mercredi 5 mars 2008

Telle mère, telle fille ?

L'ex-mairesse de la ville de Québec, Andrée P. Boucher, décédée le 24 août dernier, n'était pas seulement connue pour le mauvais goût dans le choix de ses robes ; ses adversaires redoutaient ses coups de gueule, non pas pour leur justesse mais en raison de leur éclat exagéré, tout autant que son entêtement. Sa fille, France, présidente-directrice générale de l'OQLF, semble tenir d'elle sa tête de c... (je n'écrirai pas le mot que j'ai en tête, puisque ce billet ne parle pas du Salon de l'agriculture).

L'Office québécois de la langue française(OQLF) est un organisme public créé en 1961, et qui s'est vu confier par l'Assemblée nationale du Québec, en 1977, la responsabilité d'appliquer et de faire respecter la Charte de la langue française.

Selon cette Charte, la mission et le rôle de l'organisme sont :
  • de définir et de conduire la politique québécoise en matière d'officialisation linguistique, de terminologie ainsi que de francisation de l'Administration et des entreprises;
  • de veiller à ce que le français soit la langue habituelle et normale du travail, des communications, du commerce et des affaires dans l'Administration et les entreprises;
  • d'aider à définir et à élaborer les programmes de francisation prévus par la loi et en suivre l'application;
  • de surveiller l'évolution de la situation linguistique au Québec et d'en faire rapport tous les cinq ans au ministre;
  • d'assurer le respect de la Charte de la langue française, agissant d'office ou à la suite de la réception de plaintes;
  • d'établir les programmes de recherche nécessaires à l'application de la loi et d'effectuer ou de faire effectuer les études prévues par ces programmes.
Parmi ses pouvoirs, l'Office peut :
  • prendre les mesures appropriées pour assurer la promotion du français;
  • assister et informer l'Administration, les entreprises, les individus et les groupes en ce qui concerne la correction et l'enrichissement de la langue française;
  • recevoir leurs observations et leurs suggestions sur la qualité de la langue ainsi que sur les difficultés d'application de la présente loi, et en faire rapport au ministre.
Depuis des mois, les Québécois s'inquiètent du recul de la langue française au Québec, inquiétudes alimentées par la publication de rapports de Statistique Canada et par les analyses parfois très fouillées faites par les universitaires et par les médias. Depuis des semaines, les médias dénoncent l'OQLF et le gouvernement qui dissimulent des études alarmantes sur la situation du français au Québec. Durant tout ce battage médiatique, la présidente-directrice de l'Office québécois de la langue française, France Boucher, la fille de l'autre à la tête dure, se réfugiait derrière la publication imminente d'un rapport quinquennal sur la situation du français pour refuser de faire quelque commentaire que se soit, muselant aussi ses principaux collaborateurs, universitaires, chercheurs, qui ont préparé et rédigé depuis cinq ans dix-huit études, plus de mille pages.

Depuis quelques semaines, les membres du comité d'experts chargés de mener des études et de conseiller l'Office québécois de la langue française dénoncent la culture paranoïaque du silence et du secret qu'impose à ses collaborateurs, chercheurs universitaires, la pdg France Boucher. Les membres de ce comité d'experts, qui devaient participer à la rédaction et réviser le rapport à paraître aujourd'hui, se sont vu imposer des conditions inacceptables et tous les membres de ce comité de suivi ont remis leur démission.

Aujourd'hui, l'OQLF dévoilait son rapport tant attendu. Or, ce qui a fait les manchettes, ce n'est pas le contenu du rapport parce que, contrairement à ce qui se fait normalement, les journalistes n'ont pas reçu le document avant la conférence de presse, n'ayant par conséquent pas le temps d'en prendre connaissance et de poser les questions pertinentes. Les journalistes ont exprimé leur insatisfaction au sujet de la façon de faire de la présidente-directrice générale de l'OQLF et ont posé plusieurs questions au sujet de la culture du silence, de la démission du comité d'experts, etc. Quant les journalistes ont demandé à la présidente de donner un avis, une conclusion qu'elle tirait de ce bilan des cinq dernières années, elle a refusé de le faire, renvoyant les journalistes aux 1 000 pages de des études et au 197 pages du rapport.

L'arrogance de la présidente-directrice générale ne s'est pas relâchée une seconde durant la présentation de son rapport et la période de questions qui a suivi. France Boucher, digne fille de sa mère, vient du personnel politique du gouvernement Libéral de Jean Charest, ce parti qui est élu par les puissants anglophones de Montréal, qui ne reçoit pas l'appui de vingt pour cent des francophones québécois. Ce gouvernement n'a aucune crédibilité quand il prétend vouloir assurer la promotion de la langue française puisqu'il est élu par les anglophones. France Boucher, la fille de l'autre, semble avoir été nommée à la présidence de l'OQLF pour y jouer un rôle politique, celui de donner une plus grande satisfaction aux anglophones de Montréal, cacher aux francophones les données qui pourraient les inquiéter et de faire taire les experts qui étudient l'état de la langue française au Québec.

Devant le manque de transparence de l'OQLF et l'arrogance intolérable de sa présidente, j'espère que de nombreuses voix s'élèveront au cours des prochaines semaines pour réclamer la démission immédiate de France Boucher. Toutefois, quand on sait que la ministre de la Culture et des Communications, dont relève l'OQLF, qui a quitté l'an dernier un poste de journaliste à Radio-Canada où elle déprimait pour accepter l'invitation du chef Libéral, est aussi à l'aise en politique et surtout dans tout ce qui relève de la culture, qu'un poisson rouge serait à l'aise dans la cage de ma perruche, on peut tout de suite en conclure que nous aurons droit à la langue de bois, aux messages pré-enregistrés. Celle qui n'était pas une très bonne journaliste à Radio-Canada n'a pas acquis de compétences supplémentaires en devenant ministre; pour défendre au Québec la langue et la culture, il faut un peu plus que d'être une personne gentille et souriante qui ne fait que répéter mot à mot les petites phrases apprises par coeur que lui ont rédigées ses conseillers.

mardi 4 mars 2008

Un président ou un autre


Soirée importante dans le processus électoral des États-Unis. Peut-être saurons-nous ce soir qui a le plus de chance d'obtenir l'investiture de son parti pour les élections présidentielles de novembre prochain.

Du côté des Républicains (le parti de l'actuel président « bouche »), le sénateur John McCain est presque certain de remporter l'investiture.

Du coté des Démocrates, la sénatrice Hillary Clinton et le sénateur Barak Obama sont au coude à coude. Les élections primaires de ce soir, dans quelques États, risquent d'être déterminantes. Hillary Clinton est sans doute celle qui a le plus à perdre : si elle n'obtient pas des résultats marquants, elle risque de ne plus avoir beaucoup de chance de renverser la vapeur et de ralentir la « barakomanie ». Suspense en fin de soirée quand les résultats de ces élections primaires seront annoncés.

En tant que voisins de ce pays, nous ne pouvons rester complètement indifférents au choix de la personne que les États-Uniens choisiront en novembre prochain ni, par conséquent, au choix de candidats que feront les délégués des deux partis. John McCain est sans doute beaucoup plus ouvert que le président actuel, mais deux mandats consécutifs de ces conservateurs, ça suffit. Si je devais voter ce soir, je crois que mon choix irait à Hillary Clinton ; dans la course à l'investiture, elle me semble avoir l'avantage de l'expérience sur son rival Barak Obama. En dépit de l'immense vague de popularité que celui-ci suscite, je n'arrive pas à bien « sentir » ce candidat. Cette vague me fait un peu trop penser à celle que la France a connue aux dernières élections présidentielles, bien que le candidat étatsunien semble mieux maîtriser son image...

