mardi 22 septembre 2009
J'étais si près de toi, Alexander
J'attends personne ne viendra
Ni de jour ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même
Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance ils perdent leur lumière
Ma bouche s'est séparée de ta bouche
Ma bouche s'est séparée de ton plaisir
Et du sens de l'amour et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n'avanceront plus il n'y a plus de routes
Ils ne connaîtront plus mon poids ni le repos
Il m'est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j'ai crue infinie
Et l'avenir mon seul espoir c'est mon tombeau
Pareil au tien cerné d'un monde indifférent
J'étais si près de toi que j'ai froid près des autres.
Paul Éluard, Oeuvres complètes, vol. II, « Bibliothèque de la Pléiade », 1968.
lundi 7 septembre 2009
Qu'allons-nous devenir ?

samedi 5 septembre 2009
Il me manque aussi

En relisant les premiers messages que m'envoyait Alexander, en avril 2008, je tombe sur cette image qui n'est pas exactement celle de son ami Alexander mais qui est celle, trouvée sur Internet, qui lui ressemblait le plus. Je sais que pour Alexander son choix était clair depuis le moment où il a souhaité avoir un chien ; il a lu tout ce qu'il pouvait trouver sur les chiens afin de s'assurer qu'il faisait vraiment le bon choix, mais il était si naturel que son chien soit l'un des plus célèbres emblèmes de son pays qu'il aimait tant.
En faisant abstraction de toute considération intellectuelle, comment ne pas fondre devant ce regard tendre ? J'ai fondu aussi et, depuis, je cherche à approcher tous les bouledogues anglais que je rencontre. Il n'y en a pas tellement à Montréal, mais je suis reconnaissant aux amis de ceux que je rencontre de me laisser les approcher. Même adultes, ils conservent ce regard plein de tendresse. La peau de leur tête, lâche et finement ridée, est si agréable à toucher ; le contraste de la peau du visage est si grand avec la force athlétique de sa musculation, sous une robe d'une texture lisse, fine, soyeuse.
Tous ceux que j'ai rencontrés m'ont semblé prêts à m'accepter comme ami. Ils comprennent que je les aime même s'ils sentent que celui que j'aime vraiment est loin de moi, chez Jane, une très bonne amie, heureusement, car je peux avoir de ses nouvelles très souvent. Je me demande comment Abigail, qui le voyait tous les jours, qui s'en occupait très souvent, peut supporter son éloignement. Il est vrai que nous ne supportons pas davantage l'absence de son meilleur ami.
Les mots d'Alexander qui me parlait de lui me manquent tellement aussi !
vendredi 4 septembre 2009
Pour saluer Éric C.
Cette photo d'Éric vient d'iciPour un certain nombre de personnes, l'été, si recherché par la plupart des gens, du moins par la plupart des Européens et des Nord-américains, est difficile à vivre. Il l'a souvent été pour moi ; il l'était pour Alexander et pour quelques amis (c'est peut-être quelque chose qui nous réunit : la hantise des grandes chaleurs, de la canicule, mais aussi le temps des grandes dispersions, chacun partant de son côté, du moins ceux qui peuvent se le permettre, alors que les autres restent sur place et se débrouillent avec ce qui reste en ville). Je sais que pour certaines personnes, c'est la saison de la grande solitude... Je ne suis jamais fâché de voir arriver le mois de septembre : on dirait qu'avec un peu de fraîcheur, les gens retrouvent leurs neurones et la vie reprend.
Je m'inquiétais de ne plus avoir, depuis quelques semaines, de nouvelles d'un ami parisien. Notre dernière conversation sur MSN remontait au trois août dernier. Il ne m'avait pourtant pas parlé de vacances en août et je savais qu'il devait aller en Bretagne vers la fin du mois de septembre et il me semblait anticiper avec joie ce séjour chez des amis.
J'ai connu Éric par le biais d'Internet, en même temps que plusieurs autres personnes, à l'été 2000, il y a donc plus de neuf ans. Nous ne nous sommes jamais rencontrés en personne mais nous avons eu quelques conversations téléphoniques et de nombreuses communications sur MSN, surtout depuis janvier 2008. Même si nous étions parfois quelques mois sans communiquer l'un avec l'autre, j'ai toujours eu l'impression qu'Éric faisait partie de ma famille, la famille choisie.
