lundi 31 août 2009

Pour se souvenir de Diana


Il y a aujourd'hui douze ans qu'elle nous a quittés. J'ai écrit l'an dernier un long billet pour rappeler ce que Diana représentait pour moi ; on pourra le lire ou le relire ici. Alexander en avait été très touché, m'avait-il dit à quelques reprises. Elle était ma princesse ; elle était la princesse de mon Petit Prince. Quand il avait aimé quelqu'un, il ne l'oubliait jamais, même très longtemps après sa disparition. Diana avait à jamais sa place dans le coeur d'Alexander ; Diana et Alexander auront à jamais leur place dans le mien.

Les princes William et Harry étaient âgés, respectivement, de quinze et treize ans au moment de la disparition de leur mère. On se souvient qu'ils ont longuement marché derrière le cortège funèbre qui avait quitté le palais de Kensington à 9 h 08. Le service funèbre, à l'abbaye de Westminster, a lui-même commencé à onze heures. Le prince Harry, qui pleurait abondamment, a eu un malaise et s'est effondré, d'un seul coup sans que personne puisse le retenir, exactement comme le Petit Prince avec le serpent dans le désert*.

Quand il est revenu à lui, il n'a trouvé un peu de réconfort qu'en entendant les paroles très émouvantes qu'avaient écrites Elton John et Bernie Taupin spécialement pour sa mummy, la princesse Diana, chantées par Elton John, paroles qui exprimaient parfaitement l'émotion ressentie à l'intérieur de Westminster Abbey, à l'extérieur, à Londres, dans toute l'Angleterre, dans le monde entier...

On peut voir et entendre ici (en vidéo sur le YouTube) la chanson Candle in the Wind,

* Par discrétion, la BBC (télévision britannique) n'a pas montré ces images.


P.-S. : Depuis quelques jours, je voyais venir la fin du mois et je ne voulais pas arriver au 31 sans avoir souligné, même modestement, la disparition de Diana ; je planifiais mes activités de façon à garder un peu de temps pour rédiger ce billet (les plus courts ne sont pas forcément les plus faciles à rédiger). Sur un petit secrétaire ancien, dans un coin du salon ou je travaille, avec quelques objets qui me viennent d'Alexander et des photos de lui, j'ai, dans un cadre blanc, cette photo en noir et blanc de Diana accompagnée de William et Harry ; or, ce dimanche matin, j'ai constaté que l'image s'était déplacée dans le cadre et qu'il faudrait ouvrir le cadre et recentrer la photo. Ce petit événement m'a semblé un rappel amical au sujet de ce billet à écrire.

dimanche 30 août 2009

86 400 fois par jour...


Une journée, ce n'est toujours que 86 400 occasions de dire « Je t'aime » à celui qui m'inspire cet amour et qui m'aura aimé plus que tout et mieux que personne.

L'an dernier à cette date, il avait travaillé toute la journée puis il était rentré brièvement à la maison pour m'écrire quelques lignes, pour promener un peu Alexander Bull, manger une banane avec un peu de thé, avant de repartir travailler toute la nuit à l'urgence car l'un des médecins était malade et que, la fin de semaine, l'urgence est toujours très occupée. Il était désolé de devoir repartir car il avait attendu avec tant de joie ce moment de me retrouver. Il savait que je comprendrais et que je ne lui en voudrais pas ; je lui avais dit tant de fois que je ne pourrais jamais lui en vouloir pour quoi que ce soit, surtout pas pour faire ce qu'il aimait : sauver des vies, soulager des souffrances... Il m'envoyait plein de baisers et de câlins et il m'invitait à lui écrire plein de mots d'amour qu'il trouverait en rentrant.

Il faisait très chaud à Londres et, déjà fatigué, il n'avait pas le courage de marcher jusqu'au métro ; il se sentait coupable de prendre un taxi pour retourner au travail. Il allait pourtant travailler encore jusqu'au lendemain matin ; avant de rentrer, il irait rendre visite à sa grand-mère, dans le même hôpital.

Le lendemain matin, vers huit heures et demie, il rentrait à la maison, allait chercher Alexander Bull chez Abigail, il m'écrivait encore quelques lignes pour me dire son amour et me dire que je ne devais pas trop l'admirer, qu'il ne faisait que son travail... Il avait préparé du thé et attendait une voiture qui le conduirait dans sa famille, à la campagne ; il dormirait à l'arrière de la voiture, durant le trajet. Alexander Bull l'accompagnerait. Il voulait rentrer le soir même mais, s'il était trop fatigué, il dormirait là-bas et rentrerait le lendemain. Je lui manquais déjà beaucoup. Toute la journée, comme toujours, je penserais à lui en me demandant à chaque instant ce qu'il était en train de faire, sachant que cette journée serait éprouvante à plus d'un titre. Près de trente-deux millions de secondes plus tard, je revis pleinement les émotions de cette longue journée...

vendredi 28 août 2009

La fête des chauves-souris


J'ai découvert sur Sédiments, le blogue d'Elizabeth, que cette fin de semaine, en Europe, ce sera la Nuit de la Chauve-souris. J'igonorais qu'il existait une telle fête et je suis ravi de l'apprendre. Je ne sais pas si Alexander connaissait l'existence de cette fête mais je suis certain qu'il serait heureux de la souligner.

Cliquez sur les liens qui suivent pour connaître le programme des activités dans le cadre de la Nuit de la Chauve-souris en
France, au Royaume-Uni et en Europe.

J'ai laissé ce qui suit en commentaire sur le blogue d'
Elizabeth, mais comme elle est absente depuis quelques jours, sans accepter les commentaires, je me permets d'en reprendre le texte ici.

Quand j'étais enfant et au début de mon adolescence, à la campagne, il m'était arrivé quelques fois d'apercevoir des chauves-souris. En général nous en avions peur : on disait qu'elles s'agrippaient aux cheveux et qu'on ne pourrait plus les enlever, qu'elles suçaient le sang, etc. Je me souviens de la panique un soir où l'une d'entre elles étaient entrée dans la cuisine.

Je n'avais plus vraiment entendu parler de chauves-souris jusqu'à l'an dernier. Pendant que je parlais à Alexander, à Londres, il m'a plusieurs fois demandé de l'attendre deux ou trois minutes car une chauve-souris venait de tomber dans la cheminée de son salon. Chaque fois, il s'empressait de la recueillir, de la nettoyer avant de la déposer sur son balcon d'où, après avoir retrouvé ses esprits, elle pourrait s'envoler... Deux ou trois fois, il avait été très malheureux en rentrant chez lui car une chauve souris était tombée dans la cendre alors qu'il était absent ; il était arrivé trop tard pour la sauver.

J'avais suggéré à Alexander de faire installer sur le bout de sa cheminée, sur le toit, un grillage qui empêcherait les chauves-souris de tomber à l'intérieur. Il trouvait que c'était une très bonne idée... Malheureusement, pour elles, pour lui, pour moi, Alexander n'a pas eu le temps de faire installer ce grillage... Alexander était donc aussi l'ami des chauves-souris et de tout ce qui vit.

mardi 25 août 2009

Anniversaires

Il me semble que c'était hier... Il y a pourtant un an, le 25 août 2008, je venais à peine de me réveiller, j'étais en train de préparer mon petit déjeuner, quand le téléphone a sonné : c'était un fleuriste qui voulait vérifier s'il y aurait quelqu'un pour recevoir les fleurs qui m'étaient destinées. Après avoir confirmé que j'y serais, j'ai raccroché, en me demandant qui donc pouvait bien m'envoyer des fleurs. À vrai dire, je m'en doutais un peu. Mais quand, dans les minutes qui ont suivi, j'ai vu arriver toutes ces magnifiques roses, j'ai tout de suite su qu'elles étaient de lui.

J'étais si heureux ! Et j'avais si hâte qu'il rentre à la maison, après une longue journée de travail à l'urgence et quelques heures passées au chevet de sa grand-mère qu'il avait fait admettre à son hôpital et qui allait y passer quelques semaines au cours desquelles Alexander serait là, chaque jour avant ou après son travail. J'avais hâte de le remercier et, comme je savais que sa journée aurait été difficile, j'avais hâte de pouvoir lui redire combien je l'aimais et d'essayer de lui faire oublier la fatigue, l'angoisse... Je ne sais pas si j'y parvenais toujours, mais je suis sûr que ces quelques heures de conversation que nous avions pratiquement chaque jour étaient pour lui, comme pour moi, des rendez-vous d'amoureux plus importants encore que l'alimentation et le sommeil. S'il prévoyait être en retard, ne serait-ce que de cinq minutes, il trouvait le moyen de me prévenir.