Le 22 février dernier, j'écrivais un billet intitulé Un président pour un autre, au sujet des lapsus politiques. Le candidat Obama n'est pas à l'abri de ce genre d'erreur. Ayant déclaré que s'il était président l'un de ses premiers gestes serait de remettre en question l'Accord de libre-échange nord-américain - l'ALENA, pour les intimes (j'en ai parlé le 29 avril 2006) -, le sénateur Obama a dit qu'une fois élu, il ne tarderait pas à appeler « le président du Mexique » et le « président du Canada » (les Canadians sont loin de vouloir renoncer à leur reine Elisabeth II et à proclamer la République). Ce lapsus, s'il en est véritablement un, est tout de même assez révélateur sur la connaissance du candidat sur le régime politique du Canada, son voisin ; cette ignorance m'inquiète. Quant au Québec, si jamais il a déjà entendu ce nom, il doit bien se demander si ce n'est pas une province d'un quelconque pays du Moyen-Orient.

vendredi 29 février 2008

Un argument de poids

Avec le printemps en vue (bien qu'au Québec on a toujours l'impression de surveiller son arrivée avec le mauvais bout de la lorgnette - à six heures ce matin, le mercure indiquait moins 23), après une période d'hivernation plus ou moins difficile, nombreux sont ceux qui songent à redonner à leur corps son apparence des beaux jours. Le poids, la souplesse, le tonus, sont des notions qui font partie des préoccupations et qui déterminent des objectifs à atteindre. On sait aussi que la santé n'est pas qu'une affaire d'apparence, de silhouette et de poids. De plus en plus, on se préoccupe du taux métabolique basal (minimum de calories nécessaires en mode repos), de masse musculaire, de masse osseuse, de taux hydrique, etc. Saviez-vous, par exemple, qu'un déficit de 5 % du taux d'hydratation corporelle peut déjà entraîner l'état de fatigue avancé, l'apathie, les vomissements, les crampes, etc. ? Mais, déjà, un déficit de 1 % cause déjà une sensation de fatigue, un changement de l'humeur. Mais comment mesurer tout cela ?

La compagnie japonaise Tanita, leader mondial dans le secteur des balances électroniques, propose toute une gamme d'« analyseurs de composition corporelle ».

Comme, d'autre part, on se passe de moins en moins de son ordinateur pour gérer des tas de données qui font partie de notre quotidien, la compagnie Tanita vient de mettre sur le marché un pèse-personne accompagné d'un logiciel et d'une clé USB qui permettent d'enregistrer tous les résultats et de les exploiter selon ses besoins.

Non, je n'ai pas été payé par Tanita pour faire la promotion de leurs produits. Je suis simplement impressionné de voir ce que la technologie permet de faire, de nos jours, afin de simplifier la vie du commun des mortels. Bien entendu, à 212 $ canadiens (143 euros), ce ne sont pas les mortels les plus communs qui pourront en bénéficier. Il existe d'autres modèles, d'autres marques ; avant de préparer son envol, Olivier de Montréal nous avait parlé du sien.

mardi 26 février 2008

Ça se discute


Le 21 septembre dernier, c'était la journée mondiale Alzheimer et j'avais alors rédigé un billet à ce sujet.

À l'occasion de cette journée mondiale, un ami avait participé à une émission de radio et une émission de télévision pour y parler de la situation de sa mère. Ce même ami vient de participer à l'émission de Jean-Luc Delarue, « Ça se discute », sur le même sujet. Selon lui, l'émission était en direct et aurait été diffusée le 13 février dernier. Quelqu'un peut-il me confirmer cela ? Sait-on s'il y a des rediffusions de la même émission ?

Malheureusement, cette émission n'est plus diffusée sur TV5 au Québec. J'ai consulté le site de France 2 et il n'y est nullement fait allusion à l'émission sur le thème de la maladie d'Alzheimer. Serait-ce un oubli ?

samedi 23 février 2008

Les présidents se suivent...

et ne se ressemblent pas.

L'un aimait les vaches et les bains de foule.


L'autre préfère dire des vacheries et écorcher son troupeau.


« Casse-toi, pauvre con », tel est le langage du président français, digne du geste de Jean Chrétien, alors premier ministre du Canada, qui avait tordu le cou d'un citoyen qui manifestait contre le pillage scandaleux par le gouvernement de la caisse de l'assurance-chômage.

Pour voir comment un seul (triste) individu peut transformer un Salon de l'Agriculture en culture de l'agressivité indigne d'un salon, on peut lire l'article de Libération et voir la vidéo du Parisien en suivant ce lien ; à moins que vous ne préfériez lire cela dans Le Monde.

Un tel langage dans la bouche d'un président français ne ternit pas l'image de l'homme qui incarne la fonction puisque l'homme a déjà eu suffisamment d'occasions de montrer ce qu'il est. Le plus grave, c'est que ce langage de voyou porte atteinte à la dignité de la fonction et à l'honneur de la France.

Un tel langage, une telle agressivité de la part d'un homme public, à plus forte raison quand cet homme occupe la plus haute fonction, démontrent simplement que les chaussures qu'il porte sont beaucoup trop grandes pour lui.

Un proverbe basque dit que « l'étalon ne sent pas les coups de pieds de la jument » ; une variante dit que « les coups de corne de la génisse ne font pas de mal au taureau ». Si celui qui se prend pour un taureau voit rouge à tout moment et fonce, la bave au menton, sur tout ce qui bouge, c'est qu'il est bien mal dans sa peau (et pas si mâle qu'il le voudrait). Le comportement du mâle en question est davantage celui du coq que celui du taureau, plus à l'aise à la basse-cour avec ses poules qu'avec les nobles bêtes du pré. « Le coq est roi sur son fumier », a écrit Sénèque ; certains coqs transportent avec eux leur fumier afin de régner partout où ils sont.

« L'oiseau doit beaucoup à son plumage », dit un autre proverbe français et, pour emprunter au fabuliste, si le plumage de ce drôle de coucou se rapporte à son ramage, je ne voudrais surtout pas lui confier mon fromage.

Le chef d'État en mauvais état devrait méditer cette phrase du poète Phocylide de Milet : « L'oiseau se défend par son vol, le lion par sa force, le taureau par ses cornes, l'abeille par son aiguillon ; la raison est la défense de l'homme. »

vendredi 22 février 2008

Un président pour un autre...

Il arrive à tout le monde d'utiliser un mot pour un autre. Que le lapsus soit linguae (oral), calami (avec la plume) ou clavis (avec le clavier), il peut être amusant ou embarrassant selon les circonstances.

Le cas du député de droite qui, à l'Assemblée nationale, trouve que le texte de loi à l'étude, condamnant la pornographie, n'est pas assez sévère, a fait rire ses collègues en leur demandant de « durcir leur sexe » alors qu'il voulait les exhorter à « durcir leur texte ». S'il a ri lui-même, ce devait être un rire jaune.

Cette semaine, le maire de Québec, recevant le chef de l'opposition de Sa Majesté britannique au parlement canadien, a appelé Stéphane Dion « Monsieur le premier ministre ». Cette erreur, bien involontaire de la part du maire de Québec, a fait plaisir à Stéphane Dion qui pour la première et sans doute la dernière fois de sa vie aura été premier ministre du Canada, durant 15 secondes.


Les hommes politiques font parfois des erreurs qui passent pour de simples lapsus et qui sont en fait des signes de leur profonde ignorance du monde géo-politique. On se souvient de Jean Chrétien, ancien premier ministre du Canada, qui lors d'une visite à Jérusalem, ne savait pas s'il était dans Jérusalem-Ouest ou dans Jérusalem-Est. Quant on sait que l'ONU ne reconnaît pas la réunification unilatérale de Jérusalem décrétée par le gouvernement israélien et que Jérusalem-Est est toujours considérée comme un territoire occupé, on se demande si Jean Chrétien n'aurait pas dû réviser ses leçons avant d'ouvrir la bouche. Le même Jean Chrétien avait un autre jour déclaré que l'arment nucléaire était dangereux et qu'un enfant pourrait se blesser en jouant avec de telles armes.