Depuis le printemps dernier, Éric était très heureux de ce nous vivions, Alexander et moi. Il était le seul, depuis l'automne jusqu'en juillet, à me demander tous les jours des nouvelles de « mon Petit Prince ». Certains jours, attendant des nouvelles de Londres ou alors que je venais d'en recevoir, je dois dire que j'étais très heureux de pouvoir parler d'Alexander avec Éric, de pouvoir lui parler surtout de mes inquiétudes parfois. Puisqu'Éric travaillait dans le domaine médical, je me méfiais toutefois de certains commentaires qu'il pouvait me faire ; il y a des choses que je ne voulais pas entendre. Toutefois, il m'a souvent donné de bons conseils et, lorsque je les ai mis en pratique, je m'en suis porté mieux. J'aurais souhaité qu'il se décide à mettre en application certains conseils que je lui ai donnés ; il me disait que je devais avoir raison puisque les professionnels qu'il consultait lui disaient la même chose.
Depuis deux ou trois ans, nous plaisantions, avec un autre Éric, d'Aix-en-Provence ; nous parlions d'ouvrir à trois une auberge, en Provence, justement, pour profiter des talents culinaires de notre ami provençal. Ce n'était qu'un jeu, mais nous nous sommes bien amusés, sur MSN, à parler de ce projet.
Éric était un grand amateur de films ; je crois qu'il n'y en a pas beaucoup qu'il n'ait pas vus, soit au cinéma, soit dans son salon en dvd. Il y a quelques années, il a joué son propre rôle dans un film de Patrice Chéreau, d'après un roman de Philippe Besson ; il m'avait envoyé un exemplaire du film en dvd. Éric aimait la photo ; je me souviens notamment de très belles photos rapportées d'Écosse, puis de Norvège (dont la photo ci-dessus).
J'espère, cher Éric, que tu es en paix, que tu as trouvé la sérénité de ce grand lac de Norvège et que tu es bien entouré, dans l'amour et la lumière.
jeudi 3 septembre 2009
Septembre, enfin
Cette nuit, la Lune est dangereusement belle ! Je l'ai d'abord aperçue en début de soirée en voulant fermer les stores, au salon ; je l'ai observée plusieurs minutes, jusqu'à ce qu'elle disparaisse derrière l'affreux hôtel d'une rue voisine, construction toute nouvelle et qui s'élève très haut dans le ciel, assez pour me cacher la Lune. Je suis allé la revoir quelques heures plus tard par la fenêtre de ma chambre et, au début de la nuit, je suis sorti devant l'immeuble pour aller m'entretenir face à face avec elle. Sa lumière était si vive que j'avais du mal à la regarder ; la grande beauté produit le même effet.
Je ne vais pas très bien. Cependant, ce début de septembre est magnifique ! L'air est frais et sec, avec une très légère brise. La lumière est si belle que l'on voudrait pouvoir la conserver toujours.
En faisant mes promenades quotidiennes, en septembre de l'année dernière, j'ai souvent fait ce même constat, en regrettant qu'Alexander ne puisse pas encore être là pour en profiter avec moi, comme il le voulait tant lui-même (c'est tout juste si sa valise n'était pas prête). L'an prochain, nous disions-nous. Je prenais des centaines de photos, souvent les mêmes avec des variations de lumière ; Alexander pouvait ainsi faire en pensée la promenade avec moi, en attendant de m'accompagner en personne, sa main dans la mienne... L'an prochain, disions-nous... Maintenant, je ne peux plus dire que ce sera l'an prochain, ni le suivant... C'est ce « jamais » que je trouve insoutenable !
lundi 31 août 2009
Pour se souvenir de Diana

Les princes William et Harry étaient âgés, respectivement, de quinze et treize ans au moment de la disparition de leur mère. On se souvient qu'ils ont longuement marché derrière le cortège funèbre qui avait quitté le palais de Kensington à 9 h 08. Le service funèbre, à l'abbaye de Westminster, a lui-même commencé à onze heures. Le prince Harry, qui pleurait abondamment, a eu un malaise et s'est effondré, d'un seul coup sans que personne puisse le retenir, exactement comme le Petit Prince avec le serpent dans le désert*.On peut voir et entendre ici (en vidéo sur le YouTube) la chanson Candle in the Wind,
* Par discrétion, la BBC (télévision britannique) n'a pas montré ces images.
dimanche 30 août 2009
86 400 fois par jour...

Une journée, ce n'est toujours que 86 400 occasions de dire « Je t'aime » à celui qui m'inspire cet amour et qui m'aura aimé plus que tout et mieux que personne.
