqu'il promet de revenir ailleurs, autrement et de continuer à saupoudrer de soleil et de joies nos céréales matinales, remercions-le du fond du coeur pour la qualité de sa présence et souhaitons-lui un recul inspirant afin qu'il revienne dans un autre cadre qui corresponde un peu mieux à ce qu'il est devenu depuis trois ans. Passez le saluer avant son départ et laissez-lui un commentaire afin qu'il se souvienne bien des derniers moments de ce blogue.
Le blogue d'Olivier, un Français au Québec se termine cette semaine. Vive l'Olivier nouveau que nous découvrirons bientôt, j'espère. Merci et pour la suite, le mot de celui qui ne mâchait pas les siens : Cambronne !

lundi 3 avril 2006

Buvez du lait...


... et vous serez en santé. Si en plus, il est additionné de vitamine D, vos os ne s'en porteront que mieux et vous aurez le sourire qu'il faut pour réussir dans la vie.

dimanche 2 avril 2006

Casse-pieds, va !

Question de jouer les casse-pieds, voici une liste d'expressions de la même famille que « pied » ; prenez le vôtre.

1) Avant-pied

2) Bain-de-pied

3) Bipied

4) Bout-de-pied

5) Cale-pied

6) Casse-pied

7) Casse-pieds

8) Chauffe-pieds

9) Chausse-pied

9,5) Cloche-pied*

10) Contre-pied

11) Croche-pied

12) Demi-pied

13) Essuie-pieds

14) Gratte-pied

15) Hausse-pied

16) Haut-le-pied

17) Marchepied

18) Nu-pied

19) Nu-pieds

20) Nu-pieds

21) Passe-pied

22) Peton

23) Pied bot

24) Pied bot

25) Pied-noir

26) Pied-à-terre

27) Pied-d’alouette

28) Pied-d’oiseau

29) Pied-de-biche

30) Pied-de-cheval

31) Pied-de-chèvre

32) Pied-de-coq

33) Pied-de-lion

34) Pied-de-loup

35) Pied-mouton

36) Pied-de-poule

37) Pied-de-poule

38) Pied-de-roi

39) Pied-de-veau

40) Pied-droit

41) Pied-fort

42) Pied-mélangeur

43) Pied-module

44) Pied-noir

45) Pied-plat

46) Piéfort

47) Piétage

48) Piétement

49) Piétin

50) Pouce-pied

51) Pousse-pied

52) Poussepied

53) Rempiétement

54) Rempiéter

55) Repose-pieds

56) Rez-pied

57) Rogne-pied

58) Sous-pied

59) Tire-pied

60) Trépied

61) Trousse-pieds

62) Va-nu-pieds


* Merci à René de m'avoir signalé l'oubli de « cloche-pied »