Au sud de la frontière canadienne, un président encore en poste s'est mis plus d'une fois les pieds dans la bouche, au point que l'on a créé le mot de bushisme pour désigner les nombreuses erreurs verbales de ce digne président de la plus grande puissance mondiale. Le premier ministre australien n'a sans doute pas apprécié, en septembre dernier, lorsque le président « bouche » a remercié « les troupes australiennes » que l'Australie avait envoyées en Irak. Quelques secondes plus tôt, le président « bouche » qui prenait la parole devant les membres de l'APEC (Coopération économique pour l'Asie-Pacifique) se croyait devant les membres de l'OPEC (Organization of Petroleum Exporting Countries ; en français : Organisation des pays exportateurs de pétrole - OPEP). On peut voir ici la vidéo.

On a ressorti ces derniers jours une vidéo du candidat républicain John McCain aux élections présidentielles faisant allusion à Poutine comme président de l'Allemagne (alors que tout le monde sait bien que « poutine », c'est québécois). Voici cette vidéo.

De l'autre côté de l'Atlantique, c'est notre amie Béo qui s'indigne du fait que l'on utilise de manière abusive l'image du Che en lui attribuant la nationalité cubaine.

mercredi 20 février 2008

L'opium des dirigeants politiques


En France, un empereur lilliputien, à l'instar de son mentor le président de la droite républicaine des États-Unis, feint d'oublier que la France est un État laïque. Il semble vouloir aussi faire plaisir à une autre de ses idoles, le porte-parole d'une secte qui n'a rien de scientifique, en banalisant la secte en question. Quand il ne passe pas lui-même ses messages, le petit homme les fait passer par sa directrice de cabinet.

En Israël, un autre illuminé, le député Shlomo Benizri, l'un des 12 Juifs orthodoxes élu à la Knesset (le parlement israélien), a trouvé la cause des tremblements de terre survenus récemment en Israël. La cause de ces séïmes, ce sont les homosexuels. C'est du moins ce qu'a déclaré ce mercredi au parlement ce député religieux. En novembre dernier, la cause en était plutôt attribuée aux concessions de territoires décidées par le parlement israélien, selon un leader hassidique. Si l'amour rend aveugle, il y a lieu de se demander si la religion rend bête.

Les homosexuels israéliens devraient se sentir flattés qu'on leur attribue une telle force d'ébranlement. Quant à moi, je pense que si la bêtise tuait, elle nous débarrasserait rapidement d'un grand nombre d'imbéciles.

dimanche 10 février 2008

Montesquieu

« Dans une nation libre, il est très souvent indifférent
que les particuliers raisonnent bien ou mal :
il suffit qu'ils raisonnent ; de là sort la liberté,
qui garantit des effets de ces mêmes raisonnements. »

Montesquieu, De l'esprit des lois

Il y a 253 ans, mourait à Paris Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu. Né au château de La Brède, près de Bordeaux, le 18 janvier 1689, l'auteur des Lettres persanes (critique spirituelle de la société française, publiée en 1721) et de De l'esprit des lois (ouvrage d'observation et de réflexion publié en 1748 dans lequel il tente d'expliquer par des facteurs objectifs les différences entre les sociétés et les systèmes de gouvernement) est en effet mort à Paris le 10 février 1755.

Moraliste, penseur politique, précurseur de la sociologie, philosophe et écrivain français du siècle des Lumières, Montesquieu est pour ainsi dire le fondateur des sciences politiques modernes. De l'esprit des lois fut notamment à l'origine du principe de distinction des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, base de toute démocratie, et inspira la rédaction de la Constitution française de 1791 et des suivantes.

Selon Montesquieu, l'idéal démocratique n'était vraiment applicable qu'aux petites communautés ; je sais bien que ce n'est pas la tendance actuelle, mais je continue de croire qu'il a raison. Je crois que les grands ensemble, les organisations fédérales comme celle de l'Europe, n'ont de chance de réussite que dans la mesure où les États qui en font partie, restent des États souverains et conservent sur leur territoire respectif un gouvernement qui prenne en compte les préoccupations de leurs citoyens, leurs valeurs, leur culture, leur langue, leurs traditions...

L'une des conditions du bon fonctionnement de la démocratie était, selon Montesquieu, que le pouvoir supérieur soit équilibré par de puissants corps intermédiaires ; or, de nos jours, les gouvernements ont parfois trop de pouvoirs dans certains domaines mais ceux qui ont désormais les vrais pouvoirs, ce sont les grandes entreprises multinationales, qui échappent pratiquement à tout contrôle et qui décident du sort de l'humanité entière en imposant leur rythme de production des bien de consommation. Nos gouvernants élus (quand on a cette chance) cirent les chaussures des grands patrons et leurs baisent les pieds ; les pauvres citoyens que nous sommes comptons bien peu dans les préoccupations de nos élus. Le pouvoir législatif que prônait Montesquieu est le plus souvent utilisé pour restreindre la liberté des citoyens ; très peu souvent pour limiter les pouvoir des grandes entreprises toutes puissantes.


Je n'ai pas relu depuis longtemps les Lettres persanes. Cependant, je relis assez régulièrement des chapitres De l'esprit des lois ; cet ouvrage reste selon moi très actuel et inspirant. Je me souviens du temps où, premier ministre canadien fraîchement élu, Pierre Elliott Trudeau était encore un intellectuel digne de ce nom ; afin d'inciter les citoyens à participer intelligemment à la vie démocratique, il invitait les Canadiens à lire Aristote, Platon, Montesquieu, à s'inspirer de l'individualisme de Gide et du personnalisme de Mounier. Cet intellectuel n'a pas tardé cependant à se laisser happer par le pouvoir, à imposer la Loi des mesures de guerre qui a permis à sa police d'arrêter sans mandat et d'emprisonner sans accusation plusieurs centaines d'artistes et d'intellectuels québécois sous prétexte qu'ils avaient des convictions souverainistes. Et l'on a pu voir par la suite que l'intellectuel au pouvoir était un plus fidèle lecteur de Machiavel que de Montesquieu puisque toute son action politique fut de « diviser pour régner », faisant des Québécois, peuple fondateur, l'une des minorités ethniques, au même titre que les Ukrainiens de l'Alberta, les Chinois de Vancouver ou les Pakistanais de la région de Toronto, qui composent le grand ensemble qui s'appelle Canada. Montesquieu aurait eu raison d'écrire : « C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. » J'ose tout de même croire qu'il existe des exceptions...

On peut visiter le château de La Brède ; on se renseigne ici.

Bien luné

La nouvelle année chinoise, sous le signe du Rat, s'annonce bien pour le Rat que je suis et j'espère bien qu'elle tiendra ses promesses.

Je viens de découvrir (à moins que je ne l'aie déjà connue et oubliée) l'astrologie amérindienne et, franchement, j'aime bien me reconnaître dans la description que l'on fait des personnes qui, comme moi, sont nées sous le signe de la Tortue.

L'image vient d'ici

« Tout comme la tortue, vous avancez lentement, mais sûrement dans la vie. Vous caressez de grandes ambitions, soit, mais vous avez surtout la chance de posséder de brillantes dispositions intellectuelles, physiques et psychiques pour atteindre les objectifs que vous vous fixez. Ce qui n'est pas donné à tout le monde. Bref, vous avez tout pour réussir et ce n'est pas l'envie de prendre la première place qui vous manque. Vous bénéficiez d'une grande vitalité, vous êtes donc une personne qui aime l'action et qui la génère. Tout cela ne vous a pas empêché de souffrir ni d'avoir rencontré des résistances importantes à vos heures. C'est juste que l'on vous a équipé grande classe pour vous permettre de passer au travers. Vous dégagez un magnétisme puissant. Vous êtes d'une nature ardente, passionnée, que vous manifestez noblement et sans jamais tomber dans l'excès ni dans la démesure. Franc, loyal et généreux, vous vous faites des amis partout. Vous attirez le respect de vos pairs même si vous êtes un adversaire redoutable et que vous ne faites pas de quartier à ceux qui se mettent en travers de votre route. Vous êtes fait pour le commandement ; votre talent d'organisateur en témoigne. »

« Vous êtes venu apprendre à vous amuser dans la vie et apprendre que le travail n'est pas tout. » (Il me semblait bien que je commençais à comprendre quelque chose).