L'an dernier à cette date, il avait travaillé toute la journée puis il était rentré brièvement à la maison pour m'écrire quelques lignes, pour promener un peu Alexander Bull, manger une banane avec un peu de thé, avant de repartir travailler toute la nuit à l'urgence car l'un des médecins était malade et que, la fin de semaine, l'urgence est toujours très occupée. Il était désolé de devoir repartir car il avait attendu avec tant de joie ce moment de me retrouver. Il savait que je comprendrais et que je ne lui en voudrais pas ; je lui avais dit tant de fois que je ne pourrais jamais lui en vouloir pour quoi que ce soit, surtout pas pour faire ce qu'il aimait : sauver des vies, soulager des souffrances... Il m'envoyait plein de baisers et de câlins et il m'invitait à lui écrire plein de mots d'amour qu'il trouverait en rentrant.
Il faisait très chaud à Londres et, déjà fatigué, il n'avait pas le courage de marcher jusqu'au métro ; il se sentait coupable de prendre un taxi pour retourner au travail. Il allait pourtant travailler encore jusqu'au lendemain matin ; avant de rentrer, il irait rendre visite à sa grand-mère, dans le même hôpital.
Le lendemain matin, vers huit heures et demie, il rentrait à la maison, allait chercher Alexander Bull chez Abigail, il m'écrivait encore quelques lignes pour me dire son amour et me dire que je ne devais pas trop l'admirer, qu'il ne faisait que son travail... Il avait préparé du thé et attendait une voiture qui le conduirait dans sa famille, à la campagne ; il dormirait à l'arrière de la voiture, durant le trajet. Alexander Bull l'accompagnerait. Il voulait rentrer le soir même mais, s'il était trop fatigué, il dormirait là-bas et rentrerait le lendemain. Je lui manquais déjà beaucoup. Toute la journée, comme toujours, je penserais à lui en me demandant à chaque instant ce qu'il était en train de faire, sachant que cette journée serait éprouvante à plus d'un titre. Près de trente-deux millions de secondes plus tard, je revis pleinement les émotions de cette longue journée...
vendredi 28 août 2009
La fête des chauves-souris

J'ai découvert sur Sédiments, le blogue d'Elizabeth, que cette fin de semaine, en Europe, ce sera la Nuit de la Chauve-souris. J'igonorais qu'il existait une telle fête et je suis ravi de l'apprendre. Je ne sais pas si Alexander connaissait l'existence de cette fête mais je suis certain qu'il serait heureux de la souligner.
Cliquez sur les liens qui suivent pour connaître le programme des activités dans le cadre de la Nuit de la Chauve-souris en France, au Royaume-Uni et en Europe.
J'ai laissé ce qui suit en commentaire sur le blogue d'Elizabeth, mais comme elle est absente depuis quelques jours, sans accepter les commentaires, je me permets d'en reprendre le texte ici.
Quand j'étais enfant et au début de mon adolescence, à la campagne, il m'était arrivé quelques fois d'apercevoir des chauves-souris. En général nous en avions peur : on disait qu'elles s'agrippaient aux cheveux et qu'on ne pourrait plus les enlever, qu'elles suçaient le sang, etc. Je me souviens de la panique un soir où l'une d'entre elles étaient entrée dans la cuisine.
Je n'avais plus vraiment entendu parler de chauves-souris jusqu'à l'an dernier. Pendant que je parlais à Alexander, à Londres, il m'a plusieurs fois demandé de l'attendre deux ou trois minutes car une chauve-souris venait de tomber dans la cheminée de son salon. Chaque fois, il s'empressait de la recueillir, de la nettoyer avant de la déposer sur son balcon d'où, après avoir retrouvé ses esprits, elle pourrait s'envoler... Deux ou trois fois, il avait été très malheureux en rentrant chez lui car une chauve souris était tombée dans la cendre alors qu'il était absent ; il était arrivé trop tard pour la sauver.
J'avais suggéré à Alexander de faire installer sur le bout de sa cheminée, sur le toit, un grillage qui empêcherait les chauves-souris de tomber à l'intérieur. Il trouvait que c'était une très bonne idée... Malheureusement, pour elles, pour lui, pour moi, Alexander n'a pas eu le temps de faire installer ce grillage... Alexander était donc aussi l'ami des chauves-souris et de tout ce qui vit.
mardi 25 août 2009
Anniversaires
J'étais si heureux ! Et j'avais si hâte qu'il rentre à la maison, après une longue journée de travail à l'urgence et quelques heures passées au chevet de sa grand-mère qu'il avait fait admettre à son hôpital et qui allait y passer quelques semaines au cours desquelles Alexander serait là, chaque jour avant ou après son travail. J'avais hâte de le remercier et, comme je savais que sa journée aurait été difficile, j'avais hâte de pouvoir lui redire combien je l'aimais et d'essayer de lui faire oublier la fatigue, l'angoisse... Je ne sais pas si j'y parvenais toujours, mais je suis sûr que ces quelques heures de conversation que nous avions pratiquement chaque jour étaient pour lui, comme pour moi, des rendez-vous d'amoureux plus importants encore que l'alimentation et le sommeil. S'il prévoyait être en retard, ne serait-ce que de cinq minutes, il trouvait le moyen de me prévenir.