Cette journée d'anniversaire, l'an dernier, aura donc été faite de joie, de moments de tendresse partagée, mais je ne peux pas m'empêcher de penser aussi combien cette journée avait été difficile pour lui ; même s'il n'en parlait pas, je sentais la fatigue, l'inquiétude, l'angoisse. Je sais qu'il aurait voulu que nous puissions célébrer mon anniversaire dans d'autres conditions. Et moi je n'aurais voulu qu'une chose : pouvoir le serrer dans mes bras et lui faire oublier toute sa peine. Cette année, il n'y aura pas de fleurs, il n'y aura pas d'anniversaire, sinon l'anniversaire de cet anniversaire. Je penserai à tout l'amour que j'ai reçu, à tout l'amour que nous avons partagé, en essayant de ne pas trop penser à tout ce que nous n'avons pas eu le temps de vivre ensemble.

Quelques jours plus tôt, Alexander m'avait envoyé de Bordeaux
une carte postale, la première qui me livrait son écriture. Il avait mis tellement d'attention, tellement d'amour dans le choix de la carte, le choix du timbre... Je savais que rien n'était laissé au hasard : le violet de l'image reprenant la couleur que j'utilisais en lui écrivant, le timbre illustrant la fondation de Québec, son écriture au stylo-plume Montblanc... Je me réjouissais d'avance de ces quelques jours qu'il allait passer à Bordeaux, en pensant au château où il irait rencontrer le châtelain, voir la vigne et acheter du vin ; il m'avait dit vouloir, si c'était possible, assister à un ballet... Mais ce séjour avait été rendu difficile par l'inquiétude que lui avait apportée dès le premier matin un appel téléphonique venu d'Angleterre ; il avait vécu cette journée dans l'attente et l'anxiété. Le soir venu, même s'il ne voulait pas m'en parler, car Alexander essayait toujours de ne pas « embêter » les autres avec ses craintes, ses préoccupations, il m'avait écrit une longue lettre pleine d'amour que j'ai relue ces derniers jours et qui, malgré tout, laissait transparaître sa détresse. La journée avait été difficile, il était inquiet, il se sentait seul dans cette belle et grande ville (où il voulait retourner avec moi) et il aurait tellement voulu que je sois là pour le serrer dans mes bras. Quand il pensait à moi, disait-il, il sentait la force et le courage remonter en lui. Oui, j'aurais voulu être là ce soir-là, et tant d'autres soirs.

De Bordeaux aussi, il avait expédié un colis qu'il avait apporté de Londres et qui m'était destiné. Le colis contenait de nombreux petits objets, absolument charmants, chacun plein de sens et exprimant tout son amour, mais il contenait surtout
un adorable petit lapin à qui Alexander avait expliqué qu'il allait faire un long voyage, traverser l'Atlantique, et qu'il serait reçu par « un gentil monsieur » qui allait l'aimer toujours et lui donner tous les jours plein de câlins. Ce petit lapin a toute une histoire qui mériterait à elle seule un billet, que j'écrirai peut-être un jour. Il évoque notamment cet autre petit lapin. Quand vint le temps de lui trouver un nom, j'ai suggéré à Alexander une liste de prénoms qui, bien entendu, devaient être des prénoms anglais. Parmi eux, il y avait celui de « James » ; immédiatement, Alexander m'a dit que mon lapin ne pouvait pas s'appeler James car c'est ainsi qu'il appelle son aspirateur. Finalement, j'ai retenu le premier prénom auquel j'ai pensé, le plus beau de tous : Alexander. Mon merveilleux amoureux était content de ce choix. J'ai relu il y a deux jours plus de deux cents pages de correspondance (pour le mois d'août 2008 seulement, sans compter les heures de conversation quotidienne) ; dans l'un de ses messages, Alexander disait qu'il était heureux que j'aie donné son prénom à notre petit lapin car ainsi, disait-il, « je serai toujours près de toi, avec toi ». Ces mots prennent aujourd'hui un sens plus dramatique que celui que j'avais voulu comprendre il y a un an. De toute façon, Alexander dort avec moi toutes les nuits et il est avec moi à chaque instant.

lundi 24 août 2009

Une surprise de taille

La nature réserve parfois de ces surprises ! À Pompéi, on était assez familier avec les tremblements de terre mais quand, le 24 août 79, le Vésuve a fait éruption, on ne s'y attendait pas : la précédente éruption remontait à 3 500 ans avant J.-C. (la mémoire étant une faculté qui oublie, il ne faut reprocher à personne de ne pas s'être souvenu...).

J'ai déjà évoqué sur ce blogue l'éruption du Vésuve tel qu'a pu la décrire un témoin privilégié, Pline le Jeune. En réfléchissant aux conséquences de l'éruption du Vésuve, je constate qu'il y a là une analyse sociologique à faire ; peut-être a-t-elle déjà été faite, d'ailleurs ; sinon, j'y renonce : donc si quelqu'un veut s'y attaquer je lui cède mon observation.

Pompéi était une riche cité romaine qui avait été reconstruite après le tremblement de terre de 62. Le port d'Herculanum, qui se trouve à trouve à proximité, est habité, lui, par des classes plus populaires et, par conséquent, moins riches. Lors de l'éruption du Vésuve, Pompéi, la ville riche, a été enfouie sous six mètres de particules de roches volcaniques, alors qu'Herculanum a été ensevelie sous seize mètres de boue. Par conséquent, la nature semble participer parfois à la lutte des classes et choisir son camp.

Au XVIIIe siècle, la charrue d'un paysan a permis de découvrir les vestiges des deux cités romaines ensevelies sous les cendres du Vésuve et les archéologues se sont vite mis à l'ouvrage. Plus tard, les artistes et les décorateurs français du Directoire et de l'Empire se sont grandement inspirés des trésors découverts à Pompéi et à Herculanum.


Les fouilles à Pompéi ont permis de mettre à jour de superbes fresques qui montrent la richesse des villas romaines de la ville. Plusieurs de ces fresques sont assez éloignées de ce que voudrait la morale actuelle, à caractère plutôt érotique. La première illustration ci-dessus en est un exemple. Alors que certains voudraient y voir une scène dramatique, une femme pleurant sur les genoux d'une autre, par exemple, il ne s'agit pas de cela du tout : il suffit de savoir que la personne assise n'est pas une femme, mais un homme et que tout le monde est assez dénudé. De plus, les deux femmes debout n'ont pas une attitude de femmes éplorées.


On s'est peut-être demandé à quel moment, dans ce billet, je parlerais d'Alexander. Le temps est venu. J'aurais pu associer Alexander à tout ce que j'ai écrit ci-desus car, comme le poète latin Térence, il aurait pu dire : « Je suis homme et rien de ce qui est humain, je crois, ne m'est étranger » (je ne sais pas s'il aurait pu le dire en latin « Homo sum ; humani nil a me alienum puto », mais il l'aurait certainement dit en grec classique et en anglais). Toutefois, je pense à Alexander tout particulièrement en voyant certaines fresques de la Maison du Faune ; je sais qu'il aurait aimé aussi cette statue du Faune dansant, « petit chef-d'oeuvre de l'art statuaire antique », peut-on lire sur le site de Wikipédia.

L'image vient d'ici

Et puis, on retrouve Alexandre le Grand : « Il ne faut cependant pas oublier la mosaïque de la « Bataille d'Issos », conservée au musée archéologique de Naples[q 3], exceptionnelle par ses dimensions (elle mesure en effet 3,5 m. sur 6 m.) mais aussi par sa puissance expressive : on y voit une foule de soldats, de lances et de chevaux saisis au moment où Alexandre, désormais vainqueur et fier de ses troupes, s'apprête à infliger le coup de grâce à l'ennemi en fuite. Cette mosaïque constituait le pavage du tablinum », lit-on encore sur Wikipédia.

L'image vient d'ici

mercredi 19 août 2009

Fatigué !

Une courte pause
et je reviens.

lundi 17 août 2009

Un peu d'ombre sur le Soleil

La photo vient d'ici et la visite de ce site
vaut la peine : les photos sont magnifiques

Le 17 août 1661, Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, mégalomane qui a peut-être inspiré un autre Nicolas contemporain, organisa à son château de Vaux-le-Vicomte une fête somptueuse qui fit de l'ombre à son patron, le Roi Soleil. Pour avoir fait de l'ombre au Soleil en voulant se mettre en lumière, Fouquet passa le reste de sa vie à l'ombre. Tant de splendeur, tant de richesses semblaient suspectes chez un ministre de Louis XIV qui lui-même n'en possédait pas autant. Le ministre fut accusé de détournement de fonds pubics et de lèse-majesté.

Certains l'aiment chaud

Certainement pas moi !