L'image vient d'ici

Associées au signe de la Tortue, on trouve :
  • une couleur : pourpre
  • une pierre : l'améthyste
  • une plante : la violette
  • des qualités : compétence, diplomatie et générosité
« L'homme Tortue est du genre à prêter une attention toute particulière aux caractéristiques qui l'entourent ; il est d'une patience inébranlable. C'est un perfectionniste qui n'aime pas que les choses soient faites à moitié. Ce qui lui permet de toujours finir ce qu'il entreprend et d'atteindre ses buts. » Voilà ce que l'on peut lire ici.

C'est tout à fait moi, ça ! Vous ne trouvez pas ?

vendredi 8 février 2008

Ils ont des chapeaux ronds...

Bien avant l'invention de réseaux comme celui de Facebook, auquel j'ai toujours refusé d'adhérer parce qu'il constitue une menace à la vie privée et une atteinte aux droits individuels, j'ai eu le plaisir d'appartenir à une communauté virtuelle qui ma permis de me faire de nombreux amis un peu partout, mais surtout en Europe et en France. Parmi les amis français, il y en a à Paris, dans les Yvelines, en Provence, en Normandie et, bien entendu, en Bretagne... L'un de mes grands regrets, c'est de ne pas être allé en Bretagne, mais je me promets de combler cette lacune avant de mourir (ce n'est pas que je sois pressé, mais il m'arrive d'y penser un peu tout de même, ne serait-ce que pour m'aider à établir des priorités).

L'image vient d'ici

Quand je pense à la Bretagne, je pense bien sûr à mon ami André, chez qui j'ai eu ma chambre à Paris, qui était originaire de Chateaubriand. Je pense à l'ami Didier, grâce à qui j'ai un peu mieux connu Montmartre mais qui n'oublie pas ses origines bretonnes. Je pense aussi à l'ami Vincent qui vit avec son ami près de Nantes et qui, depuis quelques semaines, est souvent en déplacement en France. Puis il y a l'autre Vincent de Nantes, celui de Complètement à l'Ouest avec qui j'espère bien manger des huîtres un jour prochain et qui, en attendant que je vienne, m'envoie certaines de ses bonnes recettes.

Et parmi ces amis bretons, il en est un que j'ai vu quelques fois à Paris lors de mon dernier séjour et avec qui j'ai maintenu, par courriel, par correspondance traditionnelle ou par téléphone (la dernière fois que je l'ai appelé, sur son portable, je croyais le surprendre dans un restaurant parisien en train de fêter son anniversaire ; or c'est moi qui ai été le plus surpris : il se trouvait sur une plage... en Espagne). Sur Internet d'abord, il s'est créé entre Erwan et moi une complicité ludique, partagée avec quelques autres cyberamis. Un soir, dans un restaurant du Marais, j'ai eu le bonheur d'être assis à côté d'Erwan alors que je ne m'attendais pas à le voir ce soir-là puisque nous avions convenu de nous rencontrer pour la première fois le lendemain après-midi ; il était venu avec d'autres amis et j'en étais absolument ravi. Un autre soir, nous étions sortis avec Sébastien et quelques autres amis dans les bars sympathiques du Marais et nous étions rentrés au petit matin...

Je n'ai hélas pas de photo d'Erwan (un soir, rue des Lombards, Sébastien avait pris des photos d'Erwan et moi mais la pellicule a été détruite... par accident : Sébastien a ouvert l'appareil avant le que la pellicule ne soit enroulée. Vive l'appareil numérique !) Si j'en mettais une ici, vous tomberiez aussi sous le charme de cet adorable Breton de Paris. Cet Erwan étant le premier que j'aie connu, je suis porté à penser que tous ceux qui portent ce prénom sont beaux, intelligents, amusants, attentionnés, etc. C'est ce que j'écrivais récemment à cet autre Erwan qui depuis quelques mois laisse parfois un commentaire sur ce blogue, mais que je n'ai pas encore rencontré en personne même si ce Breton vit à Montréal. Il y a un peu plus d'un an, l'ami Olivier de Montréal nous avait permis d'entendre sa propre voix dans le cadre d'un entretien radiophonique avec un autre Erwan...

L'image n'est pas bretonne, mais l'expéditeur est
un véritable Breton bien adapté à la vie parisienne

Si j'écris ce billet ce soir, c'est qu'en deux jours, j'ai reçu des messages provenant de trois différentes personnes dont le prénom est Erwan ; l'un d'entre eux a un certain rapport avec le sujet de l'un des billets précédents mais ses communications n'étaient pas motivées par l'un ou l'autre de ces billets... Le plus récent message reçu est cette carte postale que m'a adressée le bel Erwan de Paris. Nous avions un peu négligé les communications depuis un bon moment et voilà que, transmission de pensée, je reçois aujourd'hui même quelques lignes affectueuses de mon Erwan préféré, dont voici les derniers mots :


Bloavezh mat 2008, cher Erwan et tous les amis bretons ! Kenavo.

jeudi 7 février 2008

Une nouvelle année ! Hourra !

Ce jeudi 7 février, selon le calendrier lunaire, nous quittons l'année du Cochon pour passer à l'année du Rat. Personnellement je ne suis pas du tout fâché de quitter cette année de cochon !



On dit que l'année du Rat se déroulera sous le signe de la prospérité : j'en suis enchanté. Nous entrons dans l’année du Rat, dont la planète gouvernante est Mercure et son élément fondamental l’eau. Ça tombe bien : dans les deux systèmes (occidental et chinois), je suis gouverné par Mercure. D'ailleurs, mon adresse de courriel commence par Mercure (voir la colonne de droite).

2008 sera donc une excellente année pour moi et je m'en réjouis d'avance. Et je promets de vous en faire profiter.

Je suis allé faire un tour dans le quartier chinois de Montréal avec l'espoir d'en rapporter des images de célébrations. D'une part, je n'ai été le témoin d'aucune célébration et puis il faisait si froid et humide que j'ai eu envie de prendre le premier bus qui arrivait au lieu de rentrer à pied. D'ailleurs, j'avais très mal au dos...

Bonne année à tous.

lundi 4 février 2008

L'Adeline en moi



Quand j'ai décidé de travailler à la radio, après une formation universitaire en journalisme, j'ai appelé le directeur de l'information de ce qui était alors la plus importante station de radio privée à Montréal et la tête du plus important réseau privé au Québec. J'ai facilement eu au téléphone le directeur en question, je lui ai mentionné ma formation récente en journalisme et j'ai terminé en disant que j'aimerais travailler pour sa station. Il a pris en note mes coordonnées et m'a dit qu'il me rappellerait dans les jours suivants. Quelques jours plus tard, il m'appelait pour me donner rendez-vous. J'ai eu droit à un entretien dans son bureau, à la visite de la rédaction (qu'on appelait alors « salle des nouvelles », calque de l'anglais) et aux présentations à l'équipe qui se trouvait sur place puis, finalement, à un essai en studio.


Tout cela fut concluant puisqu'il m'invita à venir passer quelques heures à la rédaction afin d'apprendre le maniement de la technique (consoles, magnétophones, etc.). Il m'avait annoncé que je serais souvent seul à la rédaction, à rédiger les bulletins de nouvelles et à les lire en ondes toutes les demi-heures ; une fois l'heure, le bulletin serait diffusé simultanément sur une vingtaine de stations affiliées du Québec. Toutes les demi-heures, je devais donc préparer un bulletin ; je pouvais, bien entendu, utiliser les textes rédigés pour les bulletins précédents, à condition qu'ils restent pertinents ; mais il fallait surtout rester à l'affût des dernières nouvelles qui arrivaient des agences de presse et des reportages que m'envoyaient par téléphone les reporters sur le terrain et les correspondants à l'étranger, en plus de vérifier moi-même l'authenticité de certaines nouvelles. Je n'avais donc pas beaucoup le temps de chômer.