Cette journée d'anniversaire, l'an dernier, aura donc été faite de joie, de moments de tendresse partagée, mais je ne peux pas m'empêcher de penser aussi combien cette journée avait été difficile pour lui ; même s'il n'en parlait pas, je sentais la fatigue, l'inquiétude, l'angoisse. Je sais qu'il aurait voulu que nous puissions célébrer mon anniversaire dans d'autres conditions. Et moi je n'aurais voulu qu'une chose : pouvoir le serrer dans mes bras et lui faire oublier toute sa peine. Cette année, il n'y aura pas de fleurs, il n'y aura pas d'anniversaire, sinon l'anniversaire de cet anniversaire. Je penserai à tout l'amour que j'ai reçu, à tout l'amour que nous avons partagé, en essayant de ne pas trop penser à tout ce que nous n'avons pas eu le temps de vivre ensemble.
Quelques jours plus tôt, Alexander m'avait envoyé de Bordeaux une carte postale, la première qui me livrait son écriture. Il avait mis tellement d'attention, tellement d'amour dans le choix de la carte, le choix du timbre... Je savais que rien n'était laissé au hasard : le violet de l'image reprenant la couleur que j'utilisais en lui écrivant, le timbre illustrant la fondation de Québec, son écriture au stylo-plume Montblanc... Je me réjouissais d'avance de ces quelques jours qu'il allait passer à Bordeaux, en pensant au château où il irait rencontrer le châtelain, voir la vigne et acheter du vin ; il m'avait dit vouloir, si c'était possible, assister à un ballet... Mais ce séjour avait été rendu difficile par l'inquiétude que lui avait apportée dès le premier matin un appel téléphonique venu d'Angleterre ; il avait vécu cette journée dans l'attente et l'anxiété. Le soir venu, même s'il ne voulait pas m'en parler, car Alexander essayait toujours de ne pas « embêter » les autres avec ses craintes, ses préoccupations, il m'avait écrit une longue lettre pleine d'amour que j'ai relue ces derniers jours et qui, malgré tout, laissait transparaître sa détresse. La journée avait été difficile, il était inquiet, il se sentait seul dans cette belle et grande ville (où il voulait retourner avec moi) et il aurait tellement voulu que je sois là pour le serrer dans mes bras. Quand il pensait à moi, disait-il, il sentait la force et le courage remonter en lui. Oui, j'aurais voulu être là ce soir-là, et tant d'autres soirs.
De Bordeaux aussi, il avait expédié un colis qu'il avait apporté de Londres et qui m'était destiné. Le colis contenait de nombreux petits objets, absolument charmants, chacun plein de sens et exprimant tout son amour, mais il contenait surtout un adorable petit lapin à qui Alexander avait expliqué qu'il allait faire un long voyage, traverser l'Atlantique, et qu'il serait reçu par « un gentil monsieur » qui allait l'aimer toujours et lui donner tous les jours plein de câlins. Ce petit lapin a toute une histoire qui mériterait à elle seule un billet, que j'écrirai peut-être un jour. Il évoque notamment cet autre petit lapin. Quand vint le temps de lui trouver un nom, j'ai suggéré à Alexander une liste de prénoms qui, bien entendu, devaient être des prénoms anglais. Parmi eux, il y avait celui de « James » ; immédiatement, Alexander m'a dit que mon lapin ne pouvait pas s'appeler James car c'est ainsi qu'il appelle son aspirateur. Finalement, j'ai retenu le premier prénom auquel j'ai pensé, le plus beau de tous : Alexander. Mon merveilleux amoureux était content de ce choix. J'ai relu il y a deux jours plus de deux cents pages de correspondance (pour le mois d'août 2008 seulement, sans compter les heures de conversation quotidienne) ; dans l'un de ses messages, Alexander disait qu'il était heureux que j'aie donné son prénom à notre petit lapin car ainsi, disait-il, « je serai toujours près de toi, avec toi ». Ces mots prennent aujourd'hui un sens plus dramatique que celui que j'avais voulu comprendre il y a un an. De toute façon, Alexander dort avec moi toutes les nuits et il est avec moi à chaque instant.