Température ressentie à Montréal : 41 degrés Celsius

La photo vient d'ici

dimanche 16 août 2009

La vie continue, vraiment ?

Ivan Kramskoy, Chagrin inconsolable, 1884.

Lorsque j'étais encore enfant, déjà, des personnes très proches sont disparues, un frère et une soeur, notamment. Ces dernières années encore, quelques amis sont décédés, ainsi que d'autres membres de ma famille, dont mes parents. Et pourtant, jamais je n'ai été anéanti comme je le suis maintenant par le départ d'Alexander.

Ce que je savais, c'est que le degré d'attachement à la personne qui disparaît détermine en grande partie la profondeur, l'intensité et la durée du bouleversement et de la douleur. J'en conclus que je n'aurai jamais vécu auparavant avec autant d'intensité ce qui me lie à Alexander.

Au chagrin s'ajoute maintenant l'anxiété. Je ne sais pas où j'en suis dans le processus du deuil, selon les cinq étapes (choc ou déni, colère, marchandage, dépression, acceptation) identifiées par Elisabeth Kübler-Ross, mais ce que je sais, c'est que, par moments, c'est invivable !

Si l'on veut vivre seul ce long processus, ce cheminement pénible qui consiste à essayer de survivre à un tel déchirement, le mois d'août favorise grandement cette solitude en limitant les tentations de se laisser distraire puisque tout le monde est absent (ou écrasé par la canicule). Le désert a plusieurs dimensions.

Je demande pardon à mes quelques lecteurs, fidèles et autres, de revenir constamment avec ce sujet ; c'est ma réalité actuelle.

samedi 15 août 2009

La fournaise

La photo vient d'ici

Alexander, pas plus que moi, n'aimait l'été. Lui comme moi avons surtout en horreur le mois d'août. C'est pourtant le mois de mon anniversaire. Mais le mois d'août en ville, c'est insupportable. Les températures sont élevées, l'air est humide et lourd, et, comble de malheur, la pression atmosphérique est souvent à la baisse. Tout ce que je trouve détestable !

Avant d'écrire ce billet, je n'avais pas consulté les nouvelles ni les prévisions de la météo. Or, je constate que l'épisode de temps chaud se prolongera durant quelques jours encore. L'avertissement de smog prolongé incite à la prudence les personnes atteintes de problèmes respiratoires ou cardiaques. À Montréal, samedi après-midi, l'indice de qualité de l'air est « mauvais » ; il n'y a rien d'étonnant car les vents du Sud-Ouest emmènent vers Montréal et le sud du Québec tous les polluants provenant des États-Unis et du bassin des Grands Lacs. Demain, le degré de pollution sera plus élevé encore. La bonne nouvelle (pour ceux qui auront survécu à cet enfer) : le temps pourrait être plus frais dans... quatre ou cinq jours !

Aujourd'hui, la température ressentie est près de 40 degrés Celsius. Et pourtant chaque année, il y a des millions de personnes qui rêvent de ces grandes chaleurs, dont elles souffrent quand elles sont là ! Décidément, les grandes personnes sont bizarres !

mercredi 12 août 2009

Mon esprit me joue des tours

Toute la journée d'hier, je savais que nous étions mardi, mais toute la journée, j'ai cru que nous étions le 10 août (même si je savais que lundi c'était aussi le 10 août). Je crois que mon esprit refusait de voir hier que nous étions le 11 août pour ne pas avoir à penser qu'il y avait un mois, hier, qu'Alexander faisait sa dernière sortie sur Terre...

lundi 10 août 2009

Toujours... jamais...


Pourquoi donc ai-je si mal encore ce soir ?
Quelle est cette peur qui me hante depuis hier ?
D'où vient cette angoisse qui s'installe ?

Il n'y a pourtant plus rien à craindre pour lui.
Quant à moi, il ne peut rien m'arriver de pire.

À bien y penser, il est possible que tout cela soit lié à ces deux mots que se promettent les amoureux : « toujours » et « jamais » ; toujours t'aimer, ne jamais t'oublier.

Toujours l'aimer, oui, je le veux et j'y crois ! Mais j'ai terriblement peur de ce tout ce à quoi il faudra dire « jamais ! » ou « jamais plus ! ».

vendredi 7 août 2009

Il y a un mois...

J'aurais aimé commencer cette histoire à la façon des contes de fées. J'aurais aimé dire :
« Il était une fois un petit prince qui habitait une planète à peine plus grande que lui, et qui avait besoin d'un ami... » Pour ceux qui comprennent la vie, ça aurait eu l'air beaucoup plus vrai.
... J'éprouve tant de chagrin à raconter ces souvenirs. Il y a... un mois...



Il y a un mois qu'Alexander est reparti. C'est comme si c'était hier et c'est comme si cela faisait une éternité. Son absence n'est pas plus facile à vivre aujourd'hui qu'elle l'était hier.


Hier et avant-hier, la pleine lune était magnifique, comme si elle s'était faite belle pour dire à Alexander qu'il est le bienvenu dans le ciel, lui qui depuis un mois s'est installé dans le voisinage de celle qu'il a toujours considérée comme notre amie. J'aurais voulu prendre des photos car le spectacle était impressionnant ; mais mon appareil photo est bloqué depuis mercredi et je n'arrive pas à l'ouvrir. Vous pouvez voir une belle photo chez RPL.

jeudi 6 août 2009

Rallumer les étoiles


« Il est grand temps
de rallumer les étoiles »
Guillaume Apollinaire

mercredi 5 août 2009

La solitude en soi...

Faire sienne cette attitude de M. Godeau ?

« Réaliser la solitude en soi. Être seul partout et avec tout le monde. Ne plus prendre garde à la maison, au cadre, à la table, au siège, être partout nulle part dans l'infini. Ne plus prendre garde à la minute, ni à l'heure, ni au jour, ni à l'année, ni au siècle. Se retirer du temps dans l'éternité, comme dans sa propre demeure. Couper les ponts, établir des barrages, brûler les vaisseaux. Ni amis ni ennemis. Rien. »
Marcel Jouhandeau, Monsieur Godeau marié

lundi 3 août 2009

D'un lac à l'autre

L'image vient d'ici>

Tout me rappelle Alexander. Et c'est normal, car Alexander a été associé à tout ce que je pense, tout ce que je fais depuis près de seize mois. Et avant même que, grâce à ce blogue, Alexander ait pu constater que nous avions en commun tant d'intérêts, tant de lectures faites chacun de notre côté, tant d'écrivains fétiches, nous avions déjà été émus par les mêmes images, les mêmes musiques, les mêmes films... Avant même que j'apprenne l'existence d'Alexander, nous avions pleuré ensemble à certains moments... J'ai vite compris que, sans le savoir, j'avais eu à un moment donné énormément de peine pour Alexander (que je ne connaissais pas encore, mais je me disais qu'il devait exister et, sans pouvoir imaginer exactement à quoi il pouvait ressembler, je m'étais fait tout de même une idée assez ressemblante), sans oser croire qu'un jour j'aurais l'occasion de lui exprimer ma douleur qui n'était, en comparaison avec la sienne, qu'une goutte dans l'océan. Je ne savais pas encore qu'à la suite de cette tragédie, Alexander adolescent avait senti le besoin de partir quelques semaines, sans en avertir sa famille ou ce qui lui en restait (il avait dit aller étudier chez un copain), pour aller seul faire du camping sauvage, en plein mois de novembre, sur les bords du Loch Ness. Sachant cela, il n'est donc pas étonnant qu'Alexander ait pu parler avec familiarité de Nessie, le gentil monstre du lac écossais.

L'image vient d'ici>

Une visite au Loch Ness, ainsi que la tournée des châteaux hantés d'Écosse, faisait évidemment partie des très nombreux projets que nous faisions, projets désormais orphelins. Si je fais un jour cette tournée, ce que j'espère bien, il me manquera les commentaires si fins, si pertinents, de celui dont la sensibilité, la clairvoyance et la culture m'impressionnent toujours.