Toutes les heures, je devais surveiller très attentivement l'écoulement des minutes, des secondes car, une minute avant l'heure prévue, je devais appuyer sur un bouton dans le studio pour déclencher le décompte des secondes afin que toutes les stations qui diffusaient mon bulletin de nouvelles aient le temps de se brancher au réseau au moment précis : à 00:00 au compteur, j'entrais en ondes. Très souvent, l'animateur de la station mettait en ondes la même musique, cette « Ballade pour Adeline », juste avant mon bulletin de nouvelles réseau. En entendant les premières mesures de cette musique interprétée par le pianiste Richard Clayderman, je savais qu'il ne me restait que deux minutes avant le déclenchement du décompte, et trois minutes avant d'entrer en ondes.

Chaque fois que le hasard me fait entendre cette musique, je ne peux m'empêcher de penser à ces moments exaltants de mes premières armes à la radio.

dimanche 3 février 2008

Prendre 45 ans en quelques minutes

Voilà qui n'est pas banal ! Personnellement, je ne voudrais pas que cela m'arrive (en fait, cela m'arrive assez souvent, surtout le matin au saut du lit, mais le gain important disparaît habituellement dans les minutes ou dans les heures qui suivent).

On s'est rendu compte, cette semaine, que la ville de Berlin avait 45 ans de plus que ce l'on croyait. Un petit bâton niché au fond d'une cave, vestige du Moyen-Âge berlinois, a permis à des chercheurs qui effectuaient des fouilles sur une île de la Spree de conclure que la naissance de la ville de Berlin datait de 1192, et non de 1237 comme on le croyait. La Spree prend sa source dans le land de Saxe près de la frontière tchèque puis traverse le Brandenbourg et Berlin avant de se jeter dans la Havel.


Des archéologues qui exploraient les lieux en quête de renseignements sur une ancienne église rasée en 1964 par le régime communiste de RDA ont découvert par hasard le petit bout de chêne qui a conduit à une révision de l'Histoire. La ville de Berlin est née de la réunion de Cölln et de Berlin, deux villages historiques qui étaient situés de part et d'autre de la Spree, la rivière qui traverse la capitale allemande et notamment son coeur touristique.


Je n'ai jamais mis les pieds à Berlin moi-même. J'aurais pu y faire un saut il y a quelques années, si seulement... mais c'est une autre histoire. J'ai des amis qui y sont allés et qui disent préférer Berlin à toutes les autres villes allemandes, surtout pour son dynamisme, pour la richesse et la diversité de sa vie culturelle, pour l'animation de sa vie nocturne et pour le climat de liberté de et de tolérance qui y règne.

jeudi 31 janvier 2008

Champagne !


Aimez-vous le champagne ? Si oui, vous avez bien raison ! On l'apprécie pour ses bulles, sa légèreté, pour l'ivresse raffinée qu'il promet, pour la volupté qu'on lui connaît, etc. On doit maintenant le boire aussi pour les effets bénéfiques qu'il a sur la santé.

Le numéro 731, janvier 2008, du magazine Science et Avenir présente un article intéressant sur le champagne. On y apprend que le vin que l'on appelait autrefois le « nectar des rois » possède notamment d'excellentes propriétés anti-inflammatoires en raison de sa teneur en polyphénols.

De plus, grâce à l'acide phénolique qu'il contient, le champagne est un excellent antioxydant qui protège les cellules des dommages causés par les radicaux libres et empêche le vieillisement du cerveau.

Alors que la consommation de vin blanc provoque généralement le sommeil, le champagne « entraîne une augmentation significative de la sécrétion de dopamine, un neuro transmetteur stimulateur impliqué dans les comportements d'éveil, de découverte et de vigilance. »

Et le champagne rosé serait encore meilleur pour la santé. Le resvératrol qu'il contient possède en effet des propriétés anticancer, anti-Alzheimer, antidiabète et antivieillissement.

Si vous n'avez plus de champagne à portée de la main, courez donc en acheter. Puis, après avoir bu quelques gorgées, écrivez vite à votre ministre de la santé pour demander que le champagne soit inscrit sur la liste des médicaments remboursés.

Mais attention ! La légèreté du champagne est trompeuse : ses bulles augmentent rapidement l'ivresse. « La présence de bulles de dioxyde de carbone dans le Champagne augmente significativement le taux d'alcool dans le sang. »

Wikipédia est une source intéressante pour en savoir plus sur le champagne. Je vous suggère aussi cet article de Philippe Margot, pour mieux comprendre le champagne.

samedi 26 janvier 2008

Consentement

« Personne ne peut réussir
à vous faire sentir inférieur
sans votre consentement. »


Eleanor Roosevelt



Ajout : Comme le souligne Dr Caso en commentaire, j'avais déjà publié cette citation le 7 février 2006 ; elle avait suscité de nombreux commentaires. Si vous êtes curieux de voir à quel point une simple phrase peut susciter des réflexions et des discussions, vous pouvez lire les commentaires en cliquant ici.

vendredi 25 janvier 2008

"Red Bull Crashed Ice"

"Red Bull Crashed Ice", tel est le nom de la compétition de patinage de vitesse qui aura lieu demain à Québec, dans le cadre des festivités du 400e anniversaire de fondation de la très francophone Capitale nationale du seul État francophone d'Amérique du Nord. Cette compétition sera suivie du spectacle du groupe canadien Three Days Grace, qui sera donné au parc de la... Francophonie. Rappelons que la fameuse boisson Red Bull est interdite dans plusieurs pays dont la France, le Danemark et la Norvège pour le risque cardio-vasculaire que sa consommation pourrait induire, alors qu'au Canada, elle est en vente libre puisque le gouvernement canadien l'a classée en 2005 parmi les « produits de santé naturels » (rien de moins !). Dans le même esprit, ça m'étonne qu'un vendeur de cocaïne ne commandite pas l'un des événements. L'entreprise qui diffuse la boisson énergisante Taureau rouge est installée à Fuschl am See, un petit village autrichien situé à vingt kilomètres de Salzbourg et réalise un chiffre d'affaires annuel de plus de 1,5 milliard d'euros. Elle n'a pas jugé utile de trouver un nom français pour cette compétition organisée à Québec dans le cadre des célébrations du 400e anniversaire. Les organisateurs de la fête ont-ils seulement pensé à le demander ? Peut-être se sont-ils dit, même en ignorant le nom de Musset qui a écrit ces mots : « Aimer est le grand point, qu'importe la maîtresse ? Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ? »

Je n'ai pas vu le programme officiel, mais on a écrit dans les journaux que ce programme officiel ne contient aucune fleur de lys, emblème officiel du Québec. En revanche, les feuilles d'érable du principal commanditaire, le gouvernement du Canada, y foisonnent, semble-t-il. Voilà bien un autre scandale : que le Canada ait la main-mise sur les célébrations du 400e anniversaire de la ville de Québec. Tout ne semble pas baigner dans l'huile dans l'organisation de ces célébrations. Les « démissions » des organisateurs tombent les unes après les autres. Quelqu'un saura-t-il prendre les choses en main pour éviter, maintenant qu'on a commencé à braquer les projecteurs, que la Capitale nationale du Québec ne soit perçue, pour ses capacités d'organisation, pour un un village de province. Il semble loin déjà le temps où Jean-Paul L'Allier savait faire honneur à la Ville et à l'État du Québec ; il n'aurait certes pas accepté le chantage de la jovialiste ministre du Patrimoine canadien et de la Condition féminine et ministre des Langues officielles qui, lorsque l'armée du Canada a décidé de réduire la présence du français dans ses rangs, n'a rien trouvé de mieux à dire qu'elle n'y voyait rien de mal.

La langue française perd du terrain à Montréal et la Ville de Québec, par ailleurs Capitale nationale du Québec, me semble peu consciente du rôle qu'elle devrait jouer dans la défense de la langue, de la culture, de l'identité québécoise.