lundi 24 août 2009
Une surprise de taille
La nature réserve parfois de ces surprises ! À Pompéi, on était assez familier avec les tremblements de terre mais quand, le 24 août 79, le Vésuve a fait éruption, on ne s'y attendait pas : la précédente éruption remontait à 3 500 ans avant J.-C. (la mémoire étant une faculté qui oublie, il ne faut reprocher à personne de ne pas s'être souvenu...).J'ai déjà évoqué sur ce blogue l'éruption du Vésuve tel qu'a pu la décrire un témoin privilégié, Pline le Jeune. En réfléchissant aux conséquences de l'éruption du Vésuve, je constate qu'il y a là une analyse sociologique à faire ; peut-être a-t-elle déjà été faite, d'ailleurs ; sinon, j'y renonce : donc si quelqu'un veut s'y attaquer je lui cède mon observation.
Pompéi était une riche cité romaine qui avait été reconstruite après le tremblement de terre de 62. Le port d'Herculanum, qui se trouve à trouve à proximité, est habité, lui, par des classes plus populaires et, par conséquent, moins riches. Lors de l'éruption du Vésuve, Pompéi, la ville riche, a été enfouie sous six mètres de particules de roches volcaniques, alors qu'Herculanum a été ensevelie sous seize mètres de boue. Par conséquent, la nature semble participer parfois à la lutte des classes et choisir son camp.
Au XVIIIe siècle, la charrue d'un paysan a permis de découvrir les vestiges des deux cités romaines ensevelies sous les cendres du Vésuve et les archéologues se sont vite mis à l'ouvrage. Plus tard, les artistes et les décorateurs français du Directoire et de l'Empire se sont grandement inspirés des trésors découverts à Pompéi et à Herculanum.
L'image vient d'iciEt puis, on retrouve Alexandre le Grand : « Il ne faut cependant pas oublier la mosaïque de la « Bataille d'Issos », conservée au musée archéologique de Naples[q 3], exceptionnelle par ses dimensions (elle mesure en effet 3,5 m. sur 6 m.) mais aussi par sa puissance expressive : on y voit une foule de soldats, de lances et de chevaux saisis au moment où Alexandre, désormais vainqueur et fier de ses troupes, s'apprête à infliger le coup de grâce à l'ennemi en fuite. Cette mosaïque constituait le pavage du tablinum », lit-on encore sur Wikipédia.
mercredi 19 août 2009
lundi 17 août 2009
Un peu d'ombre sur le Soleil
Le 17 août 1661, Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, mégalomane qui a peut-être inspiré un autre Nicolas contemporain, organisa à son château de Vaux-le-Vicomte une fête somptueuse qui fit de l'ombre à son patron, le Roi Soleil. Pour avoir fait de l'ombre au Soleil en voulant se mettre en lumière, Fouquet passa le reste de sa vie à l'ombre. Tant de splendeur, tant de richesses semblaient suspectes chez un ministre de Louis XIV qui lui-même n'en possédait pas autant. Le ministre fut accusé de détournement de fonds pubics et de lèse-majesté.
dimanche 16 août 2009
La vie continue, vraiment ?
samedi 15 août 2009
La fournaise
Avant d'écrire ce billet, je n'avais pas consulté les nouvelles ni les prévisions de la météo. Or, je constate que l'épisode de temps chaud se prolongera durant quelques jours encore. L'avertissement de smog prolongé incite à la prudence les personnes atteintes de problèmes respiratoires ou cardiaques. À Montréal, samedi après-midi, l'indice de qualité de l'air est « mauvais » ; il n'y a rien d'étonnant car les vents du Sud-Ouest emmènent vers Montréal et le sud du Québec tous les polluants provenant des États-Unis et du bassin des Grands Lacs. Demain, le degré de pollution sera plus élevé encore. La bonne nouvelle (pour ceux qui auront survécu à cet enfer) : le temps pourrait être plus frais dans... quatre ou cinq jours !
Aujourd'hui, la température ressentie est près de 40 degrés Celsius. Et pourtant chaque année, il y a des millions de personnes qui rêvent de ces grandes chaleurs, dont elles souffrent quand elles sont là ! Décidément, les grandes personnes sont bizarres !mercredi 12 août 2009
Mon esprit me joue des tours
lundi 10 août 2009
Toujours... jamais...

Quelle est cette peur qui me hante depuis hier ?
D'où vient cette angoisse qui s'installe ?
Il n'y a pourtant plus rien à craindre pour lui.
Quant à moi, il ne peut rien m'arriver de pire.
À bien y penser, il est possible que tout cela soit lié à ces deux mots que se promettent les amoureux : « toujours » et « jamais » ; toujours t'aimer, ne jamais t'oublier.