L'image vient d'ici>

Hier, allant faire ma promenade au mont Royal, je pensais aux dernières volontés d'Alexander au sujet de son écorce terrestre. Si quelques-unes de ses volontés ont jusqu'ici été respectées, il en reste une à exécuter, très importante : celle de répandre ses cendres près du « Round Pond », dans les Jardins de Kensington. Charles, le grand frère d'Alexander (pas si grand que ça : il n'a pas encore trente ans) ne semble pas encore prêt à se séparer des cendres du petit frère adoré ; quand il le sera, il devra aussi être très fort pour résister au clan familial qui insiste pour que les cendres soient déposées dans le caveau familial. Je considère que les dernières volontés sont sacrées et que les héritiers, en particulier l'exécuteur testamentaire, doivent les exécuter. Nous serons quelques-uns à appuyer Charles contre la volonté tyrannique du clan... Il me plaît davantage de penser qu'Alexander appréciera éternellement le grand air, la beauté et la vie des Jardins de Kensington plutôt que d'être éternellement enfermé dans un sombre caveau. Je pourrai un jour aller m'entretenir avec lui près de l'étang rond, ce que je ne pourrais sans doute jamais faire au caveau familial... Je pensais à cela, en remontant l'avenue du Parc et, en me souvenant du regret d'Alexander que les cendres d'Alexandre le Grand et celles de son fidèle Héphaistion n'aient pas été réunies comme le furent celles d'un autre couple célèbre, Achille et Patrocle, je me disais que je devrais dès maintenant, même si j'espère vivre encore un peu, assez pour réaliser quelques projets pour Alexander, rédiger un testament officiel, notarié, spécifiant que je voudrais que mes cendres soient aussi répandues dans les jardins de Kensington...


Je pensais à tout cela lorsque j'ai vu venir vers moi une voiture comme celle-ci : un authentique taxi londonien. Alexander adorait ces taxis, les vrais classiques anciens et, bien entendu, noirs, et non pas multicolores ou transformés en panneaux publicitaires. Le plus possible, Alexander se déplaçait dans Londres à pied ou en métro (il aimait vraiment son Tube) ; mais lorsqu'il devait prendre lui-même une voiture, il prenait toujours un bon vieux taxi noir, confortable, avec de la place pour son fidèle ami... En voyant cette voiture se diriger vers moi, je me suis dit qu'il s'agissait encore d'un signe que me faisait Alexander. J'aurais tellement aimé que la voiture s'arrête à ma hauteur et qu'Alexander me fasse signe d'y monter...


Photo : Alexander

Je lisais ce matin quelques pages du journal en ligne d'une lectrice de ce blogue. Elle y parlait de son chat, vieux compagnon de quinze ans, qu'elle avait dû amener chez le vétérinaire et qu'elle en était revenue avec son panier vide... Je n'ai pu m'empêcher de penser douloureusement à Harry, l'adorable félin qui durant treize ans a tenu compagnie à Alexander. Le pauvre Harry souffrait d'un cancer et, le trois janvier dernier, alors qu'Alexander, Harry et Alexander se trouvaient à la campagne, chez la grand-mère où ils avaient passé la période des fêtes de Noël et du Nouvel an, Alexander avait dû lui-même (il avait promis à Harry qu'il serait là le temps venu et il a tenu sa promesse) lui administrer trois injections avant de s'effondrer lui-même de douleur et de chagrin. Il y a exactement sept mois aujourd'hui que Harry repose au jardin où l'avait recueilli la grand-mère d'Alexander. Celui-ci était si fier de m'envoyer, l'été dernier cette photo qu'il a prise dans les rues de Londres, car il y voyait un hommage à « son » Harry, de son vrai nom Harry Potter mais, comme pour les membres de la famille royale, le prénom suffisait ; on ajoutait Potter s'il fallait préciser.



Le 3 août 1954, disparaissait Colette, écrivain français, qu'Alexander aimait beaucoup, sans doute sous l'influence de sa grand-mère qui lui ressemble pas seulement par l'apparence physique, disait Alexander. Il m'en parlait avec tant d'amour, de vénération, que je ne peux penser à Alexander sans penser à sa grand-mère, que j'aime comme si elle était la mienne. Cet amour entre Alexander et sa grand-mère était bien partagé ; en apprenant le départ d'Alexander, sa grand-mère a dû être hospitalisée. Elle ne s'en remet pas, considérant que ce n'était pas le tour d'Alexander, et elle n'a qu'une idée en tête, celle d'aller le rejoindre.


dimanche 2 août 2009

La prière des roses

« Je vous salue, ô roses, étoiles solennelles.
Roses, roses joyaux vivants de l'infini,
bouches, seins,vagues âmes parfumées, larmes, baisers,
grains et pollen de lune, ô doux lotus sur les étangs de l'âme,
je vous salue, étoiles solennelles. »
La prière des roses, Federico Garcia Lorca

Tous les jours, depuis juin 2008, j'ai envoyé à Alexander au moins une rose (virtuelle) chaque jour. Même quand il était à l'hôpital, Alexander recevait ses roses car Jane lui imprimait tous mes messages, qu'il lisait et relisait, dormant avec eux, ainsi que les images qui accompagnaient les mots. Après son départ, ces fleurs recouvraient son lit, ce lit qui a abrité tant de rêves, tant de poésie, tant de lectures, tant de projets, tant de larmes, mais aussi tant d'amour (au singulier).
C'est peut-être le Petit Prince en lui qui aimait tant la rose, la reine des fleurs.

« Dans le langage des jardiniers, les plantes crèvent,
mais les roses meurent. »
Julien Green

samedi 1 août 2009

La vie continue...

Ces dernières semaines, on m'a souvent dit ou écrit que, malgré la douleur et le chagrin, la vie continue... Je sais bien que ce sont là des paroles très sages, que l'on ne saurait contester. Je le sais bien que la vie continue mais ces mots me blessent car ils semblent vouloir faire taire ma douleur en m'invitant à « passer à autre chose ». Et si ce n'est pas un scandale de voir la vie continuer son cours comme s'il ne s'était rien passé, c'est tout au moins un constat cruel. Comment la vie peut-elle continuer quand celui que l'on aime le plus au monde n'est plus là pour la partager avec nous, pour lui donner un sens ?

L'absence se compte en semaines, bientôt en mois, et pourtant je ne m'y fais toujours pas. J'ai l'impression que notre dernière conversation était hier et que je recevrai au cours des prochaines heures un nouveau message disant : « Hi, Honey ! I am back ! Je viens te dire combien je t'aime. Je vais faire une petite sieste et je viendrai te parler un peu plus tard... Plein de doux baisers et de tendres câlins. N'oublie jamais que je t'aime. Ton Alexander. »

Et pourtant, la vie continue, avec ou sans notre accord. Ma soeur aînée, ma marraine, célèbre aujourd'hui un anniversaire de mariage très important (mon beau-frère aussi, il va sans dire). La grande famille, les amis lointains comme les plus proches se réunissent dans une auberge de campagne où on leur servira des plats qu'ils ne pourraient manger ailleurs. Comme il fallait confirmer notre présence il y a quelques mois déjà, j'avais dit que j'y serais ; mais le coeur n'y est pas. Même si j'y étais, physiquement, je sais que je n'y serais pas vraiment... J'ai donc appelé ma soeur pour la prévenir que je n'y serais pas et lui offrir mes félicitations et mes voeux de bonheur. Elle a bien compris. Je m'organiserai pour aller leur rendre visite au cours des prochaines semaines.

De son côté, malgré son épuisement et sa terrible douleur devant la perte de celui qu'elle considère comme son fils, Jane a assisté au mariage de sa fille, il y a quelques jours, et elle a reçu toute la semaine la famille et les amis dont certains sont venus de loin. Les célébrations se poursuivent quelques jours encore. Le jour du mariage, la mariée a demandé aux invités d'associer Alexander à cette journée. Je sais qu'il n'aurait surtout pas voulu que ce jour heureux soit assombri par son départ ; il ne voulait surtout pas que l'on ait du chagrin, ni à cause de lui, ni à cause de quoi que ce soit. La semaine prochaine, Jane aura un peu de répit ; je lui souhaite, comme elle en a évoqué le projet, de partir en voiture avec Alexander le bouledogue, de rouler loin dans la campagne anglaise et, à la fin de la journée, de s'arrêter dans une charmante auberge, d'y prendre un délicieux repas, arrosé de bon vin, et d'y passer la nuit. J'aimerais faire la même chose, mais il me manque le meilleur ami d'Alexander.

J'ai reçu ce matin un courriel d'une autre lectrice fidèle et discrète qui me dit avoir trouvé hier, dans la vitrine d'un magasin de sa petite ville française, une superbe figurine en résine de Freddy Mer.cury, et qu'elle pensait l'offrir pour son anniversaire à son frère dont Freddy est l'idole depuis longtemps. En commentaire au billet précédent, Béo mentionne avoir regardé ces jours-ci un spectacle de Feddy Mer.cury, spectacle enregistré en 1982, année de naissance d'Alexander.

Je viens de recevoir l'appel d'un ami qui m'invitait à aller les rejoindre, un autre ami et lui, pour aller prendre un verre sur une terrasse. Il est trop tôt pour moi ; je verrai plus tard, vers la fin de l'après-midi, si j'ai envie d'aller « dans le monde ».