Dans le même ordre, on a appris aujourd'hui que la très Canadian Société des Postes a fait imprimer des calendriers qui devaient être distribués à tous ses employés. Or, ce calendrier souligne divers événements et fêtes, comme la Journée de la Terre, le Yom Kippour, le Ramadam, mais pas la Saint-Jean, fête officielle des Québécois et des francophones. Maintenant que tout le monde s'est indigné au Québec, les responsables présentent des excuses en disant qu'il s'agit d'un « oubli inacceptable ». On sait à quel point cette fête nationale des Québécois indispose le Canada qui n'arrive pas à obtenir le même succès, une semaine plus tard, pour ses propres célébrations au Québec. Tout le monde sait très bien, cependant (sauf les fédéralistes de mauvaise foi), que lorsqu'il s'agit des Québécois ou des francophones au Canada, les « oublis » viennent souvent. L'esprit de Lord Durham n'est jamais loin...

mercredi 23 janvier 2008

Ce garçon a deux pères...

...et il semble s'en porter très bien, merci.




Grâce à Pitou G, du Mont de Pitous, j'ai découvert cette touchante vidéo.

Un jeune garçon - il doit avoir dix ou onze ans - y raconte en chanson qu'il a deux pères. C'est en néerlandais, mais il y a des sous-titres anglais.

En quelques mots, ce garçon, Terrence, raconte que Bas et Diederick l'ont adopté alors qu'il avait un an, qu'ils habitent une maison joliment aménagée et qu'ils mènent une vie très agréable. L'un de ses parents travaille dans un journal et l'autre dans un laboratoire. Jusqu'à ce jour, Terrence est fils unique mais il ne s'en plaint pas car il obtient ainsi toute l'attention et tout l'amour de ses deux parents. Bas le conduit à l'école et il fait du violon avec Diederick ; tous les trois, ils regardent ensemble les feuilletons à la télé. Parfois accommodants, parfois sévères, ses deux parents peuvent très bien, au besoin, devenir deux mères. Quand il est malade ou qu'il a de la fièvre, il n'y a personne qui soit plus attentif que Diederick et Bas. Il lui arrive de se faire harceler à l'école par ses camarades qui n'aiment pas que ses parents soient homosexuels mais Terrence s'en fiche car il est leur fils.

Ce n'est pas de la grande musique, mais je crois qu'il s'agit là d'un événement que l'on ne voit pas souvent. Qu'un garçon soit en train de chanter à la télévision que ses parents sont homosexuels mais qu'il les aime et qu'il mène avec eux une vie tout à fait normale, c'est très prometteur. Je ne sais pas si le même garçon aura envie, dans trois ou quatre ans, de chanter si ouvertement que ses deux parents sont du même sexe, mais peut-être bien que oui car il sera déjà prémuni contre la bêtise des intolérants et des homophobes. À quant une telle chanson à la télévision au Québec ?

Bonne nouvelle : La Cour Européenne des Droits de l'Homme « a condamné la France pour violation de l'article 14 (interdiction de la discrimination), dans une affaire portant sur le refus des autorités françaises de faire droit à une demande d'adoption. Dans son arrêt, la Cour a notamment estimé que l'homosexualité de la requérante avait eu un caractère décisif sur l’appréciation de sa demande d'adoption. »
Je ne sais plus quelle ministre du gouvernement Sarkozy a plus ou moins demandé à la Cour Européenne des Droits de l'Homme de se mêler de ce qui la regarde. Ça promet !

Moins bonne nouvelle : À Cambrai, deux jeunes hommes, 18 et 26 ans, ont été arrêtés en rapport avec le meurtre d'un homme d'une soixantaine d'années, mortellement frappé à coups de poings et de pieds portés à la tête dans un parc connu pour être un lieu de rencontres d'homosexuels. Son corps, partiellement dévêtu, a été retrouvé dimanche dernier par des joggers. La raison du meurtre : on le croyait homosexuel. Excellent motif, vous ne trouvez pas ? Pour plus de détails.

mardi 22 janvier 2008

En souvenir de Brokeback Mountain

L'un des deux acteurs principaux du film Brokeback Mountain, Heath Ledger, a été retrouvé mort dans son domicile de New York. Le décès pourrait être lié à la prise de stupéfiants, selon la police. Il n'avait que 28 ans. Quelle tristesse !

La fiancée du président

On voit tout de suite qu'il fait plus chaud en Espagne qu'au Québec. Alors que, chez moi, dans un appartement où le thermomètre indique tout de même 23 degrés Celsius, je suis habillé comme un Esquimau afin de combattre un coup de froid qui me paralyse depuis plusieurs jours, la Carla du président français pose pour le journal espagnol El Pais, vêtue d'une paire de bottes et d'une... alliance. C'est vrai que pour un bon nombre de personnes, une alliance, ça tient chaud.


Si le sujet photographié vous intéresse vraiment, vous trouverez ici une vidéo et ici un article de Libération.

P.-S. (pour post-scriptum, et non pour Parti Socialiste, on l'aura bien compris) : Vous aurez remarqué que j'ai une certaine suite dans les idées dans la publication de mes billets. Hier je parlais de drapeau ; aujourd'hui, de peau sans drap. L'actualité indienne me fera-t-elle parler bientôt de peau cendrée ? Bourvil et Maurice Chevalier, inspirés de Francis Lemarque, auraient sûrement le même commentaire chanté : Dans la vie, faut peau sans fer ...

lundi 21 janvier 2008

Symboles


Le 21 janvier 1948, le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, surprit tout le monde, y compris les députés de l'Assemblée Nationale (qui s'appelait encore l'« Assemblée législative »), en annonçant un peu avant quinze heures qu'au moment même où il parlait le drapeau du Québec était hissé sur la tour du Parlement du Québec. Le drapeau avait été adopté par décret ministériel avant tout débat officiel sur la proposition du député indépendant René Chaloult de doter le Québec d'un drapeau marquant le caractère distinct du Québec.

Jusqu'alors, le seul drapeau officiel était celui que le Canada avait choisi, marquant bien sa soumission à l'Empire britannique. Il aura fallu attendre 1965 pour que le Canada se dote de son propre drapeau où seul le rouge indique encore son appartenance à la couronne britannique.


Le drapeau étant l'un des plus importants symboles qu'utilisent les peuples pour affirmer leur identité, il n'est pas étonnant que le Québec ait su dès 1948 adopter son propre drapeau et ses propres couleurs.

Il y a 60 ans, les Québécois se sont donné un drapeau exprimant leur identité. Espérons qu'il ne faudra pas attendre encore 60 ans pour qu'ils se donnent enfin le pays qui représente cette identité, et la langue, la culture et les valeurs qui l'expriment.

Note : Symbole de l'absurde réalité politique actuelle ? Sur Wikipédia, l'image représentant le drapeau du Québec porte le très doux nom de « Flag of Quebec ».

dimanche 20 janvier 2008

Procès d'animaux

Les animaux et la justice
Texte de Remy de Gourmont
17 mars 1914

Dans la pratique de jadis qui condamnait à mort selon toutes les formes de justice, et on sait si elles étaient compliquées, un animal coupable de mort d'homme, qui, d'autres fois, les citait en justice pour des méfaits contre la propriété, on n'a longtemps vu qu'une preuve d'ignorance ou de bêtise. J'ai eu récemment la surprise de découvrir qu'il y a cependant des gens sérieux d'une autre opinion et qui considèrent au contraire ces vieux procès d'animaux comme une preuve de respect envers l'animalité, comme la reconnaissance de leur droit à l'existence. Mais tout cela pouvant n'être pas très bien connu de beaucoup de lecteurs, j'exposerai quelques faits, tels qu'ils ont été recueillis par Desmaze et aussi par le docteur Cabanès, dans la cinquième série de ses « Indiscrétions de l'histoire ». Je les trouve d'ailleurs résumés dans la revue bien connue qu'il dirige, la « Chronique médicale », et commentés par le docteur Bon, qui a heureusement cherché à comprendre, au lieu de se moquer, ce qui est toujours facile. Le plus ancien jugement porté contre un animal remonte à l'an 1094 ; le dernier fut prononcé par le tribunal révolutionnaire, le 17 novembre 1793. Cette pratique ne s'étend donc pas sur moins de sept siècles exactement. En 1094, c'est un pourceau qui, pour avoir dévoré l'enfant de Jehan Lenfant, vacher, près de Clermont, est condamné à être pendu et étranglé. Le jugement de 1793 condamne à mort, en même temps qu'un invalide, son maître, un chien dressé à aboyer contre les uniformes de la garde nationale. On a tort d'ailleurs de rendre le moyen âge responsable de cette pratique, attendu qu'elle est beaucoup plus ancienne. Les lois de Solon contiennent un article punissant de mort l'animal qui a tué ou blessé grièvement un homme. Il en était de même chez les anciens Perses et de même encore chez les Juifs, comme on voit au chapitre de l'Exode : « Si un bœuf frappe de sa corne un homme ou une femme et que la victime meure, le bœuf sera lapidé et l'on ne mangera pas sa chair. »