Toujours l'aimer, oui, je le veux et j'y crois ! Mais j'ai terriblement peur de ce tout ce à quoi il faudra dire « jamais ! » ou « jamais plus ! ».
vendredi 7 août 2009
Il y a un mois...
« Il était une fois un petit prince qui habitait une planète à peine plus grande que lui, et qui avait besoin d'un ami... » Pour ceux qui comprennent la vie, ça aurait eu l'air beaucoup plus vrai.
... J'éprouve tant de chagrin à raconter ces souvenirs. Il y a... un mois...

Hier et avant-hier, la pleine lune était magnifique, comme si elle s'était faite belle pour dire à Alexander qu'il est le bienvenu dans le ciel, lui qui depuis un mois s'est installé dans le voisinage de celle qu'il a toujours considérée comme notre amie. J'aurais voulu prendre des photos car le spectacle était impressionnant ; mais mon appareil photo est bloqué depuis mercredi et je n'arrive pas à l'ouvrir. Vous pouvez voir une belle photo chez RPL.
jeudi 6 août 2009
mercredi 5 août 2009
La solitude en soi...
« Réaliser la solitude en soi. Être seul partout et avec tout le monde. Ne plus prendre garde à la maison, au cadre, à la table, au siège, être partout nulle part dans l'infini. Ne plus prendre garde à la minute, ni à l'heure, ni au jour, ni à l'année, ni au siècle. Se retirer du temps dans l'éternité, comme dans sa propre demeure. Couper les ponts, établir des barrages, brûler les vaisseaux. Ni amis ni ennemis. Rien. »
Marcel Jouhandeau, Monsieur Godeau marié
lundi 3 août 2009
D'un lac à l'autre

dimanche 2 août 2009
La prière des roses
Tous les jours, depuis juin 2008, j'ai envoyé à Alexander au moins une rose (virtuelle) chaque jour. Même quand il était à l'hôpital, Alexander recevait ses roses car Jane lui imprimait tous mes messages, qu'il lisait et relisait, dormant avec eux, ainsi que les images qui accompagnaient les mots. Après son départ, ces fleurs recouvraient son lit, ce lit qui a abrité tant de rêves, tant de poésie, tant de lectures, tant de projets, tant de larmes, mais aussi tant d'amour (au singulier).
Julien Green
samedi 1 août 2009
La vie continue...
L'absence se compte en semaines, bientôt en mois, et pourtant je ne m'y fais toujours pas. J'ai l'impression que notre dernière conversation était hier et que je recevrai au cours des prochaines heures un nouveau message disant : « Hi, Honey ! I am back ! Je viens te dire combien je t'aime. Je vais faire une petite sieste et je viendrai te parler un peu plus tard... Plein de doux baisers et de tendres câlins. N'oublie jamais que je t'aime. Ton Alexander. »
La photo vient d'ici
Oui, la vie continue, malgré moi, magré tout. C'est ce que voudrait, c'est ce que veut Alexander.
vendredi 31 juillet 2009
Fais-moi signe....
jeudi 30 juillet 2009
... qu'il reviendra.
« And I Love You So »
Paroles et musique : Don McLean
And I love you so,
The people ask me how,
How I've lived till now
I tell them I don't know
I guess they understand
How lonely life has been
But life began again
The day you took my hand
And yes I know how lonely life can be
The shadows follow me
And night won't set me free
But I don't let the evening get me down
Now that you're around me
And you love me too
Your thoughts are just for me
You set my spirit free
I'm happy that you do
The book of life is brief
And once the page is read
All but love is dead
This is my believe
And yes I know how loveless life can be
The shadows follow me
And the night won't set me free
But I don't let the evening get me down
Now that you're around me
mercredi 29 juillet 2009
... écrivez-moi vite...
Souvent les conversations sur MSN commençaient de cette façon et... quelques heures plus tard, elles se terminaient en véritable feu d'artifice de mots doux et d'émoticônes illustrant de multiples façons ce que disaient les mots...
Vous aurez peut-être remarqué que cette image qui me représentait sur les blogues (mais pas sur MSN) a été changée, le 7 juillet dernier, pour celle-ci :

J'utilisais déjà cette image sur MSN, suivie d'une citation tirée du premier tome de la biographie d'Alexandre le Grand par Mary Renault, ce livre qui ne quittait jamais Alexander, où qu'il soit, Le feu du ciel (Fire from Heaven) : « Héphaistion desserra son manteau et le drapa autour de leurs deux corps. »

Ai-je besoin d'écrire que cela fait partie de ce qui me manque horriblement ?
dimanche 26 juillet 2009
Ne me laissez pas tellement triste...