D'autre part, un ami parisien devrait arriver à Montréal aujourd'hui. Erwan, n'hésite pas à m'appeler.

Bonne Fête nationale à tous les Suisses !

La photo vient d'ici

Oui, la vie continue, malgré moi, magré tout. C'est ce que voudrait, c'est ce que veut Alexander.

vendredi 31 juillet 2009

Fais-moi signe....

Il nous est arrivé quelques fois de parler, Alexander et moi, des signes que pourraient nous envoyer des personnes décédées afin de nous transmettre un message ou de nous faire comprendre quelque chose. Je n'ai pas très bonne mémoire pour ce genre d'anecdotes mais je sais qu'il m'est arrivé déjà de me demander si tel ou tel événement survenu près de moi n'avait pas été provoqué par quelqu'un qui voulait me dire quelque chose. Je suis plutôt du type rationnel, en général, mais je ne suis pas non plus trop incrédule ; j'ai tendance à accorder le bénéfice du doute ; l'existence de certains phénomènes est difficile à prouver ; la non-existence de ces mêmes phénomènes l'est tout autant. Alexander m'a raconté, sans affirmer avec force que c'était la seule explication, quelques anecdotes qui permettent de croire que certains disparus peuvent vouloir communiquer avec nous. En écoutant ces anecdotes et l'interprétation qu'en faisait Alexander, j'avais vraiment envie de croire que c'était possible. J'en parlais récemment avec une amie, une autre personne très rationnelle, très pratique, qui a les deux pieds sur Terre ; elle est elle-même persuadée de la présence autour d'elle de sa mère décédée il y a plusieurs années. Dans les moments difficiles de sa vie, elle a cru bénéficier de l'aide de sa mère, car elle ne voyait pas d'autre explication aux dénouements heureux qui se présentaient.

Alexander a toujours aimé la Lune, au point de passer parfois la nuit sur son balcon afin de mieux contempler le ciel, la Lune et les étoiles. Nous avons fait de la Lune une amie qui nous aidait à transmettre nos messages de part et d'autre de l'Atlantique. Certains soirs, quand je sortais pour regarder la Lune dans le ciel, je suis tombé quelques fois sur l'un de mes voisins, Juif orthodoxe, qui me disait que dans leur religion, il y a quelques jours durant le mois où il faut prier en regardant la lune (on ne prie pas la lune, mais on prie en regardant la Lune).

À cause de la pluie, des nuages, de l'humidité de l'air, la Lune n'était pas visible à Montréal depuis plusieurs jours. Or, en rentant d'une course, jeudi soir, j'ai vu que la Lune aperçue dans l'après-midi, pâle et translucide, avait pris une belle couleur dorée lorsque la nuit est tombée. Marchant dans sa direction, je ne pouvais m'empêcher de la regarder, fasciné. J'éprouvais ce sentiment très fort qu'elle avait un message à me transmettre et qu'elle se chargerait du mien pour Alexander. Arrivé devant chez moi, je me suis arrêté durant de très longues minutes pour la contempler, pour lui parler d'Alexander, de nous. J'avais envie de demander à Alexander, s'il m'entendait, de me faire un signe quelconque, mais je n'ai pas osé, sans doute parce que je craignais d'être déçu. Je suis monté chez moi et je me suis tout de suite dirigé vers ma chambre ; la Lune, notre Lune, y était bien visible, de chacune des trois fenêtres. Puis je me suis dirigé vers le salon, j'ai allumé le téléviseur afin de vérifier s'il y aurait une émission susceptible de m'intéresser et, là, j'ai eu le signe que je n'avais pas osé demander.

J'ai immédiatement reconnu Freddie Mercury et le groupe Queen et je ne pouvais plus m'en détacher. J'ai vite compris qu'il s'agissait de la rediffusion d'un concert intitulé « Queen : rock Montréal », enregistré à Montréal en novembre 1981. Alexander n'était pas encore né mais sa marraine s'était mariée quelques mois plus tôt... En quoi la présence de Freddie Mercury était-elle un signe de la part d'Alexander ? C'est une longue histoire, complexe, mais en gros, je dirai que Freddie Mercury a joué un rôle déterminant dans la vie d'Alexander. Le chanteur était un ami de la famille et Alexander a passé énormément de temps chez lui : ensemble, ils faisaient de la musique, ils lisaient de la poésie, ils étudiaient les plantes, les fleurs, les poissons. Alexander n'avait que neuf ans lorsque le chanteur est décédé. Et jamais, jamais, pas une seconde, Alexander n'a oublié tout ce qu'il devait à Freddie ; il en parlait toujours avec tellement de respect et d'admiration ! Régulièrement, Alexander allait se recueillir, non pas sur la tombe car il n'y en a pas, mais dans une chapelle où avait eu lieu le service religieux en 1991. Bref, je pourrais vous en parler longuement mais l'important c'est de savoir que Freddie était l'une des personnes très significatives dans la vie d'Alexander et que, dix-huit ans plus tard, Alexander conservait pour lui un immense respect, beaucoup d'admiration... Freddie Mercury avait énormément de talent, et pas seulement pour la musique ; derrière l'artiste exubérant, il y avait un homme profondément humain et croyant... Alexander a toujours défendu les plus hautes valeurs que Freddie lui avait transmises... Plusieurs fois nous avons écouté ensemble certaines de ses chansons.

« Je suis [...] persuadée qu'Alexander sera toujours là pour vous. Soyez attentif aux détails, je pense qu'il vous fera parfois signe. N'avez-vous pas écrit, aujourd'hui, que le hasard n'existe pas... ? », écrivait l'autre jour ma lectrice discrète.

Or, la présence jeudi soir dans le ciel de notre Lune et la présence au même moment de Freddie Mercury à la télévision alors que j'attendais un signe d'Alexander m'a semblé une éloquente coïncidence.

jeudi 30 juillet 2009

... qu'il reviendra.

Dans mes dernières années d'adolescence et les premières années de ma vie de jeune homme, la chanson était pour moi un moyen d'expression. J'ai même voulu et tenté d'en faire une carrière... Il m'arrivait, j'en ai parlé déjà, d'exprimer en chantant ce que je voulais exprimer ; c'était un jeu et l'on comprendra qu'il aurait été difficile d'avoir ainsi une conversation sérieuse ou profonde avec qui ce soit. Puis, durant de nombreuses années, j'ai cessé d'écouter de la chanson pour n'écouter que de la musique classique. J'avais cessé de vouloir chanter et j'ai commencé à m'exprimer davantage par écrit ; alors que la chanson me dérangeait au moment d'écrire, la musique classique permettait la plupart du temps de me concentrer sans trop ressentir le poids du silence et de la solitude. Mais, ces dernière annnées, avec l'arrivée d'Internet, les amis ont voulu me faire écouter ce qu'ils aimaient et je me suis remis à écouter de la chanson, de toutes sortes, de tous les rythmes, dans toutes les langues... Mon lecteur mp3 (sur mon ordinateur) contient souvent, même si ce ne sont pas toujours les mêmes, des milliers de chansons ; en les faisant jouer de façon aléatoire, je ne sais jamais ce que je vais entendre. Hier soir, en entendant cette chanson pourtant entendue déjà des centaines de fois auparavant, que ce soit à la radio ou dans des endroits publics, il m'a semblé pour la première fois en comprendre les paroles. Je l'ai écouté en boucle depuis hier soir, et j'ai continué ce matin après avoir dormi quelques heures par terre, toutes les lampes allumées...

J'ai repensé à quel point ma vie avait été sans beaucoup d'intérêt, surtout dans les deux années précédant l'arrivée de ce garçon merveilleux qui m'invitait à prendre le thé sur sa terrasse et à découvrir avec lui... tant et tant de choses ! Je n'ai pas réfléchi : j'ai accepté l'invitation, le thé, et tout ce qui venait de lui, tout ce que nous pouvions partager, à commencer par l'amour des mots, des livres et des univers qu'ils contiennent... Les jours, les semaines, les mois ont passé et, comme me le disait quelqu'un encore récemment, le rythme et l'intensité de nos communications font que ces quinze mois vécus ensemble sont l'équivalent de plusieurs années pour d'autres. Un jour, j'aurai peut-être le courage, que je n'ai vraiment pas en ce moment, de relire ces milliers de pages de correspondance et de conversations.

Perry Como ne fait pas partie des chanteurs qui me font courir, ni dans un sens ni dans l'autre, ni pour le fuir ni pour aller l'entendre, et il ne fait pas partie des chanteurs préférés d'Alexander (bien qu'il aime la musique plus rythmée, plus bruyante parfois, on pourrait s'étonner de certains de ses choix) ; depuis hier, j'écoute cette chanson qu'avait déjà enregistrée Elvis Presley avant d'être reprise par bien d'autres interprètes : « And I love you so ».