S'en suivent toutes sortes de distinctions selon les cas où le bœuf naturellement doux est devenu tout à coup furieux et les cas où le bœuf était déjà connu par son maître pour être un animal difficile, connaissance qui engage la responsabilité du propriétaire. La loi mosaïque ne punit l'animal que lorsqu'il ne peut y avoir d'homme responsable. C'est assez bien le principe qui présidera aux jugements contre les animaux méchants durant tout le moyen âge. La pratique en était si bien reconnue qu'elle est enregistrée et discutée dans les traités de jurisconsultes tels que Guy, Pape et Jean Duret. Ils déclarent, et personne ne le trouvera déraisonnable, que les pourceaux qui tuent des enfants doivent être punis de mort. Cela donnait à l'opinion publique une satisfaction incontestable et cela mettait le propriétaire d'un animal dangereux hors d'état de s'opposer à une exécution jugée nécessaire. En examinant ces jugements du côté pratique, et en faisant abstraction de ce qu'ils peuvent contenir de comique, on ne peut que les approuver. Ce sont les cochons, alors élevés en grand nombre et en liberté, qui passèrent le plus souvent en jugement pour leurs méfaits. En 1266, par ordre des officiers de justice, « un porcel » est ars ou brûlé à Fontenay-aux-Roses pour avoir mangé un enfant. Un siècle plus tard, on voit un juge de Falaise condamner une truie qui avait mutilé et tué un enfant à être mutilée, puis pendue.

Quelques années après, à Dijon, c'est la justice ecclésiastique de l'abbaye de Flavigny qui décrète qu'un cheval qui avait occis un homme serait remis au bras séculier pour que justice soit faite contre la bête homicide. En 1457, une truie qui, aidée de six petits cochons, « avait commis et perpétré meurtre et homicide en la personne de Jehan Martin, en âge de cinq ans, fils de Jehan Martin, fut condamnée par le juge seigneurial de Savigny à être mise à justice et au dernier supplice et être pendue par les pieds de derrière à un arbre ». Même sorte de procès intenté à un porc, près de Chartres. Cette fois, signification du jugement est faite audit porc dans sa prison, ce qui est probablement une facétie. Dans tous ces cas, il s'agit d'animaux domestiques commettant un dommage envers des individus et que la justice pouvait aisément atteindre. « Mais, dit le docteur Henri Bon, des procès en règle étaient aussi instruits contre des animaux divers, tels que rats, vers, insectes, qui causaient du tort à la collectivité. Et dans ce cas, il arrivait parfois que le bras séculier, soit qu'il se reconnût impuissant à agir efficacement, soit qu'il estimât qu'il s'agissait d'animaux non soumis à l'homme et pouvant être considérés comme relevant de Dieu même, leur créateur, faisait appel, par l'intermédiaire du clergé, à l'assistance divine. » Cette manière de raisonner peut sembler enfantine, mais elle ne manque pas d'une certaine logique. Il est parfaitement permis, surtout au premier abord, de trouver ridicule cette intervention de la justice dans une invasion de sauterelles, mais il faut se souvenir que c'est à peu près le seul moyen d'obtenir l'exécution d'une décision prise dans l'intérêt de tous. L'autorité administrative n'avait guère que des pouvoirs fiscaux et redevenait à peu près nulle, quand elle avait fait rentrer les impôts. Seule la justice, tant civile qu'ecclésiastique, était assez bien organisée pour obtenir l'exécution de ses sentences ; mais pour qu'une sentence pût être organisée, il fallait qu'elle fût rendue dans les formes. Jamais la justice ne fut si pointilleuse. Il fallait assignation, comparution (il fallait bien s'en passer quelquefois), jugement, signification et d'autres formalités encore. Des bêtes incriminées pouvaient de plus faire opposition et on leur commettait un homme de loi chargé d'exprimer leur volonté. On leur avait d'abord désigné un avocat. Il y eut de ces procès menés avec un respect des formes absolu. Maintenant, qui saura jamais si tous les acteurs judiciaires d'un tel procès furent également sérieux ? Je suppose que plus d'une fois il se rencontra un huissier facétieux, un avocat décidé à bien s'amuser. Les gens n'étaient pas plus bêtes qu'aujourd'hui. S'il y avait quelques naïfs dans ces affaires, il y avait certainement aussi des moqueurs qui trouvaient là une occasion de railler sans danger une justice trop solennelle. Mais si on ne veut voir en tout cela qu'un immense spectacle de crédulité et de naïveté, est-ce bien à nous de railler, nous qui avons vu se dérouler, pendant dix ans et plus, des procès reposant sur des impostures, des mensonges, des fantômes ? Et puis, peut-on jamais blâmer les gens de se servir contre un fléau des moyens qu'ils croient utiles ? La moindre croyance, la moindre superstition, tient à un ensemble de doctrines dont, à un moment donné, les hommes sont investis. On croit toujours que les gens agissent volontairement. Du tout. Ils sont menés par quelque chose de plus fort qu'eux-mêmes, les idées de leur milieu, les idées de leur époque.

REMY DE GOURMONT

jeudi 17 janvier 2008

Exercice de lecture

Un ami m'envoie ce texte et me demande de vérifier si je peux le lire. J'ai lu le texte entier, presque sans hésitation. Et vous ?

is vuos pvueoz lrie ccei, vuos aevz asusi nu dôrle de cvreeau.

puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt 55 porsnenes sur cnet en snot cpalabes. Je n'en cyoaris pas mes yuex que je sios cabaple de crpomendre ce que je liasis. Le povuoir phoémanénl du crveeau huamin.
Soeln une rcheerche fiat à l'Unievristé de Cmabridge, l'odrre des lrettes n'a pas d'iromtpance ; la suele cohse imotprante, c'est que la priremère et la derènire letrte du mot siot à la bnone
palce.
La raoisn en est que le ceverau hmauin ne lit pas les mtos par letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Étonannt n'est-ce pas? Et moi qui ai tujoours psneé que de svaoir élpeer éatit ipomratnt ! Si vuos poevuz le lrie, smuottez vos aims à cette épuerve.

mardi 15 janvier 2008

Petit déjeuner

À peu près tout le monde, du moins dans nos sociétés privilégiées, s'entend sur le fait qu'il faut manger le midi et le soir. Tout le monde ne s'entend pas, cependant, sur l'importance du petit déjeuner. Je connais des gens qui ne prennent absolument rien le matin, si ce n'est un café. Certains ne sortiront même pas du lit avant d'avoir fumé au moins une cigarette alors qu'ils se passeront du café et plus encore de nourriture solide. D'autres attendront d'arriver au travail pour prendre leur premier café.


Certains prendront le temps de manger une tranche de pain grillé, un croissant ou quelqu'autre produit céréalier avant de sortir de la maison. D'autres s'arrêteront en route vers le travail ou attendront la pause de l'avant-midi pour aller prendre un café, accompagné parfois d'une viennoiserie. Cela ressemble un peu à ce que je connais du petit déjeuner français : pain ou croissant, beurre et confiture, café au lait...


Les Anglais ont un petit déjeuner plus substantiel, plus riche en protéines mais aussi en matières grasses. On y ajoutera parfois du boudin, des pommes de terre...