Bonjour Alcib,
Je suis une fidèle lectrice qui ne commente que très rarement, et je vous ai déjà écrit, il y a un bon moment. Je suis très sincèrement désolée de la perte que vous vivez et je ressens votre peine. Vous avez, une fois de plus, écrit un très beau texte aujourd'hui, un hommage si touchant que vous nous faites comprendre un peu mieux qui était cet homme que vous aimiez tant et qui vous aimait lui aussi.
Le net crée des liens surprenants par leurs diversités mais aussi par leur force et leur authenticité. Je trouve merveilleux que la vie vous ait donné, à tous les deux, de vivre ensemble, bien que physiquement éloignés, la dernière année de sa trop courte vie. Je suis très triste de la déchirure et de la peine qui sont les vôtres aujourd'hui, mais je suis certaine qu'Alexander aura enrichi et pour toujours votre propre vie qui me semble avoir connu sa bonne part de difficultés (du moins, c'est que je perçois parfois à vous lire, bien que vous soyez d'une grande discrétion en ce qui vous concerne personnellement).
Je pense que vous avez raison d'associer le passage d'Alexander dans votre vie à celle du Petit Prince, c'est une analogie qui me semble tellement bien lui convenir si je me fie à ce que vous écrivez sur lui. J'espère que, comme aujourd'hui, vous continuerez à nous parler de lui, selon le rythme, la fréquence et le contenu que vous déciderez. J'ai l'impression que vous auriez voulu nous en dire beaucoup plus sur lui avant, mais que vous vous reteniez pour ne pas le rendre mal à l'aise. Les personnes les plus extraordinaires sont souvent les plus humbles et il faut faire attention à leur laisser leur marge de manoeuvre et leur espace et les entourer de la discrétion et de la simplicité qu'ils souhaitent. C'est en tous les cas ce qui me semble que vous avez si bien réussi.
Je suis pour ma part persuadée qu'Alexander sera toujours là pour vous. Soyez attentif aux détails, je pense qu'il vous fera parfois signe. N'avez-vous pas écrit, aujourd'hui, que le hasard n'existe pas au sujet de la chanson « Candle in the Wind » que vous avez entendue la nuit dernière ?
Il me reste à vous dire de prendre grand soin de vous, c'est ce qu'il voudrait, n'est-ce pas ? Soyez patient avec vous-même, avec votre peine, écoutez vos besoins, votre désir d'être soit entouré ou, au contraire, de vous retirer dans vos « terres ». Et puis, offrez-vous des petites douceurs, ce qui peut vous faire plaisir, comme une promenade tranquille, un bon bain chaud, offrez-vous quelques fleurs ou un livre. Je sais, cela peut vous paraître inutile et superficiel ce que je vous dis-là, mais cela ne l'est pas.
Traitez-vous avec la même douceur, patience et attention que si vous vous occupiez d'un très grand ami qui connaîtrait ce genre de deuil et de peine. Soyez ce grand ami pour vous. Je vous souhaite bonne chance et je vous porte dans mes pensées.
Au très grand plaisir de vous lire encore longtemps,
X Yz (lectrice)
« Le net crée des liens surprenants par leurs diversités mais aussi par leur force et leur authenticité. » Après tout ce que les amis et moi avons écrit à ce sujet ces dernières années, s'il y a encore des gens qui en doutent, c'est... qu'ils ne nous lisent pas. Force et authenticité, voilà bien deux mots qui caractérisent Alexander aussi bien que les relations qu'il savait entretenir avec un certain nombre de personnes élues.
« Je trouve merveilleux que la vie vous ait donné, à tous les deux, de vivre ensemble, bien que physiquement éloignés, la dernière année de sa trop courte vie. » Je suis tellement conscient de ce privilège de m'être trouvé sur le chemin d'Alexander et d'avoir pu faire la route avec lui ces quinze derniers mois ! Si la douleur est si atroce en ce moment, c'est que je mesure justement l'ampleur de la perte, l'immensité de ce qui, avec lui, devenait possible et qui ne sera plus. L'avenir sans lui sera forcément différent mais, heureusement, personne ne peut nous enlever ce que nous avons vécu, tout ce qu'ensemble nous avons découvert et partagé.
Éphéméride du 26 juillet :
- Naissance, en 1856, de l'écrivain George Bernard Shaw
- Naissance, en 1888, de l'écrivain Marcel Jouhandeau
- Naissance, en 1894, de l'écrivain Aldous Huxley.
Le 26 juillet 1958, Charles Philip Arthur George, dit Charles d'Angleterre est fait prince de Galles.