Je ne sais pas comment j'ai pu vivre sans toi, dit la chanson, avant que tu ne prennes ma main. Je me suis posé la question durant plus d'une année. Depuis plus de trois semaines, la question que je me pose est beaucoup plus cruelle et la réponse me fait beaucoup plus peur : comment pourrai-je vivre sans toi ?

Ces trois dernières semaines, il m'est arrivé plusieurs fois d'écrire ces mots : « Jamais plus » et quelques autres mots aussi terribles. Mais on dirait que, pour la première fois hier soir, j'ai compris ce que ces mots voulaient dire, concrètement, dans ma vie à moi. Et cette perception du néant est vertigineuse !


« And I Love You So »
Paroles et musique : Don McLean

And I love you so,
The people ask me how,
How I've lived till now
I tell them I don't know

I guess they understand
How lonely life has been
But life began again
The day you took my hand

And yes I know how lonely life can be
The shadows follow me
And night won't set me free
But I don't let the evening get me down
Now that you're around me

And you love me too
Your thoughts are just for me
You set my spirit free
I'm happy that you do

The book of life is brief
And once the page is read
All but love is dead
This is my believe

And yes I know how loveless life can be
The shadows follow me
And the night won't set me free
But I don't let the evening get me down
Now that you're around me

mercredi 29 juillet 2009

... écrivez-moi vite...

Souvent les conversations sur MSN commençaient de cette façon et... quelques heures plus tard, elles se terminaient en véritable feu d'artifice de mots doux et d'émoticônes illustrant de multiples façons ce que disaient les mots...









Vous aurez peut-être remarqué que cette image qui me représentait sur les blogues (mais pas sur MSN) a été changée, le 7 juillet dernier, pour celle-ci :









J'utilisais déjà cette image sur MSN, suivie d'une citation tirée du premier tome de la biographie d'Alexandre le Grand par Mary Renault, ce livre qui ne quittait jamais Alexander, où qu'il soit, Le feu du ciel (Fire from Heaven) : « Héphaistion desserra son manteau et le drapa autour de leurs deux corps. »











Le message personnel d'Alexander accompagnant cette image était plus court mais non moins éloquent ; c'était une déclaration d'Alexandre le Grand à son ami Héphaistion : « I trust only you in this world. » (« Je n'ai confiance qu'en toi en ce monde. »)

Ai-je besoin d'écrire que cela fait partie de ce qui me manque horriblement ?

dimanche 26 juillet 2009

Ne me laissez pas tellement triste...


Le 10 juillet dernier, je recevais ce message dans ma boîte de courrier électronique. J'ai répondu en privé, avec plusieurs jours de retard, et je voulais reprendre ici quelques-uns des points soulevés par la fidèle lectrice. J'avais commencé un article que j'ai abandonné, la magie ayant déserté ce que je voulais dire alors.


Bonjour Alcib,
Je suis une fidèle lectrice qui ne commente que très rarement, et je vous ai déjà écrit, il y a un bon moment. Je suis très sincèrement désolée de la perte que vous vivez et je ressens votre peine. Vous avez, une fois de plus, écrit un très beau texte aujourd'hui, un hommage si touchant que vous nous faites comprendre un peu mieux qui était cet homme que vous aimiez tant et qui vous aimait lui aussi.
Le net crée des liens surprenants par leurs diversités mais aussi par leur force et leur authenticité. Je trouve merveilleux que la vie vous ait donné, à tous les deux, de vivre ensemble, bien que physiquement éloignés, la dernière année de sa trop courte vie. Je suis très triste de la déchirure et de la peine qui sont les vôtres aujourd'hui, mais je suis certaine qu'Alexander aura enrichi et pour toujours votre propre vie qui me semble avoir connu sa bonne part de difficultés (du moins, c'est que je perçois parfois à vous lire, bien que vous soyez d'une grande discrétion en ce qui vous concerne personnellement).
Je pense que vous avez raison d'associer le passage d'Alexander dans votre vie à celle du Petit Prince, c'est une analogie qui me semble tellement bien lui convenir si je me fie à ce que vous écrivez sur lui. J'espère que, comme aujourd'hui, vous continuerez à nous parler de lui, selon le rythme, la fréquence et le contenu que vous déciderez. J'ai l'impression que vous auriez voulu nous en dire beaucoup plus sur lui avant, mais que vous vous reteniez pour ne pas le rendre mal à l'aise. Les personnes les plus extraordinaires sont souvent les plus humbles et il faut faire attention à leur laisser leur marge de manoeuvre et leur espace et les entourer de la discrétion et de la simplicité qu'ils souhaitent. C'est en tous les cas ce qui me semble que vous avez si bien réussi.
Je suis pour ma part persuadée qu'Alexander sera toujours là pour vous. Soyez attentif aux détails, je pense qu'il vous fera parfois signe. N'avez-vous pas écrit, aujourd'hui, que le hasard n'existe pas au sujet de la chanson « Candle in the Wind » que vous avez entendue la nuit dernière ?
Il me reste à vous dire de prendre grand soin de vous, c'est ce qu'il voudrait, n'est-ce pas ? Soyez patient avec vous-même, avec votre peine, écoutez vos besoins, votre désir d'être soit entouré ou, au contraire, de vous retirer dans vos « terres ». Et puis, offrez-vous des petites douceurs, ce qui peut vous faire plaisir, comme une promenade tranquille, un bon bain chaud, offrez-vous quelques fleurs ou un livre. Je sais, cela peut vous paraître inutile et superficiel ce que je vous dis-là, mais cela ne l'est pas.
Traitez-vous avec la même douceur, patience et attention que si vous vous occupiez d'un très grand ami qui connaîtrait ce genre de deuil et de peine. Soyez ce grand ami pour vous. Je vous souhaite bonne chance et je vous porte dans mes pensées.
Au très grand plaisir de vous lire encore longtemps,
X Yz
(lectrice)


C'est très vrai que j'aurais eu envie toujours de parler d'Alexander car c'est l'un des plaisirs qui se rapproche le plus du bonheur de parler à Alexander. Et Alexander illustrait si bien cette observation que « les personnes extraordinaires sont souvent les plus simples ». Lorsqu'il m'arrivait de lui dire à quel point il était extraordinaire, il répondait toujours : « Je ne suis que moi, très ordinaire ». Selon son point de vue, il avait raison : il était si simple et spontané dans tout ce qu'il faisait qu'à ses yeux il ne faisait rien d'extraordinaire ; mais sa façon de voir les choses, d'être attentif aux autres, attentionné et généreux, l'amour qu'il avait pour tout ce qui est vivant s'ajoutant à l'amour des mots, des livres, de l'écriture et au respect pour tout ce que la culture et les traditions peuvent offrir de meilleur, l'aptitude à jouer de la musique, à soigner des malades, à confectionner tant de jolies choses, son amour de la moto comme celui de la nature, son intérêt pour les sports exigeants comme le polo et le rugby, sa capacité d'être à l'aise dans les grandes maisons comme dans le métro et dans une salle d'urgence, cet agencement unique de qualités, d'intérêts et d'aptitudes en faisait un être exceptionnel. Simple et discret, certes, mais d'une personnalité si riche et complexe qu'il est impossible de le cerner en quelques mots. Toujours le même, jamais déroutant, mais doté d'une créativité si grande qu'il ne cessait d'inventer des moyens de faire plaisir à ceux qu'il aimait. Vous avez aussi raison de dire qu'il « faut faire attention à leur laisser leur marge de manoeuvre et leur espace et les entourer de la discrétion et de la simplicité qu'ils souhaitent ». Je crois que, malgré toute l'admiration que je lui porte, j'ai su respecter sa discrétion. Il ne voulait pas de mon admiration ; il ne voulait que mon amour : Dieu sait qu'il l'avait... et qu'il l'aura toujours !

« Le net crée des liens surprenants par leurs diversités mais aussi par leur force et leur authenticité. » Après tout ce que les amis et moi avons écrit à ce sujet ces dernières années, s'il y a encore des gens qui en doutent, c'est... qu'ils ne nous lisent pas. Force et authenticité, voilà bien deux mots qui caractérisent Alexander aussi bien que les relations qu'il savait entretenir avec un certain nombre de personnes élues.


« Je trouve merveilleux que la vie vous ait donné, à tous les deux, de vivre ensemble, bien que physiquement éloignés, la dernière année de sa trop courte vie. » Je suis tellement conscient de ce privilège de m'être trouvé sur le chemin d'Alexander et d'avoir pu faire la route avec lui ces quinze derniers mois ! Si la douleur est si atroce en ce moment, c'est que je mesure justement l'ampleur de la perte, l'immensité de ce qui, avec lui, devenait possible et qui ne sera plus. L'avenir sans lui sera forcément différent mais, heureusement, personne ne peut nous enlever ce que nous avons vécu, tout ce qu'ensemble nous avons découvert et partagé.