Je suis de ceux pour qui le petit déjeuner est très important. Je n'entreprends rien, le matin, avant d'avoir pris mon petit déjeuner. Je ne répondrai même pas au téléphone si un jour je me fais réveiller par la sonnerie de l'appareil parce que je me suis levé tard ou parce que mon numéro est dans le carnet d'un lève-tôt. Je n'ai pas de mérite. Au réveil, j'ai faim, peu importe ce que j'aurai mangé la veille et l'heure à laquelle je me serai couché. J'ai besoin de d'absorber des protéines ainsi que du thé ou du café. Je ne serais pas trop malheureux, si j'étais en voyage, de tomber sur une table comme celle-ci :


Elle contient des fruits, que j'ai tendance à négliger le matin parce que je préfère du salé, mais s'il y en avait sur la table, j'en mangerais sûrement. Je trouverais sans doute un pain qui me convienne dans l'assortiment offert. J'aime beaucoup le fromage et c'est un des aliments importants pour avoir de l'énergie jusqu'au repas suivant. J'évite les charcuteries parce qu'elles contiennent beaucoup de gras et de sel mais je pourrais manger un peu de jambon. J'évite évidemment les confitures parce que trop sucrées mais j'aime bien le yaourt avec des fruits, que je mange plutôt en dessert plus tard dans la journée, normalement.

En voyage, j'essaie de m'adapter, mais je ne saurais me passer longtemps de fromage le matin. Quand je passais un mois chez mon ami André, à Paris, il achetait pour moi du yaourt nature et du fromage spécialement pour mon petit déjeuner. Chez moi, cependant, la composition de mon petit déjeuner n'a pas tellement varié depuis des années.

Dès le réveil, je me dirige vers la cuisine. Je bois deux grands verre d'eau fraîche et je fais bouillir l'eau pour préparer le thé. Je fais infuser du thé noir, en feuilles, dans un litre d'eau bouillante. Pendant ce temps-là, je fais griller un très bon pain fait de plusieurs céréales, qui contient notamment des graines de lin et des graines de tournesol. Je prépare quelques tranches de fromage ; ce peut-être du cheddar (la conquête anglaise fait que le cheddar est le fromage le plus répandu au Québec), mais ce peut aussi être de l'emmenthal ou encore de la ricotta. J'accompagne tout cela de tranches de tomates ou, ces jours-ci, de tomates en boîte, sur lesquelles je verse un filet d'huile d'olive. J'ajoute un peu de basilic et, très souvent, des gousses d'ail tranchées. Depuis quelques semaines, j'ajoute à cela quelques amandes naturelles.

Ce moment du petit déjeuner est le plus important moment de la journée. Non seulement je donne à mon corps l'énergie dont il aura besoin pour travailler toute la journée, mais c'est aussi du temps précieux que je me réserve. C'est pour moi le meilleur moment pour lire, réfléchir, écrire, planifier, rêver... Le temps que je consacre au petit déjeuner dure au moins une heure ; et cela, c'est quand je suis pressé.

On ne le dira jamais assez : le petit déjeuner est le plus important repas de la journée. De nombreuses études ont démontré que le petit déjeuner ne fait pas que stimuler l'énergie en début de journée ; il contribue aussi à maintenir la santé cardiovasculaire. Et ces recherches démontrent que l'on peut maximiser les bienfaits du petit déjeuner en mangeant le plus tôt possible le matin et en choisissant des aliments sains.


Je pourrais sauter le repas du midi ou celui du soir, mais vous ne me ferez jamais sauter le petit déjeuner. N'essayez pas de m'appeler le matin pour tenter de me faire oublier le petit déjeuner : je ne vous répondrai même pas.

C'était le sujet de la rédaction du mois. Sur le même sujet du petit déjeuner, allez lire ce que vous ont préparé les autres blogueurs qui ont participé ce mois-ci : Laurent, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigenia, Julien, Chantal, Hibiscus, Bluelulie, Anne, Hpy, Joël, Looange, Jo Ann v, V à l'Ouest, Marie, William, Catie, Nanou, Isabelle, Lelynx, Cecfrombelgium, Gally, Froggie, La Nymphette, Julie70.

P.-S. 1 : En raison d'un horaire très chargé aujourd'hui, j'ai pris l'initiative de publier un peu avant l'heure ce billet. Une autre solution aurait été de me coucher très tôt et de me lever avant six heures pour pouvoir respecter la consigne ou encore, ce qu'il m'est arrivé de faire à quelques reprises, d'attendre six heures pour publier le billet avant d'aller dormir mais ni l'une ni l'autre solution n'était possible. À ce que je sache, Blogger ne permet la publication automatique à l'heure choisie d'avance.

P.-S. 2 : Ce sera ma dernière participation à la rédaction du mois.

P.-S. 3 : Les photos ne sont pas de moi ; je les ai empruntées à divers sites Web. J'aurais bien aimé vous mettre une photo personnelle de mon petit déjeuner, mais il y avait trop de papiers sur la table pour que la photo soit appétissante.


lundi 7 janvier 2008

Il silenzio

Bonsoir mon amour
Aujourd'hui je ne t'ai pas écrit
Pardonne-moi
J'ai trop de peine...

Où vont donc toutes ces lettres d'amour que l'on n'a pas écrites ?
Retombent-elles dans le coeur, comme toutes les larmes qui n'ont pas été versées ?
Si c'est le cas, il y a de quoi l'alourdir ! (Je ne sais pourquoi, je pense à Cavafy, dont je n'ai rien lu depuis si longtemps).

Aux larmes retenues, faudrait-il préférer celles qui, selon Chateaubriand, « coulaient de leurs yeux jusqu'aux lèvres » ? (Les Natchez).

Oui, oui, croyez-moi, j'assume totalement la part de Dalida en moi...

samedi 5 janvier 2008

Désenchantée

Cette cabane, que j'ai déjà utilisée en novembre 2005, représente
ma vie intérieure plutôt que l'appartement que j'habite


En vérifiant les statistiques de fréquentation de ce blogue, j'ai constaté que le plus récent lecteur, de Marseille, était arrivé chez moi en effectuant une recherche sur un titre de Montherlant, titre que j'avais donné à mon billet du 21 janvier 2006 : Mais aimons-nous ceux que nous aimons ? Par curiosité, je suis allé relire ce billet et, surtout, les commentaires qu'ils ont suscités. J'ai longuement répondu à l'un de ces commentaires et, dans cette longue réponse je disais, entre autres, ceci que je pourrais encore écrire aujourd'hui.
J'avais un peu, ces dernières années, perdu le fil qui me liait à un certain nombre de choses que j'aimais : des livres, des musiques... Je me suis perdu de vue et j'en ai souffert. J'essaie, depuis quelques semaines, de renouer ce fil, ou tout au moins de retrouver la curiosité, le désir, le plaisir de la lecture, de l'écriture... J'ai l'impression d'avancer à tâtons dans une grande maison que j'ai déjà habitée, où j'ai déjà été heureux, mais une maison qui a été désertée depuis quelques années, d'où la lumière et l'air frais sont absents depuis trop longtemps ; j'avance en repoussant les toiles d'araignées, en me demandant si j'aime encore ce que j'ai aimé, si j'aimerais retrouver tous ces trésors... Et je me demande parfois si ces toiles d'araignées ne sont pas plutôt dans ma tête...
Cette maison désertée, je l'habite toujours, cependant, car c'est la seule que j'aie. La lumière, la musique, l'esprit, l'amour, la tendresse, bien d'autres fées et bien d'autres anges, s'en sont éloignés et cette maison a perdu son âme. Je n'y cohabite pas avec des fantômes : le fantôme, c'est moi.

mercredi 2 janvier 2008

Bonne année 2008

Je vous souhaite une bonne année,
sous le signe de la paix, de la santé,
de la sérénité, de la joie et de l'amour.

Puissiez-vous conserver votre âme d'enfant
et vous émerveiller à tout moment.

Puissiez-vous vivre au présent
tout en souriant à l'avenir.

Bonne année 2008 !