Alexander était on ne peut plus patriotique. Il adorait son pays et, chaque fois qu'il devait s'en absenter, il apportait avec lui un peu de terre provenant du sol anglais. Il aimait beaucoup le prince Charles et il souhaitait qu'il soit couronné roi d'Angleterre le plus tôt possible, tout en étant conscient que sa mère, qu'il aimait moins, n'abdiquerait jamais. Je trouve dommage qu'Alexander n'ait pas pu vivre assez longtemps pour voir Charles régner sur l'Angleterre et sur le Royaume-Uni ; il en aurait été fier et heureux.
Le 14 novembre dernier, nous avons eu, Alexander et moi, une conversation qui, moi, m'a amusé et qui, sur le moment, a dû laisser Alexander un peu perplexe. C'est à la suite de telles conversations qu'il pouvait dire à son entourage : « Alcib devine tout, il comprend tout ! » Ce dont je suis le plus fier, cependant, c'est de l'aimer, lui, et d'en avoir été aimé à ce point.
Raisonnement bling-bling
En France où le débat fait rage sur la question d'ouvrir les commerces le dimanche, le président-empereur déclare : « Pourquoi continuer d'empêcher celui qui le veut de travailler le dimanche? C'est un jour de croissance en plus, c'est du pouvoir d'achat en plus. » Jusque-là, ça va : on peut être en désaccord, mais le raisonnement se tient. Mais le petit agité révèle sa véritable nature bling-bling dans la phrase suivante : « Est-il normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? »
D'une part, je ne crois pas que ce soit madame Obama et ses filles qui assurent la rentabilité des commerces ouverts le dimanche et, d'autre part, si les commerces étaient ouverts, on sait très bien que le petit agité s'empresserait de leur téléphoner pour leur demander de fermer afin que madame Obama puisse faire ses courses sans être importunée.
samedi 25 juillet 2009
Des nouvelles du front - 2
Je l'ai dit et écrit à plusieurs reprises, la communauté du Web est aussi concrète, aussi « réelle » que celle des amis qui habitent tout près de chez moi et que pourtant je ne vois que deux ou trois fois par année. Je ne dirais sans doute rien si je n'avais senti une certaine forme de mépris chaque fois que j'ai osé parler de ces relations tissées et alimentées par l'intermédiaire d'Internet. Je sais bien que les Québécois, de façon générale, souffrent selon moi d'un grave problème de la personnalité que j'essaierai peut-être de définir un jour, bien que je ne sois ni psychologue ni psychiatre (ça pourrait aider, à condition que le psychiatre parvienne lui-même à se dépêtrer de ses propres problèmes). Ce problème de la personnalité les empêche d'entrer en communication réelle, authentique, avec leurs semblables, d'être capables d'empathie et de présence réelle (à l'authenticité et à la profondeur des véritables relations humaines, ils préfèrent l'abrutissement par la télévision et autres divertissements. Il y a selon moi un grave problème quand leurs maîtres à penser sont de pauvres humoristes dont le quotient intellectuel n'est pas toujours la principale force). Quand ils auront le courage de prendre la décision politique qui s'impose, ils auront un espoir de s'en sortir, mais quand ils auront ce courage, c'est qu'ils auront mûri (et pas seulement pourri) et qu'ils seront déjà sur la voie de la guérison. D'ici là, ils continueront de s'oublier dans les spectacles d'humour ; c'est exactement ce que veulent qu'ils fassent tous les défenseurs du statu quo, les défenseurs du penser en rond qui ont tout intérêt à ce que l'humour domine à la place de l'esprit critique. Les Québécois revendiquent la liberté de pensée, celle de ne penser à rien. Mais ce n'est pas l'objet de ce billet ; j'y reviendrai peut-être un jour.
À l'exception de quelques êtres merveilleux, toujours présents, je reste persuadé que la communauté du Web est plus sensible que la communauté des « concrets » à laquelle j'appartiens (au Québec), qu'elle est vraiment plus présente que l'autre.
J'espère que cette fois-ci Alexander ne lira pas cette page par-dessus mon épaule, car il risque d'en être très triste, même si nous avons abordé cette question ensemble plusieurs fois déjà.
Une personne bien réelle, toujours présente, bien qu'elle habite très loin, dans un autre pays, l'ouest canadien, m'a demandé de proposer le thème de sa prochaine collection de photos. J'ai donc envoyé à Dr. CaSo une photo « qui rappelle quelqu'un que l'on aime » ; j'ai hâte de voir les images qu'elle recevra.