Éphéméride du 26 juillet :
- Naissance, en 1856, de l'écrivain George Bernard Shaw
- Naissance, en 1888, de l'écrivain Marcel Jouhandeau
- Naissance, en 1894, de l'écrivain Aldous Huxley.

Le 26 juillet 1958, Charles Philip Arthur George, dit Charles d'Angleterre est fait prince de Galles.

Alexander était on ne peut plus patriotique. Il adorait son pays et, chaque fois qu'il devait s'en absenter, il apportait avec lui un peu de terre provenant du sol anglais. Il aimait beaucoup le prince Charles et il souhaitait qu'il soit couronné roi d'Angleterre le plus tôt possible, tout en étant conscient que sa mère, qu'il aimait moins, n'abdiquerait jamais. Je trouve dommage qu'Alexander n'ait pas pu vivre assez longtemps pour voir Charles régner sur l'Angleterre et sur le Royaume-Uni ; il en aurait été fier et heureux.
Le 14 novembre dernier, nous avons eu, Alexander et moi, une conversation qui, moi, m'a amusé et qui, sur le moment, a dû laisser Alexander un peu perplexe. C'est à la suite de telles conversations qu'il pouvait dire à son entourage : « Alcib devine tout, il comprend tout ! » Ce dont je suis le plus fier, cependant, c'est de l'aimer, lui, et d'en avoir été aimé à ce point.

Raisonnement bling-bling

Il n'y a rien de nouveau : le personnage nous a habitués à ce genre de raisonnement. Mais il est tout de même amusant de relever de temps à autre l'un de ses arguments, si caractéristiques du petit agité.

En France où le débat fait rage sur la question d'ouvrir les commerces le dimanche, le président-empereur déclare : « Pourquoi continuer d'empêcher celui qui le veut de travailler le dimanche? C'est un jour de croissance en plus, c'est du pouvoir d'achat en plus. » Jusque-là, ça va : on peut être en désaccord, mais le raisonnement se tient. Mais le petit agité révèle sa véritable nature bling-bling dans la phrase suivante : « Est-il normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? »

D'une part, je ne crois pas que ce soit madame Obama et ses filles qui assurent la rentabilité des commerces ouverts le dimanche et, d'autre part, si les commerces étaient ouverts, on sait très bien que le petit agité s'empresserait de leur téléphoner pour leur demander de fermer afin que madame Obama puisse faire ses courses sans être importunée.

samedi 25 juillet 2009

Des nouvelles du front - 2

En faisant allusion dans l'article précédent à l'absence des amis, à l'exception de quelques-uns, je ne voulais pas parler des amis rassemblés par la Toile. Je pensais plutôt aux « vrais » amis, ceux qui se croient de meilleurs amis parce que je peux les voir et leur parler directement deux ou trois fois par année, ceux qui sont toujours très sceptiques lorsque je leur parle des amis répartis un peu partout sur la planète et avec qui, grâce à la magie d'Internet, je peux communiquer aussi souvent que je le veux, alors que c'est toujours assez compliqué d'entrer en contact avec ces « vrais » amis. Certains d'entre eux, qui disent que je suis leur meilleur ami, n'ont pas répondu à mes récents messages téléphoniques et électroniques et n'ont pas donné de nouvelles depuis quatre mois déjà. J'ai hâte que le téléphone sonne, de voir leur numéro s'afficher sur mon appareil, afin d'avoir le plaisir de... ne pas répondre.

Je l'ai dit et écrit à plusieurs reprises, la communauté du Web est aussi concrète, aussi « réelle » que celle des amis qui habitent tout près de chez moi et que pourtant je ne vois que deux ou trois fois par année. Je ne dirais sans doute rien si je n'avais senti une certaine forme de mépris chaque fois que j'ai osé parler de ces relations tissées et alimentées par l'intermédiaire d'Internet. Je sais bien que les Québécois, de façon générale, souffrent selon moi d'un grave problème de la personnalité que j'essaierai peut-être de définir un jour, bien que je ne sois ni psychologue ni psychiatre (ça pourrait aider, à condition que le psychiatre parvienne lui-même à se dépêtrer de ses propres problèmes). Ce problème de la personnalité les empêche d'entrer en communication réelle, authentique, avec leurs semblables, d'être capables d'empathie et de présence réelle (à l'authenticité et à la profondeur des véritables relations humaines, ils préfèrent l'abrutissement par la télévision et autres divertissements. Il y a selon moi un grave problème quand leurs maîtres à penser sont de pauvres humoristes dont le quotient intellectuel n'est pas toujours la principale force). Quand ils auront le courage de prendre la décision politique qui s'impose, ils auront un espoir de s'en sortir, mais quand ils auront ce courage, c'est qu'ils auront mûri (et pas seulement pourri) et qu'ils seront déjà sur la voie de la guérison. D'ici là, ils continueront de s'oublier dans les spectacles d'humour ; c'est exactement ce que veulent qu'ils fassent tous les défenseurs du statu quo, les défenseurs du penser en rond qui ont tout intérêt à ce que l'humour domine à la place de l'esprit critique. Les Québécois revendiquent la liberté de pensée, celle de ne penser à rien. Mais ce n'est pas l'objet de ce billet ; j'y reviendrai peut-être un jour.

À l'exception de quelques êtres merveilleux, toujours présents, je reste persuadé que la communauté du Web est plus sensible que la communauté des « concrets » à laquelle j'appartiens (au Québec), qu'elle est vraiment plus présente que l'autre.

J'espère que cette fois-ci Alexander ne lira pas cette page par-dessus mon épaule, car il risque d'en être très triste, même si nous avons abordé cette question ensemble plusieurs fois déjà.

Une personne bien réelle, toujours présente, bien qu'elle habite très loin, dans un autre pays, l'ouest canadien, m'a demandé de proposer le thème de sa prochaine collection de photos. J'ai donc envoyé à Dr. CaSo une photo « qui rappelle quelqu'un que l'on aime » ; j'ai hâte de voir les images qu'elle recevra.

J'aurais pu lui envoyer la photo de bien des objets qui m'entourent dans cette maison, car tout évoque pour moi sa présence, pas seulement les nombreux objets qui viennent de chez lui. Il y a quelques mois, ces petits objets reçus en accompagnaient d'autres, plus importants ; plusieurs de ces petits objets se trouvent sur la porte du réfrigérateur, avec d'autres reçus précédemment.


vendredi 24 juillet 2009

Amusant et... bien mérité

La nouvelle est trop amusante pour en priver les amis. Et nul être au monde, avec son obsession de « la loi et l'ordre » (quand ça l'avantage, bien sûr) et sa lutte acharnée contre la liberté d'expression, n'a autant mérité ce titre. Il faut lire l'article du magazine Le Point, du moins les premières lignes. Vous aurez compris que la nouvelle concerne celui dont je ne veux pas écrire ici le nom pour ne pas salir ce blogue.

Cela fera plaisir à une autre hystérique qui, cinq fois par semaine, envoie le même commentaire sur tous les blogues, dénonçant le sombre individu. Bien que j'aie beaucoup de sympathie pour sa cause, je demanderais à cette hystérique, qui veut poursuivre en justice le petit agité, de ne plus utiliser mon blogue pour répéter ad nauseam son message ; c'est inutile, je ne le publierai pas car ce blogue est mon espace personnel et non un tableau d'affichage de toutes les revendications.

Des nouvelles du front

Une lectrice aussi attentive que fidèle et discrète m'écrit :

« ... Je viens aux nouvelles. Vos deux derniers articles sont tous deux des citations et ils n'arrivent pas à me masquer le fait que vous n'avez rien écrit de consistant, rien qui parle de vous depuis une semaine... Ce n'est pas un reproche, c'est tout juste une constatation, une inquiétude.
« Que se passe-t-il ? Pourquoi, si vous n'êtes pas capable d'écrire actuellement, n'arrivez-vous même pas à écrire que vous n'êtes pas capable d'écrire ? Il me semble que cela vous ferait tellement de bien de vous exprimer, puisque votre blog a été au centre de votre relation avec Alexander, du moins son point de départ. Si tout ce que vous pouvez mettre en ligne actuellement sont des citations, vous pourriez alors trouver des citations qui parleraient pour vous, qui parleraient de votre peine et de ce grand vide. Je me trompe sans doute, mais il me semble que même juste le fait de les chercher et de les trouver vous aiderait, vous soulagerait un peu. Vous verriez, décrites par des gens qui ont aussi souffert, des formes de sentiments qui correspondent à votre souffrance qui me semble vous étouffer un peu. À moins que vous soyez très bien entouré dans votre vie réelle, avec des proches qui vous soutiennent. Si oui, ce serait bien aussi de nous le signaler, pour qu'on s'inquiète un peu moins... ;)
« Et je termine avec mon dada habituel parce que j'y crois : prenez bien soin de vous. »

Je veux d'abord remercier chaleureusement cette lectrice de sa présence attentive et de son assiduité, même si on ne peut pas lire ses commentaires sur le blogue. Je la remercie également de me donner l'occassion de donner quelques nouvelles.

C'est vrai que je n'arrive pas vraiment à trouver quoi que ce soit d'intéressant à dire à mon sujet. Ces quinze derniers mois, de plus en plus intensément, ma vie s'est organisée en fonction d'Alexander, avec Alexander... Un samedi soir, au cours d'une longue conversation il m'a dit qu'il devait aller à l'hôpital le lundi suivant pour y faire des analyses, que je ne devais pas m'inquiéter, qu'il serait de retour à la maison le lundi soir et que nous pourrions alors nous parler. Le dimanche midi, il m'a écrit encore plein de belles choses, comme il en avait le secret ; il allait passer l'après-midi avec sa voisine et amie et nous pourrions sans doute nous parler ensuite. Quelques heures plus tard, il m'écrivait qu'il croyait qu'il dormirait mieux s'il allait dormir à l'hôpital, qu'il n'aurait pas à s'inquiéter de se réveiller à temps pour s'y rendre tôt le lundi matin et qu'il serait ainsi mieux reposé pour subir les examens ; il me disait encore de ne pas m'inquiéter, qu'il était sûr que je comprendrais, et que nous nous retrouverions lundi soir. J'ai vite répondu que c'était une très bonne idée, que je penserais à lui, comme je le fais toujours, à chaque instant, et que je l'attendrais lundi soir. Or, ce lundi, c'est quelqu'un d'autre qui m'écrivait qu'Alexander ne rentrerait pas ce soir-là, que les examens avaient été difficiles et qu'il avait besoin d'un peu de repos... Puis les nouvelles devenaient chaque jour de plus en plus inquiétantes et... Alexander n'est plus jamais rentré chez lui.

Il y a la douleur, le chagrin, et il y a aussi que ma vie a été tellement associée à la sienne que je me trouve en ce moment désorienté. Je n'ai plus au réveil très hâte de me lever pour aller lire ses messages de la nuit ; je n'ai plus, en fin d'après-midi, envie de rentrer très vite de ma promenade pour le retrouver et passer des heures avec lui ; je n'ai plus, au moment d'aller dormir, envie d'envoyer encore un message avec les mots qu'il aime et des images ; entre le réveil et le moment d'aller dormir, mon emploi du temps n'a pas beaucoup de sens.

Certaines personnes, dont les créanciers, aimeraient bien que mon emploi du temps soit plus productif et plus rentable, mais je dois dire que ces derniers mois, mon coeur et mon esprit étaient ailleurs. Je connais trop bien les raisonnements des « grandes personnes » et, si on adopte leur point de vue, on doit reconnaître qu'elles ont sans doute raison. Mais en ce moment, je n'ai pas trop envie d'être une « grande personne ».

Je n'ai pas l'habitude de raconter ici mes petits et mes grands problèmes personnels, il me semble, et je ne crois pas que je commencerai aujourd'hui. Je n'ai jamais trouvé intéressant d'écrire et de partager avec les lecteurs, toujours plus nombreux que l'on serait porté à le croire, le fait que j'aie pris ou perdu cinq cent grammes ; j'ai sans aucun doute en moi une bonne dose de narcissisme mais pas au point de penser que cinq cent grammes en plus ou en moins peuvent intéresser d'autres que la personne qui les perd ou qui les gagne. Je ne crois pas que mes difficultés personnelles soient plus intéressantes. Je sais que c'est une question de style : tout peut se dire si on a le talent pour le dire ; il semble que je n'aie pas celui-là.

Cela dit, je ne suis pas inactif. Alexander avait énormément de projets en tête, moi de même ; ensemble nous avions ceux-là et, bien entendu, nous en avions d'autres que nous avions élaborés ensemble. Il est fort probable qu'un grand nombre d'entre eux ne verront jamais le jour, mais je m'efforcerai d'en concrétiser quelques-uns, je le dois à Alexander, je nous le dois. Les « grandes personnes » diront que ce n'est pas cela qui mettra du pain sur la table (je ne parle même pas du beurre sur les épinards, car il faudrait d'abord avoir des épinards...) Qui donc a dit que « plutôt que d'ajouter des jours à sa vie, il vaut mieux ajouter de la vie à ses jours » ?

« À moins que vous soyez très bien entouré dans votre vie réelle, avec des proches qui vous soutiennent. Si oui, ce serait bien aussi de nous le signaler, pour qu'on s'inquiète un peu moins... » Je ne suis pas seul, bien sûr, pour vivre ce deuil atroce. Je le vis avec notre petite famille, la petite famille que nous nous sommes choisie, Alexander et moi, composée uniquement de personnes que nous aimons beaucoup et qui nous aiment autant, de part et d'autre de l'Atlantique. La grande famille, officielle, vit sûrement ce deuil à sa façon, mais nous, la petite famille, le vivons ensemble. Pour ce qui est des amis, du moins les miens, ils me donnent l'occasion de vérifier une fois de plus qu'un deuil n'est pas attirant ; après les témoignages de sympathie, seuls les vrais amis restent, et ceux-là, peu nombreux, sont précieux. Ils ne sont pas en mesure d'aider en tout, mais leur présence, leur écoute est réconfortante.

Quant au conseil de prendre soin de moi, je vous le promets : dès que je le pourrai, je le ferai.

Depuis hier, il y a un nouveau carillon dans la maison. Il y avait déjà le Big Ben qui sonne toutes les quinze minutes ; il y a maintenant celui qui sonne quand le vent ou un geste de la main le met en mouvement. Le son en est très beau. Il a tout de suite reçu un nom, le même qu'un certain petit lapin et qu'un petit chien adorables...

mercredi 22 juillet 2009

« Ne cherche pas à faire du bien - sois bon.
Ne pas éclairer mais être lumineux.
»
Léon Tolstoï

mardi 21 juillet 2009

« Ça ne fit même pas de bruit... »

7 juillet 2009

« ... Il demeura un instant immobile. Il ne cria pas.
Il tomba doucement comme tombe un arbre.
Cela ne fit même pas de bruit... »
Saint-Exupéry


« Le Petit Prince... c'est un ami tres cher de moi vraiment. »
Alexander

vendredi 17 juillet 2009

Pour toujours

Tu te souviens, Alexander, de notre conversation du 17 juillet 2008 ? Il y a tout juste un an. Il nous avait été évident assez tôt que nous serions ensemble jusqu'à la fin, et au-delà. La question ne s'était pas posée : tu m'aimais et, comme tu me l'avais dit et comme me l'a confirmé notre amie très chère, quand tu aimes, c'est pour la vie. De mon côté, je n'avais pas vraiment réfléchi à la question, mais je sentais bien que cet amour serait sans fin, que jamais je n'aurais envie qu'il se termine. Il arrive, lorsqu'on est amoureux, que l'on souhaite que ça dure toujours, mais qu'il subsiste toujours un doute sur la durée. Entre nous, ce n'était pas le cas : c'était une certitude absolue.

Ce 17 juillet de l'an dernier, tu m'as donné l'occasion d'affirmer haut et fort cet engagement. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y avait énormément d'émotion dans cette conversation. J'imagine ta peur et ton angoisse dans les heures qui l'ont précédée, compte tenu de ce que tu voulais me dire. Je n'oublierai jamais cette conversation, l'une des plus fortes en émotion de toutes celles que nous avions eues jusque-là. Tu te souviens de cet engagement de ma part de t'aimer toujours et d'être toujours à tes côtés ?

Je n'ai jamais regretté un quart de seconde d'avoir pris et respecté cet engagement. Je sais que tu ne l'as jamais regretté non plus.

Le destin a voulu que tu partes le premier, et beaucoup trop tôt. Mais cela ne change rien à ma promesse, à mon engagement total. Je l'ai écrit et je l'écrirai encore : « Tant que je vivrai, tu vivras en moi et tout ce que je ferai, je le ferai autant pour toi que pour moi. » Et ces mots des Amitiés particulières restent pertinents : « Ainsi que nous l'avions souhaité, nous serons désormais toujours ensemble, et c'est à moi de redire : « Que c'est beau: toujours ! »